Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 10:31

 

407px-Zhanna.jpg

Jeanne d'Arc par Rembrandt 


2ème Partie

 

Apparition de l'état au royaume de France

 

 

 

La deuxième phase de la guerre de cent ans verra les prémisses  d'un état et la tentative de la bourgeoisie d'y participer, elle verra également des révoltes populaires, la peste et la reconquète des terres perdues.

Cette partie s'intéresse au règne de Charles V, celui-ci est  né en 1338 et est mort en 1380, la période de son pouvoir réel commence pourtant en 1356 en tant que régent, il ne sera couronné roi qu'en 1364. Elle s'intéresse surtout à sa tentative de reconstituer un état en France et à la volonté de la bourgeoisie d'y participer.


2-1- Charles régent de France 1356-1364.

L'état.

On peut considérer un état comme une organisation permettant à un pouvoir central de s'exercer sur un territoire donné. Il n'y avait plus une telle organisation dans le royaume de France depuis le dernier roi carolingien.

Charlemagne nommait des comtes à la têtes des «pagus» (pays) qui étaient une division administrative de l'empire. Il choisissait toujours ces comtes, parmi ceux qui étaient d'une autre origine que celle du «pagus» qu'il devaient administrer, ces comtes pouvaient être révoqués et lui devaient obéissance, ils représentaient le pouvoir central, l'état carolingien, comme un préfet.
A la mort de Charlemagne cette fonction devint héréditaire et les familles de ces comtes s'implantèrent durablement. Les derniers rois carolingiens, incapables de faire face aux invasions qui assaillaient de toutes parts les restes de l'Empire, ces comtes prirent le pouvoir localement.  En France Eudes comte de Paris qui s'illustra avec vaillance contre les attaques des  Vikings,  fut le premier d'une lignée, qui remplaça les rois carolingiens pour les robertiens d'abord puis les capétiens ensuite.

Le royaume de France s'organisa alors selon le mode féodal. Le Roi de France n'avait  de pouvoir administratif que dans son propre domaine réduit à l’Île de France, comme n'importe quel seigneur féodal.
L'organisation féodale, sans pouvoir central permettra d'augmenter considérablement le nombre des initiatives. Plusieurs types d'organisations individuelles ou sociales pouvaient posséder le pouvoir de ban. Cela pouvait être des seigneuries militaires de la noblesse ou des seigneuries ecclésiastiques des évêques s'exerçant surtout dans des villes. Cela pouvait être également des seigneuries collectives, qui pouvaient être des abbayes ou des villes organisées en commune, ayant obtenu des franchises. 

Cette multiplication de pouvoirs locaux différents multiplia les possibilités d'entreprises, artisanales, industrielles, commerciales ou agricoles qui n'étaient freinées par aucun obstacle. Ceci permit un formidable développement économique en Europe et particulièrement en France. 
La population tripla ainsi en trois siècles. Entre Loire et Somme, le tonnage en pierre de construction, vestige  de cette époque dépasse le tonnage des vestiges de 3000 ans de civilisation de l’Égypte  ancienne.

Une bourgeoisie citadine prospéra, s'enrichit au cours du beau 13ème siècle, elle réclama de participer aux pouvoirs locaux des cités. Cette bourgeoisie citadine organisée en communes obtint du roi ou du pouvoir nobiliaire régional ce que l'on appelait des franchises, c'est à dire un certain nombre de droits d'administration et de justice (ban), la bourgeoisie s'insérait parfaitement au sein du système féodal. Cette insertion était également militaire car les villes, comme toutes seigneuries,  fournissaient à l'ost royal de forts contingents de milices. 


Cette accession au pouvoir local des bourgeoisies sera beaucoup plus importante dans l'Empire Romain Germanique qu'en France. Au sein de l'Empire, en Italie du Nord de véritables républiques bourgeoises seront érigées avec un semblant de démocratie, Venise Florence, Sienne, Gène et en Allemagne du Nord la République de la Hanse. Dans le royaume de France ce sont les villes de Flandre qui obtinrent  les plus importantes franchises, notamment les villes de Bruges et Gand et certaines ville du midi comme Toulouse. A Paris les franchises accordées sont modestes.

