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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:43

 Nation

 
 

Terme emprunté au latin «natio» dérivé de «nasci» naître. Nation évoque d’abord un ensemble d’individus nés en même temps dans un même lieu. Dans l’empire romain chrétien le terme «natio» est attribué aux barbares non-chrétiens, il recoupe en partie le mot tribu.

Au moyen âge «naciuns» (1120-1165) signifie naissance dans le sens de «extraction, rang, famille», puis (1175) le terme renvois à une communauté d’origine de langue et de culture. Il peut évoquer plus tard (17ème siècle) une communauté d’intérêt, comme des marchands.

Le sens fort de nation qualifie la naissance dans une communauté donnée avec une connotation de coalition implicite.

Au 18ème siècle avec la Révolution française le terme évolue en accentuant le sens de coalition pour devenir une entité politique identifiée au tiers état (Sieyès) puis prend sa définition de «personne juridique constitué par l’ensemble des individus composant l'état» par arrêté du 23 juillet 1789. (D'après Alain Rey in Dictionnaire historique de la langue française)

Il y a donc deux sens pouvant être compris dans le mot Nation, un sens archaïque, pré révolution française et un sens moderne issu de cette révolution.

Ces deux sens ont une signification politique profondément différentes et impliquent des rapports différents à la Nation.

Un sens, celui qui est la signification officielle depuis le 23 juillet 1789 est porté évidemment par la France. C'est le sens de l'appartenance légale à la Nation, sens issu des réflexions de Montesquieu dans «L'esprit des Lois». La nation est composé de citoyens libres et égaux en droits soumis aux mêmes devoirs et possédant les mêmes droits. Droits et devoirs sont explicitement consignés et composent la Loi. La Loi commune, explicite selon Montesquieu est l'essence de la Nation. Cette définition de l'appartenance a été complété par les lois de 1905, séparant l'église et l'état et supprimant tout aspect implicite dans l'appartenance nationale, notamment l'appartenance religieuse.

La république, lieu de la souveraineté du peuple est neutre de toutes idéologies, elle est le bien commun de peuples divers issus des tourments de l'histoire, intégrés de fraiche ou de longue date, de gré ou de force dans la communauté française. Peuples issus de toutes cultures, germanique, romane, italique, celtique et maintenant nord africaine et de toutes religions, catholique, protestante, israélite ou musulmane. Ces peuples obéissant aux mêmes lois forment la Nation française.

La Nation française n'exige d'autre intégration de la part de ses citoyens que leur soumission à la loi commune, laquelle consignée est consultable par tous. Nul n'est censé ignoré la loi.

Nous avons la un système moderne d'appartenance qui seul peut permettre à des populations diverses comme celles de tous pays d'aujourd'hui, de vivre en bonne intelligence. Ce système légal d'appartenance d'origine française est peu ou prou adopté par l'ensemble des nations, cet ensemble de nations se reconnaissant légalement mutuellement sont adhérentes à l'Organisation des Nations Unies. L'appartenance légale à chacune de ses nations est démontrable toujours explicitement par la possession de papiers d'identité nationale ou par un passeport.



Pourtant une autre acception de la Nation existe. Cette acception est idéologique, non légale, elle est issue de significations antérieures à la révolution française et portée surtout par les anglo-saxons. Les anglo-saxons enseignent dans leurs écoles, soit sur leurs sols soit dans celles, nombreuses qu'ils subventionnent ou influencent dans tous pays (par exemple en Tunisie) une toute autre signification des la nation, cette signification est identitaire. L'appartenance nationale est définie par une communauté de langue, de culture et de religion elle est donc implicite, car nulle loi ne vient démontrer cette appartenance et elle est non légale, car cette communauté ne recoupe pas toujours voir jamais les nations légales.

Non légale, ce type d'appartenance est soumise à l'appréciation de chacun et les pratiques visibles d'adhésion «nationale» c'est à dire d'intégration font l'objet permanent de querelles et de polémiques sans fins puisque non explicitement décrites: port d'un foulard, d'un turban, d'une kipa, d'un prénom, l'usage d'une langue locale etc... devenant pour certains et pas pour d'autre des pratiques d'exclusion.

Il y a donc deux issues possibles à ce type d'appartenance, marquant deux tendances le séparatisme et l'élimination physique ou nettoyage ethnique.

On voit donc tout l'intérêt politique que les promoteurs anglo-saxons de la nation « ethnique » peuvent tirer. Balkanisation des nations légales comme en Yougoslavie et en corolaire leur affaiblissement rendant inopérantes les lois de contrôle économique et permettant ainsi la libre circulation des capitaux et la libre recherche du moins disant social. Puis nettoyage ethnique, guerre de civilisation, permettent l'institution de chaos permanent avec l'espoir de recompositions au profit des déstabilisateurs anglo-saxons. Nous voyons de nombreux exemples dans le monde de ce type de querelles conduisant à des guerres atroces, Yougoslavie, Palestine, Liban, Irak.

Le nouvel ordre mondial promis doit sonner le glas des nations légales et instituer en lieu et place une balkanisation communautariste qui ne pourra jamais avoir de fin car les critères d'appartenance non légaux son infinis et indéfinissables.

Il existe une idéologie française, celle qui a institué et promue dans le monde la légalité, c'est notre bien et notre identité commune la seule existante car descriptible.

La seule façon d'envisager une Nation dans la paix et le développement est bien celle définie en France le 23 juillet 1789 et offerte ce jour au monde.

 



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Published by Alain Benajam - dans Idées
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