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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 17:20

 

 

Chacun peut bien donner la définition qu'il veut du capitalisme, selon son opinion politique, il y en a de forts nombreuses, une description basique et qui conviendrait à tout le monde serait:

 

l'action d'accumuler ou de vouloir accumuler du capital par tous moyens, qu'ils soient industriels, commerciaux, ou purement financiers.

 

Certains veulent confondre à dessein politique capitalisme et libéralisme, rien n'est plus faux, le libéralisme est une idéologie qui prône le maximum de liberté pour le maximum de gens. Cela n'a rien à voir avec la volonté d'accumuler du capital.

Si la liberté d'entreprendre et la libre concurrence font bien parties des libertés fondamentales, chères au libéralisme, la volonté particulière de vouloir accumuler du capital tend à s'opposer à ces deux libertés là. En effet, toute entreprise cherchant à gagner de l'argent ne peut que haïr la concurrence, chercher à l'éliminer et s'établir en monopole.

De la même manière le capitalisme ne peut tendre que vers l'étatisme, les plus puissants des capitalistes cherchent naturellement à s'associer la puissance étatique afin de pouvoir conserver des positions de monopole, être le seul sur le marché et en plus s'accaparer celui de l'état voilà le rêve de tout capitaliste.

Un capitalisme, monopoliste d'état tend à se renforcer, notamment dans les domaines nécessitant de gros moyens, comme l'énergie, les transports, l'armement, les banques, ou les états s'associent volontiers aux entrepreneurs privés.

 

Vouloir restreindre les libertés publiques et individuelles est également une tendance naturelle du capitalisme.

 

Quel chef d'entreprise n'a pas été fâché de voir se former dans son établissement un syndicat venant réclamer des hausses de salaires, quel chef d'entreprise n'a pas rêvé de voir limiter les libertés syndicales, voir d'interdire tous syndicats. Quel capitaliste ne se trouve pas consterné de voir des partis politiques contester ou limiter son action d'accumuler du capital sans contrainte et n'a pas rêvé d'éliminer ces partis comme on élimine un concurrent.

Éliminer concurrents, contraintes et s'accaparer les faveurs de l'état est bien l'action naturelle de tout bon gestionnaire d'une entreprise cherchant à accumuler du capital.

Une seule entreprise, plus de concurrence, tout le monde salarié, plus de syndicats ni de partis politiques, voilà la rêve final du capitalisme, cela a été fait... en URSS.

 

Le capitalisme possède donc une tendance forte qui tend à sa négation comme l'avait observé Karl Marx et le prédisait pour une période qui lui semblait proche.

 

Pourtant le système capitaliste a perduré jusque nos jour, il a même permis un formidable essor de l'humanité, surtout dans les pays occidentaux ou ce système est né.

 

Pourquoi.

 

Si l'activité capitaliste tend à la restriction naturelle, par élimination de concurrence, du nombre de ses opérateurs elle tend en corolaire à l'augmentation du nombre de ses victimes. Afin qu'un juste équilibre s'établisse, il est nécessaire que des lois en viennent à limiter les tendances néfastes.

 

Cependant, établir des lois n'est possible qu'en ayant le pouvoir de les faire appliquer, ceci nécessite un espace de légalité appuyé par des forces exécutives fonctionnant dans le même espace. Pouvoir établir des lois allant à l'encontre du pouvoir des plus forts cela s'appelle la démocratie, ou mieux encore la république, et l'espace dans lequel ces lois sont à la fois applicables et leur application contrôlée cela s'appelle la nation.

 

Au cours du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème siècle, le capitalisme par sa violence naturelle à engendré des forces de contestation, forces de contestation souvent victorieuses s'accaparant par moment le pouvoir de l'état.

Les capitalisme a du s'adapter aux lois sociales, aux sections syndicales, aux grèves et à la démocratie, ses tendances néfastes ont été édulcorées, la divine surprise a été de constater que cette limitation par la démocratie et la loi l'on finalement favorisé, dopé et permis de perdurer, comment?

 

 

Un cercle vertueux ou plutôt une spirale vertueuse s'est établi dans les pays occidentaux, assurant croissance économique et progrès social. L'un assurant l'autre.

 

Cercle-vertueux-copie-1.png

 

 

 

Commentaires

 

L'industrie

 

Le capitalisme, en occident s'est assis sur l'industrie principalement. Il est vrai que certains pays plus que d'autres ont développés des activités financières et spéculatives s'exerçant surtout dans le commerce des matières premières facilitées par la colonisation. Ce fut le cas en premier lieu de la Grande Bretagne des Pays Bas et de la France à la traine de la Grande Bretagne, ce ne fut pas le cas de l'Allemagne par exemple dont le capital est resté essentiellement industriel.

L'activité industrielle est affectée par la baisse tendancielle de la valeur des marchandises produites (par jeux de concurrence) et par l'augmentation de la valeur des moyens de production à mettre en œuvre, donc une baisse tendancielle du taux de profit. La baisse de la valeur des marchandises profite au consommateur qui peut acquérir automobile, électroménager etc.. mais elle affecte les bénéfices. Il faut produire toujours plus de marchandises de moindre valeur pour avoir les mêmes profits.

