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"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par la crédulité publique."

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:56

La République.

 

 

Le terme vient du monde antique méditerranéen, il est composé avec le latin « res », chose dans le sens de bien possédé et « publica », public, dans le sens de commun. République peut avoir la signification initiale de bien commun.

 

La république est donc initialement la mise en communauté de moyens, tels que  voiries, bâtiment de réunion, moyens de défense. Ce bien commun, nécessite  pour sa gestion d’une administration commune. La république s’oppose ainsi toujours initialement a la « res privatae », ou bien privé.

 

Cette forme d’administration collective de moyens est apparue dans le monde antique, après la propriété privée (voir Etat et religion). Elle permit la coalition d’un groupe de propriétaires, (dominus) situés dans un espace géographique s’opposant a une autre coalition de propriétaires situés dans un autre espace géographique. C’est donc la proximité des propriétaires  qui crée la nécessité de la coalition en cité afin de mieux assurer une défense contre d’éventuelles intrusions.

La cité antique (mot provenant du latin « civitas », condition de citoyen) ne désignait pas l’espace urbain mais la république des propriétaires ayant droit de cité, en fait les citoyens exerçant en commun la souveraineté sur le bien commun. Les non propriétaires, dominés, n’exerçait pas cette souveraineté, ce droit de cité. Chaque « familiae » ne possédait qu’un seul et unique propriétaire, les citoyens de la cité antique étaient donc très minoritaires parmi la population, ils n’étaient pas le peuple. Les républiques antiques, fugaces se transformèrent rapidement en Etat

 

Le terme  république réapparaît ( v. 1140) après la révolution féodale dans le monde européen occidental. Il désigne certaines communes du nord de l’Italie, Florence, Venise, Sienne ou du nord de l’Allemagne, république de la Hanse.

La république ou commune du moyen âge présente des caractères différents de celles de la cité antique. Il s’agit là initialement de coalition de marchands industriels et non de propriétaires fonciers autarcique. Le citoyen bourgeois du moyen âge fabrique et vend des marchandises, il a une fonction de communication et d’échange, il n’est pas propriétaire (dominus) fonction réservée a la noblesse. Le droit de citoyen dans la cité féodale est parfois, voir souvent exercé par tous les habitants. Privés a terme du pouvoir politique, les coalitions de bourgeois s’exerceront plus dans le domaine marchand en créant des compagnies, distinguant une propriété sociale restreinte restant dans le domaine privé.

Après la Renaissance les Communes ou Républiques seront graduellement dépossédées de leur souveraineté par les pouvoirs centraux, d’abord en France et bien plus tardivement dans le Saint Empire. Certaines républiques italiennes se transformeront en Etat, Venise est les cas le plus fameux.

 

Le terme de république ne resurgit qu’au 18ème siècle avec les révolutions américaine et française.

Ces républiques avaient pour bût affirmé de remplacer la souveraineté d’un Etat ou d’un roi par celle du peuple. Cependant, seule la Révolution française de 1789 engendra une réflexion profonde et quasi exhaustive sur le pouvoir social qu’est la République. Celle-ci, notamment avec les travaux de J.J. Rousseaux légitime un pouvoir républicain basé sur un contrat social établit par les différents contractants formant le peuple. Ce contrat social est un ensemble de règles explicites ou lois votées par les représentants du peuple élus, réunis en assemblée dite législative. 

Cependant cette forme d’Etat légal, on dit maintenant d’Etat de droit n’est pas l’apanage des Etats se réclamant de la République, de nombreux Etats à la tête desquels règnent un roi,  reconnaissent la puissance des lois établies par des assemblées élues au suffrage universel. Cette forme d’acceptation d’un certain contrat social est appelée également démocratie pour se différencier de république.

 

Le modèle français de  République se distingue  particulièrement d’autres formes étatiques dites démocratiques car il se fonde sur deux concepts qu’il explicite avec force.

 

1-     La souveraineté du peuple.

2-     La laïcité de la république.

 

La souveraineté du peuple présuppose qu’il ne puisse exister au dessus du peuple de pouvoir de l’Etat, incarné par un gouvernement ou un chef d’Etat justifié ou non par une idéologie dogmatique.

 

La laïcité de la république présuppose une absence d’idéologie d’Etat pouvant légitimer son pouvoir, cette idéologie dogmatique d’Etat est appelée superstructure idéologique par Marx elle est liée à tous Etats, elle est le fondement de sa légitimité, que cela soit une religion (USA, Grande Bretagne), une prétendue race, (Allemagne), ou une classe sociale ( ex URSS), ou même un plébiscite.

 

Sans pouvoir et sans superstructure idéologique, l’Etat n’est déjà plus l’Etat.

L’établissement du concept français de République exige le renversement révolutionnaire de l’Etat quel qu’il soit.

C’est traditionnellement en France, parmi les pays dits démocratiques que l’on glose le plus sur la République et que l’on pratique le moins ses principes.

 

La confusion entre Etat qui est le pouvoir sur le peuple d’avec République qui est le pouvoir du peuple, est la base même de l’escroquerie politique entretenue par tous les partis politiques qui cherchent à obtenir le pouvoir de l’Etat pour leur « nomenklatura ».  

 

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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