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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 19:06

A ma mère, à mes filles, à mes petites filles, à mes sœurs, à ma nièce, à mon épouse, à Personne que je viens d'adopter et à toutes les femmes que j’ai connu qui m’ont laissé..... comme un enfant !

 

A la France mon amour: Hommage (Cliquer ici avant lecture*)

 

Ma France est une femme.


J’ai rencontré il y a quelque temps à Saïgon, un homme, plus tout à fait jeune, vietnamien, francophile, médecin renommé et humaniste qui s’intéressait aux déesses. Il m’avait fait part de ses réflexions sur la France en me disant que notre pays avait particulièrement, plus que tous les autres, développé le culte des déesses. Grand fut mon étonnement car je ne pensais pas que les français depuis qu’il exista le monothéisme et l’athéisme pouvaient s’adonner à de tels cultes.

Bien entendu il s’agit pour nous d’un « allant de soi » car il est vu mais non remarqué, dont nous sommes naturellement incapables de nous rendre compte.

La France est une femme, encore une particularité qui s’ajoute à toutes celles qui distinguent notre pays des autres. Que nous le voulions ou non, nous ne vénérons que des déesses.

Cathédrale d'Amiens 1249

La vierge Marie déesse de la paix et de la fécondité, symbole de la France depuis le 12ème siècle jusqu’à la Révolution. Les armes du royaume de France, d’azur fleurdelisé d’or puis d’azur à trois fleurs de lys d’or sont un symbole marial et bien entendu féminin.

     

 

A partir du 10ème siècle, un nouveau système social et de pouvoir s’établit en France puis en Europe, le système féodal.  Les invasions Vikings, Mayar et Sarrasines ont détruit totalement la société carolingienne précédente.  L’anarchie et la violence règne partout en Europe. Les guerres privées ravagent les campagnes. La polygamie est devenue la règle chez les grands, les femmes s’enlèvent ou s’achètent. Le mouvement dit de la paix de Dieu est  demandé par le peuple et entrepris par l’église, il se développe au cours du 11ème siècle et tente de canaliser la violence des chevaliers et d’adoucir les mœurs. C’est à ce moment que l’église choisi de faire la promotion du culte marial.  Bien entendu, à cette époque la Vierge Marie fait partie du Panthéon chrétien, mais ne fait l’objet d’aucun culte particulier. L’iconographie et surtout la statuaire mariale se développe partout et un véritable culte, bien particulier nait jusqu’au point de pratiquement supplanter  le culte monothéiste trinitaire.  La vierge Marie symbole de pureté est également représentée très souvent « à l’enfant » et devient par la même symbole maternel, une femme véritable douce et apaisante.

Agnés Sorel représentée en vierge à l'enfant, une icône de son temps bien avant BB en Marianne

Deux symboles de Marie, le bleu toujours la couleur de son manteau et la fleur de lys qui l’accompagne, deviendront le symbole du royaume des francs, puis du royaume de France. Ceci est particulièrement remarquable car il n’existe que très peu de fleurs en héraldique. Les grands de cette époque, duc, comtes, rois  et empereurs choisissent toujours pour emblème un élément agressif ou de défense, souvent un animal mythique. De gueule à deux léopards d’or pour la Normandie et l’Angleterre,  d’argent à l’aigle de sable pour l’empire germanique, le lion pour les Flandres, le château pour la Castille. Etc.. L’aigle, le lion et le léopard étant généralement employé pour symboliser la puissance. Pour la France … des fleurs et  une femme à l’enfant.  Cette symbolique pacifique semble dire faite l’amour pas la guerre.

En France, les femmes se courtisent.

Au début de l’ère féodale les mœurs masculines sont très rudes et difficiles à supporter pour les femmes. L’enlèvement et le viol sont souvent la règle.


A la cour d’Aquitaine d’autres pratiques commencent à s’employer et se généraliseront rapidement . La courtoisie (pratique de cour) va modifier profondément les rapports hommes femmes. Aliénor duchesse d’Aquitaine, reine de France puis reine d’Angleterre, passera la plus grande partie de sa vie dans son aquitaine natale. Aliénor fera la  promotion, à la suite de son grand père Guillaume IX le duc troubadour, des romans d’amour courtois ou fin’amor  en occitan.  Ces romans et chansons seront diffusés dans toute la France par les troubadours et trouvères  et connaîtront un vif succès auprès des nobles mais pour beaucoup auprès  des bourgeois. Le thème récurent et principal de ces romans est remarquable. Un jeune chevalier est amoureux de la femme de son seigneur.

 


 

 

Comme Lancelot amoureux de Guenièvre épouse du Roi Arthur dans le roman des Chevaliers de la Table Ronde.  Ce jeune chevalier entreprend de se faire remarquer, l’épouse du seigneur ne le décourage nullement, elle lui offre des objets personnels, ils s’écrivent des billets, le jeune chevalier porte les couleurs de la dame au tournoi et au combat, elle tremble pour lui. Ce qui est remarquable c’est que l’hommage féodal se déplace dans ces romans du suzerain à la femme du suzerain. Le terme hommage provient de la cérémonie féodale au cours de laquelle un vassal devient l’homme d’un seigneur. C’est une cérémonie ambiguë et l’on comprend bien son glissement romanesque du seigneur vers la femme du seigneur. Au cours de cette cérémonie le vassal est à genoux devant son suzerain qui prend ses mains jointes entre ses mains et lui dit tu es mon homme, puis l’embrasse sur la bouche.


Scènes d'amour courtois

Ces romans modifieront profondément l’image de la femme en France puis en Europe occidentale ou ils seront traduits en différentes langues et diffusés. La femme n’est plus seulement un objet sexuel mais une personne a vénérer, à qui l’on rend hommage dans une posture de soumission.

