Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 18:26

Profil Facebook de Alain Benajam

La Gauche, mythe ou réalité?



Le terme politique de gauche, comme de droite, provient de la disposition des partis et courants politiques dans l'hémicycle du parlement français au début de la troisième république.


Dés 1870, à gauche siégeaient les partisans de la république comme mode de gouvernement pour la France et à droite siégeaient les royalistes. Au début de la troisième république le clivage politique était simple et marqué, républicains contre royalistes. Les républicains étaient à cette époque progressistes c'est à dire qu'ils œuvraient pour un progrès continu de l'humanité dans tous les domaines, que cela concernait la démocratie, l'industrie, la santé, l'éducation les libertés ou même les mœurs. Les royalistes étaient conservateurs c'est à dire qu'ils refusaient le progrès de l'humanité tel que décrit succinctement.


La gauche était républicaine et progressiste.


L'habitude a donc été prise partout, par comparaison avec la disposition du parlement français, dans tous les pays de désigner les progressistes comme étant de gauche et les conservateurs comme étant de droite. Cette façon d'évaluer les opinions politiques est resté peu ou prou identique.


Après ce premier combat politique droite gauche, monarchie contre république, gagné par la gauche, ce fut l'affaire Dreyfus » à partir de 1894. Le capitaine Dreyfus juif alsacien fut accusé faussement d'espionnage par l'état major de l'armée qui était royaliste et gagné à l'antisémitisme. La droite antisémite pris parti contre Dreyfus cette droite fut appelé anti-dreyfusarde tandis que la gauche radicale républicaine dreyfusarde défendit ce capitaine juif. Pourtant toute la gauche ne prit pas parti dans ce premier combat contre l'antisémitisme, puisque l'extrême gauche socialiste de Jules Guesde, qui commençait à exister refusa de défendre Dreyfus arguant que c'était un combat de bourgeois.


Dégradation du capitaine Dreyfus


Avec l'arrivée des socialistes siégeant à gauche dans l'hémicycle le terme évolua de républicain et progressiste en ajoutant un aspect revendicatif, ouvrier et social voir socialiste.


La gauche se retrouva en 1901 avec le gouvernement républicain radical du petit père Combe, sur le combat anticlérical, en effet le pape avait pris position contre la république refusant  ce mode d'organisation d'un état qui, selon lui allait à l'encontre des préceptes de l'église. Ce fut la séparation de l'église et de l'état avec les lois laïcs de 1905. La droite royaliste et cléricale combattit ces lois laïcs. La différenciation droite gauche était fortement marquée à cette époque.


La gauche devint nettement anticléricale.

 



Le Parti Socialiste (SFIO), Section Française de l'Internationale Ouvrière, adhérant à la deuxième internationale fut créé en 1905, ce parti défendit les revendications ouvrières notamment celle de la journée de huit heure.


La gauche devint sociale.

 

Evoquation du massacre de Fourmies contre des ouvriers qui réclamaient la journée de

8 heures


En 1914 chaque parti d'Europe adhérant à cette deuxième internationale socialiste pris fait et cause pour la guerre. Seul Jaurès clama son opposition il fut assassiné. Cette guerre inique fut un holocauste et l'internationale socialiste sombra. A ce moment il n'exista plus en Europe de droite et de gauche tout le monde voulait la guerre.


La gauche n'avait plus de signification.


En 1917 les socialistes prennent le pouvoir en Russie pour arrêter la guerre. Sur ce point le Parti Ouvrier Social Démocrate de Russie se divise, les « Bolchéviks » ou majoritaires pour l'arrêt des hostilités et les « Menchéviks » minoritaire pour continuer. Les Bolchéviks l'emportent et prennent seuls le pouvoir en Russie. Lénine chef de fil des majoritaires « Bolchéviks » créé un autre parti et dans le même temps une autre internationale. Ce nouveau parti socialiste prend le nom de communiste et la nouvelle internationale, 3 ème internationale, prend le nom d'Internationale Communiste. Cette nouvelle internationale prône la création partout en Europe et dans le monde de Partis Communistes organisés selon le précepte léniniste d'une organisation militaire et pyramidale appelé « centralisme démocratique » chaque parti adhérant à l'internationale communiste s'engage à établir dans son pays la dictature du prolétariat sous la direction d'un parti unique.


