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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 10:22

 

Mythes et croyances

 

 

 

J'ai d'abord écrit sur la complexification et montré que la vie était une propriété physique de la matière, que les sociétés humaines obéissaient aux lois du deuxième principe de la thermodynamique ainsi qu'aux principes physico-chimiques des systèmes hors de l'équilibre décrits par Ilya Prigogine. Puis je me suis interrogé sur l'ontologie et j'ai pensé que les méthodes transmises devenaient un potentiel permettant la complexification de l'organisation humaine. Ces méthodes traduites en potentiel constituaient le chaînon manquant entre les principes thermodynamiques de la néguentropie (complexification) et de l'enthalpie libre.
Je m'interroge ici sur une branche des mythologies et théologies indo-européennes, puis typiquement françaises, en partant du principe que les mythes et religions constituent un ciment civilisateur propice à la croissance du génie humain et des méthodes qui lui sont ontologiquement liées.
Ceci n'est que mon propre point de vue, élaboré à la lumière de quelques historiens de renoms.

Cet essai expose la trilogie indissociable décrivant l'origine et la finalité de l'homme : complexification, méthodes et mythes, trilogie dont la parole est l'élément constructeur.

 

 

 

Prologue

 

 

On ne peut croire que ce que l'on croit déjà. Ceci peut passer pour une boutade, mais constitue une bonne approximation de la réalité ; je vais tenter de l'expliquer.

La culture dans laquelle nous baignons nous permet de communiquer avec nos semblables c'est à dire avec ceux qui peu ou prou possèdent la même langue, la même idéologie, et surtout les mêmes références. Nous avons tendance à ne croire volontiers que ceux en qui nous nous reconnaissons.
Cette reconnaissance d'une appartenance commune permet de valider le message communiqué sans qu'il soit besoin de démonstration : « si tu es proche de moi je te crois sans problème. »
Irait-on croire un homme nu dans la rue vociférant avec une plume dans les fesses ? certes non !

Nous n'avons d'autres choix que la croyance pour exister. Pour croire, il faut d'abord avoir confiance, cette confiance est accordée soit aux proches soit aux pouvoirs que nous reconnaissons et surtout acceptons, médecine, science, politique, religions, médias, etc. Chacun de nous se rattache à un groupe de confiance, dans lequel il pourra valider sans peine ce qui s'exprime du groupe. Avoir confiance en ses proches ou dans les pouvoirs que nous acceptons est essentiel pour toute cohésion sociale. Que cette confiance se perde et le groupe explose ; c'est le divorce. Le conformisme qui consiste à se plier aux rites du groupe de confiance est un aspect important et essentiel des comportements sociaux, faute duquel il n'y aurait pas de communication entre les individus.

Or, la reconnaissance d'une appartenance au groupe de confiance est liée aux mythes déjà partagés par ce groupe ainsi qu’aux rites ostensibles manifestant cette communauté d’appartenance.
Le rituel ostensible valide l'appartenance et donc la capacité de communiquer.
Un exemple simple : dire « Bonjour, comment ça va ? » permet de commencer à engager une conversation, tout comme s'habiller comme les autres ; il est extraordinaire de voir dans les transports en commun comment tous les voyageurs sont habillés de façon semblable et ce fut toujours le cas.

Nos croyances profondes et conformes sont donc attachées aux mythes de notre culture et au langage que nous employons. Chaque mot utilisé, dans toutes les langues, possède une étymologie et si nous essayons d'aller aussi loin que possible dans la connaissance de cette étymologie nous tombons immanquablement sur un mythe et derrière le mythe une histoire.

Ces croyances, cette culture et les mythes qui y sont attachés nous permettent de formaliser notre pensée de la structurer ainsi que de formuler des concepts. Si bien que si une nouveauté apparaît, un nouveau concept issu de la science ou de la philosophie, celui-ci ne peut être formulé qu'avec ce qui existe déjà comme outils linguistique, conceptuel et de formulation et surtout au conformisme nécessaire déjà existant. Nous nous voyons donc collés à ce que nous avons déjà appris et nous ne pouvons nous en détacher seulement que par touches infimes, celles-ci devant être validées socialement à chaque fois, c'est-à-dire admises par tous de manière à pouvoir continuer à communiquer. Toute hypothèse émise se situant trop loin de la conformité existante ne peut être qu'impitoyablement rejetée, comme par exemple celle de l’existence d’extraterrestres.

On comprend aisément que les mythes auxquels nous nous attachons, ayant construit notre capacité à « comprendre » ne peuvent évoluer que lentement ; l'évolution de nos mythes, donc de nos outils conceptuels peut être illustrée par la comptine enfantine: « J'en ai marre, marabout, bout de ficelle, scelle de cheval, cheval de course, course à pied etc. » Si on saute un élément, on ne comprend plus rien. « Marabout, scelle de cheval, course à pied », cela n'a pas de sens.

Mythes et étymologie des mots vont de pair ; dans leur évolution, il ne peut y avoir de rupture car si non c'est fini, on a perdu le fil, on ne comprend plus rien.

Pris par la rigidité de nos concepts attachés à notre culture, les croyances ou mythes qui s'y attachent sont extraordinairement pérennes; les évolutions dans les mythes et les croyances sont comme des mutations qui ne peuvent donner lieu qu’à de modestes évolutions, sinon elles sont rejetées par le corps social ; toutes les tentatives de fabrication d'un « homme nouveau » ont échoué.

L'histoire de la connaissance est riche en chercheurs persécutés en raison des nouveautés qu'ils proposaient dans la description du réel. Il est simple de citer Copernic ou Galilée au 16 ème siècle mais aujourd'hui encore nombre de chercheurs sont ostracisés par leurs innovations intellectuelles et techniques comme par exemple Jean-Pierre Petit qui prévoyait qu'il fut possible d’annihiler les ondes de choc d'un aéronef supersonic par la MHD (Magnéto Hydro Dynamique) Jean-Pierre Petit perdit tous crédits auprès du CNRS et passa pour un hurluberlu. Citons également Jacques Benveniste et la mémoire de l'eau, mais les exemples sont nombreux.

Les lanceurs d'alerte, les découvreurs sont aujourd'hui qualifiés de complotistes ou de conspirationnistes comme furent qualifiés d'hérétiques par l’Église tout ce qui n'était pas conforme.

Pourtant les croyances sont nécessaires dans les rapports humains, elles sont des éléments essentiels de la communication. Notre aptitude à croire, y compris concernant ce qui n'est pas démontrable, provient des mythes qui bâtissent notre culture, culture qui elle-même préside à nos processus de connaissance du réel.

Ces processus de prise de connaissance de notre environnement avec ses concepts idoines sont donc intimement liés au groupe auquel nous appartenons et auquel nous nous identifions. A contrario, d'autres groupes humains ayant d'autres croyances et une mythologie différente peuvent valider d'autres processus de prise de connaissance du réel. Par exemple, la culture européenne occidentale aristotélicienne a fait avancer les sciences expérimentales et les technologies sans pour autant donner une description crédible de l'univers, tandis que la pensée orientale ayant une approche globale de l'univers, nous dirions holistique, nous offre d'autres moyens de compréhension de cet univers.

Aujourd'hui l'universalisme mondialiste à tendance totalitaire tente de gommer toutes les différences de culture et ainsi d’empêcher l’émergence d’approches du réel différentes, ceci ayant pour conséquence un appauvrissement intellectuel du genre humain.

 

Nous sommes Français, ce qui ne renvoie pas seulement à une nationalité formelle, mais signifie que nous sommes tributaires d'une culture bien particulière, bien différenciée, y compris par rapport à celles de nos voisins européens avec lesquels nous partageons cependant un fond commun.

Il est tenté ici de mettre en lumière les mythes particuliers de notre civilisation, mythes ayant forgé nos aptitudes cognitives et notre conception du monde.

 

Il faut d'abord spécifier que les mythes auxquels nos ancêtres croyaient sont toujours présents dans notre culture y compris inconsciemment, ils ont forgé notre manière de communiquer et donc notre langue, le français. Ces mythes, le plus souvent véhiculés par les différentes religions qui ont réussi à s'imposer à nos ancêtres, ne disparaissent jamais; ils se transforment en prenant appui sur la mythologie précédente. On ne peut rien concevoir de neuf sans utiliser une conception du monde déjà présente, c'est matériellement impossible. Aucune mythologie, d'aucune religion ne peut émaner ex nihilo. Les nouvelles religions ne peuvent être que des reprises des anciennes. Ceci est particulièrement vérifiable pour notre pays.

 

Pour relever les principaux mythes de notre civilisation actuelle, il est intéressant de regarder d'abord du côté des religions qui ont encore cours aujourd'hui, particulièrement le christianisme, car cette religion s'est implantée en Europe et dut éponger les mythes les plus anciens présents en ces lieux pour finalement s'imposer.

 

Même pour les athées, il est impossible d'échapper à la mythologie chrétienne qui nous imprègne. Impossible d'y échapper, d'autant plus que cette théologie est chargée de mythologies très anciennes venant de plusieurs millénaires avant la naissance présumée de Jésus-Christ, dont lui-même est le dernier descendant, au terme d'une longue lignée de divinités mythiques ayant eu quasiment la même fonction symbolique.

Un mythe est comme un signe, il véhicule avec lui une information plus complexe, une reconnaissance, une appartenance qui ressurgit; mais contrairement au signe, le mythe auquel nous adhérons est inconscient, il existe mais n'est pas remarqué, c'est un « allant de soi » comme on dit en ethnométhodologie.
Or, les théologies et mythologies sont similaires. Nous poserons l'un ou l'autre terme comme identiques, aussi le double terme mythologie/théologie sera-t-il employé ici. Les dieux doivent être pris comme des symboles incarnant des mythes, mythes, comme je l'ai dit plus haut, ayant façonné notre aptitude à conceptualiser. On pourrait dire qu'une théologie est une mythologie dogmatisée induisant une croyance contemporaine et on appellerait mythologie une ancienne théologie n’induisant plus de croyance.

La croyance qui y est attachée détermine la différence entre les deux termes mais leur fonctionnalité sociale inconsciente est identique.

 

Les dogmes des théologies sont particulièrement importants car ils sont d'excellents conservateurs, ce sont des musées fidèles, conservant les mythes les plus anciens et les écrits correspondants constituent les seuls outils d'investigation d'un passé très lointain remontant à plusieurs milliers d'années. Ainsi la dogmatique théologique nous en dit-elle plus long sur notre passé que l'histoire.

 

L'étude des mythologies/théologies est donc d'une importance capitale pour nous connaître.

 

Si pour les temps présents il est intéressant d'étudier la mythologie/théologie chrétienne, pour le passé il convient de s'intéresser aux mythologies/théologies indo-européennes, afin d’observer quel lien nous sommes en droit de faire, et peut-être de formuler des hypothèses sur leurs origines.

 

 

 

 

Chapitre 1.

Parole, Lumière, Trinité

 

 

Origines indo-européennes

 

Notre langue appartient au groupe des langues dites indo-européennes, car on retrouve des structures linguistiques similaires dans ce groupe, montrant que ces langues possèdent une origine commune. Comme dit plus haut les langues sont liées indissolublement à des mythes, il est donc intéressant d'essayer d'en comprendre l'origine, car tout mythe a été construit sur un événement ou sur un groupe d’événements proches. Ces événements étaient suffisamment étonnants et marquants pour qu'on en tirât une histoire qui a pu se raconter de génération en génération, pour donc structurer un mythe et le transformer en dogme et en croyance sociale.

Mais les mythes sont aussi attachés à ce que l'ethnométhodologie appelle des « allant de soi », c'est-à-dire à des habitudes partagées par le groupe, que l'on désigne comme « vues et non remarquées ». Non remarquées, car tellement habituelles qu'elles parviennent à être masquées par leur évidence non discutable et non remarquable. Par exemple, la façon de se vêtir, de se présenter et surtout les habitudes relationnelles au sein de la famille dictées par les circonstances, ainsi que l'alimentation, et enfin pour tout ce qui a trait à la reproduction et du pouvoir, au rôle du père, de la mère, des enfants, ainsi qu'au souvenir des ancêtres.
Les rôles anthropologiques des différents membres de la famille seront des éléments fondamentaux des mythologies/théologies indo-européennes.