La multiplication des pouvoirs locaux et l’absence de pouvoir central, fonctionne merveilleuse bien quand tout va bien  quand il n'y a pas besoin de fortes et puissantes coalitions.

Mais quand le dauphin Charles prit le pouvoir, plusieurs problèmes graves affectaient le royaume et cette dispersion des pouvoirs ne permit pas d'y faire face.

 Le premier de ces problèmes était l'agression organisée par un pays possédant des moyens : l'Angleterre. Cette agression concertée et méthodique d'un pays sur un autre était une nouveauté. Jusqu'alors ce qui fut plus tard la France n'avait été agressée que par des bandes d'envahisseurs plus ou moins bien organisés comme les Vikings à l'Ouest ou les Sarrasins au sud.



Etienne Marcel (Gravure du 19ème siècle)
262px-Etienne_Marcel.jpgLa tentative révolutionnaire d'Etienne Marcel.

Les défaites militaires engendrèrent une déconsidération brutale de la noblesse chevaleresque, elle avait failli à ce pourquoi elle était légitime pour le peuple, le protéger. Cette déconsidération encouragea la bourgeoisie des villes à la contestation et à la révolte. Cette contestation bourgeoise s'accompagna également de révoltes paysannes au nord de Paris, les Jacqueries.

Le pouvoir du futur Charles V  commence en 1356 après la bataille de Poitier quand son père Jean le Bon est fait prisonnier par les anglais. Dauphin il prend la régence, il a 18 ans. Il ne régnera pleinement qu'à partir de 1364. Charles possède une malformation de la main droite qui l’empêche de bien tenir une épée,  il ne possède ni les capacités physiques ni l’entraînement militaire de son frère Philippe qui à la bataille de Poitier combattit au côté de son père. Tout le monde a appris à l'école ses supposées paroles : « Père gardez vous à droite ! Père gardez vous à gauche !» ce qui lui vaudra le surnom de Philippe le Hardi et la couronne ducale de bourgogne en récompense. Charles qui s'est enfui à la bataille de Poitier, ce qui est une honte chevaleresque, ne possède pas les qualités requisent pour faire un chevalier guerrier et ce au grand  dam  de son père. Il possède en revanche et en compensation de bonnes qualités intellectuelles et d'organisation.

Le non intérêt du jeune Charles pour les choses de la chevalerie sauvera son trône et la France. Outre la guerre avec l'Angleterre le dauphin Charles est confronté aux ambitions de Charles le Mauvais roi de Navarre fils de Jeanne de Navarre qui aurait pu devenir reine de France si elle n'avait signé un renoncement. Charles le Mauvais est  l'arrière petit fils de Philippe le Bel, il s'estime plus légitime que le dauphin future Charles V et qu’Édouard III d'Angleterre, ce qui est vrai selon les lois féodales de succession.


C'est un combattant il prétend être mieux à même de repousser l'anglais que le dauphin.

En France, face à l'incompétence de la noblesse entichée de chevalerie, les bourgeois, notamment parisiens et flamands voulaient participer au pouvoir central, ils voulaient  une monarchie contrôlée par le peuple, enfin par les bourgeois.

Les pouvoirs politiques de la bourgeoisie, parfois très importants dans la chrétienté, surtout au sein de l'Empire étaient moindres dans le royaume de  France, cependant, les villes de Bruges et Gand avaient obtenues du comte de Flandre une grande autonomie, ceci donnait un exemple à la bourgeoisie parisienne dont le pouvoir politique était modeste. Les milices citadines flamandes avaient déjà montré leur force à Philippe le Bel en 1302 en décimant la fine fleur de la noblesse à la bataille de Courtrai dite des 1000 éperons d'or, ceux des nobles massacrés. Ces éperons d'or avaient été suspendus au beffroi de la ville. (Les éperons des chevaliers étaient toujours en or).

