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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 10:07

 

  L'Autre

 

 

 

L'autre est celui qui montre une différence d'avec soi-même.

Comment exister face à l'autre c'est à dire rester soi-même et ainsi, offrir sa différence à cet autre lui permettant aussi de rester lui-même ?

 

 

 

Friedrich-Wilhelm-Nietzsche-1844-1900

Friedrich Wilhem Nietzsche

 

La confrontation à l'autre est l'élément mécanique primordial permettant l'évolution du vivant qu'il soit biologique au social. L'autre peut tuer ou aider à vivre c'est selon. Seule la frontière entre chacun les conserve, frontière à la fois conservatrice et perméable à des échanges mutuellement bénéfiques.

 

A l'heure ou l'idéologie dominante veut l'abolition des frontières pour le profit d'un petit nombre c'est à dire l'abolition de l'autre, c'est bien vers un mécanisme mortel pour l'humanité que cette terrible utopie égalitariste nous conduit.

 

 

Nietzsche

Rien ne m'est égal ! Par le Journal de Personne

 

 

Soi-même.

 

Chacun de nous est définissable et envisageable, en quelque sorte visible, en tant qu'individualité par ses pratiques quotidiennes non remarquables, comme ses habitudes vestimentaires, alimentaires, son langage, son activité quotidienne qui est en générale sa profession, la manière de se comporter ses manies, boire du café à telle heure, fumer, ses opinions politiques ses lectures habituelles enfin toutes choses pratiquées quotidiennement.

 

Le village.

 

Le non remarquable forme le fond de chaque individualité mais pourquoi est-ce en générale non remarquable?

Car ces mêmes pratiques quotidiennes sont partagées par ceux qui nous entourent, et ce qui nous est mécaniquement habituel n'est pas remarquable pour nous comme pour autrui. Ces pratiques sont assimilables à des rites de reconnaissance mutuels et d'appartenance, rites partagés par ceux qui nous environnent formant ainsi un groupe sociale propre, que l'ethnométhodologie assimile à une village. Au sein de chaque village rituel il y a peu d'informations qui circulent dans la mesure ou une information ne se transmet qu'entre ce qui est différent (méconnu), mais il y a une solidarité intrinsèque une connivence entre ceux qui se reconnaissent de le même appartenance, une empathie mutuelle et naturelle.

 

Dans ce milieu, toute nouvelle pratique reconnue comme intéressante par le groupe se répand très rapidement devenant une mode, les membres du village n'ont pas à réfléchir, à se poser de question, il suffit que quelques leaders d'opinion modifient leurs pratiques pour qu'instinctivement les autres membres attestés du village modifient également les leurs.

L'individu humain ne possède aucune possibilité de vivre isolé, seul, éloigné d'autres humains. Cet individu décéderait rapidement faute d'un savoir faire que chacun ne peut individuellement posséder; faire du feux, chasser pour manger, se confectionner des outils, des vêtements etc..

L'homme est un animal social plus que tous autres, la société dans laquelle il vit fait partie intrinsèquement de son Être, nul ne peut s'en détacher.

 

Cette société, ce fameux « village » est devenu un corps biologique vivant répondant aux règles du vivant qui concernent la complexification.

 

 

La complexification.

 

Nous observons que les sociétés humaines d'aujourd'hui sont bien plus complexes quelles ne pouvaient l'être il n'y a que 20 000 ans, ce qui est peu éloigné dans le temps si l'on considère que l'homme actuel, l'homo sapiens est apparu il y a180 000 ans.

 

L'homo sapiens provient d'une complexification du vivant partant de la soupe primitive océanique ou baignaient déjà les acides aminés. Ces acides aminés ont commencé à se combiner grâce aux rencontres fortuites pour former le premier ADN élément premier définissant le vivant.

Justement le vivant n'est définissable que par la capacité d'un élément biologique de pouvoir se reproduire et de pouvoir ainsi se conserver en tant qu'espèce au delà de la mort de chacun et ce, pendant une très longue période de temps. Ce temps durant lequel, de ce corps vivant, naîtra par mutation hasardeuse, un autre corps ayant une capacité de survie et d'adaptation supérieure. Cette complexification s’opère entre le hasard de la mutation et la nécessité de l'adaptation à un milieu qui va ou non la tolérer.

 

La conservation.

 

La conservation du vivant est offerte par l'ADN transmis qui fera que l'être reproduit sera une moitié et son père et une moitié de sa mère. La faculté de conserver une espèce au delà de la mort d'un individu est la définition même du vivant

 

Les sociétés humaines sont des corps vivants obéissants aux règles du vivant de la conservation pérenne. Celle-ci permet d'accumuler des connaissances sur de longues périodes dépassant la durée de vie de chacun ce qui a pour effet d'améliorer les capacités et les facultés d'adaptation.

La conservation dans un corps social n'est plus l'ADN transmis pour conserver l'espèce mais se sont les instructions des savoir faire transmis de générations en générations qui permettent à une société de se conserver d'abord pour évoluer ensuite.

 

Ce sont les rites sociaux transmis qui « vont de soit », sont vus et non remarqués qui font que chaque individualité s'inscrit dans une existence historique composant un langage compréhensif, consécutif à cette histoire et donne le moyen à chacun d'assimiler un héritage sans lequel il ne saurait exister.

L'héritage social est l'ADN des sociétés sa transmission est quasi instinctive mobilisant tout le corps social montrant ses pratiques courantes

 

L'évolution.

