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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:33

Empires et féodalités

L’organisation des sociétés est régie, comme l’ensemble des activités humaines, par des  idéologies  elles mêmes issues de pratiques passées. Ainsi, l’organisation des Etats modernes semble obéir à deux tendances provenant d’organisations anciennes, une tendance impériale ou une tendance féodale.

Par exemple le système impérial a disparu en Russie seulement en 1992, il  perdure en Chine bien qu’étant sur le point de disparaître. Il a totalement disparu en Europe occidentale au 10 me siècle.  Il n’a jamais existé, dans les îles britanniques et les pays scandinaves. La culture sociale  anglo-saxonne comparée à celle de la  Russie ou de la Chine comporte des caractéristiques d’évidence. Par contre, le mode d’organisation japonais comporte, lui, des similitudes avec l’Occident, car le système féodal s’y est perpétué jusqu’au 19 me siècle. Ces différences culturelles se calquent à la fois sur des différences de niveaux de vie et sur la répartition du pseudo-« communisme  », en fait de l’étatisme. Est-ce un hasard ?

Le système impérial est l’aboutissement de la logique étatique. L’ Etat est devenu puissant et centralisé,  il est accompagné d’une superstructure idéologique toute aussi puissante étayant sa légitimité. Cette superstructure présente un caractère religieux ou dogmatique. Les lois sont  complexes, (droit romain, droit napoléonien, Coran ), la  police et l’armée sont omnipotentes.

La production est organisée en de vastes domaines autarciques avec de grandes concentrations de  travailleurs esclaves ou à liberté restreinte, latifundia, combinats etc. 

L’Etat devient totalitaire, il offre aux sujets une conception du monde transcendantale et sécuritaire.

L’organisation sociale est pyramidale. L’organisation politique est soumise au clientélisme et au népotisme, les Russes ont inventé le terme de «nomenklatura », pour désigner une aristocratie (qui n’est pas une noblesse), il ne peut exister de démocratie. La sécurité est assurée pour tous ( sauf  les déviants qui sont sévèrement punis), la cohésion sociale des « normaux » est souvent maintenue par le rejet collectif et mystique des « déviants »  perpétuellement dénoncés, les juifs ou les homosexuels font souvent l’affaire. Il n’y a pas de pègre ni de mafias. L’individu ou les communautés d’individus ne peuvent prendre d’initiatives, ils n’ont pas de place dans le système. Le système impérial est efficace dans l’exécution de travaux monumentaux, il est efficace dans l’exploitation par la contrainte d’autres peuples qu’il soumet. Le système impérial peut mobiliser de grandes quantités d’individus, il est stable, non dynamique non inventif et peut durer sans modification, il se termine par un effondrement soudain et irrémédiable. La société impériale déstructurée se transforme rapidement en sociétés féodales ou les ex-nomenklaturistes travaillant pour leur propre compte deviennent les « châtelains » féodaux de la nouvelle organisation. 

Dans l’économie impériale, la monnaie est peu utilisée et la marchandise joue un rôle social faible, il y a peut d’échanges. L’idéologie sociale est marquée par l’égalitarisme de bas niveau et la soumission. Le pseudo- «communisme » a put facilement s’établir sur les empires et les remplacer sans les modifier.

Le système féodal est lui caractérisé par un Etat faible ou absent, au 10 et 11 me siècle en Occident, il n’y avait pas d’Etat, comme à l’Ouest des USA à la fin du 19 me siècle.  Il n’y a pas ou peu de lois écrites mais des coutumes transmises oralement. L’aire sociale est divisée en communautés fermées, ces communautés peuvent être dominées par des seigneurs  tyrans ou autogérées de façon démocratique. Ce qui caractérise le monde féodal est l’extrême diversité des situations d’une communauté à une autre.

La production est assurée par des hommes libres, mais le plus souvent liés à la communauté à laquelle ils appartiennent et qui les assujetti. La sécurité ne peut exister que dans la communauté, c’est une solidarité,  l’insécurité est la règle pour tous hors de cette communauté, faibles ou puissants. Le pouvoir est assuré au niveau de chaque communauté par celui qui l’a pris, par la force, la richesse, l’association, ces pouvoirs peuvent former une noblesse (et non une aristocratie). Les mafias ou pègres forment des communautés comme les autres, elles sont puissantes et bien tolérées. Il n’y a pas de légitimité transcendantale d’un pouvoir d’Etat, bien que chaque communauté tente toujours d’en établir une a son niveau. Le pouvoir de l’Etat est perpétuellement combattu par des communautés qui peuvent devenir sectaires.

