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"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par la crédulité publique."

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 13:13

 Religion.


Emprunté (v. 1085) au latin « religio » de « religare » relier mais également « attache » ou « dépendance ».

Idéologie  accompagnée d’une pratique récurrente, collective et abstruse, dont le but est de « relier » entre eux les membres d’une religion-Etat, c’est à dire d’assurer une cohésion sociale en vue d’exercer sur ses membres un pouvoir.

L’Etat et la religion, sont des concepts fortement associés.

Les religions sont composées pour parties « d’allant de soit »,  par exemple : l’univers n’a put être créé que par une «Volonté»,  d’explicites précis formant le dogme religieux et d’enseignement de comportements adéquats pour permettre l’exercice d’un pouvoir.

Pratiquement toutes les religions ont pour base une « Volonté divine » siège de ce pouvoir, la terreur de la mort et le culte des ancêtres disparus. A ce fond commun il est souvent associé une religion dite naturaliste qui érige en divinité des phénomènes naturels ou des lieus particulièrement remarquables soit utiles et nourriciers, soit terrifiants. Par exemple, le soleil, la foudre, le ciel, le feu, la terre, la mer, les arbres, les sources d’eau, un volcan ou une montagne particulière etc.... Parfois un syncrétisme entre les deux systèmes associe un ancêtre et un phénomène naturel ou un lieu, comme dans la mythologie grecque antique.  

 

Le culte d’un ancêtre commun à tous est bien précisément le meilleur moyen d’assurer la cohésion, car dans ce cas tous les membres du « village » état-religion sont frères, ils appartiennent à la même famille, dirigée par un patron, père, prêtre. (pater=prètre)

 

Toutes les religions, par principe nient la mort comme étant l’extinction définitive de la Conscience. Il est vrai que cet aspect de la vie, sa fin, est tellement terrifiant que le mythe d’un au delà après la mort est certainement « l’allant de soit » le plus puissant partagé par l’ensemble de l’humanité. La situation future de l’individu dans l’au-delà est souvent présentée par les religions-pouvoir-état  comme une gratification en récompense de comportements adéquats ou une punition en coercition de comportements déviants. Ce principe est surtout valide dans les religions occidentales à fondement indo-européen fortement associées aux Etats. L’islam est une des formes de religion moderne la plus explicitement accomplie dans l’association état, pouvoir, religion.

 

Bien que toutes les religions aient la «Volonté divine », la mort et les ancêtres comme fondement, l’Orient et l’Occident ont adjoint à ces principes, des concepts différents.

 

En Occidents les religions ont finalement emprunté au judaïsme l’idée d’une «Volonté divine» non incarnée, Dieu unique, créateur de toute chose. Ce Dieu immatériel et transcendantal serait un pur « Esprit ».  Cependant ce principe, difficile à admettre pour le  fondement religieux indo-européen, profondément attaché aux cultes de divinités incarnées, n’a réellement d’existence que dans le Judaïsme et dans une moindre mesure, l’Islam. La chrétienté a besoin d’un médiateur incarné, le Christ fils du Dieu,  père. La filiation est ici remarquable comme nous le verrons plus loin, de plus si une mère, un Saint Esprit et une multitude de Saint Patron, sont surajoutés, le principe des religions antiques fondamentales, est ici plus proche et s’éloigne  de celui qui préside au pur monothéisme du Judaïsme.

 

En Orient, avec le bouddhisme, les  pratiques religieuses sont de trois ordres.

La « Volonté Divine » s’appliquant a tous, (chine japon) n’est celle que de l’empereur vivant,  déifié. L’idée d’un pouvoir transcendantal est tellement puissante qu’elle n’a pas besoin de justifications surnaturelles.

Le culte domestique des ancêtres selon une forme très proches des « Lars » gréco-latin, avec un feu entretenu symbole des disparus.

