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"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par la crédulité publique."

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 16:10

Cinéma

 

 

Hollywood un matin, studio des Actions Mirifiques de l'Amérique, arrive le patron, il est préoccupé. Le président l'avait convoqué le mois dernier pour lui donner l'ordre de trouver un moyen de contraindre ces horribles français à aimer l'Amérique.

Le président était excédé car depuis un moment, sur la toile à misère on n'arrêtait pas en France de se moquer. On prétendait en France que le voyage de l'américain sur la Lune n'était que du Méliès amélioré. S'en était trop déjà, un horrible français avait démontré qu'il n'y avait jamais eu d'avion sur le Pentagone en 2001, il fallait faire quelque chose.

 

 

Il traversait d'un air mauvais les studios tout à ses réflexions. Il en avait mis des auteurs de scénario sur l'affaire, le scénario hollywoodien ça marchait bien pour l'Amérique. Les méchants mexicains, les indiens cruels, les russes mafieux, les allemands ridicules, les français pleutres et voleurs, les italiens gangsters toujours battus par l'Américain qui tel un archange sauvait toujours à la fin, la veuve, l'orphelin et le monde et de cette manière des générations gorgées de ces fictions auxquelles on ne pouvait échapper étaient plein de gratitudes pour le sauveur obligatoire et sempiternel.

 

Le studio des Actions Mirifiques de l'Amérique était presque un studio de cinéma  comme les autres, la CIA dictait les thèmes, l'armée fournissait les moyens avec les armes spéciales, avec une balle on tuait 6 indiens, 12 japonais et 24 allemands, un peu comme la balle magique qui tua Kennedy. Le studio des Actions Mirifiques de l'Amérique était seulement un peu spécial, gardé par l'Armée,  à l'écart il était chargé de faire du cinéma mais sans que l'on croit que c'était du cinéma.

En effet, le problème avec le cinéma c'est que tout le monde sait que c'est du cinéma et que tout est forcément inventé. C'est vrai qu'à force de passer en boucle, quelques crétins finissent par croire que   l'Amérique a sauvé le monde, des indiens, des mexicains, des français, des allemands et autres peuples hostiles à l'humanité mais c'est seulement quelques crétins. Il fallait faire mieux, du cinéma mais sans qu'il soit cru que s'en était, évidemment on utiliserait les moyens du cinéma, on savait faire.

Il traversait de vastes studios ou restaient quelques décors de Lune avec un vieux LEM rouillé, plus loin un Boing 737 lui passa au-dessus de sa tête et disparu dans le mur.

Ah ! Se disait-il les hologrammes c'est quand même mieux que les décors de ce vieux Stanley. Il croisa quelques français de la DGSI en stage.

Ouais! Pensa-t-il ces français font les choses à moitié, ils n'aiment que la sauce tomate et pas le sang véritable, il faudra que l'on prenne ça en main un jour.

Il arriva enfin à son bureau dans un vaste bâtiment ou s'affairaient et réfléchissaient ensemble scénaristes de cinéma et agents de la CIA pour écrire des scénarios faisables hors studio, comme dans la vrai vie.

L'énorme succès du 11 septembre 2001, véritable « block buster » avait drainé des crédits d'état et ils devaient régulièrement sortir une scénographie réaliste faisant croire que l'Amérique était menacée et qu'il n’y avait qu'elle pour sauver le monde et que les gens devaient se soumettre. On avait vu à Boston des comédiens plus ou moins savamment maquillés participer à une histoire abracadabrantesque de tchétchènes islamistes organisant un attentat spectaculaire.

Bon! C'est vrai il ne fallait pas être spécialiste pour voir que c'était du cinéma avec ses acteurs et figurants maquillés, mais il y avait les journalopes qui étaient là pour finir le boulot et pérorer que l'Amérique sauvait toujours le monde et que ceux qui n'y croyaient pas voulaient remettre les juifs dans les chambres à gaz. Remettre les juifs dans les chambres à gaz, pensez donc, même les indiens et les mexicains aussi cruels soient ils n'avaient pas ça pour objectif, c'était très grave

 

Arrivé dans son bureau John l'attendait. John était l'un de ses meilleurs scénaristes, il n'était plus très jeune, il avait d'ailleurs beaucoup travaillé pour le cinéma cinéma et avait écrit nombre de Westerns. John était tout excité il lui lança de suite :

  • Chef, chef, j'ai le bon scénar. pour montrer aux français pleutres que l'Amérique sauve toujours le monde et ne peuvent se passer de nous.
  • Bon vas y coco, dit le chef, je t'écoute.                                                                                                                  

Il mit les pieds sur son bureau, alluma un cigare et écouta John.