Il y avait eu pourtant une avancée avec la création, des États Généraux en 1302 par Philippe le Bel pour donner plus de crédibilité à ses décisions souvent impopulaires, surtout en matière financière.

On désignait par États Généraux les assemblées exceptionnelles convoquées par le roi de France pour traiter d'une crise politique, d'une guerre ou d'une question diplomatique, pour  décider d'une aide militaire ou fiscale. Ils réunissaient le clergé, la noblesse et la bourgeoisie des bonnes villes, celles bénéficiant de franchises. Jusqu'en 1484 ils étaient réunis de manière distincte par région de langue d'oïl ou de langue d'oc.
L'élection des députés de chaque province aux États Généraux se faisait par une élection au sein d'assemblées primaires provinciales, elle-mêmes séparées en trois collèges correspondant aux trois ordres. Les membres de ces assemblées primaires étaient pour la noblesse des représentants de toutes les familles, pour le clergé les titulaires des principaux sièges ecclésiastiques ou abbatiaux, et pour le tiers état les représentants des villes ayant un consulat ou un échevinage, c'est à dire une commune.

Étienne Marcel appartenait aux deux plus prestigieuses confréries parisiennes: la grande Confrérie de Notre-Dame aux prêtres et bourgeois de Paris et la Confrérie Saint-Jacques-aux-Pèlerins. Les membres de cette dernière faisaient serment de faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle dont la Navarre était  un point de passage obligé et dont son roi, Charles le Mauvais, était également membre de cette confrérie . Étienne Marcel prit un rôle prééminent dans ces confréries et en 1350, il fut cité comme prévôt de la Grande Confrérie de Notre- Dame.  Fort de son influence grandissante, il succéda en 1354 à Jean de Pacy comme prévôt des marchands de Paris.

Des États généraux se réunirent le 17 octobre 1356. Le dauphin se heurta alors à une forte opposition,  Étienne Marcel, à la tête de la bourgeoisie, était allié avec les amis de Charles le Mauvais,  Les États généraux, déclarèrent néanmoins  le dauphin lieutenant du roi (régent) et défenseur du royaume en l’absence de son père et lui adjoignirent un conseil de douze représentants de chaque ordre.


Les États Généraux du 17 octobre 1356, exigent la destitution des conseillers les plus compromis pour avoir dévalué la monnaie à plusieurs reprises,  la capacité à élire un conseil qui assistera le roi ainsi que la libération de Charles de Navarre, emprisonné auparavant par Jean Le Bon.  Le dauphin proche des idées réformatrices n’est pas contre l’octroi d’un rôle plus important des États Généraux dans le contrôle de la monarchie. En revanche, la libération de Charles de Navarre est inacceptable car elle mettrait fin au règne des Valois. Pas assez puissant pour pouvoir refuser d’emblée ces propositions, le Dauphin ajourne sa réponse, congédie les États généraux et quitte Paris,. Les États généraux sont prorogés et seront convoqués de nouveau le 3 février1357.


La grande ordonnance de 1357, pour  une monarchie contrôlée.


Le texte de cette ordonnance comporte 61 articles elle est l'esquisse d'une monarchie contrôlée et un vaste plan de réorganisation administrative. Il précise qu'une commission d'épuration composée de vingt-huit députés, dont douze bourgeois, aura pour charge de destituer les fonctionnaires fautifs (et particulièrement les collecteurs d'impôts indélicats). Les coupables seront alors condamnés et auront leurs biens confisqués. Le Dauphin renonce à toute imposition non votée par les états généraux et accepte la création d'un conseil de tutelle de 36 membres qui se met aussitôt en mesure d'exécuter un programme de réformes. Six représentants des états entrent au conseil du roi qui devient un conseil de tutelle, l'administration royale sera surveillée de près, les finances et particulièrement les mutations monétaires et les subsides extraordinaires seront contrôlés par les états. L'ordonnance prévoie aussi une monnaie fixe, les nobles ne pourraient plus être dispensés de l'impôt, le droit de réquisition des seigneurs doit être aboli, les fourrages et les chevaux mis à l'abri du pillage. En échange de ces mesures les villes fourniront un homme d'armes par cent foyers. Cinq jours après la promulgation de l'ordonnance, presque tous les conseillers royaux du moment sont exilés, les membres du parlement et de la chambre des comptes renouvelés, les officiers de justice et de finances destitués, la cour des aides créée. (Wikipedia)