 

 

Notons toutefois que les études indo-européennes ont été polluées par différentes considérations idéologiques et politiques où la science se perd et où la stupidité a pris le pas. Chez les nazis d'abord, car ceux-ci ont essayé de bâtir une idéologie racialiste et suprémaciste « blanche » en tentant de s'appuyer sur ce qu'ils voulaient être une science. Ainsi ils ont retardé ces études fondamentales engagées avant la guerre par l'historien Georges Dumézil, études qui ne reprirent leur cours que récemment.

Cependant ces études sont toujours invariablement liées aux idéologies, quand a contrario notamment certains, se voulant anti-suprémacistes, nient la réalité indo-européenne de notre culture. La bonne posture scientifique serait d'être indifférent aux conclusions politiques que pourraient faire les uns et les autres ; c'est notre parti pris.

Une nouvelle discipline est venue apporter ses lumières et entretenir la polémique, c'est la paléo-génétique. La paléo-génétique est une discipline que j'ai moi-même inventée vers 1977-1978, en découvrant les haplotypes du chromosome 6 du système HLA. Les haplotypes sont des associations de gènes très proches qui, du fait de cette proximité, sont transmis ensemble. Ces associations proviennent de groupes ethniques ayant vécu longtemps en endogamie tribale, qui, de ce fait, possédaient un capital génétique restreint. En migrant dans un autre bassin ethno-génétique ces gènes ont conservé une association caractéristique. Cette association dite « gamétique » a échappé aux recombinaisons génétiques, par la proximité de leurs « loci »( pluriel de « locus », i.e. emplacement du gène sur le chromosome), c'est- à-dire au mélange de gènes qui s'opère au cours de la séparation des paires de chromosome au cours de la méiose pour donner des cellules de reproduction ou « gamètes ». L'importance des recombinaisons ou mélanges est proportionnelle à la distance entre les emplacements des gènes (ou loci). Il en résulte donc qu'un haplotype peut être caractéristique d'une population ayant migré auprès d’une autre. Il faut également considérer que ces haplotypes ne sont déterminables en tant que gènes en association que dans le cas ou une minorité ethno-génétique se fond dans une majorité, elle en équilibre d'association. Mes études en génétique des populations dans le laboratoire du Pr Dausset (prix Nobel de médecine en 1980) ont montré que le plus souvent une minorité d'individus migre au sein d'une majorité. La paléo-génétique a été mise à contribution dans la recherche des origines indo-européennes ; pour l'instant elle a permis seulement de montrer que la civilisation des amphores cordées au nord-ouest de Yamna (Kourganes) est postérieure à cette civilisation.

A Haplotype Study of HLA Complex with Special Reference to the HLA‐DR Series and to Bf. C2 and Glyoxalase I Polymorphisms

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1399-0039.1978.tb01337.x

 

Les traceurs migratoires génétiques doivent être utilisés avec circonspection car ils ne tiennent pas compte des influences mythiques, idéologiques et linguistiques, et peuvent induire des erreurs d'interprétation. Notre propos ici n'est d’étudier que les influences idéologiques, et non génétiques, contrairement donc aux idéologies nazies ou antinazies, suprémacistes ou anti-suprématistes, aussi stupides l'une que l'autre. Le groupe des civilisations d'origine indo-européennes, si elles possèdent des mythes communs, possède des populations qui ne se ressemblent nullement; il est simple de constater la différence d'aspect entre un Suédois et un Indien du nord, un Iranien ou un Grec alors que leurs fonds culturel indo-européen est identique. Les fameux aryens chers aux nazis furent une tribu orientale ancêtre des Iraniens actuels, parmi lesquels il est difficile de rencontrer des blonds aux yeux bleus. Ici je n'évoque que l'influence idéologique indo-européenne, influence dont les mythes devaient être suffisamment puissants pour imposer langue, idéologie et religion à des peuples plus anciens occupant des lieux différents depuis longtemps.

 

La génétique des européens ne recoupe pas la culture indo-européenne.

 

On ne peut parler que de civilisations indo-européennes au pluriel, car si l'on perçoit une racine commune, cette influence linguistique et idéologique s'est différentiée en s'adaptant à des peuples différents qui eux-mêmes géographiquement éloignés ont divergé dans leurs habitudes anthropologiques et leurs croyances. A l'étude des différentes théologies à racine indo-européenne, on remarque une évolution dans le nom et la fonction des dieux mais pourtant il est remarquable qu'il existe toujours un fil symbolique les reliant aux origines. Cette filiation est particulièrement intéressante à mettre en évidence, car elle permet de dégager les mythes les plus puissants qui sont conservés et se sont conservés jusqu'à nous dans la France contemporaine, objet de cette étude.

 

Une mythologie venant du froid et du nord, pourquoi ?

 

Pour raconter l'histoire des civilisations indo-européennes il faut remonter très loin, jusqu'au paléolithique supérieur.

 

Le climat de la terre est soumis à un cycle bien connu qui est le cycle de Milankovich, qui fait alterner des périodes de grandes glaciations et des réchauffements importants, avec entre les deux de plus petites périodes de refroidissement et de réchauffement. Ces cycles ont réglé les migrations autant animales qu'humaines par la modification du biotope. Au cours d'une période froide, il y a migration vers le sud et au cours d'une période chaude migration vers le nord.

 

Glaciation de Würm le niveau de la mer est plus bas
 

Au paléolithique supérieur de – 40 000 ans à – 10 000 régnait en Europe et sur le monde une période très froide que l'on appelle la glaciation de Würm. Le territoire qui deviendra la France possédait alors un climat comparable aujourd'hui à ce qui existe dans l’extrême nord de l'Europe, aux confins de la Finlande ou de la Russie. La France était occupée par une toundra et le sud par une taïga. Dans cet espace, le renne, dont la nourriture est faite exclusivement du lichen des toundras, abondait, comme l'attestent les nombreux vestiges et artefacts laissés par l'homme habitant ces lieux à cette époque, par exemple le célèbre homme de Cro-Magnon.

Il est remarquable que non loin des glaciers de l'époque, en Europe, s'est particulièrement développée cette civilisation du paléolithique supérieur, car une très grande partie des artefacts datés de cette période et la quasi totalité des grottes ornées comme Lascaux ont été trouvées dans l'espace dit franco-cantabrique, celui-ci étant centré sur le pays basque et s'étendant dans tout le sud-ouest français et le nord-ouest espagnol. C'est un espace bien délimité, où cette civilisation du paléolithique supérieur a prospéré mieux que nul part ailleurs.

On peut penser que d'une façon similaire à celle des hommes occupant les toundras du Nord de l'Europe et de l'Asie, l'homme d'avant la France a développé une civilisation où le renne jouait un rôle primordial autant pour sa viande que pour les outils confectionnés avec ses bois ou ses os.

http://www.persee.fr/doc/pal_1145-3370_2000_num_12_1_1600

 

Une riche civilisation

 

Le nombre important de grottes ornées et d'artefacts du paléolithique supérieur de cet espace nous donne à penser qu'une riche civilisation y prospérait. Les peintures magnifiques l'attestent et leur similitude dans ce vaste ensemble géographique indique communications et échanges entre les groupes, c'est-à-dire une vie sociale avec tout ce que cela comporte notamment dans l'élaboration d'un langage commun et d'une mythologie commune. Mais une étude fondamentale menée par l'historienne canadienne Geneviève Von Petzinger nous éclaire radicalement sur cette culture de nos ancêtres. Cette chercheuse a répertorié un ensemble de 32 signes que l'on retrouve dans toutes les grottes de cette zone géographique. À chaque signe devait obligatoirement correspondre un son (phonème), qui lui-même devait posséder une signification (logos) de manière à être reconnu et reproduit, sinon aucune de ces reproduction n'était possible.

 

32 signes identiques

 

Nul doute que ces grottes ornées avaient une fonction magique shamanique, voire religieuse, et que ces signes partagés nous renseignent sur la portée mythique de la parole, élément primordial de la mythologie/théologie indo-européenne.
Alors pourquoi ce paléolithique supérieur franco-cantabrique peut-il être considéré comme l’ancêtre de la civilisation indo-européenne ?

Nous pouvons aisément concevoir qu'au moment du réchauffement climatique qui eut lieu vers –10 000, ces hommes ont suivi les troupeaux de rennes vers le nord exactement comme le font les populations nomades qui vivent encore aujourd'hui de cet animal, qui ne peut s'alimenter que sur les toundras, aux confins des taïgas.

Nous pouvons suivre cette migration lente au cours de la fonte des glaciers, par l'apparition de différentes civilisations remarquées D'abord le Magdalénien de – 17000 à – 10000 dont on retrouve des vestiges jusqu'en Allemagne, puis des cultures dites de l'épi paléolithique, ou paléolithique final du nord de l'Europe, qui s'étagent des pays scandinaves jusqu'au nord de la Norvège avec la culture de Komsa qui va s'éteindre vers – 2000 environ ; cf. cartes.

 

Mouvement de populations à la fin de la glaciation de Würm, toujours minoritaire en effectifs.

 

Le propos ici n'est pas de décrire ces différentes cultures du paléolithique final de chasseurs cueilleurs suivant le renne et se déplaçant vers les larges espaces du nord de la Russie.

 

Il s'agit de conclure que nous devrions trouver dans le nord de l'Europe des vestiges venant de l'établissement de ces populations, au sein de cet espace boréal. Effectivement, nous trouvons la culture dite des céramiques à peigne, qui s'étage de -4200 à – 2000, les artefacts de poteries caractéristiques présentant des lignes ressemblant à des lignes de peigne se retrouvent de l'extrême nord de l'Europe, du Finnmark norvégien au nord de la Russie jusqu'à l'Oural. Il s'agirait de chasseurs cueilleurs et non d'agriculteurs bien que l'on soit à une période où l'agriculture, venant du croissant fertile, avait déjà atteint la moitié sud de l'Europe.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_la_c%C3%A9ramique_%C3%A0_peigne

 

Pourquoi s'intéresser à cette culture ? Car l'aire attestée des céramiques peignées jouxte la civilisation de Yamna entre mer Noire et mer Caspienne, dite également civilisation des Kourganes, ou tumulus, dont la plupart des préhistoriens s'accordent pour affirmer qu'elle est le foyer de la langue et de la mythologie indo-européenne. Il se trouve que cette civilisation indo-européenne a particulièrement développé une mythologie dont l'étude atteste qu'elle ne peut provenir que de zones boréales.

 

Une caractéristique de cette culture dont les plus anciens vestiges datent du 4 ème millénaire est l’inhumation dans des kourganes ou tumuli recouvrant des fosses à tombes, où le mort est placé en décubitus dorsal avec les genoux repliés. Les corps étaient recouverts d'ocre. Des tombes multiples ont été découvertes dans ces kourganes, souvent après des inhumations postérieures.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_kourgane

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_la_c%C3%A9ramique_cord%C3%A9e


 

Culture des kourganes ou de Yamna proto-indo-européenne.

 

Des sacrifices d'animaux étaient pratiqués (bovins, cochons, moutons, chèvres et chevaux) : une caractéristique associée aussi bien à ces premiers kourganes ainsi qu'aux qu'aux premiers indo-iraniens et qu'aux premiers celtes de la civilisation de La Tène I.

Les plus anciens restes d'un char à roues ont été découverts dans le kourgane, associé à la culture Yamna, de « Storojova mohyla » près de Dnipropetrovsk en Ukraine.

Les corps étaient non seulement inhumés avec des animaux domestiques mais également avec des armes, dont les premières armes en cuivre.
C'est une civilisation patriarcale attestée par les inhumations de guerriers mâles et certainement de riches propriétaires de cheptels.
À la même époque, dans le bassin méditerranéen et dans les Balkans, jouxtant cette civilisations de guerriers et d'éleveurs, une autre civilisation s'était développée à partir de l'agriculture, civilisation dont les sépultures étaient mixtes et sans armes. Les artefacts, outre les poteries, montrent des représentations humaines en terre, représentant exclusivement des femmes obèses aux caractères sexuels développés. L’existence dans la période historique considérée au sud de la Grèce des civilisations minoenne et crétoise peuvent conforter l'hypothèse du caractère matriarcal de ces civilisations agricoles.
Les corps sont plus petits que ceux des Kourganes et indiquent souvent une sous-alimentation qui devait être essentiellement végétale et peu carnée, contrairement à ce qui était le cas pour les civilisations de chasseurs-cueilleurs ou d'éleveurs.

