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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 18:08

L'Etat français reconnu responsable dans la déportation des Juifs

Laure Daussy (lefigaro.fr)



Prenant connaissance de cette récente actualité, je suis resté stupéfait par ce brouillage historique à caractère révisionniste et cette confusion idéologique dramatique pour le républicain que je suis.


De quoi parle t-on? Qu'est que l'état français et comment juger de son éventuelle responsabilité? Quelles sont les conséquences de cette décision?


L'état français est incriminé, en terme de droit il s'agirait sans doute d'une personne morale


Si je regarde mon passeport il y a bien inscrit République Française. A la lecture de tous documents administratifs, feuilles d'impôts, contraventions etc. ces documents émanent toujours de la République Française, le même logo officiel y est partout et toujours apposé.



La république française est aisément descriptible, elle est définie par un territoire bordé de frontières, ce territoire et ces frontières sont reconnus par le droit international, ils sont issus de traités historiques passés avec ses voisins. La république française est également définie par sa constitution, ses lois  appliquées sur ce territoire, ses institutions: un parlement, un sénat et un Président de la République française élu au suffrage universel, qui comme son nom l'indique est chargé de présider aux institutions et de représenter la France à l'étranger. La République Française possède une existence légale et pourrait être de ce fait incriminée en tant que personne morale par des instances judiciaires internationales.


L'état lui, est chargé d'administrer la République Française, dans ma jeunesse on parlait plus judicieusement d'administration, l'état n'est que l'ensemble des fonctionnaires.

Je suis citoyen de la République Française mais n'étant pas fonctionnaire je n'appartiens pas à l'état.

Sur aucun document officiel n'est inscrit "état français," l'état français n'a aucune existence légale. Ce n'est qu'un corps de professions divers au service de la république et rémunéré par elle.


Comment peut on incriminer dans une quelconque responsabilité ce qui n'existe pas légalement?


Il a bien existé un « état français » qui fut complice de l' holocauste. En juillet 1940 Philippe Pétain fort de l'occupation des armées nazies, abolit la République Française et instaure cet « état français » dont il se proclama le chef. La République Française, forme juridique légale abolie, non pas par la volonté du peuple français souverain mais par celle d'un homme et de quelques complices, fut remplacée par une organisation illégale car directement issue d'une occupation militaire étrangère. La continuité républicaine fut à l'époque représentée par ceux qui organisèrent la résistance dans le but de rétablir cette république. Ces organisations de résistance se fédérèrent rapidement sous la direction de Jean Moulin et du Général De Gaulle pour former le Conseil National de la Résistance, puis un gouvernement provisoires. La République Française fut rétablie en août 1944 et les individus ayant organisé cet « état français » illégal furent poursuivis et condamnés. Les responsables et complices de l'holocauste des juifs furent poursuivis et condamnés jusque récemment comme le fut Maurice Papon.


S'il s'agit d'incriminer « l'état français » illégale pétainiste ayant sévit de 1940 à 1944, il n'existe plus! Durant cette période, la République française était abolie donc on comprend bien pourquoi les promoteurs de cette incrimination n'ont aucunement la possibilité de la rendre responsable de quoi que ce soit.


La reconnaissance de la responsabilité d'un "état français" actuel dans la persécution des juifs de 1940 à 1944 revient ipso facto à reconnaître le régime fasciste de Pétain comme étant une continuité légale de la république française et de son administration. C'est reconnaître la légalité historique de l'organisation criminelle fasciste appelé "état français". Ceci a des conséquences graves.


Loin de moi l'intention de critiquer l'indemnisation des victimes spoliées du nazisme et de ses affidés français. Cette indemnisation par la République Française aurait du se faire par solidarité et non par une quelconque reconnaissance d'une responsabilité qu'elle ne peut avoir.


Comment le Conseil d'Etat a pu arriver a une telle confusion, les membres de ce conseil sont ils des crétins ou ont ils une idée fâcheuse et fasciste derrière la tête.


Plusieurs pistes pour essayer de comprendre.


Tout d'abord cette «reconnaissance» s'est faite sous la la pression d' Arnaud Klarsfeld. Ce monsieur est à ses heures garde frontière dans l'armée israélienne, œuvrant parmi les bourreaux, il ne peut aimer  la France dont les valeurs républicaines et laïques sont à l'opposé de celles de son pays. Avocat et spécialiste du droit, il doit bien rire du mauvais tour jouer à la France. Lui et ses amis sionistes ont pris l'habitude de se cacher derrière l'holocauste pour commettre crimes et forfaitures, par la même ils foulent au pied l'intérêt des juifs pour qui la Shoa devrait rester un tabou sans taches ni contestation possible.

Ensuite on constate un dramatique écroulement des idées et valeurs républicaines dans notre pays qui vont jusqu'à une incompréhension totale de ce qu'est la France et sa république de la part même des membres du Conseil d'Etat.

Cet écroulement est illustré par la confusion faite par les élites politiques de ce pays entre état et république. Pour certain malheureusement trop nombreux, l'état confondu également avec nation aurait une existence mythique qui perdurerait depuis les gaulois ou presque. Ce concept d'état-nation, hors d'institutions légales descriptibles, en dehors du droit formel est exactement l'inverse du concept de république laïque qui organise notre nation. Le concept d'état-nation infère une appartenance implicite hors du droit, par exemple un supposé «droit du sang» valide chez les israéliens comme chez les allemands. Ce concept d'état-nation pourrait également inférer un concept de responsabilité collective puisque l'appartenance à un peuple aurait un caractère obligatoire et naturel. C'est justement l'argument utilisé par les nazis pour persécuter un peuple juif tout aussi hypothétique et mythique qu'un peuple allemand installé sur un « Reich » allant de la Meuse au Niémen. Avec un tel concept largement utilisé par les fascismes il est bien entendu possible de rendre responsable un état français mythique, également hors du droit, de la persécution de juifs pendant la période 1940 1944 et pourquoi pas le peuple français lui-même.

L'écroulement dans notre pays des valeurs républicaines se retrouve jusque dans l'utilisation des mots le «président de la république» est devenu «chef de l'état», par ce glissement sémantique nous sommes passés sans nous en rendre compte d'une république laïque à un état dirigé par un despote.

Il ne faut pas s'étonner après que Nicolas Sarkosy plus Chef de l'Etat que Président de la République se permette de décider de tout et de supplanter les prérogatives républicaines de notre Assemblée Nationale.  Il pense: «l'état c'est moi» exactement comme le pensait Louis XIV. Il dit qu'il est le «patron», comme dans une entreprise commerciale, mais la République Française n'est justement pas une entreprise commerciale dont l'organisation n'obéit pas aux règles démocratiques. La République Française ne peut être que représentée par son Président et non dirigée par un «patron».


Tout ceci est tristement dramatique, à l'heure ou la crise exigerait que des lois s'imposent afin de replacer l'économie sous le contrôle des nations et pour leur service, il nous faudrait plus de république. Ce recule drastique des valeurs républicaines en France, observable dans tous les partis politiques n'augure rien de bon pour l'avenir, il est à craindre qu'il faille repartir de zéro.

 

Cette décision du Conseil d'Etat lourde de conséquence enterrine de fait la mort idéologique et morale de notre république.


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Published by Alain Benajam - dans Actualité
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