Le dauphin est contraint d'accepter la promulgation de cette ordonnance révolutionnaire plus de 4 siècle avant la dernière réunion des états généraux du royaume le 5 mai 1789.
Jean le Bon roi en titre mais prisonnier à Bordeaux interdit l'application de cette ordonnance
L'exécution de cette ordonnance va être vite bloquée. La commission d'épuration est désignée mais ne fonctionne que 5 mois. Les collecteurs d'impôts nommés par les États Généraux rencontrent l'hostilité des paysans et des artisans pauvres. Les six députés entrés au conseil de tutelle sont en minorité et les états généraux manquent d'expérience politique pour contrôler en permanence le pouvoir du dauphin qui, en prenant de l'expérience, retrouve l'appui des fonctionnaires. Les déplacements fréquents, coûteux et dangereux à l'époque, découragent les députés de province et les états sont de moins en moins représentatifs. Peu à peu seule la bourgeoisie parisienne vient siéger aux assemblées. Mais enfin, le roi Jean II le Bon, gardant un grand prestige et venant de signer une trêve de deux ans avec les anglais, désavoue le dauphin et depuis sa prison de Bordeaux, interdit l'application de l'ordonnance de «réformation» le 6 avril 1357.
Étienne Marcel et l’évêque Robert Le Coq son allié protestent auprès du Dauphin, celui-ci se sentant soutenu par les provinces, lesquelles ne suivaient pas le mouvement imprimé par la bourgeoisie parisienne, interdit au mois d'août au prévôt et à ses alliés de se mêler désormais du gouvernement. Le Coq se retira dans son évêché ; mais le prévôt, resté à Paris, profita du départ du Dauphin Charles qui avait convoqué les États hors de la capitale, pour organiser la résistance.

 

Charles le Mauvais harangue les parisiens
Charles le mauvais et les ParisiensIl songea dès lors à opposer à la branche régnante des Valois une autre branche de la maison de France et trouva en la personne du roi de Navarre, Charles le Mauvais, un prétendant prêt à tout. Un coup de main combiné par le prévôt des marchands fit sortir le roi de Navarre du château d'Ailleux où il était détenu, et le Dauphin, revenu à Paris sans argent, dut une fois encore convoquer les États pour le 7 novembre. Sous la pression des chefs de la bourgeoisie, il accorda à son beau-frère le navarrais un sauf-conduit et l'autorisation de rentrer à Paris. Le 13 janvier 1358, les États Généraux s'assemblèrent de nouveau mais presque aucun noble et très peu de gens d'église ne s'y rendirent. Les députés se quittèrent sans avoir pu se mettre d'accord sur les moyens à trouver des subsides. Le 23 janvier suivant, le Dauphin prescrit une ordonnance l'autorisant à dévaluer la monnaie. Étienne Marcel, constatant l'échec de l'instauration d'une monarchie contrôlée par voie législative, va essayer de la faire proclamer par la force.

 

Assasinat des maréchaux

Le Dauphin contraint à porter le

chaperon rouge et bleu.

Assassinat marechauxLa nouvelle de l’acceptation par Jean le Bon du premier traité de Londres qui cède le tiers du territoire à l’Angleterre provoque un tollé dont Étienne Marcel va profiter. Un proche du Dauphin est assassiné le 24janvier1358, le meurtrier est saisi alors qu’il se réfugiait dans une église et le Dauphin fait de son exécution un exemple.  Étienne Marcel exploite les esprits qui s’échauffent, le 22 février 1358, Étienne Marcel déclenche une émeute réunissant trois mille personnes qu’il a convoquées en arme. La foule surprend Regnault d’Acy, l’un des négociateurs du Traité de Londres qui a rapporté la nouvelle à Paris. Il se réfugie dans une pâtisserie où on l’égorge férocement avec ses proches.

