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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 11:07

Suite de: Le Grand Maître des Secrets le grand Diffuseur et le petit Pion (1)


Notre « Grand Maître des Secrets » de retour vers le royaume de France était perplexe et un peu déçu. L’Empire de l’huile avait changé d’ennemi. Ce n’était plus le « coco ». Ce n’était pas qu’il aimait le « bougnoul » non, mais le « coco » quand même il avait passé des années et des années à le traquer. Il en avait passé du temps à le remplir, son « Grand Livre des Cocos ». Ils étaient tous là ou presque les «gauchisants », les « apparatchiks », les « moscoutaires». Que des qualificatifs sérieux. Il en était fier. Il y avait même quelques juifs à errer là, dans son livre, avec quelques pédés. Ca avait de la gueule ! Il aurait attendu le grand soir de La Rafle, il aimait ce mot, La Rafle, il en frissonnait de plaisir.

Tous au stade ! Comme ils auraient couru les cocos !

 Ben non !. Il soupirait avec nostalgie notre « Grand Maître des Secrets ». Il fallait se rendre à l’évidence, l’Empereur de l’Huile avait raison. Ils ne pouvaient plus servir à rien ces foutus cocos.

Pourtant l’Empereur  avait bien essayé de les réveiller un peu, ils avaient même trouvé un « Boucher des Balkans». Tu parles d’un boucher ! Il a été vite usé.

L’Empire avait le besoin vital d’un ennemi. Il en avait toujours trouvé de terribles : des Peaux Rouges sanguinaires, des espagnols veules, des mexicains cruels et… des « Coco au couteau entre les dents». Le « bougnoule » voilà un bel ennemi mieux que le Peau Rouge sanguinaire ou le mexicain cruel, il était affreux le « bougnoule » et en plus il avait de l’huile, on pourrait la lui piquer !

 
De retour au pays, notre « Grand Maître des Secrets » se mit au travail. Il avait bien compris la leçon de Fort Drague.

Bon ! Se dit-il, pour jeter des histoires, il me faut un Petit Pion Transmetteur Bidon.

Il chercha parmi la liste des Petits Pions qu’il avait pour remplir son « Grand Livre des Cocos », celui qui ferait l’affaire.

Il en trouva un, bien noté, dur à la tâche pour le Livre, toujours obéissant et ne posant pas de questions stupides du genre «et la liberté ? ».

Il le convoqua.

Le lendemain, toc toc toc, c’est Petit Pion qui venait au rapport.

Entrez dit le Grand Maître. Petit Pion ouvrit la porte et le « Grand Maître » fut satisfait de son choix.

Petit Pion portait admirablement bien les chaussures à clous réglementaires, le chapeau melon et, à son bras, pendait le fameux parapluie qui permettait de reconnaître aisément tous les Petits Pions.

  -         Petit Pions, tu vas travailler pour moi.

  -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

 -         Bon, mais tu vas travailler pour moi en secret. Je suis le Grand Maître des Secrets  du royaume.

 -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

-         Donc Petit Pion, je vais te donner un travail bidon, une couverture en quelque sorte, mais tu travailleras pour moi.

 -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

-         Qu’est ce que tu sais faire Petit Pion, à part remplir Le Livre ?

-         Je sais … faire des tableaux bleus dit Petit Pion tout heureux.

-         Bien bien dit le « Grand Maître » avec intérêt. Alors tu feras… des roues de bicyclettes.

-         Mais chef chef dit Petit Pion tout gêné, je ne sais pas faire les roues de bicyclettes.

-         Mais que t’es con Petit Pion dit le « Grand Maître » ravi, tu n’en feras jamais des roues de bicyclettes, c’est une couverture. Tu comprends ça Petit Pion, une cou-ver-ture !

-         Alors Petit Pion voilà ta mission : tu vas déjà enquêter sur Les Zigouilles.

 

En effet sous le règne précédent plusieurs zigouilles avaient eu lieu dans la noblesse, dont celle du Grand Chambellan du Roi.

Le Grand Maître des Secrets savait parfaitement Tout sur cette Zigouille : qui avait zigouillé et  pourquoi. Il avait organisé l’étouffement de l’histoire, mais le bas peuple  jasait.

