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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 22:57

 

Peste ou choléra?


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Telle était la question que l'électeur pouvait légitimement se poser au 2ème tour des élections présidentielles de 2012 car les deux candidats portaient chacun le même projet, celui de continuer la politique désastreuse d'abandon de souveraineté du peuple français, politique qui comme chacun l'observe conduit notre pays à la ruine, tout en favorisant l'escroquerie financière.

 

Comment en sommes nous arrivé là?

 

Bien évidemment chacun des protagonistes niait que la crise systémique que connaît la zone euro-atlantique puisse provenir de ces abandons de souveraineté, négation accompagnée depuis toujours par une lourde propagande médiatique. Ces candidats pourtant ont bien admis l’existence d'une crise, ils ne pouvaient faire autrement mais ils l'ont tous deux attribuée à un phénomène hasardeux et méconnu, chacun se gardant bien d'en analyser les raisons.

Pire, la solution que chacun proposait pour sortir de cette crise était d'accélérer encore l'intégration mondialiste des nations cause même de cette crise.

 

La propagande médiatique, toujours au service du système euro-atlantique dirigé par les USA a merveilleusement bien fonctionné en servant la fiction d'une bipolarisation «droite» / «gauche» qui serait l'essence même d'un choix profond de société. Ce choix marquerait le haut niveau de la «démocratie» occidentale. Nous atteignons ici le vœux le plus cher du système : réduire des élections à un pseudo choix portant sur quelques détails alors que sur l'essentiel et sur ce qui importe au système il y aurait un parfait accord.

 

Ce pseudo choix «droite» / «gauche» est d'ailleurs le même proposé dans chacun des pays de la zone euro-atlantique, choix partout accompagné par une perpétuelle propagande. On observe d'ailleurs qu'à chaque élection, après que droite ou gauche au pouvoir se soit rendue impopulaire, et il ne peut en être autrement, gauche ou droite dans l'opposition revienne au pouvoir. C'est ce que la propagande appelle la démocratie de l'alternance.

Fausse alternance pourtant qui ressemble à s'y méprendre aux partis uniques des anciens systèmes soviétiques ou il n'y avait pas de choix de société. Pour nous, le seul choix proposé ne concernait que la personne qui appliquera une politique unique, nous ne sommes pas loin du parti unique.

 

Pourtant, en France les choses ne pouvaient pas paraître si simple pour les tenants du pouvoir impérial. La France pays contestataire par tradition avait voté à 55% contre le projet de constitution européenne en 2005, c'est à dire avait voté contre un projet important pour le système impérial.

Il fallait empêcher qu'une majorité politique puisse un jour se concrétiser autour d'un rejet du système européiste et mondialiste, telle fut la tâche dévolue aux différents et principaux partis politiques. Il fallait briser toutes possibilités de réunions sur un sujet aussi fondamental qui est l'acceptation ou le rejet du système bien précis et descriptible qui nous affecte, le système Union Européenne, Euro, Dollars imposé à la fois par l'impérialisme anglo-saxon et par l'axe financier Wall Street, La City.

 

Afin de crédibiliser la fiction démocratique du choix, il importait de donner corps à une différenciation droite gauche en mettant en scène et dramatisant des postures moralistes différentes de ceux  pouvant se réclamer par tradition de l'une ou de l'autre obédience.

 

Cette dramatisation paroxystique devait effacer la différenciation principale, celle qui existe entre les partisans de la souveraineté nationale et celle des partisans de l'effacement des nations et ce afin de la remplacer par une autre opposition mais fabriquée conflictuelle et dramatique entre une droite et une gauche soigneusement épurée de toutes analyses techniques sur les causes de la crise et les moyens d'y remédier.

La dramatisation des postures moralistes permet de mieux séparer accointances et appartenance que ne pourrait le faire une analyse réfléchie et technique sur la crise.

Il fallait « enfumer » le débat en mettant en scène une sorte de guerre de religion.

 

Le but du flot moraliste de gauche au service de l'empire est de rejeter à l'extrême droite toutes contestations du système afin de la diaboliser, cette diabolisation s'effectuant à l'aide d'amalgames et de procès d'intentions.

Les thèmes choisis pour cet enfumage n'étaient pas nouveaux, ce sont devenus maintenant des classiques portés principalement par ce qui était auparavant l'extrême gauche, ex PCF et ex gauchistes reconvertis dans la défense des «valeurs occidentales» antinationales avec aujourd'hui un leader politique Jean Luc Mélenchon.

 

Puisque l'affrontement technique réel : indépendance nationale ou mondialisme se fonde sur la nation : soit son indépendance, soit sa dilution voir sa négation, la position moraliste de la gauche au service des puissances financières est d'amalgamer défense de la nation avec nationalisme et racisme. Cet amalgame doit se réaliser en accusant d'une façon dramatique les indépendantistes de vouloir fomenter guerres nationales, pogroms voir de vouloir construire des camps de concentrations et de leur porter finalement la grande accusation de fasciste.

 

Ces thèmes d'amalgames furent déjà largement utilisés par les USA pour diaboliser les contestataires de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 en portant des accusations très graves de négationnisme, amalgamant la contestation de cette version officielle avec ceux qui nient l’existence des chambres à gaz nazies .