En 1919 les socialistes toujours unis, avec les radicaux, votent la journée de huit heures, la gauche s'est retrouvée.


En 1920, au congrès de Tour, le parti socialiste français (SFIO) se scinde, une partie sous la direction de Marcel Cachin veut adhérer à la 3 ème internationale communiste, une autre sous la direction de Léon Blum, refuse les préceptes léninistes et veut rester adhérante à la 2 ème internationale.

Le Parti Communiste SFIC (Section Française de l'Internationale Communiste) est donc créé en France à cette date.


La gauche se divise entre partisans et adversaires de l'URSS, partisans et adversaires de la dictature du prolétariat.

Les communistes ne peuvent être républicains puisque le principe de dictature du prolétariat est contradictoire avec le concept républicain d'intérêt général.


Les communistes sont-il de gauche?


Dans les années 30 c'est la montée du fascisme partout en Europe et particulièrement en Italie et en Allemagne. En 1934, l'extrême droite veut prendre le pouvoir en France, elle organise le 6 février 1934 un violent assaut contre l'assemblée nationale. Socialistes et communistes prennent peur et organisent spontanément le 9 février une manifestation commune sévèrement réprimée. Afin de protester contre la répression antifasciste et faire front contre la montée du fascisme en Europe une grande manifestation commune est organisée à Paris le 14 février 1934.


La gauche se retrouve et avec les radicaux va jeter les bases du Front Populaire.


Les communistes poussés ou non par la 3 ème internationale et Moscou prônent alors une large alliance antifasciste incluant les classes moyennes et les libéraux du Parti Radical. Un Programme minimum commun est réalisé entre le Parti Communiste SFIC, le Parti Socialiste SFIO et le Parti Radical, pour: Le Pain, La Paix et la Liberté. Cette coalition de gauche gagne les élections du 26 avril et du 3 mai 1936. De mai à juin 1936, un mouvement de grève se généralise en France et obtient la satisfaction d'un certain nombre de revendications ouvrières dont les congés payés, validés par la majorité de gauche.


La gauche à ce moment est essentiellement antifasciste.


Serment du14 février 1934


Les communistes ne désirent pas participer au gouvernement du Front Populaire.

En Espagne, le Front Populaire également au pouvoir par les élections doit combattre une rébellion militaire et fasciste dirigée par le Général Franco et soutenue par les puissances fascistes. Le gouvernement français de gauche refuse son aide militaire à la jeune république espagnole, c'est la politique de « non intervention ». Celle-ci résiste difficilement face à l'aide militaire massive apportée par l'Allemagne nazi et l'Italie mussolinienne. Les communistes lèvent partout en Europe des troupes de volontaires pour aller combattre le fascisme en Espagne ce sont les brigades internationales, mais en vain.

La coalition du Front Populaire explose. Alors que le combat prioritaire des communistes était la lutte contre le fascisme, Socialistes et Radicaux ne suivent pas. Pire le 29 et 30 septembre 1938 la conférence de Munich doit permettre à Hitler d'annexer les Sudètes, cette province germanophone du sud de la Tchécoslovaquie, l'ensemble des parlementaires français, à l'exception des communistes votent pour cette trahison.


La gauche française a disparu laissant une voie royale au fascisme.

Le socialistes et les radicaux sont-ils encore de gauche à ce moment.


Répondant à cette trahison des puissances occidentales et de la gauche française et la laissant démunie face à l'Allemagne hitlérienne, l'URSS signe avec cette Allemagne un pacte de non agression.

Le Parti Communiste jugé trop proche de Moscou est interdit.


En 1939, après l'invasion de la Pologne par les nazis la guerre contre Hitler ne peut plus être évitée même si la droite française clame haut et fort: « plutôt Hitler que le Front Populaire ».

Forts de cette maxime, les chefs militaires français traditionnellement de droite , combattent on ne peut plus mollement les armées nazis et dans leur masse trahissent en abandonnant le combat au printemps 1940.