L’ensemble des communautés d’une aire féodale peut être fédéré par une idéologie commune et superstructurelle induisant une coercition, plus morale que physique. Les déviants peuvent former une communauté qui s’inscrit dans l’aire féodale et peut se défendre ainsi contre les autres. La déviance n’est en fait qu’intra-communautaire. L’ensemble des communautés féodales peut être représenté par un chef (roi) qui a peu de pouvoirs, ce chef (roi) est le plus souvent le chef de la communauté la plus puissante, une République peut fédérer les communautés en lieu et place d’un roi, mais cela ne change rien au système, comme  les Républiques urbaines italiennes ou allemandes du moyen âge. Il peut être établi une hiérarchie de communautés, sans qu’un système pyramidal, légitime puisse perdurer. Des contrats moraux ou écrits règlent les rapports de vassalité  entre les individus et les communautés. Le droit écrit, quand il existe ainsi que la coercition publique doit seulement permettre l’observation des contrats. Le système est mouvant au rythme des guerres entre communautés, des disparitions ou apparitions. L’économie est monétaire et fortement marchande, chaque communauté est également une entreprise marchande. Les communautés communiquent en réseau. L’ensemble féodal est fortement dynamique il est soumis à des avancées soudaines et des crises profondes voir dramatiques. La population française a triplé entre le 12me et 13me siècle et diminuée de moitié au 14 et 15me siècles.

L’idéologie sociale est marquée à la fois par l’individualisme, la valorisation de l’initiative et de la force ainsi que par la solidarité communautaire. Le capitalisme ne peut se développer que sur des systèmes  féodaux et non impériaux.

 

Quelques éléments historiques.

Les empires se sont développés essentiellement à la périphérie sud-ouest, sud et sud-est des plaines d’Asie centrale. Empires romains, grecques, égyptien, perse, indien, chinois. Ces Empires  sont la continuité des Etats formés en  syncrétisme entre d’anciennes civilisations néolithiques sédentaires et la civilisation préhistorique pastorale et guerrière d’Asie centrale, représentée par les Kourganes et dite Indo-européenne.

Ces Etats impériaux sont caractérisés par un mode de production et d’exploitation, qui est celui du domaine.

Le domaine en latin « familiae » est un territoire possédé individuellement par un propriétaire, en latin « dominus ». Sur ce territoire, possession d’un seul homme vit une multitude d’individus soumis à ce propriétaire ils sont les dominés.

A l’origine, le domaine est totalement autarcique, il produit tout ce dont il a besoin, nourriture, outils, armes, et vêtements, spécialité du gynécée. Le commerce, très faible, est le plus souvent réalisé par échange et ne concerne que des produits de luxe à l’usage du propriétaire.

Le domaine antique est un véritable Etat avec ses propres lois et sa religion. L’association des domaines formera des cités-état, réunions de propriétaires pouvant être associés en République puis l’association de cités, formeront des empires.

 L’extension de l’empire romain dans la partie Nord occidentale de l’Europe est tardive et brève, elle s’applique à des populations qui ne l’ont pas « inventé », comme les Celtes (Gaulois), cependant il ne pourra que marquer. Alors que l’empire romain est balayé par les Germains au 5 me siècle il perdure sur ses bases de départ culturel, en Grèce et dans le sud de l’Italie. L’empire gréco-byzentin, étend alors son influence en Russie et l’impérialisme arabo-musulman s’établit sur le flan sud de l’empire romain.  Les périodes mérovingiennes et carolingiennes sont des périodes de transition historiques vacillantes entre un empire-état voulant à tout moment resurgir et la pesanteur sociologique germanique foncièrement hostile à ce type d’organisation.

