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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:22

 L’Entreprise

 

Une entreprise est un groupe d'hommes, réunis pendant la majeure partie de son  temps d'activité, pour accomplir des tâches ayant pour but la réalisation de marchandises.

Une marchandise n’existe que consommée, c’est à dire échangée contre de la monnaie. Cette marchandise elle doit satisfaire un éventuel client afin d'obtenir de sa part l’acte d’achat.

L'entreprise doit pratiquer un ensemble de méthodes nécessaires à la réalisation d'un produit permettant, non seulement un usage par un consommateur mais également possédant une qualité qui le rendra susceptible d'être préféré à des produits similaires et ce pour des coûts de fabrication identiques voir inférieurs.

Cette marchandise, doit dégager un bénéfice tel que l'entreprise pourra présenter annuellement un bilan financier positif. Telle est la règle pour toute entreprise marchande dans une société marchande.

 

Les méthodes utilisées, incarnées par les membres d'une entreprise conduiront ou non au succès les produits vendus, conduiront ou non au succès l'entreprise elle-même.

Les lois du marché, en interaction  avec le monde de l'entreprise, modifient en permanence les conditions, d'exploitation. Des tendances animent perpétuellement l'entreprise et posent une problématique sans cesse à résoudre.

Certaines affirmations de Marx, débarrassée de leurs enjeux politiques passés peuvent  permettre de mieux comprendre les mouvements qui animent les entreprises.

Deux lois tendancielles importantes, illustrent la problématique fondamentale à laquelle toute entreprise est confrontée.

Ce que Marx appelle la loi de la baisse tendancielle du taux de profit et ce que Marx appelle la recherche de la plus-value extra.

 

La concurrence  amène les entreprises à faire évoluer leurs produits dans deux directions.

 

1 - la baisse du prix de vente

2 - l'amélioration de la qualité

 

Ces deux tendances sont contradictoires, l'amélioration de la qualité nécessiterait en apparence de passer plus de temps à la fabrication du produit, ce qui amènerait son renchérissement. D'un autre côté abaisser le prix de vente c'est, soit diminuer la marge, soit fabriquer plus vite. Pour le deuxième cas au risque de faire baisser la qualité.

La solution réside dans l'utilisation de nouvelles méthodes de fabrication permettant de concilier cette contradiction, fabriquer plus vite et  mieux.

 

En générale ces nouvelles méthodes consistent à :

-  accélérer les processus, en palliant la lenteur des procédures manuelles, par des procédures mécaniques,

- systématiser la production, la rendre plus reproductible, toujours par l'emploi de moyens mécaniques.

- supprimer du personnel à fin d'économie, les solutions précédentes le permettent.

Cette nouvelle méthode de fabrication, passe donc en générale par la réalisation de nouveaux moyens de production, plus complexes, nécessitant des investissements nouveaux pour les réaliser.

Le nouveau produit, meilleur et moins cher, va concurrencer et peut être éliminer ceux qui ne sont toujours pas élaborés suivant la nouvelle méthode.

La nouvelle marge réalisée avec la nouvelle méthode se trouve confrontée à une nouvelle  contradiction:

1 - l'amortissement de l'investissement est à réaliser, il diminue la marge,

2 - le temps de fabrication diminué, augmente la marge,

3 - il sera vendu plus de produits, l'amortissement sera facilité, par un volume de marge plus grand.

3 - la marchandise vendue moins chère, quand la marge  aura retrouvée son taux habituel, la marge totale aura tendance à diminuer.

 

La concurrence ne s’arrêtant pas, elle engagera un processus identique. Cette lutte acharnée a sans cesse pour effet:

 

- de complexifier et de renchérir les moyens de production,

- d'abaisser la valeur des marchandises.

 

Ainsi le rapport entre le volume de marge et le volume  d'investissement baisse constamment et tendanciellement.

C'est ce que Marx appelle la baisse tendancielle du taux de profit.

 

Observer une usine de production d'automobiles par exemple, aujourd'hui, en la comparant à ce qu'elle était, il y a dix ans, c'est voir moins d'hommes, des machines plus complexes, pour produire des marchandises de moindre valeur  (au sens de l'échange contre une valeur hypothétique constante) et accessibles à un plus grand nombre donc vendues en plus grande quantité.

La solution pour se préserver des effets néfastes de la concurrence est d'élaborer un produit qui n'y soit pas soumis, de fabriquer donc une marchandise que les autres ne fabriquent pas, un produit nouveau, une innovation.

Dans le cas d’une innovation, la marge est choisie, non imposée, le produit nouveau ne possède pas encore de valeur réelle car non soumis au marché, tout est possible en matière de prix. Seul l'intérêt de l'acheteur est susceptible de définir un prix de vente.

Cet excédent de marge, arbitraire,  réalisé sur un produit non soumis à concurrence est ce que  Marx appelle  "plus-value extra" dans le Capital. C'est quasiment la "pierre philosophale" de l'entreprise marchande.

Cependant cette recherche de "plus-value extra" est également soumise à contradictions.

