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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:16

 

Une imposture historique: Moyen Âge et Renaissance.


 

 

La période historique des 12ème et 13ème siècle est l'une des plus faste de l'histoire de l'Europe occidentale et singulièrement de la France, pourtant cette période qualifiée honteusement de Moyen Âge possède pour tous une valeur négative.

 Les historiens spécialisés commencent à le reconnaître aujourd’hui : les 12ème et 13ème siècle furent les matrices de notre actuelle modernité à l'inverse de la pseudo période historique suivante qualifiée de « Renaissance ».

 

 

  Basilique de Saint-Denis, gothique rayonnant, architecte Pierre de Montreuil, 13ème siècle

verrieres.jpg

On peut distinguer la proportion minime des montants de pierre par rapport à la surface de la verrière,  une telle proportion ne pourra être obtenue qu'à la fin du 19ème siècle avec l'architecture métallique de Gustave Eiffel

 

Celui qui ne peut comprendre son passé envisagera mal son avenir. Ce qui est vrai pour chacun l’est pour la société dans laquelle nous vivons.

L’accès à la connaissance des expériences passées devrait permettre aux peuples de s’émanciper en les conduisant sur le chemin du meilleur destin. Ceci ne peut plaire aux tyrannies de toutes tendances pour qui la connaissance de l’Histoire doit être adaptée aux objectifs de propagande devant faire accepter à ces peuples leur asservissement. Certaines tyrannies avaient même décrété récemment la fin de l’Histoire, cette monstrueuse utopie devait dans l’esprit de ses auteurs étasuniens, cacher définitivement au monde le moteur de sa destinée et ne fabriquer que des esclaves sans conscience.

 

Pourtant, dans notre pays, la France républicaine et démocratique, qui est en mesure de comprendre le passé, tant notre Histoire officielle est truffée de mythes et d’impostures?

Quel que soit le niveau d’étude de nos concitoyens, qu’ils soient ouvriers ou cadres supérieurs, s’ils n’ont pas eu de volonté personnelle de recherche, de volonté de sortir des idées reçues, cette connaissance du passé sera corrompue par un certain nombre d’idéologies prégnantes.

 

Ces idéologies ne nous demandent qu’une chose, accepter le pouvoir d’un Etat tyrannique.

 

Depuis que l’Histoire existe, depuis ses balbutiements, les tenants de la vérité révélée descendue de la bouche des maîtres n’ont eu de cesse que  de procéder à la promotion d’un pouvoir despotique ou au mieux oligarchique. C’est notamment le sens des césures introduites dans l’histoire officielle. Cette imposture a été d’autant plus efficace qu’elle nous a été servie par de prétendus humanistes, de prétendus républicains et de prétendus hommes de gauche. C’est la triste histoire du Moyen Âge et de la Renaissance : imposture majeure, véritable complot politique.

 

Être asservi par ceux qui prétendent vouloir vous libérer est la forme la plus sophistiquée la plus efficace et la plus courante de la tyrannie.

 

Une idéologiedevenue «allant de soit».

Qui n’a pas en tête quelques infamies attribuées au « Moyen Âge », le terme moyenâgeux ayant la signification la plus négative qui soit ? Que s’est-il passé durant cette période de 1000 ans environ pour mériter l’opprobre des faiseurs de conformité? Quelle révolution extraordinaire et quels changements fondamentaux sont ils issus de cette Renaissance tant encsensée par ces mêmes faiseurs ? L’étude approfondie de ce fameux passage de « l’obscurité » vers le « modernisme » est très instructive pour justifier le complot.

 
Le Moyen Âge: quelle période ? On ne sait vraiment !

Qu’elle est cette période d’environ 1000 ans? Où commence le Moyen Âge et ou finit-il ? Le terme semble être apparu au 16èmesiècle pour désigner une période obscure pour l’époque, courant de ce que l’on pensait être la fin de l’État romain (période antique) allant vers une autre période qualifiée de « moderne », pourquoi ?

Nulles justifications descriptibles et claires ne sont jamais données pour décrire cette « transition ».

Si on ouvre un livre d’histoire officielle français, le Moyen Âge irait du 5èmesiècle avec l’abdication du dernier empereur romain d’occident jusqu’au règne de Charles VIII, notamment son mariage avec Anne de Bretagne, c’est à dire, le rattachement de la dernière principauté française indépendante à l’État français central à la fin du 15èmesiècle. Ceci évidemment ne vaut que pour la France. Chaque pays européen possède ses propres critères de césure. En Italie par exemple l’Empire romain d’Orient héritier et continuateur de l’Empire d’Occident est présent jusqu’au 7èmesiècle et en Grèce jusqu’au 15èmesiècle! La « Renaissance », donc la supposée modernité, commencerait aussi beaucoup plus tôt, quand ? On ne sait vraiment. Souvent il est attribué au peintre Giotto les prémices de cette fameuse renaissance.

 

Si l’on se réfère à le Web Gallery of Art Giotto di Bondone est né en 1267 et meurt en 1337 il est classé comme peintre médiéval mais qualifié comme suit : « Florentine painter and architect. Outstanding as a painter, sculptor, and architect, Giotto was recognized (par qui ?) as the first genius of art in the Italian Renaissance”, ce qui situerait  la Renaissance vue d’Italie au début du 14ème siècle.

 

Comparaison d'un même sujet: "vierge à l'enfant" entre différents peintres contemporains de Giotto, aucune différence n'est remarquable

 

 

giotto.jpg

Giotto peintre florentin (1267-1337) La Renaissance ?

 

Donc le début du Moyen Âge en Europe se situerait entre le 5èmeet le 7èmesiècle sa fin venue avec la « Renaissance » se situerait entre le 14èmeet le 16èmesiècle. On aurait donc pour le début de la période qualifiée de « Moyen Âge » 200 ans de transition au début et 200 ans à la fin.

 

Déjà sur 200 ans, tout un chacun peut placer la césure dans l’Histoire où il l'entend et la justifier à sa guise par des changements pour lui seul significatifs.