Cultures du néolithique balkanique, dites aussi pré-hellénique ou de l'Europe ancienne par exemple les cultures de Stacevo à partir de -6500 ans et de Vinca à partir de – 4500 ans. Au delà de cette période, on retrouve à l'ouest du Dniepr des cultures mixtes agricoles et indo-européennes comme les culture de Cucuteni, d'Usatovo et de Cermavoda.

Afin d'envisager les raisons pour lesquelles se sont constituées des cultures à caractère patriarcal a contrario de celles à caractère matriarcal, il est possible de proposer l'hypothèse suivante. On constate que la culture des steppes, des chasseurs-cueilleurs puis des éleveurs est patriarcale tandis que les cultures fondées sur l'agriculture sont matriarcales. Ceci ne peut provenir que de la séparation des tâches chez les chasseurs-cueilleurs du paléolithique. Les hommes s'étaient spécialisés dans la chasse et les femmes dans la cueillette. Ainsi, il peut paraître évident que ce sont des femmes qui ont inventé l'agriculture venant de la cueillette et imposé des mythes féminins alors et des hommes ont inventé l'élevage venant de la chasse et inventés des mythes masculins et guerriers, la chasse s'est en effet toujours apparentée à la guerre, car les armes sont identiques .

 

 

Déesse mère du néolithique agricole méditerranéen. 
 

Les agriculteurs qui n'étaient pas des guerriers, mais d'excellents constructeurs de forteresses se sont longtemps opposés et défendus face aux guerriers des steppes, mobiles sur leur chevaux, avec leurs chariots et pourvus d'armes offensives comme l'arc, mais ils se sont finalement inclinés et ont adopté les mythologies nordiques indo-européennes avec leur langage. Les vestiges de l'ouest du Dniepr au sud des Balkans attestent ces oppositions, voire ces combats, dont la civilisation hellénique, indo-européenne de culture sortira vainqueur.

Pour éclairer l'hypothèse de la filiation nordique, hyperboréenne, des cultures indo-européennes, dont celle dite des kourganes est l'attestation pour la communauté scientifique, on peut évoquer la théologie/mythologie du dieu grec Apollon, dit l'hyperboréen. Les fonctions des principaux mythes indo-européens incarnés par des dieux seront abordés plus loin mais l'étude de la théologie d'Apollon est intéressante à ce stade.

 

 

Apollon chevauchant un griffon symbole de l'hyperborée chez les grecs.

 

L'intérêt de la figure d'Apollon, dont la théologie est bien connue, réside dans son lien avec un mythe important de la Grèce antique qui est celui de l’Hyperborée. Ce lien montre, voire prouve une filiation ethnique entre la Grèce antique, historique, avec ce lieu situé au delà du cercle polaire.

Si Hérodote a parlé des Hyperboréens et notamment des vierges hyperboréennes apportant l'abondance, le plus instructif est le poème d'Homère en forme de panégyrique sur la naissance d'Apollon sur l’île de Délos. Délos est décrit comme un rocher sans végétation ou les habitants ne peuvent se nourrir. A la naissance sur Délos d'Apollon, fils de Jupiter et de Léto, née elle-même en Hyperborée, il est dit qu'à ce moment l’abondance régna et que chaque année les dîmes étaient apportées par la race dite la plus antique - dixit Homère - qui habitait au Nord, au-delà des rivages de Borée, mais aussi que les offrandes à Délos, lieu de naissance d'Apollon, étaient apportées depuis la Borée par l'intermédiaire de peuples différents, dont finalement les Scythes, émergeront. Or les Scythes vivaient à l 'époque antique sur le lieu même de la civilisation des Kourganes, considérée comme la base de la culture indo-européenne. Après sa naissance, la légende dit que des cygnes emmenèrent Apollon en Hyperborée, avant qu'il ne revienne à Delphes.

https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1946_num_132_1_5521

Dans le mythe grec de l’Hyperborée, dont la mère d'Apollon est native, et où il a l'habitude de séjourner, il est spécifié que le jour y est permanent. Il n'est pourtant pas connu que des Grecs antiques n'aient jamais voyagé dans ces contrées. Mais comment les Grecs pouvaient-ils savoir que durant six mois de l'année le jour y était permanent ? Cette légende basée sur une réalité n'a pu se transmettre qu'avec la mythologie indo-européenne. L'autre aspect important du mythe d'Apollon est l'abondance de nourritures apportées par les vierges hyperboréennes chaque année à Délos. On remarque que cette abondance vient par l'intermédiaire des Scythes dont l'habitat est l'Ukraine actuelle et la Crimée.
Les Scythes sont les descendants directes de la civilisation des Kourganes, aire reconnue de la culture indo-européenne initiale. Les plaines d'Ukraine sont connues pour leur extrême fertilité, notamment pour la culture du blé, alors que la Grèce est plutôt aride. L'abondance exceptionnelle venant du pays des Scythes n'a pu être que mythifiée.

 

Ici la mythologie renforce l'archéologie qui atteste de la présence de peuples vivant dans une zone hyperboréenne, la civilisation des céramiques peignées jouxtant le foyer indo-européen de la civilisation de Yamna, devenue plus tard le berceau de la civilisation Scythes.

La mythologie indo-européenne et sa langue vont se répandre dans tous le pourtour eurasiatique, vraisemblablement à partir du troisième millénaire, pour induire un ensemble de civilisations, qui vont se différencier au contact d'autres, établies déjà sur l'exploitation agricole, vers le nord-ouest, la civilisation des amphores globulaires ou cordées, le long de la baltique, qui précédera la civilisation de Halstatt de l'âge du fer, civilisation proto-germano-celtique, puis la civilisation de La Tène, celtique, et les civilisations italiques. Ces civilisations conserveront un moment des sépultures de chefs ou rois en tumuli.
Vers les Balkans, la civilisation hellénique émergera, issue de durs affrontements avec celles de l'Europe ancienne du néolithique agricole, donnant d'abord les Achéens, considérés comme le premier peuple à culture indo-européenne en Grèce, et venant du nord vers -1600.
Au même emplacement, en gros, que la culture de Yamana, les Scythes s’établirent en bordure de la Mer noire.

Vers le sud, traversant le Caucase, en Anatolie, vécurent les Hittites, qui se confrontèrent longtemps aux Égyptiens.

Enfin vers le sud et au delà de la mer Caspienne, les Iraniens ou Perses, puis plus loin au nord de la vallée de l'Indus, des tribus aryennes venant d'Iran entraîneront la fin d'une brillante civilisation déjà millénaire. .

Comment se sont élaborées les mythologies/théologies auxquelles nous croyons encore, parfois malgré nous, et qui constituent l'assise de notre civilisation ?

 

Les théologies sont ce qui est cru de façon dogmatique et reproduites dans le temps sans grandes évolutions ; j'ai dit qu'elles étaient importantes car conservatrices et donc instructives.
Les mythologies sont ce qui encadre les théologies, avant qu'elles ne se constituent en dogmes, et ce qui reste après que le dogme théologique ne soit plus en fonction. Les mythologies sont extraordinairement pérennes en « allant de soi ».

 

Nous pouvons distinguer deux origines :

- D'une part celles qui viennent de la base, de l'espace franco-cantabrique des grottes ornées, où une importante civilisation a vu le jour.

- D'autre part la transposition de cette civilisation du froid vers l'espace hyperboréen ayant engendré la mythologie indo-européenne transmise dans une grande partie du continent eurasiatique.

 

 

Le fondement le plus important de nos mythes : la parole lumineuse.

 

Observons ce qui nous en reste dans des religions ayant encore cours avant d'aller chercher plus loin dans le temps.

 

La Lettre de la Genèse biblique nous dit :

 

1- Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
2- La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l’abîme et l'esprit de Dieu se mouvait au dessus des eaux.

3- Dieu dit: " Que la lumière soit! " et la lumière fut.

4- Et Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière et les ténèbres.
5- Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres Nuit. Et il y eut un soir, et il y eut un matin; ce fut le premier jour.

On observe ici que la lumière précède la création des astres dont le soleil dans l'ordre de la Création.

 

Mais l’Evangile selon Saint Jean nous dit :
1 - Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.

2 - Il était au commencement en Dieu.

3 - Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.

4 - En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,

5 - Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

6 - Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

7 - Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : 8 - Non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

9 - La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.

10 - Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu.

11 - Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

12 - Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,

13 - Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.

14 - Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.

15 - Jean lui rend témoignage, et s’écrie en ces termes : « Voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. »

16 - et c’est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâces sur grâces ;

17 - parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

18 - Dieu, personne ne le vit jamais : le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.


 

La Genèse selon l’Évangile de Jean est une puissante révision de la Genèse biblique, qui marque profondément la différence entre le christianisme et le judaïsme.
La genèse de l'Evangile de Jean est une exposition précise de la mythologie indo-européenne et nous éclaire sur son adaptation rapide en Europe occidentale aux populations qui possédaient déjà des croyances similaires.

Il est simple de constater que le judaïsme ressemble pour beaucoup à l'islam, ces religions puisent dans une mythologie sémitique du désert. Alors que le christianisme, avec surtout le catholicisme et l'orthodoxie, s'éloigne considérablement du fondement idéologique de cette mythologie sémitique pour adopter celle née dans les steppes pontiques venant auparavant des rives de la Borée.

Et je le rappelle, et ceci est le fil de cet exposé, on ne peut croire que ce que l'on croit déjà.


 

Nous pouvons illustrer ce propos avec le texte le plus ancien qui nous est parvenu, exposant ce fondement idéologique indo-européen : le Rig Véda, premier texte connu du Védisme Indien.


On peut supposer que la tradition orale des premières strophes du Rig-Véda, en langue védique (un sanskrit archaïque), s'est développée à une époque où les Aryens étaient encore sur les plateaux d'Asie centrale, dans la région de l'Oxus aujourd'hui appelé Amou-Daria, fleuve qui se jette dans la mer d'Aral (Ouzbékistan, Turkménistan). De nombreux hymnes citent la Sarasvati (jumelle de Vac) comme une rivière importante et majestueuse. Or nous savons que la rivière Sarasvati s'est asséchée aux alentours de 1800 - 1900 avant J-C, ce dont nous pouvons déduire donc que les hymnes remontent à cette période, qui est aussi celle de la Civilisation de l'Indus. Ces vœux en forme de louanges furent progressivement écrits à partir du XIIe siècle av. J.-C. Ce recueil de bénédictions est le texte védique non seulement le plus ancien mais aussi le plus important du védisme.

 

Arya dans la vallée de l'Indus

Note :

Aryens ou Arya est un terme qui signifie «noble» qui a été utilisé comme auto désignation par les Indo-Iraniens. Le mot a été utilisé par les Indiens de la période védique en Inde comme désignation ethnique pour eux-mêmes et pour se référer à la classe noble ainsi qu'à la région géographique connue sous le nom d'Āryāvarta, (vallée de l'Indus et nord ouest de l'Inde) où la culture indo-aryenne était basée. Les peuples iraniens étroitement liés ont également utilisé le terme comme désignation ethnique pour eux-mêmes dans l'Avesta (zoroastrisme) , et le mot forme la source étymologique du nom de pays Iran.

(Ce terme n'a donc rien à voir avec une pseudo « race blanche » qui est un fantasme non scientifique de la fin du 19ème siècle).

 

Le mythe de la parole.
 

La déesse Vac ou Vach est évoquée dès les premières strophes de l'hymne fondateur.

Vac est la Parole, elle commence par déclarer que c'est elle qui porte les dieux, présentés dans leur grandes divisions et fonctions traditionnelles, puis dans quelques individualités particulièrement importantes, dont on étudiera les fonctions plus loin et qui sont parvenues jusqu'à nos jour, notamment par le biais de la franc-maçonnerie. Il y a d'abord Mitra-Varuna, on verra d'ailleurs l'importance de Mitra ou Mithra dans diverses théologies jusqu'au seuil du christianisme. Puis Indra-Agni ou Rudra-Agni et les Nasatya. Dans les premiers textes, les dieux vont par couple : ils sont jumeaux, cette détermination théologique est un aspect important des premières croyances. Une troisième strophe affirme que Vac (la parole), considérée en elle-même, possède les qualités nécessaires pour tout faire advenir et opérer partout. Dans les dernières strophes, c'est l'univers entier, le ciel comme la terre, et même l’au-delà du ciel, que Vac peut intervenir.

