Texte Libre

« Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir […] Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comme la liberté sert à se le procurer […] Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur » (Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, livre II).

Concours

Mardi 27 février 2007

L’Etre.

 

Toute réflexion politique ne peut être valide qu’à partir d’une définition de l’Etre puisque cette réflexion est censée proposer son devenir.

 La  définition de l’Etre nous rapporte à la phrase de Descartes « Je pense donc je suis ». Le « cogito »  de Descartes définirait ainsi l’Etre. Cependant cette définition si pertinente soit elle est insuffisante, elle est à préciser, surtout dans le caractère social qui est le fondement de l’Etre.

 Néanmoins suivre Descartes dans sa Méthode est une approche valide pour obtenir une réponse à une interrogation. Formulons le problème à la base en partant du plus simple au plus complexe.

Il est aisé notamment de définir l’Etre par le non Etre en fait sa mort. Le non-Etre définirait ainsi l’Etre a contrario. Si, tel Dieu, nous étions investis d’un pouvoir surnaturel nous permettant d’agir sur les Etres à volonté, nous placions un Etre, comme vous et moi, nu, sans outil, au milieu d’une forêt si profonde qu’il ne pourrait en sortir. Même pensant, notre Etre ne pourrait survivre bien longtemps à ces conditions.

Cette première réflexion permet déjà d’associer à l’Etre les objets nécessaires à son existence. Quels sont ces objets si nécessaires à l’Etre qui lui sont indissociables pour sortir de sa forêt ? Vêtements, nourritures, abris, moyens de communications et de transport. Comment notre Etre observé se procure-t-il usuellement ces objets? Il va chez le marchand les acheter ! Une deuxième réflexion permet donc d’associer à notre Etre, marchandises et monnaie. Ainsi pourvu, l’Etre existe et peut penser à son devenir. 

L’Etre, même pensant ne peut être dissocié de la société dans laquelle il évolue, la notre est marchande.

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