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"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par la crédulité publique."

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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 18:41

Les « ismes » de la langue de bois

 

Capitalisme.

 

Terme inventé par Karl Marx pour décrire un état socio-économique existant depuis le 13e siècle. Ainsi Marx découvrit le Capitalisme comme Christophe Colombes découvrit l’Amérique.

Cet état socio-économique est celui du rapport entre la marchandise, l’argent et le travail. Ce rapport est marqué par des tendances et des contradictions que Marx décrit dans son maître ouvrage « Le Capital ». Marx conclu que les contradictions du Capitalisme trouveront une résolution dans sa fin qu’il pressentait prochaine.

Les tendances et contradictions du capitalisme sont pourtant réelles et bien lourdes à porter.

Baisse continuelle de la valeur des marchandises produites, baisse du taux de profit, paupérisation des salariés donc des consommateurs donc des marchés, concurrence insupportable entraînant des fusions pour l’amoindrir, tendance monopoliste et impérialiste s’opposant à son dynamisme novateur originel. Si les dites tendances et contradictions devaient aboutir rapidement comme prévu, il est certain que ce Capitalisme aurait disparu avant même que  Marx n’ait pu l’étudier. Mais il persiste !

Le Capitalisme à l’origine décrit comme étant seulement un état des choses, s’est transformé par la grâce de ceux qui pense que cet état est trop lourd à porter, en idéologie politique, en intention, ce « capitalisme » serait incarné, il y aurait un complot capitaliste. Avec cette incarnation supposée vient la facilité du combat le plus efficace qui soit, le combat moral, il n’est pas bien du tout d’être capitaliste.  Le Capitaliste supposé se trouve paré de péchés très graves. Il aime l’argent, il vole le temps, il jouit et tous autres choses aussi salaces. L’église a fermement condamné le capitalisme dès son apparition. Les marchands, (avant Marx les capitalistes s’appelaient marchands) étaient souvent excommuniés, ce n’était pas une activité de chrétien. Les juifs pouvaient assurer cet office jugé quand même nécessaire. Le Juif capitaliste a même vendu le fils de Dieu c’est dire s’il est méchant. Ainsi Juifs et Capitalistes seront longtemps unis dans la vindicte populaire. Cette association sera avantageusement utilisée par d’autres « ismes ». Les termes « capitalisme » et « capitalistes » ne sont utilisés que par l’idéologie de gauche. L’idéologie de droite ignore l’existence du capitalisme, pure invention  marxiste. L’idéologie de droite utilise un autre terme plus avenant pour décrire la même chose,  « Libéralisme ».

 

 

Libéralisme.

 

Contrairement au  « capitalisme » qui désigne à son origine un état de chose, le libéralisme désigne une idéologie politique. Celle-ci est apparue en Angleterre au 18e siècle. Elle se propose d’assurer le maximum de libertés pour le maximum d’individus. L’action politique du libéralisme se déploie dans deux directions. Les libertés individuelles par la propre jouissance de son corps « habeas corpus », et la liberté d’entreprendre. Ce libéralisme est le moteur idéologique de la lutte des bourgeois contre l’ancien régime. Le libéralisme historique apparaît selon trois traditions : une tradition britannique la première, une tradition républicaine américaine qui engendre la révolution d’indépendance, puis la tradition française, républicaine et laïque. L’ensemble des traditions libérales emprunte beaucoup au libéralisme britannique. Si le libéralisme propose que tout un chacun dispose d’un maximum  de liberté, il définit un régulateur social pour que cet exercice de la liberté ne se traduise pas par la loi du plus fort. Dans le monde anglo-saxon ce régulateur serait plutôt la morale, la religion. Dans le libéralisme de tradition française le régulateur serait plutôt la loi élaborée par les citoyens établissant entre eux un contrat social. Si dans le monde anglo-saxon le contrat social serait plus de nature implicite, dans le monde français, il devrait être exclusivement explicite. Ainsi la République française ne reconnaît aucune autre coalition que celle formée par l’ensemble des citoyens, elle dénie toute intention inférée par l’existence d’un groupe pseudo-ethnique ou social. Pour la République libérale de tradition française le « Capitaliste » en tant que groupe ethnique n’existe pas.