 

Représentation actuelle de Vac Saravasti la lumineuse pourvue de son instrument à corde pour dire les hymnes aux hommes

 

La traduction littérale de l'hymne de Vac dit :


4- C'est par moi qu'il mange la nourriture (l'homme), celui dont la vue discerne, celui qui entend les choses dites. Sans s'en rendre compte, c'est sur moi qu'ils vivent tranquillement (les hommes).
Entend, toi dont on entend parler, je te dis chose digne de confiance (parole d'évangile ).
5- C'est moi, de même, qui prononce ce qui est goûté des dieux et des hommes. Celui que j'aime, celui-là, je le fais fort, je le fais « brahman » (seigneur guerrier), je le fais voyant, je le fais sage.
6- C'est moi qui pour Rudra (dieu védique, archer divin) bande l'arc afin que la flèche tue l'ennemi du « brahman » ; c'est moi qui, pour les hommes fais le combat, c'est moi qui ai pénétré le ciel et la terre.

D'après Georges Dumézil dans « Esquisse de Mythologie » – Gallimard

On peut remarquer que dans le culte védique les fonctions sacrées se sont partagées en une multitude de dieux, parfois les fonctions symboliques changent de non ainsi le couple Mitra-Varuna deviendra plus tard Vishnou-Varuna.

Ces mêmes fonctions se retrouvront plus concentrées chez les Iraniens, les Grecs et les Celtes. Notamment les Iraniens vont épurer leur mythologie jusqu'au monothéisme de l'Avesta (mazdéisme et zoroastrisme) tout en conservant un corpus symbolique identique.

Dans les mythologies indo-européennes, l'arc produit un son et possède une voix.
Le dieu perse Mithra issu du dieu aryen double Mitra-Varuna et le dieu grec Apollon posséderont les mêmes trois fonctions en une seule, attestées par les objets avec lesquels ils sont souvent montrés : l'arc sonore qui donne la mort, la harpe ou lyre pour accompagner les hymnes et louanges et symboliser l'abondance, enfin et surtout la fonction principale de dire La Vérité, de dire par sa voix la parole du dieu créateur, d'en être l'intermédiaire, notamment par le biais de l'oracle en ce qui concerne Apollon.

 

Apollon avec l'arc fatal

 

Apollon à la lyre pour dire les hymnes.

 

Mitra-Varuna devenant Mithra plus tard chez les Perses possédera comme arme fatale un glaive avec lequel il tua le taureau dont la rivière de sang coulant de sa gorge donna l'abondance.

Ces trois fonctions : parole, mort et abondance, se retrouvent également chez le dieu celte Lug et le dieu Baldr germano-scandinave, l'arme sacrée sera chez eux non plus l'arc, mais la lance.

Ces dieux sont également appelés lumineux et quand ils sont représentés, c'est toujours nimbés de lumière ou possédant une auréole. La paroles étant toujours associée à la lumière.

 

Quelle est l'origine du mythe de la parole ? Trois hypothèses qui ne s'excluent pas :

 

1- Les découvertes de Geneviève Von Petzinger, qui a dénombré 32 signes récurrents dans les grottes ornées de l'ensemble franco-cantabrique, ces signes identiques partout ressemblent à un début d'écriture. L'énoncé de ces signes devaient avoir un caractère magique et shamanique, comme il semblerait que furent ces grottes ornées. Ne voyons-nous pas là le début d'une sanctification de la parole venant du dieu démiurge?

 

2- La parole est nécessaire à la transmission des méthodes de génération en génération, pour sans cesse les améliorer, comme je l'ai souligné dans un article précédent. Une très récente recherche génétique établissant une comparaison entre l'homme de Neandertal et l'Homo sapiens montre une petite différence au niveau du gène FOXP2 de l'ADN qui assure la parole. Chez le Neandertal, la différence d'un seul acide aminé entre la séquence de son ADN au niveau de FOXP2 indique chez lui une difficulté à utiliser la parole. En plus, ses artefacts étaient toujours identiques de génération en génération, alors que son volume cervical était supérieur à celui de l’homo sapiens. Ceci montre que la capacité à transmettre des méthodes mais surtout à les diffuser socialement et à les améliorer est une fonction ontologique propre à l'homme moderne. Chez l'homme, l'intelligence n'est plus individuelle, mais est devenue sociale, civilisationnelle, cette capacité n'étant due qu'à l'utilisation d'une parole complexe. Il est donc logique que la parole fut mythifiée et désignée comme le début même de l’existence humaine, et similaire à la lumière du jour nécessaire à la croissance de toutes choses vivantes.

 


3- Une autre signification mythique de la parole viendrait de la division en trois ordres des sociétés indo-européennes (Georges Dumézil). Ces trois ordres sont les guerriers nobles, les prêtres, et les travailleurs. Les prêtres sont chargés de diffuser la parole divine. « Je te dis choses dignes de confiance » annonce la déesse Vac dans le Rig Veda. La parole du dieu-démiurge, celui qui créa le monde, doit être crue comme telle, même si cette parole est annoncée par un intermédiaire.

 

Origines hyperboréenne des mythologies théologies indo-européennes.

 

Nous avons vu que des peuples venant du sud-ouest de la France et du nord-ouest de l'Espagne vivaient dans des toundra au bord des glaciers de la dernière glaciation de Würm. Ces peuples de chasseurs cueilleurs étaient habitués aux froids extrêmes comme le sont aujourd'hui les Inuits, les Lapons ou les Nénètses.

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9n%C3%A8tses

Ils sont remontés vers le nord de la Russie actuelle en suivant les troupeaux de rennes au cours du réchauffement qui eu lieu vers – 10 000 ans. Leur habitat fait de tente de peau genre tipi n'ont pas laissé de trace mais sur cet aire des poteries ont été trouvées ; d'une facture particulière, les céramiques peignées attestant une forte présence humaine

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Le mythe de la lumière.

 

Si le mythe primitif de la parole a pu se former avant l'implantation des européens dans les zones de l’Hyperborée, son association avec celui de la lumière peut bien en être la source.

 

Dans ces hautes latitudes, le cycle du jour et de la nuit change très fortement avec les saisons. Au delà du cercle polaire, les nuits durent six mois ainsi que les jours. Pour ces populations, voir le soleil se lever après une très longue nuit devait être particulièrement remarquable. Durant les longues nuits d'hiver, la lumière devait être sacrée et cette lumière devançait longuement le levé du soleil durant les longues aubes des solstices ; cette lumière primitive, tant attendue, éclairant l'obscurité, a pu se donner lieu à mythe, car elle devançait l’apparition de l'astre solaire.

Deux mythes fondateurs se sont trouvés liés car lumière ET parole sont sources de toutes choses

Il n'est donc pas étonnant que le dieu Apollon dont on est certain qu'il vient d’Hyperborée, soit le dieu de la lumière et de la parole transmises par le démiurge. Ainsi tous les dieux lumineux indo-européens associent lumière et parole, intermédiaires du Dieu Créateur.

Ces dieux allaient primitivement par couples jumeaux présentant des fonctions dialectiquement proches, bonnes ou mauvaises. Ces couples prirent plus tard chacun leur indépendance.


Quelques exemples.

Vac-Sarasvati, Mitra-Varuna, Indra-Agni, ou Rudra-Agni pour l'Inde et les aryens

Apollon-Artemis, pour les Grecs,

Amesha-Spenta, les deux archanges de Ahura Mazda, dans le mazdéisme et zoroastrisme des Perses.

Lug pour les Celtes, lequel possède également un jumeau mort né Dylan eil Ton (Thése de Gaêl Hily sur Lug),

Odin Baldr pour la mythologie scandinave, Odin lumière sombre et Baldr lumière claire. Le Christ et le Saint Esprit pour les chrétiens

https://tel.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/614164/filename/Hily_Le_Dieu_celtique_Lugus.pdf

 

Le mythe du soleil levant et de la croissance

Dans les zones boréales, quand le soleil se lève enfin au printemps vient la croissance, la croissance de la végétation et du nombre des animaux chassés ou élevés avec cette croissance vient la richesse. Le soleil se lève à l'est à l'orient. Orient vient du latin oriri : se lever ; il s'agit d'un verbe d'origine indo-européenne, voulant dire naître ou sourdre, surgir. Ce terme est proche de la signification du latin « crescere », (croître) voulant dire pousser (pour une plante, arriver à l’existence, naître). Cette origine étymologique donnera son nom au symbole germanique du soleil levant la « crista » qui est un omega inversé (d'après l'historienne Anne Lombard-Jourdan) . Symbole particulièrement important car il nous donnera la fleur de lis représentant la royauté française (Fleur de Lis et Oriflamme, d’Anne Lombard Jourdan, CNRS Edition)

 

La tri-fonctionnalité.

 

L'historien Georges Dumézil a passé une bonne partie de sa carrière à étudier la tri-fonctionnalité des dieux des différentes cultures indo-européennes et qui d'après lui en marque cette origine. Le christianisme possède bien dans sa théologie, la trinité, c'est à dire un unique dieu en trois formes, le Père, le Fils et le Saint Esprit. J'ai montré, au chapitre de la parole suivant les écrits de Georges Dumézil, que les dieux symbolisant ce mythe étaient non seulement jumeaux, mais trifonctionnels :

Parole, Abondance et Mort, ces trois fonctions réduites en une seule symbolisant l’essence même de l'homme.

La Parole peut être celle du Dieu créateur, émise par le dieu interprète, intermédiaire, c'est également celle du prêtre, mais aussi celle de la parole donnée, du contrat (Mitra-Varuna).
L'Abondance coule d'une rivière, d'un fleuve ou du sang du taureau, l'abondance est liquide.
La Mort vient de l'arme fatale, dont la blessure ne guérit jamais.

 

Origine possible de la tri-fonctionnalité.

 

Une parhélie, vue par grand froid au soleil levant.

 

Quand le soleil enfin se levait après une longue aube, les hommes pouvaient voir parfois au soleil levant trois formes solaires dans une parhélie. Une parhélie montre des reflets du soleil sur des cristaux de glace apparaissant de part et d'autres de l'astre solaire, le tout formant un halo et une croix. Cette image très frappante n'a pu que se transformer en mythe ; d'ailleurs la symbolisation grecque et indo-européenne du soleil consiste en une croix aux branches de tailles égales qui peut également être entourée d'un cercle.

 

Dans différentes cultures indo-européennes et eurasiatiques

 

La représentation du père et de son image sanctifiée.

 

Pour comprendre l'imprégnation de notre société par la mythologie indo-européenne qui nous fut transmise par les Celtes puis par les Grecs anciens via les Latins, puis confirmée par les Germains, il faut lire : La Cité Antique de Numa Denis Fustel de Coulange (1830- 1889). Pour expliquer ce que représente le père chez les peuples indo-européens, il faudrait reproduire l'entièreté du livre.
La cellule familiale telle qu'il est possible de la décrire dans les plus anciens textes comme le Rig Veda est issue d'une structure tribale, où elle est organisée autour du culte des ancêtres morts. Ce qui caractérise une cellule clanique par rapport à une autre, c'est l'identification de ses propres ancêtres.
La famille chez les Grecs et les Latins est directement issue de ces structures tribales des temps les plus anciens ou chaque clan possédait une religion domestique propre qui n'était surtout pas celle de l'autre. Pour Grecs et Latins, cette religion s'animait autour du feu sacré.

Le mot père vient de « pater » qui est le même en latin, grec et sanskrit, et qui a donc une origine lointaine avant le partage indo-européens des steppes entre Mer Noire et Caspienne vers quasiment toutes les directions. Donc ce terme « pater » est riche en enseignements. Originellement ce terme ne veut pas dire géniteur, mot dont la racine « ganitar » se retrouve également chez les Latins et en sanskrit. Ce terme « pater » désigne autant des dieux. Jupiter, le dieu démiurge des Romains s'appelait aussi « Pater hominum Deorumque », le pater des hommes et des dieux. Le même titre de pater était donné à tous les dieux que les hommes ne considéraient pas comme leur géniteur. Le mot pater possède une signification multiple : dieu, prêtre de la religion domestique, roi, seigneur, ce terme est très proche de « dominus », dont la signification ancestrale est propriétaire, et qui a donné de nombreux termes dans la langue française autour de la domination et dans les paroles religieuses du christianisme. Le « pater familiae » n'était pas notre père de famille actuel, mais un chef ayant droit de vie et de mort sur les membres de son clan ou « familiae». Mort, il sera déifié et son culte se pérennisera tant que le feu sacré ne s'éteindra pas.


Les Celtes emploient le mot Dis Pater pour l’ancêtre fondateur auquel l'ensemble de la communauté tribale rendra un culte en dehors du culte domestique rendu aux ancêtre du seul clan familiale.