 

> Technologies nouvelles à valeur élevée

 

Pour l'industriel la solution a résidé dans l'innovation, être le premier à mettre sur le marché un nouveau produit, c'est rester un moment sans concurrence et augmenter momentanément ses bénéfices.

La recherche et développement, les nouvelles technologies ont permis l'ascension du capitalisme et l'utilisation par les consommateurs de technologies courantes de plus en plus sophistiquées et moins chères

 

> Emplois qualifiés et savoirs-faire.

 

Les producteurs se sont aguerris à la complexification de l'industrie et à des moyens de production de haute technologie, tout ceci favorisé par l'éducation, l'allongement de la scolarisation et de multiples spécialités techniques. Le plein emploi a régné en France jusqu'à la fin des années 1970.

Les bassins de producteurs qualifiés ont facilité l'implantation d'industries efficaces, comme l'automobile ou l'aviation. L'un engendrant l'autre, des traditions de bel ouvrage se transmettant de père en fils.

 

> Syndicats et revendications.

 

Les libertés syndicales imposées, le droit de grève, des revendications salariales victorieuses ainsi que des diminutions du temps de travail, ont enrichis les producteurs, les ont rendu plus efficaces et plus aptes à un travail devenant de plus en plus complexe.

 

> Nation république acquis sociaux.

 

Tout ceci n'aurais été possible sans l'établissement de lois imposant des salaires minimum, un temps de travail maximum, des congés payés, des droits syndicaux. Ces lois sociales ne pouvaient s'établir sans souveraineté du peuple les votant et les faisant appliquer. Souveraineté du peuple ne pouvant s'exercer sans un espace de légalité reconnu et protégé: la nation . (Nation selon la définition légale imposée par la l'assemblée constituante sur proposition de l'abbé Sieyes: «personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l'état» par arrêté du 23 juillet 1789.)

 

> Niveau de vie élevé.

 

Le niveau de vie des populations occidentales s'est considérablement accru jusqu'à la fin des années 1970. Ce niveau de vie accru s'est concrétisé par un pouvoir d'achat accru, l'accès à de nouvelles technologies, mais également une qualité de vie accrue due à l'augmentation des temps de loisir pouvant être consacrés à un enrichissement culturel, l'accès aux transports aériens, aux voyages et à la rencontre d'autres peuples. C'est également une augmentation des dépenses de santé et une longévité en croissance continuelle.

Ceci est constitutif du progrès.

 

> Marché.

 

Les populations occidentales ont constitué le premier marché pour l'industrie. L'indice de consommation est devenu un indice majeur pour le monde capitaliste. Que les populations ne puissent plus consommer et tout le système s'enraye.

Le marché des consommateurs est en conséquence l'alimentation de l'industrie.

 

La boucle est bouclée, tout se tient, le capitalisme sans syndicats, sans grèves, sans contestations, sans démocratie, sans opposition, sans nation, sans lois sociales ne pouvait pas continuer et se développer.

 

Tout ceci s'est constitué et renforcé contre la volonté des capitalistes avec chacun sa soif individuelle d'accumulation de capital. Pourtant leurs principaux alliés objectifs furent les syndicats et les partis politiques de gauche.

Il leur fut imposé par la force un intérêt général contre leur intérêt particulier, intérêts particuliers qui assemblés les  conduisaient au désastre.

 

La prospérité des nations occidentales fut une industrie assise sur des nations, des lois et des syndicats.

 

 

Quand les intérêts particuliers des capitalistes prennent le pas sur l'intérêt général, tout s'écroule et le capitalisme avec.

 

 

 

 

Les lois sociales, les règles et les nations qui vont avec ont toujours été insupportables au capitalisme anglo-saxon, lois et nations allant à l'encontre de leur idéologie fondamentale du «free trade» ou libre échange en français.

S'étant accaparés les puissances régaliennes des états britanniques et étasuniens le grand capital anglo-saxon va entreprendre un travail systématique de démolition des nations afin de rendre inutiles les acquis sociaux et caduques les lois de régulation du capitalisme.

A la fin de la seconde guerre mondiale, ils peuvent placer sous leur dépendance la moitié de la planète et la quasi totalité de l'Europe occidentale. Ils mettent en place en Europe à coup de propagande et d'influence un dispositif supranational répondant à leurs principe de libre échange afin de contrer les lois de protection nationales et sociales Cependant leur concurrent Soviétique ne leur permet pas d'aller aussi loin qu'ils ne le souhaitent. Avec la fin de l'URSS plus de gène, le monde leur appartient et la mise en place de la mondialisation s'accélère.

 

La destruction des nations et de leur corpus légal va stopper la spirale vertueuse et la remplacer par une spirale fatale que nous connaissons maintenant.

 

Cercle-fatal.png

 

Industrie en déclin.