 

Les historiens professionnels d’aujourd’hui ont conscience de ce flou qualifiant la période médiévale; ils ont donc redistribué cette période en sous périodes. Il y aurait donc une antiquité tardive du 3èmevoir 2èmeau 7èmesiècle, puis un haut Moyen Âge du 7èmeau 10ème  siècle puis un Moyen Âge classique du 11èmeau 13èmesiècle puis un bas Moyen Âge du 14èmeau mi 16èmesiècle période ou se situerait la fameuse « Renaissance »  et les « Temps Modernes ».

 

simone-martini.jpg

Simone Martini (1284-1334) lui est une peintre médiéval allez comprendre.

 

Ces 1000 ans d’Histoire sont une période fourre tout comprenant différentes civilisations remarquablement dissemblables.

 

Si je me réfère au mode de production, qualifiant les rapports de production donc les rapports humains, la période antique coure jusqu'à l’apparition du système féodal, nouveau mode de production totalement différent du précédent. La transition se situerait au cours du 10èmesiècle après les grandes invasions.

Puis les 11, 12, et mi13ème siècle avec essentiellement une production féodale mais avec un très fort dynamisme évolutif et de très importantes différences de situation tant spatiales y compris sur de courtes distances que temporelles, les situations se modifiant perpétuellement. Durant cette période de deux à trois siècles aucune généralisation sur le « Moyen Âge » n’est pertinente et admissible, tout est différent de la France du nord à la France du sud, du St Empire à l’Espagne etc... La modernité se met en place !

Puis vers la fin du 13èmesiècle, début du 14èmesiècle (Règne de Philippe IV), tous les éléments de la modernité, en référence à notre civilisation actuelle, sont disponibles: Industrie, mécanisation, classe ouvrière, actionnariat, temps de travail salarié, grèves, sociétés anonymes, banques, comptabilité, capitalisme et capitalistes richissimes, monétarisme, spéculation monétaire, banqueroutes, dévaluations monétaires, révoltes de masse et répressions de masse  et… prémisses de l’Etat et … décadence !

 

Au cours du «Moyen Âge» officiel existeront successivement parfois dans le même temps, trois modes de production différents : antique, féodal et capitaliste donc trois civilisations totalement différentes.

 

Le mode de production antique est remarquablement stable, reproductible, et descriptible, et ne varie pas depuis la haute antiquité. L’unité de production est le domaine, du latin « dominus »: propriétaire qui exploite la force de travail d’esclaves (servi), les dominés. Le domaine est très étendu (plusieurs dizaines de km2). Le «dominus» propriétaire vit avec sa famille (familia) dans sa demeure (villa) où vivent des parents proches et éloignés avec ses « clients », hommes libres (mais rémunérés par le dominus) assurant la défense du domaine et des intérêts du maître. Le domaine est autarcique, il produit tout ce dont il a besoin : nourriture, outils, vêtements, armes, véhicules etc... Peu de monnaie entre ou sort du domaine. Tous les hommes libres sont assujettis au service militaire sur convocation de l’empereur ou du roi.

A la fin du 9èmesiècle commencent les grandes invasions qui vont contribuer à totalement détruire le système social. Les Vikings au nord et à l’ouest, les Magyars à l’est et les Sarrasins au sud déferlent sur l’Europe occidentale. Les domaines sont peu défendables et ne résisteront pas à ces invasions. Les armées régulières royales et impériales s’avèrent inefficaces pour contrer ces agressions, les peuples envahis doivent se défendre par leurs propres moyens.

 

Le système féodal système de pouvoir local et absence d’état.

Je n’ai pas l’intention de procéder à une description exhaustive du système féodal, un livre n’y suffirait pas et puis, est-il totalement descriptible tant il semble chaotique et évolutif intrinsèquement ?

Les peuples agressés devront organiser leur défense localement. L’organisation locale et atomisée de la défense sera la base de la nouvelle organisation sociale. Cette organisation à la fois militaire et économique, modifiera profondément et durablement la société.

D’abords les hommes doivent se regrouper dans des systèmes de défense alors qu’ils vivaient dilués. Quand le terrain est accidenté comme le midi ils se regroupent sur des hauteurs en abandonnant les plaines. S’il n’existe pas de promontoires, des levées de terre seront construites appelées « mottes » sur lesquelles seront plantées des palissades et des tours de bois. D’autres se regrouperont dans les anciennes cités gallo-romaines fortifiées, largement  abandonnées, dont ils remonteront les remparts.

Les hommes s’organisent dans le même temps autour de chefs de guerre, la guerre étant permanente.

Ces guerriers peuvent provenir de tous horizons. Les guerriers professionnels de l’Empereur ou du roi combattant maintenant essentiellement à cheval, ils constitueront la chevalerie, nouvelle caste composée d'anciens « domini » aristocrates des grands domaines, mais aussi de gens du peuple, voire d'esclaves s’illustrant particulièrement dans les combats.

L’espace des grands domaines sera morcelé en fiefs. Le grand seigneur souvent ex « dominus » attribue à ses compagnons d’arme devenus vassaux des parts de ce domaine, charge à eux de les exploiter, d’en vivre, et surtout de pouvoir s’armer convenablement pour être disponible militairement à toute convocation du seigneur, devenu suzerain. Le vassal peut également attribuer à ses compagnons d’arme des fiefs taillés dans son propre fief, selon la même disposition. Avec les mariages entre familles de guerriers devenus nobles, un système très  complexe de dépendance volontaire s’établit par lequel parfois un vassal peut avoir plusieurs suzerains.

Des armées locales appelées « osts » se constituent, comprenant les vassaux avec leurs soldats et les vassaux des vassaux appelés va-vassaux, eux-mêmes chapeautant des soldats recrutés dans la paysannerie.

Le mode d’exploitation de la terre change et le statut social des non guerriers change aussi.

