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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 16:35

 

 

 Le Grand Maître des Secrets, le Grand Diffuseur, et le Petit Pion.

 

 

Conte pour enfants…

à dormir debout.

 



                                                                              A mon ami le Petit Pion pour qu’il comprenne le monde.

 

 

C’était durant la période de l’Huile. Il existait un Empire très puissant qui obligeait le monde entier à utiliser l’Huile qu’il récoltait partout sur la planète. On l’appelait l’Empire de l’Huile.

L’Empire de l’Huile avait divisé la terre entière en une multitude de Royaumes qu’il contrôlait tous de très prêt pour qu’ils achètent très chère la plus grande quantité d’Huile possible.

Les savants docteurs de l’Empire avaient beaucoup réfléchi sur la manière d’organiser les Royaumes. Ils avaient, disaient-ils, rationalisé l’organisation pour ne pas se tromper dans la manière de les commander. Ils étaient tous organisés de la même façon.

Le bas peuple de chaque Royaume pouvait choisir son Roi. On appelait cela la démocratie. Mais pour être sur que le bas peuple choisisse un bon Roi bien fidèle à l’Empire, on avait limité son choix à deux Rois.

Cette rationalisation nécessaire trouvée magnifiquement par les grands docteurs d’Empire était appelée bipolarisation, car, disaient-ils, le bas peuple étant incapable de compter plus que deux. Il fallait toujours lui proposer le choix entre deux choses.   

On lui proposait donc soit un Roi qui devait tenir son sceptre de la main droite, soit un autre Roi qui devait tenir son sceptre de la main gauche. C’était la même chose bien sur. Ils étaient pareillement fidèles à l’Empire puisque c’était l’Empire qui les avait choisis et convenablement bien entraînés au métier de Roi de l’Empire et surtout convenablement bien graissés, car avec l’Huile on faisait surtout de la graisse pour faciliter toutes choses, mais c’était démocratique de pouvoir choisir son roi.

Comme on pouvait choisir son roi, on pouvait également choisir le décor du royaume. Mais, toujours pour rationaliser, on avait laissé aux bas peuples le choix entre deux décors possibles. L’un  était appelé « monarchie constitutionnelle ». C’était avec Reines, Princesses, Princes plus ou moins charmants et carrosses dorés, comme celui de Cendrillon avec la citrouille, puis avec soldats de bois tous chamarrés qui marchaient comme ça toc-toc-toc comme des pendules de bois et le bas peuple, les yeux embués de larmes, criait « Dieu sauve la reine !». Il y avait même un peuple qui chantait à tue tête « Britannia roule les vagues » car il voulaIt rouler tout le monde, même les vagues.

L’autre décor plus austère et moins fantaisiste était appelé « République ». C’était avec barricades et Liberté aux seins nus très virile, avec discours enflammés sur la Fraternité et l’Egalité, et le bas peuple, les yeux embués de larmes, criait « Vive la République ! ». Bon on sortait le décor, seulement deux ou trois fois par an juste pour  détendre l’atmosphère. Après que les décors avaient été bien rangés, c’était pareil, exactement pareil.

 

Il y avait un vrai Roi de l’Empire qui disait : « l’Etat c’est moi !».

 

A la tête de l’Empire il y avait évidemment un Empereur que le bas peuple de l’Empire choisissait tous les quatre ans parmi deux Empereurs possibles, toujours à cause de la bipolarisation, car le bas peuple de l’Empire savait encore moins compter que les autres disaient les savants. Et il fallait respecter la démocratie.

Mais, me direz vous, qui choisissait là les deux Empereurs possibles ? On allait quand même pas laisser au bas peuple la possibilité de choisir n’importe qui !

Qui n’aurait peut être pas obligé le monde entier à acheter l’huile ?

Non ! Bien sur !

Qu’il y avait-il au-dessus de l’Empereur pour gouverner pour de vrai ? 

Et… qui n’était surtout pas choisi par le bas peuple ? La, c’était du sérieux.