Avec le Taoïsme et le Zen, l’accession individuelle au « nirvana ». Celui-ci est représenté comme la fusion de l’individu avec l’Univers et de fait, l’accession à la Connaissance transcendantale. Cet accès se réalise grâce à la méditation, à la solitude et au jeune. Il n’est pas donné à tout le monde, seulement à une élite très réduite de sages. C’est une autre religion, souvent contradictoire avec les formes précédentes très rudes. Ces en fait une échappatoire individuelle et fictive à la puissance du pouvoir, sans présenter de danger pour celui-ci car le Taoïsme et le Zen religion de la vacuité, rejettent toutes méthodes, donc  l’action, et le pouvoir, c’est un abandon, une retraite.

Pratiquement il s’agit de se trouver dans ce qu'il est  appelé maintenant un « état modifié de conscience, (E.M.C.) » qui est un dysfonctionnement du cerveau dû à une interconnexion différente, des différents sièges des types de mémoire, visuelle, sensorielle, olfactive, etc.., permettant ainsi un délire, des visions particulières, la non perception de la douleur. L’état modifié de conscience est utilisé dans maintes religions, asiatiques, africaines et amérindiennes. Il est obtenu également par le bruit rythmé et plus facilement par l’absorption de drogues psychotropes et hallucinogènes. Cet état de retrait momentané de la conscience et de ses maux est maintenant particulièrement utilisé dans le monde occidental, par l’usage de drogues diverses, maintenant, la « rave » avec la musique « techno » permettent un accès relativement aisé à « l’EMC ».

 

Une origine des Religions et des Etats (le monde Gréco Romain).

Cet historique concerne surtout les religions européennes à fondement indo-européen. Il prend pour beaucoup, mais non exclusivement, ses sources dans l’ouvrage de Fustel de Coulange, La Cité Antique. Cet ouvrage remarquable sur l’origine de la religion de la famille de la propriété privée et de l’Etat, inspira F. Engels qui en fit une lecture Marxiste dans son livre justement intitulé, « l’Origine de la Famille de la Propriété Privée et de l’Etat », Editions Sociales. La Cité Antique, dans son édition de 1979 chez Albatros/Valmonde est préfacée par Georges Dumézil, qui en critique certains aspects historiques, présentés au vu de notre connaissance actuelle comme obsolète, notamment, Fustel ignore d’autres peuples européens, comme les Celtes. De plus, l’existence des civilisations dites de « l’ Europe ancienne » précédentes aux indo-européens et celle des « kourganes » précisément indo-européenes archaïque lui était inconnue à l’époque. Cependant  Dumézil valide, la vision de Fustel sur la religion, la propriété, la famille et l’état. Cette validation d’un membre éminent de la communauté des historiens nous suffit pour accorder crédit à Fustel de Coulange et à F. Engels qui s’en est inspiré.

 

L’évolution des religions suit celle des modes de production et de l’organisation sociale en Etat. Dans les organisations tribales des sociétés primitives, basées sur la chasse et la cueillette, le culte est le plus souvent rendu à la totalité des ancêtres sans distinction.

Au néolithique, avec l’agriculture apparaissent en Europe occidentale et méditerranéenne, des divinités féminines aux caractères de fécondité marqués. Il semble logique, que les femmes, spécialisées dans la cueillette puis l’agriculture aient été particulièrement divinisées. Bien qu’un culte semble être rendu à ces divinités féminines, les sépultures du néolithique occidentales, rassemblent des hommes, des femmes et des enfants sans armes. Le culte de la mère nourricière apparu au néolithique est devenu un « allant de soit »  puissant en occident méditerranéen. De nombreuses traces de ce culte ont perduré dans les mythologies antiques grecques et romaines puis dans la religion catholique héritière de ces dernières, avec le culte de Marie et des Saintes.

 

Six mille an avant J.C. apparaissent, entre la mer noir et la mer Caspienne une civilisation de guerriers mâles et armés attestée aujourd’hui par des sépultures en tumulus, les « kourganes ». Il ne fut pas trouvés en ces lieus de sépultures collectives. Ces « kourganes », au caractère cultuel  rassemblent quantités d’objets significatifs des idéologies et religions des peuples les ayant érigé. Outre le caractère masculin et guerrier de ces lieus, il fut trouvé des objets totémiques animaliers, cerf, chevaux, et des chariots devant être attelés à des animaux. A la même époque la roue n’existait pas dans le bassin méditerranéen. Il apparaît donc que cette civilisation de mâles, ait suivi une spécialisation nourricière, basée sur la chasse puis l’élevage. Spécialisation favorisant la force physique, l’utilisation d’armes efficaces, la mobilité et le nomadisme .