Et il voulait mettre en application ce qu’il avait appris chez l’Empire de l’huile à Fort Drague et «jeter cette histoire à la poubelle » en utilisant Petit Pion comme transmetteur bidon.

 -         Petit Pion allait s’en aller avec sa mission.

-         Ah Petit Pion, j’oubliais, dit le « Grand Maître ». Tu vas également enquêter sur les « Sorcières qui Volent » et les « Loups Garous ». On m’en a signalés.

-         Ah bon fit Petit Pion étonné !

-         Oui oui, c’est très important. Une mission de confiance.

-         Bien chef chef !

 
Le lendemain Petit Pion se rendit à la fabrique de bicyclettes. Il entra par la grande porte et sortit tout de suite par une petite dérobée. Le Grand Maître des Secrets avait appelé le patron de la fabrique. Il savait Tout sur lui. Alors le patron ne pouvait rien lui refuser. Petit Pion n’aurait certainement pas à fabriquer des roues, d’ailleurs il ne savait pas.

 Petit Pion mena son enquête sur les Zigouilles. Il était parfait Petit Pion et il savait y faire. Tout le monde savait maintenant qu’il enquêtait sur les Zigouilles. Evidemment, avec ses chaussures à clous, son parapluie et son chapeau melon, il ne pouvait passer inaperçu. Les chiens du Grand Diffuseur le suivaient à la trace, la «machine à jeter les histoires à la poubelle » était en marche.

Et Petit Pion tous les soirs apportait ses billets blancs au Grand Maître de Secrets  sur lesquels étaient soigneusement consignés tout ce qu’il avait recueilli sur la Zigouille, comment les « spadassini » du Capitaine Pastaga avaient zigouillé le Grand Chambellan car il savait Tout sur eux et sur le Roi.

Puis sur les « Sorcières qui volent » et les « Loups-garous ». La,  c’était plus difficile. Il paraîtrait qu’une nuit une vielle femme…. Il ne savait trop que dire, mais il le disait. C’était la l’important. Brave Petit Pion !

 Le Grand Maître des Secrets appela un soir son ami PigeOnni, le patron du  Grand Diffuseur . C’était Le Journal Obligatoire du royaume, dans lequel tout ce qui devait être cru était dit.

Ils se connaissaient bien. Ils s’étaient plusieurs fois rencontrés chez l’Empereur de l’huile. Le patron du  Grand Diffuseur  était également Grand Laudateur d’Empire et de ce fait, on avait pris coutume dans le royaume d’appeler « pigeons » les grosses têtes à lunette et mains blanches qui lisaient toujours dans le « Journal Obligatoire » en faisant des Oh ! et des Ah ! ce qui devait être cru.

 
- Dis donc PigeOnni ,  lui dit le Grand Maître,  j’ai là des billets blancs très rigolos, tu voudrais pas jeter un œil ? C’est pour mettre une sale histoire à la poubelle. Tu te souviens des cours de Fort Drague ? 

-         Bien sur Grand Maître dit PigeOnni,

 Ils se respectaient car Le Grand Maître savait Tout sur PigeOnni et PigeOnni savait Tout sur le Grand Maître. PigeOnni venait de l’île du Capitaine Pastaga où l’art de la Zigouille et du Coup Fourré était enseigné dès l’enfance.

-         Donne. Je vais les filer à mon fidèle  lieutenant le Trouski La Plaine. Tu vas voir, il fait merveille dans le Coup Fourré.

 La Plaine était de la race des Trouskis, sorte vague de coco. Mais pas des cocos à mains sales qui faisaient très peur, non ! Des cocos à mains blanches et fines, à lunette et grosse tête pour les salons et qui vous regardent d’un air sévère et accusateur.

Dans la multitude des familles Trouski il y en avait une particulière, les La Berre.

 
Le Trouski La Berre était le plus raffiné dans l’art délicat du Coup Fourré. Il s’introduisait partout. L’entrisme qu’ils disaient. L’Empire de l’huile avait bien joué à la Grande Magouille avec eux du temps où il y avait deux Empires. Bien sur l’Empire de l’Huile avait continué à jouer avec les Trouskis La Berre. Il les connaissait bien et il les appréciait.