Si à son origine le libéralisme politique était classé à gauche à partir du milieu du 19e siècle, en fait dés l’apparition des idées socialistes il fut relégué à droite. En effet au moment ou les idées « marxistes », socialistes ou communistes, veulent entraîner le peuple dans le combat contre le « capitalisme », le combat pour la liberté qui marqua profondément l’action des républicains du 18e siècle n’apparaît plus à gauche comme le combat principal. Dés lors la gauche ne combat plus que pour assurer le pouvoir d’une classe sociale contre une autre. Ainsi la droite peut facilement reprendre à son compte le combat pour les libertés individuelles. Dans la lutte idéologique l’opposant au « marxisme » elle qualifie de « libérale » le type de société que la gauche qualifie de « capitaliste ». Au 20e siècle, la gauche, dominée idéologiquement par le Parti Communiste et l’URSS n’a plus la Liberté dans ses objectifs politiques, elle entérine sans état d’âme la définition de son ennemie, pour elle, effectivement la société « capitaliste » est identique à la société «libérale». Capitalisme état social de fait et Libéralisme, intention politique, s’unissent dans la conscience populaire. La gauche combat maintenant ouvertement le Libéralisme et les libertés individuelles. Après que les idées socialistes aient engendré l’URSS, le combat de la gauche contre le Libéralisme consacre définitivement sa défaite idéologique.

 

 

Les extrêmes « ismes » fâcheux et fachos.

 

Il est claire que la société marchande, capitaliste, libérale, monétaire, de consommation, etc., chacun peut l’appeler comme il l’entend, n’est pas tendre. Il est clair que tirer son épingle du jeu dans cet épouvantable chaos n’est pas facile. Il est clair que le monde vit dangereusement dans son développement explosif.

Pour un « capitaliste », être confronté perpétuellement à des concurrents est rageant, être confronté continuellement a des salariés qui réclament toujours plus est énervant, être en but à des grèves est consternant, avoir la faillite comme horizon possible est déprimant. Pourquoi ne pas inventer un ordre social ou tous ces inconvénients auraient disparus ? Bill Gates y est bien arrivé lui ! Une seule entreprise,  plus de salariés mais  des esclaves, un seul pouvoir.  Ein Reich, Ein Volks, Ein Führer  et plus d’emmerdes !  J’efface !

Pour un salarié, avoir un patron est stressant, se battre pour son salaire est fatigant, craindre le licenciement est déprimant. Et toujours l’innovation et toujours réfléchir,  construire, changer si non disparaître, prolétaires de tous les pays unissons nous et qu’on en finisse ! J’efface !  

Les effaceurs arrivent avec les « ismes » fâcheux, fascisme, nazisme, socialisme, communisme. Que peuvent avoir de commun ces « ismes » fâcheux se présentant pourtant comme les pires ennemis ?

Ils effacent ce qui pose  problème, c’est à dire la négociation du contrat social ils en suppriment les éléments qui les gênent. L’adversaire est trop dur, on organise sa disparition, on aura plus à négocier, fini la lutte des classes.

 

Fascisme et nazisme viennent de droite.

But recherché.

Supprimer la grève en supprimant les syndicats et l’organisation politique des salariés, concentrer l’économie aux mains d’une minorité docile à un Etat centralisé, réguler voir supprimer la concurrence en organisant des cartels. Organiser un égalitarisme par le bas afin de diminuer les salaires, préserver une élite sociale nomenclaturée pour défendre le régime et si possible créer un corps d’esclaves non rémunérables formé par les opposants.

Moyen.

Désigner un ennemi à combattre suffisamment diabolique pour le peuple, les judéo-communistes afin que pour le préserver, un pouvoir fort et centralisé apparaisse nécessaire. Dans ce combat unir le peuple avec une idéologie transcendantale imposant une organisation totalitaire de la société pour générer des comportements conformes.