Seul un colonel, Charles de Gaulle chef d'un régiment blindé résiste avec succès, il est rapidement promu général puis secrétaire d'Etat à la Guerre, mais il est trop tard, les troupes françaises abandonnées par leurs chefs se débandent.

Les députés français, à l'exception des communistes interdits votent les pleins pouvoir au Maréchal Pétain. Celui-ci s'empresse de signer une armistice aves les nazis et entame une politique de collaboration, la république française est abolie, la gueuse, comme l'appelaient les royalistes est morte beaucoup à droite sont satisfaits.

 



A partir de cette période il n'est plus possible de parler ni de gauche ni de droite.

Ou de Gaulle était-il de gauche ?


Le Général de Gaulle réfugié à Londres à partir de son appel du 18 juin essaye et espère rassembler sous son commandement des militaires patriotes refusant la défaite. Le Général de Gaulle est un homme de droite, comme nombre d'officiers il était membre de l'action française royaliste. Il appela des militaires à venir le rejoindre peu, très peu se présentèrent. Comme il le dit dans ses mémoires j'attendais des militaires je vis venir des « juifs et des barbus ». Cependant il put s'appuyer en Afrique sur un autre officier également membre de l'action française Leclerc de Hautecloque qui organisa une force militaire en Afrique ce furent les Forces Françaises Libre.

Dans la France occupée le Parti Communiste clandestin organisa une force armée de résistance les Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF). La conjonction de ces deux forces militaires efficaces a placé la France parmi les vainqueurs.


La division politique à ce moment entre droite et gauche n'avait plus de sens il n'y avait que des résistants patriotes d'un côté et des collaborateurs de l'autre.

A moins de dire que tous ceux qui défendaient la patrie républicaine étaient de gauche et les collabos fascistes étaient de droite, ça se tient parfaitement!


La résistance communiste, monument aux FTP-MOI du Père Lachaise


Le secrétaire du Général de Gaulle, Jean Moulin, un radical, réussit à convaincre le Général d'unifier la résistance au nazisme et au pétainisme dans une organisation commune ou serait inclus les communistes avec leur organisation militaire ce fut le Conseil National de la Résistance CNR. Puis un gouvernement provisoire fut organisé à Alger composé de toutes les forces politiques non collaborationnistes. L'ex gauche et l'ex droite française se retrouva au sein du CNR et du gouvernement provisoire. Il est vrai que l'influence politique de la gauche et du parti communiste y était prépondérante. Le CNR élabora un programme politique progressiste devant être mis en oeuvre à la libération, comportant la sécurité sociale et le droit de vote des femmes.


Jean Moulin était assurément de gauche mais Leclerc de Hautecloque alors?

 

La république fut rétablie en août 1944 sous le gouvernement provisoire GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française)


Le GPRF décide de procéder le 21 octobre 1945 à un double référendum sur la question des institutions, et à une élection législative. La première question du Référendum doit permettre à la nouvelle Assemblée d'être constituante, les électeurs votent OUI à 96% ; la deuxième question prévoit de limiter les pouvoirs de cette Assemblée, les électeurs votent OUI au deux tiers. Les élections législatives, qui ont lieu le même jour, mettent en avant trois partis principaux : le PCF, le MRP (chrétiens sociaux) et le Parti socialiste SFIO. Ces derniers forment par la suite une force gouvernementale unie, que l'on nommera le tripartisme.


1945 le PCF premier parti de France la gauche est majoritaire

 

De Gaulle en désaccord avec la nouvelle constitution de 1946 démissionne.

La gauche semble pour un temps se recomposer mais pour un temps très court seulement.

A la conférence de Yalta de 1945 les vainqueurs, anglo-saxons et soviétiques s'étaient partagé le monde en zone de domination.

Le gouvernement triparti composé de ministres de gauche communistes et de socialistes va perdurer jusqu'en mai 1947.

Le partage de Yalta et la guerre froide qui suivit partagera également la France et deux camps, partage traversant également la gauche.

D'un côté des communistes qui soutiennent l'URSS, de l'autre les socialistes et les sociaux chrétiens du MRP qui soutiennent les anglo-saxons et sont soutenus par eux (les Radicaux on quasiment disparu du paysage politique français). De Gaulle a créé un parti politique en 1947, le RPF (Rassemblement pour la France) qui est classé à droite.