 

Chapitre 2.


Du Rig Veda à l’Évangile

 

 

  Entre le Rig Veda écrit environ en 1500 avant JC et l'Evangile, les divinités indo-européennes et les cultes subirent quelques évolutions qui permirent un rapprochement évident vers le christianisme.

Du Mitra-Varuna védique au Mithra avestique

Dans le Veda, Mitra représentait la souveraineté sur le plan terrestre et Varuna sur le plan surnaturel  Mitra, dont le nom signifie "contrat", était le garant de l'amitié, des accords entre les hommes et de l'honnêteté, tandis que Varuna était le garant de l'ordre cosmique. Mitra était toujours présenté comme amical, tandis que Varuna était un dieu violent, rappelons qu'au début de leur théologie les dieux avec les symboles qu'ils représentaient allaient par couples jumeaux dialectiques.

Mithra (avec un H) revenu en Perse fut un élément de l'Avesta, textes sacrés du Mazdéisme-Zoroastrisme, première religion monothéiste. Néanmoins il est dit dans ce texte ce que Mithra devenu ange représente:

« La lumière qui voit tout est l'emblème de la vérité, et c'est surtout comme témoin universel que Mithra est devenu l'incarnation céleste de la conscience et de la vérité. [...]. Témoin des contrats, il observe qui les garde et qui les viole, il châtie ceux qui mentent à Mithra (Mithrô-Druj) » (Darmsteter, Zend Avesta, II, 141, 142). 

http://www.cosmovisions.com/$Mithra.htm

 

Dieux lumineux voire solaire Mithra prit son indépendance pour se rapprocher des fonctions d'Apollon avec lequel il finit par se confondre.
Cette fusion entre mythologie perse et grecque se fit à la faveur des conquêtes d'Alexandre et de sa victoire sur Darius III, l'empereur perse en 333 avant JC. Suite au retrait des armées d'Alexandre après la destruction de l'empire perse, une autre entité politique et culturelle émergea, l'Empire Parthe de culture gréco-perse. Cet empire multiethnique était sur la route de la soie et faisait la jonction entre la république romaine et la Chine. C'est dans ce creuset que les mythologies théologies d'Apollon et de Mithra et certainement de l'hindou Krishna quasi christiques purent se confondre.

 

Mithra solaire.

 

Mithra serait  né d'une vierge comme le dieu hindou Krishna et le dieu égyptien Horus, il serait né le 25 décembre sortant d'un rocher , considéré comme un grand professeur et un maître itinérant, il était appelé le « Bon Berger », il était considéré comme la voie, la vérité, la lumière, son jour sacré était le dimanche,  il avait 12 compagnons, il faisait des miracles, il fut enterré dans un tombeau et après trois jours, s’est relevé. Il était dispensateur de l'eau, c'est-à-dire de l'abondance en tirant une flèche dans un rocher.

 Le culte de Mithra s'est propagé dans tous l'empire romain à partir du 2ème siècle et avait pour vecteur les légionnaires revenant des combats contre l'empire Parthe ou ils furent en contact avec sa théologie tendant vers le monothéisme. Ces légionnaires organisèrent une société secrète qui ressemblait beaucoup à ce qu'est aujourd'hui la Franc-Maçonnerie avec des initiations secrètes et différents grades. Ce culte s'exerçait dans des lieux appelés « mithranium» qui étaient souvent une grotte. Le grade le plus haut était le « Pater ».

La mythologie/théologie de Mithra est très vaste et à elle seule pourrait faire l'objet d'un ouvrage car c'est le mythe à la fois le plus anciens répertorié et qui put traverser diverses religions puis persister jusqu'à la crypto-religion maçonnique républicaine.
La symbolique de Mithra ne synthétise pas à elle seule l'ensemble de la symbolique vitale indo-européenne ?

http://hautsgrades.over-blog.com/article-mithra-un-dieu-des-francs-macons-112151467.html


 

 D'Apollon à l'Apollon-Mithra.

 

La tri-fonction d'Apollon, dit l'hyperboréen, recoupe la lumière, la parole et la mort. La lumière solaire, la parole par l'oracle et la mort infligée par son arme fatale, l'arc sonore, le tout formant l'abondance. Abondance qui fut souvent chez les Grecs associée à l'eau et à la guérison. A Delphes aux premiers temps, le temple d'Apollon était consacré à la divination, c'est-à-dire à l'interprétation des paroles du Dieu démiurge. Les prêtresses, les pythies étaient de jeunes vierges, réputées être épouses de Dieu comme étaient vierges celles qui portaient l 'abondance à Délos depuis l'hyperborée, via la Scythie. Ces pythies avaient la particularité de pouvoir entrer en transe, ce qui fait dire à certains auteurs que le culte d'Apollon avait une origine shamanique, chose qui démontre son ancienneté.  
Au cours du temps allant vers les premiers siècles de notre ère, la fonction principale d'Apollon fut de représenter le soleil, il fut également baptisé dieu des sources et de la médecine. Soleil, source et médecine représentant la vie. La mythologie/théologie d'Apollon est très proche de celle de Mithra,

 

Apollon solaire sur son char

 

Nous savons par les légendes et mythologies irlandaises rapportées et écrites au moyen-âge par les moines que les druides celtes avaient connaissance du mythe de l’hyperborée. L' hyperborée était la terre des demi-dieux Tuatha Dé Danann, ce qui signifie tribu de la déesse Dana, qui sont des figures divines venant de quatre îles du nord du monde (mythe de l'hyperborée) Falis, Gorias, Findias  et Murias ; de ces îles mythiques ils apportèrent cinq talismans : la lance de Lug, l'épée de Nuada, le chaudron et la massue de Dagda et la pierre de Fal.

 Le Mithraïsme et le culte d'Apollon en Gaule romaine s'accordaient avec l'ancien culte druidique et devaient certainement rejoindre le culte de Lug, dieu omnipotent en celtique, qui donna son nom à la ville de Lugdunum, qui devint Lyon, capitale des Gaules.

 

Le Mithra romain avec l'arme fatale et la lumière, ici coiffé du bonnet phrygien.

 

En Gaule romaine, les lieux de culte reprirent ceux de la celtique indépendante, simplement d'autres dieux furent ajoutés au panthéon existant.
Pour tous les peuples de culture indo-européenne, le lieu du culte revêtait une importance particulière, car il devait être le lieu de la sépulture mythique d'un ancêtre fondateur.

 https://www.persee.fr/doc/ccgg_1016-9008_1995_num_6_1_1606

 

 La religion druidique, celtique ancienne possède donc un lien avec la mythologie apollinienne et avec le dieu celte Lug, dont la racine étymologique est lumière, et qui possède une fonctionnalité proche d'Apollon; elle provient certainement de la même origine mythique : parole, lumière (qui signifie aussi abondance) et arme fatale; dans son cas c'est la lance dont le fer se projette seul sur l'ennemi et qui revient à sa place, la blessure provoquée ne pouvant jamais guérir - nous connaissons aussi la similitude mythologique également avec le dieu perse Mithra.  

En dépit de la terrible répression que les Romains ont abattu sur les druides, il est certain que leur crypto-religion aura pu se ressourcer avec les cultes d'Apollon l'hyperboréen et de Mithra.
Les mythes indo-européens étant communs à tous, notamment la fameuse tri-fonctionnalité: parole, lumière et arme fatale.

 

 

Nous avons compris tout au long de cet exposé que chez les peuples de culture indo-européenne, le nom des dieux importait moins que leurs fonctions symboliques, au sein desquels la parole et la lumière étaient étroitement liées. Le nom des dieux changeait, mais le mythe profondément ancré demeurait. C'est ce fil rouge que nous suivons ici

La Gaule romaine va se couvrir de ces lieux de crypto-cultes, les Mithraeum, où finalement le culte de Mithra l'emportera sur celui de Lug et d'Apollon.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00943545/document

 

Un Mithraeum lieu d"un crypto-culte à Mithra en Gaule romaine

 

Du mithraïsme au culte du Sol Invictus.

 

 Sol Invictus en latin signifie « Soleil invaincu ») est une divinité solaire apparue dans l'Empire romain au IIIe siècle. Elle reprend des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, qui connaissait  une grande popularité dans l'armée romaine.

L'empereur Aurélien (270-275) lui assura une place officielle à Rome en proclamant que le Soleil invaincu est le patron (pater) principal (fondateur) de l’Empire romain et en faisant du 25 décembre pris pour le solstice d'hiver une fête officielle appelée le « jour de naissance du Soleil » (du latin dies natalis solis invicti). Cette fête vint alors se placer dans le prolongement des Saturnales, une période de fête ancienne et la plus importante de Rome. Un temple  fut dédié au Soleil au Champs de Mars; ce temple était servi par un nouveau collège de prêtres, les « pontifices Solis ». (D'après wikipedia).

Cette nouvelle religion, issue des cultes d'Apollon et de Mithra fut celle de Constantin, qui devint l'unique Empereur de Rome après s'être débarrassé des autres co-empereurs, car en ce temps trois empereurs régnaient sur l'Empire. D'abord il vainquit Maxence en 312 à la bataille du Pont Milvius, aux portes de Rome, et ensuite Licinius, en 324, à la bataille d'Andrinople.

Mais Constantin 1er est surtout connu pour avoir autorisé  le culte chrétien au sein de l'empire romain; la légende chrétienne prétend même qu'il se serait converti, chose qui semble fausse: il conserva plus vraisemblablement pour lui-même le culte du Soleil Invaincu, comme l'attestent les pièces romaines de son règne.  

 

Une monnaie du règne de Constantin à son effigie jumelée avec le Sol Invictus

 

 

Constantin, et son labarum gaulois.

 

(D'après le travaux de l'historienne Anne Lombard-Jourdan)

Constantin avait une armée essentiellement composée de Gaulois (gallo-romains), dont les effectifs étaient très inférieurs à son concurrent direct Maxence, l'autre empereur installé à Rome. Constantin devait plaire à ses hommes et se montrer l'un des leurs, il permit déjà aux cultes druidiques de sortir de la clandestinité. Adepte du Sol Invictus il fut très influencé par le culte rendu par ses officiers et soldats dont la source était la celtique ancienne et le culte druidique.

On sait que la Gaule romaine avait conservé les mêmes lieux de culte que ceux de la celtique indépendante.
Sur le territoire actuel de la ville de Saint Denis dans la plaine du Lendit se trouvait un lieu de culte ancien, et particulier au lieu-dit La Montjoie, aujourd'hui au croisement de la rue de La Montjoie et de l'avenue du Président Wilson. Ce lieu de culte ancien était un tertre sous lequel devait reposer un ancêtre commun aux Celtes, car ce lieu était réputé être le centre de la celtique, le lieu même où devait reposer le Dis Pater. A cet emplacement les tribus celtes Parisii et les tribus Belges avaient coutume de se réunir, dans la plaine du Lendit, car ce tertre marquait la frontière de leurs territoires réciproques. Durant l'occupation romaine, un temple consacré à Apollon l'hyperboréen fut érigé sur ce tertre de la Montjoie.

 

La lance mythique de Lug.

 

Il a été trouvé de grands fers de lance gauloises ajourés, tels celui retrouvé dans une sépulture de la Marne au lieu-dit la Fin d'Ecury, à Fère Champenoise. Un autre, découvert à Thugny en 2002, qui est doté d'une flamme ondulée de près d'un mètre. Ces artefacts sont parfois qualifiés de lance-enseignes. Ces dernières sont susceptibles de matérialiser un échelon  d'organisation militaire gauloise. On en retrouve un équivalent dans les étendard de l'armée romaine.

Le labarum romain est une enseigne fixée sur un lance représentant également un échelon de l'organisation militaire romaine. Qui a copié sur qui ? Nous savons que les Romains ont beaucoup emprunté de l'équipement militaire gaulois, notamment la cote de maille et les chaussures à tige. D'après Anne Lombard-Jourdan, l’étymologie de labarum vient du celte « labaros » qui signifie parler. Le labarum de Constantin, qu'il montra à la bataille décisive du Pont Milvius, est devenu célèbre et mythique; son emploi et son mythe possèdent toutes les chances d'être d'origine celtique. La lance qui luit au soleil et qui parle avec son gonfanon qui claque est un mythe typiquement indo-européen, que l'on retrouvera dans l'oriflamme de France.  
Dans des panégyriques prononcés devant l'empereur Constantin peu après sa victoire par le rhéteur gaulois d'Autun, Eumène, en juillet 310, et par le rhéteur de Bordeaux Nazarius en 321, ces deux rhéteurs évoquent les circonstances de la remise de son labarum à Constantin. Cette remise solennelle se fit suite à une initiation par des druides au « plus beau temple du monde » ( templum toto orbe pulcherrimum) qui, selon leurs dires, était situé au centre de la Gaule, qui, pour les peuples celtes qui l'occupaient, était justement le site que l'on a appelé plus tard La Montjoie dans la plaine du lendit au nord de Lutèce, ce mot provenant du francique « Mundgawi », signifiant « protège pays ». Le Labarum mystérieux attribut divin était conservé dans ce sanctuaire central des Gaules selon une coutume celtique ancestrale.