 La seigneurie, déjà parcelle du domaine antique primitif se partage souvent en deux espaces, le domaine propre du seigneur, exploité par des serfs et des esclaves, les esclaves (servi) devenant petit à petit « serfs » c'est-à-dire semi libres. Puis un autre espace, des manses ou tenures louées à ferme à d’anciens hommes libres, non guerriers, ou d’anciens esclaves libérés.

Le fermier est libre d’exploiter la manse comme il l’entend sous réserve de redevance au seigneur, en nature ou en monnaie. Il restera surtout dans le midi beaucoup de petites exploitations libres et pratiquement aucune dans le nord de la France.

 

Qui possède le pouvoir ?

Celui qui possède le ban, c'est-à-dire le droit de punir et de contraindre qui est la définition même du pouvoir. Ce pouvoir est détenu par une multitude d’institutions individuelles ou sociales.

Les seigneuries sont multiples et variées, qu'elles soient militaires ou cléricales.

Les communautés monastiques, par exemple les cisterciennes, joueront un rôle très important dans la mise en œuvre des technologies industrielles et agricoles nouvelles.

Les communes ou communautés urbaines, dont le pouvoir de ban s’étend d’une lieue autour de la ville d’où le terme « banlieue ».

Surtout il n’y a ni état, ni pouvoir central, le roi n’est maître que dans son propre domaine comme n’importe quel seigneur. La France ne s’appelle plus que l’Isle de France, domaine royal. 

 

forge usine cistercienne 001

Usine cistercienne, une forge utilisant un moteur hydraulique (13ème siècle)

Abbaye de Fontenay

 

Le système évolue très rapidement pour les causes suivantes :

 

Concentration des populations dans les espaces de défense. Les gens de ce fait communiquent, échangent, se coalisent et se solidarisent.

Multiplication des initiateurs et des initiatives individuelles et sociales donc des expériences. Les seigneurs qui deviennent chefs d’entreprise. Les fermiers (anciens esclaves libérés) qui deviennent également chefs de leur entreprise : la ferme, dont la signification va glisser de système de location à exploitation agricole, tant ce mode sera généralisé.

Urbanisation avec l’apparition de la commune et du bien commun. Deux nouvelles classes sociales vont apparaître qui ne cesseront de prendre de l’importance, celle des bourgeois et celle des ouvriers, les bourgeois devenant chefs d’entreprise de leurs exploitations artisanales et pour certains industrielles. La communauté urbaine devient le siège d’un pouvoir au même titre qu’une seigneurie.

 

Les effets.

 

La monétarisation devient explosive. Dans le système précédent beaucoup d’échanges et de paiements se réalisaient en nature. Dans le système féodal, le seigneur exige de plus en plus de monnaie pour les redevances. La raison provient de la complexification de l’armement et des systèmes de défense demandant une main d’œuvre et un artisanat qualifié ne pouvant être payé qu’en monnaie. Les artisans du domaine seigneurial ne suffisent plus. Le seigneur doit gagner de l’argent « cash ». Le fermier doit donc échanger sa production contre de la monnaie en la vendant à la ville ou au bourg. La ferme prend une valeur quantifiable en monnaie ainsi que la seigneurie. La terre devient commercialisable et devient donc un bien foncier avec lequel il est possible de spéculer. Dans ce système tout devient quantifiable en monnaie, tout à un prix.

L’amélioration du rendement monétaire de la production agricole devient une exigence et induit un progrès technique continu. (voir La Révolution Industrielle du Moyen Âge - Jean Gimpel).

L’accroissement des disponibilités monétaires entraîne celui de la demande de certains produits qui deviennent plus sophistiqués, comme l’habillement et la construction. En corollaire, la forte demande en habillement induit une industrialisation de sa fabrication. Toute production qu’elle soit agricole artisanale ou industrielle se spécialise.

L’accroissement des échanges monétaires conduit à l’invention de techniques d’utilisation et de gestion de capitaux : banque, comptabilité à deux colonnes, sociétés par action, lettres de crédit, spéculation.

 

 

Aux 12èmeet 13ème  siècle, un certain nombre d’innovations sociales et techniques induites par le besoin de monnaie vont amener la société à un niveau qualifiable de moderne à contrario de ce qu’elle était auparavant, qualifiable d’antique.

 

Innovations sociales déterminantes, quelques exemples significatifs:

 

Société par action et capitalisme.

La possession de monnaie en quantité, que l’on peut appeler capitaux devient aussi déterminante que la possession de terre. Le capital pouvant s’investir et fructifier, une coalition de possesseurs de capitaux permet de posséder un outil financier plus efficace. La société anonyme par action est inventée ou le partage des bénéfices acquis se fait au prorata des capitaux amenés par chacun des associés.  On connaît l’histoire de plusieurs sociétés par action attestée par le conflit sans fin devant les tribunaux entre les sociétés de barrage et de moulin sur la Garonne à Toulouse notamment le conflit entre le Basacle et la Daurade qui se terminera par la victoire du Basacle, société qui perdurera jusqu’au 20èmesiècle.

 

Industrie et classe ouvrière.

L’industrie est la rationalisation par parcellisation et automatisation de taches répétitives d’une production de marchandises. L’industrie fait son apparition dans les manufactures de drap. La mécanisation de taches pénibles comme le foulage est assurée par la force hydraulique.

Le développement de l’industrie en Flandre et en Italie du nord induit plusieurs conséquences sociales déterminantes. La constitution d’une classe ouvrière et de révoltes populaires durement réprimées. Les partisans de Wat Tyler en Angleterre, les Ciompi à Florence, les Maillotins à Paris, les milices ouvrières flamandes qui battent la fine fleure de la chevalerie française à la bataille de Courtrai en 1302.

 

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Assassinat de Wat Tyler en 1381 chef des ouvriers et paysans anglais révoltés

 

Banque, paiement par écriture.

Les nombreuses monnaies en cours posent un certain nombre de problèmes de change. L’utilisation de capitaux importants pour l’industrie et le commerce pose également un problème de sécurité. De l’Italie du nord et surtout de Florence va venir une innovation déterminante : la lettre de change ou lettre de crédit. Cette lettre possédée par un marchand ouverte par son banquier « Lombard » permet de se faire payer en monnaie locale, en n’importe quel lieu où officie un banquier « Lombard ». Ceux-ci sont présents dans tous les lieux où s’opèrent des échanges monétaires importants.