 

D’autres civilisations provenant des empires antiques se conserveront ou établiront de nouveau systèmes impériaux. L’empire byzantin issu de l’empire gréco-romain  génère l’empire russe, puis influence l’impérialisme arabo-musulman, en lui laissant la place. Celui-ci va créer de vastes empires parfois liés parfois ennemis. Empire arabo-persique, empire arabo-égyptien, empire indo-mogol, empire arabo-berbère en Afrique du Nord et en Espagne, empire ottoman. L’empire chinois échappera à l’emprise musulmane, peut-être grâce aux Mongoles nomades dont les occidentaux verront des alliés potentiels. Toutes ces zones vont ignorer la révolution féodale du 10 me siècle et capitaliste du 13 me, elles conserveront parfois jusqu’à nos jours un mode de production domanial évoluant en latifundia (aciendas)

L’Europe occidentale délaissera  peu à peu le système impérial, entre le 5me et 10me siècle pour se recentrer sur ses bases germaniques, en abandonnant la Méditerranée à l’impérialisme arabo-musulman. Au 10 me siècle surgit la révolution féodale.

Il s’agit bien d’une révolution, car contrairement au système impérial, l’initiative individuelle ou communautaire deviendra la base de l’organisation sociale, entraînant la disparition de l’Etat antique.

Il est possible de considérer le système féodal comme un syncrétisme entre l’organisation sociale germanique fortement communautaire, solidaire et non territorial et l’organisation domaniale gallo-romaine dégénérant en villas et toujours ancrée sur le sol et la propriété.

Les causes exactes de l’apparition du système féodal restent encore inexpliquées. Cette apparition est cependant marquée par deux types d’événements. D’une part l’effondrement de l’empire carolingien qui, du fait de son étendue et des successions de type germanique avec partage, sombre dans la division. D’autre part, les vagues successives d’envahisseurs, (Vikings, Magyars, Maures) affectant l’Europe occidentale et obligeant les habitants de prendre eux-mêmes l’initiative de la défense. 

Charlemagne avait lui-même commencé à atomiser l’Empire en instituant une fonction comtale héréditaire. Il avait aussi modifié l’organisation militaire mérovingienne qui était constituée par le rassemblement de tous les Francs ou hommes libres. Au temps mérovingien l’armée, l’ost, était hétéroclite, les Francs venaient combattre selon leur bon vouloir, à pied pour les plus pauvres, à cheval pour les riches. Charlemagne ne convoqua plus pour l’ost que les Francs pouvant combattre à cheval, afin d’assurer la plus grande mobilité à son armée. Il se format une classe d’homme de guerre permanent combattant exclusivement à cheval, les chevaliers. Les hommes de guerre, sous la pression des envahisseurs délaissèrent l’ost royal et s’établirent localement derrières des fortifications de fortune. Les villas furent abandonnées, les habitants se réfugièrent sur les hauteurs. En plaine, des mottes de terres furent érigées et des tours de bois construites sur ces mottes.

Sur le plan économique, les grands domaines, indéfendables se déstructurèrent. L’organisation impériale de l’Etat s’écroula, les impôts ne furent plus collectés, chacun s’organisa à sa guise au niveau local sous l’emprise des plus forts. L’organisation économique et sociale s’établit principalement de trois manières et sous trois emprises, non exhaustives, en fait, il en existe de multiples.

Une emprise seigneuriale, une emprise cléricale, une emprise urbaine.

L’emprise seigneuriale.

