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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 19:20

Croire.


 

« La première clef de la sagesse, c’est une interrogation continuelle, il n’est pas inutile de douter de chaque chose. En effet, qui doute conduit à chercher, qui cherche peut saisir la vérité ».

Pierre Abélard (1079-1142)


 

Statue imaginaire de Pierre Abélard


 

Faisant suite à mes précédents articles intitulés « Du 11 septembre à Charlie Hebdo », en y voyant une amorce de changement de paradigmes sociaux dans la société humaine, je m'intéresse encore aux raisons qui font que l'on croit en telle ou telle chose ou que l'on y croit pas. Je montrais d'ailleurs que depuis toujours, les changements dans les paradigmes sociaux humains s'accompagnaient d'une modification des croyances généralement admises et que celles-ci sont fondamentales dans la formation de ce que Marx appelait les « superstructures idéologiques des états » nécessaires au maintient de la cohésion sociale et à l'acceptation par les bas peuples de leur soumission.

 

Évidemment des événements comme le 11 septembre ou l'affaire « Charlie Hebdo » sont significatifs des mécanismes de la croyance, ils sont particulièrement intéressants car il s'agit là d'une tentative contemporaine du pouvoir mondial d'instaurer une nouvelle religion qui comme toutes sont fondées sur des croyances instituées par des événements souvent dramatiques propres à frapper les esprits. Dans ces deux événements il est remarquable qu'une partie des populations a cru aux versions officielles et une autre non pourtant, les deux, croyants et non croyants, avaient à leur disposition les mêmes informations.

 

Que signifie donc croire ?

 

Il faut déjà constater que le verbe est ambiguë et dans les deux seules langues étrangères dont je possède des notions, l'anglais, (to beleive) et l'allemand (glauben) présentent exactement cette même signification ambiguë . On peut penser qu'il en soit de même dans toutes les langues indo-européennes.
Croire peut avoir deux significations contradictoires, par exemple si on prends « je crois qu'elle va venir » il n'y a là aucune certitude, croire ici n 'évoque qu'une probabilité et si on prend la phrase : « je crois en Dieu » croire évoque ici une certitude ou l'adjonction de « en » après croire en a modifié complètement le sens. Dire : « je crois que dieu existe »  veut dire qu'il est probable qu'il existe donc on laisse planer un doute ce qui est différent du: « je crois en Dieu » qui signifie qu'il est certain qu'il existe. Tout le monde acceptera que « probable » et « certain » évoquent mathématiquement deux notions contradictoires mais que l'usage nous en à fait confondre la signification.

 

Ici chacun peut utilement s'enquérir sur la discipline cognitive que l'on appelle « ethnométhodologie » ils profiteront d'un accompagnement plus technique sur le sujet évoqué.

 

Pourquoi les croyances communes partagées par certains groupes d'hommes sont elles différentes de celles partagées par d'autres groupes? On peut aisément prendre en exemple les religions. Celles-ci sont diverses et variées quasiment à l'infini, monothéisme, polythéisme, et même athéisme comme le confucianisme chinois ou le républicanisme français. La première constatation que l'on peut observer, est le lien très fort entre religions et groupes ethno-nationaux. La grande majorité des états-nations est liée à une religion, les états dits laïcs car non liés officiellement à une religion sont très peu nombreux, en Europe il n'y en a que deux, la France et le Portugal. Nous pouvons également constater que les religions diverses proviennent toutes de groupes ethniques parfaitement identifiables même si par la suite certaines, principalement le christianisme, se sont étendues à d'autres peuples par influence coloniale.

 

On peut conclure deux choses importantes de cette première partie qui seront fondamentales pour progresser dans cet essai sur la croyance.

1- Les croyances communes naissent au sein de groupes ethniques identifiables et descriptibles.
2 - Celles-ci peuvent se répandre au delà de ces groupes du colonisateur au colonisé c'est à dire du dominant au dominé

 

Le groupe ethnique, national, étatique (village).

 

La première chose qui est observable et descriptible dans un tel groupe ce sont les comportements différents des nôtres. Nous observons des comportements conformes au groupe identifié, ce qui par ailleurs nous permet d'identifier le dit groupe. Il y a en premier lieu la langue dont on sait qu'elle embarque pour chacune, des concepts qui lui sont particuliers, induisant des modes de pensée particuliers. Il y a également le vêtement, la cuisines et une multitude d'aspects que les ethnologues étudient. On retient deux maître-mots : comportements différents du nôtre et comportement conformes au groupe observé.

 

Les comportements conformes

 

Que sont des comportements conformes ? Ce sont des comportements normaux identiques pour tous et identifiables surtout par les membres d'un groupe extérieur, car il est pour nous difficile, voir impossible d'identifier nos propres comportements conformes, ceux-ci n'apparaissent qu'aux autres (langue, mode vestimentaire, cuisine, religion etc...). On entend souvent parmi les gens du peuple cette expression devant quelqu'un qui ne parle pas le français : « celui-la ne peut-il pas parler le français comme tout le monde ». Nos propres comportements nous apparaissent aller de soi, être comme tout le monde justement l'ethnométhodologie, la science qui étudie les comportements conformes de groupes ethniques nomme « allant de soi » et en anglais « account ».

 

Chacun d'entre nous est indéfectiblement lié à l'usage de comportements conformes qui nous sont inconscients et qui nous permettent d'être reconnus socialement par nos congénères. Le comportement conforme est un signe que nous adressons aux autres membres de notre groupe, signe reconnu en préalable à tous échanges d'informations, par exemple, déjà parler français et puis engager la conversation sur des sujets connus forcément par les membre du groupe. Ces signes de reconnaissance conformes : (comment allez-vous, la santé, le temps, le dernier match de foot etc..) permettent d'instaurer confiance et surtout crédibilité nécessaire à l'échange d'informations.