 

L'évolution est inhérente au vivant au même titre que la conservation car il ne saurait y avoir évolution sans conservation. Pour qu'une société évolue encore faut-il quelle existe or une société se construit dans le temps, temps qui va bien au delà de la vie de chacun. On comprend par exemple que pour accumuler des savoir faire il faut plusieurs générations. On ne devient pas menuisier ex nihilo il faut un apprentissage et l'usage d'outils spéciaux mis au point il y a très longtemps. La scie par exemple serait une invention venant de la Grèce antique qui serait attribuée à Talos, le neveu de Dédale. Pour transmettre des instructions permettant la transmission d'un savoir faire il faut l'usage d'un langage appris et compris d'une génération sur l'autre sachant que chaque langage utilise des concepts nés dans l'histoire. Je prends toujours l'exemple du mot « domination » qui vient du latin « dominus » voulant signifier seigneur mais dont l’étymologie latine signifie « propriétaire d'un domaine » sur lequel travaillent des esclaves; les dominés. Il y a de multiples exemples identiques montrant que chaque langage utilise des images puisées dans une histoire humaine pouvant être très lointaine.

Comme pour l'être vivant l'évolution sociale s'engendre par ce qui est comparable à une mutation. Une mutation n'est qu'une légère modification car cette modification doit être acceptée. Que cette mutation soit trop importante elle sera rejetée car inadaptée au milieux ou l'être biologique ou social l'est d'ores et déjà, puisqu'il existe. Cette mutation pour faire son effet doit simplement permettre une amélioration de l'adaptation tout en étant tolérée.

 

On voit donc que conservation, mutation et évolution sont les clefs du vivant, qu'il soit biologique ou social.

 

 

La confrontation.

 

La confrontation est la mécanique du vivant biologique ou social, cette confrontation survient entre hasard et nécessité mais aussi entre liberté et tolérance.

 

 

De-la-Frontiere.jpgLa frontière, conservatrice et protectrice de l’ordonnancement.

 

Chaque groupe social, ou individualité se déploie, se réalise, existe à l'intérieur de ses frontières.

La frontière est l'élément conservateur de différenciation entre l'un et l'autre. Les frontières sont évidemment multiples se placent à différents niveaux. D'abord entre individus qui ainsi se différencient, puis entre sexes, puis entre différents groupes sociaux et professionnels, puis entre régions puis entre nations. La définition d'une frontière peut être culturelle et, ou légale s'il s'agit d'un état-nation. La fonction de la frontière est d'être protectrice et permettre le développement d'expériences propres qui ne sont pas ou ne peuvent pas se réaliser à l'intérieur d'autres frontières pour de multiples raisons qui font qu'un autre est différent dans son histoire, ses capacités et ses expériences passées. On comprend aisément que la différence engendre des initiatives différentes, des expériences différentes et que la multiplication des différences multiplie les expériences et donc la possibilité d’offrir aux autres une quantité supplémentaire de capacités.

 

La vie procède par échange, adaptation et conservation aux travers de frontières à la fois protectrices et perméables, comme peut l'être le cytoplasme d'une cellule vivante.

Les éléments ordonnateurs et constructeurs sont donc la conservation qui permet l’existence mais aussi la liberté qui permet les initiatives, la tolérance qui les accepte et l'échange qui les offre à l'autre, le tout inscrit dans le temps. Ce temps montre une direction ; la flèche du temps, opposant deux forces. L'une de ces forces est ordonnatrice par la multiplication des expériences et l'autre destructrice par la force destructrice et entropique de l'usure inexorable du temps, ce qui n'évolue pas est appelé à mourir.

 

Oskar Freysinger

De la Frontière

Xenia

220px-Oskar_Freysinger_-2007-.jpgLes forces prédatrices de l'avidité et de l'immédiateté veulent à tous prix s'affranchir des frontières pour espérer aller plus vite dans la jouissance, la jouissance de l'autre considéré comme une proie à consommer. La jouissance immédiate déplore le parcours réduit de la vie et pour ça nie toutes pérennités sociales dépassant les générations, le mot d'ordre est toujours « après moi le déluge ».

 

On peut appeler forces du Mal ces forces politiques s'appelant de droite prônant la fin des lois régulatrices des états-nations ou de la gauche égalitariste, ces forces qui œuvrent ensemble à la destruction des différences et des frontières.

 

Pour eux ensembles toutes les frontières sont à détruire, celles des nations, celles des sexes ou celles des traditions. Ce sont les forces diaboliques du Mal mythique car elles conduisent à la destruction et à la mort par la destruction de l'autre, du différent, élément de toutes complexifications vitales.

 

La vie est un parcours rapide rythmé par des étapes ou à chacune d'elles correspond une découverte, la découverte de l'autre et de chaque confrontation avec l'autre en sortira une expérience et une capacité supplémentaire pour l'un et l'autre par échange transfrontalier.

La vie est aussi une quête, une course contre la mort, la course du savoir et du pouvoir celui de pouvoir transmettre à la génération qui suit.

 

Alors on ne peut apprendre que s'il y a différence de savoir et de pouvoir on ne peut apprendre de l'autre que s'il existe en tant qu'autre derrière sa frontière.

 

 

 

Le Poker nietzschéen

Par Le Journal de Personne


Exister c'est résister, c'est ne pas se rendre, c'est ne pas s'abimer dans la mer des conformismes, exister c'est être différent c'est être un autre pour tous et pour chacun.

 

Être coriace c'est se donner la possibilité d'offrir sa différence à l'autre comme un cadeau.

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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