Donald Runsfled lui même fut le premier à porter ce genre d'accusation à l'encontre du Réseau Voltaire et de Thierry Meyssan. Ensuite le monde politico-médiatique et la gauche morale n'eurent plus qu'a suivre la voie tracée.

Ici le bénéfice de la destruction des nations par l'empire est évident, puisque les nations portent des légalités et des protections sociales obtenues de longues luttes, seules barrières à l'exploitation financières.

 

En France pays ou existe une forte immigration et ou vivent le plus grand nombre de musulmans en Europe et le plus grand nombre d'israélites, il est facile de fabriquer des affrontements politiques sur l'immigration, de glisser vers le racisme, de fustiger le nationalisme et d'amalgamer partisans de l'indépendance nationale et adversaires de l'impérialisme avec racistes, extrêmes droite voir fascistes. Il n'est qu'a rappeler l'aventure de Nicolas Dupont-Aignant, cherchant à rencontrer des «Indignés » à la Bastille pour les soutenir, il fut repoussé violemment et traité de fasciste par des militants du NPA.

 

On ne brosserait pas un tableau complet de la situation politique actuelle avec leurs thèmes d'affrontement en ne montrant seulement que le glissement de la gauche révolutionnaire vers la gauche morale, puis son instrumentation par le grand capitalisme financier et mondialiste, sans montrer en parallèle le glissement d'une certaine droite vers le combat anti-impérialiste.

 

Nous voyons aujourd'hui que la défense des nations, de leur liberté et de leur indépendance est devenu un thème politique favori d'une certaine droite radicale autant que de fustiger cette défense est devenu le thème favori des ex gauchistes. Ce faisant cette droite se gauchise en prenant la défense du Vénézuela et de son leader Hugo Chavez autant que celle de l'Iran et de son leader Ahmadinejad autant que celle de la Russie qui a retrouvé son anti-impérialisme du temps de l'URSS avec Vladimir Poutine. Nous avons vu au cours des agressions impérialistes contre la Libye et la Syrie une extrême gauche applaudir à l'intervention de l'OTAN pendant que la droite dite extrême prenait la défense des nations agressées par l'impérialisme US et ses différentes marionnettes. La gauche morale devenant le premier partenaire idéologique de l'impérialisme en mettant en avant le « droit d'ingérence humanitaire » instrumenté derechef par cet impérialisme qui avec sa presse colle rapidement les étiquettes d'infamie sur les hommes à abattre et les nations à piller.

 

Nous pouvons maintenant analyser la manœuvre d'enfumage du «combat » mélenchiste Front contre Front.

 

Un vif affrontement dramatisé entre des « outsiders » radicaux n'avait pour seule fonction que d'obliger chaque électeur à finalement s'identifier religieusement comme étant de droite ou de gauche tout en oubliant les causes de la crise.

 

Cette identification de chacun bien réalisée il ne restait plus qu'aux partis du système, déjà pressentis pour exercer le pouvoir en alternance, de ramasser ses électeurs proprement estampillés.

Chaque groupe n'était plus motivé à élire un politicien en accord avec des idées concrètes , mais à faire barrage à l'autre identifié moralement comme «salaud»: salaud de droite flirtant avec l'extrême droite raciste ou «salaud» de la gauche anti-nationale voulant ouvrir grand les frontières à une immigration massive.

 

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Deux mouvements politiques: le Front de Gauche et la Front National se sont particulièrement attachés et d'une manière complice à donner corps à une mascarade théâtrale dramatisant un pseudo combat droite, gauche . Pour l'un un combat «antifasciste» en jouant une romantique «guerre d'Espagne» de salon avec drapeaux rouges au vent et « no passaran » vociféré le poing levé. Pour l'autre en s'attachant à bien valider toutes les accusations d'anti-islamisme primaire en donnant du crédit à la fable de l'affaire Merah dont chacun sait aujourd'hui qu'elle fut montée de toute pièce par la DCRI.

Marine Le Pen dans ses discours a toujours pris soin d'effrayer les français d'origine étrangère, oblitérant complètement sa volonté de vouloir sortir la France du système financier euro-atlantique, volonté qualifiée pour longtemps maintenent d'extrême droite et jetée aux oubliettes de opprobre.

 

Le tour était finement joué, ce qui accable les français était passé à la trappe, on ne parlait plus que de racisme et d'extrême droite diabolique et de faire barrage à cette droite classique forcément complice.

Le fauteuil de président fut ainsi avancé au falot François Hollande alias Flamby qui fera un splendide et obéissant valet des intérêts financiers et impérialiste de l'oligarchie anglo-saxonne.

 

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Aujourd'hui l’ineffable Mélenchon, défenseur acharné de l'impérialisme et du système financier euro-altantique, en Pantalone de Comedia Dell'Arte remet ça en se faisant parachuter à Hénin Liétard ou se présente Marine Le Pen afin de continuer la mascarade du combat Front contre Front.

 

 

La gauche morale dont il est le leader est bien devenue l'idéologie privilégiée du système politique, économique et financier qui affecte notre nation, elle est bien devenue l'ennemie principale à abattre si l'on veut unir les français dans un large front patriotique contre l'impérialisme comme celui qui permit de libérer la France du fascisme, qui était véritable celui-ci.

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Published by Alain Benajam - dans Analyses
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