- il a fallu investir pour mettre au point le produit,

- la mise sur le marché du produit déclenche le plus souvent, la réalisation par la concurrence d'un produit similaire,

- le produit est à nouveau soumis à concurrence et la "plus-value" extra disparaît.

 

Ainsi la tendance conduit à:

- abaisser la valeur des marchandises en contradiction avec les bénéfices

- augmenter le montant des investissements à réaliser dans les moyens de production en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter les moyens de recherche et développement, en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter la diversité des marchandises, d'où diversité des moyens de production, en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter la complexité de ces marchandises et donc la complexité de la fabrication, en contradiction avec les bénéfices.

 

A ceci on peut ajouter, diminuer la main d’œuvre et la valeur des salaires,  augmenter le chômage et par-là même diminuer les capacités d'achat des consommateurs en les paupérisant, ceci et toujours en contradiction avec les bénéfices.

Les lois du marché qui soumettent les entreprises sont très  sévères et conduisent à une diversification et une complexification massive et permanente des productions. Ceci engendre une modification perpétuelle des processus et méthodes mises en œuvre pour produire et par conséquent une perpétuelle dynamique.

Afin d’améliorer et de modifier sans cesse les méthodes les entreprises doivent adapter leur organisation, pour utiliser au mieux l’intelligence humaine pour innover. Cette adaptation oblige à partager la responsabilité entre tous les membres. Chacun est investi d’une tâche particulière selon son unique compétence (voir ethnométhodologie) et devient stratège au même titre que le PDG. Ceci suppose que tous les paramètres de l’entreprise soient accessibles à tous et que chacun puisse communiquer avec tous. Le paradigme d’organisation devient le réseaux la structure taylorienne doit être abandonnée. Cette nouvelle organisation est techniquement facilité par la généralisation des réseaux informatique. Cette atomisation réactive interdit les combinats et les grandes entreprises voulant tout maîtriser. La production d’un produit est maintenant mise en œuvre par de vastes réseaux d’entreprises.

Dans la construction d'une automobile, il y a environ 15 000 pièces, 70% de ces pièces ne sont pas fabriquées par la marque "constructeur" de l'automobile. Un constructeur comme PSA dispose de 5000 fournisseurs différents, Ford en dispose de 50 000. Chaque fournisseur dispose lui-même de centaine voir de milliers de fournisseurs pour les plus gros, comme Valéo, Bendix, Magnet Marelli, Bosh,  qui fournissent tous les constructeurs. Ces fournisseurs de fournisseurs, sous-traitent une grande partie de leur production à de petites entreprises. Cette chaîne permet de séparer les difficultés dans l'élaboration de produits fort complexes, mais elle établit également une hiérarchie ou le sous- traitant est totalement soumis au donneur d'ordre.

On peut estimer que dans l'industrie automobile, un constructeur mobilise un nombre d'entreprises se situant à plusieurs dizaines de milliers.

L’écueil que représente la « baisse tendancielle du taux de profit », engendre des phénomènes sociaux majeurs :

-         L’investissement industriel est en déclin, concurrencé par le rendement financier des placements spéculatifs.

-         Pour récupérer du rendement financier les grandes marques, conservant les réseaux commerciaux  se regroupent et tendent à devenir monopolistes (exemple de Microsoft).

-         Pour récupérer du rendement financier les grandes marques cherchent à éviter les investissements industriels pénalisant, elles tendent à essaimer leur secteur productif qui s’atomisent en sous-traitance (automobile plus de 70%), globalement le nombre d’entreprises explose.

-         Afin de faciliter l’émergence d’innovations, l’organisation des entreprise s’atomise en réseau, chacun devient intelligent et responsable.

-         Les entreprises se divisent maintenant en trois groupes :

1-     Les grandes entreprises cotées en bourse qui capitalisent, leur nombre diminue et le nombre de leurs salariés diminue fortement.

2-     Les PME qui produisent réellement, sous-traitantes des premières qui ne peuvent plus capitaliser car assujetties. Leur nombre est stable, le nombre de leurs salariés est en légère augmentation.

3-     Les micro-entreprises (- de 10 salariés), elles sont spécialisées dans les services et les technologies d’experts, informatique, audits, finance, comptabilité. Leur nombre explose ainsi que le nombre de leurs salariés.

 

Le modèle sociale fournit par l’entreprise de la 3 me révolution industrielle est :

1-     L’organisation en réseau qui favorise la dynamique sociale et vient en renfort de l’idée républicaine du contrat social. Intelligent et responsable à l’entreprise, intelligent et responsable dans la cité.

2-     L’exclusion définitive des inaptes.

3-     L’avoir prend le pas sur l’industrie comme moyen d’accumulation du capital, l’industrie est en déclin, le monopolisme favorise la construction d’empires.

Une société à 3 niveaux émerge.

1-     Les citoyens impliqués dans l’économie réelle et dans la cité.

2-     Les exclus.

3-     Les groupes politicaux-militaro-financiers à tendance mafieuse (voir l’actualité).

La révolution sociale suit toujours la révolution industrielle !

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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