La gauche n'existera plus en France, l'ex gauche non communiste se mettra au service des anglo-saxons par la vertu du pacte atlantique, cette gauche n'obéira plus qu'aux ordres venus de Londres et de Washington.

Les trotskystes lambertistes de la 4 ème internationale ourdissent avec la CIA une scission au sein de la CGT c'est la création de Force Ouvrière en 1947 qui s'empresse d'adhérer à la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) elle même création de l'AFL CIO organisation des « Trades Union » étasuniens étroitement contrôlées par la CIA. Les socialistes soutiendront ce syndicat anti CGT. Le mouvement syndical français s'en trouvera durablement affaibli.

Troskystes agents de l'impérialisme US, de gauche ou de droite?

Jules Moch, exemple d'un ministre socialiste au service des anglo-saxons et de la droite.

Des grèves dans les charbonnages du Nord, furent déclenchées en octobre 1947 par la CGT en raison d'un retard des salaires sur les prix de plus de 30%, l'inflation étant alors un mal chronique malgré le plan Marshall. Elles furent sévèrement contrées par le ministre de l'Intérieur Jules Moch, qui mobilisa 60 000 CRS et soldats contre les 15 000 grévistes retranchés dans les puits, et imposa la reprise du travail fin novembre. À la faveur de la lassitude des travailleurs et de la division des syndicats, en CGT et FO, la répression fut sévère, avec plus de 2 000 licenciements, cinq morts et de nombreux blessés. Jules Moch crée les inspecteurs généraux de l'administration en mission extraordinaire (Igames), les premiers préfets régionaux. Au ministère de la Défense, il contribue à la modernisation de l'armée, met sur pied la participation française à la guerre de Corée et contribue à la mise en œuvre de l'OTAN.

Les différents gouvernements socialistes régulièrement au pouvoir à partir de 1947 se lanceront dans les guerres coloniales à la demande des anglo-saxons qui craignent que les colonies françaises ne tombent sous influence soviétique en accédant à l'indépendance. C'est la guerre d'Indochine puis la guerre d'Algérie ou les socialistes iront jusqu'à justifier l'emploi de la torture.

Le Parti Communiste quasiment exclusivement se mobilise contre les guerres coloniales et contre la torture en Algérie ( Voir le livre d'Henri Alleg: "La Question " alors secrétaire général du Parti Communiste Algérien)

La faillite de la gauche socialiste est totale jusqu'au gouvernement Guy Mollet contraint en 1958 d'aller rechercher le Général de Gaulle.

Les anglo-saxons font agir leurs réseaux «stay behind» pour remettre en scelle le Général de Gaulle afin que celui-ci puisse continuer avec sucés, l'espèrent-ils, la guerre d'Algérie. Si les socialistes fidèles aux anglo-saxons, sont favorables au retour du Général, les communistes y sont très hostiles.

Cette prise de pouvoir (soutenue par la SFIO) est en principe marquée comme une action de droite.

Pourtant de Gaulle, contrairement à ce qui était attendu de lui, entreprend d'arrêter la guerre d'Algérie et de décoloniser. Après une tentative de putsch dont les anglo-saxons assureront  la logistique et après 40 tentatives de meurtre contre sa personne perpétrées par une organisation, l'OAS, pilotée par les «stay behind» anglo-saxons, de Gaulle entreprend de se détacher résolument la tutelle anglo-saxonne pesant sur la France depuis la signature du Pacte Atlantique.


Un quarteron de généraux (made in USA)


Les soviétiques ne cesseront d'applaudir aux initiatives anti anglo-saxonnes du Général de Gaulle.

Ici va commencer un aspect fort curieux de l'Histoire de France qu'il faudra un jour débrouiller.

Les communistes français, ne vont pas suivre les soviétiques dans leur contentement de voir de Gaulle au pouvoir en France. Ils vont s'attacher à reconstituer une gauche unie, anti gaulliste, ils vont s'attacher à remettre en scelle un parti socialiste moribond, fidèle allié des anglo-saxons et promoteurs d'une organisation européenne voulue par ces anglo-saxons. Dans ce processus d'intégration européenne les nations perdrons leur souveraineté dont la France bien évidemment.