Une copie en fut confiée à Constantin avec les signes sacrés qui devaient figurer sur sa couronne et sur le tissus de l'enseigne. On connaît bien le fer de la lance sacrée de Constantin, conservé dans un musée à Vienne, et qui servit aux sacres des empereurs romain-germaniques. C'est un large fer ajouré typique des lances sacrées gauloises, qui comporte en son centre une autre arme mythique à deux pointes en vis-à-vis.

 


Lance de Constantin conservée à Vienne en Autriche avec en son milieu l'arme mythique à deux pointes opposées

 

Mais le débat porte surtout sur la description des signes apposés sur la couronne de Constantin et sur l'enseigne. Ce signe particulier remis à Constantin par les druides et reproduit sur les boucliers de ses soldats à été décrit par Lactance, lequel fut choisi par Constantin pour être le précepteur de son fils aîné Crispus. Son témoignage est connue par un manuscrit du 12ème siècle. Anne Lombard Jourdan dans son livre : Fleur de Lis et Oriflamme aux éditions du CNRS, réfute la description de l'Eglise qui y voyait un chrisme, c'est à dire un khi X traversé d'un rho P. elle y voit plutôt la description d'une croix cristée, c'est-à-dire d'une croix grecque surmontée d'une crista, qui est comme un oméga inversé: c'est un signe indo-européen symbolisant le soleil levant.
Il serait étonnant que les druides de Saint Denis aient donné à Constantin un chrisme chrétien, signe qui fit son apparition bien plus tard. Il paraît logique que le signe magique des druides fut un symbole du soleil levant.

 

Une crista sur une monnaie mérovingienne dont le description correspond au signe magique donné à Constantin par les druides du "plus beau temple du monde"  dans la plaine du Lendit.

 

Le neveu de Constantin, Julien, qui lui succéda fut appelé par l'Eglise l'apostat, présumant qu'il fût chrétien, qu'il eût renié cette religion, conjecture peu plausible. Julien était de culture grecque et féru de philosophie, il était aussi appelé Julien le philosophe, il avait peu de goût pour le christianisme mais ne persécuta pas les chrétiens, dont la religion était acceptée à Rome depuis Constantin, qui n'était pas lui-même chrétien. Julien résida longtemps à Lutèce, proche du limes, afin de commander ses armées contre les invasions germaniques. Il avait d'excellents rapports avec les druides, dont le culte fut protégé par son oncle Constantin et dans la religion desquels il fut initié. Julien avait même fait le projet de bâtir un culte et une église païenne avec ces druides de la région de Lutèce (Lutetia, la lumière).

Les choses changèrent radicalement avec l'accession de Théodose comme empereur de 379 à 395. En 380, Théodose se convertit au christianisme et par l'édit de Thessalonique il en fit la religion officielle et unique de l'Empire. Tous les adeptes des autres religions furent gravement persécutés et souvent massacrés. Il fit des concessions aux peuples barbares et leur permirent de rentrer dans l'empire. Ceci accéléra la chute de l'empire romain qui 80 ans après sa mort, disparut.


 

Chapitre 3

 

La perpétuation de la mythologie indo-européenne dans sa forme chrétienne dans le Royaume Franc des Gaules


 

Nous continuons ici à suivre le fil rouge mythique venant du fond des âges. Nous avons évoqué plusieurs « dieux » que je mets entre guillemet car ils ne sont que l'incarnation de mythes qui se perpétuent s'incarnant dans divers aspects humains, car pour l'homme, adorer et se soumettre à une forme humaine ou humanoïde est plus aisé que de se soumettre à un simple concept. Nous avons retenu trois concepts que nous jugeons les plus pérennes et les plus puissants dans cette mythologie vielle de 30 000 ans ou plus venant de l'espace franco-cantabrique des grottes ornées durant la glaciation de Würm, puis durant le réchauffement climatique, suivant les rennes, eux-mêmes suivant la toundra qui remontait jusqu'en hyperborée.

1- Le Pater fondateur inhumé à qui on rend un culte afin de perpétuer son souvenir. Le lieu de sépulture devenant sacré et le Pater sanctifié.
2- La parole lumineuse et sacrée source de toutes choses sur terre.
3- Le sacré unique mais se partageant en trois fonctions indissolublement liées formant une triangulation dont le sommet et le tout est le Dieu démiurge. Mort (culte), Parole, et Lumière (vie).

On comprend que le christianisme ait pu se répandre aisément parmi les élites gallo-romaines dans l'Empire finissant car la mystique et la symbolique chrétienne leur permettaient de comprendre qu'il n'y avait qu'une continuation. La croix symbole solaire depuis toujours, le christ lumineux et beau, guérisseur, faiseur de miracle, rapportant la parole du Dieu créateur, mort et ressuscité continuait Apollon, Mithra, Lug ou Baldr, et puis Mithra qui avait pris la place d'Apollon n'était il pas né d'une vierge un 25 décembre? D'ailleurs la date de la naissance du Christ fut fixée par l'Eglise de Rome le 25 décembre car il y avait à cette date la célébration de la naissance du Soleil-Invaincu (Mithra) et on ne pouvait plus bouleverser les dates de célébration et de fête.

 

Image d'un vitrail de la cathédrale de Lyon, représentant l’apôtre Jean au pied du Christ celui-ci possède dans sa bouche l'arme fatale à deux pointe, symbole du passage de l'apocalypse de jean (1,12) ou le verbe apparait .

 

Quand au petit peuple ne croyant que ce qui était croyable, c'est-à-dire visible, les arbres, les sources, les montagnes, les esprits des morts bons ou mauvais, il continua à croire à ce qu'il croyait depuis toujours, on les appela païens, terme qui vient de pagus, qui donna pays, paysans et paganisme. L’Église mit d'ailleurs des siècles pour christianiser les campagnes. Encore aujourd'hui de nombreux arbres sacrés sont l'objet de culte, évidemment dédiés à un saint ou à la vierge Marie, ce qui les christianise.

Mais le plus important était que le nouveau culte puisse s'établir en tant que religion de pouvoir, il fallut donc lui inventer une néo-mythologie s’emboîtant dans l'ancienne.

 

Saint Denis nouveau Dis Pater, naissance d'une patrie mythique.

 

Le lieu sacré depuis des millénaires ou sous un tertre était inhumé un fondateur, un Dis Pater ou protège-pays, un « Monsjowy », selon les mythologie indo-européennes et celtique, ne pouvait pas être abandonné. Ce lieu merveilleux ou était bâti « le plus beau temple du monde », d’où partit Constantin le Grand, qui devint le seul et unique empereur et qui autorisa le culte chrétien, devaient continuer sa fonction et demeurer le lieu sacré, siège de la souveraineté, dont Apollon-Mithra devenu Soleil-Invaincu était devenu le symbole.

Le Christ, lumineux, solaire, à la parole infaillible, rapportant celle du Pater-dieu créateur, put aisément remplacer l'Apollon-Mithra-Soleil Invaincu, car le mythe qu'il incarnait n'était qu'une continuité du mythe civilisationnel fondamental qui ne pouvait être brisé.

Il fallait maintenant construire une mythologie fondatrice du pouvoir des Francs chrétiens sur la Gaule, puis des rois de France, quand ce terme prit un sens pour un peuple français, qui ne se fit que graduellement, et s'acheva réellement avec la fin de la guerre de cent ans au milieu du 15ème siècle.

Pour renouveler le mythe, le refonder aux yeux de tous, en finir avec l'ancienne crypto-religion pour initiés, il fallait une nouvelle inhumation, d'un nouveau «dis  pater » dont l'histoire devait être suffisamment merveilleuse, miraculeuse pour assurer un culte aussi important que le précédent.

Avec évidence ce rôle devait être imparti au premier évêque de Lutèce, Denis, qui fut envoyé de Rome pour évangéliser les Gaules. La capitale des Gaules à l'époque était Lugdunum, (Ville de Lug), Lyon, mais c'est à Lutèce ( la lumineuse) et dans sa mythique région ou la concurrence avec les druides se devait d'être la plus rude, et où le mythe fondateur et puissant devait être remplacé.

En 250, l'année de son martyre présumé le culte du Soleil-invaincu était venu à son apogée et devint en 270 le culte officiel de Rome. Culte dont on connaît l'importance dans la région de Lutèce.
Sont-ce les druides qui voulurent sa mort ou sont-ce les légionnaires romains, ou peut être les deux ? La légende est partagée. La légende dit que Denis fut décapité à Montmartre le « Mont des Martyres », avec ses deux compagnons, et qu'il ramassa sa tête, se dirigea vers le nord et tomba à six kilomètres du lieu de sa mort où, là, une pieuse femme, aux dires de la légende, l'enterra. Ce lieu s'appelait Catolacus ou Catulliacus, lieu même où, non loin de là, le fameux tertre, centre de la gaule celtique était situé.

 

L'évèque de Paris, Denis, offrant son sacrifice au lieu symbolique et millénaire de la plaine du Lendit ainsi il remplacera le Dis Pater Celte ancêtre fondateur.

 

Bien après, le nom de Saint Denis fut lié à un mausolée du Bas-Empire, il apparaît vers 520 dans la littérature avec « La vie de sainte Geneviève ». La sainte femme témoigna de sa dévotion envers l'évêque martyr, qu'elle désigna comme son père dans la foi. Elle obtint du clergé parisien l'érection d'une église sur sa tombe au « vicus Catulliacus » situé à huit kilomètres au nord de la Seine, à l'emplacement de l'actuelle basilique Saint-Denis.

 

Il y a plusieurs stades jusqu'à l'élévation officielle de Saint Denis comme Saint Patron (Pater) du royaume des Francs puis de France.
 

Une abbaye fut fondée à Catulliacus au VIIe siècle, ce centre fut doté d'une basilique et devint vite prestigieux grâce aux largesses royales à partir de Dagobert, lequel choisit d’agrandir le sanctuaire et d'y être inhumé. Cette abbaye devint pour la première fois le centre administratif du « Regnum francorum », ayant en charge une constellation d'églises qui devaient contribuer au rayonnement de son saint patron en le dotant d'une merveilleuse légende d’où elle fut diffusée.

Pour la première fois un roi détenteur du pouvoir divin se fit inhumé en 639 près de la sépulture du Saint.

 

Note :

Les Francs, tribu germanique, ne se considéraient pas d'abord issus d'un territoire, ils se considéraient comme des hommes libres, ce qui est la signification du mot franc. Donc le roi des Francs (Rex Francorum) régnait sur ces hommes libres ou nobles, les Francs. Les autres, les Gaulois, n'avaient plus de statut. Un territoire dénommé Francia Occidentalis n’apparaît qu'en 843, après le traité de Verdun qui attribua à Charles le Chauve la partie ouest de l'Empire Franc de Charlemagne. Mais le terme de Rex Francorum (Roi des Francs) va se perpétuer jusqu'au règne de Louis IX dit Saint Louis, qui prit le premier le titre de Rex Francium, Roi de France.

 

L'abbé Suger 1081 – 1151 omniscient et omnipotent.

 

Suger fut élu abbé le 19 février 1122 par le chapitre de l'abbaye royale de Saint Denis sous le règne de Louis VI. L'abbé Suger dont les rois Louis VI et Louis VII feront leur ministre et le désigneront régent du royaume des Francs, quand chacun d'eux partirent pour la croisade, fut un personnage crucial pour l'établissement du mythe des Francs et de France.
Sous son autorité, les moines de Saint Denis érigèrent une légende, rapidement devenue mythe, qui devint le cœur de la mystique royale.

 

Les différentes actions de l'abbé Suger, transcripteur de la mythologie indo-européenne millénaire au sein du christianisme souverain et royal dans ce qui deviendra la France.