Le domaine carolingien commençait déjà à se diviser, des fermes ou manses étaient accordés à des couples de paysans, libres ou non, chaque manse devant une redevance en nature au propriétaire. La distinction libre, non libre devint de plus en plus difficile à discerner, des couples mixtes se formèrent. Les exploitants des manses sont tous appelés « servus » cerfs. Les esclaves sont rapidement affranchis, la distinction au sein du servage devenant inutile. Les serfs sont libres d’exploiter leur ferme comme ils l’entendent, à condition de payer le tribut  convenu, et d’effectuer des corvées sur les terres du seigneur.  La partition territoriale des domaines se modifie. Le roi ou l’empereur, accorde des terres à ses soldats, principalement dans les vastes domaines appartenant à l’église. Des terres nouvelles sont défrichées, la classe seigneuriale peut s’agrandir avec les plus forts.  Les guerres, la désorganisation de l’ordre ancien, l’anéantissement de certains domaines par les envahisseurs, permet aux plus entreprenants d’émerger. La force au combat et la capacité à se fortifier devient la caractéristique primordiale d’accès a la classe seigneuriale possédante. Cette classe remplace les propriétaires domaniaux dont la possession n’était basée que sur l’héritage.  Le seigneur, nouveau propriétaire foncier, doit s’organiser militairement au niveau local pour défendre son bien contre tous types d’envahisseurs, seigneurs voisin, Vikings, Sarrasins. Il se doit de recruter des hommes d’armes. En contre partie du service militaire accordé par la recrue, le seigneur lui offre une terre afin qu’il puisse avoir les moyens de s’équiper. Un véritable contrat est passé entre suzerain et vassal ou le service est échangé contre la terre et la protection.. Outre l’usufruit de la terre accordée, le suzerain transfert pour cette terre son pouvoir de ban au vassal, (droit de punir et de contraindre). Le vassal peut lui même recruter d’autres vassaux, il peut devenir vassal de plusieurs suzerains. L’atomisation des pouvoirs et des possessions devient extrême.  

Le seigneur, suzerain premier possédant, est assisté au combat par ses vassaux usufruitiers des terres seigneuriales accordées. Le territoire est partagé par une multitude d’armées locales qui guerroient entre elles, conquièrent de nouvelles terres prises aux adversaires, les conquêtes sont accordées à de nouveaux vassaux, de véritables principautés se forment.  Seule la convocation à l’ost par le roi ou l’Empereur permet une certaine trêve des combats privés.  L’accession à la classe militaire chevaleresque est possible, pour les hommes libres ou les esclaves, remarqués au combat. Une classe sociale se crée, militaire et propriétaire, la noblesse, le domaine clos disparaît au profit de la châtellenie. 

L’emprise cléricale.

L’église est l’héritière directe de l’empire romain, elle en conserve la culture et l’idéologie. Cependant elle s’adapte rapidement aux nouveaux maîtres germains et à leur conception du monde fondamentalement différente de celle qui prévalait sous l’empire. En fait, elle subit et tente de réguler les excès germaniques: polygamies, guerres privées, meurtres, ordalie (combat rituel ou jugement de dieux), mais également relative liberté des femmes, naturalisme, paganisme, etc... L’église mettra plusieurs siècles à imposer son ordre moral. Cependant cette église sera un élément fédérateur de l’occident, la superstructure minimum sans laquelle le système n’aurait pu tenir, c’est un empire fantôme. L’église, si elle possède la culture et le savoir, est également la première propriétaire terrienne elle exploite ses domaines strictement comme un propriétaire laïque. C’est une communauté féodale au même titre qu’une autre et particulièrement dynamique dans l’application de technologie nouvelle et dans le travail agricole.

L’emprise urbaine.

Aux temps mérovingiens et carolingiens, du 5 me au 10 me siècle les villes, d’origines romaines, sont quasiment abandonnées, seul subsiste le siège de l’évêque représentant du pape selon l’ancienne hiérarchie impériale. Avec les invasions, ces villes se repeuplent en devenant des refuges, car elles  sont ceinturées de  remparts. Les villes seront habitées par des populations en marge de l’exploitation seigneuriale, les artisans. Face  à la précarité,  les artisans se regroupent en organisations communautaires sous la protection d’un Saint Patron. Ces organisations ou ghildes sont à la fois des communautés religieuses, des communautés d’entre aide sociale, et des organisations professionnelles, on les appelle les métiers jurés, elles seront appelées plus tard corporations. Ces ghildes, organisations religieuses s’organisent d’abord avec la bienveillance de l’Evêque, seigneur citadin exerçant les pouvoirs du ban. Par la suite, elles prendront en maintes cités le pouvoir aux Evêques, elles établiront des organisations plus ou moins démocratiques ou oligarchiques appelées communes, dans certains cas elles exerceront le ban y compris sur les campagnes avoisinantes. Les ghildes favoriseront l’émergence des sociétés capitalistes par action, dès le début du 13 me siècle, les compagnies. Certaines communes prendront le nom de République.