Les hommes prendront soin de leur corps et de leurs manières.  L’habitude de se laver et de se baigner se généralise et les bains publics se multiplient. Le fin’amor sera censuré par l’église dés le 14 ème siècle, avec beaucoup de difficultés. Les bains publics qui étaient mixtes et jugés lieux de licences sexuelles, seront fermés petit à petit. A la fameuse « Renaissance » tout ceci fut oublié et remplacé par un « Humanisme» inventé de toute pièce au.... 19ème siècle par des ignorants.

Au moyen age on se baignait ensemble en festoyant et après.....

(Image destinée à ceux qui pensent encore que la Renaissance c'était mieux)

Cependant en France « l’allant de soi » que des hommes pouvaient vénérer des  femmes (quasiment au sens religieux) s’était solidement implanté et pour longtemps.

Jeanne d’Arc déesse de la guerre ? Non de la résistance à l’envahisseur.

Le mythe de Jeanne d’Arc fait parti des très grands mythes constructeurs de notre nation. Ceci à tel point que l’aspect miraculeux au sens chrétien du terme ne sera jamais mis en doute y comprit par des historiens agnostiques ou athées car il est devenu blasphématoire de contester une parcelle de la légende.

 

Seule image contemporaine de Jeanne d'Arc

Légende qui historiquement et scientifiquement parlant est proprement incroyable.  Je revoyais encore récemment une vidéo de l’interview de Georges Duby se mettant en colère envers ceux qui mettaient en doute ce que la légende nous avait légué.  Jeanne la Pucelle bergère de Donrémy en Loraine qui après avoir entendu des voix, enfourche son cheval entreprend une fantastique chevauchée jusqu’à Chinon, reconnait le Dauphin Charles alors qu’elle ne l’avait jamais vu. Revêt une armure va délivrer Orléans fait sacrer le Dauphin à Reims et boute les anglais hors de France. Les Anglais qui se vengeront en la faisant brûler à Rouen avec l’aide de collabos comme l’évêque Cauchon ce cochon.  C’est ce qui reste dans la mémoire de chaque français même dans celle de ceux qui dormaient pendant les cours d’Histoire de France. Séparer la réalité historique du mythe est encore une œuvre à accomplir et bien peu oseraient s’y risquer.

Image mythique de Jeanne d'Arc à rapprocher avec le tableau de Delacroix

Image mythique de Jeanne d'Arc en femme

Il reste une femme véritable représentée comme une déesse de la guerre, image icône de la résistance armée face à l’envahisseur.

(Pour la réalité Jeanne d’Arc était toujours habillée en homme et avait des manières de soudards qui ne plaisaient pas du tout à Charles VII qui en matière de femme préférait nettement Agnès Sorel et on le comprend).  

Jeanne d’Arc s’est confondue avec la France naissante le reste de la mythologie féminine française qui va prendre corps avec la Révolution ne peut découler que de là.

De la vierge Marie à Aliénor d’Aquitaine et le fin’amor une filiation bien féminine  puis de Jeanne d’Arc à Marianne et la Liberté une filiation naturelle et souvent guerrière.

http://www.sinofrance.org/site/francais/document/lepersonnagedeMarianne.htm

Ce prénom a été utilisé pour la première fois comme symbole de la République en 1792 dans une chanson révolutionnaire en occitan : la Garisou de Marianno (la Guérison de Marianne) de Guillaume Lavabre. Ce prénom était courant à l’époque chez  les servantes des nobles et la santé de Marianne, ce dont se préoccupe la chanson devient la santé de la France révolutionnaire. Avec un bonnet phrygien rouge sur la tête, Marianne devient le symbole de la première République.


 Avec la fin de l’expérience républicaine le nom de Marianne devient le mot de passe des républicains clandestins et le symbole de la Liberté qui remplace la République perdue. De cette imagerie émerge un chef-d’œuvre vite devenu un classique de l'art français, La Liberté guidant le peuple aux barricades d‘Eugène Delacroix. Femme allégorique dans le rôle de combattante entraînant sa troupe à l'assaut, La Liberté porte le bonnet phrygien rouge, elle a la posture véhémente et le torse dénudé.  Elle exalte un combat révolutionnaire, celui que le Paris patriote a mené contre Charles X lors des Trois Glorieuses, les 27, 28 et 29 juillet 1830.


A partir de 1870 Marianne devient à la fois le symbole de la France agressée, le symbole de la Liberté et de la République elle deviendra le symbole de la Commune de Paris en 1871. L’image révolutionnaire de la déesse de France s’est accentuée.

  La France amputée de l'Alsace et de la Loraine par le traitre A. Thiers

 

Toujours Adolphe Thiers en pécurseur de la collaboration

Gravures de Pilotelle caricaturiste et communard avant, pendant et après la Commune de Paris

La troisième république fera définitivement de Marianne son symbole officiel, qui restera jusqu'à nos jours. 

La semeuse qui veille sur nos économie vient complèter notre panthéon républicain, c'est une Marianne agricole

Brigitte Bardot

Dans chaque mairie trône son buste, véritable objet de culte. Une femme représente notre Mère Patrie, ce n’est pas le « vaterland (pays père) » de nos voisins, ceci rend compte de l’image de la femme que possèdent les français, une image de profond respect et d’attention.  C’est un « allant de soi» hérité  de 1000 ans d’histoire.

 

PersonneLa France en Personne

 

* Que les ayant droit de cette chanson de Charles Trenet me pardonnent face à un si petit préjudice et un si grand hommage

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Published by Alain Benajam - dans Histoire
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commentaires

volodia 15/08/2016 22:47

Cette sale impression, qu'il n'y a plus d'avenir !..