 

La baisse de la valeur des marchandises et du taux de profit ne va plus trouver de réponse dans la mise en œuvre de produits nouveaux, mais dans une recherche de moindre coût de production. Cette recherche pourra se réaliser grâce à la dérégulation mondialiste. C'est la ruée vers les coûts de productions dérisoires et les très bas salaires asiatiques. La Chine "communiste" sera couverte de capitaux et d'usines.

Dans le même temps, la rémunération très importante des capitaux spéculatifs, principalement sur les matières premières et le pétrole va détourner les investissements de l'industrie vers le tout financier. L'industrie devient une charge

pouvant être abandonnée aux chinois.

 

> Technologies anciennes à délocaliser.

 

Les immenses capitaux spéculatifs se détournent des technologies. Les technologies courantes deviennent obsolètes et de faibles valeurs, elles peuvent être aisément délocalisées vers une main-d'œuvre peut aguerrie.

 

> Emplois faiblement qualifiés, délocalisation et chômage.

 

Les délocalisations massives associées au non renouvellement des technologies courantes entrainent chômage et baisse de salaires.

 

> Syndicats, acceptation résignation.

 

Comme nous le voyons souvent les producteurs sont soumis au chantage: «vous acceptez des baisses de salaire ou c'est la délocalisation». C'est la résignation, les syndicats ne sont plus écoutés. Peu ou pas de revendications salariales pour espérer conserver l'outil de travail.

 

> Mondialisation dépendance.

 

Comme la nation, la république et la légalité étaient le moteur essentiel du cercle vertueux, la mondialisation et la dépendance deviennent les moteurs du cercle fatal. Les lois nationales deviennent caduques face à une dérégulation libre échangiste. La recherche du moins disant salarial et social n'a plus de frein.

 

> Niveau de vie en baisse paupérisation en hausse.

 

Karl Marx qui avaient un moment tort en prédisant la paupérisation des producteurs, se met à avoir raison. Baisse des salaires, mise en cause des acquis sociaux, chômage, entraînent une baisse générale des niveaux de vie, une extension de la pauvreté et de la misère.

 

> Marché

 

Évidemment les marchés constitués par les populations occidentales s'affaissent, même les chinois ont du mal à exporter.

Les industries déclinent encore, la boucle est bouclée, la décroissance est en marche.

 

 

Décroissance.

 

La décroissance a en fait démarré dès les années 1980, mais elle a été en partie masquée par l'endettement. Les états voulant conserver les niveaux de vie passés s'endettent de plus en plus jusqu'à atteindre des sommes abyssales comme la dette US. Cet endettement ne peut avoir qu'un temps.

 

Dette_publique_france-peuples-netPIB_m.jpg

 

Afin de donner une justification à cette décroissance inexorable, les idéologies malthusiennes sont ressorties des tiroirs et dépoussiérées.

 

 

Comment envisager l'avenir.

 

Évidemment retrouver une spirale vertueuse.

En vrac

 

  • Retrouver l'indépendance des nations et la souveraineté des peuples.

  • Rétablir les corpus légaux de régulation du capitalisme, rétablir l'intérêt général.

  • Combattre l'idéologie mondialiste anglo-saxonne du libre échange.

  • Mettre en œuvre des technologies nouvelles alternatives en dehors du capitalisme institutionnel. Faire comme au 19ème siècle, bricoler dans les garages.

  • Une fois l'indépendance acquise créer des fonds souverains pour investir dans les technologies nouvelles, en finir avec le pétrole.*

  • Utiliser le réseau Internet pour diffuser les nouvelles technologies,

  • Rétablir par le fait une véritable liberté d'entreprendre, le peuple se réappropriant les technologies et l'économie.

 

La nouvelle société fera la jonction entre libéralisme et communisme, moins d'état plus de république, moins de salariat, plus d'entrepreneurs. Moins de capitaux plus d'innovations.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Alain Benajam - dans Analyses
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commentaires

bob forrester 29/08/2010 14:51



bonjour


Quelle pudeur ! Pourquoi ne pas appeler un chat un chat et le moteur du progrès la LUTTE DES CLASSES dans cet excellent résumé du mouvement historique ?


D autre part il y a un grand absent dans l'exposé de l'attaque menée par la grande bourgeoisie financière contre le peuple salarié : l'immigration,  c est à dire l autre face des
délocalisations .


Double caractère ( dialectique?) :


1)accroître la concurrence des producteurs et contrarier ainsi la baisse tendancielle du taux de profit par la surexploitation et la baisse des salaires. sphère économique


2)et deuxièmement introduire un ferment de division entre le peuple français et des étrangers issus de sociétés patriarcales où règne l'illettrisme et les préjugés raciaux notamment anti blancs
.( superstructure politique)


 



François Priolet 29/08/2010 12:14



Merci ! Bon sang, mais c'est bien sûr !


J'ai lu quantité de textes sur les problèmes économiques actuels. Aucun n'avait la force terrible de votre démonstration de notre descente aux enfers. En même temps, ayant démontré comment nous
en sommes arrivés là, on comprend bien comment nous pouvons ressortir du trou. D'abord, supprimer l'OMC !


Merci.