 

La commune et le bien commun, prodrome de la République.

Beaucoup de cités auparavant dirigées par un évêque vont gagner en indépendance en usant des moyens les plus divers, de la force brutale à la persuasion. La vie des citadins très concentrés dans des habitats étroits, nécessita la mise en œuvre de règles de vie communes. Dans ces cités médiévales sièges d’un artisanat et d’une industrie de plus en plus technique et spécialisée certains bourgeois accumulèrent de conséquentes richesses et, ce faisant, briguèrent une participation au pouvoir. Des communes vont s’ériger plus ou moins indépendantes du pouvoir royal ou seigneurial et plus ou moins démocratiques selon le lieu. Au sein de ces villes dirigées par une commune un sentiment  collectif va naître : le bien commun. Dans le nord de l’Italie des républiques totalement indépendantes vont être proclamées.    

 

 

Des innovations techniques déterminantes.

 

L’utilisation de la force hydraulique se généralise.

Si le moulin à eau est connu depuis l’antiquité, les 12èmeet 13èmesiècle voit son utilisation se propager et se généraliser à l’usage d’une multitude de procédés. Sur toutes les rivières partout ou portait le regard il y avait un moulin à force hydraulique, il y en avait 68 à Paris. L’invention de l’arbre à came concourt à multiplier l’usage de ces machines car il pouvait ainsi animer des marteaux utilisés dans le foulage des draps ou comme marteaux pilons dans les forges. Les forges et les hauts fourneaux utiliseront également des machines hydrauliques pour animer des soufflets parvenant ainsi à fabriquer et couler de la fonte. La transmission de mouvement rotatif en mouvement alternatif introduit l’usage de scies hydrauliques avec avance automatique et proportionnelle du tronc, ce qui permettra la fabrication industrielle de planches, ces types de scies seront en usage jusqu’au 20èmesiècle. Cette invention est attribuée à l’ingénieur Villard de Honnecourt dont l’activité professionnelle se situe entre 1225 à 1250 et dont beaucoup de dessins techniques seront repris par Léonard De Vinci.   

 

Marteau pilon

 

Marteau pilon animé par un arbre à came entrainé par un moteur hydraulique 13ème siècle (reconstitution)

 

 

 

Le bâtiment, l’invention de la croisée d’ogive et de l’arc boutant.

C’est peut être l’innovation la plus spectaculaire de cette période car elle va permettre la construction des ces immenses cathédrales dans l’environnement parisien, cathédrales que tout un chacun peut encore et journellement admirer. La croisée d’ogive sur plan carré ou barlong ainsi que l’arc boutant donne la possibilité de faire porter le bâtiment par des colonnes et non plus par des murs porteurs, c’est une architecture dynamique. Résultat : la surface des assises au sol en proportion de la surface couverte n’est plus que de 9%, alors qu’elle était auparavant avec l’arc de plein cintre romain de 20%. Cette proportion retournera à 20% avec l’abandon de cette technologie qualifiée de « gothique » par les admirateurs du passé antique. Elle ne reviendra qu’avec les constructions métalliques dynamiques de Gustave Eiffel à la fin du 19èmesiècle. Entre la Loire et la Somme, durant les 12 et 13èmesiècle il sera construit en tonnage de pierre plus qu’il ne fut construit durant toute l’Egypte ancienne. Aujourd’hui  près d’un chrétien sur deux pratique sa religion dans une église construite durant cette période. Beaucoup de bâtiments civils furent construits également et majoritairement détruits au 18èmeet 19èmesiècle. L’extraction de pierre donnera lieu également à une intense activité industrielle.

 (Chronologie des inventions médiévales)

 

Bourges interaction des forces

Technologie architecturale avancée il faut attendre la fin du 19ème siècle pour revenir à des technologies architecturales dynamiques

 

Dans le domaine agricole les innovations seront également très nombreuses.

L’attelage du cheval par collier d’épaule permettant son utilisation efficace et rapide dans les labours.

La herse.

La charrue à train de roue avec soc versoir et coutre.

L’assolement triennal.

La sélection dans l’élevage.

Les fermes modèles cisterciennes.

Tout ceci permettra un rendement agricole accru. Il n’y aura aucune famine durant le 13èmesiècle.

La population va tripler sur environ le territoire de la France actuelle, du 10ème au 13ème siècle. Les effectifs de cette époque ne seront retrouvés qu'au 18ème siècle


 

De nombreuses et fondamentales innovations intellectuelles.

Contrairement aux idées reçues la lecture et la glose des maîtres anciens étaient l’activité principale des écoles et universités. La connaissance de l’existence de ces maîtres grecs et romains a toujours persisté même depuis le haut Moyen Âge cependant, dés le 12èmesiècle de plus nombreux ouvrages d’origine grec  ou latin deviendront disponibles traduits de l’arabe depuis Tolède ou musulmans, juifs et chrétiens travaillèrent ensemble pour diffuser la culture antique notamment la pensée d’Aristote. Des penseurs Arabes comme Ibn Rushd « Averroès » et Ibn Sinna « Avicenne » apportèrent leurs propres commentaires à la philosophie aristotélicienne. Cette philosophie légèrement agnostique sera reprise par l’université de Paris sous le nom d’Averroïsme. Des intellectuels parisiens apportèrent leur propre touche à cette pensée qui deviendra la première à mettre en avant le douteet l’expérimentation pour le levé.  (Penser au  Moyen Âge  - Alain de libera  - Seuil)

La scolastique parisienne dont le maître fondateur fut Pierre Abélard est bien la prémisse de la pensée rationnelle et scientifique. Descartes dans son Discours de la Méthode s’inspirera profondément de la pensée de Pierre Abélard exprimée dans son maître ouvrage Sic et Non. Certains aujourd’hui n’hésitent pas à parler même de plagiat tant il y a proximité entre la pensée de ces deux intellectuels dont l’un vécut 500 ans avant l’autre.