Des milices urbaines assurent la défense des villes, leur organisation est à la fois démocratique et réellement efficaces. Les milices flamandes battent et massacrent la chevalerie Française à la bataille de Courtrai (1302), bataille dite des mille éperons d’or, car cette quantité d’éperons prise sur les nobles français morts orneront longtemps le beffroi. Le système féodal se répand dans toute la chrétienté romaine et seulement dans la chrétienté romaine à partir du 10 me siècle. Ce système est caractérisé par une extrême atomisation des pouvoirs et une extrême diversité des modes d’exercice de ce pouvoir. Du pouvoir seigneurial parfois tyrannique au pouvoir parlementaire citadin parfois démocratique, l’air de la ville rend libre disait-on. Il est également caractérisé par un communautarisme avoisinant le sectarisme. Le système féodal prendra des formes néanmoins différentes, selon qu’il se situe sous influence de l’empire « romain germanique », sous l’influence du roi de France, ou du roi d’Angleterre.

Dans l’Empire au 10me siècle, actuellement, l’est de la France ( frontière, Meuse Saône, Rhône), la Belgique ( Hainaut), la Hollande, l’ouest de l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Tchéquie, et l’Italie du Nord, jusqu’à Rome, le féodalisme y est le plus atomisé, le pouvoir seigneurial chevaleresque, faible, le pouvoir citadin puissant, et ce jusqu’au 19me siècle. L’Empire constitue un Etat faible et embryonnaire, la fonction impériale, plus honorifique qu’effective devient élective. L’Empire est caractérisé par le pouvoir des villes et des bourgeois capitalistes. L’atomisation allemande induira le fédéralisme et en Italie, l’opposition Nord Sud issue de deux civilisations différentes durera encore certainement des siècles. Le Saint Empire Romain Germanique ne sera impérial que de nom.

C’est dans les royaumes de France, de Navarre et d’Aragon que  la féodalité militaire chevaleresque  est la plus forte,  car la guerre y est permanente avec la guerre de 100 ans et la « reconquista ». Le pouvoir bourgeois capitaliste est le plus faible, exception faite des Flandres drapantes, ( Flandre française et Belge actuelle) qui seront en opposition permanente avec le royaume ( bataille de Courtrai) et fortement liés à l’Italie du Nord capitaliste et à l’Angleterre fournissant la laine, matière première des draps. Le pouvoir de l’Etat est inexistant aux 10 et 11me siècle. Les rois de France feront beaucoup d’efforts pour développer des institutions étatiques, sous Philippe le Bel, Charles 5, 6 et 7 puis Louis 11 en s’opposant systématiquement aux diverses féodalités, seigneurs, église papale, parlements citadins, confréries, judaïsme.  Les rois de France, contestés, par l’Empereur, battu à Bouvine par Philippe Auguste en 1214, et contestés par les Anglais, boutés hors de France sous Charles 7,  développeront une mystique nationaliste et religieuse du pouvoir . Le reste de l’Europe se moquera longtemps des sujets du royaume de France vivant en tyrannie. L’Etat devient totalitaire sous Louis 14. La France est certainement le premier Etat-Nation européen, ouvrant ainsi la voie aux idées  jacobines.
En Angleterre, la féodalité militaire chevaleresque est essentiellement d’origine continentale. Richard Coeur de Lion n’ira pratiquement jamais dans l’ Ile. Les seigneurs militaires sont absents, occupés à guerroyer sur le continent. Un Etat se forme, plus gestionnaire qu’absolu influencé par les bourgeois urbains et leurs parlements, les préoccupations économiques deviennent essentielles. Les libertés individuelles seront plus développées qu’ailleurs avec un communautarisme moins sectaire, ce qui mènera à la proclamation de l’Habeas Corpus, à l’exercice du parlementarisme, de la démocratie et des partis politiques. 

Le système féodal européen enfantera la première révolution industrielle et le capitalisme . Ce type d’organisation sociale et les mentalités qu’il a induite, pouvoir de l’individu ou de ses communautés, état faible, « communisme phalenstérique », marque profondément et marquera encore durablement l’ensemble de la planète ou il s’est complètement répandu. Il s’oppose à l’organisation sociale et aux mentalités directement issues des sociétés impériales domaniales, pouvoir central de l’Etat, soumission des esclaves, sécurité et irresponsabilité ayant été propice à l’établissement provisoire, du « communisme politique », comme une ultime réaction de rejet.

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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commentaires

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