Puis la foule envahit le Palais de la Cité pour affronter le Dauphin futur Charles V,  Étienne Marcel et certains de ses partisans parviennent à sa chambre dans le but de l’impressionner. Il s’exclame: «Sire, ne vous ébahissez pas des choses que vous allez voir, car elles ont été décidées par nous, et il convient qu’elles soient faites». Le maréchal de Champagne Jean de Conflans et le maréchal de Normandie Robert de Clermont sont tués devant le dauphin, qui est couvert de leur sang et croit son existence menacée.
Étienne Marcel l’oblige à coiffer le chaperon rouge et bleu des émeutiers (aux couleurs de Paris), alors que lui même met le chapeau du Dauphin, et l'incite à renouveler l’ordonnance de 1357.
Ces événements semblent être une répétition de ce qui se passera à partir de 1789. Cette scène ressemble à celle de la prise des Tuilerie par les parisiens le 20 juin1792 quand Louis XVI est contraint de coiffer le bonnet rouge des insurgés.

La grande  Jacqueries et l'alliance momentanée avec la bourgeoisie parisienne.

La paysannerie est excédée par les exactions des soudards, par les impôts levés pour  la guerre et par l'incapacité des nobles à les défendre. Dans ce cadre une altercation entre paysan et nobles dégénère à Saint Leu d'Esserent  près de Chantilly, les nobles sont massacrés.

 Rapidement les exactions contre les nobles se multiplient au nord de Paris, 5 000 hommes se regroupent autour d’un chef charismatique, Guillaume Carle, mieux connu sous le sobriquet de  Jacques Bonhomme. Il reçoit très rapidement des renforts de 300 hommes de la part d’Étienne Marcel, afin de libérer Paris de l’encerclement que le dauphin est en train de réaliser, il voulait en préserver l’accès nord qui permettait de communiquer avec les puissantes villes du comté de Flandre (Bruges et Gand), solidaires des insurgés parisiens.
L’alliance avec Étienne Marcel semble réussir lorsque les Jacques s’emparent du château d’Ermenonville.


Massacre des Jacques sur le pont de Meaux
Jacquerie_meaux.jpgLe 9 juin, les hommes du prévôt de Paris et une partie des Jacques, environ mille hommes, conduisent un assaut sur la forteresse du Marché de Meaux où s'était réfugié le Dauphin et sa famille. C’est un échec,  alors que les Jacques se ruent à l’assaut de la forteresse, ils sont balayés par une charge de cavalerie menée par le comte de Foix, Gaston Phébus,
Mais le gros des forces de Guillaume Carle veut prende Mello, bourgade du Beauvaisis le 10 juin.
Écarté du pouvoir par Étienne Marcel qui a trop vite cru contrôler le régent après l’assassinat des maréchaux, Charles le Mauvais doit montrer au prévôt de Paris que son soutien militaire est indispensable. Pressé par la noblesse, pour réprimer la jacquerie Charles le Mauvais voit le moyen aussi d’affermir sa position de prétendant au trône de France, son allié Etienne Marcel doit abandonner les  Jacques.
Le navarrais prend la tête de la répression, engage des mercenaires anglais et rallie la noblesse. Il s’empare par ruse de Guillaume Carle venu négocier et charge les Jacques qui n'ont plus de chef. C’est un massacre et la répression qui s’ensuit est très dure, quiconque est convaincu d’avoir été de la compagnie des Jacques est pendu sans jugement. La jacquerie se termine dans un bain de sang dont Charles le Mauvais porte la responsabilité alors que le dauphin a su garder les mains propres. Il saura lui par la suite se montrer magnanime envers les rescapé de la répression.


La fin de d'Etienne Marcel et de l'espoir d'une monarchie contrôlée.