 

Il y avait un Comité qu’on appelait Comité des Huiles et des Armes.  Pourquoi des armes ? Parce qu’il en fallait beaucoup et beaucoup des armes pour obliger à acheter l’Huile et pour aller la prendre à ceux qui en avaient chez eux. Et le bas peuple devait payer la rente exceptionnelle et sempiternelle pour  les armes et pour l’huile au comité qui transformait tout ça en graisse qu’il mettait dans une grosse caisse dont le chef secret avait la clef.

 

C’était les membres du comité qui choisissaient les Empereurs possibles. En général ils les prenaient dans leur famille c’était plus facile et ils choisissaient souvent un bon à rien. C’était pour rationaliser, parce que, disaient-ils, il n’aurait rien à faire. C’était toujours eux qui faisaient. Et le bon à tout ils le gardaient secret pour fabriquer les Coups Fourrés. C’était le Grand Maître des Secrets de l’Empire, l’homme le plus puissant véritablement.

 

Le Grand Maître des Secrets de l’Empire avait la charge très lourde de surveiller tous les Royaumes du monde, pour que les choses continuent exactement ce qu’elles étaient. Ils ne voulaient pas d’histoires. D’ailleurs ils avaient décrété la fin de l’histoire pour au moins 1000 ans.

 

Là, on entre de plein pied dans l’organisation très secrète du Grand Maître des Secrets de l’Empire et dans cette lamentable histoire.

Le Grands Maître des Secrets de l’Empire avait deux activités : surveiller le monde et organiser des Coups Fourrés dans le cas où certains voulaient redémarrer l’histoire arrêtée. Il avait trouvé, avec les grands docteurs de l’Empire, que le Coup Fourré était le plus efficace pour arrêter l’histoire quand elle donnait des signes pour vouloir faire quelque chose.

 

Mais surveiller tout le monde, c’était trop compliqué. Il fallait décentraliser. Le Grand Maître des Secrets avait donc sélectionné dans chaque Royaume, parmi un grand nombre de candidats, un Grand Maître des Secrets qui était ensuite convenablement entraîné et surtout bien graissé.

 

 

Voilà la véritable histoire qui commence.

 

Il était une fois, le grand maître des secrets du royaume de France, qui allait chez l’Empereur de l’huile, dans une jolie maison très bien gardée appelée Fort Drague, pour y être enseigné dans le nouvel art subtil et délicat du coup fourré où tout est montré.

 

Les savants docteurs de l’Empire avaient trouvé ça très rationnel parce que la communication était partout presque autant que l’Huile et il fallait tout montrer pour que l’on pense que l’Empire n’avait rien à cacher.

L’Empire des cocos aux mains sales avait justement disparu à cause de ça, par ce que tout le monde pensait qu’il cachait quelque chose même quand il ne cachait rien. Il avait toujours l’aire de cacher un mauvais coup et tout le monde s’en méfiait et tout le monde fut soulagé quand il disparut.

 

 A cet effet, le Grand Maître des Secrets du Royaume de France eut un cours de communication particulièrement intéressant intitulé : «Comment mettre une histoire à la poubelle». A côté des autres élèves, chaque Grand Maître des Secrets d’un royaume de l’Empire de l’Huile écoutait attentivement le savant universitaire expliquer au tableau noir comment se racontent les histoires.

 

Le savant universitaire spécialiste en communication expliquait doctement:

« La communication se réalise entre individus alors que la majeure partie des informations échangées est déjà connue et validée par les deux interlocuteurs. Les interlocuteurs se croient mutuellement»

« Très peu d’informations nouvelles circulent entre eux»

« Si, par contre, plus d’informations inconnues sont échangées, plus le processus de validation devient difficile. L’incompréhension s’installe et avec, la méfiance »

« Et, si l’un des interlocuteurs a connaissance par un tiers qu’une seule information reçue est fausse, la validation ne pourra se réaliser même sur l’ensemble des informations transmises, parmi lesquelles sans doute de vraies informations. L’interlocuteur incriminé qualifié par l’autre de menteur ou de fou perdra toute crédibilité ».