De très nombreux intellectuels, humanistes, chercheurs et ingénieurs vécurent durant cette période et apportèrent la modernité de leur pensée. On peut citer sans être exhaustif outre Pierre Abélard inspirateur de Descartes, Thomas d’Aquin  précurseur de l’expérimentation en laboratoire, Robert Grosseteste et son disciple Roger Bacon, Abélard de Bath, Gérard de Crémone, Maître Eckart, Bernard de Chartre, Villard de Honnecourt, Pierre de Maricourt (le magnétisme 1269), Siger de Brabant et bien d’autres.   

 

Pourtant cette brillante civilisation dont l’épicentre était Paris connaîtra une fin. Cette fin est marquée par une date précise, le 7 mars 1277, quand l’archevêque de Paris Etienne Tempier interdit l’enseignement de 219 thèses de l’université de Paris et fait jeter en prison le maître Siger de Brabant accusé d’Averroïsme (collusion avec les musulmans déjà).  

A la fin du 13èmesiècle le monde européen bascule et s’effondre, outre les débuts de la censure et de l’intolérance religieuse qui vont mettre à bas l’université de Paris comme premier centre intellectuel d’Europe, des séries de catastrophes s’enchaînent.

Des banqueroutes à répétitions des plus grandes banques italiennes, des dévaluations monétaires, des famines dues à des changements climatiques et  à la spéculation. Avec la peste noire qui fait son apparition au début du 14èmesiècle, certaines villes perdront jusqu’aux deux tiers de leurs effectifs.

La France ne pourra résister à ce choc avec en adjonction les débuts de la guerre 100 ans. Un autre monde va naître fait de mysticisme, d’intolérance, de chasse aux sorcières et de guerre avec son cortège d’exactions; à cette époque les cavaliers de l’apocalypse seront maint fois représentés. 

En Italie du nord, les banquiers capitalistes ont, durant la période faste des 12èmeet 13èmesiècle accumulés d’immenses fortunes et en dépit de nombreuses banqueroutes les fortunes personnelles s’élèveront en avoir au niveau de ce que pouvaient posséder des états comme la France et l’Angleterre réunies. Avec les guerres perpétuelles, ils vont investir massivement dans l’armement, autant en recherche et développement qu’en fabrication industrielle. Cet armement connaîtra des améliorations techniques considérables, notamment l’artillerie (Veuglaires: Chargement par la culasse et Ribeaudequin: Multitubes avec tir en rafale). 

 
L’absence d’état et de pouvoir central qui accompagnent un développement explosif de la société féodale des 12èmeet 13èmesiècle vers la modernité est le fait le plus remarquable, de l’histoire du monde occidental.

C’est également le fait le plus déprimant pour les laudateurs de toutes les tyrannies possibles et imaginables. Ceux-ci de droite ou de gauche n’auront de cesse d’effacer cette période des mémoires en révisant l’Histoire. Il s’en suivra une haine récurrente de cette France-là et une promotion toute aussi récurrente de l’antique Romain.

 

Des Français contre la France (comme toujours), c’est la triste histoire du mythe de la Renaissance, ou que vient faire un symbole romain sur mon passeport ??    

 

Une Renaissance ?

 

Une ville, Florence.

Dans ce contexte d’immenses richesses d’un côté et des catastrophes de l’autre, le centre intellectuel de l’Europe va glisser de Paris … à Florence.

De l’argent, beaucoup d’argent

La Florence des 14 et 15èmesiècle, des « trecento et quadracento » n’est pourtant plus celle de la période précédente : elle a déjà perdu près du tiers de son chiffre d’affaire, mais elle investi dans l’armement, le prêt aux belligérants de la guerre de 100 ans, et… dans l’art.

 

Des artisans devenant artistes de cour.

Un phénomène nouveau : l’artiste de cour. (voir l’Artiste et la Cour de Martin Warnke).

Les artistes médiévaux sont considérés comme des artisans et à ce titre ils doivent s’inscrire dans des corporations, le plus souvent dans le bâtiment où ils doivent suivre des règles strictes et œuvrer comme la corporation l’entend et non à leur guise. Les puissants commenceront à s’attacher des artistes artisans comme serviteurs (même statut qu'un valet de chambre) et d’ainsi les libérer des contraintes de leur corporation. Biens logés, bien nourris et bien payés, ces artisans en gagnant les cours des princes et riches bourgeois, deviendront artistes car mis en possibilité d’œuvrer comme ils le désirent, ou presque car la condition, bien évidemment, était de devenir les laudateurs de leurs bienfaiteurs. Ces artistes devenus par contrainte laudateurs des pouvoirs seront les artisans du mythe.

 

Un prince puissant avec des ambitions politiques

Un des précurseurs de l’utilisation d’artistes pour soigner son image politique fut Robert d’Anjou roi de Naples petit fils de Saint Louis. Robert d’Anjou (1309-1343), prince le plus puissant d’Italie, aspirait à jouer un rôle majeur dans la péninsule et pourquoi pas en Europe. Principal soutient des Guelfes de Florence, partisans du pape contre les Gibelins partisans de l’empereur germanique, il fut nommé par le pape vicaire pontificale.

 

 

Une idée politique : la renaissance de l’Etat romain.

Les capitalistes italiens, princes autant que marchands ayant acquis les plus grosses fortunes d’Europe, aspirèrent à y jouer un rôle majeur.  Au cours des rénovations urbaines et de la construction de somptueux palais, de nombreux vestiges antiques ont été mis à  jour. Ces vestiges vinrent rappeler la puissance passée. Ne pourrait-elle revenir ? Un sentiment national a commencé à s’exprimer. Ce sentiment s’exprimait par la critique de ce qui venait de l’autre côté des Alpes d’où sont venus les hordes barbares qui détruirent l’empire. Ce qui n’était pas italien était qualifié avec mépris de Tedesco ou Gotico c'est-à-dire germanique y compris et surtout ce qui venait de France. Ainsi sera appelé « Gothique, Gotico » l’architecture allogène typiquement française utilisant la croisée d’ogive qui contrairement au style romain n’utilisait pas l’arc de plein cintre. Que Rome telle qu’elle fut dans l’antiquité redevienne la maîtresse de l’Europe occidentale et que les légions y fassent régner l’ordre face à l’anarchie féodale, voilà le nouveau mot d’ordre politique exprimé par ceux qui aspiraient à redevenir les maîtres.