 

1- Action architectural, la lumière dans le temple du Christ.

 

Il fit reconstruire l'ancienne basilique carolingienne selon la nouvelle technique ogivale sur colonne, dégageant les murs porteurs, remplacés par des verrières. Les églises étaient bâties selon une orientation précise. La nef et le cœur ont une direction ouest est, le cœur face à l'est, face au soleil levant, le transept possède une direction nord sud. Le prêtre, avant Vatican II, officiait face à ce soleil levant; il paraissait logique que la lumière solaire du matin puisse inonder le cœur, et les fidèles recevoir la lumière divine en même temps que la parole sacrée du prêtre (pater). Plus tard au 13ème siècle, l'architecte Pierre de Montreuil, qui fut également l'architecte de Notre Dame de Paris et de la Sainte Chapelle, améliora d'une façon magistrale cette architecture théologique et mythologique de la parole, lumière divine.

 

Une architecture théologique et mythologique la lumière du soleil levant inondant les fidèle

Cœur de la basilique Sain Denis.

 

Cette architecture que l'on doit appeler médiévale française, car expérimentée en Ile de France au 12ème siècle précisément à Saint Denis, se répandit rapidement au début du 13ème siècle entre la Loire et la Somme. Par la suite, ce type d'architecture théologique fut copiée dans toute l'Europe occidentale. Les Italiens par dérision l'appelleront « gotico » ou « tedesco », c'est-à-dire germanique, car venant d'au delà des Alpes, d’où son appellation stupide : art gothique.

 

2- La fleur de lis.

 

Il fit du symbole de la fleur de lis, le symbole de la souveraineté du roi des Francs sur la Gaule, fleur de lis qui deviendra le symbole de la royauté française.

 

Armes de France avant Charles V

 

Comme l'a démontré l'historienne Anne Lombard-Jourdan, cette fleur de lis (qui ne ressemble pas à une véritable fleur de lis) provient du symbole modifié de la crista, symbole du soleil levant chez les Celtes et les Francs. Ce symbole fut donné par les druides « du plus beau temple du monde » dans la plaine du Lendit à Constantin. Au 12ème siècle quand l'héraldique balbutiait, les armes du roi des Francs furent alors d'azur fleurdelisé (tapis de fleur de lis), qu'on peut toujours observer au fronton de la mairie de Saint Denis. Le roi de France Charles V modifia cette héraldique en ne laissant que trois fleurs de lis en triangle, symbole de la trinité. On doit également considérer également que la véritable fleur de lis est un symbole marial et de virginité.

 

d'après Anne Lombard Jourdan dans Fleur de Lis et Oriflamme (CNRS Édition)

 

3- L'oriflamme, lance sacrée de Lug.

 

Il institua l'usage de l’oriflamme de France comme enseigne de l'ost (armée) royale. Ceci afin de concurrencer l'usage par l'Empereur Romain Germanique de la lance sacrée de Constantin.
Cette lance sacrée, lance de Lug le lumineux, munie de son oriflamme rouge et or où il était inscrit Montjoie Saint Denis devint le labarum de France. Montjoie Saint-Denis fut le cri de ralliement de la chevalerie française, il rappelait le lien étroit entre le protège-pays celte de la Montjoie et le nouveau protège-pays chrétien de la basilique Saint Denis. Cette devise est visible sur le fronton de la mairie de Saint-Denis au dessus des armes fleurdelisées.
Suivant la tradition celte la lance sacrée était conservée dans le lieu de culte, qui était devenu la basilique de Saint Denis, tout comme les druides la conservait cachée dans leur temple. Quand le roi convoquait son ost pour partir en guerre, celui-ci était rassemblé dans la plaine du Lendit, un Te Deum était chanté dans la basilique et à son issue, l’évêque de Saint Denis remettait solennellement une copie consacrée de l'oriflamme au roi, qui la rendait après la bataille. Les druides remettaient également une copie de cette lance munie de sa flamme au chef de guerre avant la bataille, lance qu'il rapportait après.

Les traditions et mythes continuaient à s'emboîter les uns dans les autres.

 

Remise de l'oriflamme de France par Saint Denis au maréchal de Metz

 

Les sépultures royales

 

Depuis Dagobert qui en fut le premier, les rois des Francs prirent l'habitude de se faire inhumer dans la basilique, renforçant ainsi à chaque inhumation son caractère sacré et fondateur. Louis IX voulut souligner ce caractère en ajoutant sur les tombeaux royaux les statuts des rois défunts que l'on appelle gisants.

 

Sépultures royales et princières dans la basilique Sain Denis

 

Durant le moyen-âge, les moines de l'abbaye de Saint Denis rédigèrent les légendes propres à sanctifier la royauté depuis Clovis et les Francs Saliens. Clovis fut désigné comme le premier roi des Francs chrétiens régnant sur la Gaule; en effet le territoire délimité anciennement par les Romains s'appellera longtemps la Gaule; sur ce territoire régnaient les Francs de l'ouest, les Francs du centre ou Lorrains, venant de Lotharingie (Lothaire, fils de Charlemagne ayant hérité de cet espace) et les Francs de l'est ou germains, régnant sur l'empire romain-germanique sur tout le flanc est de la Gaule romaine. Les empereurs romains germaniques héritiers de Chalemagne s'estimeront longtemps légitimes pour régner sur l'ensemble de la Francia dont la « Francia occidentalis » qui deviendra plus tard la France; ils appelaient les rois de France des « reguli », des petits rois. Il fallut donc absolument renforcer la légitimité d'un roi de France en bâtissant une légende merveilleuse. La légende de l'apparition de la fleur de lis qui aurait été donnée par Dieu à Clovis fut écrite en différentes versions. L'origine des Francs saliens fut également mythifiée, en se référant à l'Enéide, un poème épique écrit par Virgile entre 29 et 19 avant J-C présentant les Romains comme étant les descendants des troyens de l’Iliade. Il était bon également que les Francs saliens fussent descendus du même lieu que les fondateurs de Rome et il fut écrit que ces Francs descendaient des Troyens également. Plus tard, après le 13ème siècle, Clovis fut institué comme le premier roi de France.
On voit que Saint-Denis perpétua le mythe ancestral du « protège-pays » celte, par la fleur de lis, évolution de la crista celto-germanique, symbole du soleil levant, par l'institution de l'oriflamme, reprise de la lance sacrée de Lug. La mythologie royale de France prenait largement son inspiration des mythologies indo-européennes les plus anciennes.

 

À partir du 12ème siècle les légendes celtiques se propagèrent en France avec l'immense succès des romans dits « à la mode de Bretagne », rapportés par Aliénor d'Aquitaine, reine de France puis d'Angleterre, romans qu'elle transmis à sa fille Marie de Champagne et dont l'un de ses proches troubadour, Chrétien de Troyes, s'inspira pour écrire le fameux Roman des Chevaliers de la Table Ronde. Ces romans diffusés auprès de la noblesse, de la bourgeoisie, mais également parmi le peuple par les spectacles donnés sur les parvis des églises et cathédrales, imposèrent une nouvelle attitude de l'homme vis-à-vis de la femme. Cette attitude eut également pour source le culte de la vierge Marie, qui dans notre civilisation, prit souvent le pas sur le culte du Dieu père et de son fils le Christ. L'attitude envers la femme devint une attitude de respect, voire de soumission à Sa Dame de Cœur de la part de son chevalier servant. Sur ce territoire de France plus que nul part ailleurs se développa le goût du merveilleux, de l'exploit individuel du don de soi, de la chevalerie, de la bonne chaire, et du bon goût.

 

Lancelot, amoureux de Guenièvre épouse de son roi.

Un grand mythe de l'amour médiéval à la française issu du roman des Chevaliers de la Table Ronde.

 

Dans ce contexte, il n'est nullement étonnant qu'apparut Jeanne La Pucelle et sa légende, car il était impossible ailleurs que chez nous que l'idée de confier une armée à une femme pût seulement germer, et les plus affreux soudards qu'elle commandait lui vouèrent une véritable dévotion.

Petit à petit un esprit français se développa et la France que l'on dit éternelle et charnelle émergea de ce merveilleux Moyen Age.

 

A contrario, l'ignoble « Renaissance » n'apporta que ruine, guerres de religions, massacres de masse et intolérance; les femmes ne furent plus respectées, mais accusées de sorcellerie; beaucoup furent brûlées vives. La religion chrétienne changea de nature avec la Réforme et la Contre réforme; elle s'imposa partout comme une religion de pouvoir, d'argent et d'intolérance. Les magnifiques cathédrales avec leurs verrières inondant de lumière colorées les fidèles furent abandonnées et les nouvelles églises devinrent sombres. L'église ne s'identifia plus qu'au pouvoir en perdant son caractère merveilleux.

L'irrespect du roi de France gagna, le catafalque de Louis XIV défunt se rendant à Saint Denis fut accompagné de huées et de quolibets; ce fut le crépuscule du soleil. Commença alors la gestation de la Révolution française.

 

La république maçonnique.


L'église s'identifia au pouvoir politique pour le peuple et le roi de France ainsi qu'à la noblesse et à ses privilèges. Depuis Louis XIV la mythologie royale solaire, alors à son apogée, commença à pâlir. Afin de pouvoir discuter d'un avenir politique différent d'une façon clandestine, sans encourir une répression, certains eurent l'idée de participer à des réunion de métiers, tout en n'étant pas forcément de la profession. Ce sont les loges de la corporation des maçons qui furent utilisées, et on appela ces maçons non professionnels des maçons libres ou Francs Maçons, Free Masson en anglais. Les loges étaient les lieux ou les adhérents à une corporation se réunissaient pour parler de leur métier. Cette habitude commença en Écosse à la toute fin du 16ème siècle mais devint surtout populaire à partir du début du 18ème siècle.

Comme ces réunions étaient secrètes et clandestines l'habitude fut prise d'initier les nouveaux participants pour les engager au secret. Les initiations symboliques se diversifièrent selon les obédiences qui se multiplièrent. Une crypto-religion fut construite puisant largement dans les mythes déjà disponibles, mythes qui ne pouvaient que signifier ce que les maçons voulaient entreprendre, et la parole lumineuse était l'un de ceux-là. N'étant pas Franc-Maçon, je ne m'intéresse qu'à ce que je connais et dont les mythes utilisés se situent dans la continuité christo-indo-européenne, ce qui est l'objet de cet article.
Mithra et le soleil-invaincu, dont le Christ fut le mythique successeur, fut repris en tant que symbole.
Je rappelle ce symbole fondamentalement indo-européen, qui est le verbe éclairant les hommes. Nous retrouvons la symbolique de Mithra chez les maçons français avec le bonnet phrygien coiffant Marianne et en faisant symbole de la Liberté.


Bonnet phrygien révolutionnaire, pileus romain ou bonnet de Mithra ?

 

Mithra romain.

 

Il est généralement admis que le bonnet phrygien était le pileus romain, qui coiffait les esclaves affranchis. Le problème est que le pileus, qui est un bonnet faiblement conique, ne ressemble en rien au bonnet phrygien. En revanche, celui-ci est identique à celui qui coiffe souvent le Dieu Mithra dans ses représentations romaines, quand il faisait l'objet d'un culte à Rome.

Cette représentation du Mithra maçonnique, cette fois-ci dans son autre figuration rayonnante, portant un flambeau, se retrouve dans la statue de la Liberté à New York. Cette statue de la Liberté fut un cadeau des francs-maçons français aux franc-maçons étasuniens.

 

Symbolique de Mithra.


 

La symbolique indo-européenne dans la symbolique chrétienne.

Cette liste n'est pas exhaustive.

 

Les sauroctones.

 

Sauroctone, vient de « Saure » lézard (dinosaure). Les Sauroctones sont des dieux ou saints qui ont tué un dragon ou un monstre dans différentes mythologies.

Le lieu ou le saurien était tué se trouvait souvent à proximité d’un point d’eau ou près d’une ville Le dieu ou le saint combattait les menaces naturelles ou surnaturelles mettant en danger la population ou la religion.

 

Saint Georges tuant le dragon

 

Apollon tua le Python qui hantait Delphe, ce qui donna le nom de pythies à ses prêtresses; Persée délivra Andromède, fille de Cassiopée, d’un monstre marin et Héraclès délivra de la même manière Hésione, sœur de Priam, roi de Troie, avant de tuer l’Hydre de Lerne.

Krishna vainquit le roi des serpents célestes Kaliya,

 

Krishna tue Kalya.