Tous les signes de conformité n'existent que pour rendre notre message crédible. Si nous voyons un hurluberlu habillé en clown et vociférer en dansant, même s'il nous adressait un message sérieux, personne ne pourrait le croire. Que deviendrions nous si durant toute notre vie, du soir au matin nous ne croyions pas les messages qui nous sont perpétuellement adressés, la folie nous guetterai rapidement.

La conformité des comportements dans un groupe social donné est naturelle c'est une nécessité ne serait-ce que pour exister.

 

Les mythes, particulièrement les mythes fondateurs, d'un groupe ethnique, national ou d'une religion font parties des croyances sociales conformes permettant d'être reconnu et accepté au sein d'un groupe pour pouvoir émettre des informations qui seront crédibles pour le groupe.

Les croyances communes dans les mythes fondateurs ne peuvent être identifiés que par des rites communs, ces rites sont des manifestations conformes visibles ostensibles identifiables permettant de montrer à chacun que l'on appartient bien au groupe. Il y a les rites officiellement codifiés comme ceux des religions théistes, il y a les rites nationaux, hymnes, drapeaux, fêtes nationales. Mais il y a également les rites « allant de soi » comme les modes vestimentaires, les particularités de langage et de comportement (par exemple cacher son sexe).

 

Que pouvons nous tirer de ce chapitre : le libre arbitre est illusoire au mieux difficile, il y a nécessité sociale de faire comme tout le monde de se conformer aux rites de manière à être reconnu pour être cru et ainsi accomplir notre rôle d'humain.

 

Mais qui impose comportements et croyances conformes ?

 

On observe aisément que les puissances coloniales, quelle furent arabes ou occidentales ont toujours imposé leurs croyances. L'islam a pu se répandre en Afrique et partager la religion avec le christianisme des occidentaux. Le christianisme fut aisément imposé par espagnols et portugais en Amérique désormais latine effaçant peuples et religions autochtones. Les romains imposèrent non seulement leur religion aux celtes qui peuplaient ce qu'ils appelaient la Gaule mais ils imposèrent également leur mode vestimentaire typiquement méditerranéenne à des peuples vivant en des climats froids qui s'habillaient auparavant avec des vêtements mieux adaptés. On remarque aussi aisément que les peuples soumis adoptent facilement religions, modes, et manières conformes des maître et ceci se réalise souvent sans qu'il n'y ait obligation.

Ont peut donc conclure que ce qui est conforme, manières et croyances s'impose du dominant au dominé d'une manière naturelle que cela soit ou non imposé par la force.

 

Accepter les croyances conformes d'un autre groupe, s'est s'avouer vaincu même si souvent il n'y a pas eu combat, le dégoût de soi-même engendré par l'exemple ostensible des maîtres fait souvent le travail.

 

L'usine à croyances conformes

 

Les USA, maîtres du monde, n'ont pas vaincu la France militairement mais ils l'ont vaincu culturellement ce qui est bien pire. Ils ont imposé leur mode de vie, un des pires de la planète seulement par le cinéma et la télévision. Quand j'étais adolescent, c'était la mode des « western » au cinéma et chacun voulait ressembler à un cow-boy, porter bottes et blue-jeans. Tout le monde admirait « l'Amérique » ses immenses automobiles fascinaient: les « belles américaines », alors qu'en réalité celles-ci ne tenaient pas la route en comparaison de notre « traction avant » bien plus moderne et aux USA la vitesse fut rapidement limitée partout à 90 km / h sur les autoroutes tellement leurs bateaux oscillant étaient dangereux. L'Amérique était devenue synonyme d'Eldorado car montrée au cinéma comme étant l'Eldorado le pays qu'il fallait absolument copier. Mais Hollywood, la Mecque du cinéma mondialiste due au préalable être expurgée de ses déviants communistes par le sénateur Mac Carthy pour être ensuite abondamment financée par l'état, l'armée et diverses services de propagande.

 

Imposer ce qu'il y a de pire


Hollywood étaient bien devenue une usine à rêve et à croyances conformes, la plus efficace que le monde ait connu.

 

Qui croire, qui possède la parole d'évangile ?

Celui qui possède le pouvoir et face auquel nous nous avouons vaincus.

 

Dans l'affaire du 11 septembre il s'agissait bien de croire en l'Amérique divinisée par Hollywood. En septembre 2001 le journal communiste l'Humanité était encore à Saint Denis et je connaissais personnellement les principaux rédacteurs, leur ayant exposé ce que le Réseau Voltaire avait identifié il me fut répondu qu'une seule phase : « Ils n'ont pas pu faire ça », aucun autre argument. Dieu est bon et miséricordieux il ne peut assassiner ses propres créatures. On voit ce qu'il est advenu du PCF, il est enterré. Dans l'affaire Charlie c'est la fable de la « guerre des civilisations » instituée et répandue par les USA après le 11 septembre qui a joué, en dépit du récit incroyablement abracadabrantesque de la version officielle chacun a cru que des « arabes » terroristes avaient réellement pu commettre un tel crime.

 

« Croire en » est bien entendu s'avouer vaincu, abandonner son libre arbitre et donc ses doutes, doutes qui sont le moteurs de la connaissance comme le disait déjà Pierre Abélard au 12ème sècle

 

Ceux qui ne croient plus en l'Amérique divinisée religion mondialiste obligatoire, sont devenus les ennemis du système, ils sont vilipendés insultés, diabolisés ce sont les hérétiques modernes, mais ils deviendront certainement les combattants pour un monde nouveau.

 

 

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Published by Alain Benajam
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