 

Vers trois mille ans avant J.C. ces deux civilisations s’affrontèrent dans le nord des Balkans comme l’attestent de nombreuses fouilles montrant un mélange des deux caractères de sépultures. Au nord, idéologie masculines, guerrière, animalière et mobile, pas de murs de pierre mais des chariots et les premières armes de cuivre. Au sud, idéologie féminine, basée sur le sédentarisme, l’agriculture, l’utilisation d’armes-outils ( haches de pierre et d’obsidienne) et surtout la pierre mégalithe, forteresses, et temples monumentaux. La civilisation dite des  « Kourganes » affronte pendant plusieurs millénaires celle dite de  « l’Europe ancienne ». Les uns retranchés derrières de puissantes forteresses, les autres mobiles, et agressifs.

 

De cet affrontement dont le nord indo-européen et guerrier sortit vainqueur, naquit la civilisation européenne occidentales.

Le nouveau type de religion (d’organisation sociale) qui apparut de cette fusion est en réalité un syncrétisme des deux conceptions du monde. Si la conception indo-européenne l’emporte largement, de puissants « allant de soit »,  féminins, agraires, terriens, et lithiques  ne peuvent être effacés et perdurent encore.

Ce nouveau type de religion va maintenant être parfaitement indissociable de l’érection de l’Etat.

 

Cette nouvelle religion de l’Etat  emprunte aux idéologies précédentes et possède les fondements suivants.

 

Propriété privée masculine, la pierre.

L’encrage sur le sol avec la maison de pierre  est dû à « l’Europe ancienne », c’est le domaine (familiae) permettant la propriété privée. Le maître (dominus, propriétaire), est un mâle l’origine est  plutôt indo-européenne.

Religion domestique 

« Lar familiae Pater », culte rendu à l’esprit des ancêtres, précédents propriétaires du domaine.  L’esprit des ancêtres les « Lars » sont matérialisés par un foyer entretenu en permanence par le maître « pater familia » exclusivement. Ici la religion domestique est nettement indo-européenne ont relève des éléments identiques dans le culte de Veda en Inde.

Patriarcat

Le  prêtre de la religion du domaine (pater familia) est le mâle  propriétaire (dominus).

Il égorge les victimes, sa bouche prononce les formules de prière  (sibyllines ). Quand sa mort viendra il sera un être divin que les descendants invoqueront. Seul, son fils aîné hérite du domaine à sa mort et perpétue la religion.

 

Exclusion des femmes de la prêtrise donc de la propriété.

La religion ne place pas la femme a un rang élevé. Elle prend part aux actes religieux, mais n’est pas la maîtresse du foyer. Cependant elle a son propre sacerdoce, « mater familia », elle veille sur ce foyer.  Elle ne tient pas la religion de sa naissance; elle y a été seulement initiée au mariage. Elle ne deviendra pas elle-même un ancêtre voué a un culte spécial. Elle n’hérite pas de son mari. Elle ne possède pas.

 

Les indo-européens ont eu besoin de la civilisation de la pierre et de la maison ancrée sur le sol, pour inventer l’Etat et sa religion. Leur idéologie patriarcale et guerrière avec « L’Europe ancienne » de la Méditerranée orientale, le leur permirent. Dans la partie nord ouest de l’Europe, chez les indo-européens Celtes et surtout les Germains  l’idée de l’Etat, sans la pierre pour ériger un espace urbain, ne pourra jamais les effleurer.

 

Dans la Grèce antique les domaines vont se fédérer et former des cités. Un nouveau culte sera rendu à l’ancêtre fondateur de cette cité, culte en tout point identique aux « Lars familia ».

Il y eut certainement des difficultés pour trouver l’ancêtre adéquat et fédérer ces propriétaires, rois de leur domaine. Il fut trouvé dans le panthéon naturaliste, certainement religion du peuple, qui jouxtait les religions privées des maîtres, des Dieux ou Déesses pouvant symboliser l’ancêtre fondateur de la cité.    

 

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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