Étienne Marcelle et Charles de Navarre se réfugient alors dans Paris assiégé par le Dauphin. Une grande partie des chevaliers recrutés par le navarrais l'abandonne et vont se rallier à la légitimité du futur roi de France. Le gros des troupes recrutées pour la défense de Paris est alors  constituée de mercenaires anglais en déshérence des combats.
L'installation de cette troupe de soudards anglais dans Paris deviendra très vite impopulaire.
Le 21 juillet 1358, à la suite d’une rixe de taverne qui dégénère en combat de rue, trente-quatre archers anglais sont massacrés, les parisiens en armes en saisissent ensuite quatre cent qu’ils veulent soumettre à rançon.
Le lendemain, Étienne Marcel et Charles de Navarre réunissent la population place de Grève pour calmer les esprits, mais les événements leurs échappent et la foule réclame d'être débarrassés  des anglais. C'est alors que 8 000 piétons et 1 600 cavaliers en arme conduisent les parisiens en colère par groupes distincts vers les mercenaires anglais en embuscade, ceux-ci massacrent 600 à 700 parisiens dans l'affrontement.
Les parisiens suspectent Charles de Navarre, qui a quitté Paris avant ce massacre, d’avoir été prévenir d'autres mercenaires anglais et de les recruter afin de marcher sur Paris. Les parisiens prennent soudain conscience que leur chef, Étienne Marcel et son allié Charles le Mauvais soutenaient les ennemis de la France contre le Dauphin et contre la population. Les parisiens se sentent trahis et s'en  désolidarisent brutalement.


Assassinat d'Etienne Marcel Porte Saint Antoine

Assassinat_Etienne_Marcel.jpg

La rumeur enfle rapidement, on dit que Philippe de Navarre, frère de Charles arrive avec 10000 anglais. Les Parisiens redoutent qu’ils ne vengent leurs camarades et pillent la ville.
Étienne Marcel, fait marquer les maisons de ceux qu’il suspecte de sympathie pour le Dauphin. Ces signes sont mal  interprétés et la suspicion à son égard augmente encore. L’échevin Jean Maillart, aidé de Jehan Pastoret, président du Parlement de Paris et du gentilhomme et chevalier Pépin des Essart, convainquent les bourgeois de demander l’aide du Dauphin.  Le 31 juillet1358, à l’aube, Étienne Marcel, en compagnie du trésorier de Charles de Navarre, essaye de se faire remettre les clefs de la porte de Saint-Denis pour faire entrer navarrais et anglais  mais il se heurte au refus de Jean Maillard. N’insistant pas il tente sa chance à la porte Saint-Antoine, mais Jean Maillart a sonné l’alerte et rameute le maximum de monde: Étienne Marcel surpris,  au signal convenu, il est massacré avec ses amis.
Les espoirs d’Étienne Marcel de voir s'établir en France une monarchie contrôlée par un parlement meurent avec lui. Pire, en réaction, le peu de franchises dont bénéficiaient l'échevinage parisien disparaît. Le prévôt des marchands ne sera plus élu par les échevins eux mêmes élus au sein de la bourgeoisie, il sera désormais nommé par le roi et lui devra donc cette charge.

 

Entrée triomphale du Dauphin

dans Paris

Entree_de_Charles_V_a_Paris.jpgLe réflexe national a joué finalement, les bourgeois ne voulaient pas de l'anglais allié à Charles le Mauvais lui même allié d’Étienne Marcel. Le réflexe de classe à joué également, la noblesse emmenée par le navarrais ne pouvant pas  permettre que des vilains massacrent des nobles.
Etienne Marcel entre deux alliances, celle du peuple et celle des ambitions personnelles de Charles de Navarre a finalement choisi se dernier, le peuple lui, préférant encore la légitimité du future roi de France compromis, ni avec l'anglais ni avec la répression contre la jacquerie.
Le futur Charles V sort vainqueur de ce conflit et entre triomphalement dans Paris le 2 août 1358. 

La noblesse est encore plus déconsidérée, la bourgeoisie rentre dans le rang et le pouvoir despotique royal est renforcé.