En mai 1968 une extrême gauche venue d'on ne sais ou, entreprend de déstabiliser le pouvoir gaulliste. Dans cette extrême gauche nous trouvons des trotskystes tient la CIA,! Nous trouvons des maoïstes staliniens fortement opposé au PCF et à l'URSS et avec eux une ribambelle de révolutionnaires de salon. Tout ce monde de «communistes» d'opérette se cristalisera dans la critique virulente non seulement du gaullisme mais également du PCF et de l'URSS.


Les socialistes et leurs amis s'entendront au cours d'un fameux meeting au stade Charlety pour enfoncer le clou de l'anticommunisme (au sens anti PCF) commencé par des «gauchistes» venus de nulle part et disparus juste après. Les communistes du PCF qui s'engouffreront par entrainement dans la contestation n'ont rien vu venir, toujours aveuglés par l'histoire du Front Populaire, qu'ils espèrent réitérer. Il est vrais qu'aux accords de Grenelle les salariés obtiendrons quelques avancées notables, mais rien qui puisse faire penser a ce Front Populaire.

 

Mai 68

Piéger les communistes, déstabiliser de Gaulle et faire peur aux français


La «gauche» non communiste à l'œuvre, au service des anglo-saxons contre leurs deux pires ennemis de Gaulle et les communistes.

Si les communistes avaient eu une vision géostratégique du monde et non pas une vision idéologique sectaire, pour suivre leur utopie ils auraient choisi de s'allier avec le Général de Gaulle et la face du monde en aurait été bouleversé. Une gauche véritable républicaine et progressiste aurait pu se constituer. Je reviendrai sur cet aspect dans un autre article.

Les communistes paieront très cher par la suite d'être tombé dans ce piège, ils n'iront plus que de Charybde en Sylla.

Le cadre national souverain permettant l'exercice du pouvoir politique du peuple sur l'économie étant perdu, contre les volontés gaullistes et communistes, l'idéologie de libre échange fera des ravages jusqu'à l'effondrement économique d'aujourd'hui.

Si la gauche, définie d'après ses concepts initiaux de défense de la république et du progrès n'a plus existé en France après 1947, une néo gauche sera reconstituée petit à petit à partir des années 60 par les communistes en fausse gauche ou gauche de patronage, sous l'œil d'abord déconcerté, puis étonné puis amusé, puis encouragé des anglo-saxons.

Chronique d'un désastre.

Au début des années 60, le parti communiste français, en souvenir de ses succès de 1936 et de 1945, entrepris une nouvelle stratégie de prise de pouvoir par la voie électorale. Déjà en 1945 au cours d'une interview au Time, Maurice Thorez explicita « qu'il existait d'autre chemins que ceux choisis par les communistes russes pour construir le socialisme », il sous entendait ainsi qu'il était favorable à une prise de pouvoir par les urnes. La représentation électorale du PCF étant insuffisante, les communistes choisirent une voie intermédiaire pour parvenir à leur fin: le socialisme et au delà le communisme.

Cette voie était une « démocratie avancée ouvrant la voie au socialisme », cette « démocratie avancée » devait être construite en alliance avec le parti socialiste et la gauche en générale afin de pouvoir parvenir à une majorité. Le parti communiste mis au point un programme de gouvernement minimum pouvant être accepté par les socialistes avec ce programme minimum des négociations furent entreprises avec les socialistes et les radicaux en vu d'élaborer un programme commun.

Dans ce programme figurait un certain nombre de nationalisations préfigurant un socialisme en devenir. Le parti socialiste SFIO à la fin des années 60, n'existait pratiquement plus. Aux élections présidentielles de 1969, après la démission de de Gaulle le candidat communiste, Jacques Duclos obtient 21% des voix tandis que le candidat SFIO, Gaston Defferre n'en recueille que 5% et le PSU de Michel Rocard 3%. Le rapport de force au sein d'une gauche était initialement favorable aux communistes.

Le 13 juin 1971 se tient à Epinay un congrès devant unifier ce qui pouvait rester d'une gauche non communiste atomisée. François Mitterrand alors président de la CIR (Convention des Institutions Républicaines) devient le secrétaire général de ce nouveau parti intitulé socialiste sur une ligne politique d'alliance avec les communistes et avec un programme commun de gouvernement.