 

Un comité d’admiration mutuel  bien « sponsorisé» initialise l’idée qu’avant c’était mieux.

Un des militants de la cause romaine fut Pétrarque. Pétrarque ami et / ou serviteur de Robert d’Anjou et du pape ne ménagera jamais sa peine pour que Rome puisse retrouver son pouvoir d’antan, que l’antique redevienne le goût du jour et que l’on en finisse avec la France et son anarchie féodale.  Pétrarque va constituer un comité d’admiration mutuel (comme le disait mon ami Marc Boureau en décrivant la situation médiatique actuelle). Dans ce comité, dont lui et Robert d’Anjou seront les animateurs, en feront parti des écrivains dits « humanistes » Boccace, et Dante et surtout un peintre : Giotto. Dans ce comité ou puissants, écrivains et artistes se côtoient, chacun est le laudateur des autres, l’argent ne manque pas, une légende fort vivace ainsi se crée: avant, quand nous Romains dirigions l’Europe, c’était bien mieux. Cette légende court encore !

 

Une légende qui en sautant  les siècles nous revient: Giorgio Vasari

Giorgio Vasari (1511-1574) est un peintre , architecte et écrivain italien.  Né dans une famille modeste, il est l'auteur du précieux recueil intitulé Les vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes (Le Vite de' più eccellenti pittori, scultori e architettori)(1560-1570). Il est, à partir de 1553, un proche des Médicis à Florence et fonde l'Académie de dessin en 1562  En mars 1565, il écrit, pour le mariage de François de Médicis et de Jeanne d’Autriche, la Mascarade de la généalogie des dieux, dont il publie le livret. (D’après Wikipedia).

 

Vasari est typiquement un artiste de cour habitué à formuler les louanges qui conviennent au maître. Dire les bons et les moins bons selon ses goûts ou plutôt ceux de son maître Médicis. Les Médicis depuis Cosme l’Ancien (1389-1464) étaient passés maîtres dans l’utilisation d’artistes comme image de marque. La fortune personnelle de Cosme aurait dépassé les avoirs des états français et anglais réunis auxquels il vendait des armes et prêtait de l’argent. Les Médicis, drapiers, industriels et banquiers eurent de grandes ambitions de pouvoir, ils donnèrent deux reines à la France. Vasari encense dans son livre, bien évidemment les amis de Florence dont Pétrarque et Giotto qui y trouvent une place d’honneur. Giotto le florentin ne cessera jamais d’être l’icône du mythe, ceci est pourtant peu mérité, (voir vierges) Simone Martini son contemporain a bien plus de talent, mais il est siennois, l’ennemi. Les Médicis qui seront les fossoyeurs de la république de Florence seront, générations après générations, les artisans perpétuels et infatigables du mythe de la prééminence de l’antique et de la légende dorée de l’art italien contre le «Gotico» méprisable.

 

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Simone Martini (1284-1344) contemporain de Giotto, un art plus avancé mais artiste médiéval.

 

La légende dorée de l'art italien.

 

«L’Italie, il est vrai, a eu deux bonnes fortunes refusées à la France, et dont il importe de tenir un grand compte: celle d’avoir conservé intactes les œuvres de ses anciens maîtres et celle d’avoir eu, grâce à Vasari, sa légende dorée de l’art. Maîtres de l’opinion aux XVIe et XVIIe siècles, les Italiens dispensèrent trop souvent la renommée selon leurs préventions ou leurs dédains. Sans contredit, la France du XIIe et du XIIIe siècle posséda dans son sein un mouvement d’écoles comparable à celui de l’Italie du XIVe siècle; mais elle n’eut pas de narrateur légendaire pour ce grand développement. Ses génies créateurs ne sont guère connus que de nom ou par les chétives images qui nous les montrent sur le pavé de leurs églises, revêtus de l’humble manteau de l’ouvrier.»
ERNEST RENAN, "L'art du moyen âge" in Mélanges d'histoire et de voyage, Paris, Calmann-Levy, 1978.

Le livre de Vasari, tombé dans l’oubli, est réédité au 19èmesiècle et considéré à ce moment comme la bible de l’histoire de l’art de la « Renaissance » ; ce terme, oublié également, revient donc à la mode au 19èmesiècle et Giotto est propulsé comme précurseur d’où la phrase illustrant Giotto dans la Web Gallery of Art :  "Florentine painter and architect. Outstanding as a painter, sculptor, and architect, Giotto was recognized (par qui? par Vasari et ses maîtres) as the first genius of art in the Italian Renaissance”.

 

 

 Michelet, Isaac et l’Histoire officielle de France.

Je suis et le proclame, un républicain, athée, de gauche,  pur et dur comme le furent Michelet et également d’origine juive comme le fut Isaac.

Ceci doit être dit parce qu’il est question maintenant de dissiper un malentendu voir une imposture dont la source vient des miens.

Qu’avait donc Michelet en tête pour promouvoir cette «Renaissance», complot ourdi et fourgué au travers du temps, comme une bombe à retardement par ces Italiens nationalistes qui voulaient reconstituer l’état romain impérial.

Une magnifique réussite ! J’en vois un des résultats à chaque fois que je sors mon passeport et j’ai honte d’y voir figurer un symbole romain, de répression en plus puisque je crois distinguer verges et hache, symbole le la brutalité romaine et de son impérialisme. (J’aurais préféré y voir figurer la cathédrale de Chartre)

J’ai beaucoup de difficulté à trouver une explication ayant un début de valeur républicaine ou progressiste.