  • Chef voilà, les français comme les autres nations soumises ont toujours été abreuvés de cinéma américain, à tel point que beaucoup ont fini par penser que cinéma et vraie vie c'est pareille, par exemple ils pensent que nous les avons libéré des allemands grâce au cinéma et à nos acteurs héros.
  • Vas au fait aboya le chef.                                                   
  • Si on organisait une attaque de train comme au cinéma ou l'on voit des indiens attaquant le cheval de fer et se faire massacrer par les Rangers du Texas qui sauvent les passagers, tout le monde a vu ça et cela rappelle à tout le monde des souvenirs, chacun se voyant Ranger et massacrant des indiens.
  • Oui et alors répliqua le chef il n'y a pas d'indien en France et pas de Rangers
  • Non, dit John mais il y a des bougnoules qui sont comme les indiens méchants et cruels avec de sales gueules c'est pareil.
  • Ok dit le chef et les Rangers tu les prends où ?
  • Simple, on a mieux des Meuouinesses puisque ce sont des Meuouinesses qui gardent les ambassades il y en a partout ils pourraient être en goguette allant aux putes à Paris.
  • Bonne idée dit le chef en plus les Meuouinesses ont massacré des faces de citron en pagaille au cinéma, faces de citron et bougnoules ces pareil. Bon mais tes bougnoules ne vont quand même pas être armés d'arcs et de flèches.
  • Non bien entendu, l'arme du bougnoule c'est la Kalashnikov des russes mafieux.
  • Le chef s'écria : tu vois une bande de bougnoules avec des Kalashnikov tu ne trouves pas ça dangereux dans un train et penses au nombre de Meuouinesses acteurs qu'il faudrait en face pas facile à trouver pour ce job.
  • Euh ! Dit John alors peut être qu'un seul bougnoule et trois Meuouinesses seraient suffisants.
  • OK dit le chef mais il faut aussi montrer que les français sont des pleutres ne faisant rien contre le méchant bougnoule obligeant les Meuouinesses à intervenir.
  • Ok, Ok dit John je vais arranger tout ça.

 

Rentré à son bureau John se mit au travail. Trouver un bougnoule acteur ce n'était pas difficile il y en avait déjà des milliers et des milliers au service de l'Amérique pour faire les méchants depuis pas mal d'années et ça marchait très bien, pour les Meuouinesses allant aux putes pas de souci, il restait les français pleutres. Il se rappela avoir croisé des français de la DGSI en stage de cinéma vraie vie, ils avaient déjà été formé pour l'affaire Merah et pour Charlie ou les bougnoules jouaient super bien  leur rôle de méchant, il alla les voir, ils étaient en formation de sauce tomate pour imiter le sang.

 

John avisa le chef et lui expliqua le coup. Génial ! répondit le gars de la DGSI qui considérait l'Amérique depuis toujours comme sa patrie et qui travaillait avec zèle pour elle, « on donnera l'ordre aux agents du train d'aller se planquer dès le début de l'action cela fera très pleutre ».
Brave collaborateur pensa John qui essuya une larme.

 

La chose fut bien organisée et on prit soin de mettre le bougnoule dans les chiottes et les Meuouinnesses juste à la porte, parce qu'il fallait qu'ils puissent entendre le bruit de la culasse qu'on arme et il ne fallait surtout pas qu'un français pleutre puisse par malheur intervenir avant les Meuouinesses, si non l'affaire eut été foutue.

 

Cela marcha à merveille les agents de la SNCF jouèrent magnifiquement les pleutres et les vaillants Meuouinnesses se saisirent sans coup férir du méchant bougnoule.

 

Le président félicita les courageux Meuouinesses de la Grande Amérique qui sauve toujours le monde des indiens, des mexicains, des faces de citron et des bougnoules.

 

Comme convenu la journaloperie en fit des tonnes et des tonnes et ceux qui n'y virent que du cinéma furent comme d'habitude accusés de vouloir remettre les juifs dans les chambres à gaz.

 

The End

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Published by Alain Benajam
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