L’Empire en avait même nommé un Grand Chambellan du Roi Rac de France. Car l’Empire de l’huile se méfiait du Roi Rac et l’avait à l’œil. 

Et le Trouski La Berre pour surveiller c’était vraiment son truc. En plus celui la, il avait été Pasteur comme ceux de l’Empire.

Il était tellement sévère ce Trouski Pasteur que, quand il regardait le Roi Rac comme ça tout droit et tout sévère, le Roi  Rac était très gêné et ne savait plus où se mettre, car il pensait que le Pasteur Trouski lisait les pensées des gens à force de les surveiller et de les gronder. Et les siennes, ses pensées, étaient toujours pleines de gros culs et de gros nichons.

Car pour un Trouski La Berre et Pasteur les gros culs et les gros nichons c’était  très grave et pouvait vous conduire direct à l’enfer du peuple.

C’est pour ça que l’Empereur les aimait ces Trouskis sévères. Ils lui rappelaient ses Pasteurs sévères d’Empire à lui pour qui gros cul et gros nichons étaient  Enfer et Damnation.

 
Ce Roi Rac dégouttait  vraiment l’Empereur depuis qu’on lui avait dit qu’il mangeait de la tête de veau. Il en avait vomi et il avait du boire une bouteille tout entière et il était tombé par terre et s’était fait très mal avec une grosse marque rouge sur la figure.

Son Grand Maître des Secrets avait du raconter une histoire de Bretzel qui avait fait bien rire le bas peuple.

Et puis surtout il lui obéissait bien mal ce Roi Rac, à contre temps. Parfois il n’en faisait qu’à sa tête et oubliait les ordres, tout occupé qu’il était à la tête de veau, aux gros culs et aux gros nichons.

Un jour, exaspéré, l’Empereur avait essayé de le faire empêcher ce Roi Rac de merde.

Ils disaient comme ça, dans l’Empire quand un Empereur n’obéissait plus au Comité des Huiles et des Armes, on l’empêchait.

 Là il faut parler de « l’empêchement ».

 Ce mot était utilisé entre les membres du Comité des Huiles et des Armes quand ils voulaient se débarrasser d’un Empereur ou d’un Roi. Il fallait, disaient-ils au début, l’empêcher de faire une bêtise.  Après on a dit « empêché » tout court.

Il arrivait, rarement rassurons nous cet empêchement, mais il arrivait qu’un Roi ou même un Empereur oublie par qui il avait été nommé et à qui il devait obéissance. C’était semblait-il les effets des fêtes perpétuelles, des bals de la cour, des jolies marquises avec leur travail soufflé et ils croyaient qu’ils étaient vraiment Empereur ou Roi.

Il arrivait également rarement, rassurons nous, qu’un bas peuple d’un quelconque royaume secondaire auquel on n’avait pas prêté suffisamment attention, élise un Roi sans l’accord du Comité des Huiles et des Armes de l’Empire, un Roi illégal en quelque sorte. Là les bêtises pouvaient être très grosses. Il pouvait penser, c’était très ennuyeux, que l’huile qui coulait dans son royaume était à lui et qu’il pouvait en disposer à sa guise.

Le comité des Huiles et des Armes avait une liste soigneusement tenue à jour des empêchements à réaliser. Cette liste était transmise au Grand Maître des Secrets de l’Empire qui se chargeait de l’exécution. (C’était le cas de le dire).

Du temps de cette histoire la liste était un peu longue et le comité s’impatientait.

Il y avait le Roi d’Irak ayant tant et tant d’Huile et ne voulant rien donner du tout, qu’il avait été désigné comme le plus méchant.

Puis le Roi du Venezuela, pareil. Il voulait garder toute son Huile.

Depuis très longtemps, il y avait le Roi de l’île à cigares. Le Comité n’avait pas réussi à l’empêcher malgré des années de Coups Fourrés de toutes sortes. Puis on l’avait oublié là. Il faut dire qu’il n’avait pas d’Huile, alors…

Deux types d’empêchements pouvaient être appliqués, le petit et le grand. En fait, avec le grand, on avait droit à la Zigouille.

Et il y avait sur cette fameuse liste notre Roi de France qui avait été inscrit en petit empêchement tant qu’il ne faisait qu’énerver les membres du Comité. Mais il venait tout juste d’entrer dans la liste du grand depuis qu’il continuait à fricoter avec le Roi d’Irak alors que c’était devenu formellement interdit par l’Empire.