Pourtant la bourgeoisie parisienne ne renoncera pas, plus tard elle soutiendra le parti  bourguignon favorable à une monarchie contrôlée face au parti armagnac qui défendait une monarchie absolue, mais voilà le parti bourguignons s’allia aux anglais et l’évêque Cauchon fut l'une de leur figure, tandis que le parti armagnac nous sorti Jeanne d'Arc. Une autre histoire 70 ans plus tard.

Des révoltes également en Europe.


Révolte de paysans

Revoltes-paysans-001.jpg


Les révoltes populaires n'affectèrent pas seulement la France à cette époque,
En Italie à Florence, c'est la révolte des Ciompi en 1378, ce sont les prolétaires de Florence qui prennent un moment le pouvoir contre les bourgeois et établissent une véritable démocratie.

 

Mort de Wat Tyler
250px-DeathWatTylerFull-copie-1.jpgEn Angleterre c'est la révolte de Wat Tyler en 1381 qui réussit à prendre la Tour de Londres avec ses partisans mais fut tué et celle du prêtre égalitariste John Ball la même année qui est l'auteur de cette phrase célèbre «Quand Adam bêchait et Ève filait, où donc était le gentilhomme?». Puis à la suite de John Ball vint le mouvement chrétien égalitariste des  Lollards qui fut actif jusqu'en 1399 année d'une terrible répression qui les décima.

 

 

En Bohème en 1419 dans l'empire ce fut la révolte des égalitaristes Hussites adeptes Jan Hus lui même adepte des égalitaristes Lollards dont les communistes Taborites de Jean Siska seront les plus nombreux et déterminés. Cette révolte vit nombre d'innovations en matière d'armement et de mœurs les Taborites pratiquaient l'amour libre et les ils allaient de victoires en victoires grâce à leur...  char d'assaut et à leur puissante artillerie. Il fallut nombre de croisades et d'efforts de 1419 à 1436 de la part du pape et de l'empereur pour les vaincre.

La peste noire.

 

496px-Diffusion_de_la_peste_noire_1347_1351.svg.png
Parmi tous les malheurs que devaient subir le peuple à cette époque le pire fut la peste noire.
La peste noire sévit gravement en France de 1340 à 1440, soit pratiquement le temps de la guerre de cent ans, elle parti du sud de l'Europe pour se rependre pratiquement sur tout le continent. En France la propagation de la maladie, fut favorisée par la surpopulation des villes car les anglais ravageaient les campagnes et celle-ci étaient abandonnées. La malnutrition consécutive à cette guerre favorisa également son expansion ainsi que les mouvements de soldats et de mercenaires en tous genres venant de tous pays.
En France la population a décru de 17 à 10 millions d'habitants, une diminution de 41%.
Le registre paroissial de Givry, en Saône-et-Loire, l'un des plus précis, montre que pour environ 1500 habitants, on a procédé à 649 inhumations en 1348, dont 630 de juin à septembre, alors que cette paroisse en comptait habituellement environ 40 par an : cela représente un taux de mortalité de 40,6%.


Albrecht Dürer

428px-Durer_Revelation_Four_Riders.jpg

Ainsi se termine se chapitre par les 4 cavaliers de l'apocalypse La Mort, La Famine, La Guerre et La Peste

 

 

 

La suite prochainement.

2-2- Charles V, la reconquête.

Partager cet article

Repost 0
Published by Alain Benajam - dans Histoire
commenter cet article

commentaires

aec 26/02/2012 16:47


 


LUTTE CONTRE L'HIPPOPHAGIE


 


NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS !


 


Obtenez un autocollant gratuit en écrivant à :


AEC


Résidence La Pléiade


98, rue de Canteleu


59000 LILLE


 


Joindre une enveloppe timbrée pour le retour du courrier.


 


Merci aussi de visiter les sites :


 


http://aec89.site.voila.fr


 


http://www.feracheval.com/petitions.php


 


http://www.lapetition.be/en-ligne/parlons-enfin-des-quids-2589.html


 


Rejoignez la groupe sur :


 


http://www.facebook.com:80/group.php?gid=63542203218


 


 Faites passer le message à vos amis.


 


Amitiés.


 


AEC.