«Donc des informations vraies seront considérées comme fausses ».

 

Voici, dit notre savant, la base technique de l’art subtil du Coup Fourré où tout est montré.

Masquer des histoires fâcheuses pouvant être connues, par d’autre aisément reconnaissables par tous comme fausses.

 

Le diffuseur devenant rigolo peut maintenant raconter tout ce qu’il veut. Il pérore au vent.

 

Après le savant universitaire de la communication vint le Général d’Empire tout engalonné :

 

« Messieurs, votre attention ! »

« L’Empire du froid et des cocos aux mains sales,

notre ennemi intime et chaleureux

et qui faisait bien peur,

a disparu sans préavis

ce qui est très mal poli. »

 

« Le Comité des Huiles et des Armes est très en colère,

car le bas peuple a moins peur,

et ne veut plus payer la rente exceptionnelle

et sempiternelle

pour sa protection qu’il juge maintenant inutile ».

 

« Ceci est un manque à gagner

très important pour  le comité. »

 

« En conséquence et ayant bien réfléchi

sur la nécessité d’avoir un ennemi

plus fiable et faisant plus peur,

le Comité a décidé qu’il le fabriquerait lui-même !».

 

« Il pourra comme ça jouer avec, sans craindre de mauvaises surprises comme avec les cocos aux mains sales (ces bons à rien) ».

« Ce sera comme un jeu d’échec où l’on joue tout seul en retournant l’échiquier pour que la partie dure plus longtemps. »

« Cet ennemi serait appelé « l’Affreux Bougnoul » qui serait encore plus moche et plus méchant que le coco qui ne fait plus peur et fait même rigoler les grands-mères ce qui est un comble ».

« Le Comité des Huiles et des Armes qui est très économe, Dieu le bénisse, a trouvé qu’ayant déjà trop d’Affreux Bougnouls  payés à rien faire, car ils étaient utilisés pour jouer contre l’Empire des cocos qui avait disparu, il pouvait les utiliser maintenant pour faire le magnifique et horrible ennemi dont l’Empire de l’huile a tant besoin ».

 

Il continua : « Nous avons donc créé une organisation « d’Horribles Bougnouls » appelée Al Dada, chargées d’exécuter les plus horribles et fantastiques actions que le coco au mains sales le plus dépravé n’aurait jamais pu imaginer tout seul, a cause du manque total d’imagination de ce stupide ennemi de ce fait, trop vite disparu.»

« Ainsi dès que vous entendrez Ah !Al Dada quelque part vous saurez que c’est nous ce qui sera très pratique »

 

« Cependant », continuait le général d’Empire gravement tout engalonné, 

« cependant… Jouer tout seul présente un risque. Le bas peuple qui paye la rente exceptionnelle et sempiternelle pourrait finir par s’en apercevoir et ne plus vouloir payer ».

Il en eut une vive émotion à cette idée et on ne vit pas ses yeux embués derrière ses Ray Ban. « Le Comité des Huiles et des Armes qui vous graisse largement et qui vous a enseigné, fera appelle à votre nouvelle science du Coup Fourré où tout est montré, dont le nom de code est « Histoires à dormir debout », dans lesquelles toutes les Terribles Actions seront mélangées et pourront ainsi être plus facilement jetées.  

 

« Ainsi, messieurs,  nous pourrons mener toutes les « Effroyables actions d’Empire » au grand jour en les faisant porter par le nouvel ennemi tout neuf « l’Affreux Bougnoul ». Fini les secrets jamais bien gardés. Il suffira, une fois dans vos royaumes, de vous associer à vos Grands Diffuseurs que nous graissons déjà abondamment pour que, et il brandit de doigt,

 

 « la vérité d’Empire soit toujours pour le bas peuple la vérité vraie et il continuera à payer la rente exceptionnelle et sempiternelle ! »

 

« Messieurs au travail ! »

(A suivre)

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Published by Alain Benajam - dans Nouvelles
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