Il avait notamment fait échouer un premier Coup Fourré qui aurait aisément permis à l’Empire de piquer toute l’Huile d’Irak des plus facilement. Evidemment c’était gravissime.

Evidemment, il avait signé là son arrêt de grand empêchement.

 Ce n’était pas la première fois qu’un Roi de France était sur cette liste noire. Il y avait eu plusieurs années auparavant le Général de France. Il était devenu Roi grâce à l’Empire, pour remettre de l’ordre, car en ce temps là, la France était un petit Empire régnant sur quelques sous-royaumes  africains. Parmi ceux-ci un sous-royaume remplit d’Huile dont les habitants, des Bougnouls en plus, s’étaient mis dans la tête de s’associer avec  l’Empire des cocos aux mains sales. Mais une fois sur le trône, au lieu de mater tout ça, il dit aux Bougnouls qu’ils pouvaient garder leur huile et fricoter avec qui ils voulaient.

Boum ! Patatraque pour l’Empire. Quelle claque ! Il fut mis sur la liste en vitesse avec Zigouille à la clef. Il en réchappa plusieurs fois comme par miracle mais les balles ont sifflé.

Alors on lui mit le bazar dans son Royaume avec tout un tas de cocos aux mains blanches et à grosses têtes. Il y avait toutes sortes de familles de cocos aux mains  blanches, Trouskis ou non, que l’on n’avait jamais vues avant et qu’on ne reverra jamais plus après. Les cocos aux mains sales avaient été prévenus par leur Empire qui existait encore, que c’était Coup Fourré. Alors ils courraient partout et criaient « Camardes ! Halte à la provocation ! » Et les autres, ils leur lançaient de drôles d’insultes que personne ne comprenait sauf eux : « sociale traître », « réviso », « train en marche ». Enfin on pensait que c’était des insultes parce qu’après, les cocos aux mains sales avaient l’air très en colère et tapaient sur les cocos aux mains blanches comme des CRS, mais en pire. Si vous aviez déjà vu des mains de cocos aux mains sales vous comprendriez.  Puis ce fut l’été et les cocos provisoires aux mains blanches durent partir sur la cote d’Azur en vacance car ils avaient réservé depuis longtemps. Le Général de France à la fin fut tellement dégoutté qu’il partit tout seul comme un grand et l’Empire fut soulagé.

 Ce n’est pas comme le Roi Rand qui avait été le chouchou de l’Empire. Il a fait la guerre de l’Huile comme il fallait, comme l’Empire lui avait demandé, sans rechigner. Le Roi Rand a commencé en étant ami avec les Nazis français sauvés par l’Empire. Le chef flic Nazi qui avait commandé la rafle des Juifs de Paris pour les conduire dans les usines à Zigouille avait organisé son graissage pour qu’il s’achète ses habits de Roi. Puis il était ami avec les Trouskis La Berre qui avaient bien joué à la Grande Magouille avec lui. Tout ce beau monde se retrouvait le dimanche à table. Le dialogue était fameux.

Le Nazi, la bouche en cul de poule :

-         « Pouvez-vous me passer le sel cher ami »

Le Trouski sévère :

-         « Assurément cher ami, voici. Et comment vont les affaires ? »

Le Nazi, la bouche en cul de poule :

-         « Très bien cher ami, la graisse s’accumule, vous en prendrez bien encore un peu ? »

Le Trouski sévère :

-         « Pourquoi pas cher ami, on me dit qu’elle a moins d’odeur ces temps-ci ».

-         et bla bla bla et bla bla bla

On ne lui a jamais rien mis sur le dos au Roi Rand. Pourtant il s’est graissé comme il a pu, et il pouvait beaucoup. Quand aux Zigouilles, ça tombait comme des mouches sous le « Fly Tox » autour de lui. Mais l’Empire avait dit : « Pas touche ! » Et les chiens de garde lui léchaient les mains en jappant de plaisir.

 
Mais revenons au Roi Rac dont les ennuis vont égaler ceux de Petit Pions

(A suivre)

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Published by Alain Benajam - dans Nouvelles
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