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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 14:28

Présidentielle 2007. Mais ou sont donc passé les républicains ?

Ou le troisième effet de la mort de la gauche.

 

 

L’effondrement politique et idéologique de la gauche avait déjà marqué plusieurs  conséquences fâcheuses : La reconnaissance d’un nouvel obscurantisme et l’assentiment général pour les terribles actions de l’impérialisme. Cette torpeur, cette incapacité, avait conduit la gauche dans sa totalité à accepter contre l’évidence les imputations ridicules de la « guerre contre le terrorisme ». Le complot du 11 septembre 2001 non dénoncé faisait immanquablement glisser cette gauche vers l’acceptation de ce qui était prévu par la suite pour faire main basse sur les ressources en énergie de la planète. La guerre d’Afghanistan, acceptée sans broncher, puis la guerre d’Irak à peine critiquée, puis la guerre contre le Liban et ses 2000 morts en un mois, acceptée sans broncher. Maintenant on voit mal les reliquats de cette gauche manifester contre la prochaine pourtant journellement annoncée, celle prévue contre l’Iran.

 

L’apathie idéologique de la gauche présente une autre conséquence, bien actuelle et bien française et celle-ci est tout autant dramatique pour notre pays : l’abandon des principes républicains dans la campagne présidentielle 2007.

 

Qu’entend on journellement de la bouche des candidats, dans leur stricte totalité. Quand je serai président(e) je ferai ceci, je ferai cela. On entend derrière ce « je ferai », une quasi thaumaturgie miraculeuse ou rien ne devient impossible. Ce(tte) président(e) s’il(elle) était elu(e) serait investi de pouvoir merveilleux et tel Harry Potter pourrait transformer le vil plomb en or d’un coup de sceptre. La liste fort longue des promesses faites par l’ensemble des candidats, si elle était réalisée ferait de notre pays un Eden gracieux , une Jérusalem céleste que nul fabricant de religion n’oserait prévoir.

Mais qu’en est-il de la république ? Vous savez, l’institution ou le peuple est souverain, un truc inventé il y a deux cents ans et totalement oublié.

En république le peuple avait mis un terme au pseudo pouvoir des thaumaturges (un peu violemment certes). Il avait pris en main son destin, élu des représentants qui, réunis en assemblée, élaboraient les lois. Nul n’était plus besoin de prince qui disait au peuple : « quand j’aurai le pouvoir JE ferai ceci, JE ferai cela, » c’était le peuple qui faisait à sa guise et son bon vouloir comme il l’entendait.

 

Bien sure, il s’agit encore d’une imposture (une de plus)  servie par nos candidats, car notre président, que l’on appelle dorénavant chef de l’Etat (un signe) n’est investi légalement d’aucun pouvoir, il n’est ni thaumaturge ni Harry Potter. Ces candidats ne sont nullement fondés à nous couvrir de promesses qu’ils ne seront pas et heureusement, en mesure de tenir.

 

Pourquoi nous servent-ils ces balivernes ? Tous ces candidats dans leur terrible médiocrité, se souviennent du Général De Gaulle. Le général avait voulu sortir la France de l’ornière coloniale et du joug étasunien http://www.voltairenet.org/article8701.html.   Il s’était attribué le pouvoir par une espèce de subterfuge. Par l’élection du président de la République au suffrage universel, il conférait à cette magistrature une légitimité populaire. Ce président n’avait pas pour autant de pouvoirs législatifs, puisque son statut ne changeait pas. Le président actuel n’a pas plus de pouvoir que René Coty. Cependant, pouvant être le chef d’une majorité à la chambre des représentants, il pouvait influencer par son autorité, le vote des lois et même les susciter. La gauche de l’époque du général ne manquait jamais de fustiger ces députés qu’on appelait « godillot», pour leur servilité envers le chef. François Mitterrand avait dénoncé ce système dans un livre intitulé « Le Coup d’Etat permanent »

Ces candidats d’aujourd’hui  bien entendu lorgnent avec concupiscence sur cette époque quand le Général de Gaulle avec l’aide de ses « godillots » faisait la France. Ils se voient Roi !

Malheureusement n’est pas De Gaulle qui veut et le pouvoir personnel éclairé n’a aucune chance de revoir le jour au vu des candidats d’aujourd’hui.

Il faudrait tout d’abord qu’à cette élection présidentielle, suive une législative donnant une majorité similaire à la couleur politique du président élu. Il y a eu des cohabitations, il y en aura encore. C’est très bien les cohabitations j’y suis d’ailleurs très favorable, cela redonne quelques couleurs à la république. Il faudrait également que les députés de la même famille politique que le président élu, suivent ses recommandations, ce qui n’est ni obligatoire ni certain. .  

Et puis et surtout il faudrait que ce pouvoir personnel soit éclairé, que ces candidats aient la ferme volonté, comme l’a fait le Général De Gaulle en son temps de conduire la France vers l’indépendance de refuser que notre pays soit un supplétif de l’impérialisme, de refuser la disparition de la France et ses valeurs dans un conglomérat chaotique européen ou seuls les USA tirent leur épingle du jeux, ceci  avec l’aide de pays passés sans transition du despotisme soviétique à celui de l’Oncle Sam. Le peuple a voté « Non » au référendum devant conclure à la disparition de la France qu’en sera-t-il demain ? 

Vous avez remarqué comme il est curieux que nos candidats ne parlent jamais ni de politique étrangère ni de la place de la France dans le monde. Le seul point ou ils pourraient avoir quelques influences. Ce mutisme est fort suspect, que cache t-il ?

 

Alors, quel est l’enjeu de ces présidentielles ? Il est bien faible quand aux conséquences de l’après élection, ces candidats sont d’accord sur l’essentiel. Il y aura moins de libertés individuelles et l’Etat sera omnipotent plus que jamais. Cette conformité devient quasi identité pour les « Grands candidats » les USA feront chez nous comme ils l’entendent, l’accord signé par Sarkozy et Perben avec les USA permettant à la CIA d’opérer sur notre sol sans contrôle ne sera pas dénoncé et notre indépendance nationale définitivement enterrée.

 

Bien évidemment Sarkozy est bien le pire. Candidat de l’anti France, De Gaulle disait de ses pareils: le parti de l’étranger, celui des néo conservateurs US, du Finantial Time du Washington Time et de Fox News. Il est le candidat de ceux qui en France sont toujours prompts à critiquer et trahir leur pays, à s’enfuir en Suisse, selon une vielle tradition de l’anti France bien de chez nous, des émigrés de Koblence à ceux qui disaient préférer Hitler que le Front Populaire cela remonte à loin. Sous son règne la France risque de faire la guerre jusqu’au bout pour la folie américaniste. Un véritable repoussoir!

 

Mais le véritable enjeu est déjà passé. L’idée qu’il puisse exister une forme de pouvoir ne devant rien à un prince, roi ou chef de l’Etat, l’idée qu’il puisse exister une forme de contrat social ou le peuple souverain gère ses affaires au jour le jour, dans la dignité et le débat. Cette idée : La République est bien morte… avec la gauche !

 

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Published by Alain Benajam - dans Edito
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