L’ennemi doit être diabolisé en faisant appel aux fantasmes les plus profondément ancrés des mythes populaires. Les Juifs maîtres de l’argent, les ploutocrates saigneurs du peuple, les capitalistes apatrides, les allogènes travaillant pour l’étranger sont des ennemis efficaces, surtout quand on arrive à concentrer toutes ces horreurs sur un seul, le Juif. La référence ethnique est ici largement explicitée.

On peut quand même distinguer  différents types de fascismes plus ou moins horribles car ne parvenant pas tous à imposer une organisation totalitaire. Il n’est pas facile d’unifier totalement une idéologie avec l’ensemble du corps social. Par exemple les fascismes méditerranéens moins ethniques ne pourront rivaliser avec le nazisme allemand organisateur de l’holocauste. Il est important de discerner cette différence car ces deux types de fascismes furent qualitativement très différents. Les Juifs français  iront se protéger du régime de Vichy en Italie fasciste et en Espagne Franquiste.  

 

Socialisme et communisme viennent de gauche.

 

But recherché.

Supprimer le patronat, et la marchandise, concentrer l’économie au sein d’un Etat centralisé, organiser un égalitarisme de bas niveau afin de supprimer toute concurrence entre individu. Préserver une élite sociale nomenclaturée pour défendre le régime et si possible créer un corps d’esclaves non rémunérable formé par les opposants.

 

Moyen.

Désigner un ennemi à combattre suffisamment diabolique pour le peuple, les capitalistes fachistes, ainsi justifier un pouvoir fort et centralisé.

Unir le peuple avec une idéologie transcendantale imposant une organisation totalitaire de la société pour générer des comportements conformes.

L’ennemi doit être diabolisé en faisant appel aux fantasmes les plus profondément ancrés des mythes populaires. Les maîtres de l’argent, les ploutocrates saigneurs du peuple, les capitalistes apatrides.  Aucune référence ethnique n’est explicitée, pourtant elle apparaît souvent comme implicite,  elle apparaîtra clairement chez les socialistes français du 19e siècle et en URSS.

Les « ismes » fâcheux cherchent à instrumentaliser les comportements horribles de l’autre, (c’est facile), afin de justifier des restrictions de liberté, GPU contre Gestapo, Livre Noir du Communisme contre Holocauste. Pas de libertés pour les ennemis de la Liberté ! Un Etat fort et coercitif s’impose donc pour se préserver, la sécurité avant tout.

 

Les « ismes » fâcheux ont en commun de vouloir restreindre la dynamique chaotique de l’argent et de la marchandise en cherchant à amputer certains éléments. Ce faisant ils font retomber l’anthalpie  ordonnatrice en entropie amorphe. Ils refroidissent le chaos sociale en ordre glacé et bien sure cela ne marche jamais, mais que d’horreurs !

 

Cependant, il faut  être juste on ne peut raisonnablement vouer aux mêmes gémonies fascistes et communistes car leurs intentions sont différentes. Les fascistes ont de mauvaises intentions, ils sont inhumains,  racistes, xénophobes et élitistes. Les communistes eux n’ont que de bonnes intentions, celles dont l’enfer est pavé. Ils défendent les opprimés, les sans papiers, les mal-logés, ils sont humains et sympathiques, quand ils n’ont pas le pouvoir. Alors, ne serait ce que l’intention qui soit pernicieuse ?   Les Républicains de 93 ont engendrés la Terreur en qualifiant ethniquement la noblesse pour l’éliminer physiquement et ainsi perpétrer un génocide en toute conscience.  

 

L’histoire nous montre en effet sans conteste que l’intention est fâcheuse. Créer une utopie de toute pièce, ce n’est pas grave, mais vouloir la réaliser, voilà le drame ! Elle ne correspond jamais avec l’état de la société du moment.

 

Les libéraux ne peuvent vouloir réaliser des utopies, leur attitude ne peut être que la défense des libertés, celles qui laisse le chaos social établir par lui-même l’ordre convenable. Observez, cela marche toujours de la sorte !

 

 

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Published by Alain Benajam - dans Analyses
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