Ce programme commun de la gauche sera signé le 26 juin 1972 entre communistes, socialistes et radicaux de gauche de Robert Fabre, les radicaux s'étant divisés sur l'opportunité d'une alliance avec le PCF.

Cette alliance est devenue rapidement très populaire parmi les français puisqu'elle ouvrait des perspectives concrètes de changements de gouvernement. Cependant les français perçevaient cette initiative comme étant celle de François Mitterrand et des socialistes et non celle réelle des communistes. A partir de la signature de ce programme, les communistes vont perdre continuellement des voix aux différentes élections et les socialistes en gagner. Les communistes ont ainsi offert un fantastique renouveau aux socialistes et un splendide tremplin à François Mitterrand.

Les français ne perçoivent plus un PCF, un PS et des radicaux différenciés mais une gauche mythique rapidement associée au seul PS avec son symbole: la rose au poing.

François Mitterrand fort de sa gauche mythique avec son « peuple de gauche » pourra gagner les élection de 1981. A partir de 1982 les USA avec son outil la NED CIA entreprendrons de favoriser la bipolarisation politique dans tous les pays sous leur contrôle afin de faciliter leur influence: une à gauche, l'autre à droite mais en France le travail était déjà fait... par les communistes. Ainsi les anglo-saxons ne verront aucun inconvénients à la participation de ministres communistes secondaires au gouvernement français.

Mitterrand savoure sa victoire au Penthéon.

Les communistes sont finis


La gauche au pouvoir en 1981, incluant des communistes déjà en cours de marginalisation, entreprend derechef l'application d'un mini programme commun composé essentiellement de nationalisations. Ces nationalisations sont en fait des étatisations remplaçant les actionnaires privés de quelques entreprises liées à la défense et de quelques banques. Déjà les effets de l'européïsmes aveugle et du début de la mondialisation commencent à se faire sentir, la France se désindustrialise, le chômage augmente et la France commence à s'endetter. Ces nationalisations n'auront évidemment aucun effet, c'est la fin des 30 glorieuses et la crise commence.

Différents gouvernements suivront en 25 ans avec cohabitation gauche droite, avec la gauche seule, avec la droite seule, avec communistes, sans communistes, avec nationalisation puis avec privatisation.

De tout ça: rien de mieux ni des uns ni des autres. De tout ça forcément rien puisque droite et gauche mythique étaient d'accord sur l'essentiel c'est à dire la perte consentie de souveraineté du peuple français sur la France ne lui permettant plus de contrôler l'économie ni d'agir sur elle, comme il avait été fait avec durant la période gaulliste.


Augmentation continuelle de la dette publique de la France depuis 1981


La messe était dite maintenant on paye!

Une gauche mythique remplace aujourd'hui une gauche véritable éteinte depuis 1947.

La gauche issue du programme commun ne sera plus désormais une gauche politique liée à des partis ou issue d'analyses politiques ou de prises de positions fortes venant de combats périlleux, comme pouvaient l'être à la fin du 19 ème siècle la lutte pour la république, pour la laïcités contre l'antisémitisme, puis au début du 20 ème contre la guerre, pour des lois sociales, contre le fascisme, contre la collaboration, puis à partir de 1945 contre l'impérialisme, le colonialisme et le racisme.

Il n'y aura plus qu'un «peuple de gauche » se ralliant à quelques mythes construits avec quelques souvenirs du passé ou à quelques concepts vidés de leur sens n'étant plus que des mots modes ou l'attitude de « gauche » n'est plus qu'une somme de « bons sentiments » propres à procurer une satisfaction de soi.

Je publierai dans quelques jours, sous l'intitulé : «La Gauche de Patronage» une critique de ces concepts détournés et de ces erreurs sémantiques de  notre néo gauche de salon qui a pleinement participé à placer la France dans la crise actuelle.


Dans l'attente:

Faite voter comme je le fais moi-même pour les listes de « Debout La République » au prochaines élections européennes.



 


 

Partager cet article

Repost 0
Published by Alain Benajam - dans Histoire
commenter cet article

commentaires