La première République proclamée à Paris s’est également appuyée sur une première commune de Paris appelée comme telle en souvenir des communes médiévales dont le souvenir était encore prégnant, communes aux seins desquelles était né le sentiment de bien commun, prodrome de l’idée républicaine.

La « Renaissance » et les « Temps Modernes » qui ont suivi on vu la disparition complète de ces communes. Les républiques urbaines italiennes ont également disparu à cette époque, chacune étant confisquée par un despote local ; à Florence ce furent les Médicis promoteurs de Pétrarque, Giotto, Vasari et du mythe entier !

Un nouvel humanisme aurait marqué cette renaissance ? Pétrarque, Dante et Boccace. Auteurs italiens du début de 14èmesiècle, Pétrarque, ami, serviteur et laudateur du petit fils de Saint Louis. Quand il écrit, en France règne Philipe IV Le Bel puis les Rois Maudits ; la guerre de 100 ans n’a pas commencé, l’armure ou harnois blanc, symbole dans l’esprit de chacun du chevalier médiéval, n’a pas encore été inventé, les premières ne verront le jour que mi 14ème.
Il est difficile de placer ces auteurs dans une « Renaissance » dont même les prémisses n’existent pas. Ces humanistes ne veulent à ce moment que restaurer le passé. Ils sont anti modernes, modernisme représenté par la France et sa culture « Gotico ». Et puis ce ne sont certainement pas les premiers auteurs littéraires médiévaux, que faire du « fine amor » et de  Chrétien de Troyes?

 

La « Renaissance » ou l’accession à un monde moderne?

Au cours des 14èmeet 15èmesiècles l’hygiène corporelle disparaît peu à peu avec la disparition des bains publics : fort nombreux au 12 et 13èmesiècle ils ne réapparaîtront qu’au 20èmesiècle. Il est vrai qu’ils étaient mixtes et le théâtre de licences sexuelles ; l’église n’a pas supporté. A la « Renaissance » et par la suite on était sale sur soi et on baisait caché.

 

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Au 14ème siècle on festoyait dans de vastes baignoires au son de la musique et de temps en temps on faisait l'amour bien propre et on revenait festoyer, quelle image d'un prude moyen âge?

 

Les lieux d’aisances : Aux 12 et 13èmesiècle on ne construisait jamais un lieu d’habitation, château ou maison, sans ses latrines, commodités disparues à l’époque « moderne » : à Versailles on chiait partout, et on se torchait avec les rideaux.

Après les débuts de 14èmesiècle et avec l’invention de l’horloge, aucune autre grande invention technique ne verra le jour dans la vie courante des gens avant le 19èmesiècle, que ce soit dans le domaine agricole ou industriel. (Chronologie des inventions médiévales). L’encyclopédie de Diderot ne rapporte que des technologies médiévales.

Cependant les 14 et 15èmesiècles verront des bouleversements dans la technologie militaire.

L’armure de plate ou harnois blanc, le plus souvent fabriquées en séries en Italie d’où leur nom de « milanaise ». Puis et surtout, l’artillerie au 15èmesiècle avec des canons avec hausse, à chargement par la culasse ou des canons multitubes (attribués faussement près d’un siècle plus tard à Léonard de Vinci). Ces innovations admirablement maîtrisées par les frères Bureau qui réorganisèrent l’artillerie de Charles VII permirent de battre les Anglais aux batailles de Formigny et Castillons et d’ainsi bouter les Anglais définitivement hors de France. Ces inventions ne passèrent pas les fameux « Temps Modernes » : abandonnées, elles ne reverront le jour qu’à la fin du 19èmeet au 20ème siècle.

Du 14 au 17èmesiècle (Renaissance et Temps Modernes inclus) sévira la chasse aux sorcières ou des milliers de femmes suspectées de commerce avec le diable seront brûlées vives. On ne brûlera jamais tant, on ne torturera jamais tant, on ne massacrera jamais tant qu’au 16èmesiècle (Renaissance dite française). Alors qu’au 12ème siècle Pierre Abélard pouvait écrire « Dialogue entre un Chrétien un Juif et un Musulman ».

 

 

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Massacre de femmes accusées de sorcellerie jusqu'au 17ème siècle pratique inconnue au moyen âge (commencée au 15ème siècle)

 

Rôle de l’église médiévale avant 1277 (censure de l’université de Paris).

L’église médiévale avant cette date, n’a jamais freiné ou cherché à freiner le commerce, l’industrie et la technologie.

Seuls les juifs étaient autorisés à faire commerce d’argent ? C’est une légende non corroborée par les faits. Les plus grands banquiers étaient Florentins, bons chrétiens et amis du pape ce qui leur permit, fortune faite, de lancer la légende de la « Renaissance».

Les communautés religieuses cisterciennes furent le fer de lance de l’innovation technologique et Saint Thomas d’Aquin fut un précurseur dans l’expérimentation en laboratoire.

Quand au peuple écrasé par l’impôt féodal ? On payait beaucoup moins d’impôts sur ses revenus aux 12èmeet 13èmesiècle que maintenant en pleine démocratie républicaine. 

 Ah ! J’oubliais la perspective et les fenêtres, important, l’argumentaire favori des idées reçues!

 

Détail de l'annonciation

 

Robert Campin détail

Robert Campin peintre né à Valencienne (1378-1444) peintre médiéval des détails proches de la photographie

 

 La perspective dans l’art pictural. La représentation par peinture sur fresque était surtout employée dans le midi et en Italie ou les églises romanes avaient des murs. Dans la France du Nord ou les églises sont construites sur croisée d’ogive à partir du 12èmesiècle (Basilique de Saint Denis), il n’y a pas de murs et donc pas de représentation picturale possible. La représentation religieuse et pour beaucoup civile s’exprimera sur vitraux car les parois de ces églises ne sont que vitrées. Ceci ne peut donner lieu qu’a une représentation stylisée. De nombreuses représentations non religieuses sont visibles encore dans ces églises. Scènes de la vie courante mais également publicités que les artisans ne manquaient pas d'inscrire sur les vitraux, bien visibles.