 

Le roi gallois Ludd aidé de son frère Lefelys enferma les dragons rouges et blancs dans un puits, Siegfried tua Fáfnir, gardien du trésor, et mangea son cœur.

Reprenant les anciennes traditions païennes, le chevalier partira en quête, et le héros christianisé deviendra le saint ou la sainte imposant sa volonté aux sauriens. La symbolique primitive restera présente.

Pour la chrétienté, Saint Georges et Saint-Michel tuèrent chacun un dragon pour les hommes, Sainte Marguerite ou Sainte Marthe pour les femmes.

Le serpent ainsi que le dragon devinrent l’allégorie du paganisme ou la représentation du mal que la vraie religion allait vaincre. Mais il représente également le symbole du duel entre le bien et le mal, de la lumière du dieu solaire contre les ténèbres du chaos.

Le dragon, mot issu de l’indo-européen « dak », briller, qui donna le grec ancien « drakôn », du verbe « derkomai », regarder, fixer d’un regard perçant, voir clair, qui lui-même donna le latin « draco »,  sera aussi la représentation des forces telluriques qui s'expriment dans un lieu comme une rivière, une caverne ou une montagne.

Le serpent possède un double mythe, celui-ci peut se rapprocher de celui du « saure » ou dragon et être diabolique, mais il peut être également source de vie, car il serpente comme une rivière, il peut également signifier la guérison comme le caducée du dieu grec Hermés.

 

Les céphalophores

 

Avant le christianisme nous pouvons évoquer Orphée, dont la tête, emportée par le courant du fleuve, continuait de clamer le nom d'Eurydice. Mais surtout l'importance accordée par les Gaulois à la tête : les têtes coupées des vaincus, qui étaient rituellement exposées. Mais aussi des "dieux-têtes", des figures divines dont la représentation ne comprend que cette partie du corps.

Une légende qui se développe dans la chrétienté et qui appartient à de très nombreux Saints en dehors de Saint Denis selon des schémas assez souvent récurrents : le saint, par exemple, a tendance à traverser une rivière, à passer de l'autre côté de l'eau, avant de gravir une côte, à gagner un lieu élevé ou qu'il n'en vienne, et de parvenir au lieu qui lui accordera enfin le repos. Ils y lavent volontiers leur tête dans une fontaine, et la posent sur une pierre qui reste marquée de son sang. Là un personnage féminin se charge éventuellement des derniers soins à lui donner.

Le lieu, la pierre et la fontaine s'en trouvent sacralisés et deviennent supports de dévotions.

Il y a là une volonté d'offrande de son sacrifice à un lieu qui deviendra sacré, une fondation.


La légende du pélican.

 

Les légendes du pélican se répandirent dans le monde grec puis romain. Voyant des morceaux sanguinolents de poisson régurgités, les hommes pensèrent que le pélican perçait sa propre chair pour nourrir ses petits. Il devint le modèle de l’amour parental.

Chez les chrétiens le pélican deviendra le symbole du sacrifice


La pomme fruit défendu

 

Chez les Grecs anciens, il y a la pomme d’Or au jardin des Hespéride; Héraclès en vola trois sur l’arbre de Vie, peut-être l’une de celle que lança Eris, déesse de la discorde, au milieu des noces de Thétis et Pélée, qui devait aller à la plus belle des déesses. La pomme était déjà le symbole de discorde avant le mythe d'Adam et Eve.

Chez les dieux nordiques, la déesse Idunn gardait les pommes d'or qui conservaient l’immortalité et la jeunesse éternelle des Ases qui venaient d'hyperborée. Chez les anciens Celtes, Tir Na Nog, l’autre-monde, est représenté comme une île au-delà de la mer, que l’on trouve en partant vers le nord/ouest, là où le soleil meurt, encore une évocation de l’hyperborée. Elle est plantée de pommiers aux fruits d’or. La racine celte ablu, la pomme et abalnos, le pommier, ont donné le gaulois abalo, l’irlandais aball, le gallois afal, le breton aval, l'allemand apfel et l'anglais apple.

 

L'arbre

 

Ce fruit défendu provient d’un arbre. L’arbre, à la tête du règne végétal, possède une symbolique des plus riches. Arbre cosmique, axe du monde, comme Yggdrasil dans la mythologie nordique, il relie entre elles les trois parties de l’univers, le monde souterrain par ses racines, la surface de la terre par son tronc et le ciel par sa ramure. C’est par lui, échelle cosmique, que l’homme va s’élever, chemin ascensionnel de la matière vers l’esprit, de la pénombre à la lumière.

Le culte des arbres sacrés était important chez les Celtes et les Germains; il perdura très longtemps après l'introduction du christianisme, mais il fut interdit par l’Église. Ces arbres sacrés sont également connus sous le nom d'arbres aux fées ou à fées, surtout en Irlande. Jeanne la Pucelle au cours de son procès fut accusée de se rendre à l'arbre aux fées avec d'autres jeunes filles.

Ce mythe de l'arbre sacré, siège d'une fée, se perpétua en France sous un culte de la Sainte Vierge et put être accepté, mais de mauvais gré, par l'Eglise; ils sont très nombreux dans nos campagnes.

 

Arbre consacré au culte de la Vierge Marie.

 

L'eau qui coule, la source.

 

Symbolise la pureté et de renouvellement. La source n'est pas faite de main d'homme mais jaillit des entrailles de la terre, ce qui fait d'elle un don, grâce de Dieu ou cadeau d'une divinité chthonienne selon le lieu et les époques. Cadeau d'autant plus précieux qu'il est source de toute vie. La source est donc sacrée, et Pline l'Ancien demandant que l'on entoure les sources de ses domaines du plus profond respect, précise à ce propos, nulla fons sine sacrum. Mithra fait jaillir une source d'un rocher en le frappant d'une flèche, il y a là un rapport entre la source d'eau et la source de sang symbole d'abondance.

Ce culte des sources est à l'origine des nymphées romains, temples bâtis sur le site où l'eau des sources passe du registre chthonien au registre utilitaire. Ces eaux sont dotées de toutes sortes de vertus et si le site d'une colonie se situe à proximité d'une source comme à Nîmes, le nymphée s'ouvre sur un terme. Pour les Celtes, leurs plus belles sources, entre autres celle de la Seine, étaient à la fois objet de culte et centre d'hydrothérapie. Quelques sources gardent le souvenir de ces anciennes croyances comme cette Fontaine de Jouvence qui se trouve dans la Forêt de Paimpont, autrefois hantée par l'enchanteur Merlin.

Cette tradition de la source sacrée s'est perpétuée et les sources des dieux et des fées sont devenues les sources des Saintes et Saints, que l'on retrouve en tous lieu. Elles gardent les mêmes vertus curatrices que par le passé, qu'il s'agisse de Saint Nicodème qui guérit les femmes stériles et les hommes impuissants à Baud, de Saint Egarec, qui guérit la surdité à Kerlouan, ou tout simplement de Notre-Dame qui guérit tout et même le reste à Rumengol.

A fortiori, les sources d'où jaillissent des eaux thermales ou minérales ont-elles été tenues pour sacrées : le dieu Borvos est à l'origine des eaux de Bourbon

A contrario, l'eau stagnante des marais est le siège des forces du mal .

 

Le labyrinthe

 

Toutes les grandes cathédrales médiévales possédaient un labyrinthe, que l'on peut voir encore à Chartres et à Amiens

Le labyrinthe est un archétype de la Connaissance. Son itinéraire se situe entre les Cornes du Monstre que l'initié doit affronter. Son parcours est un chemin d'épreuves correspondant à l'imagerie symbolique d'un pont à traverser.

Ce pont archétypal est dénommé, dans la tradition mazdéenne (zoroastrisme), Pont de Cinvat. Le passage d'un univers à l'autre s'effectue au prix de cette traversée qui s'accomplit selon des stratégies précises, où rien n'est laissé au hasard. Les directives devant mener à la sortie du labyrinthe sont consignées dans les rites et traditions. Le labyrinthe est également symbole de voyage. Union entre la spirale et la tresse, il représente un voyage différent selon le but recherché : le traverser ou atteindre son centre. Celui qui a réussi devient un initié ; il entre dans une nouvelle vie (d'où l'importance des rites initiatiques depuis les hommes préhistoriques). Le face à face avec la mort permet à l'individu sa résurrection.

 

Labyrinthe de la cathédrale de Chartres.

 

Le culte des Saints.

 

Le culte des Saints remplaça avantageusement la multiplicité polythéiste précédente des dieux locaux ou spécialisés dans une fonction précise. A partir du 13ème siècle quand le catholisisme put s'implanter dans chaque village et put y bâtir une église, beaucoup de ces villages prirent le nom d'un saint présumé fondateur. Dans les villes ce sont les corporations qui s'attribuèrent chacune un Saint Patron. Exemple Saint Eloi patron des orfèvres, Saint Joseph patron des menuisiers, Saint Maure patron des chaudronniers etc. Chaque date du martyre présumé de ce saint patron était l'occasion de fêtes de processions et de chômage, comme dans la Rome antique quand ou tel ou tel dieu était fêté. Quand les protestants réformistes prirent le pouvoir quelque part au 16ème siècle, ils supprimèrent ces fêtes jugées non chrétiennes, ce qui le les rendit pas populaires.

(D'après http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/5__les_symboles/index.html)


 

Logos symboliques chrétiens du dieux trinitaire, tri-fonctionnel et solaires.

 

Dans les églises chrétiennes, Dieu est souvent représenté par un triangle qui symbolise la trinité avec en son centre un œil qui montre l'unicité trinitaire. Dans certaines églises ce triangle figure sur un soleil rayonnant rappelant Mithra, Jésus et le Sol Invinctus .

 

Symbole chrétien de Dieu.

 

De très nombreux symboles solaires existent dans les cathédrales surtout médiévales dont les plus représentatifs sont les rosaces des transepts. On appelle d'ailleurs cette apogée de l'art architectural français du 13ème siècle le « gothique » rayonnant.
A Saint Denis la rosace du transept nord est remarquable par ses couleurs violacées évoquant le soleil levant.

On peut y voir également de nombreux symboles du soleil tournant dans les vitraux. Le soleil tournant qui donna les triscèles et quadriscèles celtiques ainsi que la svastika védique est symbolique de la course du soleil d'est en ouest assimilé à quelque chose qui tourne comme une roue.

 

Rosace de la porte nord de la basilique Saint Denis aux couleurs violacées de l'aube.
Symbole du soleil caché .

 

La croix sous différentes formes symbolise le soleil depuis des millénaires avant le christianisme.

Le coq servant de girouette sur les clochers des églises était l'animal totémique des celtes avec le sanglier. Le coq symbolise le soleil levant par son chant.
Le coq symbolise toujours la France.


 

Conclusion

 

Voilà très rapidement brossé la description de notre fondement civilisationnel, qui nous vient de la nuit des temps et qui ne peut que perdurer car il a construit nos concepts qui nous servent à envisager le réel, à penser et à transmettre nos méthodes aux générations futures qui elles, seront en mesure de les améliorer. Ce fondement ne peut être qu'extraordinairement pérenne car il ne peut en être autrement.

Le futur de la parole éclairante ne peut plus s'exprimer dans des grottes, temples, églises ou cryptes, l'avenir est dans l'agora sans bornes que représente le rayonnement de l'internet. Dans ce monumental creuset, la parole et la pensée qui en émane est en train de s'amplifier de manière exponentielle.
Ceci ne signifie nullement que nous devrions tous être identiques à terme. Les nations ayant non seulement établi des états ou leurs lois particulières règlent la vie des hommes, mais ont gagné le statut de nations charnelles par leur histoire et leurs morts, sanctifiés par un sacrifice qu'ils nous ont offert. Ces nations historiques et charnelles bâties autour de leurs saintes sépultures doivent rester le point d'ancrage des pensées particulières.

 

Nos morts nous ont offert leur sacrifice.

 

Sans ces particularismes, les expériences des groupes humains constitués différemment ne pourraient être multiples. Sans ce particularisme  l'humanité cesserait de produire des branches nouvelles ne pouvant surgir que de particularismes de branches déjà multiples.

Alors, l'humanité serait comme un tas de sable amorphe, une humanité ou toutes singularités auraient été fondues dans un mondialisme apatride fondé par quelque élites avides d'argent complotant dans le secret de quelques loges, elle deviendrait un arbre mort.

 

La parole est bien lumière gardons nous bien de l'éteindre.


 


 

 


 

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