L’art pariétal était extrêmement développé, avancé et divers, avec autant de représentations religieuses que civiles. (voir documents). La représentation picturale n’existe vraiment que dans les enluminures et miniatures dont la perspective est schématique quand elle existe. L’artiste de cour n’existant pas encore, les portraits et tableaux n'apparaissent qu'au 14ème siècle. Ces vitraux, statues, enluminures et miniatures sont d’un art consommé. Faut-il de la perspective pour qu'une œuvre picturale mérite la qualification de moderne ? Picasso ne serait-il qu’un barbare moyenâgeux ?  La représentation de la perspective : tout ce qui reste de la Renaissance ? 

 

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Cathédrale de Reims sculpture du 13ème siècle représentant la synagogue, admirez le drappé de la robe

 

Les fenêtres apparues à la Renaissance.

On tombe ici dans le ridicule. Il n’y avait pas plus de fenêtres dans les murs d’une forteresse médiévale que dans celles de Vauban. Les gens n’habitaient pas les forteresses et les châtelains habitaient des palais pourvus de moult fenêtres, soit situés dans la basse cour du château soit situés au dessus des courtines avec le plus souvent des vues imprenables. Les  bâtiments civils médiévaux étaient autant pourvus de fenêtres qu’ils le furent après. Cependant la très grande quantités de constructions civiles érigées aux 13èmesiècles  fut détruite en France aux 18èmeet 19èmesiècle, il en reste de nombreux en Belgique.  (voir Violet Le Duc)

 

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Une construction civile du 13ème siècle, le palais épiscopal de Laon pourvu de larges fenètres

 

La démonstration pourrait être longue et peut être fastidieuse. Je ne peux conclure (provisoirement), que Michelet, s’il était un Républicain progressiste et sincère, ne connaissait rien à l’Histoire. Cela est possible dans la mesure ou les études historiques étaient loin, très loin de ce qu’elles sont devenues. Michelet en outre n’était qu’un compilateur des travaux d’autrui, il n’a jamais étudié par lui-même.

Cependant un doute m’habite. Personne n’est venu contredire Michelet et l’état français, républicain (ou prétendu) a validé la légende. Le « Malet Isaac » issu de la compilation historique de Michelet est devenue l’Histoire officielle de France et a formaté des générations de petits français appelés à faire de bons soldats n’hésitant pas à sortir de la tranchée sous la mitraille avec la certitude de mourir.

 Là est le nœud de l’affaire. Nous avons vu qu’aux 12èmeet 13èmesiècle, siège non pas d'une re-naissance comme certains l’affirment maintenant (La Renaissance du XIIe siècle - Jacques Verger cerf) mais d’une Véritable Naissance. La modernité est bien née à ce moment quand aucun état n’existait ! C’est mauvais pour le moral du pioupiou appelé au sacrifice suprême sur ordre de l’état.

L’idée républicaine dévoyée en étatisme, voila la raison de la vivacité de la légende et de son soutien par toutes les forces politiques institutionnelles.

           
Tous les despotismes européens ont abondamment  puisé dans la symbolique antique pour promouvoir et légitimer leur pouvoir. La symbolique antique est devenue la symbolique même du
pouvoir !

 

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Symbole fasciste italien

 

Les princes et tyrans italiens, les premiers qui en ont eu l’idée et l’ont exploité, merci l’humaniste Pétrarque! Les rois de France ensuite qui à partir du 16ème siècle ont plongé dans cette idée et avancé vers le concept de royauté absolue. Louis XIV, le premier qui constituera un état totalitaire, son état (c’était lui), fera de nombreuses références à l’antique. Ces abus totalitaires engendreront la Révolution française. Napoléon ensuite ; même la mode féminine et les coiffures s’inspireront de l’antiquité romaine. Les fascismes Italiens et Nazis après ne verront que par l’antique.

 

 

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Armes de la République Française avec un symbole romain identique au symbole fasciste

 

Alors pourquoi ai-je un symbole Romain sur mon passeport de la belle République française ennemie des rois et des princes, ennemie des fascismes de tout poils ?

L’idée républicaine dévoyée en étatisme, voila la raison de la vivacité de cette légende et de son soutien par toutes les forces politiques institutionnelles.

Des faux républicains bien sûr ; ils n’ont jamais rien compris ou voulu comprendre. La République c’est le pouvoir du peuple et l’état le pouvoir sur le peuple.

Aujourd'hui l'idée républicaine est totalement dévoyée et confondue avec le bal des « ripoux » et leurs comptes en Suisse. D'autres profitant de cet affaissement tentent de nous ressusciter l'intérêt du despotisme d'un chef et d'en finir avec la gueuse. La république ce n'est pourtant que la souveraineté de la nation c'est-à-dire de l'ensemble du peuple.

L'idée républicaine doit perpétuellement faire face au complot car elle est intolérable pour les puissants.

La renaissance de l’antique et le dénigrement du « Moyen Âge » a encore de beaux jours et voila pourquoi je me retrouve avec un symbole romain sur mon passeport français !

 

 

Cet article fut rendu possible après la lecture du livre de Jacques Heers ; "Le Moyen Âge, une Imposture"

Alain Benajam

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Published by Alain Benajam - dans Histoire
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commentaires

La Mauny 03/04/2017 22:44

Merci pour l'article. Attention cependant à la théorie du complot! Les lycéens de seconde, dans leur manuel scolaire, apprennent à distinguer les éléments de cette "modernité" occidentale à toutes les époques; depuis Athènes au Ve siècle (la cité, l'Etat, la démocratie) aux débuts de l'époque contemporaine (la nation, le libéralisme). Rassurez-vous de nombreux chapitres sont consacrés au Moyen-Âge !

gaelle ange 25/11/2016 21:36

C'est vraiment génial ce blog

M'elle lita lamiaae 17/11/2015 16:00

c'est magnifique malgré il est long

M'elle lita lamiaae 17/11/2015 15:58

c'est magnifique

serrurier 26/03/2015 14:54

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement