Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 11:07

Les différentes phases du capitalisme jusqu'à l'élection de Donald Trump à la présidence des USA

 

 

L'élection de Donald Trump à la présidence du pays le plus puissant de la planète, et son discours d'intronisation, marquent un important jalon dans l'histoire du capitalisme. Il fallait attendre un peu pour savoir si Trump étaient en mesure de conserver ce poste et de commencer à appliquer son programme anti impérialiste ; je suppose que le délai au cours duquel sa position était en grand danger est passé et que nous sommes en droit de penser que déjà le bilan de son élection s'annonce remarquable.
Thierry Meyssan a récemment écrit un article sur l'effet de la présidence de Trump, j'ai moi-même écrit plusieurs articles sur l'évolution du capitalisme mondial et ses différentes phases, nous sommes aujourd'hui sur le point constater la réalité d'une nouvelle phase du capitalisme.

 

Ce que l'on appelle capitalisme est l'organisation de l'accumulation de capitaux entre des mains privées, ce qui ne veut pas dires individuelles mais « privées » s'opposant à « publiques », les mains publiques seraient celles de l'ensemble des citoyens comme corps politique, celles qualifiées de « privées » étant des coalitions limitées d'individus appelées en français sociétés et en anglais « companies », selon un vocable lui-même d’origine française caractérisant une entreprise où chacun reçoit un bénéfice rapporté aux capitaux qu'il a investis.

 

Petit rappel historiques sur les différentes phases du capitalisme.
 

1- Phase médiévale.

 


Comme l'a démontré l'historien médiéviste Jacques Heers dans un livre remarquable, le capitalisme institutionnalisé est né au tournant des 13 et 14 ème siècle principalement en Italie du Nord et centrale, notamment en Toscane. Ce capitalisme naissant engendrant des capitalistes, c'est à dire des hommes dont la seule fonction, étant d'accumuler du capital, n'était pas bâtie sur l'industrie, qui était balbutiante, mais sur le change des monnaies et le prêt à intérêt. https://monnaieprix.hypotheses.org/334

Le capitalisme à sa naissance était déjà purement financier et ceci est très important à rappeler, car pour le capitaliste, la production de biens consommables est toujours restée secondaire, la spéculation et la prédation lui étant toujours préférée, car nécessitant moins d'investissement. La banque, dès son origine, au début axée sur le change en Toscane médiévale, fut l'organisation capitaliste par excellence et l'est restée.

 

2- Phase coloniale.

 

 

Les découvertes européennes d'horizons nouveaux à la fin du 15ème siècle ouvrit un nouveau champ d'intérêts aux possesseurs de capitaux. Les capitaux disponibles en Europe commencèrent à s'investir dans la prédation coloniale. Au tout début du 17 ème siècles ; les Pays Bas, l'Angleterre et la France, créèrent un système semi étatique et monopolistique appelé « Compagnie des Indes ». En effet, les Etats conféraient un monopole d'exploitation à une compagnie rassemblant des capitaux privés. Ces compagnies pouvaient s'armer et combattre sous l'assistance et la protection de leurs Etats respectifs. Les banques hollandaises et anglaises qui finançaient ces aventures coloniales prirent le pas sur les banques italiennes. Le capitalisme devint monopolistique et ne put se passer des Etats ; cette tendance lourde, non libérale du capitalisme subsistera.

 

3- Phase industrielle primitive.

 

 

Sans que les fonctions précédentes du capitalisme ne disparaissent : prêt à intérêt, spéculation sur le change et prédation coloniale, un nouveau champ de possible accumulation du capital s'ouvrit au capitalisme à partir du tout début du 19ème siècle. Ce nouveau champ d'intérêt fut l'exploitation du travail humain avec la « révolution industrielle ». Dans le même temps, les bourgeoisies prenaient le pouvoir politique partout ou elles ne le possédaient pas encore. Cette « révolution industrielle » à ses débuts fut l'avènement de ce que l'on appellera l'industrie lourde fondée sur l'usage de la machine à vapeur ; celle-ci demandait beaucoup de charbon, de fer et des capitaux importants, ces capitaux qui s'investirent dans ce type d'industrie ne pouvaient venir que de ce qui était déjà accumulé, par les banques ou les grandes fortunes.

Mais un nouveau type de capitaliste apparu dans les pays d'Europe occidentale et aux USA : l'entrepreneur. Les entrepreneurs n'étaient pas forcément des possesseurs de capitaux mais des ingénieurs et des inventeurs trouvant à mettre sur le marché des produits nouveaux. Ces entrepreneurs pouvaient ou non bénéficier de prêts bancaires ou d'autres capitalistes richissimes. Leurs aventures industrielles pouvait commencer dans un très modeste atelier ou ils construisaient les prototypes de leurs propres mains, avant de bâtir une industrie. Ce nouveau capitalisme d'innovation apparu surtout après le seconde moitié du 19 ème siècle avec une apogée à la fin de ce siècle et au début du 20ème siècle avec l'usage de l'électricité et du moteur à explosion.

On commença à théoriser sur le fonctionnement économique du capitalisme. C'est au milieu du 19ème siècle que Karl Marx à la suite de Ricardo mis en lumière un certain nombre de phénomènes intrinsèques au capitalisme industriel qui vont commencer à porter des effets visibles à partir des années 70 du 20ème siècle, et bouleverser l'Europe occidentale. Ces phénomènes inexorables du système capitaliste sont : la tendance à la baisse de la valeur des marchandises et la tendance à la baisse du taux de profit, vus comme étant le rapport entre le montant de l'investissement industriel et le bénéfice pouvant être tiré de cet investissement.

La cause de ces baisses tendancielles est la concurrence entre les producteurs qui cherchent perpétuellement à s'accaparer un marché en diminuant la valeur de leurs marchandises. Néanmoins, le capitalisme industriel productif a utilisé une parade à cette baisse de la valeur des marchandises, parade trouvée dans l'innovation. En effet, une nouvelle marchandise ne possède pas de concurrence durant une certaine période, et donc peut posséder une valeur dont il est possible de tirer une plus-value supérieure, ce que Marx appelle la « plus-value extra ». La recherche de la plus-value extra fut constante dans l'histoire du capitalisme industriel ce qui engendra de perpétuelles innovations technologiques, dans le même temps, la baisse de la valeur de ces marchandises nouvelles les mettaient à la portée du plus grand nombre et augmentaient les marchés.
Un autre aspect non prévu par Marx s'opposa à la paupérisation de la classe ouvrière qui, pensait-il devait s'imposer. Ce furent les luttes sociales à partir du milieu du 19ème siècle, le succès de ces luttes et l'accession de socialistes au pouvoir permirent d'éviter cette paupérisation et même d'augmenter le niveau de vie des travailleurs, augmentation qui ouvrit de nouveau marchés et rendit le système encore plus prospère.

 

4- Phase impérialiste.

 

 

Marx dans sa description du capitalisme avait négligé son aspect financier, qui pourtant, y compris dans la phase ascendante du capitalisme industriel, restait l'âme même du système capitaliste, avec la spéculation sur les matières premières et les commodités issues de la prédation coloniale.

Lénine, en 1916 ne pouvait plus négliger cet aspect qu'il décrit dans son livre « : l'Impérialisme, Stade Suprême du Capitalisme ». Notamment on lui doit cette phrase rappelée par Thierry Meyssan : « L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes ».

Pour ma part, je pense que cette tendance fut toujours existante depuis le capitalisme médiéval, et que le partage du monde commença dès la fin du 15ème siècle par le traité de Tordesillas le 7 juin 1494 entre l'Espagne et le Portugal. Les autres nations européennes Angleterre, Pays Bas et France faisaient fi de ce traité et se lançaient à la conquête du monde sur tous les continents avec leurs « compagnies des Indes» monopolistes adossées à leurs États respectifs. Cependant, au moment ou la guerre de 14 – 18 avait commencé ses ravages, Lénine décrivit cet épisode comme l'aboutissement de la monopolisation, de la financiarisation et de l’étatisation du capitalisme. Cette grande guerre des capitalismes nationaux pour un nouveau partage un monde dont l'Allemagne serait exclue, était une confrontation entre un pays, l'Allemagne, dont le capitalisme était essentiellement industriel, et le couple franco-britannique au capitalisme essentiellement colonial, voulant préserver son près carré.
Pourtant monopolisation, financiarisation et étatisation, si elles avaient atteint un stade suprême, n'avaient pas encore abouti à un stade ultime ; il faudrait pour cela encore attendre un bon siècle.

 

5- Phase du capitalisme industriel avec développement d'un cercle vertueux.

 

 

Après le fin de la deuxième guerre mondiale, qui n'était que la prolongation de la première, une nouvelle phase du capitalisme émergea.

La fin de l'épisode des confrontations entre puissances capitalistes avec la soumission définitive de l'Allemagne et du Japon au système financier anglo-saxon, fut marquée par plusieurs phénomènes qui dopèrent les économies capitalistes, en amenant un enrichissement des classes travailleuses et en faisant émerger une classe moyenne fortement consommatrice.

L'avènement d'un puissant mouvement communiste et anti impérialiste international.

Les classes ouvrières européennes qui luttèrent contre le nazisme et les fascismes trouvèrent leur pouvoir politique renforcé. « Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée », a dit François Mauriac, écrivain de la droite gaulliste, alors que les capitalistes collaboraient avec les nazis.

Avec l’existence d'un bloc socialiste sous le pouvoir de l'URSS après le partage du monde à Yalta, le système impérialiste n'était plus concentré que sous l'influence des anglo-saxons qui, par un exercice du pouvoir reposant sur des cercles occultes, dirigeaient la politique occidentale.
Une concurrence se jouait entre le bloc soviétique lié aux Partis Communistes et syndicats occidentaux particulièrement en France et en Italie.

Un certains nombre de lois sociales avaient pu être imposées à la Libération en France par le CNR. Tout ceci permit aux travailleurs occidentaux, soumis au capitalisme, d'améliorer considérablement leur niveau de vie.
Cet amélioration dopa la consommation et la production industrielle, un capitalisme de production industriel permit une accumulation renforcée du capital. Ce fut en France les 30 glorieuses, les miracles économiques allemand et japonais, aux USA la production industrielle explosait.

Dans le même temps la décolonisation rendait plus difficile l'accumulation capitaliste par prédation coloniale et l'investissement était en partie dirigé vers l'industrie


 

La guerre froide entre les blocs occidentaux et socialistes lança une course aux armements qui fonda nombre d'industries dont les seuls et uniques clients étaient leurs Etats respectifs, bien que chacun essayât d'exporter ses excédents militaires afin de renforcer ses profits.
La fabrication d'armements ne suit pas les tendances décrites par Marx sur la baisse de la valeur des marchandises et la baisse du taux de profit. Les bénéfices que peuvent tirer les entreprises d'armement sont très importants car la concurrence est faible et l'innovation forte. Des complexes militaro-industriels virent le jour, amalgames entre intérêts privés et publics, au sein desquels des militaires de hauts rangs étaient bien placés pour assurer de juteuses commandes.
En France le général de Gaulle lança un appareil industriel de production d'armements sophistiqués avec ses amis Marcel Dassault et Sylvain Floira de Matra. Cette économie d'armement fut en France très importante elle alimentait tout un réseau de sous-traitance et dopait technologies et emploi.

Cette phase industrielle du capitalisme renforça l'étatisation et la monopolisation avec l'importance prise par l'industrie de l’armement. Cette phase fut appelée judicieusement par les communistes « le capitalisme, monopoliste d'état », nous n'étions plus dans le libéralisme du capitalisme sauvage du 19 ème siècle, l'accumulation du capital ne pouvait plus fonctionner sans les Etats, le système revenait à ce qu'il avait connu au temps des « compagnies des Indes ».

Entre les années 50 et 80 du siècle dernier la phase industrielle du capitalisme connue une apogée.

 

 

6 - Phase financière mondialiste et chinoise, un cercle fatal.

 

 

L'accélération de la production industrielle de consommation durant les 30 glorieuses remit en fonction les tendances décrites par Marx dans son livre Le Capital, à savoir la baisse de la valeur des marchandises et du taux de profit. Ces tendances s'accélérèrent avec l'automatisation accrue de la production et les hausses de salaires, surtout après les grèves de 1968. La tendance du capitalisme à ce moment trouva qu'il n'était plus intéressant d'investir dans l'industrie de consommation dans les pays occidentaux, il fallait trouver autre chose, comme revenir aux fondamentaux financiers.

J'ai abondamment décrit cette phase dans nombre d'articles mais celui qu’il faut lire ici est : « L'arnaque de la dette et l'escroquerie politicienne »


http://www.alain-benajam.com/article-l-arnaque-de-la-dette-et-l-escroquerie-politicienne-105610573.html

 

Financiarisation totale de l'économie et délocalisation.

En 1973, la loi dite Pompidou Giscard, ajoutons Rothschild, interdisait à l'Etat français de financer la dépense publique par la création monétaire, mais ne l’autorisait plus qu’à lever des emprunts sur les marchés financiers privés.
Cette loi fut le point de départ de la ruée des capitaux vers les marchés obligataires, et dans le même temps sur les marchés spéculatifs des commodités, dont le pétrole est l'élément principal. En effet, comme je le démontre dans l'article cité, la possession d'obligations d'Etats riches permet d'escompter ces dettes et de lever les importants capitaux nécessaires à la spéculation sur les commodités.
Il s'en suivit une spéculation haussière effrénée et une augmentation radicale du prix des commodités, dont le pétrole.

Dans l'industrie, la loi de la baisse tendancielle du taux de profit incitait les capitalistes à trouver tous moyens pour faire baisser le coût du travail.

 

Or, en 1978 le régime chinois changea avec l'avènement au pouvoir de Deng Xiaoping, celui-ci permit aux chinois de créer des entreprises privées. A partir des années 1990 – 2000, le capitalisme international commença à investir d'énormes capitaux en Chine et à délocaliser d'importantes industries. En Chine, les salaires étaient bas et la classe ouvrière locale docile. Les Chinois, forts des transferts de technologies consécutifs aux délocalisations, purent bâtir une industrie locale qui, maintenant, 30 ans après, dépasse l'industrie occidentale et japonaise. Le capitalisme industriel, protégé par des lois sociales et des salaires élevés des pays capitalistes occidentaux, a été supplanté par un capitalisme débridé à protection sociale minimum d'un pays socialiste (appelé communiste par l'occident) mais commercialement protégé par l'Etat chinois. En effet, la Chine ne s'est pas soumise aux règles de l'OMC censées protéger le libre commerce dans le monde et les règles d'intervention de l'Etat dans l'investissement et les entreprises.
Aujourd'hui, la production chinoise, encore souvent de faible qualité, supplante les productions de tous les autres pays dans tous les domaines y compris maintenant dans des domaines de hautes technologies comme l'aérospatial et les trains à grande vitesse.

 

 

Dans le même temps, les pays européens et les USA virent s'effondrer leur industrie et le niveau de vie de leurs travailleurs , tandis que la concurrence politique soviétique n'existait plus et les Parti Communistes avaient disparu

Le grand capital occidental ne cherchait plus à accumuler par l'exploitation du travail industriel, mais il exploitait tous les peuples avec le paiement des intérêts d'une dette créée artificiellement.
Aujourd'hui donc, la lutte entre exploiteurs capitalistes et exploités, catégorie qui recoupe l'ensemble des peuples soumis à la dette, est la lutte entre un système financier mondialisé et des Etats-nations, dont les prérogatives régaliennes ont été largement érodées voir supprimées pour que l'escroquerie de la dette puisse perdurer.

La paupérisation des travailleurs prédite par Marx qui ne s'était jusque là pas manifestée, produit maintenant son effet en occident, et risque de s’emballer. L'organisation de la submersion migratoire par le grand capital va avoir pour effet d'encore peser davantage sur les salaires et les niveaux de vie, jusqu'à une égalisation avec les pays les moins développés, si un terme n'est pas mis à ce cercle fatal.

Cette période est aggravée par la disparition des organisations de la classe ouvrière, qui, dans la période précédente, permirent le maintien d'un haut niveau de vie. Une néo-gauche mondialiste a investi et détruit ces organisations, tout en offrant un opus d'argumentaire au grand capital oligarchique et mondialiste. La conjonction politique entre une néo-gauche et l'impérialisme est le fait marquant de cette période, offrant des peuples inorganisés et déconcertés à une prédation capitaliste effrénée.

 

7- Trump ou la volonté au retour à un capitalisme de production industriel.

 

 

L'élection de Donald Trump à la présidence des USA fut un coup de tonnerre pour l'oligarchie mondialiste. Trump fut élu sur la base de son programme dont l'élément essentiel et marquant était le retour aux USA, première puissance mondiale, d'un capitalisme de production industriel de consommation susceptible de renverser la tendance accélérée à la paupérisation.
Ce retour à la reconstruction d'une industrie locale de consommation ne pouvait se réaliser sans la fermeture des frontières et la forte taxation des produits d'importation chinois. Ce retour ne pouvait se réaliser sans une forte confrontation politique avec la grand capital financier mondialiste accompagné de ses idéologues de la nouvelle gauche.

Une énorme campagne politique a été lancée contre lui, associant néo-conservateurs, néo-gauche et extrême gauche. Donald Trump risque la destitution, mais les premiers effets de sa politique volontariste ont porté rapidement ses fruits, et il n'est pas du tout certain que la classe ouvrière étasunienne suive cette gauche à laquelle pourtant elle était traditionnellement attachée.

L'élection de Donald Trump sur un programme s'opposant au mondialisme s'est vite accompagnée en Italie par la venue au pouvoir d'une coalition indépendantiste de droite et de gauche, cette coalition au pouvoir a commencé par fermer les frontières et à s'opposer à l'invasion migratoire organisée par l'oligarchie. D'autres pays européens suivent une ligne politique anti-mondialiste et ferment leurs frontières, comme l'Autriche, la Hongrie et la Pologne.
L'opposition à la catastrophe prévisible amenée par le mondialisme et le tout chinois commence à poindre aux USA et en Europe. Paradoxalement cette opposition est emmenée par la droite, sauf en Italie avec le mouvement 5 étoiles.
L'opposition politique entre droite et gauche n'est lus visible est devenue obsolète ; elle a été remplacée par une opposition politique entre nationalistes et mondialistes.

 

Est ce que le retour à la prospérité avec des productions industrielles nationales est-elle possible ?
Ne risque t-elle pas de raviver localement les tendances lourdes du capitalisme, comme la baisse de la valeur des marchandises et du taux de profit ?
Pour le moment c'est l'industrie chinoise qui ne peut que pâtir de ces tendances, même si cette industrie est fortement dirigée un l'Etat qui va chercher à en atténuer les effets, mais ils sont inexorables.
A ceci s'ajoute l'assèchement en cours des anciens riches marchés européens et étasuniens capables d'absorber la production chinoise. La paupérisation assèche les marchés pour tout le monde.
On comprend aisément que le système mondialiste ne peut que conduire à une catastrophe économique mondiale.

 

L'avenir,

Il n'existe aucune alternative économique à la relocalisation des industries et à la fermeture des frontières. La mondialisation, outre le fait d'être source de paupérisation, engendre une énorme pollution par l'usage de porte-containers géants et de norias de camions.


L'enjeu futur sera de produire au plus près de consommateurs avec de petites unités de production hyper-robotisées. Les robots prendront très rapidement en charge la totalité de la production industrielle, ces robots seront des humanoïdes qui pourront s'adapter à toutes les tâches.


Dans cette perspective, on voit mal le capitalisme avoir le moindre avenir car la tendance qui l'a toujours dirigé, est l'exploitation prédatrice sans bornes et comme nous l'avons constaté depuis sa naissance jusqu'à la phase ultime que nous lui connaissons aujourd'hui celle-ci conduit l'humanité à sa perte.

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 09:21

Réflexion sur l'incomplétude de la connaissance.


 

 

Le mathématicien et logicien Kurt Gödel (1906-1978) a émis deux théorèmes appelés « théorèmes d'incomplétude de Gödel ».

 


 

Ces théorèmes s'énoncent comme suit.

 

1-Tout système axiomatique permettant de faire de l'arithmétique contient des propositions qui ne peuvent être démontrées, ou réfutées, en utilisant le système axiomatique en question.

 

2- Dans un système axiomatique donné permettant de faire de l'arithmétique, la proposition concernant la non-contradiction de ce système (c'est-à-dire le fait qu'on ne pourra jamais en déduire deux propositions mathématiques contradictoires) est elle-même indécidable.

 

Des analogies peuvent être trouvées à ces théorèmes puisqu'il s'agit d'axiomes.

 

La définition d'axiome est: vérité généralement admise, (dictionnaire historique de la langue française) dans « vérité généralement admise » l'axiome ne peut être qu'une construction humaine à un moment donné. Bien évidemment les « vérités généralement admises » ne peuvent que changer au cours du temps et sont attachées à chacun. Le philosophe dirait qu'elles sont réflexives

 

On peut étendre ces théorèmes au fait que tout système d'objectivation c'est à dire de mise en connaissance par une preuve, fondé sur des axiomes est limité par une frontière de démonstration ou de réfutation.

 

L'incomplétude est un élément fondamental de la connaissance et de son axiomatique. L'incomplétude, n'est pas l'incertitude. Notre connaissance est incomplète et imprécise mais non incertaine.

 

On peut définir la connaissance comme étant l’objectivation du réel, pour le moins d'un réel envisagé et partiel. Cette objectivation est le processus humain de qualification, et donc de description de ce réel avec son énoncé, c'est-à-dire sa nomination généralement admise.

 

L'objectivation d'un objet réel est une méthode socialement reconnue qui aboutit à l'évidence de l'objet réel considéré que l'on peut appeler preuve. Comme la méthode est socialement reconnue, l'évidence ou la preuve est également sociale, en ceci qu'il s'agit d'un jugement humain social se satisfaisant de la méthode.

L'évidence des uns n'est pas forcément celle d'autres.

 

Chaque méthode d'objectivation comporte forcément une imprécision acceptée socialement , (qui n'est pas incomplétude). En physique, chaque mesure et chaque résultat doit obligatoirement être accompagné de sa fourchette d’imprécision sinon on sort du domaine de la physique.

 

L'objectivation d'un réel quelconque comporte un énoncé et une méthode. L'énoncé avec sa méthode d'objectivation doivent évidemment être consignés afin de permettre une validation comme Connaissance.

Gödel nous dit que tout énoncé d'un théorème est égal à sa démonstration ; on pourrait dire par analogie que tout énoncé d'un réel est égal à sa à sa méthode d'objectivation.

 

Ethnométhodes 

 

Si l'objectivation d'un réel quelconque est égale à la totalité de la méthode permettant de le produire s'il s'agit d'un artefact, ou de le mettre en évidence s'il s'agit d'un phénomène naturel par exemple de l'ordre de la physique, de la chimie, de la biologie ou des mathématiques, on comprend que la description exhaustive peut être extrêmement lourde et ne peut être employée à chaque fois qu'il est évoqué.

Une description partielle du réel peut satisfaire l'esprit dans la mesure ou tout un chacun ne possède pas les connaissances préalables devenant pour tous des connaissances implicites au sein d'une description partielle satisfaisante. Encore une fois, le « satisfaisant » est purement réflexif et concerne chaque individu ou groupe d'individu.

 

Exemple : si je veux objectiver une table dans la précision absolue de son aspect, je devrais décrire par le menu toutes les étapes de sa fabrication, y compris la manière dont il faut tenir le rabot.
Mais pour se passer à chaque fois de l'exhaustivité de la description on dit que la table est de telle dimension, utilisant telles essences de bois et avec les pieds de tel aspect. On ne va pas à chaque fois décrire les méthodes utilisées par le menuisier, méthodes qu'il a acquises durant son apprentissage. Ces méthodes seront pour lui et nous-mêmes des méthodes implicites pratiquées par l'ensemble des menuisiers on parle ainsi d'ethnométhodes à partir du moment ou la dite méthode appartient à un groupe qualifié, ici des menuisiers.

 

Il en est de même pour des physiciens ou des mathématiciens. Si je devais aller à un congrès de mathématique je n'y comprendrais un traître mot car je n'ai pas appris les mathématiques de haut niveau, c'est-à-dire que je ne connais pas la totalité des axiomes utilisés en mathématique.

 

Cependant, tout processus mathématique devrait posséder une démonstration exhaustive dépourvue de tous implicites venant d'une connaissance préalable, démonstration menée avec des opérations logiques simples appartenant au langage courant, comme par exemple : plus, moins, égale, plus grand que, ou, et, tant que, si alors etc. En quelque sorte, tout processus mathématique devrait être décomposable en séquences simples (de type binaire) et mécanisable à l'aide d'une machine de Turing ce qui est une réflexion de Gödel sur les mathématiques.

 

En informatique théorique, une machine de Turing est un modèle abstrait du fonctionnement des appareils mécaniques de calcul, tel un ordinateur et sa mémoire. Ce modèle a été imaginé par Alan Turing en 1936, en vue de donner une définition précise au concept d’algorithme ou de « procédure mécanique ». Il est toujours largement utilisé en informatique théorique, en particulier dans les domaines de la complexité algorithmique et de la calculabilité.

La thèse de Church postule que tout problème de calcul fondé sur une procédure algorithmique peut être résolu par une machine de Turing. Cette thèse n'est pas un énoncé mathématique, puisqu'elle ne suppose pas une définition précise des procédures algorithmiques. En revanche, il est possible de définir une notion de « système acceptable de programmation » et de démontrer que le pouvoir de tels systèmes est équivalent à celui des machines de Turing. (Wikipedia).

 

J'ajouterais à cette réflexion que tout processus logique non mécanisable sortant des axiomes connus en mathématique sort du champ des mathématiques.

 

De la même manière, toute méthode, dans sa description, par des mots, des plans, des images peut être mécanisable par une machine de Turing puisqu'il s'agit d'une suite de signes décomposables en mode binaire.

Il est intéressant de mesurer la complexité d'un artefact par le nombre de bits nécessaires à sa description / fabrication.

On peut ainsi s'apercevoir qu'il y a complexification continu des artefacts.

La description / fabrication d'une automobile d'un modèle actuel va demander plus de bits que la description / fabrication d'un modèle conçu il y a 30 ans.

 

La Connaissance.

 

Aucun humain ne peut connaître la totalité des axiomes disponibles à la connaissance.

L'homme a dû définir des champs dans chacun desquels il existe des axiomes commodes appris et connus par les membres du champs de cette connaissance que l'on peut appeler discipline par exemple, la chimie, la physique, la mécanique, les mathématiques, etc.

Tous les axiomes utilisés par chaque champ de connaissance s'appuient sur des axiomes plus anciens qui ont été améliorés. Ces axiomes améliorés sont également susceptibles d'être améliorés. Par exemple en physique, les axiomes admis par la mécanique de Newton ont été remplacés par ceux de la relativité de Einstein, lesquels ne pourront être que surpassés par d'autres à venir. Mais on peut rester dans la physique newtonienne qui est une bonne approximation pour une représentation commode et utile de la cosmologie proche.

 

Il peut aussi exister des axiomes différents pour décrire un réel identique, par exemple un photon peut être défini de la même façon en mécanique corpusculaire ou ondulatoire.

 

Axiomes commodes ou approximation compréhensible.

 

Toute connaissance est fondée sur des axiomes commodes.

Le terme d'axiome commode pourrait être considéré comme un pléonasme, tout axiome est forcément commode, mais chaque axiome donné peut en produire d'autres plus approximatifs et donc plus commodes pour tout un chacun, par exemple une description partielle mais compréhensible dans un groupe donné effaçant des informations devenant implicites dont on convient qu'elles sont connues et admissibles.

Tout axiome est une construction logique donc humaine comportant une imprécision connue et admise et une incomplétude également socialement admise.

 

L'infinitude du réel.



Si l'on possède la certitude de pouvoir qualifier comme réel ce que l'on connaît, le réel est pourtant plus vaste que les limites de notre connaissance. Il y a donc un réel inconnu ; par exemple, on m'a présenté X ; j'ai fait sa connaissance, mais avant cette présentation je n'avais aucune idée de son existence, pourtant il peut me témoigner qu'il existait bien avant ce jour. De nombreuses galaxies ont été mises en évidence ces 50 dernières années, elles existaient bien depuis des milliards d'années.

L'appréciation ou la connaissance du réel ne peut être que propre à un groupe donné et difficilement accessible à un autre groupe, on pourrait parler d'ethno-connaissance du réel pour des astrophysiciens, pour des chimistes, pour des microbiologistes etc. Cette ethno-connaissance peut également et surtout s'appliquer à d'autres civilisations possédant d'autres méthodes permettant leur propre objectivation du réel avec l'aide de leurs propres axiomes commodes.


Il ne peut y avoir d'universalité dans la connaissance.

 

Peut on envisager l'étendue du réel ?

Le réel est de nature fractale et donc infini.

Exemple : Si je veux mesurer la longueur des côtes maritimes de la France, je dois d'abord envisager l'approximation de la mesure. Ce serait à marée basse, à marée haute, quel coefficient de marée. Puis vais-je mesurer chaque plage et chaque rocher dans ce cas la mesure va s'étendre. Puis vais-je mesurer le contour de chaque caillou, puis de chaque grain de sable, de chaque molécule etc.

On voit que selon l'approximation posée a priori le contour des côtes maritime sera extrêmement différent et comme ce contour est en fait un fractal, il sera infini.

La description exhaustive de chaque réel devant aller jusqu'à sa consistance atomique est un fractal infini donc l'ensemble du réel est un fractal infini.

On comprend que nos axiomes ne peuvent être que des approximations.

 

La Science.

 

Pour faire entrer les phénomènes réels dans la connaissance, l'homme a mis au point une méthode admise par tous que l'on appelle La Science.

 

La Science est donc une méthode socialement admise et applicable par tous quelque soit sa conception du monde.

La méthode scientifique permet la mise au point de méthodes obligatoirement expérimentales et obligatoirement reproductibles, méthodes desquelles on peut élaborer de nouveaux axiomes ou améliorer des axiomes existants, nouveaux axiomes entrant dans une nouvelle connaissance du réel.

Pour que ces nouveaux axiomes soient reconnus comme tels, les résultats obtenus par une méthode scientifique doivent être validés par la communauté de la discipline dans laquelle ces nouveaux axiomes s'inscrivent. Une fois socialement validés par les membres de la discipline considérée, ces nouveaux axiomes simplifiés peuvent être validés par l'ensemble social, ils deviennent ainsi disponibles pour la croyance commune.


La science représente un pouvoir car elle règle aujourd'hui les croyances communes.

On comprend que le pouvoir sur la société peut introduire un filtre entre les connaissances particulières de tel ou tel groupe scientifique et leur mise à disposition pour l'ensemble du corps social.


Par exemple, si les résultats donnent des axiomes trop éloignés de ceux qui existent, il peut y avoir incompréhension de la communauté scientifique mais également de la société. On peut donner pour exemple les travaux sur la mémoire immunologique de l'eau de Jacques Benvéniste ou les travaux et théories de Jean Pierre Petit concernant la matière noire et l'expliquant par l’existence d'un univers parallèle, (le système Janus). Jean-Pierre Petit fut ostracisé par le CNRS car ses recherches étaient trop hétérodoxes. La science possède encore ses sorcières dont on fait la chasse. De nouvelles connaissances ont toujours été freinées par les pouvoirs, les qualifiant d'hérétiques et, aujourd'hui, de complotistes ou conspirationnistes.

 

Le processus de la connaissance possède une limitation intrinsèque.

 

L'accès à la connaissance, et donc l'intelligence humaine, ne peut être individuel et s'exprimer ex nihilo : sans apprentissage, le cerveau humain est inopérant. Or, l'apprentissage commence dés la naissance par l'acquisition de la parole et par l'observation du comportement de la mère et de l'entourage immédiat.

Les premières acquisitions sont les mythes réglant les rapports sociaux, or, ces mythes sont forcément anciens. L'ensemble des mythes crus par un corps social, le plus souvent inconsciemment, que l'on peut appeler dans ce cas « allant de soi » constitue une culture. Les mythes crus à un moment donnés sont le dernier niveau d'une mythologie accumulée au cours du temps ou chaque nouveau mythe s'inspire du mythe précédent. Il en est de même des mots utilisés dont la signification et l’étymologie proviennent de mythes, et derrière chaque mythe, il y a une histoire ancienne.

 

Les axiomes formant la connaissance sont liés à nos capacités de conceptualisation et de représentation du monde, c'est-à-dire à notre culture issue d'un passé qui ne peut être que lointain.
Notre capacité à conceptualiser est forcément limitée et ne peut avancer que lentement car chaque nouveau concept est intrinsèquement lié au précédent, sinon il ne pourrait être compris.

 

Aujourd'hui, l'ensemble des connaissances humaines peuvent être accumulées sous forme binaire dans des machines de Turing, or le contenu de ces machines connectées en réseaux peut être mis à la disposition de chacun. Des machines peuvent accomplir des tâches de plus en plus complexes en suppléant l'homme et même parfois en accomplissant ce que l'homme ne peut lui-même accomplir, car le geste mécanique est beaucoup plus précis et rapide que le geste humain. Les machines mécaniques sont pour la plus part commandées par des machines de Turing pouvant être elles aussi connectées en réseau. L'homme, s’il est défaillant, peut être assisté par une mécanique, elle-même commandée par une machine de Turing.

On peut se poser la question suivante : les machines pourront-elles un jour inventer de nouvelles méthodes et de nouveaux axiomes et devenir autonomes ? Pour que ceci se réalise il faudrait que les machines s'organisent en société et puissent posséder une histoire et des mythes, en fait deviennent donc ce qui est ontologiquement humain.
 

Pour conclure et en revenir aux théorèmes d'incomplétude de Gödel, ils établissent, en bref, que les mathématiques sont une méthode au même titre qu'une autre, et qui ne peut exister en dehors de l’esprit et de la culture humains.
 

(Réflexions après lecture du livre de Pierre Cassou-Nogués: "Les Démons de Gödel")

 

Partager cet article

Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 15:10

Mythes et croyances.

(version écourtée)

 

 

J'ai d'abord écrit sur la complexification et montré que la vie était une propriété physique de la matière, que les sociétés humaines obéissaient aux lois du deuxième principe de la thermodynamique ainsi qu'aux principes physico-chimiques des systèmes hors de l'équilibre décrits par Ilya Prigogine. Puis je me suis interrogé sur l'ontologie et j'ai pensé que les méthodes transmises devenaient un potentiel permettant la complexification de l'organisation humaine. Ces méthodes traduites en potentiel constituaient le chaînon manquant entre les principes thermodynamiques de la néguentropie (complexification) et de l'enthalpie libre.
Je m'interroge ici sur une branche des mythologies et théologies indo-européennes, puis typiquement françaises, en partant du principe que les mythes et religions constituent un ciment civilisateur propice à la croissance du génie humain et des méthodes qui lui sont ontologiquement liées.
Ceci n'est que mon propre point de vue, élaboré à la lumière de quelques historiens de renoms.

Cet essai expose la trilogie indissociable décrivant l'origine et la finalité de l'homme : complexification, méthodes et mythes, trilogie dont la parole est l'élément constructeur.

 

 

 

Prologue

 

 

On ne peut croire que ce que l'on croit déjà. Ceci peut passer pour une boutade, mais constitue une bonne approximation de la réalité ; je vais tenter de l'expliquer.

La culture dans laquelle nous baignons nous permet de communiquer avec nos semblables c'est à dire avec ceux qui peu ou prou possèdent la même langue, la même idéologie, et surtout les mêmes références. Nous avons tendance à ne croire volontiers que ceux en qui nous nous reconnaissons.
Cette reconnaissance d'une appartenance commune permet de valider le message communiqué sans qu'il soit besoin de démonstration : « si tu es proche de moi je te crois sans problème. »
Irait-on croire un homme nu dans la rue vociférant avec une plume dans les fesses ? certes non !

Nous n'avons d'autres choix que la croyance pour exister. Pour croire, il faut d'abord avoir confiance, cette confiance est accordée soit aux proches soit aux pouvoirs que nous reconnaissons et surtout acceptons, médecine, science, politique, religions, médias, etc. Chacun de nous se rattache à un groupe de confiance, dans lequel il pourra valider sans peine ce qui s'exprime du groupe. Avoir confiance en ses proches ou dans les pouvoirs que nous acceptons est essentiel pour toute cohésion sociale. Que cette confiance se perde et le groupe explose ; c'est le divorce. Le conformisme qui consiste à se plier aux rites du groupe de confiance est un aspect important et essentiel des comportements sociaux, faute duquel il n'y aurait pas de communication entre les individus.

Or, la reconnaissance d'une appartenance au groupe de confiance est liée aux mythes déjà partagés par ce groupe ainsi qu’aux rites ostensibles manifestant cette communauté d’appartenance.
Le rituel ostensible valide l'appartenance et donc la capacité de communiquer.
Un exemple simple : dire « Bonjour, comment ça va ? » permet de commencer à engager une conversation, tout comme s'habiller comme les autres ; il est extraordinaire de voir dans les transports en commun comment tous les voyageurs sont habillés de façon semblable et ce fut toujours le cas.

Nos croyances profondes et conformes sont donc attachées aux mythes de notre culture et au langage que nous employons. Chaque mot utilisé, dans toutes les langues, possède une étymologie et si nous essayons d'aller aussi loin que possible dans la connaissance de cette étymologie nous tombons immanquablement sur un mythe et derrière le mythe une histoire.

Ces croyances, cette culture et les mythes qui y sont attachés nous permettent de formaliser notre pensée de la structurer ainsi que de formuler des concepts. Si bien que si une nouveauté apparaît, un nouveau concept issu de la science ou de la philosophie, celui-ci ne peut être formulé qu'avec ce qui existe déjà comme outils linguistique, conceptuel et de formulation et surtout au conformisme nécessaire déjà existant. Nous nous voyons donc collés à ce que nous avons déjà appris et nous ne pouvons nous en détacher seulement que par touches infimes, celles-ci devant être validées socialement à chaque fois, c'est-à-dire admises par tous de manière à pouvoir continuer à communiquer. Toute hypothèse émise se situant trop loin de la conformité existante ne peut être qu'impitoyablement rejetée, comme par exemple celle de l’existence d’extraterrestres.

On comprend aisément que les mythes auxquels nous nous attachons, ayant construit notre capacité à « comprendre » ne peuvent évoluer que lentement ; l'évolution de nos mythes, donc de nos outils conceptuels peut être illustrée par la comptine enfantine: « J'en ai marre, marabout, bout de ficelle, scelle de cheval, cheval de course, course à pied etc. » Si on saute un élément, on ne comprend plus rien. « Marabout, scelle de cheval, course à pied », cela n'a pas de sens.

Mythes et étymologie des mots vont de pair ; dans leur évolution, il ne peut y avoir de rupture car si non c'est fini, on a perdu le fil, on ne comprend plus rien.

Pris par la rigidité de nos concepts attachés à notre culture, les croyances ou mythes qui s'y attachent sont extraordinairement pérennes; les évolutions dans les mythes et les croyances sont comme des mutations qui ne peuvent donner lieu qu’à de modestes évolutions, sinon elles sont rejetées par le corps social ; toutes les tentatives de fabrication d'un « homme nouveau » ont échoué.

 

Pourtant les croyances sont nécessaires dans les rapports humains, elles sont des éléments essentiels de la communication. Notre aptitude à croire, y compris concernant ce qui n'est pas démontrable, provient des mythes qui bâtissent notre culture, culture qui elle-même préside à nos processus de connaissance du réel.

Ces processus de prise de connaissance de notre environnement avec ses concepts idoines sont donc intimement liés au groupe auquel nous appartenons et auquel nous nous identifions. A contrario, d'autres groupes humains ayant d'autres croyances et une mythologie différente peuvent valider d'autres processus de prise de connaissance du réel. Par exemple, la culture européenne occidentale aristotélicienne a fait avancer les sciences expérimentales et les technologies sans pour autant donner une description crédible de l'univers, tandis que la pensée orientale ayant une approche globale de l'univers, nous dirions holistique, nous offre d'autres moyens de compréhension de cet univers.

Aujourd'hui l'universalisme mondialiste à tendance totalitaire tente de gommer toutes les différences de culture et ainsi d’empêcher l’émergence d’approches du réel différentes, ceci ayant pour conséquence un appauvrissement intellectuel du genre humain.

 

Nous sommes Français, ce qui ne renvoie pas seulement à une nationalité formelle, mais signifie que nous sommes tributaires d'une culture bien particulière, bien différenciée, y compris par rapport à celles de nos voisins européens avec lesquels nous partageons cependant un fond commun.

Il est tenté ici de mettre en lumière les mythes particuliers de notre civilisation, mythes ayant forgé nos aptitudes cognitives et notre conception du monde.

 

Il faut d'abord spécifier que les mythes auxquels nos ancêtres croyaient sont toujours présents dans notre culture y compris inconsciemment, ils ont forgé notre manière de communiquer et donc notre langue, le français. Ces mythes, le plus souvent véhiculés par les différentes religions qui ont réussi à s'imposer à nos ancêtres, ne disparaissent jamais; ils se transforment en prenant appui sur la mythologie précédente. On ne peut rien concevoir de neuf sans utiliser une conception du monde déjà présente, c'est matériellement impossible. Aucune mythologie, d'aucune religion ne peut émaner ex nihilo. Les nouvelles religions ne peuvent être que des reprises des anciennes. Ceci est particulièrement vérifiable pour notre pays.

 

Pour relever les principaux mythes de notre civilisation actuelle, il est intéressant de regarder d'abord du côté des religions qui ont encore cours aujourd'hui, particulièrement le christianisme, car cette religion s'est implantée en Europe et dut éponger les mythes les plus anciens présents en ces lieux pour finalement s'imposer.

 

Même pour les athées, il est impossible d'échapper à la mythologie chrétienne qui nous imprègne. Impossible d'y échapper, d'autant plus que cette théologie est chargée de mythologies très anciennes venant de plusieurs millénaires avant la naissance présumée de Jésus-Christ, dont lui-même est le dernier descendant, au terme d'une longue lignée de divinités mythiques ayant eu quasiment la même fonction symbolique.

Un mythe est comme un signe, il véhicule avec lui une information plus complexe, une reconnaissance, une appartenance qui ressurgit; mais contrairement au signe, le mythe auquel nous adhérons est inconscient, il existe mais n'est pas remarqué, c'est un « allant de soi » comme on dit en ethnométhodologie.
Or, les théologies et mythologies sont similaires. Nous poserons l'un ou l'autre terme comme identiques, aussi le double terme mythologie/théologie sera-t-il employé ici. Les dieux doivent être pris comme des symboles incarnant des mythes, mythes, comme je l'ai dit plus haut, ayant façonné notre aptitude à conceptualiser. On pourrait dire qu'une théologie est une mythologie dogmatisée induisant une croyance contemporaine et on appellerait mythologie une ancienne théologie n’induisant plus de croyance.

La croyance qui y est attachée détermine la différence entre les deux termes mais leur fonctionnalité sociale inconsciente est identique.

 

Les dogmes des théologies sont particulièrement importants car ils sont d'excellents conservateurs, ce sont des musées fidèles, conservant les mythes les plus anciens et les écrits correspondants constituent les seuls outils d'investigation d'un passé très lointain remontant à plusieurs milliers d'années. Ainsi la dogmatique théologique nous en dit-elle plus long sur notre passé que l'histoire.

 

L'étude des mythologies/théologies est donc d'une importance capitale pour nous connaître.

 

Si pour les temps présents il est intéressant d'étudier la mythologie/théologie chrétienne, pour le passé il convient de s'intéresser aux mythologies/théologies indo-européennes, afin d’observer quel lien nous sommes en droit de faire, et peut-être de formuler des hypothèses sur leurs origines.

 

 

Chapitre 1.

Parole, Lumière, Trinité

 

 

Origines indo-européennes

 

Notre langue appartient au groupe des langues dites indo-européennes, car on retrouve des structures linguistiques similaires dans ce groupe, montrant que ces langues possèdent une origine commune. Comme dit plus haut les langues sont liées indissolublement à des mythes, il est donc intéressant d'essayer d'en comprendre l'origine, car tout mythe a été construit sur un événement ou sur un groupe d’événements proches. Ces événements étaient suffisamment étonnants et marquants pour qu'on en tirât une histoire qui a pu se raconter de génération en génération, pour donc structurer un mythe et le transformer en dogme et en croyance sociale.

Mais les mythes sont aussi attachés à ce que l'ethnométhodologie appelle des « allant de soi », c'est-à-dire à des habitudes partagées par le groupe, que l'on désigne comme « vues et non remarquées ». Non remarquées, car tellement habituelles qu'elles parviennent à être masquées par leur évidence non discutable et non remarquable. Par exemple, la façon de se vêtir, de se présenter et surtout les habitudes relationnelles au sein de la famille dictées par les circonstances, ainsi que l'alimentation, et enfin pour tout ce qui a trait à la reproduction et du pouvoir, au rôle du père, de la mère, des enfants, ainsi qu'au souvenir des ancêtres.
Les rôles anthropologiques des différents membres de la famille seront des éléments fondamentaux des mythologies/théologies indo-européennes.

 

 

Notons toutefois que les études indo-européennes ont été polluées par différentes considérations idéologiques et politiques où la science se perd et où la stupidité a pris le pas. Chez les nazis d'abord, car ceux-ci ont essayé de bâtir une idéologie racialiste et suprémaciste « blanche » en tentant de s'appuyer sur ce qu'ils voulaient être une science. Ainsi ils ont retardé ces études fondamentales engagées avant la guerre par l'historien Georges Dumézil, études qui ne reprirent leur cours que récemment.

Cependant ces études sont toujours invariablement liées aux idéologies, quand a contrario notamment certains, se voulant anti-suprémacistes, nient la réalité indo-européenne de notre culture. La bonne posture scientifique serait d'être indifférent aux conclusions politiques que pourraient faire les uns et les autres ; c'est notre parti pris.

Une nouvelle discipline est venue apporter ses lumières et entretenir la polémique, c'est la paléo-génétique, l'étude des traceurs génétiques.

Les traceurs migratoires génétiques doivent être utilisés avec circonspection car ils ne tiennent pas compte des influences mythiques, idéologiques et linguistiques, et peuvent induire des erreurs d'interprétation. Notre propos ici n'est d’étudier que les influences idéologiques, et non génétiques, contrairement donc aux idéologies nazies ou antinazies, suprémacistes ou anti-suprématistes, aussi stupides l'une que l'autre. Le groupe des civilisations d'origine indo-européennes, si elles possèdent des mythes communs, possède des populations qui ne se ressemblent nullement; il est simple de constater la différence d'aspect entre un Suédois et un Indien du nord, un Iranien ou un Grec alors que leurs fonds culturel indo-européen est identique. Les fameux aryens chers aux nazis furent une tribu orientale ancêtre des Iraniens actuels, parmi lesquels il est difficile de rencontrer des blonds aux yeux bleus. Ici je n'évoque que l'influence idéologique indo-européenne, influence dont les mythes devaient être suffisamment puissants pour imposer langue, idéologie et religion à des peuples plus anciens occupant des lieux différents depuis longtemps.

 

La génétique des européens ne recoupe pas la culture indo-européenne.

 

On ne peut parler que de civilisations indo-européennes au pluriel, car si l'on perçoit une racine commune, cette influence linguistique et idéologique s'est différentiée en s'adaptant à des peuples différents qui eux-mêmes géographiquement éloignés ont divergé dans leurs habitudes anthropologiques et leurs croyances. A l'étude des différentes théologies à racine indo-européenne, on remarque une évolution dans le nom et la fonction des dieux mais pourtant il est remarquable qu'il existe toujours un fil symbolique les reliant aux origines. Cette filiation est particulièrement intéressante à mettre en évidence, car elle permet de dégager les mythes les plus puissants qui sont conservés et se sont conservés jusqu'à nous dans la France contemporaine, objet de cette étude.

 

Une mythologie venant du froid et du nord, pourquoi ?

 

Pour raconter l'histoire des civilisations indo-européennes il faut remonter très loin, jusqu'au paléolithique supérieur.

 

Le climat de la terre est soumis à un cycle bien connu qui est le cycle de Milankovich, qui fait alterner des périodes de grandes glaciations et des réchauffements importants, avec entre les deux de plus petites périodes de refroidissement et de réchauffement. Ces cycles ont réglé les migrations autant animales qu'humaines par la modification du biotope. Au cours d'une période froide, il y a migration vers le sud et au cours d'une période chaude migration vers le nord.

 

Glaciation de Würm le niveau de la mer est plus bas
 

Au paléolithique supérieur de – 40 000 ans à – 10 000 régnait en Europe et sur le monde une période très froide que l'on appelle la glaciation de Würm. Le territoire qui deviendra la France possédait alors un climat comparable aujourd'hui à ce qui existe dans l’extrême nord de l'Europe, aux confins de la Finlande ou de la Russie. La France était occupée par une toundra et le sud par une taïga. Dans cet espace, le renne, dont la nourriture est faite exclusivement du lichen des toundras, abondait, comme l'attestent les nombreux vestiges et artefacts laissés par l'homme habitant ces lieux à cette époque, par exemple le célèbre homme de Cro-Magnon.

Il est remarquable que non loin des glaciers de l'époque, en Europe, s'est particulièrement développée cette civilisation du paléolithique supérieur, car une très grande partie des artefacts datés de cette période et la quasi totalité des grottes ornées comme Lascaux ont été trouvées dans l'espace dit franco-cantabrique, celui-ci étant centré sur le pays basque et s'étendant dans tout le sud-ouest français et le nord-ouest espagnol. C'est un espace bien délimité, où cette civilisation du paléolithique supérieur a prospéré mieux que nul part ailleurs.

On peut penser que d'une façon similaire à celle des hommes occupant les toundras du Nord de l'Europe et de l'Asie, l'homme d'avant la France a développé une civilisation où le renne jouait un rôle primordial autant pour sa viande que pour les outils confectionnés avec ses bois ou ses os.

http://www.persee.fr/doc/pal_1145-3370_2000_num_12_1_1600

 

Une riche civilisation

 

Le nombre important de grottes ornées et d'artefacts du paléolithique supérieur de cet espace nous donne à penser qu'une riche civilisation y prospérait. Les peintures magnifiques l'attestent et leur similitude dans ce vaste ensemble géographique indique communications et échanges entre les groupes, c'est-à-dire une vie sociale avec tout ce que cela comporte notamment dans l'élaboration d'un langage commun et d'une mythologie commune. Mais une étude fondamentale menée par l'historienne canadienne Geneviève Von Petzinger nous éclaire radicalement sur cette culture de nos ancêtres. Cette chercheuse a répertorié un ensemble de 32 signes que l'on retrouve dans toutes les grottes de cette zone géographique. À chaque signe devait obligatoirement correspondre un son (phonème), qui lui-même devait posséder une signification (logos) de manière à être reconnu et reproduit, sinon aucune de ces reproduction n'était possible.

 

32 signes identiques

 

Nul doute que ces grottes ornées avaient une fonction magique shamanique, voire religieuse, et que ces signes partagés nous renseignent sur la portée mythique de la parole, élément primordial de la mythologie/théologie indo-européenne.
Alors pourquoi ce paléolithique supérieur franco-cantabrique peut-il être considéré comme l’ancêtre de la civilisation indo-européenne ?

Nous pouvons aisément concevoir qu'au moment du réchauffement climatique qui eut lieu vers –10 000, ces hommes ont suivi les troupeaux de rennes vers le nord exactement comme le font les populations nomades qui vivent encore aujourd'hui de cet animal, qui ne peut s'alimenter que sur les toundras, aux confins des taïgas.

Nous pouvons suivre cette migration lente au cours de la fonte des glaciers, par l'apparition de différentes civilisations remarquées D'abord le Magdalénien de – 17000 à – 10000 dont on retrouve des vestiges jusqu'en Allemagne, puis des cultures dites de l'épi paléolithique, ou paléolithique final du nord de l'Europe, qui s'étagent des pays scandinaves jusqu'au nord de la Norvège avec la culture de Komsa qui va s'éteindre vers – 2000 environ ; cf. cartes.

 

Mouvement de populations à la fin de la glaciation de Würm, toujours minoritaire en effectifs.

 

Le propos ici n'est pas de décrire ces différentes cultures du paléolithique final de chasseurs cueilleurs suivant le renne et se déplaçant vers les larges espaces du nord de la Russie.

 

Il s'agit de conclure que nous devrions trouver dans le nord de l'Europe des vestiges venant de l'établissement de ces populations, au sein de cet espace boréal. Effectivement, nous trouvons la culture dite des céramiques à peigne, qui s'étage de -4200 à – 2000, les artefacts de poteries caractéristiques présentant des lignes ressemblant à des lignes de peigne se retrouvent de l'extrême nord de l'Europe, du Finnmark norvégien au nord de la Russie jusqu'à l'Oural. Il s'agirait de chasseurs cueilleurs et non d'agriculteurs bien que l'on soit à une période où l'agriculture, venant du croissant fertile, avait déjà atteint la moitié sud de l'Europe.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_la_c%C3%A9ramique_%C3%A0_peigne

 

Pourquoi s'intéresser à cette culture ? Car l'aire attestée des céramiques peignées jouxte la civilisation de Yamna entre mer Noire et mer Caspienne, dite également civilisation des Kourganes, ou tumulus, dont la plupart des préhistoriens s'accordent pour affirmer qu'elle est le foyer de la langue et de la mythologie indo-européenne. Il se trouve que cette civilisation indo-européenne a particulièrement développé une mythologie dont l'étude atteste qu'elle ne peut provenir que de zones boréales.

 

Une caractéristique de cette culture dont les plus anciens vestiges datent du 4 ème millénaire est l’inhumation dans des kourganes ou tumuli recouvrant des fosses à tombes, où le mort est placé en décubitus dorsal avec les genoux repliés. Les corps étaient recouverts d'ocre. Des tombes multiples ont été découvertes dans ces kourganes, souvent après des inhumations postérieures.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_kourgane

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_la_c%C3%A9ramique_cord%C3%A9e


 

Culture des kourganes ou de Yamna proto-indo-européenne.

 

Des sacrifices d'animaux étaient pratiqués (bovins, cochons, moutons, chèvres et chevaux) : une caractéristique associée aussi bien à ces premiers kourganes ainsi qu'aux qu'aux premiers indo-iraniens et qu'aux premiers celtes de la civilisation de La Tène I.

Les plus anciens restes d'un char à roues ont été découverts dans le kourgane, associé à la culture Yamna, de « Storojova mohyla » près de Dnipropetrovsk en Ukraine.

Les corps étaient non seulement inhumés avec des animaux domestiques mais également avec des armes, dont les premières armes en cuivre.
C'est une civilisation patriarcale attestée par les inhumations de guerriers mâles et certainement de riches propriétaires de cheptels.
À la même époque, dans le bassin méditerranéen et dans les Balkans, jouxtant cette civilisations de guerriers et d'éleveurs, une autre civilisation s'était développée à partir de l'agriculture, civilisation dont les sépultures étaient mixtes et sans armes. Les artefacts, outre les poteries, montrent des représentations humaines en terre, représentant exclusivement des femmes obèses aux caractères sexuels développés. L’existence dans la période historique considérée au sud de la Grèce des civilisations minoenne et crétoise peuvent conforter l'hypothèse du caractère matriarcal de ces civilisations agricoles.
Les corps sont plus petits que ceux des Kourganes et indiquent souvent une sous-alimentation qui devait être essentiellement végétale et peu carnée, contrairement à ce qui était le cas pour les civilisations de chasseurs-cueilleurs ou d'éleveurs.

Cultures du néolithique balkanique, dites aussi pré-hellénique ou de l'Europe ancienne par exemple les cultures de Stacevo à partir de -6500 ans et de Vinca à partir de – 4500 ans. Au delà de cette période, on retrouve à l'ouest du Dniepr des cultures mixtes agricoles et indo-européennes comme les culture de Cucuteni, d'Usatovo et de Cermavoda.

Afin d'envisager les raisons pour lesquelles se sont constituées des cultures à caractère patriarcal a contrario de celles à caractère matriarcal, il est possible de proposer l'hypothèse suivante. On constate que la culture des steppes, des chasseurs-cueilleurs puis des éleveurs est patriarcale tandis que les cultures fondées sur l'agriculture sont matriarcales. Ceci ne peut provenir que de la séparation des tâches chez les chasseurs-cueilleurs du paléolithique. Les hommes s'étaient spécialisés dans la chasse et les femmes dans la cueillette. Ainsi, il peut paraître évident que ce sont des femmes qui ont inventé l'agriculture venant de la cueillette et imposé des mythes féminins alors et des hommes ont inventé l'élevage venant de la chasse et inventés des mythes masculins et guerriers, la chasse s'est en effet toujours apparentée à la guerre, car les armes sont identiques .

 

 

Déesse mère du néolithique agricole méditerranéen. 
 

Les agriculteurs qui n'étaient pas des guerriers, mais d'excellents constructeurs de forteresses se sont longtemps opposés et défendus face aux guerriers des steppes, mobiles sur leur chevaux, avec leurs chariots et pourvus d'armes offensives comme l'arc, mais ils se sont finalement inclinés et ont adopté les mythologies nordiques indo-européennes avec leur langage. Les vestiges de l'ouest du Dniepr au sud des Balkans attestent ces oppositions, voire ces combats, dont la civilisation hellénique, indo-européenne de culture sortira vainqueur.

Pour éclairer l'hypothèse de la filiation nordique, hyperboréenne, des cultures indo-européennes, dont celle dite des kourganes est l'attestation pour la communauté scientifique, on peut évoquer la théologie/mythologie du dieu grec Apollon, dit l'hyperboréen. Les fonctions des principaux mythes indo-européens incarnés par des dieux seront abordés plus loin mais l'étude de la théologie d'Apollon est intéressante à ce stade.

 

 

Apollon chevauchant un griffon symbole de l'hyperborée chez les grecs.

 

L'intérêt de la figure d'Apollon, dont la théologie est bien connue, réside dans son lien avec un mythe important de la Grèce antique qui est celui de l’Hyperborée. Ce lien montre, voire prouve une filiation ethnique entre la Grèce antique, historique, avec ce lieu situé au delà du cercle polaire.

Si Hérodote a parlé des Hyperboréens et notamment des vierges hyperboréennes apportant l'abondance, le plus instructif est le poème d'Homère en forme de panégyrique sur la naissance d'Apollon sur l’île de Délos. Délos est décrit comme un rocher sans végétation ou les habitants ne peuvent se nourrir. A la naissance sur Délos d'Apollon, fils de Jupiter et de Léto, née elle-même en Hyperborée, il est dit qu'à ce moment l’abondance régna et que chaque année les dîmes étaient apportées par la race dite la plus antique - dixit Homère - qui habitait au Nord, au-delà des rivages de Borée, mais aussi que les offrandes à Délos, lieu de naissance d'Apollon, étaient apportées depuis la Borée par l'intermédiaire de peuples différents, dont finalement les Scythes, émergeront. Or les Scythes vivaient à l 'époque antique sur le lieu même de la civilisation des Kourganes, considérée comme la base de la culture indo-européenne. Après sa naissance, la légende dit que des cygnes emmenèrent Apollon en Hyperborée, avant qu'il ne revienne à Delphes.

https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1946_num_132_1_5521

Dans le mythe grec de l’Hyperborée, dont la mère d'Apollon est native, et où il a l'habitude de séjourner, il est spécifié que le jour y est permanent. Il n'est pourtant pas connu que des Grecs antiques n'aient jamais voyagé dans ces contrées. Mais comment les Grecs pouvaient-ils savoir que durant six mois de l'année le jour y était permanent ? Cette légende basée sur une réalité n'a pu se transmettre qu'avec la mythologie indo-européenne. L'autre aspect important du mythe d'Apollon est l'abondance de nourritures apportées par les vierges hyperboréennes chaque année à Délos. On remarque que cette abondance vient par l'intermédiaire des Scythes dont l'habitat est l'Ukraine actuelle et la Crimée.
Les Scythes sont les descendants directes de la civilisation des Kourganes, aire reconnue de la culture indo-européenne initiale. Les plaines d'Ukraine sont connues pour leur extrême fertilité, notamment pour la culture du blé, alors que la Grèce est plutôt aride. L'abondance exceptionnelle venant du pays des Scythes n'a pu être que mythifiée.

 

Ici la mythologie renforce l'archéologie qui atteste de la présence de peuples vivant dans une zone hyperboréenne, la civilisation des céramiques peignées jouxtant le foyer indo-européen de la civilisation de Yamna, devenue plus tard le berceau de la civilisation Scythes.

La mythologie indo-européenne et sa langue vont se répandre dans tous le pourtour eurasiatique, vraisemblablement à partir du troisième millénaire, pour induire un ensemble de civilisations, qui vont se différencier au contact d'autres, établies déjà sur l'exploitation agricole, vers le nord-ouest, la civilisation des amphores globulaires ou cordées, le long de la baltique, qui précédera la civilisation de Halstatt de l'âge du fer, civilisation proto-germano-celtique, puis la civilisation de La Tène, celtique, et les civilisations italiques. Ces civilisations conserveront un moment des sépultures de chefs ou rois en tumuli.
Vers les Balkans, la civilisation hellénique émergera, issue de durs affrontements avec celles de l'Europe ancienne du néolithique agricole, donnant d'abord les Achéens, considérés comme le premier peuple à culture indo-européenne en Grèce, et venant du nord vers -1600.
Au même emplacement, en gros, que la culture de Yamana, les Scythes s’établirent en bordure de la Mer noire.

Vers le sud, traversant le Caucase, en Anatolie, vécurent les Hittites, qui se confrontèrent longtemps aux Égyptiens.

Enfin vers le sud et au delà de la mer Caspienne, les Iraniens ou Perses, puis plus loin au nord de la vallée de l'Indus, des tribus aryennes venant d'Iran entraîneront la fin d'une brillante civilisation déjà millénaire. .

Comment se sont élaborées les mythologies/théologies auxquelles nous croyons encore, parfois malgré nous, et qui constituent l'assise de notre civilisation ?

 

Les théologies sont ce qui est cru de façon dogmatique et reproduites dans le temps sans grandes évolutions ; j'ai dit qu'elles étaient importantes car conservatrices et donc instructives.
Les mythologies sont ce qui encadre les théologies, avant qu'elles ne se constituent en dogmes, et ce qui reste après que le dogme théologique ne soit plus en fonction. Les mythologies sont extraordinairement pérennes en « allant de soi ».

 

Nous pouvons distinguer deux origines :

- D'une part celles qui viennent de la base, de l'espace franco-cantabrique des grottes ornées, où une importante civilisation a vu le jour.

- D'autre part la transposition de cette civilisation du froid vers l'espace hyperboréen ayant engendré la mythologie indo-européenne transmise dans une grande partie du continent eurasiatique.

 

Le fondement le plus important de nos mythes : la parole lumineuse.

 

Observons ce qui nous en reste dans des religions ayant encore cours avant d'aller chercher plus loin dans le temps.

 

La Lettre de la Genèse biblique nous dit :

 

1- Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
2- La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l’abîme et l'esprit de Dieu se mouvait au dessus des eaux.

3- Dieu dit: " Que la lumière soit! " et la lumière fut.

4- Et Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière et les ténèbres.
5- Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres Nuit. Et il y eut un soir, et il y eut un matin; ce fut le premier jour.

On observe ici que la lumière précède la création des astres dont le soleil dans l'ordre de la Création.

 

Mais l’Evangile selon Saint Jean nous dit :
1 - Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.

2 - Il était au commencement en Dieu.

3 - Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.

4 - En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,

5 - Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

6 - Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

7 - Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : 8 - Non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

9 - La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.

10 - Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu.

11 - Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

12 - Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,

13 - Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.

14 - Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.

15 - Jean lui rend témoignage, et s’écrie en ces termes : « Voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. »

16 - et c’est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâces sur grâces ;

17 - parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

18 - Dieu, personne ne le vit jamais : le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.


 

La Genèse selon l’Évangile de Jean est une puissante révision de la Genèse biblique, qui marque profondément la différence entre le christianisme et le judaïsme.
La genèse de l'Evangile de Jean est une exposition précise de la mythologie indo-européenne et nous éclaire sur son adaptation rapide en Europe occidentale aux populations qui possédaient déjà des croyances similaires.

Il est simple de constater que le judaïsme ressemble pour beaucoup à l'islam, ces religions puisent dans une mythologie sémitique du désert. Alors que le christianisme, avec surtout le catholicisme et l'orthodoxie, s'éloigne considérablement du fondement idéologique de cette mythologie sémitique pour adopter celle née dans les steppes pontiques venant auparavant des rives de la Borée.

Et je le rappelle, et ceci est le fil de cet exposé, on ne peut croire que ce que l'on croit déjà.


 

Nous pouvons illustrer ce propos avec le texte le plus ancien qui nous est parvenu, exposant ce fondement idéologique indo-européen : le Rig Véda, premier texte connu du Védisme Indien.


On peut supposer que la tradition orale des premières strophes du Rig-Véda, en langue védique (un sanskrit archaïque), s'est développée à une époque où les Aryens étaient encore sur les plateaux d'Asie centrale, dans la région de l'Oxus aujourd'hui appelé Amou-Daria, fleuve qui se jette dans la mer d'Aral (Ouzbékistan, Turkménistan). De nombreux hymnes citent la Sarasvati (jumelle de Vac) comme une rivière importante et majestueuse. Or nous savons que la rivière Sarasvati s'est asséchée aux alentours de 1800 - 1900 avant J-C, ce dont nous pouvons déduire donc que les hymnes remontent à cette période, qui est aussi celle de la Civilisation de l'Indus. Ces vœux en forme de louanges furent progressivement écrits à partir du XIIe siècle av. J.-C. Ce recueil de bénédictions est le texte védique non seulement le plus ancien mais aussi le plus important du védisme.

 

Arya dans la vallée de l'Indus

Note :

Aryens ou Arya est un terme qui signifie «noble» qui a été utilisé comme auto désignation par les Indo-Iraniens. Le mot a été utilisé par les Indiens de la période védique en Inde comme désignation ethnique pour eux-mêmes et pour se référer à la classe noble ainsi qu'à la région géographique connue sous le nom d'Āryāvarta, (vallée de l'Indus et nord ouest de l'Inde) où la culture indo-aryenne était basée. Les peuples iraniens étroitement liés ont également utilisé le terme comme désignation ethnique pour eux-mêmes dans l'Avesta (zoroastrisme) , et le mot forme la source étymologique du nom de pays Iran.

(Ce terme n'a donc rien à voir avec une pseudo « race blanche » qui est un fantasme non scientifique de la fin du 19ème siècle).

 

Le mythe de la parole.
 

La déesse Vac ou Vach est évoquée dès les premières strophes de l'hymne fondateur.

Vac est la Parole, elle commence par déclarer que c'est elle qui porte les dieux, présentés dans leur grandes divisions et fonctions traditionnelles, puis dans quelques individualités particulièrement importantes, dont on étudiera les fonctions plus loin et qui sont parvenues jusqu'à nos jour, notamment par le biais de la franc-maçonnerie. Il y a d'abord Mitra-Varuna, on verra d'ailleurs l'importance de Mitra ou Mithra dans diverses théologies jusqu'au seuil du christianisme. Puis Indra-Agni ou Rudra-Agni et les Nasatya. Dans les premiers textes, les dieux vont par couple : ils sont jumeaux, cette détermination théologique est un aspect important des premières croyances. Une troisième strophe affirme que Vac (la parole), considérée en elle-même, possède les qualités nécessaires pour tout faire advenir et opérer partout. Dans les dernières strophes, c'est l'univers entier, le ciel comme la terre, et même l’au-delà du ciel, que Vac peut intervenir.

 

Représentation actuelle de Vac Saravasti la lumineuse pourvue de son instrument à corde pour dire les hymnes aux hommes

 

La traduction littérale de l'hymne de Vac dit :


4- C'est par moi qu'il mange la nourriture (l'homme), celui dont la vue discerne, celui qui entend les choses dites. Sans s'en rendre compte, c'est sur moi qu'ils vivent tranquillement (les hommes).
Entend, toi dont on entend parler, je te dis chose digne de confiance (parole d'évangile ).
5- C'est moi, de même, qui prononce ce qui est goûté des dieux et des hommes. Celui que j'aime, celui-là, je le fais fort, je le fais « brahman » (seigneur guerrier), je le fais voyant, je le fais sage.
6- C'est moi qui pour Rudra (dieu védique, archer divin) bande l'arc afin que la flèche tue l'ennemi du « brahman » ; c'est moi qui, pour les hommes fais le combat, c'est moi qui ai pénétré le ciel et la terre.

D'après Georges Dumézil dans « Esquisse de Mythologie » – Gallimard

On peut remarquer que dans le culte védique les fonctions sacrées se sont partagées en une multitude de dieux, parfois les fonctions symboliques changent de non ainsi le couple Mitra-Varuna deviendra plus tard Vishnou-Varuna.

Ces mêmes fonctions se retrouvront plus concentrées chez les Iraniens, les Grecs et les Celtes. Notamment les Iraniens vont épurer leur mythologie jusqu'au monothéisme de l'Avesta (mazdéisme et zoroastrisme) tout en conservant un corpus symbolique identique.

Dans les mythologies indo-européennes, l'arc produit un son et possède une voix.
Le dieu perse Mithra issu du dieu aryen double Mitra-Varuna et le dieu grec Apollon posséderont les mêmes trois fonctions en une seule, attestées par les objets avec lesquels ils sont souvent montrés : l'arc sonore qui donne la mort, la harpe ou lyre pour accompagner les hymnes et louanges et symboliser l'abondance, enfin et surtout la fonction principale de dire La Vérité, de dire par sa voix la parole du dieu créateur, d'en être l'intermédiaire, notamment par le biais de l'oracle en ce qui concerne Apollon.

 

Apollon avec l'arc fatal

 

Apollon à la lyre pour dire les hymnes.

 

Mitra-Varuna devenant Mithra plus tard chez les Perses possédera comme arme fatale un glaive avec lequel il tua le taureau dont la rivière de sang coulant de sa gorge donna l'abondance.

Ces trois fonctions : parole, mort et abondance, se retrouvent également chez le dieu celte Lug et le dieu Baldr germano-scandinave, l'arme sacrée sera chez eux non plus l'arc, mais la lance.

Ces dieux sont également appelés lumineux et quand ils sont représentés, c'est toujours nimbés de lumière ou possédant une auréole. La paroles étant toujours associée à la lumière.

 

Quelle est l'origine du mythe de la parole ? Trois hypothèses qui ne s'excluent pas :

 

1- Les découvertes de Geneviève Von Petzinger, qui a dénombré 32 signes récurrents dans les grottes ornées de l'ensemble franco-cantabrique, ces signes identiques partout ressemblent à un début d'écriture. L'énoncé de ces signes devaient avoir un caractère magique et shamanique, comme il semblerait que furent ces grottes ornées. Ne voyons-nous pas là le début d'une sanctification de la parole venant du dieu démiurge?

 

2- La parole est nécessaire à la transmission des méthodes de génération en génération, pour sans cesse les améliorer, comme je l'ai souligné dans un article précédent. Une très récente recherche génétique établissant une comparaison entre l'homme de Neandertal et l'Homo sapiens montre une petite différence au niveau du gène FOXP2 de l'ADN qui assure la parole. Chez le Neandertal, la différence d'un seul acide aminé entre la séquence de son ADN au niveau de FOXP2 indique chez lui une difficulté à utiliser la parole. En plus, ses artefacts étaient toujours identiques de génération en génération, alors que son volume cervical était supérieur à celui de l’homo sapiens. Ceci montre que la capacité à transmettre des méthodes mais surtout à les diffuser socialement et à les améliorer est une fonction ontologique propre à l'homme moderne. Chez l'homme, l'intelligence n'est plus individuelle, mais est devenue sociale, civilisationnelle, cette capacité n'étant due qu'à l'utilisation d'une parole complexe. Il est donc logique que la parole fut mythifiée et désignée comme le début même de l’existence humaine, et similaire à la lumière du jour nécessaire à la croissance de toutes choses vivantes.

 


3- Une autre signification mythique de la parole viendrait de la division en trois ordres des sociétés indo-européennes (Georges Dumézil). Ces trois ordres sont les guerriers nobles, les prêtres, et les travailleurs. Les prêtres sont chargés de diffuser la parole divine. « Je te dis choses dignes de confiance » annonce la déesse Vac dans le Rig Veda. La parole du dieu-démiurge, celui qui créa le monde, doit être crue comme telle, même si cette parole est annoncée par un intermédiaire.

 

Origines hyperboréenne des mythologies théologies indo-européennes.

 

Nous avons vu que des peuples venant du sud-ouest de la France et du nord-ouest de l'Espagne vivaient dans des toundra au bord des glaciers de la dernière glaciation de Würm. Ces peuples de chasseurs cueilleurs étaient habitués aux froids extrêmes comme le sont aujourd'hui les Inuits, les Lapons ou les Nénètses.

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9n%C3%A8tses

Ils sont remontés vers le nord de la Russie actuelle en suivant les troupeaux de rennes au cours du réchauffement qui eu lieu vers – 10 000 ans. Leur habitat fait de tente de peau genre tipi n'ont pas laissé de trace mais sur cet aire des poteries ont été trouvées ; d'une facture particulière, les céramiques peignées attestant une forte présence humaine

.

Le mythe de la lumière.

 

Si le mythe primitif de la parole a pu se former avant l'implantation des européens dans les zones de l’Hyperborée, son association avec celui de la lumière peut bien en être la source.

 

Dans ces hautes latitudes, le cycle du jour et de la nuit change très fortement avec les saisons. Au delà du cercle polaire, les nuits durent six mois ainsi que les jours. Pour ces populations, voir le soleil se lever après une très longue nuit devait être particulièrement remarquable. Durant les longues nuits d'hiver, la lumière devait être sacrée et cette lumière devançait longuement le levé du soleil durant les longues aubes des solstices ; cette lumière primitive, tant attendue, éclairant l'obscurité, a pu se donner lieu à mythe, car elle devançait l’apparition de l'astre solaire.

Deux mythes fondateurs se sont trouvés liés car lumière ET parole sont sources de toutes choses

Il n'est donc pas étonnant que le dieu Apollon dont on est certain qu'il vient d’Hyperborée, soit le dieu de la lumière et de la parole transmises par le démiurge. Ainsi tous les dieux lumineux indo-européens associent lumière et parole, intermédiaires du Dieu Créateur.

Ces dieux allaient primitivement par couples jumeaux présentant des fonctions dialectiquement proches, bonnes ou mauvaises. Ces couples prirent plus tard chacun leur indépendance.


Quelques exemples.

Vac-Sarasvati, Mitra-Varuna, Indra-Agni, ou Rudra-Agni pour l'Inde et les aryens

Apollon-Artemis, pour les Grecs,

Amesha-Spenta, les deux archanges de Ahura Mazda, dans le mazdéisme et zoroastrisme des Perses.

Lug pour les Celtes, lequel possède également un jumeau mort né Dylan eil Ton (Thése de Gaêl Hily sur Lug),

Odin Baldr pour la mythologie scandinave, Odin lumière sombre et Baldr lumière claire. Le Christ et le Saint Esprit pour les chrétiens

https://tel.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/614164/filename/Hily_Le_Dieu_celtique_Lugus.pdf

 

Le mythe du soleil levant et de la croissance

Dans les zones boréales, quand le soleil se lève enfin au printemps vient la croissance, la croissance de la végétation et du nombre des animaux chassés ou élevés avec cette croissance vient la richesse. Le soleil se lève à l'est à l'orient. Orient vient du latin oriri : se lever ; il s'agit d'un verbe d'origine indo-européenne, voulant dire naître ou sourdre, surgir. Ce terme est proche de la signification du latin « crescere », (croître) voulant dire pousser (pour une plante, arriver à l’existence, naître). Cette origine étymologique donnera son nom au symbole germanique du soleil levant la « crista » qui est un omega inversé (d'après l'historienne Anne Lombard-Jourdan) . Symbole particulièrement important car il nous donnera la fleur de lis représentant la royauté française (Fleur de Lis et Oriflamme, d’Anne Lombard Jourdan, CNRS Edition)

 

La tri-fonctionnalité.

 

L'historien Georges Dumézil a passé une bonne partie de sa carrière à étudier la tri-fonctionnalité des dieux des différentes cultures indo-européennes et qui d'après lui en marque cette origine. Le christianisme possède bien dans sa théologie, la trinité, c'est à dire un unique dieu en trois formes, le Père, le Fils et le Saint Esprit. J'ai montré, au chapitre de la parole suivant les écrits de Georges Dumézil, que les dieux symbolisant ce mythe étaient non seulement jumeaux, mais trifonctionnels :

Parole, Abondance et Mort, ces trois fonctions réduites en une seule symbolisant l’essence même de l'homme.

La Parole peut être celle du Dieu créateur, émise par le dieu interprète, intermédiaire, c'est également celle du prêtre, mais aussi celle de la parole donnée, du contrat (Mitra-Varuna).
L'Abondance coule d'une rivière, d'un fleuve ou du sang du taureau, l'abondance est liquide.
La Mort vient de l'arme fatale, dont la blessure ne guérit jamais.

 

Origine possible de la tri-fonctionnalité.

 

Une parhélie, vue par grand froid au soleil levant.

 

Quand le soleil enfin se levait après une longue aube, les hommes pouvaient voir parfois au soleil levant trois formes solaires dans une parhélie. Une parhélie montre des reflets du soleil sur des cristaux de glace apparaissant de part et d'autres de l'astre solaire, le tout formant un halo et une croix. Cette image très frappante n'a pu que se transformer en mythe ; d'ailleurs la symbolisation grecque et indo-européenne du soleil consiste en une croix aux branches de tailles égales qui peut également être entourée d'un cercle.

 

Dans différentes cultures indo-européennes et eurasiatiques

 

La représentation du père et de son image sanctifiée.

 

Pour comprendre l'imprégnation de notre société par la mythologie indo-européenne qui nous fut transmise par les Celtes puis par les Grecs anciens via les Latins, puis confirmée par les Germains, il faut lire : La Cité Antique de Numa Denis Fustel de Coulange (1830- 1889). Pour expliquer ce que représente le père chez les peuples indo-européens, il faudrait reproduire l'entièreté du livre.
La cellule familiale telle qu'il est possible de la décrire dans les plus anciens textes comme le Rig Veda est issue d'une structure tribale, où elle est organisée autour du culte des ancêtres morts. Ce qui caractérise une cellule clanique par rapport à une autre, c'est l'identification de ses propres ancêtres.
La famille chez les Grecs et les Latins est directement issue de ces structures tribales des temps les plus anciens ou chaque clan possédait une religion domestique propre qui n'était surtout pas celle de l'autre. Pour Grecs et Latins, cette religion s'animait autour du feu sacré.

Le mot père vient de « pater » qui est le même en latin, grec et sanskrit, et qui a donc une origine lointaine avant le partage indo-européens des steppes entre Mer Noire et Caspienne vers quasiment toutes les directions. Donc ce terme « pater » est riche en enseignements. Originellement ce terme ne veut pas dire géniteur, mot dont la racine « ganitar » se retrouve également chez les Latins et en sanskrit. Ce terme « pater » désigne autant des dieux. Jupiter, le dieu démiurge des Romains s'appelait aussi « Pater hominum Deorumque », le pater des hommes et des dieux. Le même titre de pater était donné à tous les dieux que les hommes ne considéraient pas comme leur géniteur. Le mot pater possède une signification multiple : dieu, prêtre de la religion domestique, roi, seigneur, ce terme est très proche de « dominus », dont la signification ancestrale est propriétaire, et qui a donné de nombreux termes dans la langue française autour de la domination et dans les paroles religieuses du christianisme. Le « pater familiae » n'était pas notre père de famille actuel, mais un chef ayant droit de vie et de mort sur les membres de son clan ou « familiae». Mort, il sera déifié et son culte se pérennisera tant que le feu sacré ne s'éteindra pas.


Les Celtes emploient le mot Dis Pater pour l’ancêtre fondateur auquel l'ensemble de la communauté tribale rendra un culte en dehors du culte domestique rendu aux ancêtre du seul clan familiale.

Chapitre 2.


Du Rig Veda à l’Évangile

 

 

  Entre le Rig Veda écrit environ en 1500 avant JC et l'Evangile, les divinités indo-européennes et les cultes subirent quelques évolutions qui permirent un rapprochement évident vers le christianisme.

Du Mitra-Varuna védique au Mithra avestique

Dans le Veda, Mitra représentait la souveraineté sur le plan terrestre et Varuna sur le plan surnaturel  Mitra, dont le nom signifie "contrat", était le garant de l'amitié, des accords entre les hommes et de l'honnêteté, tandis que Varuna était le garant de l'ordre cosmique. Mitra était toujours présenté comme amical, tandis que Varuna était un dieu violent, rappelons qu'au début de leur théologie les dieux avec les symboles qu'ils représentaient allaient par couples jumeaux dialectiques.

Mithra (avec un H) revenu en Perse fut un élément de l'Avesta, textes sacrés du Mazdéisme-Zoroastrisme, première religion monothéiste. Néanmoins il est dit dans ce texte ce que Mithra devenu ange représente:

« La lumière qui voit tout est l'emblème de la vérité, et c'est surtout comme témoin universel que Mithra est devenu l'incarnation céleste de la conscience et de la vérité. [...]. Témoin des contrats, il observe qui les garde et qui les viole, il châtie ceux qui mentent à Mithra (Mithrô-Druj) » (Darmsteter, Zend Avesta, II, 141, 142). 

http://www.cosmovisions.com/$Mithra.htm

 

Dieux lumineux voire solaire Mithra prit son indépendance pour se rapprocher des fonctions d'Apollon avec lequel il finit par se confondre.
Cette fusion entre mythologie perse et grecque se fit à la faveur des conquêtes d'Alexandre et de sa victoire sur Darius III, l'empereur perse en 333 avant JC. Suite au retrait des armées d'Alexandre après la destruction de l'empire perse, une autre entité politique et culturelle émergea, l'Empire Parthe de culture gréco-perse. Cet empire multiethnique était sur la route de la soie et faisait la jonction entre la république romaine et la Chine. C'est dans ce creuset que les mythologies théologies d'Apollon et de Mithra et certainement de l'hindou Krishna quasi christiques purent se confondre.

 

Mithra solaire.

 

Mithra serait  né d'une vierge comme le dieu hindou Krishna et le dieu égyptien Horus, il serait né le 25 décembre sortant d'un rocher , considéré comme un grand professeur et un maître itinérant, il était appelé le « Bon Berger », il était considéré comme la voie, la vérité, la lumière, son jour sacré était le dimanche,  il avait 12 compagnons, il faisait des miracles, il fut enterré dans un tombeau et après trois jours, s’est relevé. Il était dispensateur de l'eau, c'est-à-dire de l'abondance en tirant une flèche dans un rocher.

 Le culte de Mithra s'est propagé dans tous l'empire romain à partir du 2ème siècle et avait pour vecteur les légionnaires revenant des combats contre l'empire Parthe ou ils furent en contact avec sa théologie tendant vers le monothéisme. Ces légionnaires organisèrent une société secrète qui ressemblait beaucoup à ce qu'est aujourd'hui la Franc-Maçonnerie avec des initiations secrètes et différents grades. Ce culte s'exerçait dans des lieux appelés « mithranium» qui étaient souvent une grotte. Le grade le plus haut était le « Pater ».

La mythologie/théologie de Mithra est très vaste et à elle seule pourrait faire l'objet d'un ouvrage car c'est le mythe à la fois le plus anciens répertorié et qui put traverser diverses religions puis persister jusqu'à la crypto-religion maçonnique républicaine.
La symbolique de Mithra ne synthétise pas à elle seule l'ensemble de la symbolique vitale indo-européenne ?

http://hautsgrades.over-blog.com/article-mithra-un-dieu-des-francs-macons-112151467.html


 

 D'Apollon à l'Apollon-Mithra.

 

La tri-fonction d'Apollon, dit l'hyperboréen, recoupe la lumière, la parole et la mort. La lumière solaire, la parole par l'oracle et la mort infligée par son arme fatale, l'arc sonore, le tout formant l'abondance. Abondance qui fut souvent chez les Grecs associée à l'eau et à la guérison. A Delphes aux premiers temps, le temple d'Apollon était consacré à la divination, c'est-à-dire à l'interprétation des paroles du Dieu démiurge. Les prêtresses, les pythies étaient de jeunes vierges, réputées être épouses de Dieu comme étaient vierges celles qui portaient l 'abondance à Délos depuis l'hyperborée, via la Scythie. Ces pythies avaient la particularité de pouvoir entrer en transe, ce qui fait dire à certains auteurs que le culte d'Apollon avait une origine shamanique, chose qui démontre son ancienneté.  
Au cours du temps allant vers les premiers siècles de notre ère, la fonction principale d'Apollon fut de représenter le soleil, il fut également baptisé dieu des sources et de la médecine. Soleil, source et médecine représentant la vie. La mythologie/théologie d'Apollon est très proche de celle de Mithra,

 

Apollon solaire sur son char

 

Nous savons par les légendes et mythologies irlandaises rapportées et écrites au moyen-âge par les moines que les druides celtes avaient connaissance du mythe de l’hyperborée. L' hyperborée était la terre des demi-dieux Tuatha Dé Danann, ce qui signifie tribu de la déesse Dana, qui sont des figures divines venant de quatre îles du nord du monde (mythe de l'hyperborée) Falis, Gorias, Findias  et Murias ; de ces îles mythiques ils apportèrent cinq talismans : la lance de Lug, l'épée de Nuada, le chaudron et la massue de Dagda et la pierre de Fal.

 Le Mithraïsme et le culte d'Apollon en Gaule romaine s'accordaient avec l'ancien culte druidique et devaient certainement rejoindre le culte de Lug, dieu omnipotent en celtique, qui donna son nom à la ville de Lugdunum, qui devint Lyon, capitale des Gaules.

 

Le Mithra romain avec l'arme fatale et la lumière, ici coiffé du bonnet phrygien.

 

En Gaule romaine, les lieux de culte reprirent ceux de la celtique indépendante, simplement d'autres dieux furent ajoutés au panthéon existant.
Pour tous les peuples de culture indo-européenne, le lieu du culte revêtait une importance particulière, car il devait être le lieu de la sépulture mythique d'un ancêtre fondateur.

 https://www.persee.fr/doc/ccgg_1016-9008_1995_num_6_1_1606

 

 La religion druidique, celtique ancienne possède donc un lien avec la mythologie apollinienne et avec le dieu celte Lug, dont la racine étymologique est lumière, et qui possède une fonctionnalité proche d'Apollon; elle provient certainement de la même origine mythique : parole, lumière (qui signifie aussi abondance) et arme fatale; dans son cas c'est la lance dont le fer se projette seul sur l'ennemi et qui revient à sa place, la blessure provoquée ne pouvant jamais guérir - nous connaissons aussi la similitude mythologique également avec le dieu perse Mithra.  

En dépit de la terrible répression que les Romains ont abattu sur les druides, il est certain que leur crypto-religion aura pu se ressourcer avec les cultes d'Apollon l'hyperboréen et de Mithra.
Les mythes indo-européens étant communs à tous, notamment la fameuse tri-fonctionnalité: parole, lumière et arme fatale.

 

 

Nous avons compris tout au long de cet exposé que chez les peuples de culture indo-européenne, le nom des dieux importait moins que leurs fonctions symboliques, au sein desquels la parole et la lumière étaient étroitement liées. Le nom des dieux changeait, mais le mythe profondément ancré demeurait. C'est ce fil rouge que nous suivons ici

La Gaule romaine va se couvrir de ces lieux de crypto-cultes, les Mithraeum, où finalement le culte de Mithra l'emportera sur celui de Lug et d'Apollon.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00943545/document

 

Un Mithraeum lieu d"un crypto-culte à Mithra en Gaule romaine

 

Du mithraïsme au culte du Sol Invictus.

 

 Sol Invictus en latin signifie « Soleil invaincu ») est une divinité solaire apparue dans l'Empire romain au IIIe siècle. Elle reprend des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, qui connaissait  une grande popularité dans l'armée romaine.

L'empereur Aurélien (270-275) lui assura une place officielle à Rome en proclamant que le Soleil invaincu est le patron (pater) principal (fondateur) de l’Empire romain et en faisant du 25 décembre pris pour le solstice d'hiver une fête officielle appelée le « jour de naissance du Soleil » (du latin dies natalis solis invicti). Cette fête vint alors se placer dans le prolongement des Saturnales, une période de fête ancienne et la plus importante de Rome. Un temple  fut dédié au Soleil au Champs de Mars; ce temple était servi par un nouveau collège de prêtres, les « pontifices Solis ». (D'après wikipedia).

Cette nouvelle religion, issue des cultes d'Apollon et de Mithra fut celle de Constantin, qui devint l'unique Empereur de Rome après s'être débarrassé des autres co-empereurs, car en ce temps trois empereurs régnaient sur l'Empire. D'abord il vainquit Maxence en 312 à la bataille du Pont Milvius, aux portes de Rome, et ensuite Licinius, en 324, à la bataille d'Andrinople.

Mais Constantin 1er est surtout connu pour avoir autorisé  le culte chrétien au sein de l'empire romain; la légende chrétienne prétend même qu'il se serait converti, chose qui semble fausse: il conserva plus vraisemblablement pour lui-même le culte du Soleil Invaincu, comme l'attestent les pièces romaines de son règne.  

 

Une monnaie du règne de Constantin à son effigie jumelée avec le Sol Invictus

 

 

Constantin, et son labarum gaulois.

 

(D'après le travaux de l'historienne Anne Lombard-Jourdan)

Constantin avait une armée essentiellement composée de Gaulois (gallo-romains), dont les effectifs étaient très inférieurs à son concurrent direct Maxence, l'autre empereur installé à Rome. Constantin devait plaire à ses hommes et se montrer l'un des leurs, il permit déjà aux cultes druidiques de sortir de la clandestinité. Adepte du Sol Invictus il fut très influencé par le culte rendu par ses officiers et soldats dont la source était la celtique ancienne et le culte druidique.

On sait que la Gaule romaine avait conservé les mêmes lieux de culte que ceux de la celtique indépendante.
Sur le territoire actuel de la ville de Saint Denis dans la plaine du Lendit se trouvait un lieu de culte ancien, et particulier au lieu-dit La Montjoie, aujourd'hui au croisement de la rue de La Montjoie et de l'avenue du Président Wilson. Ce lieu de culte ancien était un tertre sous lequel devait reposer un ancêtre commun aux Celtes, car ce lieu était réputé être le centre de la celtique, le lieu même où devait reposer le Dis Pater. A cet emplacement les tribus celtes Parisii et les tribus Belges avaient coutume de se réunir, dans la plaine du Lendit, car ce tertre marquait la frontière de leurs territoires réciproques. Durant l'occupation romaine, un temple consacré à Apollon l'hyperboréen fut érigé sur ce tertre de la Montjoie.

 

La lance mythique de Lug.

 

Il a été trouvé de grands fers de lance gauloises ajourés, tels celui retrouvé dans une sépulture de la Marne au lieu-dit la Fin d'Ecury, à Fère Champenoise. Un autre, découvert à Thugny en 2002, qui est doté d'une flamme ondulée de près d'un mètre. Ces artefacts sont parfois qualifiés de lance-enseignes. Ces dernières sont susceptibles de matérialiser un échelon  d'organisation militaire gauloise. On en retrouve un équivalent dans les étendard de l'armée romaine.

Le labarum romain est une enseigne fixée sur un lance représentant également un échelon de l'organisation militaire romaine. Qui a copié sur qui ? Nous savons que les Romains ont beaucoup emprunté de l'équipement militaire gaulois, notamment la cote de maille et les chaussures à tige. D'après Anne Lombard-Jourdan, l’étymologie de labarum vient du celte « labaros » qui signifie parler. Le labarum de Constantin, qu'il montra à la bataille décisive du Pont Milvius, est devenu célèbre et mythique; son emploi et son mythe possèdent toutes les chances d'être d'origine celtique. La lance qui luit au soleil et qui parle avec son gonfanon qui claque est un mythe typiquement indo-européen, que l'on retrouvera dans l'oriflamme de France.  
Dans des panégyriques prononcés devant l'empereur Constantin peu après sa victoire par le rhéteur gaulois d'Autun, Eumène, en juillet 310, et par le rhéteur de Bordeaux Nazarius en 321, ces deux rhéteurs évoquent les circonstances de la remise de son labarum à Constantin. Cette remise solennelle se fit suite à une initiation par des druides au « plus beau temple du monde » ( templum toto orbe pulcherrimum) qui, selon leurs dires, était situé au centre de la Gaule, qui, pour les peuples celtes qui l'occupaient, était justement le site que l'on a appelé plus tard La Montjoie dans la plaine du lendit au nord de Lutèce, ce mot provenant du francique « Mundgawi », signifiant « protège pays ». Le Labarum mystérieux attribut divin était conservé dans ce sanctuaire central des Gaules selon une coutume celtique ancestrale.

Une copie en fut confiée à Constantin avec les signes sacrés qui devaient figurer sur sa couronne et sur le tissus de l'enseigne. On connaît bien le fer de la lance sacrée de Constantin, conservé dans un musée à Vienne, et qui servit aux sacres des empereurs romain-germaniques. C'est un large fer ajouré typique des lances sacrées gauloises, qui comporte en son centre une autre arme mythique à deux pointes en vis-à-vis.

 


Lance de Constantin conservée à Vienne en Autriche avec en son milieu l'arme mythique à deux pointes opposées

 

Mais le débat porte surtout sur la description des signes apposés sur la couronne de Constantin et sur l'enseigne. Ce signe particulier remis à Constantin par les druides et reproduit sur les boucliers de ses soldats à été décrit par Lactance, lequel fut choisi par Constantin pour être le précepteur de son fils aîné Crispus. Son témoignage est connue par un manuscrit du 12ème siècle. Anne Lombard Jourdan dans son livre : Fleur de Lis et Oriflamme aux éditions du CNRS, réfute la description de l'Eglise qui y voyait un chrisme, c'est à dire un khi X traversé d'un rho P. elle y voit plutôt la description d'une croix cristée, c'est-à-dire d'une croix grecque surmontée d'une crista, qui est comme un oméga inversé: c'est un signe indo-européen symbolisant le soleil levant.
Il serait étonnant que les druides de Saint Denis aient donné à Constantin un chrisme chrétien, signe qui fit son apparition bien plus tard. Il paraît logique que le signe magique des druides fut un symbole du soleil levant.

 

Une crista sur une monnaie mérovingienne dont le description correspond au signe magique donné à Constantin par les druides du "plus beau temple du monde"  dans la plaine du Lendit.

 

Le neveu de Constantin, Julien, qui lui succéda fut appelé par l'Eglise l'apostat, présumant qu'il fût chrétien, qu'il eût renié cette religion, conjecture peu plausible. Julien était de culture grecque et féru de philosophie, il était aussi appelé Julien le philosophe, il avait peu de goût pour le christianisme mais ne persécuta pas les chrétiens, dont la religion était acceptée à Rome depuis Constantin, qui n'était pas lui-même chrétien. Julien résida longtemps à Lutèce, proche du limes, afin de commander ses armées contre les invasions germaniques. Il avait d'excellents rapports avec les druides, dont le culte fut protégé par son oncle Constantin et dans la religion desquels il fut initié. Julien avait même fait le projet de bâtir un culte et une église païenne avec ces druides de la région de Lutèce (Lutetia, la lumière).

Les choses changèrent radicalement avec l'accession de Théodose comme empereur de 379 à 395. En 380, Théodose se convertit au christianisme et par l'édit de Thessalonique il en fit la religion officielle et unique de l'Empire. Tous les adeptes des autres religions furent gravement persécutés et souvent massacrés. Il fit des concessions aux peuples barbares et leur permirent de rentrer dans l'empire. Ceci accéléra la chute de l'empire romain qui 80 ans après sa mort, disparut.

Chapitre 3

 

La perpétuation de la mythologie indo-européenne dans sa forme chrétienne dans le Royaume Franc des Gaules


 

Nous continuons ici à suivre le fil rouge mythique venant du fond des âges. Nous avons évoqué plusieurs « dieux » que je mets entre guillemet car ils ne sont que l'incarnation de mythes qui se perpétuent s'incarnant dans divers aspects humains, car pour l'homme, adorer et se soumettre à une forme humaine ou humanoïde est plus aisé que de se soumettre à un simple concept. Nous avons retenu trois concepts que nous jugeons les plus pérennes et les plus puissants dans cette mythologie vielle de 30 000 ans ou plus venant de l'espace franco-cantabrique des grottes ornées durant la glaciation de Würm, puis durant le réchauffement climatique, suivant les rennes, eux-mêmes suivant la toundra qui remontait jusqu'en hyperborée.

1- Le Pater fondateur inhumé à qui on rend un culte afin de perpétuer son souvenir. Le lieu de sépulture devenant sacré et le Pater sanctifié.
2- La parole lumineuse et sacrée source de toutes choses sur terre.
3- Le sacré unique mais se partageant en trois fonctions indissolublement liées formant une triangulation dont le sommet et le tout est le Dieu démiurge. Mort (culte), Parole, et Lumière (vie).

On comprend que le christianisme ait pu se répandre aisément parmi les élites gallo-romaines dans l'Empire finissant car la mystique et la symbolique chrétienne leur permettaient de comprendre qu'il n'y avait qu'une continuation. La croix symbole solaire depuis toujours, le christ lumineux et beau, guérisseur, faiseur de miracle, rapportant la parole du Dieu créateur, mort et ressuscité continuait Apollon, Mithra, Lug ou Baldr, et puis Mithra qui avait pris la place d'Apollon n'était il pas né d'une vierge un 25 décembre? D'ailleurs la date de la naissance du Christ fut fixée par l'Eglise de Rome le 25 décembre car il y avait à cette date la célébration de la naissance du Soleil-Invaincu (Mithra) et on ne pouvait plus bouleverser les dates de célébration et de fête.

 

Image d'un vitrail de la cathédrale de Lyon, représentant l’apôtre Jean au pied du Christ celui-ci possède dans sa bouche l'arme fatale à deux pointe, symbole du passage de l'apocalypse de jean (1,12) ou le verbe apparait .

 

Quand au petit peuple ne croyant que ce qui était croyable, c'est-à-dire visible, les arbres, les sources, les montagnes, les esprits des morts bons ou mauvais, il continua à croire à ce qu'il croyait depuis toujours, on les appela païens, terme qui vient de pagus, qui donna pays, paysans et paganisme. L’Église mit d'ailleurs des siècles pour christianiser les campagnes. Encore aujourd'hui de nombreux arbres sacrés sont l'objet de culte, évidemment dédiés à un saint ou à la vierge Marie, ce qui les christianise.

Mais le plus important était que le nouveau culte puisse s'établir en tant que religion de pouvoir, il fallut donc lui inventer une néo-mythologie s’emboîtant dans l'ancienne.

 

Saint Denis nouveau Dis Pater, naissance d'une patrie mythique.

 

Le lieu sacré depuis des millénaires ou sous un tertre était inhumé un fondateur, un Dis Pater ou protège-pays, un « Monsjowy », selon les mythologie indo-européennes et celtique, ne pouvait pas être abandonné. Ce lieu merveilleux ou était bâti « le plus beau temple du monde », d’où partit Constantin le Grand, qui devint le seul et unique empereur et qui autorisa le culte chrétien, devaient continuer sa fonction et demeurer le lieu sacré, siège de la souveraineté, dont Apollon-Mithra devenu Soleil-Invaincu était devenu le symbole.

Le Christ, lumineux, solaire, à la parole infaillible, rapportant celle du Pater-dieu créateur, put aisément remplacer l'Apollon-Mithra-Soleil Invaincu, car le mythe qu'il incarnait n'était qu'une continuité du mythe civilisationnel fondamental qui ne pouvait être brisé.

Il fallait maintenant construire une mythologie fondatrice du pouvoir des Francs chrétiens sur la Gaule, puis des rois de France, quand ce terme prit un sens pour un peuple français, qui ne se fit que graduellement, et s'acheva réellement avec la fin de la guerre de cent ans au milieu du 15ème siècle.

Pour renouveler le mythe, le refonder aux yeux de tous, en finir avec l'ancienne crypto-religion pour initiés, il fallait une nouvelle inhumation, d'un nouveau «dis  pater » dont l'histoire devait être suffisamment merveilleuse, miraculeuse pour assurer un culte aussi important que le précédent.

Avec évidence ce rôle devait être imparti au premier évêque de Lutèce, Denis, qui fut envoyé de Rome pour évangéliser les Gaules. La capitale des Gaules à l'époque était Lugdunum, (Ville de Lug), Lyon, mais c'est à Lutèce ( la lumineuse) et dans sa mythique région ou la concurrence avec les druides se devait d'être la plus rude, et où le mythe fondateur et puissant devait être remplacé.

En 250, l'année de son martyre présumé le culte du Soleil-invaincu était venu à son apogée et devint en 270 le culte officiel de Rome. Culte dont on connaît l'importance dans la région de Lutèce.
Sont-ce les druides qui voulurent sa mort ou sont-ce les légionnaires romains, ou peut être les deux ? La légende est partagée. La légende dit que Denis fut décapité à Montmartre le « Mont des Martyres », avec ses deux compagnons, et qu'il ramassa sa tête, se dirigea vers le nord et tomba à six kilomètres du lieu de sa mort où, là, une pieuse femme, aux dires de la légende, l'enterra. Ce lieu s'appelait Catolacus ou Catulliacus, lieu même où, non loin de là, le fameux tertre, centre de la gaule celtique était situé.

 

L'évèque de Paris, Denis, offrant son sacrifice au lieu symbolique et millénaire de la plaine du Lendit ainsi il remplacera le Dis Pater Celte ancêtre fondateur.

 

Bien après, le nom de Saint Denis fut lié à un mausolée du Bas-Empire, il apparaît vers 520 dans la littérature avec « La vie de sainte Geneviève ». La sainte femme témoigna de sa dévotion envers l'évêque martyr, qu'elle désigna comme son père dans la foi. Elle obtint du clergé parisien l'érection d'une église sur sa tombe au « vicus Catulliacus » situé à huit kilomètres au nord de la Seine, à l'emplacement de l'actuelle basilique Saint-Denis.

 

Il y a plusieurs stades jusqu'à l'élévation officielle de Saint Denis comme Saint Patron (Pater) du royaume des Francs puis de France.
 

Une abbaye fut fondée à Catulliacus au VIIe siècle, ce centre fut doté d'une basilique et devint vite prestigieux grâce aux largesses royales à partir de Dagobert, lequel choisit d’agrandir le sanctuaire et d'y être inhumé. Cette abbaye devint pour la première fois le centre administratif du « Regnum francorum », ayant en charge une constellation d'églises qui devaient contribuer au rayonnement de son saint patron en le dotant d'une merveilleuse légende d’où elle fut diffusée.

Pour la première fois un roi détenteur du pouvoir divin se fit inhumé en 639 près de la sépulture du Saint.

 

Note :

Les Francs, tribu germanique, ne se considéraient pas d'abord issus d'un territoire, ils se considéraient comme des hommes libres, ce qui est la signification du mot franc. Donc le roi des Francs (Rex Francorum) régnait sur ces hommes libres ou nobles, les Francs. Les autres, les Gaulois, n'avaient plus de statut. Un territoire dénommé Francia Occidentalis n’apparaît qu'en 843, après le traité de Verdun qui attribua à Charles le Chauve la partie ouest de l'Empire Franc de Charlemagne. Mais le terme de Rex Francorum (Roi des Francs) va se perpétuer jusqu'au règne de Louis IX dit Saint Louis, qui prit le premier le titre de Rex Francium, Roi de France.

 

L'abbé Suger 1081 – 1151 omniscient et omnipotent.

 

Suger fut élu abbé le 19 février 1122 par le chapitre de l'abbaye royale de Saint Denis sous le règne de Louis VI. L'abbé Suger dont les rois Louis VI et Louis VII feront leur ministre et le désigneront régent du royaume des Francs, quand chacun d'eux partirent pour la croisade, fut un personnage crucial pour l'établissement du mythe des Francs et de France.
Sous son autorité, les moines de Saint Denis érigèrent une légende, rapidement devenue mythe, qui devint le cœur de la mystique royale.

 

Les différentes actions de l'abbé Suger, transcripteur de la mythologie indo-européenne millénaire au sein du christianisme souverain et royal dans ce qui deviendra la France.

 

1- Action architectural, la lumière dans le temple du Christ.

 

Il fit reconstruire l'ancienne basilique carolingienne selon la nouvelle technique ogivale sur colonne, dégageant les murs porteurs, remplacés par des verrières. Les églises étaient bâties selon une orientation précise. La nef et le cœur ont une direction ouest est, le cœur face à l'est, face au soleil levant, le transept possède une direction nord sud. Le prêtre, avant Vatican II, officiait face à ce soleil levant; il paraissait logique que la lumière solaire du matin puisse inonder le cœur, et les fidèles recevoir la lumière divine en même temps que la parole sacrée du prêtre (pater). Plus tard au 13ème siècle, l'architecte Pierre de Montreuil, qui fut également l'architecte de Notre Dame de Paris et de la Sainte Chapelle, améliora d'une façon magistrale cette architecture théologique et mythologique de la parole, lumière divine.

 

Une architecture théologique et mythologique la lumière du soleil levant inondant les fidèle

Cœur de la basilique Sain Denis.

 

Cette architecture que l'on doit appeler médiévale française, car expérimentée en Ile de France au 12ème siècle précisément à Saint Denis, se répandit rapidement au début du 13ème siècle entre la Loire et la Somme. Par la suite, ce type d'architecture théologique fut copiée dans toute l'Europe occidentale. Les Italiens par dérision l'appelleront « gotico » ou « tedesco », c'est-à-dire germanique, car venant d'au delà des Alpes, d’où son appellation stupide : art gothique.

 

2- La fleur de lis.

 

Il fit du symbole de la fleur de lis, le symbole de la souveraineté du roi des Francs sur la Gaule, fleur de lis qui deviendra le symbole de la royauté française.

 

Armes de France avant Charles V

 

Comme l'a démontré l'historienne Anne Lombard-Jourdan, cette fleur de lis (qui ne ressemble pas à une véritable fleur de lis) provient du symbole modifié de la crista, symbole du soleil levant chez les Celtes et les Francs. Ce symbole fut donné par les druides « du plus beau temple du monde » dans la plaine du Lendit à Constantin. Au 12ème siècle quand l'héraldique balbutiait, les armes du roi des Francs furent alors d'azur fleurdelisé (tapis de fleur de lis), qu'on peut toujours observer au fronton de la mairie de Saint Denis. Le roi de France Charles V modifia cette héraldique en ne laissant que trois fleurs de lis en triangle, symbole de la trinité. On doit également considérer également que la véritable fleur de lis est un symbole marial et de virginité.

 

d'après Anne Lombard Jourdan dans Fleur de Lis et Oriflamme (CNRS Édition)

 

3- L'oriflamme, lance sacrée de Lug.

 

Il institua l'usage de l’oriflamme de France comme enseigne de l'ost (armée) royale. Ceci afin de concurrencer l'usage par l'Empereur Romain Germanique de la lance sacrée de Constantin.
Cette lance sacrée, lance de Lug le lumineux, munie de son oriflamme rouge et or où il était inscrit Montjoie Saint Denis devint le labarum de France. Montjoie Saint-Denis fut le cri de ralliement de la chevalerie française, il rappelait le lien étroit entre le protège-pays celte de la Montjoie et le nouveau protège-pays chrétien de la basilique Saint Denis. Cette devise est visible sur le fronton de la mairie de Saint-Denis au dessus des armes fleurdelisées.
Suivant la tradition celte la lance sacrée était conservée dans le lieu de culte, qui était devenu la basilique de Saint Denis, tout comme les druides la conservait cachée dans leur temple. Quand le roi convoquait son ost pour partir en guerre, celui-ci était rassemblé dans la plaine du Lendit, un Te Deum était chanté dans la basilique et à son issue, l’évêque de Saint Denis remettait solennellement une copie consacrée de l'oriflamme au roi, qui la rendait après la bataille. Les druides remettaient également une copie de cette lance munie de sa flamme au chef de guerre avant la bataille, lance qu'il rapportait après.

Les traditions et mythes continuaient à s'emboîter les uns dans les autres.

 

Remise de l'oriflamme de France par Saint Denis au maréchal de Metz

 

Les sépultures royales

 

Depuis Dagobert qui en fut le premier, les rois des Francs prirent l'habitude de se faire inhumer dans la basilique, renforçant ainsi à chaque inhumation son caractère sacré et fondateur. Louis IX voulut souligner ce caractère en ajoutant sur les tombeaux royaux les statuts des rois défunts que l'on appelle gisants.

 

Sépultures royales et princières dans la basilique Sain Denis

 

Durant le moyen-âge, les moines de l'abbaye de Saint Denis rédigèrent les légendes propres à sanctifier la royauté depuis Clovis et les Francs Saliens. Clovis fut désigné comme le premier roi des Francs chrétiens régnant sur la Gaule; en effet le territoire délimité anciennement par les Romains s'appellera longtemps la Gaule; sur ce territoire régnaient les Francs de l'ouest, les Francs du centre ou Lorrains, venant de Lotharingie (Lothaire, fils de Charlemagne ayant hérité de cet espace) et les Francs de l'est ou germains, régnant sur l'empire romain-germanique sur tout le flanc est de la Gaule romaine. Les empereurs romains germaniques héritiers de Chalemagne s'estimeront longtemps légitimes pour régner sur l'ensemble de la Francia dont la « Francia occidentalis » qui deviendra plus tard la France; ils appelaient les rois de France des « reguli », des petits rois. Il fallut donc absolument renforcer la légitimité d'un roi de France en bâtissant une légende merveilleuse. La légende de l'apparition de la fleur de lis qui aurait été donnée par Dieu à Clovis fut écrite en différentes versions. L'origine des Francs saliens fut également mythifiée, en se référant à l'Enéide, un poème épique écrit par Virgile entre 29 et 19 avant J-C présentant les Romains comme étant les descendants des troyens de l’Iliade. Il était bon également que les Francs saliens fussent descendus du même lieu que les fondateurs de Rome et il fut écrit que ces Francs descendaient des Troyens également. Plus tard, après le 13ème siècle, Clovis fut institué comme le premier roi de France.
On voit que Saint-Denis perpétua le mythe ancestral du « protège-pays » celte, par la fleur de lis, évolution de la crista celto-germanique, symbole du soleil levant, par l'institution de l'oriflamme, reprise de la lance sacrée de Lug. La mythologie royale de France prenait largement son inspiration des mythologies indo-européennes les plus anciennes.

 

À partir du 12ème siècle les légendes celtiques se propagèrent en France avec l'immense succès des romans dits « à la mode de Bretagne », rapportés par Aliénor d'Aquitaine, reine de France puis d'Angleterre, romans qu'elle transmis à sa fille Marie de Champagne et dont l'un de ses proches troubadour, Chrétien de Troyes, s'inspira pour écrire le fameux Roman des Chevaliers de la Table Ronde. Ces romans diffusés auprès de la noblesse, de la bourgeoisie, mais également parmi le peuple par les spectacles donnés sur les parvis des églises et cathédrales, imposèrent une nouvelle attitude de l'homme vis-à-vis de la femme. Cette attitude eut également pour source le culte de la vierge Marie, qui dans notre civilisation, prit souvent le pas sur le culte du Dieu père et de son fils le Christ. L'attitude envers la femme devint une attitude de respect, voire de soumission à Sa Dame de Cœur de la part de son chevalier servant. Sur ce territoire de France plus que nul part ailleurs se développa le goût du merveilleux, de l'exploit individuel du don de soi, de la chevalerie, de la bonne chaire, et du bon goût.

 

Lancelot, amoureux de Guenièvre épouse de son roi.

Un grand mythe de l'amour médiéval à la française issu du roman des Chevaliers de la Table Ronde.

 

Dans ce contexte, il n'est nullement étonnant qu'apparut Jeanne La Pucelle et sa légende, car il était impossible ailleurs que chez nous que l'idée de confier une armée à une femme pût seulement germer, et les plus affreux soudards qu'elle commandait lui vouèrent une véritable dévotion.

Petit à petit un esprit français se développa et la France que l'on dit éternelle et charnelle émergea de ce merveilleux Moyen Age.

 

A contrario, l'ignoble « Renaissance » n'apporta que ruine, guerres de religions, massacres de masse et intolérance; les femmes ne furent plus respectées, mais accusées de sorcellerie; beaucoup furent brûlées vives. La religion chrétienne changea de nature avec la Réforme et la Contre réforme; elle s'imposa partout comme une religion de pouvoir, d'argent et d'intolérance. Les magnifiques cathédrales avec leurs verrières inondant de lumière colorées les fidèles furent abandonnées et les nouvelles églises devinrent sombres. L'église ne s'identifia plus qu'au pouvoir en perdant son caractère merveilleux.

L'irrespect du roi de France gagna, le catafalque de Louis XIV défunt se rendant à Saint Denis fut accompagné de huées et de quolibets; ce fut le crépuscule du soleil. Commença alors la gestation de la Révolution française.

 

La république maçonnique.


L'église s'identifia au pouvoir politique pour le peuple et le roi de France ainsi qu'à la noblesse et à ses privilèges. Depuis Louis XIV la mythologie royale solaire, alors à son apogée, commença à pâlir. Afin de pouvoir discuter d'un avenir politique différent d'une façon clandestine, sans encourir une répression, certains eurent l'idée de participer à des réunion de métiers, tout en n'étant pas forcément de la profession. Ce sont les loges de la corporation des maçons qui furent utilisées, et on appela ces maçons non professionnels des maçons libres ou Francs Maçons, Free Masson en anglais. Les loges étaient les lieux ou les adhérents à une corporation se réunissaient pour parler de leur métier. Cette habitude commença en Écosse à la toute fin du 16ème siècle mais devint surtout populaire à partir du début du 18ème siècle.

Comme ces réunions étaient secrètes et clandestines l'habitude fut prise d'initier les nouveaux participants pour les engager au secret. Les initiations symboliques se diversifièrent selon les obédiences qui se multiplièrent. Une crypto-religion fut construite puisant largement dans les mythes déjà disponibles, mythes qui ne pouvaient que signifier ce que les maçons voulaient entreprendre, et la parole lumineuse était l'un de ceux-là. N'étant pas Franc-Maçon, je ne m'intéresse qu'à ce que je connais et dont les mythes utilisés se situent dans la continuité christo-indo-européenne, ce qui est l'objet de cet article.
Mithra et le soleil-invaincu, dont le Christ fut le mythique successeur, fut repris en tant que symbole.
Je rappelle ce symbole fondamentalement indo-européen, qui est le verbe éclairant les hommes. Nous retrouvons la symbolique de Mithra chez les maçons français avec le bonnet phrygien coiffant Marianne et en faisant symbole de la Liberté.


Bonnet phrygien révolutionnaire, pileus romain ou bonnet de Mithra ?

 

Mithra romain.

 

Il est généralement admis que le bonnet phrygien était le pileus romain, qui coiffait les esclaves affranchis. Le problème est que le pileus, qui est un bonnet faiblement conique, ne ressemble en rien au bonnet phrygien. En revanche, celui-ci est identique à celui qui coiffe souvent le Dieu Mithra dans ses représentations romaines, quand il faisait l'objet d'un culte à Rome.

Cette représentation du Mithra maçonnique, cette fois-ci dans son autre figuration rayonnante, portant un flambeau, se retrouve dans la statue de la Liberté à New York. Cette statue de la Liberté fut un cadeau des francs-maçons français aux franc-maçons étasuniens.

 

Symbolique de Mithra.

 

 

Conclusion

 

Voilà très rapidement brossé la description de notre fondement civilisationnel, qui nous vient de la nuit des temps et qui ne peut que perdurer car il a construit nos concepts qui nous servent à envisager le réel, à penser et à transmettre nos méthodes aux générations futures qui elles, seront en mesure de les améliorer. Ce fondement ne peut être qu'extraordinairement pérenne car il ne peut en être autrement.

Le futur de la parole éclairante ne peut plus s'exprimer dans des grottes, temples, églises ou cryptes, l'avenir est dans l'agora sans bornes que représente le rayonnement de l'internet. Dans ce monumental creuset, la parole et la pensée qui en émane est en train de s'amplifier de manière exponentielle.


Ceci ne signifie nullement que nous devrions tous être identiques à terme. Les nations ayant non seulement établi des états ou leurs lois particulières règlent la vie des hommes, mais ont gagné le statut de nations charnelles par leur histoire et leurs morts, sanctifiés par un sacrifice qu'ils nous ont offert.

Ces nations historiques et charnelles bâties autour de leurs saintes sépultures doivent rester le point d'ancrage des pensées particulières.

 

Nos morts nous ont offert leur sacrifice.

 

Sans ces particularismes, les expériences des groupes humains constitués différemment ne pourraient être multiples. Sans ce particularisme  l'humanité cesserait de produire des branches nouvelles ne pouvant surgir que de particularismes de branches déjà multiples.

Alors, l'humanité serait comme un tas de sable amorphe, une humanité ou toutes singularités auraient été fondues dans un mondialisme apatride fondé par quelque élites avides d'argent complotant dans le secret de quelques loges, elle deviendrait un arbre mort.

 

La parole est bien lumière gardons nous de l'éteindre.

Partager cet article

Repost0
10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 10:22

 

Mythes et croyances

 

 

 

J'ai d'abord écrit sur la complexification et montré que la vie était une propriété physique de la matière, que les sociétés humaines obéissaient aux lois du deuxième principe de la thermodynamique ainsi qu'aux principes physico-chimiques des systèmes hors de l'équilibre décrits par Ilya Prigogine. Puis je me suis interrogé sur l'ontologie et j'ai pensé que les méthodes transmises devenaient un potentiel permettant la complexification de l'organisation humaine. Ces méthodes traduites en potentiel constituaient le chaînon manquant entre les principes thermodynamiques de la néguentropie (complexification) et de l'enthalpie libre.
Je m'interroge ici sur une branche des mythologies et théologies indo-européennes, puis typiquement françaises, en partant du principe que les mythes et religions constituent un ciment civilisateur propice à la croissance du génie humain et des méthodes qui lui sont ontologiquement liées.
Ceci n'est que mon propre point de vue, élaboré à la lumière de quelques historiens de renoms.

Cet essai expose la trilogie indissociable décrivant l'origine et la finalité de l'homme : complexification, méthodes et mythes, trilogie dont la parole est l'élément constructeur.

 

 

 

Prologue

 

 

On ne peut croire que ce que l'on croit déjà. Ceci peut passer pour une boutade, mais constitue une bonne approximation de la réalité ; je vais tenter de l'expliquer.

La culture dans laquelle nous baignons nous permet de communiquer avec nos semblables c'est à dire avec ceux qui peu ou prou possèdent la même langue, la même idéologie, et surtout les mêmes références. Nous avons tendance à ne croire volontiers que ceux en qui nous nous reconnaissons.
Cette reconnaissance d'une appartenance commune permet de valider le message communiqué sans qu'il soit besoin de démonstration : « si tu es proche de moi je te crois sans problème. »
Irait-on croire un homme nu dans la rue vociférant avec une plume dans les fesses ? certes non !

Nous n'avons d'autres choix que la croyance pour exister. Pour croire, il faut d'abord avoir confiance, cette confiance est accordée soit aux proches soit aux pouvoirs que nous reconnaissons et surtout acceptons, médecine, science, politique, religions, médias, etc. Chacun de nous se rattache à un groupe de confiance, dans lequel il pourra valider sans peine ce qui s'exprime du groupe. Avoir confiance en ses proches ou dans les pouvoirs que nous acceptons est essentiel pour toute cohésion sociale. Que cette confiance se perde et le groupe explose ; c'est le divorce. Le conformisme qui consiste à se plier aux rites du groupe de confiance est un aspect important et essentiel des comportements sociaux, faute duquel il n'y aurait pas de communication entre les individus.

Or, la reconnaissance d'une appartenance au groupe de confiance est liée aux mythes déjà partagés par ce groupe ainsi qu’aux rites ostensibles manifestant cette communauté d’appartenance.
Le rituel ostensible valide l'appartenance et donc la capacité de communiquer.
Un exemple simple : dire « Bonjour, comment ça va ? » permet de commencer à engager une conversation, tout comme s'habiller comme les autres ; il est extraordinaire de voir dans les transports en commun comment tous les voyageurs sont habillés de façon semblable et ce fut toujours le cas.

Nos croyances profondes et conformes sont donc attachées aux mythes de notre culture et au langage que nous employons. Chaque mot utilisé, dans toutes les langues, possède une étymologie et si nous essayons d'aller aussi loin que possible dans la connaissance de cette étymologie nous tombons immanquablement sur un mythe et derrière le mythe une histoire.

Ces croyances, cette culture et les mythes qui y sont attachés nous permettent de formaliser notre pensée de la structurer ainsi que de formuler des concepts. Si bien que si une nouveauté apparaît, un nouveau concept issu de la science ou de la philosophie, celui-ci ne peut être formulé qu'avec ce qui existe déjà comme outils linguistique, conceptuel et de formulation et surtout au conformisme nécessaire déjà existant. Nous nous voyons donc collés à ce que nous avons déjà appris et nous ne pouvons nous en détacher seulement que par touches infimes, celles-ci devant être validées socialement à chaque fois, c'est-à-dire admises par tous de manière à pouvoir continuer à communiquer. Toute hypothèse émise se situant trop loin de la conformité existante ne peut être qu'impitoyablement rejetée, comme par exemple celle de l’existence d’extraterrestres.

On comprend aisément que les mythes auxquels nous nous attachons, ayant construit notre capacité à « comprendre » ne peuvent évoluer que lentement ; l'évolution de nos mythes, donc de nos outils conceptuels peut être illustrée par la comptine enfantine: « J'en ai marre, marabout, bout de ficelle, scelle de cheval, cheval de course, course à pied etc. » Si on saute un élément, on ne comprend plus rien. « Marabout, scelle de cheval, course à pied », cela n'a pas de sens.

Mythes et étymologie des mots vont de pair ; dans leur évolution, il ne peut y avoir de rupture car si non c'est fini, on a perdu le fil, on ne comprend plus rien.

Pris par la rigidité de nos concepts attachés à notre culture, les croyances ou mythes qui s'y attachent sont extraordinairement pérennes; les évolutions dans les mythes et les croyances sont comme des mutations qui ne peuvent donner lieu qu’à de modestes évolutions, sinon elles sont rejetées par le corps social ; toutes les tentatives de fabrication d'un « homme nouveau » ont échoué.

L'histoire de la connaissance est riche en chercheurs persécutés en raison des nouveautés qu'ils proposaient dans la description du réel. Il est simple de citer Copernic ou Galilée au 16 ème siècle mais aujourd'hui encore nombre de chercheurs sont ostracisés par leurs innovations intellectuelles et techniques comme par exemple Jean-Pierre Petit qui prévoyait qu'il fut possible d’annihiler les ondes de choc d'un aéronef supersonic par la MHD (Magnéto Hydro Dynamique) Jean-Pierre Petit perdit tous crédits auprès du CNRS et passa pour un hurluberlu. Citons également Jacques Benveniste et la mémoire de l'eau, mais les exemples sont nombreux.

Les lanceurs d'alerte, les découvreurs sont aujourd'hui qualifiés de complotistes ou de conspirationnistes comme furent qualifiés d'hérétiques par l’Église tout ce qui n'était pas conforme.

Pourtant les croyances sont nécessaires dans les rapports humains, elles sont des éléments essentiels de la communication. Notre aptitude à croire, y compris concernant ce qui n'est pas démontrable, provient des mythes qui bâtissent notre culture, culture qui elle-même préside à nos processus de connaissance du réel.

Ces processus de prise de connaissance de notre environnement avec ses concepts idoines sont donc intimement liés au groupe auquel nous appartenons et auquel nous nous identifions. A contrario, d'autres groupes humains ayant d'autres croyances et une mythologie différente peuvent valider d'autres processus de prise de connaissance du réel. Par exemple, la culture européenne occidentale aristotélicienne a fait avancer les sciences expérimentales et les technologies sans pour autant donner une description crédible de l'univers, tandis que la pensée orientale ayant une approche globale de l'univers, nous dirions holistique, nous offre d'autres moyens de compréhension de cet univers.

Aujourd'hui l'universalisme mondialiste à tendance totalitaire tente de gommer toutes les différences de culture et ainsi d’empêcher l’émergence d’approches du réel différentes, ceci ayant pour conséquence un appauvrissement intellectuel du genre humain.

 

Nous sommes Français, ce qui ne renvoie pas seulement à une nationalité formelle, mais signifie que nous sommes tributaires d'une culture bien particulière, bien différenciée, y compris par rapport à celles de nos voisins européens avec lesquels nous partageons cependant un fond commun.

Il est tenté ici de mettre en lumière les mythes particuliers de notre civilisation, mythes ayant forgé nos aptitudes cognitives et notre conception du monde.

 

Il faut d'abord spécifier que les mythes auxquels nos ancêtres croyaient sont toujours présents dans notre culture y compris inconsciemment, ils ont forgé notre manière de communiquer et donc notre langue, le français. Ces mythes, le plus souvent véhiculés par les différentes religions qui ont réussi à s'imposer à nos ancêtres, ne disparaissent jamais; ils se transforment en prenant appui sur la mythologie précédente. On ne peut rien concevoir de neuf sans utiliser une conception du monde déjà présente, c'est matériellement impossible. Aucune mythologie, d'aucune religion ne peut émaner ex nihilo. Les nouvelles religions ne peuvent être que des reprises des anciennes. Ceci est particulièrement vérifiable pour notre pays.

 

Pour relever les principaux mythes de notre civilisation actuelle, il est intéressant de regarder d'abord du côté des religions qui ont encore cours aujourd'hui, particulièrement le christianisme, car cette religion s'est implantée en Europe et dut éponger les mythes les plus anciens présents en ces lieux pour finalement s'imposer.

 

Même pour les athées, il est impossible d'échapper à la mythologie chrétienne qui nous imprègne. Impossible d'y échapper, d'autant plus que cette théologie est chargée de mythologies très anciennes venant de plusieurs millénaires avant la naissance présumée de Jésus-Christ, dont lui-même est le dernier descendant, au terme d'une longue lignée de divinités mythiques ayant eu quasiment la même fonction symbolique.

Un mythe est comme un signe, il véhicule avec lui une information plus complexe, une reconnaissance, une appartenance qui ressurgit; mais contrairement au signe, le mythe auquel nous adhérons est inconscient, il existe mais n'est pas remarqué, c'est un « allant de soi » comme on dit en ethnométhodologie.
Or, les théologies et mythologies sont similaires. Nous poserons l'un ou l'autre terme comme identiques, aussi le double terme mythologie/théologie sera-t-il employé ici. Les dieux doivent être pris comme des symboles incarnant des mythes, mythes, comme je l'ai dit plus haut, ayant façonné notre aptitude à conceptualiser. On pourrait dire qu'une théologie est une mythologie dogmatisée induisant une croyance contemporaine et on appellerait mythologie une ancienne théologie n’induisant plus de croyance.

La croyance qui y est attachée détermine la différence entre les deux termes mais leur fonctionnalité sociale inconsciente est identique.

 

Les dogmes des théologies sont particulièrement importants car ils sont d'excellents conservateurs, ce sont des musées fidèles, conservant les mythes les plus anciens et les écrits correspondants constituent les seuls outils d'investigation d'un passé très lointain remontant à plusieurs milliers d'années. Ainsi la dogmatique théologique nous en dit-elle plus long sur notre passé que l'histoire.

 

L'étude des mythologies/théologies est donc d'une importance capitale pour nous connaître.

 

Si pour les temps présents il est intéressant d'étudier la mythologie/théologie chrétienne, pour le passé il convient de s'intéresser aux mythologies/théologies indo-européennes, afin d’observer quel lien nous sommes en droit de faire, et peut-être de formuler des hypothèses sur leurs origines.

 

 

 

 

Chapitre 1.

Parole, Lumière, Trinité

 

 

Origines indo-européennes

 

Notre langue appartient au groupe des langues dites indo-européennes, car on retrouve des structures linguistiques similaires dans ce groupe, montrant que ces langues possèdent une origine commune. Comme dit plus haut les langues sont liées indissolublement à des mythes, il est donc intéressant d'essayer d'en comprendre l'origine, car tout mythe a été construit sur un événement ou sur un groupe d’événements proches. Ces événements étaient suffisamment étonnants et marquants pour qu'on en tirât une histoire qui a pu se raconter de génération en génération, pour donc structurer un mythe et le transformer en dogme et en croyance sociale.

Mais les mythes sont aussi attachés à ce que l'ethnométhodologie appelle des « allant de soi », c'est-à-dire à des habitudes partagées par le groupe, que l'on désigne comme « vues et non remarquées ». Non remarquées, car tellement habituelles qu'elles parviennent à être masquées par leur évidence non discutable et non remarquable. Par exemple, la façon de se vêtir, de se présenter et surtout les habitudes relationnelles au sein de la famille dictées par les circonstances, ainsi que l'alimentation, et enfin pour tout ce qui a trait à la reproduction et du pouvoir, au rôle du père, de la mère, des enfants, ainsi qu'au souvenir des ancêtres.
Les rôles anthropologiques des différents membres de la famille seront des éléments fondamentaux des mythologies/théologies indo-européennes.

 

 

Notons toutefois que les études indo-européennes ont été polluées par différentes considérations idéologiques et politiques où la science se perd et où la stupidité a pris le pas. Chez les nazis d'abord, car ceux-ci ont essayé de bâtir une idéologie racialiste et suprémaciste « blanche » en tentant de s'appuyer sur ce qu'ils voulaient être une science. Ainsi ils ont retardé ces études fondamentales engagées avant la guerre par l'historien Georges Dumézil, études qui ne reprirent leur cours que récemment.

Cependant ces études sont toujours invariablement liées aux idéologies, quand a contrario notamment certains, se voulant anti-suprémacistes, nient la réalité indo-européenne de notre culture. La bonne posture scientifique serait d'être indifférent aux conclusions politiques que pourraient faire les uns et les autres ; c'est notre parti pris.

Une nouvelle discipline est venue apporter ses lumières et entretenir la polémique, c'est la paléo-génétique. La paléo-génétique est une discipline que j'ai moi-même inventée vers 1977-1978, en découvrant les haplotypes du chromosome 6 du système HLA. Les haplotypes sont des associations de gènes très proches qui, du fait de cette proximité, sont transmis ensemble. Ces associations proviennent de groupes ethniques ayant vécu longtemps en endogamie tribale, qui, de ce fait, possédaient un capital génétique restreint. En migrant dans un autre bassin ethno-génétique ces gènes ont conservé une association caractéristique. Cette association dite « gamétique » a échappé aux recombinaisons génétiques, par la proximité de leurs « loci »( pluriel de « locus », i.e. emplacement du gène sur le chromosome), c'est- à-dire au mélange de gènes qui s'opère au cours de la séparation des paires de chromosome au cours de la méiose pour donner des cellules de reproduction ou « gamètes ». L'importance des recombinaisons ou mélanges est proportionnelle à la distance entre les emplacements des gènes (ou loci). Il en résulte donc qu'un haplotype peut être caractéristique d'une population ayant migré auprès d’une autre. Il faut également considérer que ces haplotypes ne sont déterminables en tant que gènes en association que dans le cas ou une minorité ethno-génétique se fond dans une majorité, elle en équilibre d'association. Mes études en génétique des populations dans le laboratoire du Pr Dausset (prix Nobel de médecine en 1980) ont montré que le plus souvent une minorité d'individus migre au sein d'une majorité. La paléo-génétique a été mise à contribution dans la recherche des origines indo-européennes ; pour l'instant elle a permis seulement de montrer que la civilisation des amphores cordées au nord-ouest de Yamna (Kourganes) est postérieure à cette civilisation.

A Haplotype Study of HLA Complex with Special Reference to the HLA‐DR Series and to Bf. C2 and Glyoxalase I Polymorphisms

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1399-0039.1978.tb01337.x

 

Les traceurs migratoires génétiques doivent être utilisés avec circonspection car ils ne tiennent pas compte des influences mythiques, idéologiques et linguistiques, et peuvent induire des erreurs d'interprétation. Notre propos ici n'est d’étudier que les influences idéologiques, et non génétiques, contrairement donc aux idéologies nazies ou antinazies, suprémacistes ou anti-suprématistes, aussi stupides l'une que l'autre. Le groupe des civilisations d'origine indo-européennes, si elles possèdent des mythes communs, possède des populations qui ne se ressemblent nullement; il est simple de constater la différence d'aspect entre un Suédois et un Indien du nord, un Iranien ou un Grec alors que leurs fonds culturel indo-européen est identique. Les fameux aryens chers aux nazis furent une tribu orientale ancêtre des Iraniens actuels, parmi lesquels il est difficile de rencontrer des blonds aux yeux bleus. Ici je n'évoque que l'influence idéologique indo-européenne, influence dont les mythes devaient être suffisamment puissants pour imposer langue, idéologie et religion à des peuples plus anciens occupant des lieux différents depuis longtemps.

 

La génétique des européens ne recoupe pas la culture indo-européenne.

 

On ne peut parler que de civilisations indo-européennes au pluriel, car si l'on perçoit une racine commune, cette influence linguistique et idéologique s'est différentiée en s'adaptant à des peuples différents qui eux-mêmes géographiquement éloignés ont divergé dans leurs habitudes anthropologiques et leurs croyances. A l'étude des différentes théologies à racine indo-européenne, on remarque une évolution dans le nom et la fonction des dieux mais pourtant il est remarquable qu'il existe toujours un fil symbolique les reliant aux origines. Cette filiation est particulièrement intéressante à mettre en évidence, car elle permet de dégager les mythes les plus puissants qui sont conservés et se sont conservés jusqu'à nous dans la France contemporaine, objet de cette étude.

 

Une mythologie venant du froid et du nord, pourquoi ?

 

Pour raconter l'histoire des civilisations indo-européennes il faut remonter très loin, jusqu'au paléolithique supérieur.

 

Le climat de la terre est soumis à un cycle bien connu qui est le cycle de Milankovich, qui fait alterner des périodes de grandes glaciations et des réchauffements importants, avec entre les deux de plus petites périodes de refroidissement et de réchauffement. Ces cycles ont réglé les migrations autant animales qu'humaines par la modification du biotope. Au cours d'une période froide, il y a migration vers le sud et au cours d'une période chaude migration vers le nord.

 

Glaciation de Würm le niveau de la mer est plus bas
 

Au paléolithique supérieur de – 40 000 ans à – 10 000 régnait en Europe et sur le monde une période très froide que l'on appelle la glaciation de Würm. Le territoire qui deviendra la France possédait alors un climat comparable aujourd'hui à ce qui existe dans l’extrême nord de l'Europe, aux confins de la Finlande ou de la Russie. La France était occupée par une toundra et le sud par une taïga. Dans cet espace, le renne, dont la nourriture est faite exclusivement du lichen des toundras, abondait, comme l'attestent les nombreux vestiges et artefacts laissés par l'homme habitant ces lieux à cette époque, par exemple le célèbre homme de Cro-Magnon.

Il est remarquable que non loin des glaciers de l'époque, en Europe, s'est particulièrement développée cette civilisation du paléolithique supérieur, car une très grande partie des artefacts datés de cette période et la quasi totalité des grottes ornées comme Lascaux ont été trouvées dans l'espace dit franco-cantabrique, celui-ci étant centré sur le pays basque et s'étendant dans tout le sud-ouest français et le nord-ouest espagnol. C'est un espace bien délimité, où cette civilisation du paléolithique supérieur a prospéré mieux que nul part ailleurs.

On peut penser que d'une façon similaire à celle des hommes occupant les toundras du Nord de l'Europe et de l'Asie, l'homme d'avant la France a développé une civilisation où le renne jouait un rôle primordial autant pour sa viande que pour les outils confectionnés avec ses bois ou ses os.

http://www.persee.fr/doc/pal_1145-3370_2000_num_12_1_1600

 

Une riche civilisation

 

Le nombre important de grottes ornées et d'artefacts du paléolithique supérieur de cet espace nous donne à penser qu'une riche civilisation y prospérait. Les peintures magnifiques l'attestent et leur similitude dans ce vaste ensemble géographique indique communications et échanges entre les groupes, c'est-à-dire une vie sociale avec tout ce que cela comporte notamment dans l'élaboration d'un langage commun et d'une mythologie commune. Mais une étude fondamentale menée par l'historienne canadienne Geneviève Von Petzinger nous éclaire radicalement sur cette culture de nos ancêtres. Cette chercheuse a répertorié un ensemble de 32 signes que l'on retrouve dans toutes les grottes de cette zone géographique. À chaque signe devait obligatoirement correspondre un son (phonème), qui lui-même devait posséder une signification (logos) de manière à être reconnu et reproduit, sinon aucune de ces reproduction n'était possible.

 

32 signes identiques

 

Nul doute que ces grottes ornées avaient une fonction magique shamanique, voire religieuse, et que ces signes partagés nous renseignent sur la portée mythique de la parole, élément primordial de la mythologie/théologie indo-européenne.
Alors pourquoi ce paléolithique supérieur franco-cantabrique peut-il être considéré comme l’ancêtre de la civilisation indo-européenne ?

Nous pouvons aisément concevoir qu'au moment du réchauffement climatique qui eut lieu vers –10 000, ces hommes ont suivi les troupeaux de rennes vers le nord exactement comme le font les populations nomades qui vivent encore aujourd'hui de cet animal, qui ne peut s'alimenter que sur les toundras, aux confins des taïgas.

Nous pouvons suivre cette migration lente au cours de la fonte des glaciers, par l'apparition de différentes civilisations remarquées D'abord le Magdalénien de – 17000 à – 10000 dont on retrouve des vestiges jusqu'en Allemagne, puis des cultures dites de l'épi paléolithique, ou paléolithique final du nord de l'Europe, qui s'étagent des pays scandinaves jusqu'au nord de la Norvège avec la culture de Komsa qui va s'éteindre vers – 2000 environ ; cf. cartes.

 

Mouvement de populations à la fin de la glaciation de Würm, toujours minoritaire en effectifs.

 

Le propos ici n'est pas de décrire ces différentes cultures du paléolithique final de chasseurs cueilleurs suivant le renne et se déplaçant vers les larges espaces du nord de la Russie.

 

Il s'agit de conclure que nous devrions trouver dans le nord de l'Europe des vestiges venant de l'établissement de ces populations, au sein de cet espace boréal. Effectivement, nous trouvons la culture dite des céramiques à peigne, qui s'étage de -4200 à – 2000, les artefacts de poteries caractéristiques présentant des lignes ressemblant à des lignes de peigne se retrouvent de l'extrême nord de l'Europe, du Finnmark norvégien au nord de la Russie jusqu'à l'Oural. Il s'agirait de chasseurs cueilleurs et non d'agriculteurs bien que l'on soit à une période où l'agriculture, venant du croissant fertile, avait déjà atteint la moitié sud de l'Europe.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_la_c%C3%A9ramique_%C3%A0_peigne

 

Pourquoi s'intéresser à cette culture ? Car l'aire attestée des céramiques peignées jouxte la civilisation de Yamna entre mer Noire et mer Caspienne, dite également civilisation des Kourganes, ou tumulus, dont la plupart des préhistoriens s'accordent pour affirmer qu'elle est le foyer de la langue et de la mythologie indo-européenne. Il se trouve que cette civilisation indo-européenne a particulièrement développé une mythologie dont l'étude atteste qu'elle ne peut provenir que de zones boréales.

 

Une caractéristique de cette culture dont les plus anciens vestiges datent du 4 ème millénaire est l’inhumation dans des kourganes ou tumuli recouvrant des fosses à tombes, où le mort est placé en décubitus dorsal avec les genoux repliés. Les corps étaient recouverts d'ocre. Des tombes multiples ont été découvertes dans ces kourganes, souvent après des inhumations postérieures.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_kourgane

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_la_c%C3%A9ramique_cord%C3%A9e


 

Culture des kourganes ou de Yamna proto-indo-européenne.

 

Des sacrifices d'animaux étaient pratiqués (bovins, cochons, moutons, chèvres et chevaux) : une caractéristique associée aussi bien à ces premiers kourganes ainsi qu'aux qu'aux premiers indo-iraniens et qu'aux premiers celtes de la civilisation de La Tène I.

Les plus anciens restes d'un char à roues ont été découverts dans le kourgane, associé à la culture Yamna, de « Storojova mohyla » près de Dnipropetrovsk en Ukraine.

Les corps étaient non seulement inhumés avec des animaux domestiques mais également avec des armes, dont les premières armes en cuivre.
C'est une civilisation patriarcale attestée par les inhumations de guerriers mâles et certainement de riches propriétaires de cheptels.
À la même époque, dans le bassin méditerranéen et dans les Balkans, jouxtant cette civilisations de guerriers et d'éleveurs, une autre civilisation s'était développée à partir de l'agriculture, civilisation dont les sépultures étaient mixtes et sans armes. Les artefacts, outre les poteries, montrent des représentations humaines en terre, représentant exclusivement des femmes obèses aux caractères sexuels développés. L’existence dans la période historique considérée au sud de la Grèce des civilisations minoenne et crétoise peuvent conforter l'hypothèse du caractère matriarcal de ces civilisations agricoles.
Les corps sont plus petits que ceux des Kourganes et indiquent souvent une sous-alimentation qui devait être essentiellement végétale et peu carnée, contrairement à ce qui était le cas pour les civilisations de chasseurs-cueilleurs ou d'éleveurs.

Cultures du néolithique balkanique, dites aussi pré-hellénique ou de l'Europe ancienne par exemple les cultures de Stacevo à partir de -6500 ans et de Vinca à partir de – 4500 ans. Au delà de cette période, on retrouve à l'ouest du Dniepr des cultures mixtes agricoles et indo-européennes comme les culture de Cucuteni, d'Usatovo et de Cermavoda.

Afin d'envisager les raisons pour lesquelles se sont constituées des cultures à caractère patriarcal a contrario de celles à caractère matriarcal, il est possible de proposer l'hypothèse suivante. On constate que la culture des steppes, des chasseurs-cueilleurs puis des éleveurs est patriarcale tandis que les cultures fondées sur l'agriculture sont matriarcales. Ceci ne peut provenir que de la séparation des tâches chez les chasseurs-cueilleurs du paléolithique. Les hommes s'étaient spécialisés dans la chasse et les femmes dans la cueillette. Ainsi, il peut paraître évident que ce sont des femmes qui ont inventé l'agriculture venant de la cueillette et imposé des mythes féminins alors et des hommes ont inventé l'élevage venant de la chasse et inventés des mythes masculins et guerriers, la chasse s'est en effet toujours apparentée à la guerre, car les armes sont identiques .

 

 

Déesse mère du néolithique agricole méditerranéen. 
 

Les agriculteurs qui n'étaient pas des guerriers, mais d'excellents constructeurs de forteresses se sont longtemps opposés et défendus face aux guerriers des steppes, mobiles sur leur chevaux, avec leurs chariots et pourvus d'armes offensives comme l'arc, mais ils se sont finalement inclinés et ont adopté les mythologies nordiques indo-européennes avec leur langage. Les vestiges de l'ouest du Dniepr au sud des Balkans attestent ces oppositions, voire ces combats, dont la civilisation hellénique, indo-européenne de culture sortira vainqueur.

Pour éclairer l'hypothèse de la filiation nordique, hyperboréenne, des cultures indo-européennes, dont celle dite des kourganes est l'attestation pour la communauté scientifique, on peut évoquer la théologie/mythologie du dieu grec Apollon, dit l'hyperboréen. Les fonctions des principaux mythes indo-européens incarnés par des dieux seront abordés plus loin mais l'étude de la théologie d'Apollon est intéressante à ce stade.

 

 

Apollon chevauchant un griffon symbole de l'hyperborée chez les grecs.

 

L'intérêt de la figure d'Apollon, dont la théologie est bien connue, réside dans son lien avec un mythe important de la Grèce antique qui est celui de l’Hyperborée. Ce lien montre, voire prouve une filiation ethnique entre la Grèce antique, historique, avec ce lieu situé au delà du cercle polaire.

Si Hérodote a parlé des Hyperboréens et notamment des vierges hyperboréennes apportant l'abondance, le plus instructif est le poème d'Homère en forme de panégyrique sur la naissance d'Apollon sur l’île de Délos. Délos est décrit comme un rocher sans végétation ou les habitants ne peuvent se nourrir. A la naissance sur Délos d'Apollon, fils de Jupiter et de Léto, née elle-même en Hyperborée, il est dit qu'à ce moment l’abondance régna et que chaque année les dîmes étaient apportées par la race dite la plus antique - dixit Homère - qui habitait au Nord, au-delà des rivages de Borée, mais aussi que les offrandes à Délos, lieu de naissance d'Apollon, étaient apportées depuis la Borée par l'intermédiaire de peuples différents, dont finalement les Scythes, émergeront. Or les Scythes vivaient à l 'époque antique sur le lieu même de la civilisation des Kourganes, considérée comme la base de la culture indo-européenne. Après sa naissance, la légende dit que des cygnes emmenèrent Apollon en Hyperborée, avant qu'il ne revienne à Delphes.

https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1946_num_132_1_5521

Dans le mythe grec de l’Hyperborée, dont la mère d'Apollon est native, et où il a l'habitude de séjourner, il est spécifié que le jour y est permanent. Il n'est pourtant pas connu que des Grecs antiques n'aient jamais voyagé dans ces contrées. Mais comment les Grecs pouvaient-ils savoir que durant six mois de l'année le jour y était permanent ? Cette légende basée sur une réalité n'a pu se transmettre qu'avec la mythologie indo-européenne. L'autre aspect important du mythe d'Apollon est l'abondance de nourritures apportées par les vierges hyperboréennes chaque année à Délos. On remarque que cette abondance vient par l'intermédiaire des Scythes dont l'habitat est l'Ukraine actuelle et la Crimée.
Les Scythes sont les descendants directes de la civilisation des Kourganes, aire reconnue de la culture indo-européenne initiale. Les plaines d'Ukraine sont connues pour leur extrême fertilité, notamment pour la culture du blé, alors que la Grèce est plutôt aride. L'abondance exceptionnelle venant du pays des Scythes n'a pu être que mythifiée.

 

Ici la mythologie renforce l'archéologie qui atteste de la présence de peuples vivant dans une zone hyperboréenne, la civilisation des céramiques peignées jouxtant le foyer indo-européen de la civilisation de Yamna, devenue plus tard le berceau de la civilisation Scythes.

La mythologie indo-européenne et sa langue vont se répandre dans tous le pourtour eurasiatique, vraisemblablement à partir du troisième millénaire, pour induire un ensemble de civilisations, qui vont se différencier au contact d'autres, établies déjà sur l'exploitation agricole, vers le nord-ouest, la civilisation des amphores globulaires ou cordées, le long de la baltique, qui précédera la civilisation de Halstatt de l'âge du fer, civilisation proto-germano-celtique, puis la civilisation de La Tène, celtique, et les civilisations italiques. Ces civilisations conserveront un moment des sépultures de chefs ou rois en tumuli.
Vers les Balkans, la civilisation hellénique émergera, issue de durs affrontements avec celles de l'Europe ancienne du néolithique agricole, donnant d'abord les Achéens, considérés comme le premier peuple à culture indo-européenne en Grèce, et venant du nord vers -1600.
Au même emplacement, en gros, que la culture de Yamana, les Scythes s’établirent en bordure de la Mer noire.

Vers le sud, traversant le Caucase, en Anatolie, vécurent les Hittites, qui se confrontèrent longtemps aux Égyptiens.

Enfin vers le sud et au delà de la mer Caspienne, les Iraniens ou Perses, puis plus loin au nord de la vallée de l'Indus, des tribus aryennes venant d'Iran entraîneront la fin d'une brillante civilisation déjà millénaire. .

Comment se sont élaborées les mythologies/théologies auxquelles nous croyons encore, parfois malgré nous, et qui constituent l'assise de notre civilisation ?

 

Les théologies sont ce qui est cru de façon dogmatique et reproduites dans le temps sans grandes évolutions ; j'ai dit qu'elles étaient importantes car conservatrices et donc instructives.
Les mythologies sont ce qui encadre les théologies, avant qu'elles ne se constituent en dogmes, et ce qui reste après que le dogme théologique ne soit plus en fonction. Les mythologies sont extraordinairement pérennes en « allant de soi ».

 

Nous pouvons distinguer deux origines :

- D'une part celles qui viennent de la base, de l'espace franco-cantabrique des grottes ornées, où une importante civilisation a vu le jour.

- D'autre part la transposition de cette civilisation du froid vers l'espace hyperboréen ayant engendré la mythologie indo-européenne transmise dans une grande partie du continent eurasiatique.

 

 

Le fondement le plus important de nos mythes : la parole lumineuse.

 

Observons ce qui nous en reste dans des religions ayant encore cours avant d'aller chercher plus loin dans le temps.

 

La Lettre de la Genèse biblique nous dit :

 

1- Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
2- La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l’abîme et l'esprit de Dieu se mouvait au dessus des eaux.

3- Dieu dit: " Que la lumière soit! " et la lumière fut.

4- Et Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière et les ténèbres.
5- Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres Nuit. Et il y eut un soir, et il y eut un matin; ce fut le premier jour.

On observe ici que la lumière précède la création des astres dont le soleil dans l'ordre de la Création.

 

Mais l’Evangile selon Saint Jean nous dit :
1 - Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.

2 - Il était au commencement en Dieu.

3 - Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.

4 - En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,

5 - Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

6 - Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

7 - Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : 8 - Non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

9 - La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.

10 - Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu.

11 - Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

12 - Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,

13 - Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.

14 - Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.

15 - Jean lui rend témoignage, et s’écrie en ces termes : « Voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. »

16 - et c’est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâces sur grâces ;

17 - parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

18 - Dieu, personne ne le vit jamais : le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.


 

La Genèse selon l’Évangile de Jean est une puissante révision de la Genèse biblique, qui marque profondément la différence entre le christianisme et le judaïsme.
La genèse de l'Evangile de Jean est une exposition précise de la mythologie indo-européenne et nous éclaire sur son adaptation rapide en Europe occidentale aux populations qui possédaient déjà des croyances similaires.

Il est simple de constater que le judaïsme ressemble pour beaucoup à l'islam, ces religions puisent dans une mythologie sémitique du désert. Alors que le christianisme, avec surtout le catholicisme et l'orthodoxie, s'éloigne considérablement du fondement idéologique de cette mythologie sémitique pour adopter celle née dans les steppes pontiques venant auparavant des rives de la Borée.

Et je le rappelle, et ceci est le fil de cet exposé, on ne peut croire que ce que l'on croit déjà.


 

Nous pouvons illustrer ce propos avec le texte le plus ancien qui nous est parvenu, exposant ce fondement idéologique indo-européen : le Rig Véda, premier texte connu du Védisme Indien.


On peut supposer que la tradition orale des premières strophes du Rig-Véda, en langue védique (un sanskrit archaïque), s'est développée à une époque où les Aryens étaient encore sur les plateaux d'Asie centrale, dans la région de l'Oxus aujourd'hui appelé Amou-Daria, fleuve qui se jette dans la mer d'Aral (Ouzbékistan, Turkménistan). De nombreux hymnes citent la Sarasvati (jumelle de Vac) comme une rivière importante et majestueuse. Or nous savons que la rivière Sarasvati s'est asséchée aux alentours de 1800 - 1900 avant J-C, ce dont nous pouvons déduire donc que les hymnes remontent à cette période, qui est aussi celle de la Civilisation de l'Indus. Ces vœux en forme de louanges furent progressivement écrits à partir du XIIe siècle av. J.-C. Ce recueil de bénédictions est le texte védique non seulement le plus ancien mais aussi le plus important du védisme.

 

Arya dans la vallée de l'Indus

Note :

Aryens ou Arya est un terme qui signifie «noble» qui a été utilisé comme auto désignation par les Indo-Iraniens. Le mot a été utilisé par les Indiens de la période védique en Inde comme désignation ethnique pour eux-mêmes et pour se référer à la classe noble ainsi qu'à la région géographique connue sous le nom d'Āryāvarta, (vallée de l'Indus et nord ouest de l'Inde) où la culture indo-aryenne était basée. Les peuples iraniens étroitement liés ont également utilisé le terme comme désignation ethnique pour eux-mêmes dans l'Avesta (zoroastrisme) , et le mot forme la source étymologique du nom de pays Iran.

(Ce terme n'a donc rien à voir avec une pseudo « race blanche » qui est un fantasme non scientifique de la fin du 19ème siècle).

 

Le mythe de la parole.
 

La déesse Vac ou Vach est évoquée dès les premières strophes de l'hymne fondateur.

Vac est la Parole, elle commence par déclarer que c'est elle qui porte les dieux, présentés dans leur grandes divisions et fonctions traditionnelles, puis dans quelques individualités particulièrement importantes, dont on étudiera les fonctions plus loin et qui sont parvenues jusqu'à nos jour, notamment par le biais de la franc-maçonnerie. Il y a d'abord Mitra-Varuna, on verra d'ailleurs l'importance de Mitra ou Mithra dans diverses théologies jusqu'au seuil du christianisme. Puis Indra-Agni ou Rudra-Agni et les Nasatya. Dans les premiers textes, les dieux vont par couple : ils sont jumeaux, cette détermination théologique est un aspect important des premières croyances. Une troisième strophe affirme que Vac (la parole), considérée en elle-même, possède les qualités nécessaires pour tout faire advenir et opérer partout. Dans les dernières strophes, c'est l'univers entier, le ciel comme la terre, et même l’au-delà du ciel, que Vac peut intervenir.

 

Représentation actuelle de Vac Saravasti la lumineuse pourvue de son instrument à corde pour dire les hymnes aux hommes

 

La traduction littérale de l'hymne de Vac dit :


4- C'est par moi qu'il mange la nourriture (l'homme), celui dont la vue discerne, celui qui entend les choses dites. Sans s'en rendre compte, c'est sur moi qu'ils vivent tranquillement (les hommes).
Entend, toi dont on entend parler, je te dis chose digne de confiance (parole d'évangile ).
5- C'est moi, de même, qui prononce ce qui est goûté des dieux et des hommes. Celui que j'aime, celui-là, je le fais fort, je le fais « brahman » (seigneur guerrier), je le fais voyant, je le fais sage.
6- C'est moi qui pour Rudra (dieu védique, archer divin) bande l'arc afin que la flèche tue l'ennemi du « brahman » ; c'est moi qui, pour les hommes fais le combat, c'est moi qui ai pénétré le ciel et la terre.

D'après Georges Dumézil dans « Esquisse de Mythologie » – Gallimard

On peut remarquer que dans le culte védique les fonctions sacrées se sont partagées en une multitude de dieux, parfois les fonctions symboliques changent de non ainsi le couple Mitra-Varuna deviendra plus tard Vishnou-Varuna.

Ces mêmes fonctions se retrouvront plus concentrées chez les Iraniens, les Grecs et les Celtes. Notamment les Iraniens vont épurer leur mythologie jusqu'au monothéisme de l'Avesta (mazdéisme et zoroastrisme) tout en conservant un corpus symbolique identique.

Dans les mythologies indo-européennes, l'arc produit un son et possède une voix.
Le dieu perse Mithra issu du dieu aryen double Mitra-Varuna et le dieu grec Apollon posséderont les mêmes trois fonctions en une seule, attestées par les objets avec lesquels ils sont souvent montrés : l'arc sonore qui donne la mort, la harpe ou lyre pour accompagner les hymnes et louanges et symboliser l'abondance, enfin et surtout la fonction principale de dire La Vérité, de dire par sa voix la parole du dieu créateur, d'en être l'intermédiaire, notamment par le biais de l'oracle en ce qui concerne Apollon.

 

Apollon avec l'arc fatal

 

Apollon à la lyre pour dire les hymnes.

 

Mitra-Varuna devenant Mithra plus tard chez les Perses possédera comme arme fatale un glaive avec lequel il tua le taureau dont la rivière de sang coulant de sa gorge donna l'abondance.

Ces trois fonctions : parole, mort et abondance, se retrouvent également chez le dieu celte Lug et le dieu Baldr germano-scandinave, l'arme sacrée sera chez eux non plus l'arc, mais la lance.

Ces dieux sont également appelés lumineux et quand ils sont représentés, c'est toujours nimbés de lumière ou possédant une auréole. La paroles étant toujours associée à la lumière.

 

Quelle est l'origine du mythe de la parole ? Trois hypothèses qui ne s'excluent pas :

 

1- Les découvertes de Geneviève Von Petzinger, qui a dénombré 32 signes récurrents dans les grottes ornées de l'ensemble franco-cantabrique, ces signes identiques partout ressemblent à un début d'écriture. L'énoncé de ces signes devaient avoir un caractère magique et shamanique, comme il semblerait que furent ces grottes ornées. Ne voyons-nous pas là le début d'une sanctification de la parole venant du dieu démiurge?

 

2- La parole est nécessaire à la transmission des méthodes de génération en génération, pour sans cesse les améliorer, comme je l'ai souligné dans un article précédent. Une très récente recherche génétique établissant une comparaison entre l'homme de Neandertal et l'Homo sapiens montre une petite différence au niveau du gène FOXP2 de l'ADN qui assure la parole. Chez le Neandertal, la différence d'un seul acide aminé entre la séquence de son ADN au niveau de FOXP2 indique chez lui une difficulté à utiliser la parole. En plus, ses artefacts étaient toujours identiques de génération en génération, alors que son volume cervical était supérieur à celui de l’homo sapiens. Ceci montre que la capacité à transmettre des méthodes mais surtout à les diffuser socialement et à les améliorer est une fonction ontologique propre à l'homme moderne. Chez l'homme, l'intelligence n'est plus individuelle, mais est devenue sociale, civilisationnelle, cette capacité n'étant due qu'à l'utilisation d'une parole complexe. Il est donc logique que la parole fut mythifiée et désignée comme le début même de l’existence humaine, et similaire à la lumière du jour nécessaire à la croissance de toutes choses vivantes.

 


3- Une autre signification mythique de la parole viendrait de la division en trois ordres des sociétés indo-européennes (Georges Dumézil). Ces trois ordres sont les guerriers nobles, les prêtres, et les travailleurs. Les prêtres sont chargés de diffuser la parole divine. « Je te dis choses dignes de confiance » annonce la déesse Vac dans le Rig Veda. La parole du dieu-démiurge, celui qui créa le monde, doit être crue comme telle, même si cette parole est annoncée par un intermédiaire.

 

Origines hyperboréenne des mythologies théologies indo-européennes.

 

Nous avons vu que des peuples venant du sud-ouest de la France et du nord-ouest de l'Espagne vivaient dans des toundra au bord des glaciers de la dernière glaciation de Würm. Ces peuples de chasseurs cueilleurs étaient habitués aux froids extrêmes comme le sont aujourd'hui les Inuits, les Lapons ou les Nénètses.

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9n%C3%A8tses

Ils sont remontés vers le nord de la Russie actuelle en suivant les troupeaux de rennes au cours du réchauffement qui eu lieu vers – 10 000 ans. Leur habitat fait de tente de peau genre tipi n'ont pas laissé de trace mais sur cet aire des poteries ont été trouvées ; d'une facture particulière, les céramiques peignées attestant une forte présence humaine

.

Le mythe de la lumière.

 

Si le mythe primitif de la parole a pu se former avant l'implantation des européens dans les zones de l’Hyperborée, son association avec celui de la lumière peut bien en être la source.

 

Dans ces hautes latitudes, le cycle du jour et de la nuit change très fortement avec les saisons. Au delà du cercle polaire, les nuits durent six mois ainsi que les jours. Pour ces populations, voir le soleil se lever après une très longue nuit devait être particulièrement remarquable. Durant les longues nuits d'hiver, la lumière devait être sacrée et cette lumière devançait longuement le levé du soleil durant les longues aubes des solstices ; cette lumière primitive, tant attendue, éclairant l'obscurité, a pu se donner lieu à mythe, car elle devançait l’apparition de l'astre solaire.

Deux mythes fondateurs se sont trouvés liés car lumière ET parole sont sources de toutes choses

Il n'est donc pas étonnant que le dieu Apollon dont on est certain qu'il vient d’Hyperborée, soit le dieu de la lumière et de la parole transmises par le démiurge. Ainsi tous les dieux lumineux indo-européens associent lumière et parole, intermédiaires du Dieu Créateur.

Ces dieux allaient primitivement par couples jumeaux présentant des fonctions dialectiquement proches, bonnes ou mauvaises. Ces couples prirent plus tard chacun leur indépendance.


Quelques exemples.

Vac-Sarasvati, Mitra-Varuna, Indra-Agni, ou Rudra-Agni pour l'Inde et les aryens

Apollon-Artemis, pour les Grecs,

Amesha-Spenta, les deux archanges de Ahura Mazda, dans le mazdéisme et zoroastrisme des Perses.

Lug pour les Celtes, lequel possède également un jumeau mort né Dylan eil Ton (Thése de Gaêl Hily sur Lug),

Odin Baldr pour la mythologie scandinave, Odin lumière sombre et Baldr lumière claire. Le Christ et le Saint Esprit pour les chrétiens

https://tel.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/614164/filename/Hily_Le_Dieu_celtique_Lugus.pdf

 

Le mythe du soleil levant et de la croissance

Dans les zones boréales, quand le soleil se lève enfin au printemps vient la croissance, la croissance de la végétation et du nombre des animaux chassés ou élevés avec cette croissance vient la richesse. Le soleil se lève à l'est à l'orient. Orient vient du latin oriri : se lever ; il s'agit d'un verbe d'origine indo-européenne, voulant dire naître ou sourdre, surgir. Ce terme est proche de la signification du latin « crescere », (croître) voulant dire pousser (pour une plante, arriver à l’existence, naître). Cette origine étymologique donnera son nom au symbole germanique du soleil levant la « crista » qui est un omega inversé (d'après l'historienne Anne Lombard-Jourdan) . Symbole particulièrement important car il nous donnera la fleur de lis représentant la royauté française (Fleur de Lis et Oriflamme, d’Anne Lombard Jourdan, CNRS Edition)

 

La tri-fonctionnalité.

 

L'historien Georges Dumézil a passé une bonne partie de sa carrière à étudier la tri-fonctionnalité des dieux des différentes cultures indo-européennes et qui d'après lui en marque cette origine. Le christianisme possède bien dans sa théologie, la trinité, c'est à dire un unique dieu en trois formes, le Père, le Fils et le Saint Esprit. J'ai montré, au chapitre de la parole suivant les écrits de Georges Dumézil, que les dieux symbolisant ce mythe étaient non seulement jumeaux, mais trifonctionnels :

Parole, Abondance et Mort, ces trois fonctions réduites en une seule symbolisant l’essence même de l'homme.

La Parole peut être celle du Dieu créateur, émise par le dieu interprète, intermédiaire, c'est également celle du prêtre, mais aussi celle de la parole donnée, du contrat (Mitra-Varuna).
L'Abondance coule d'une rivière, d'un fleuve ou du sang du taureau, l'abondance est liquide.
La Mort vient de l'arme fatale, dont la blessure ne guérit jamais.

 

Origine possible de la tri-fonctionnalité.

 

Une parhélie, vue par grand froid au soleil levant.

 

Quand le soleil enfin se levait après une longue aube, les hommes pouvaient voir parfois au soleil levant trois formes solaires dans une parhélie. Une parhélie montre des reflets du soleil sur des cristaux de glace apparaissant de part et d'autres de l'astre solaire, le tout formant un halo et une croix. Cette image très frappante n'a pu que se transformer en mythe ; d'ailleurs la symbolisation grecque et indo-européenne du soleil consiste en une croix aux branches de tailles égales qui peut également être entourée d'un cercle.

 

Dans différentes cultures indo-européennes et eurasiatiques

 

La représentation du père et de son image sanctifiée.

 

Pour comprendre l'imprégnation de notre société par la mythologie indo-européenne qui nous fut transmise par les Celtes puis par les Grecs anciens via les Latins, puis confirmée par les Germains, il faut lire : La Cité Antique de Numa Denis Fustel de Coulange (1830- 1889). Pour expliquer ce que représente le père chez les peuples indo-européens, il faudrait reproduire l'entièreté du livre.
La cellule familiale telle qu'il est possible de la décrire dans les plus anciens textes comme le Rig Veda est issue d'une structure tribale, où elle est organisée autour du culte des ancêtres morts. Ce qui caractérise une cellule clanique par rapport à une autre, c'est l'identification de ses propres ancêtres.
La famille chez les Grecs et les Latins est directement issue de ces structures tribales des temps les plus anciens ou chaque clan possédait une religion domestique propre qui n'était surtout pas celle de l'autre. Pour Grecs et Latins, cette religion s'animait autour du feu sacré.

Le mot père vient de « pater » qui est le même en latin, grec et sanskrit, et qui a donc une origine lointaine avant le partage indo-européens des steppes entre Mer Noire et Caspienne vers quasiment toutes les directions. Donc ce terme « pater » est riche en enseignements. Originellement ce terme ne veut pas dire géniteur, mot dont la racine « ganitar » se retrouve également chez les Latins et en sanskrit. Ce terme « pater » désigne autant des dieux. Jupiter, le dieu démiurge des Romains s'appelait aussi « Pater hominum Deorumque », le pater des hommes et des dieux. Le même titre de pater était donné à tous les dieux que les hommes ne considéraient pas comme leur géniteur. Le mot pater possède une signification multiple : dieu, prêtre de la religion domestique, roi, seigneur, ce terme est très proche de « dominus », dont la signification ancestrale est propriétaire, et qui a donné de nombreux termes dans la langue française autour de la domination et dans les paroles religieuses du christianisme. Le « pater familiae » n'était pas notre père de famille actuel, mais un chef ayant droit de vie et de mort sur les membres de son clan ou « familiae». Mort, il sera déifié et son culte se pérennisera tant que le feu sacré ne s'éteindra pas.


Les Celtes emploient le mot Dis Pater pour l’ancêtre fondateur auquel l'ensemble de la communauté tribale rendra un culte en dehors du culte domestique rendu aux ancêtre du seul clan familiale.

 

Chapitre 2.


Du Rig Veda à l’Évangile

 

 

  Entre le Rig Veda écrit environ en 1500 avant JC et l'Evangile, les divinités indo-européennes et les cultes subirent quelques évolutions qui permirent un rapprochement évident vers le christianisme.

Du Mitra-Varuna védique au Mithra avestique

Dans le Veda, Mitra représentait la souveraineté sur le plan terrestre et Varuna sur le plan surnaturel  Mitra, dont le nom signifie "contrat", était le garant de l'amitié, des accords entre les hommes et de l'honnêteté, tandis que Varuna était le garant de l'ordre cosmique. Mitra était toujours présenté comme amical, tandis que Varuna était un dieu violent, rappelons qu'au début de leur théologie les dieux avec les symboles qu'ils représentaient allaient par couples jumeaux dialectiques.

Mithra (avec un H) revenu en Perse fut un élément de l'Avesta, textes sacrés du Mazdéisme-Zoroastrisme, première religion monothéiste. Néanmoins il est dit dans ce texte ce que Mithra devenu ange représente:

« La lumière qui voit tout est l'emblème de la vérité, et c'est surtout comme témoin universel que Mithra est devenu l'incarnation céleste de la conscience et de la vérité. [...]. Témoin des contrats, il observe qui les garde et qui les viole, il châtie ceux qui mentent à Mithra (Mithrô-Druj) » (Darmsteter, Zend Avesta, II, 141, 142). 

http://www.cosmovisions.com/$Mithra.htm

 

Dieux lumineux voire solaire Mithra prit son indépendance pour se rapprocher des fonctions d'Apollon avec lequel il finit par se confondre.
Cette fusion entre mythologie perse et grecque se fit à la faveur des conquêtes d'Alexandre et de sa victoire sur Darius III, l'empereur perse en 333 avant JC. Suite au retrait des armées d'Alexandre après la destruction de l'empire perse, une autre entité politique et culturelle émergea, l'Empire Parthe de culture gréco-perse. Cet empire multiethnique était sur la route de la soie et faisait la jonction entre la république romaine et la Chine. C'est dans ce creuset que les mythologies théologies d'Apollon et de Mithra et certainement de l'hindou Krishna quasi christiques purent se confondre.

 

Mithra solaire.

 

Mithra serait  né d'une vierge comme le dieu hindou Krishna et le dieu égyptien Horus, il serait né le 25 décembre sortant d'un rocher , considéré comme un grand professeur et un maître itinérant, il était appelé le « Bon Berger », il était considéré comme la voie, la vérité, la lumière, son jour sacré était le dimanche,  il avait 12 compagnons, il faisait des miracles, il fut enterré dans un tombeau et après trois jours, s’est relevé. Il était dispensateur de l'eau, c'est-à-dire de l'abondance en tirant une flèche dans un rocher.

 Le culte de Mithra s'est propagé dans tous l'empire romain à partir du 2ème siècle et avait pour vecteur les légionnaires revenant des combats contre l'empire Parthe ou ils furent en contact avec sa théologie tendant vers le monothéisme. Ces légionnaires organisèrent une société secrète qui ressemblait beaucoup à ce qu'est aujourd'hui la Franc-Maçonnerie avec des initiations secrètes et différents grades. Ce culte s'exerçait dans des lieux appelés « mithranium» qui étaient souvent une grotte. Le grade le plus haut était le « Pater ».

La mythologie/théologie de Mithra est très vaste et à elle seule pourrait faire l'objet d'un ouvrage car c'est le mythe à la fois le plus anciens répertorié et qui put traverser diverses religions puis persister jusqu'à la crypto-religion maçonnique républicaine.
La symbolique de Mithra ne synthétise pas à elle seule l'ensemble de la symbolique vitale indo-européenne ?

http://hautsgrades.over-blog.com/article-mithra-un-dieu-des-francs-macons-112151467.html


 

 D'Apollon à l'Apollon-Mithra.

 

La tri-fonction d'Apollon, dit l'hyperboréen, recoupe la lumière, la parole et la mort. La lumière solaire, la parole par l'oracle et la mort infligée par son arme fatale, l'arc sonore, le tout formant l'abondance. Abondance qui fut souvent chez les Grecs associée à l'eau et à la guérison. A Delphes aux premiers temps, le temple d'Apollon était consacré à la divination, c'est-à-dire à l'interprétation des paroles du Dieu démiurge. Les prêtresses, les pythies étaient de jeunes vierges, réputées être épouses de Dieu comme étaient vierges celles qui portaient l 'abondance à Délos depuis l'hyperborée, via la Scythie. Ces pythies avaient la particularité de pouvoir entrer en transe, ce qui fait dire à certains auteurs que le culte d'Apollon avait une origine shamanique, chose qui démontre son ancienneté.  
Au cours du temps allant vers les premiers siècles de notre ère, la fonction principale d'Apollon fut de représenter le soleil, il fut également baptisé dieu des sources et de la médecine. Soleil, source et médecine représentant la vie. La mythologie/théologie d'Apollon est très proche de celle de Mithra,

 

Apollon solaire sur son char

 

Nous savons par les légendes et mythologies irlandaises rapportées et écrites au moyen-âge par les moines que les druides celtes avaient connaissance du mythe de l’hyperborée. L' hyperborée était la terre des demi-dieux Tuatha Dé Danann, ce qui signifie tribu de la déesse Dana, qui sont des figures divines venant de quatre îles du nord du monde (mythe de l'hyperborée) Falis, Gorias, Findias  et Murias ; de ces îles mythiques ils apportèrent cinq talismans : la lance de Lug, l'épée de Nuada, le chaudron et la massue de Dagda et la pierre de Fal.

 Le Mithraïsme et le culte d'Apollon en Gaule romaine s'accordaient avec l'ancien culte druidique et devaient certainement rejoindre le culte de Lug, dieu omnipotent en celtique, qui donna son nom à la ville de Lugdunum, qui devint Lyon, capitale des Gaules.

 

Le Mithra romain avec l'arme fatale et la lumière, ici coiffé du bonnet phrygien.

 

En Gaule romaine, les lieux de culte reprirent ceux de la celtique indépendante, simplement d'autres dieux furent ajoutés au panthéon existant.
Pour tous les peuples de culture indo-européenne, le lieu du culte revêtait une importance particulière, car il devait être le lieu de la sépulture mythique d'un ancêtre fondateur.

 https://www.persee.fr/doc/ccgg_1016-9008_1995_num_6_1_1606

 

 La religion druidique, celtique ancienne possède donc un lien avec la mythologie apollinienne et avec le dieu celte Lug, dont la racine étymologique est lumière, et qui possède une fonctionnalité proche d'Apollon; elle provient certainement de la même origine mythique : parole, lumière (qui signifie aussi abondance) et arme fatale; dans son cas c'est la lance dont le fer se projette seul sur l'ennemi et qui revient à sa place, la blessure provoquée ne pouvant jamais guérir - nous connaissons aussi la similitude mythologique également avec le dieu perse Mithra.  

En dépit de la terrible répression que les Romains ont abattu sur les druides, il est certain que leur crypto-religion aura pu se ressourcer avec les cultes d'Apollon l'hyperboréen et de Mithra.
Les mythes indo-européens étant communs à tous, notamment la fameuse tri-fonctionnalité: parole, lumière et arme fatale.

 

 

Nous avons compris tout au long de cet exposé que chez les peuples de culture indo-européenne, le nom des dieux importait moins que leurs fonctions symboliques, au sein desquels la parole et la lumière étaient étroitement liées. Le nom des dieux changeait, mais le mythe profondément ancré demeurait. C'est ce fil rouge que nous suivons ici

La Gaule romaine va se couvrir de ces lieux de crypto-cultes, les Mithraeum, où finalement le culte de Mithra l'emportera sur celui de Lug et d'Apollon.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00943545/document

 

Un Mithraeum lieu d"un crypto-culte à Mithra en Gaule romaine

 

Du mithraïsme au culte du Sol Invictus.

 

 Sol Invictus en latin signifie « Soleil invaincu ») est une divinité solaire apparue dans l'Empire romain au IIIe siècle. Elle reprend des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, qui connaissait  une grande popularité dans l'armée romaine.

L'empereur Aurélien (270-275) lui assura une place officielle à Rome en proclamant que le Soleil invaincu est le patron (pater) principal (fondateur) de l’Empire romain et en faisant du 25 décembre pris pour le solstice d'hiver une fête officielle appelée le « jour de naissance du Soleil » (du latin dies natalis solis invicti). Cette fête vint alors se placer dans le prolongement des Saturnales, une période de fête ancienne et la plus importante de Rome. Un temple  fut dédié au Soleil au Champs de Mars; ce temple était servi par un nouveau collège de prêtres, les « pontifices Solis ». (D'après wikipedia).

Cette nouvelle religion, issue des cultes d'Apollon et de Mithra fut celle de Constantin, qui devint l'unique Empereur de Rome après s'être débarrassé des autres co-empereurs, car en ce temps trois empereurs régnaient sur l'Empire. D'abord il vainquit Maxence en 312 à la bataille du Pont Milvius, aux portes de Rome, et ensuite Licinius, en 324, à la bataille d'Andrinople.

Mais Constantin 1er est surtout connu pour avoir autorisé  le culte chrétien au sein de l'empire romain; la légende chrétienne prétend même qu'il se serait converti, chose qui semble fausse: il conserva plus vraisemblablement pour lui-même le culte du Soleil Invaincu, comme l'attestent les pièces romaines de son règne.  

 

Une monnaie du règne de Constantin à son effigie jumelée avec le Sol Invictus

 

 

Constantin, et son labarum gaulois.

 

(D'après le travaux de l'historienne Anne Lombard-Jourdan)

Constantin avait une armée essentiellement composée de Gaulois (gallo-romains), dont les effectifs étaient très inférieurs à son concurrent direct Maxence, l'autre empereur installé à Rome. Constantin devait plaire à ses hommes et se montrer l'un des leurs, il permit déjà aux cultes druidiques de sortir de la clandestinité. Adepte du Sol Invictus il fut très influencé par le culte rendu par ses officiers et soldats dont la source était la celtique ancienne et le culte druidique.

On sait que la Gaule romaine avait conservé les mêmes lieux de culte que ceux de la celtique indépendante.
Sur le territoire actuel de la ville de Saint Denis dans la plaine du Lendit se trouvait un lieu de culte ancien, et particulier au lieu-dit La Montjoie, aujourd'hui au croisement de la rue de La Montjoie et de l'avenue du Président Wilson. Ce lieu de culte ancien était un tertre sous lequel devait reposer un ancêtre commun aux Celtes, car ce lieu était réputé être le centre de la celtique, le lieu même où devait reposer le Dis Pater. A cet emplacement les tribus celtes Parisii et les tribus Belges avaient coutume de se réunir, dans la plaine du Lendit, car ce tertre marquait la frontière de leurs territoires réciproques. Durant l'occupation romaine, un temple consacré à Apollon l'hyperboréen fut érigé sur ce tertre de la Montjoie.

 

La lance mythique de Lug.

 

Il a été trouvé de grands fers de lance gauloises ajourés, tels celui retrouvé dans une sépulture de la Marne au lieu-dit la Fin d'Ecury, à Fère Champenoise. Un autre, découvert à Thugny en 2002, qui est doté d'une flamme ondulée de près d'un mètre. Ces artefacts sont parfois qualifiés de lance-enseignes. Ces dernières sont susceptibles de matérialiser un échelon  d'organisation militaire gauloise. On en retrouve un équivalent dans les étendard de l'armée romaine.

Le labarum romain est une enseigne fixée sur un lance représentant également un échelon de l'organisation militaire romaine. Qui a copié sur qui ? Nous savons que les Romains ont beaucoup emprunté de l'équipement militaire gaulois, notamment la cote de maille et les chaussures à tige. D'après Anne Lombard-Jourdan, l’étymologie de labarum vient du celte « labaros » qui signifie parler. Le labarum de Constantin, qu'il montra à la bataille décisive du Pont Milvius, est devenu célèbre et mythique; son emploi et son mythe possèdent toutes les chances d'être d'origine celtique. La lance qui luit au soleil et qui parle avec son gonfanon qui claque est un mythe typiquement indo-européen, que l'on retrouvera dans l'oriflamme de France.  
Dans des panégyriques prononcés devant l'empereur Constantin peu après sa victoire par le rhéteur gaulois d'Autun, Eumène, en juillet 310, et par le rhéteur de Bordeaux Nazarius en 321, ces deux rhéteurs évoquent les circonstances de la remise de son labarum à Constantin. Cette remise solennelle se fit suite à une initiation par des druides au « plus beau temple du monde » ( templum toto orbe pulcherrimum) qui, selon leurs dires, était situé au centre de la Gaule, qui, pour les peuples celtes qui l'occupaient, était justement le site que l'on a appelé plus tard La Montjoie dans la plaine du lendit au nord de Lutèce, ce mot provenant du francique « Mundgawi », signifiant « protège pays ». Le Labarum mystérieux attribut divin était conservé dans ce sanctuaire central des Gaules selon une coutume celtique ancestrale.

Une copie en fut confiée à Constantin avec les signes sacrés qui devaient figurer sur sa couronne et sur le tissus de l'enseigne. On connaît bien le fer de la lance sacrée de Constantin, conservé dans un musée à Vienne, et qui servit aux sacres des empereurs romain-germaniques. C'est un large fer ajouré typique des lances sacrées gauloises, qui comporte en son centre une autre arme mythique à deux pointes en vis-à-vis.

 


Lance de Constantin conservée à Vienne en Autriche avec en son milieu l'arme mythique à deux pointes opposées

 

Mais le débat porte surtout sur la description des signes apposés sur la couronne de Constantin et sur l'enseigne. Ce signe particulier remis à Constantin par les druides et reproduit sur les boucliers de ses soldats à été décrit par Lactance, lequel fut choisi par Constantin pour être le précepteur de son fils aîné Crispus. Son témoignage est connue par un manuscrit du 12ème siècle. Anne Lombard Jourdan dans son livre : Fleur de Lis et Oriflamme aux éditions du CNRS, réfute la description de l'Eglise qui y voyait un chrisme, c'est à dire un khi X traversé d'un rho P. elle y voit plutôt la description d'une croix cristée, c'est-à-dire d'une croix grecque surmontée d'une crista, qui est comme un oméga inversé: c'est un signe indo-européen symbolisant le soleil levant.
Il serait étonnant que les druides de Saint Denis aient donné à Constantin un chrisme chrétien, signe qui fit son apparition bien plus tard. Il paraît logique que le signe magique des druides fut un symbole du soleil levant.

 

Une crista sur une monnaie mérovingienne dont le description correspond au signe magique donné à Constantin par les druides du "plus beau temple du monde"  dans la plaine du Lendit.

 

Le neveu de Constantin, Julien, qui lui succéda fut appelé par l'Eglise l'apostat, présumant qu'il fût chrétien, qu'il eût renié cette religion, conjecture peu plausible. Julien était de culture grecque et féru de philosophie, il était aussi appelé Julien le philosophe, il avait peu de goût pour le christianisme mais ne persécuta pas les chrétiens, dont la religion était acceptée à Rome depuis Constantin, qui n'était pas lui-même chrétien. Julien résida longtemps à Lutèce, proche du limes, afin de commander ses armées contre les invasions germaniques. Il avait d'excellents rapports avec les druides, dont le culte fut protégé par son oncle Constantin et dans la religion desquels il fut initié. Julien avait même fait le projet de bâtir un culte et une église païenne avec ces druides de la région de Lutèce (Lutetia, la lumière).

Les choses changèrent radicalement avec l'accession de Théodose comme empereur de 379 à 395. En 380, Théodose se convertit au christianisme et par l'édit de Thessalonique il en fit la religion officielle et unique de l'Empire. Tous les adeptes des autres religions furent gravement persécutés et souvent massacrés. Il fit des concessions aux peuples barbares et leur permirent de rentrer dans l'empire. Ceci accéléra la chute de l'empire romain qui 80 ans après sa mort, disparut.


 

Chapitre 3

 

La perpétuation de la mythologie indo-européenne dans sa forme chrétienne dans le Royaume Franc des Gaules


 

Nous continuons ici à suivre le fil rouge mythique venant du fond des âges. Nous avons évoqué plusieurs « dieux » que je mets entre guillemet car ils ne sont que l'incarnation de mythes qui se perpétuent s'incarnant dans divers aspects humains, car pour l'homme, adorer et se soumettre à une forme humaine ou humanoïde est plus aisé que de se soumettre à un simple concept. Nous avons retenu trois concepts que nous jugeons les plus pérennes et les plus puissants dans cette mythologie vielle de 30 000 ans ou plus venant de l'espace franco-cantabrique des grottes ornées durant la glaciation de Würm, puis durant le réchauffement climatique, suivant les rennes, eux-mêmes suivant la toundra qui remontait jusqu'en hyperborée.

1- Le Pater fondateur inhumé à qui on rend un culte afin de perpétuer son souvenir. Le lieu de sépulture devenant sacré et le Pater sanctifié.
2- La parole lumineuse et sacrée source de toutes choses sur terre.
3- Le sacré unique mais se partageant en trois fonctions indissolublement liées formant une triangulation dont le sommet et le tout est le Dieu démiurge. Mort (culte), Parole, et Lumière (vie).

On comprend que le christianisme ait pu se répandre aisément parmi les élites gallo-romaines dans l'Empire finissant car la mystique et la symbolique chrétienne leur permettaient de comprendre qu'il n'y avait qu'une continuation. La croix symbole solaire depuis toujours, le christ lumineux et beau, guérisseur, faiseur de miracle, rapportant la parole du Dieu créateur, mort et ressuscité continuait Apollon, Mithra, Lug ou Baldr, et puis Mithra qui avait pris la place d'Apollon n'était il pas né d'une vierge un 25 décembre? D'ailleurs la date de la naissance du Christ fut fixée par l'Eglise de Rome le 25 décembre car il y avait à cette date la célébration de la naissance du Soleil-Invaincu (Mithra) et on ne pouvait plus bouleverser les dates de célébration et de fête.

 

Image d'un vitrail de la cathédrale de Lyon, représentant l’apôtre Jean au pied du Christ celui-ci possède dans sa bouche l'arme fatale à deux pointe, symbole du passage de l'apocalypse de jean (1,12) ou le verbe apparait .

 

Quand au petit peuple ne croyant que ce qui était croyable, c'est-à-dire visible, les arbres, les sources, les montagnes, les esprits des morts bons ou mauvais, il continua à croire à ce qu'il croyait depuis toujours, on les appela païens, terme qui vient de pagus, qui donna pays, paysans et paganisme. L’Église mit d'ailleurs des siècles pour christianiser les campagnes. Encore aujourd'hui de nombreux arbres sacrés sont l'objet de culte, évidemment dédiés à un saint ou à la vierge Marie, ce qui les christianise.

Mais le plus important était que le nouveau culte puisse s'établir en tant que religion de pouvoir, il fallut donc lui inventer une néo-mythologie s’emboîtant dans l'ancienne.

 

Saint Denis nouveau Dis Pater, naissance d'une patrie mythique.

 

Le lieu sacré depuis des millénaires ou sous un tertre était inhumé un fondateur, un Dis Pater ou protège-pays, un « Monsjowy », selon les mythologie indo-européennes et celtique, ne pouvait pas être abandonné. Ce lieu merveilleux ou était bâti « le plus beau temple du monde », d’où partit Constantin le Grand, qui devint le seul et unique empereur et qui autorisa le culte chrétien, devaient continuer sa fonction et demeurer le lieu sacré, siège de la souveraineté, dont Apollon-Mithra devenu Soleil-Invaincu était devenu le symbole.

Le Christ, lumineux, solaire, à la parole infaillible, rapportant celle du Pater-dieu créateur, put aisément remplacer l'Apollon-Mithra-Soleil Invaincu, car le mythe qu'il incarnait n'était qu'une continuité du mythe civilisationnel fondamental qui ne pouvait être brisé.

Il fallait maintenant construire une mythologie fondatrice du pouvoir des Francs chrétiens sur la Gaule, puis des rois de France, quand ce terme prit un sens pour un peuple français, qui ne se fit que graduellement, et s'acheva réellement avec la fin de la guerre de cent ans au milieu du 15ème siècle.

Pour renouveler le mythe, le refonder aux yeux de tous, en finir avec l'ancienne crypto-religion pour initiés, il fallait une nouvelle inhumation, d'un nouveau «dis  pater » dont l'histoire devait être suffisamment merveilleuse, miraculeuse pour assurer un culte aussi important que le précédent.

Avec évidence ce rôle devait être imparti au premier évêque de Lutèce, Denis, qui fut envoyé de Rome pour évangéliser les Gaules. La capitale des Gaules à l'époque était Lugdunum, (Ville de Lug), Lyon, mais c'est à Lutèce ( la lumineuse) et dans sa mythique région ou la concurrence avec les druides se devait d'être la plus rude, et où le mythe fondateur et puissant devait être remplacé.

En 250, l'année de son martyre présumé le culte du Soleil-invaincu était venu à son apogée et devint en 270 le culte officiel de Rome. Culte dont on connaît l'importance dans la région de Lutèce.
Sont-ce les druides qui voulurent sa mort ou sont-ce les légionnaires romains, ou peut être les deux ? La légende est partagée. La légende dit que Denis fut décapité à Montmartre le « Mont des Martyres », avec ses deux compagnons, et qu'il ramassa sa tête, se dirigea vers le nord et tomba à six kilomètres du lieu de sa mort où, là, une pieuse femme, aux dires de la légende, l'enterra. Ce lieu s'appelait Catolacus ou Catulliacus, lieu même où, non loin de là, le fameux tertre, centre de la gaule celtique était situé.

 

L'évèque de Paris, Denis, offrant son sacrifice au lieu symbolique et millénaire de la plaine du Lendit ainsi il remplacera le Dis Pater Celte ancêtre fondateur.

 

Bien après, le nom de Saint Denis fut lié à un mausolée du Bas-Empire, il apparaît vers 520 dans la littérature avec « La vie de sainte Geneviève ». La sainte femme témoigna de sa dévotion envers l'évêque martyr, qu'elle désigna comme son père dans la foi. Elle obtint du clergé parisien l'érection d'une église sur sa tombe au « vicus Catulliacus » situé à huit kilomètres au nord de la Seine, à l'emplacement de l'actuelle basilique Saint-Denis.

 

Il y a plusieurs stades jusqu'à l'élévation officielle de Saint Denis comme Saint Patron (Pater) du royaume des Francs puis de France.
 

Une abbaye fut fondée à Catulliacus au VIIe siècle, ce centre fut doté d'une basilique et devint vite prestigieux grâce aux largesses royales à partir de Dagobert, lequel choisit d’agrandir le sanctuaire et d'y être inhumé. Cette abbaye devint pour la première fois le centre administratif du « Regnum francorum », ayant en charge une constellation d'églises qui devaient contribuer au rayonnement de son saint patron en le dotant d'une merveilleuse légende d’où elle fut diffusée.

Pour la première fois un roi détenteur du pouvoir divin se fit inhumé en 639 près de la sépulture du Saint.

 

Note :

Les Francs, tribu germanique, ne se considéraient pas d'abord issus d'un territoire, ils se considéraient comme des hommes libres, ce qui est la signification du mot franc. Donc le roi des Francs (Rex Francorum) régnait sur ces hommes libres ou nobles, les Francs. Les autres, les Gaulois, n'avaient plus de statut. Un territoire dénommé Francia Occidentalis n’apparaît qu'en 843, après le traité de Verdun qui attribua à Charles le Chauve la partie ouest de l'Empire Franc de Charlemagne. Mais le terme de Rex Francorum (Roi des Francs) va se perpétuer jusqu'au règne de Louis IX dit Saint Louis, qui prit le premier le titre de Rex Francium, Roi de France.

 

L'abbé Suger 1081 – 1151 omniscient et omnipotent.

 

Suger fut élu abbé le 19 février 1122 par le chapitre de l'abbaye royale de Saint Denis sous le règne de Louis VI. L'abbé Suger dont les rois Louis VI et Louis VII feront leur ministre et le désigneront régent du royaume des Francs, quand chacun d'eux partirent pour la croisade, fut un personnage crucial pour l'établissement du mythe des Francs et de France.
Sous son autorité, les moines de Saint Denis érigèrent une légende, rapidement devenue mythe, qui devint le cœur de la mystique royale.

 

Les différentes actions de l'abbé Suger, transcripteur de la mythologie indo-européenne millénaire au sein du christianisme souverain et royal dans ce qui deviendra la France.

 

1- Action architectural, la lumière dans le temple du Christ.

 

Il fit reconstruire l'ancienne basilique carolingienne selon la nouvelle technique ogivale sur colonne, dégageant les murs porteurs, remplacés par des verrières. Les églises étaient bâties selon une orientation précise. La nef et le cœur ont une direction ouest est, le cœur face à l'est, face au soleil levant, le transept possède une direction nord sud. Le prêtre, avant Vatican II, officiait face à ce soleil levant; il paraissait logique que la lumière solaire du matin puisse inonder le cœur, et les fidèles recevoir la lumière divine en même temps que la parole sacrée du prêtre (pater). Plus tard au 13ème siècle, l'architecte Pierre de Montreuil, qui fut également l'architecte de Notre Dame de Paris et de la Sainte Chapelle, améliora d'une façon magistrale cette architecture théologique et mythologique de la parole, lumière divine.

 

Une architecture théologique et mythologique la lumière du soleil levant inondant les fidèle

Cœur de la basilique Sain Denis.

 

Cette architecture que l'on doit appeler médiévale française, car expérimentée en Ile de France au 12ème siècle précisément à Saint Denis, se répandit rapidement au début du 13ème siècle entre la Loire et la Somme. Par la suite, ce type d'architecture théologique fut copiée dans toute l'Europe occidentale. Les Italiens par dérision l'appelleront « gotico » ou « tedesco », c'est-à-dire germanique, car venant d'au delà des Alpes, d’où son appellation stupide : art gothique.

 

2- La fleur de lis.

 

Il fit du symbole de la fleur de lis, le symbole de la souveraineté du roi des Francs sur la Gaule, fleur de lis qui deviendra le symbole de la royauté française.

 

Armes de France avant Charles V

 

Comme l'a démontré l'historienne Anne Lombard-Jourdan, cette fleur de lis (qui ne ressemble pas à une véritable fleur de lis) provient du symbole modifié de la crista, symbole du soleil levant chez les Celtes et les Francs. Ce symbole fut donné par les druides « du plus beau temple du monde » dans la plaine du Lendit à Constantin. Au 12ème siècle quand l'héraldique balbutiait, les armes du roi des Francs furent alors d'azur fleurdelisé (tapis de fleur de lis), qu'on peut toujours observer au fronton de la mairie de Saint Denis. Le roi de France Charles V modifia cette héraldique en ne laissant que trois fleurs de lis en triangle, symbole de la trinité. On doit également considérer également que la véritable fleur de lis est un symbole marial et de virginité.

 

d'après Anne Lombard Jourdan dans Fleur de Lis et Oriflamme (CNRS Édition)

 

3- L'oriflamme, lance sacrée de Lug.

 

Il institua l'usage de l’oriflamme de France comme enseigne de l'ost (armée) royale. Ceci afin de concurrencer l'usage par l'Empereur Romain Germanique de la lance sacrée de Constantin.
Cette lance sacrée, lance de Lug le lumineux, munie de son oriflamme rouge et or où il était inscrit Montjoie Saint Denis devint le labarum de France. Montjoie Saint-Denis fut le cri de ralliement de la chevalerie française, il rappelait le lien étroit entre le protège-pays celte de la Montjoie et le nouveau protège-pays chrétien de la basilique Saint Denis. Cette devise est visible sur le fronton de la mairie de Saint-Denis au dessus des armes fleurdelisées.
Suivant la tradition celte la lance sacrée était conservée dans le lieu de culte, qui était devenu la basilique de Saint Denis, tout comme les druides la conservait cachée dans leur temple. Quand le roi convoquait son ost pour partir en guerre, celui-ci était rassemblé dans la plaine du Lendit, un Te Deum était chanté dans la basilique et à son issue, l’évêque de Saint Denis remettait solennellement une copie consacrée de l'oriflamme au roi, qui la rendait après la bataille. Les druides remettaient également une copie de cette lance munie de sa flamme au chef de guerre avant la bataille, lance qu'il rapportait après.

Les traditions et mythes continuaient à s'emboîter les uns dans les autres.

 

Remise de l'oriflamme de France par Saint Denis au maréchal de Metz

 

Les sépultures royales

 

Depuis Dagobert qui en fut le premier, les rois des Francs prirent l'habitude de se faire inhumer dans la basilique, renforçant ainsi à chaque inhumation son caractère sacré et fondateur. Louis IX voulut souligner ce caractère en ajoutant sur les tombeaux royaux les statuts des rois défunts que l'on appelle gisants.

 

Sépultures royales et princières dans la basilique Sain Denis

 

Durant le moyen-âge, les moines de l'abbaye de Saint Denis rédigèrent les légendes propres à sanctifier la royauté depuis Clovis et les Francs Saliens. Clovis fut désigné comme le premier roi des Francs chrétiens régnant sur la Gaule; en effet le territoire délimité anciennement par les Romains s'appellera longtemps la Gaule; sur ce territoire régnaient les Francs de l'ouest, les Francs du centre ou Lorrains, venant de Lotharingie (Lothaire, fils de Charlemagne ayant hérité de cet espace) et les Francs de l'est ou germains, régnant sur l'empire romain-germanique sur tout le flanc est de la Gaule romaine. Les empereurs romains germaniques héritiers de Chalemagne s'estimeront longtemps légitimes pour régner sur l'ensemble de la Francia dont la « Francia occidentalis » qui deviendra plus tard la France; ils appelaient les rois de France des « reguli », des petits rois. Il fallut donc absolument renforcer la légitimité d'un roi de France en bâtissant une légende merveilleuse. La légende de l'apparition de la fleur de lis qui aurait été donnée par Dieu à Clovis fut écrite en différentes versions. L'origine des Francs saliens fut également mythifiée, en se référant à l'Enéide, un poème épique écrit par Virgile entre 29 et 19 avant J-C présentant les Romains comme étant les descendants des troyens de l’Iliade. Il était bon également que les Francs saliens fussent descendus du même lieu que les fondateurs de Rome et il fut écrit que ces Francs descendaient des Troyens également. Plus tard, après le 13ème siècle, Clovis fut institué comme le premier roi de France.
On voit que Saint-Denis perpétua le mythe ancestral du « protège-pays » celte, par la fleur de lis, évolution de la crista celto-germanique, symbole du soleil levant, par l'institution de l'oriflamme, reprise de la lance sacrée de Lug. La mythologie royale de France prenait largement son inspiration des mythologies indo-européennes les plus anciennes.

 

À partir du 12ème siècle les légendes celtiques se propagèrent en France avec l'immense succès des romans dits « à la mode de Bretagne », rapportés par Aliénor d'Aquitaine, reine de France puis d'Angleterre, romans qu'elle transmis à sa fille Marie de Champagne et dont l'un de ses proches troubadour, Chrétien de Troyes, s'inspira pour écrire le fameux Roman des Chevaliers de la Table Ronde. Ces romans diffusés auprès de la noblesse, de la bourgeoisie, mais également parmi le peuple par les spectacles donnés sur les parvis des églises et cathédrales, imposèrent une nouvelle attitude de l'homme vis-à-vis de la femme. Cette attitude eut également pour source le culte de la vierge Marie, qui dans notre civilisation, prit souvent le pas sur le culte du Dieu père et de son fils le Christ. L'attitude envers la femme devint une attitude de respect, voire de soumission à Sa Dame de Cœur de la part de son chevalier servant. Sur ce territoire de France plus que nul part ailleurs se développa le goût du merveilleux, de l'exploit individuel du don de soi, de la chevalerie, de la bonne chaire, et du bon goût.

 

Lancelot, amoureux de Guenièvre épouse de son roi.

Un grand mythe de l'amour médiéval à la française issu du roman des Chevaliers de la Table Ronde.

 

Dans ce contexte, il n'est nullement étonnant qu'apparut Jeanne La Pucelle et sa légende, car il était impossible ailleurs que chez nous que l'idée de confier une armée à une femme pût seulement germer, et les plus affreux soudards qu'elle commandait lui vouèrent une véritable dévotion.

Petit à petit un esprit français se développa et la France que l'on dit éternelle et charnelle émergea de ce merveilleux Moyen Age.

 

A contrario, l'ignoble « Renaissance » n'apporta que ruine, guerres de religions, massacres de masse et intolérance; les femmes ne furent plus respectées, mais accusées de sorcellerie; beaucoup furent brûlées vives. La religion chrétienne changea de nature avec la Réforme et la Contre réforme; elle s'imposa partout comme une religion de pouvoir, d'argent et d'intolérance. Les magnifiques cathédrales avec leurs verrières inondant de lumière colorées les fidèles furent abandonnées et les nouvelles églises devinrent sombres. L'église ne s'identifia plus qu'au pouvoir en perdant son caractère merveilleux.

L'irrespect du roi de France gagna, le catafalque de Louis XIV défunt se rendant à Saint Denis fut accompagné de huées et de quolibets; ce fut le crépuscule du soleil. Commença alors la gestation de la Révolution française.

 

La république maçonnique.


L'église s'identifia au pouvoir politique pour le peuple et le roi de France ainsi qu'à la noblesse et à ses privilèges. Depuis Louis XIV la mythologie royale solaire, alors à son apogée, commença à pâlir. Afin de pouvoir discuter d'un avenir politique différent d'une façon clandestine, sans encourir une répression, certains eurent l'idée de participer à des réunion de métiers, tout en n'étant pas forcément de la profession. Ce sont les loges de la corporation des maçons qui furent utilisées, et on appela ces maçons non professionnels des maçons libres ou Francs Maçons, Free Masson en anglais. Les loges étaient les lieux ou les adhérents à une corporation se réunissaient pour parler de leur métier. Cette habitude commença en Écosse à la toute fin du 16ème siècle mais devint surtout populaire à partir du début du 18ème siècle.

Comme ces réunions étaient secrètes et clandestines l'habitude fut prise d'initier les nouveaux participants pour les engager au secret. Les initiations symboliques se diversifièrent selon les obédiences qui se multiplièrent. Une crypto-religion fut construite puisant largement dans les mythes déjà disponibles, mythes qui ne pouvaient que signifier ce que les maçons voulaient entreprendre, et la parole lumineuse était l'un de ceux-là. N'étant pas Franc-Maçon, je ne m'intéresse qu'à ce que je connais et dont les mythes utilisés se situent dans la continuité christo-indo-européenne, ce qui est l'objet de cet article.
Mithra et le soleil-invaincu, dont le Christ fut le mythique successeur, fut repris en tant que symbole.
Je rappelle ce symbole fondamentalement indo-européen, qui est le verbe éclairant les hommes. Nous retrouvons la symbolique de Mithra chez les maçons français avec le bonnet phrygien coiffant Marianne et en faisant symbole de la Liberté.


Bonnet phrygien révolutionnaire, pileus romain ou bonnet de Mithra ?

 

Mithra romain.

 

Il est généralement admis que le bonnet phrygien était le pileus romain, qui coiffait les esclaves affranchis. Le problème est que le pileus, qui est un bonnet faiblement conique, ne ressemble en rien au bonnet phrygien. En revanche, celui-ci est identique à celui qui coiffe souvent le Dieu Mithra dans ses représentations romaines, quand il faisait l'objet d'un culte à Rome.

Cette représentation du Mithra maçonnique, cette fois-ci dans son autre figuration rayonnante, portant un flambeau, se retrouve dans la statue de la Liberté à New York. Cette statue de la Liberté fut un cadeau des francs-maçons français aux franc-maçons étasuniens.

 

Symbolique de Mithra.


 

La symbolique indo-européenne dans la symbolique chrétienne.

Cette liste n'est pas exhaustive.

 

Les sauroctones.

 

Sauroctone, vient de « Saure » lézard (dinosaure). Les Sauroctones sont des dieux ou saints qui ont tué un dragon ou un monstre dans différentes mythologies.

Le lieu ou le saurien était tué se trouvait souvent à proximité d’un point d’eau ou près d’une ville Le dieu ou le saint combattait les menaces naturelles ou surnaturelles mettant en danger la population ou la religion.

 

Saint Georges tuant le dragon

 

Apollon tua le Python qui hantait Delphe, ce qui donna le nom de pythies à ses prêtresses; Persée délivra Andromède, fille de Cassiopée, d’un monstre marin et Héraclès délivra de la même manière Hésione, sœur de Priam, roi de Troie, avant de tuer l’Hydre de Lerne.

Krishna vainquit le roi des serpents célestes Kaliya,

 

Krishna tue Kalya.

 

Le roi gallois Ludd aidé de son frère Lefelys enferma les dragons rouges et blancs dans un puits, Siegfried tua Fáfnir, gardien du trésor, et mangea son cœur.

Reprenant les anciennes traditions païennes, le chevalier partira en quête, et le héros christianisé deviendra le saint ou la sainte imposant sa volonté aux sauriens. La symbolique primitive restera présente.

Pour la chrétienté, Saint Georges et Saint-Michel tuèrent chacun un dragon pour les hommes, Sainte Marguerite ou Sainte Marthe pour les femmes.

Le serpent ainsi que le dragon devinrent l’allégorie du paganisme ou la représentation du mal que la vraie religion allait vaincre. Mais il représente également le symbole du duel entre le bien et le mal, de la lumière du dieu solaire contre les ténèbres du chaos.

Le dragon, mot issu de l’indo-européen « dak », briller, qui donna le grec ancien « drakôn », du verbe « derkomai », regarder, fixer d’un regard perçant, voir clair, qui lui-même donna le latin « draco »,  sera aussi la représentation des forces telluriques qui s'expriment dans un lieu comme une rivière, une caverne ou une montagne.

Le serpent possède un double mythe, celui-ci peut se rapprocher de celui du « saure » ou dragon et être diabolique, mais il peut être également source de vie, car il serpente comme une rivière, il peut également signifier la guérison comme le caducée du dieu grec Hermés.

 

Les céphalophores

 

Avant le christianisme nous pouvons évoquer Orphée, dont la tête, emportée par le courant du fleuve, continuait de clamer le nom d'Eurydice. Mais surtout l'importance accordée par les Gaulois à la tête : les têtes coupées des vaincus, qui étaient rituellement exposées. Mais aussi des "dieux-têtes", des figures divines dont la représentation ne comprend que cette partie du corps.

Une légende qui se développe dans la chrétienté et qui appartient à de très nombreux Saints en dehors de Saint Denis selon des schémas assez souvent récurrents : le saint, par exemple, a tendance à traverser une rivière, à passer de l'autre côté de l'eau, avant de gravir une côte, à gagner un lieu élevé ou qu'il n'en vienne, et de parvenir au lieu qui lui accordera enfin le repos. Ils y lavent volontiers leur tête dans une fontaine, et la posent sur une pierre qui reste marquée de son sang. Là un personnage féminin se charge éventuellement des derniers soins à lui donner.

Le lieu, la pierre et la fontaine s'en trouvent sacralisés et deviennent supports de dévotions.

Il y a là une volonté d'offrande de son sacrifice à un lieu qui deviendra sacré, une fondation.


La légende du pélican.

 

Les légendes du pélican se répandirent dans le monde grec puis romain. Voyant des morceaux sanguinolents de poisson régurgités, les hommes pensèrent que le pélican perçait sa propre chair pour nourrir ses petits. Il devint le modèle de l’amour parental.

Chez les chrétiens le pélican deviendra le symbole du sacrifice


La pomme fruit défendu

 

Chez les Grecs anciens, il y a la pomme d’Or au jardin des Hespéride; Héraclès en vola trois sur l’arbre de Vie, peut-être l’une de celle que lança Eris, déesse de la discorde, au milieu des noces de Thétis et Pélée, qui devait aller à la plus belle des déesses. La pomme était déjà le symbole de discorde avant le mythe d'Adam et Eve.

Chez les dieux nordiques, la déesse Idunn gardait les pommes d'or qui conservaient l’immortalité et la jeunesse éternelle des Ases qui venaient d'hyperborée. Chez les anciens Celtes, Tir Na Nog, l’autre-monde, est représenté comme une île au-delà de la mer, que l’on trouve en partant vers le nord/ouest, là où le soleil meurt, encore une évocation de l’hyperborée. Elle est plantée de pommiers aux fruits d’or. La racine celte ablu, la pomme et abalnos, le pommier, ont donné le gaulois abalo, l’irlandais aball, le gallois afal, le breton aval, l'allemand apfel et l'anglais apple.

 

L'arbre

 

Ce fruit défendu provient d’un arbre. L’arbre, à la tête du règne végétal, possède une symbolique des plus riches. Arbre cosmique, axe du monde, comme Yggdrasil dans la mythologie nordique, il relie entre elles les trois parties de l’univers, le monde souterrain par ses racines, la surface de la terre par son tronc et le ciel par sa ramure. C’est par lui, échelle cosmique, que l’homme va s’élever, chemin ascensionnel de la matière vers l’esprit, de la pénombre à la lumière.

Le culte des arbres sacrés était important chez les Celtes et les Germains; il perdura très longtemps après l'introduction du christianisme, mais il fut interdit par l’Église. Ces arbres sacrés sont également connus sous le nom d'arbres aux fées ou à fées, surtout en Irlande. Jeanne la Pucelle au cours de son procès fut accusée de se rendre à l'arbre aux fées avec d'autres jeunes filles.

Ce mythe de l'arbre sacré, siège d'une fée, se perpétua en France sous un culte de la Sainte Vierge et put être accepté, mais de mauvais gré, par l'Eglise; ils sont très nombreux dans nos campagnes.

 

Arbre consacré au culte de la Vierge Marie.

 

L'eau qui coule, la source.

 

Symbolise la pureté et de renouvellement. La source n'est pas faite de main d'homme mais jaillit des entrailles de la terre, ce qui fait d'elle un don, grâce de Dieu ou cadeau d'une divinité chthonienne selon le lieu et les époques. Cadeau d'autant plus précieux qu'il est source de toute vie. La source est donc sacrée, et Pline l'Ancien demandant que l'on entoure les sources de ses domaines du plus profond respect, précise à ce propos, nulla fons sine sacrum. Mithra fait jaillir une source d'un rocher en le frappant d'une flèche, il y a là un rapport entre la source d'eau et la source de sang symbole d'abondance.

Ce culte des sources est à l'origine des nymphées romains, temples bâtis sur le site où l'eau des sources passe du registre chthonien au registre utilitaire. Ces eaux sont dotées de toutes sortes de vertus et si le site d'une colonie se situe à proximité d'une source comme à Nîmes, le nymphée s'ouvre sur un terme. Pour les Celtes, leurs plus belles sources, entre autres celle de la Seine, étaient à la fois objet de culte et centre d'hydrothérapie. Quelques sources gardent le souvenir de ces anciennes croyances comme cette Fontaine de Jouvence qui se trouve dans la Forêt de Paimpont, autrefois hantée par l'enchanteur Merlin.

Cette tradition de la source sacrée s'est perpétuée et les sources des dieux et des fées sont devenues les sources des Saintes et Saints, que l'on retrouve en tous lieu. Elles gardent les mêmes vertus curatrices que par le passé, qu'il s'agisse de Saint Nicodème qui guérit les femmes stériles et les hommes impuissants à Baud, de Saint Egarec, qui guérit la surdité à Kerlouan, ou tout simplement de Notre-Dame qui guérit tout et même le reste à Rumengol.

A fortiori, les sources d'où jaillissent des eaux thermales ou minérales ont-elles été tenues pour sacrées : le dieu Borvos est à l'origine des eaux de Bourbon

A contrario, l'eau stagnante des marais est le siège des forces du mal .

 

Le labyrinthe

 

Toutes les grandes cathédrales médiévales possédaient un labyrinthe, que l'on peut voir encore à Chartres et à Amiens

Le labyrinthe est un archétype de la Connaissance. Son itinéraire se situe entre les Cornes du Monstre que l'initié doit affronter. Son parcours est un chemin d'épreuves correspondant à l'imagerie symbolique d'un pont à traverser.

Ce pont archétypal est dénommé, dans la tradition mazdéenne (zoroastrisme), Pont de Cinvat. Le passage d'un univers à l'autre s'effectue au prix de cette traversée qui s'accomplit selon des stratégies précises, où rien n'est laissé au hasard. Les directives devant mener à la sortie du labyrinthe sont consignées dans les rites et traditions. Le labyrinthe est également symbole de voyage. Union entre la spirale et la tresse, il représente un voyage différent selon le but recherché : le traverser ou atteindre son centre. Celui qui a réussi devient un initié ; il entre dans une nouvelle vie (d'où l'importance des rites initiatiques depuis les hommes préhistoriques). Le face à face avec la mort permet à l'individu sa résurrection.

 

Labyrinthe de la cathédrale de Chartres.

 

Le culte des Saints.

 

Le culte des Saints remplaça avantageusement la multiplicité polythéiste précédente des dieux locaux ou spécialisés dans une fonction précise. A partir du 13ème siècle quand le catholisisme put s'implanter dans chaque village et put y bâtir une église, beaucoup de ces villages prirent le nom d'un saint présumé fondateur. Dans les villes ce sont les corporations qui s'attribuèrent chacune un Saint Patron. Exemple Saint Eloi patron des orfèvres, Saint Joseph patron des menuisiers, Saint Maure patron des chaudronniers etc. Chaque date du martyre présumé de ce saint patron était l'occasion de fêtes de processions et de chômage, comme dans la Rome antique quand ou tel ou tel dieu était fêté. Quand les protestants réformistes prirent le pouvoir quelque part au 16ème siècle, ils supprimèrent ces fêtes jugées non chrétiennes, ce qui le les rendit pas populaires.

(D'après http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/5__les_symboles/index.html)


 

Logos symboliques chrétiens du dieux trinitaire, tri-fonctionnel et solaires.

 

Dans les églises chrétiennes, Dieu est souvent représenté par un triangle qui symbolise la trinité avec en son centre un œil qui montre l'unicité trinitaire. Dans certaines églises ce triangle figure sur un soleil rayonnant rappelant Mithra, Jésus et le Sol Invinctus .

 

Symbole chrétien de Dieu.

 

De très nombreux symboles solaires existent dans les cathédrales surtout médiévales dont les plus représentatifs sont les rosaces des transepts. On appelle d'ailleurs cette apogée de l'art architectural français du 13ème siècle le « gothique » rayonnant.
A Saint Denis la rosace du transept nord est remarquable par ses couleurs violacées évoquant le soleil levant.

On peut y voir également de nombreux symboles du soleil tournant dans les vitraux. Le soleil tournant qui donna les triscèles et quadriscèles celtiques ainsi que la svastika védique est symbolique de la course du soleil d'est en ouest assimilé à quelque chose qui tourne comme une roue.

 

Rosace de la porte nord de la basilique Saint Denis aux couleurs violacées de l'aube.
Symbole du soleil caché .

 

La croix sous différentes formes symbolise le soleil depuis des millénaires avant le christianisme.

Le coq servant de girouette sur les clochers des églises était l'animal totémique des celtes avec le sanglier. Le coq symbolise le soleil levant par son chant.
Le coq symbolise toujours la France.


 

Conclusion

 

Voilà très rapidement brossé la description de notre fondement civilisationnel, qui nous vient de la nuit des temps et qui ne peut que perdurer car il a construit nos concepts qui nous servent à envisager le réel, à penser et à transmettre nos méthodes aux générations futures qui elles, seront en mesure de les améliorer. Ce fondement ne peut être qu'extraordinairement pérenne car il ne peut en être autrement.

Le futur de la parole éclairante ne peut plus s'exprimer dans des grottes, temples, églises ou cryptes, l'avenir est dans l'agora sans bornes que représente le rayonnement de l'internet. Dans ce monumental creuset, la parole et la pensée qui en émane est en train de s'amplifier de manière exponentielle.
Ceci ne signifie nullement que nous devrions tous être identiques à terme. Les nations ayant non seulement établi des états ou leurs lois particulières règlent la vie des hommes, mais ont gagné le statut de nations charnelles par leur histoire et leurs morts, sanctifiés par un sacrifice qu'ils nous ont offert. Ces nations historiques et charnelles bâties autour de leurs saintes sépultures doivent rester le point d'ancrage des pensées particulières.

 

Nos morts nous ont offert leur sacrifice.

 

Sans ces particularismes, les expériences des groupes humains constitués différemment ne pourraient être multiples. Sans ce particularisme  l'humanité cesserait de produire des branches nouvelles ne pouvant surgir que de particularismes de branches déjà multiples.

Alors, l'humanité serait comme un tas de sable amorphe, une humanité ou toutes singularités auraient été fondues dans un mondialisme apatride fondé par quelque élites avides d'argent complotant dans le secret de quelques loges, elle deviendrait un arbre mort.

 

La parole est bien lumière gardons nous bien de l'éteindre.


 


 

 


 

Partager cet article

Repost0
7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 16:11

Lourd bilan.

 

En ce début d'année, il est d 'usage d'établir un bilan sur notre existence et de peut être envisager quelques améliorations. Bien entendu le bilan ci-après n'est que politique.
 

Notre nation, comme toutes celles qui appartiennent au bloc dit occidental, en fait sous domination des USA se trouve sous la coupe d'une mafia de criminels, je ne dirais pas gouvernée car les criminels ne gouvernent pas ce ne sont que des prédateurs.

 

 

Quelle est cette mafia ? Récemment depuis les travaux de Peter Dale Scott et de Thierry Meyssan. nous appelons cette oligarchie criminelle « état profond ».
Bien entendu ce concept d'état profond n'est pas une nouveauté, tous les états possèdent des services secrets opaques, dirigés par des militaires de haut rang autour desquels gravitent des gens de pouvoir économique et politique cependant, jusque là ces états profonds régulés par ces chefs militaires détenteurs d'un pouvoir coercitif se contentaient de petites affaires et ne s'intéressaient que fort au pouvoir politique.

Mais depuis le 11 septembre 2001 l'état profond étasunien et son gouvernement clandestin dit de continuité a décidé de prendre pleinement le pouvoir politique et de l'étendre sur les nations qu'il jugeait être dans son près carré . Mais aussi avec une volonté d'étendre ce pouvoir à l'ensemble de la planète.

Depuis l'élection de Donald Trump et sa volonté affichée de redonner le pouvoir au peuple des USA, ne doutant de rien, les réactions de l'état profond US ont permis de mettre en évidence quelques acteurs et de dresser une carte un peu plus précise de cette mafia, carte qu'un certain nombre de spécialistes avaient déjà contribué à dévoiler depuis cette date fatidique du 11 septembre 2001.

La première surprise depuis ces « attentats » dont la simple constatation technique montrait que leur version officielle était pour le moins rigolote fut de constater dans l'effarement que la totalité des médias et des politiciens dits occidentaux validaient ce coup contre toutes vraisemblances.

Nous pouvons donc classer comme appartenant à cette mafia l'ensemble des médias et des politiciens non seulement français mais de l'ensemble du bloc sous contrôle impérialiste ce qui fait la quasi totalité du monde.

Ceci est déjà extrêmement grave car nous ne pouvons nullement et naturellement accorder notre confiance même infime à ces gens. Médias et politiciens ont menti ils mentirons encore.

L'élection contre toute attente, de Dolald Trump aux USA nous a informé un peu plus sur l'étendu de la zone d'influence de l'état profond US par la nature des vociférateurs dont beaucoup appelaient au meurtre, rien que ça. C'est au sein de ce que l'on appelle la gauche, que je désigne plutôt sous le terme de néo gauche que l'on a pu compter les plus chauds partisans de la concurrente de Trump qui ne cachait pas sa volonté d'étendre la guerre impérialiste étasunienne sur l'ensemble du monde.

 

L'égérie de la néo gauche

 

Nous constatons également que l'idéologie s'appelant de gauche a été embarquée par cet état profond afin de promouvoir sa volonté de démanteler les états nations et leurs lois diverses, jugées obstacles à leur pouvoir global.

Quel est le but de cette oligarchie ? Étendre son pouvoir à l'ensemble du monde.
La concomitance au sein de cette organisation occulte de pouvoirs militaires et financiers indique la voie suivie, le pouvoir financier, se servant du pouvoir militaire en le rétribuant grassement.

Comme usuellement dans le système capitaliste, le but est toujours d'accumuler du capital, mais il ne s'agit plus de le faire par l'industrie mais par l'exploitation directe des peuples en leur imposant une dette bidon certes, mais qui génère des intérêts permanents sources de cette accumulation.

http://www.alain-benajam.com/article-l-arnaque-de-la-dette-et-l-escroquerie-politicienne-105610573.html

Cette dette inique est imposée par les politiciens sous contrôle, « élus » à la tête des états avec l'aide propagandiste des médias qui sont sous le même contrôle, ce que nous avons avons constaté après le 11 septembre 2001. Nous voyons avec l'imposition de la dette quelle en est la raison.
Si il se trouvait quelques réfractaires à l'idée de « s'endetter » pour payer des intérêts, le système militaire serait là pour rappeler les rebelles à l'obéissance comme nous l'avons vu en Libye et en Syrie.

Quels sont les moyens pour parvenir à la destructions des états nations et des légalités qui en sont constitutives, afin de rendre plus aisé le pouvoir impérialiste sur les peuples ?

 

La destruction des frontières et des nations, objectif primordial du grand capital

 

D'abord des moyens politiques, en favorisant les idées de gauche hostiles aux états nations et aux frontières. Ainsi des gages politiques ont été offerts à cette néo gauche pro impérialiste par édictions de lois déstructurantes socialement et traditionnellement plaisantes pour elle. Ces lois dites de mœurs ont surtout l'avantage de ne pas toucher aux privilèges du grand capital, comme le mariage entre homosexuels ou les gesticulations sur le genre. Bien entendu l'ouverture des frontières, l'accueil de flots d'immigrés auquel cette néo gauche applaudit est non seulement sans danger pour le grand capital mais présente tout une série d'avantages, comme faire pression sur les salaires par l'importation d'une main d’œuvre à bas coût. Un autre effet bénéfique pour le capitalest déstabilisation politique, culturelle et sociale des peuples ainsi envahis qui n'ont plus le choix qu'entre accepter leur dissolution ou réagir violemment par la guerre civile. Dans ces deux cas, l'oligarchie impérialiste est gagnante.

 

Ils disent tous la même chose à la virgule près comme c'est curieux !

Maintenant intéressons nous aux moyens de pression que font peser cet état profond sur les politiciens et les journalistes « occidentaux » afin de les instrumenter.

 

 

Ce qui est remarquable, c'est l'absolu unanimité des journalistes et politiciens sur tous les sujets et leur égale réaction à l'encontre de leurs contradicteurs.
En effet, il est hautement improbable que tous aient le même point de vu sur l'actualité et qu'aucun ne se pose la moindre question sur la crédibilités des différentes versions officielles abracadabrantesques concernant la faisabilité par exemple des différents attentats ayant ensanglanté le monde depuis le 11 septembre 2001.

Alors que beaucoups sur les réseaux sociaux remarquent tel ou tel point discutable, ceux qui doutent et ne font que poser des questions subissent derechef des bordées d'injures, sont taxés d'antisémitisme, de vouloir remettre les juifs dans les chambres à gaz, ce qui n'a jamais de rapport avec les faits incriminés. Puis il y a le classement dans la catégorie complotiste du poseur de question permettant aux gens théoriquement chargés d’informer et d'investiguer de ne pas répondre.

Cette unanimité sans faille, improbable, indique forcément qu'il existe un réseau de communication et de pression sur les médias et sur les politiciens.


Il n'existe pas beaucoup de types de moyens de pression permettant d'obliger quelqu'un à accomplir ce qu'il ne souhaite pas.

Il y a l'argent que l'état profond possède à profusion, et il y a le chantage. Pour que le chantage fonctionne il faut que les cibles aient accomplis des actes de délinquance ; sexuels ou financières. Mais tout le monde n'a pas naturellement un penchant pour la délinquance.

Il ne peut y avoir qu'incitation et permissivité afin de pouvoir tenir ceux chargés d'intoxiquer les peuples.

 

Désobéissance, punition.

Par exemple Dominique Strauss Kahn pouvait violer qui il voulait avant qu'il ne découvre aux USA ce qu'il ne fallait pas et ne s’apprête à dévoiler le pot au roses. Dans le même ordre d'idée nous commençons à connaître l'étendu des réseaux pédophiles et sataniques et les liens de la famille Clinton avec ces réseaux. On peut légitimement penser qu'un membre quelconque de l'oligarchie politico-médiatique serait durement sanctionné s'il ne suivait pas la feuille de route qui lui a été fournis, sanctionné comment ? Simplement en dévoilant ses pratiques délictueuses usuellement impunies et même encouragées.

Dans ce monde, les assassinats politiques sont pratique courantes en France nombre d'entre eux furent rapidement classés en suicide par des juges complices, Boulin, Beregovoy figurent parmi les plus connus, mais ici on est loin d'atteindre la performance de la famille Clinton entourée de cadavres.

 

Crimes d'état

 

Nous pouvons, pour finir établir un géographie de cet état profond tel que nous le connaissons notamment par le livre de Thierry Meyssan « Sous nos yeux »

Le noyau dur est le gouvernement de continuité des USA fondé soit disant pour continuer la direction du pays en cas de guerre mondiale, gouvernement non élu et clandestin certainement constitué de militaires. Nous savons qu'à ses côtés trône l'oligarchie financière mondialiste qui fabrique les dettes, nous en connaissons deux noms fameux, la famille Rothschild qui possède la quasi totalité des banques centrales du monde et Georges Soros qui ne ménage pas sa peine pour faire publiquement avancer la cause du mondialisme en instrumentant tout ce qui est de « gauche ».
Trois autres états profonds participent à cette néfaste oligarchie. L'Arabie Saoudite chargée de l'armée islamiste, Israël, et l'Angleterre plutôt que la Grande Bretagne, nous parlerons plutôt de la City de Londres et de la famille royale anglaise. Les Frères Musulmans y sont présents pour s'occuper de l'armée de chaire à canon. Autour de ce premier cercle se forme un deuxième constitué des premières marionnettes, avec les états profonds français et allemands dont les services de renseignement et de sécurité sont à disposition, services particulièrement experts dans l'art de l'attentat terroriste sous faux drapeau.

 

Voilà ce qui mène le monde à ce jour et qui fomente guerres et massacres de masses, ce n'est pas engageant.

 

Comment arriverons nous, les peuples soumis, à nous débarrasser de cette engeance criminelle.
Tout simplement en ne cessant de les dénoncer grâce aux réseaux sociaux qui viennent de mettre un sacré grain de sable dans leur belle mécanique.

Bien évidemment la réplique ne tarde pas, ce sera la censure à tous les niveaux. Facile à dire plus difficile à faire sans déroger à ce qu'ils nous proclament en permanence : « Nous sommes les défenseurs de la liberté d'expression ». Tout le monde verra bien que c'est faux , et la fin de leur crédibilité ne pourra que sonner pour eux le glas de la défaite.

 

C'est la censure qui les perdra comme elle a perdu l'empire soviétique

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 15:58

La méthode,  lien manquant entre enthalpie et néguentropie au sein du chaos humain.

 

A la mémoire d'Yves Lecerf mon professeur d'ethnométhodologie à Paris 8 .

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Lecerf

 

 

Harold Garfinkel fondateur de l'ethnométhodologie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Harold_Garfinkel

 

Je vais ici tenter de démontrer que la science expérimentale qui est La Science peut devenir un obstacle dans la compréhension du monde et que seule la logique, ou la philosophie peut permettre des avancées dans cette compréhension. C'est l'histoire de la méthode qui à mes yeux représente le lien entre l'enthalpie et la néguentropie deux phénomènes qui ne possèdent pas (encore) de formules mathématiques les reliant.

J'ai écrit dans une série d'articles dont le sujet était l'organisation spécifique de l'humanité, ce qui lui était ontologique, où j'affirmais alors que c'était la possession d'outils et leur usage qui devenait de véritables prolongements de l'être biologique. Évidemment, seuls, nus et sans aucun outil à notre disposition, vous et moi n'aurions que peu de temps à vivre.

http://www.alain-benajam.com/2015/07/cogito-ergo-sum.html

http://www.alain-benajam.com/article-l-etre-le-neant-et-la-methode-119391136.html

Depuis que les archéologues découvrirent les premiers hominidés, comme l'homo habilis, ils mirent à jour, à côté des squelettes, les outils dont se servaient ces premiers hommes. Pour l'homo habilis de simples silex cassés dont il utilisait le tranchant pour découper de la viande.

Puis, avec le temps se rapprochant de nous, les archéologues constatèrent que les outils utilisés devenaient de plus en plus complexes à confectionner et que dans le même temps l'homo habilis, seulement habile, devenait homo sapiens pensant et pourvu d'une cavité cérébrale agrandie. Il est simple de conclure que l'usage d'outils, mais surtout leur fabrication auraient entraîné chez l'homme des capacités intellectuelles accrues. Pour les paléontologues, la découverte de restes humains va toujours de paire avec les artefacts qui les environnent.

L'artefact est le propre de l'homme.

A cette observation, on peut se poser la question du rapport entre l'homme, ses artefacts, leur utilisation à fin d'efficacité, et surtout de leur élaboration.

Pourtant, on constate que certains animaux utilisent des outils, comme les singes ou les oiseaux corvidés, qu'ils sont capables de grande intelligence pour résoudre des problèmes complexes comme les pieuvres mais que leurs méthodes n'évoluent pas de générations en générations.

On peut alors, par comparaison de ce qui distingue l'homme parfois stupide d'un animal parfois plus intelligent, tirer la conclusion de ce qui est spécifique à l'être humain.

Ce n'est pas tant l'outil qu'il utilise ou les artefacts fabriqués mais la complexité en accroissement de génération en générations de ces outils et artefacts qui sont précisément la caractéristique même de l'humanité.

Ainsi l'homme est capable de transmettre des savoir faire de générations en générations alors que que l'animal intelligent ne les transmet seulement qu'à sa propre génération..

Ces savoir faire transmissibles et cumulables sont également appelés méthodes.

Mais cet article n'est pas destiné  seulement à disserter sur la méthode, j'en ai déjà longuement parlé, mais je veux évoquer le potentiel et  rapprocher la physique pure, en l’occurrence la thermodynamique de ce qu'on peut appeler les sciences sociales ou mieux la philosophie.

Je cherche depuis longtemps à mettre en avant la philosophie comme instrument scientifique de savoir, pourquoi.

Je pose une question dont je subodore seulement la réponse: comment la méthode va se trouver au cœur de la complexification c'est à dire de la néguentropie mais également devenir similaire au potentiel, c 'est à dire de l'enthalpie, comment puis je y répondre sans le moyen de la science classique ?


Mon propos ici est de montrer que la complexification (néguentropie) chez l'homme va de paire avec l'accroissement de son potentiel, (enthalpie)


La science est par essence limitée en tant que moyen pour appréhender le monde, car le propre de la science est d'être expérimentale et pour pouvoir expérimenter, il y a obligation de parcelliser le problème à résoudre. Cette parcellisation fut l'idée de Pierre Abélard au 12ème siècle et bien sure de Descartes décrit dans le Discours de la Méthode, mais la parcellisation empêche de répondre à des interrogations globales et complexes et pour y parvenir il faut un autre outil de compréhension que l'on peut appeler philosophie. La Science a rendu bien des services à l'homme mais a surtout servi la technologie et sans cette technologie, il me serait impossible de diffuser cet article. Science et philosophie allant de paire, était également l'idée de Descartes car il a partagé son maître ouvrage Le Discours de la Méthode en deux parties. Une réflexion philosophique sur la Méthode suivi d'un traité d'optique.

 

 

 

Je pose aujourd'hui un problème à la fois scientifique et philosophique, celui du potentiel.

 

Le potentiel s'exprime en thermodynamique par le terme enthalpie. L'enthalpie est une accumulation d'énergie non dissipée, une énergie accumulée qui ne travaille pas encore et qui attend un signal événement pour travailler, se dissiper et entrer ainsi en entropie. Mais l'entropie n'est pas seulement une perte d'énergie comme une tasse de thé qui se refroidit par exemple, c'est également une perte de complexification, une perte de néguentropie pour parler thermodynamique.

Si on voit aisément que l'entropie est l'opposé, à la fois de la néguentropie; un château qui s'écroule, un homme qui meurt donc une perte de complexité, mais également l'inverse de l'enthalpie, un barrage qui se vide, une tasse de thé qui se refroidit.

L'entropie est donc opposée à deux notions différentes de la thermodynamique nous verrons plus loin comment..

 

Pour parler complexification il faut se tourner vers l'homme dont c'est la spécialité.

 

Si nous étudions les artefacts humains depuis le premier hominidé, nous constatons leurs complexification à première vue, mais sans pouvoir quantifier cette complexification et transformer ce paramètre en valeur mathématique.
Un char de l'antiquité semble moins complexe que mon automobile. Il serait intéressant de quantifier l'ensemble et ainsi de pouvoir mesurer la complexification entre le char antique et mon automobile.

Harold Garfinkel, le fondateur de la discipline qu'il a appelé l'ethnométhodologie a démontré qu'une galaxie était identique à la méthode pour la découvrir. Par exemple la galaxie d'Andromède est définie par ses coordonnées spatiales M30 MGC 224. Mais ce n'est pas tout, pour la "voir" il faut disposer d'un télescope d'une puissance donnée et il faut que ce télescope soit placé à un endroit sans pollution lumineuse et atmosphérique, c'est à dire en altitude.
Pour voir Andromède il y a donc une méthode, une procédure bien particulière on peut dire en langage philosophique, pour l'objectiver. Bien entendu Andromède existe depuis des milliards d'années terrestres mais ce n'est que récemment que l'homme prit connaissance de son existence.

Harold Garfinkel fondateur de l'ethnométhodologie montre que l'artefact objectivé est égale à la méthode pour y parvenir.

 

(La description en ethnométhodologie, paire de Lebenswelt http://vadeker.net/corpus/pfem/2-6_description_ethnomethodologie.html)

(Un concept qui ressort du travail de Garfinkel sur les sciences est celui de la "paire lebenswelt" ou la paire consistant à la fois en concepts et en "stratégies" scientifiques. Garfinkel explique le concept de la paire lebenswelt dans la manière suivante (Sociétés, n° 5, p. 37) :

Le programme de théorèmes et preuves formulé par Gödel doit être lu comme des instructions et réglé de manière hiérarchique. Entre les mains du praticien, in situ, les instructions deviennent une description du travail effectué pour le mettre en oeuvre. Dans un lieu de travail donné, le programme de théorèmes et preuves, parmi les détails, inévitablement et irrémédiablement applicables à ce lieu et en tant que tels, de la poursuite du programme, devient précisément une description du travail qui représente sa mise en ceuvre. Pour vous donner une caractérisation descriptive et métaphorique, le programme est "attaché" à la tâche de sa mise en oeuvre, sans remède ni alternative, c'est-à-dire "inexorablement".

Une paire de segments constitutifs spécifient le théorème de Gödel en tant que travail vécu de sa démonstration. La paire consiste en un premier segment qui englobe le programme de théorèmes et en les exposés de leurs preuves. Les "Eléments d'Euclide" sont un compendium des premiers segments. De même, dans l'état actuel des choses, les traités de mathématiques se présentent comme des catalogues de premiers segments.)

 

Dans ce cas précis la méthode est rapportable aisément, il s'agit d'une description de ce qu'il faut accomplir pour parvenir à cette objectivation, sans oublier bien entendu la description des outils et moyens dont il faut disposer.
Nous voyons que cette méthode peut être quantifiée par le nombre de bits nécessaires pour la rapporter Il faut 8 bits pour la norme ISO 8859 pour coder un caractère, il suffira de compter le nombre de caractères décrivant l'ensemble de la méthode, instruments compris et nous auront évalué la complexité permettant la découverte d'Andromède.

Concernant les artefacts produits par l'homme il en est de même. L’Artefact est égale à la méthode pour le produire et cette méthode est bien évidemment quantifiable avec le nombre de bits qu'il est nécessaire pour la rapporter.

Nous voyons qu'il serait possible de mesurer précisément le degrés de complexification d'un objet. L'homme social étant entouré d'objets de sa propre conception et fabrication, il est également possible de rassembler tous les objets existants qu'il produit.à l'instant T et de mesurer les méthodes qui ont servi à leur production à l'aide de la quantification du nombre de bits nécessaires pour les fabriquer, ou les décrire ce qui est identique.
On pourrait comparer cette quantification actuelle avec une quantification passée de cet instant T même proche et constater la différence entre les deux pour s’apercevoir que la société humaine, de par ses objets produits se complexifie.

Maintenant observons la similitude entre potentiel et complexification par l'intermédiaire de la méthode.

Une méthode est l'ensemble consigné des taches à accomplir permettant la réalisation d'un objet (artefact).

La méthode, cet ensemble consigné et rapporté représente une capacité, un potentiel. Quand on reçoit un meuble IKEA démonté, il ne pourra se transformer en meuble, avec toutes ses fonctions de meuble qu'après avoir suivi scrupuleusement la méthode consignée accompagnant le carton..

Dans le carton il y a des planches qui intrinsèquement ne servent à rien, mais il est contenu dans ce carton la potentialité d'un meuble si une méthode précise est appliquée.

Il en va de même pour tous objets fabriqués par l'homme avant qu'il n'existent il y a toujours une méthode pour les faire émerger en tant qu'objets utiles.

Les méthodes ne sont pas des objets , mais des potentiels d'objets. Une méthode est de l'enthalpie pure permettant d'induire de la néguentropie, l'objet existant.

 

Méthodes ,  information,  thermodynamique et philosophie.

 

Claude Shannon

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Shannon

Une méthode n'est objectivée que par sa transmission et bien entendu sa réception en tant que méthode. (la transmission implique la réception). Shannon nous dit dans son ouvrage : "La théorie de l'information":

"La valeur d'une information étant dans son improbabilité, il est effectivement strictement équivalent de parler d'entropie ou de quantité d'information. Sauf que l'information, c'est le contraire de l'entropie comme improbabilité, c'est même ce qui permet de s'opposer à l'entropie pour une finalité subjective, un système cognitif, un organisme biologique".

Il y a t-il une différence entre information et méthode puisque Shannon nous dit qu'une information pour être objectivée doit aboutir à une action? L'action en question étant une consigne donc assimilable une méthode mise en œuvre.

En thermodynamique, l'enthalpie et l'entropie quantifient de l'énergie, accumulée pour l'une ou dissipée pour l'autre  tandis que la néguentropie mesure la complexification issue de la part d'enthalpie (énergie potentielle) initiale non dissipée par l'entropie et qui subsiste dans ce que l'on appelle en thermodynamique de l'enthalpie libre pouvant entraîner une néguentropie ou complexification ou ordonnancement.

(Le processus de complexification se forme dans des systèmes dits hors de l'équilibre utilisant de l'énergie information libre en consigne ou méthode en retour (cybernétique) pour maintenir le système en équilibre (toujours instable) tout en le complexifiant par bifurcations successives.)
(Voir Ilya Prigogine).

Nous pouvons écrire la suite suivante

Méthode ou potentiel ou enthalpie.  Si ordre >  transmission > réception > dissipation > entropie  > séparation entre enthalpie dissipée et enthalpie libre utilisée > objet réalisé ou information donnant lieu à une action ou rétroaction > objectivation > néguentropie ou ordonnancement.

Tous ces éléments sont liés et indissociables pour posséder une existence c'est à dire une mise en connaissance que l'on appelle objectivation.

Dans cette suite se voulant logique je n'utilise pas le signe mathématique égale car rien dans ce processus ne peut actuellement être mis en équation j'utilise plutôt le signe > qui marque une tendance, c'est ici qu'intervient une pensée non classiquement scientifique impliquant une démonstration expérimentale mais néanmoins une explication plausible dans le contexte actuel se rapprochant de la pensée philosophique.

En terme scientifique la néguentropie (complexification) et l'enthalpie, (potentiel d'énergie) ne possèdent pas de liens mathématiques, alors qu'en terme philosophique, la méthode est bien un potentiel donc d'ordre enthalpique et bien également une néguentropie car génératrice d'ordonnancement ou complexification dans la fabrication d'artéfacts.

Une méthode non transmise et ne subissant pas ce cycle perd son caractère de méthode.

En d'autres termes si j'invente dans ma cave une méthode pour transformer le plomb en or et si je ne la transmets à personne, même si je clame avoir réussi ce prodige, personne ne me croira et cette "méthode" sera perdue. Tout comme une suite de signaux ne rencontrant aucun récepteur lui donnant une signification qui pourrait induire une action, perd son caractère d'information (selon Shannon).

La méthode possède forcément un caractère social, acceptée et utilisée.
Harold Garfinkel parle d'ethnométhodes car il démontre que chacune d'elle est issue d'un groupe qui l'accepte et la valide socialement, groupe qu'il appelle "village". Village qui n'est pas forcément un lieu mais peut être un groupe de spécialistes, comme des mathématiciens, des physiciens, des menuisiers ou des boulanger, etc. Chaque "village" possédant son langage propre, ses codes de reconnaissance ou chaque membre est surtout pourvu d'un certain nombre de méthodes implicites, c'est à dire ce qu'ils ont appris spécifiquement (mathématique, boulangerie etc.), qui n'est pas consigné et qui font qu'ils sont reconnus par les autres membres du dit "village" comme lui appartenant. .

L'ethnométhodologie sépare méthodes explicites, consignées, des méthodes implicites apprises par l'intermédiaire d'un processus d’apprentissage, mais ces dernières pourraient être consignées, ce qui est l'objet des études ethnométhodologiques.

Par contre un potentiel peut exister en dehors de notre connaissance (comme on ne connaissait pas l'existence de la galaxie Andromède avant sa mise en évidence), en effet toute action par essence visible car étant un phénomène, est forcément précédée par un potentiel. L'action (dissipation, entropie) objective le potentiel (enthalpie) qui le précède. Comme tout artéfact est précédé par une méthode. Si une méthode est un potentiel, tout potentiel n'est donc pas forcément. méthode car le terme de méthode est spécifique à une conscience.

Les méthodes, dont la fonction est d'êtres transmises par tous moyens ont également la particularité de pouvoir être modifiées , améliorées, complexifiées. La méthode est bien à la fois une enthalpie (potentiel) et une néguentropie car engendrant une complexification en accroissement.

Il y a d'autre remarques à faire sur méthodes, complexification et potentiel.

Les moyens de transmission des méthodes, qui sont des méthodes ont permis un saut qualitatif dans importance de la méthode pour l'humanité. La méthode ne se transmet plus seulement d'un émetteur à un récepteurs, mais peut se transmettre d'un émetteur à une multiplicité de récepteurs ou chacun possède le loisir de la modifier, de l'améliorer et de la retransmettre au sein d'un réseau, ce qui en décuple son efficacité .. Bien plus encore, les méthodes peuvent se transmettre à des robots, chacun d'entre eux possède la capacités de les acquérir instantanément. Les robots peuvent également, par apprentissage et intelligence artificielle élaborer des méthodes et les transmettre instantanément à d'autres robots tout aussi instantanément  et ce à une vitesse bien supérieure à celle qui peut être transmise à l'homme dont la vitesse d'acquisition est bien plus lente. ( l'homme pourrait s'équiper de moyens trans-humains pour acquérir instantanément des méthodes afin de pouvoir concurrencer les robots) . Si nous suivons ce raisonnement sur la transmission des méthodes, la complexification et les potentialités allant de paire, l'humanité ne peut que  connaître une complexification allant en croissance exponentielle.

Les méthodes nous lient aussi au passé de l'humanité car dans toutes méthodes celles utilisées aujourd'hui ils s'en trouvent inclues nombre de méthodes passées élaborées par des ancêtres disparues et pour certaines issues d'un passé fort lointain comme le langage avec les mythes qui lui donne une signification.
Par la méthode et sa transmission, le chaos de l'humanité, depuis qu'il existe, d'enthalpie en néguentropie, (hors de l'équilibre comme aurait pu dire Prigogine ) forme un tout indissociable, une intelligence compacte dont chaque humain fut un élément.

Par la transmission des méthodes, le présent est assurément une émanation du passé, quand au future il n'en n'est qu'une probabilité.

 

Alain Benajam

30 décembre 2017

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 12:05

Entre chien et loup, entre universalisme et nationalisme.

 

La société humaine a subi une bifurcation dans le paradigme d'organisation en vigueur depuis 10 000 ans avec l'invention de l'agriculture.

Nous sommes désormais passés d'un modèle d'organisation pyramidal hiérarchisé, à un modèle distribué en réseau.

Quand cette bifurcation est elle intervenue ? Est-ce avec l'invention de la machine d'Allan Turing ? Est-ce avec la mise au point de l'ordinateur personnel dans les années 80 ? Est-ce avec l'internet ou mieux avec l'utilisation massive des réseaux sociaux. Nous pouvons néanmoins percevoir la bifurcation depuis les années 40 avec les premiers calculateurs jusqu'à aujourd'hui avec les réseaux sociaux.


J'ai entendu parlé de l'organisation d'entreprise en réseau à un colloque organisé par Hewlett Packard en 1984. Ce sont les grosses entreprises qui ont en premier utilisé des réseaux internes pour faciliter la communication. En effet la communication, dans l’élaboration de produits complexes étant maintenant considérée comme une force productive directe. Les entreprises organisées de la sorte montrèrent rapidement une meilleure efficacité. Déjà une pratique sociale de réseau a commencé à se répandre dans la société à la fin du siècle dernier.

 

 

 

Les réseaux sociaux ont définitivement validé ce nouvel embranchement en généralisant la pratique sociale.

Quand une bifurcation émerge dans le paradigme de développement d'un système complexe comme notre société, les deux branches vont cohabiter un certain temps, se faire concurrence et finalement la plus efficace prendra le dessus sur l'autre qui ne pourra que dépérir. Durant cette période, entre chien et loup de multiples contradictions affecteront l'ensemble du système et il sera difficile pour certains observateurs de situer avec précision  la période dans ce développement..


Cependant, nous pouvons déjà discerner l'affaissement du modèle vertical ou pyramidal dans la politique. Nous constatons l'écroulement des partis politiques traditionnels qui ne font plus recettes aux élections, avec l'importance de l'abstention donc le manque de confiance dans la « démocratie » représentative. Nous constatons, dans de nombreux sondages, l'écroulement dans la confiance accordée aux médias institutionnels et aux politiciens. Aujourd'hui médias et politiciens sont partis en guerre contre ce qu'ils appellent les « complotistes » qui sont en fait tout ceux qui ne croient plus en les vérités officielles. Pires aux USA un président a été élu contre l'état profond, contre l'établissement et contre les médias, en utilisant une communication largement fondée sur les réseaux sociaux. Nous constatons également l'extrême difficulté dans l'organisation de structures traditionnelles de types associatives. Ces difficultés sont dues à la multiplication quasi à l'infini des points de vu entraînant forces disputes et finalement éclatement de la structure associative.

Nous voyons bien sur les réseaux sociaux, la valse des amitiés, les liens se nouant et se dénouant journellement. Nous observons également la multiplication des croyances de type religieuses. Les chrétiens sont en France en passe de devenir minoritaires au profit des musulmans, le bouddhisme, est devenu une religion populaire chez les intellectuels mais aussi des animistes qui font un retour aux croyances pré-chrétiennes. La pratique de réseau brise la verticalité des vérités révélées dogmatiques devant être crues par tous. Ceci ne veut pas dire que les croyances vont s’éteindre, cela veut dire qu'il y a multiplication des croyances, chacun construisant son avis à sa guise. Les religions qui avaient pour but de relier selon l’étymologie, en fait de soumettre un groupe à sa hiérarchie n'auront plus d'effets.

Cependant l'ancien paradigme cherche à survivre en réagissant de plus en plus fortement, mais la réaction de l'ancien système ne peut qu'aggraver sa situation.

L'ancien système de domination mondial est organisé autour de ce que l'on appelle l'état profond anglo-saxon qui est hyper centralisé. Naturellement il joue sur les religions les plus puissantes pour s'imposer, notamment l'islam des Frères Musulmans qu'il a cherché de porter au plus haut en essayant d'instrumenter à son profit ce qu'il pensait être un fanatisme de certains. Malheureusement le formidable effort de guerre de l'état profond impérialiste mené par l'intermédiaire des Frères Musulmans s'est soldé par un échec cuisant face à une Syrie également musulmane mais affichant ses religions multiples et la laïcité de son état.

Les Frères Musulmans possédant d'énormes moyens et appuyés par l'état profond anglo-saxon ont été d'échecs en échecs, leur « printemps arabe » est vite apparu comme une supercherie, même leur victoire en Libye montre aux yeux du monde ce que devient un état détruit par leurs soins.

L’épouvantable extrémisme de cette organisation a même porté un préjudice aggravé à la religion musulmane vue aujourd'hui par certains comme facteur de terrorisme.

Lutter contre l'impérialisme comment ?

Il y a 50 ans pour organiser une lutte de libération nationale il fallait construire un système idéologique transcendantal. C'est ce que tous les mouvements de libération ont fait, beaucoup ont utilisé le « communisme » comme néo religion de combat. Nous avons vu que ce « communisme » utile aux combat se trouvait parfaitement inefficace dans une organisation sociale productive moderne et rapidement abandonné comme au Vietnam ou en Chine.

Mais aujourd'hui quelle religion mettre en place contre l'impérialisme ? Certes pas le « communisme » qui a largement démontré son inefficacité sociale. Certains parlent de christianisme, ils oublient qu'en face, l'impérialisme est également bâti sur des sectes chrétiennes, le catholicisme alors? Le pape s'est largement soumis à la volonté de l'état profond. Aujourd'hui nous entendons beaucoup parler de l'orthodoxie russe ? Mais alors que faire des très nombreux musulmans engagés dans la lutte anti impérialiste, que faire de l'Armée Arabe Syrienne, que faire de mes très nombreux amis arabo-musulmans qui affichent sur FaceBook leur détermination anti impérialiste ? Par exemple, en fréquentant de près le monde arabo-musulman j'ai pu m'apercevoir que très peu ne croyaient en la vérité officielle imposée par les médias sur le 11 septembre 2001.

On a beau réfléchir, aucune transcendance existante aucun universalisme ne s'impose pour unifier un combat contre l'impérialisme.
Par contre la motivation anti impérialisme se dessine comme justement l'inverse de l'universalisme.C'est l'attachement aux racines que certains appellent charnelles qui seul peut activer cette motivation, cet attachement est une volonté de différence. Dans le même temps, un réseau de patries charnelle peut se mettre en place et s'allier contre cet impérialisme.
L'impérialisme est condamné à cultiver l'universalisme tandis que l'anti impérialisme pour réussir ne peut que cultiver la différence des uns et des autres sur leurs propres patries charnelles.
Il reste à déterminer les contours des différentes nations historiques ayant réussies au cours du temps à former un esprit authentiquement national et charnel, ce n'est pas gagné pour le moment.

Le nationalisme est aujourd'hui la meilleure motivation anti impérialiste qui soit, non pas un nationalisme agressif vis à vis des autres nations, mais un nationalisme d'autant plus bienveillant envers les autres qu'ils seront appréciés comme des alliés contre le nivellement de bas niveau imposé l'universalisme impérialiste avec tout son attirail idéologique frelaté et criminel.

Nous sommes encore entre chien et loup quand rien n'est discernable nettement mais l'impérialisme, en s'arque-boutant sur un système déjà condamné ne pourra qu’accélérer sa propre déchéance et le jour reviendra.

 

 

 

Partager cet article

Repost0
18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 14:31

La droite, la gauche la révolution d'Octobre et moi.

A l'occasion du centenaire du déclenchement de la révolution soviétique par le coup d'état bolchevique du 7 novembre 1917, il y eut quelques échanges aigres doux entre amis du même bord politique sur ce sujet pour savoir si cette révolution ayant amené l'URSS remplaçant l'Empire russe avait été globalement positive ou totalement négative.

 

Cette affiche est elle soviétique ou nationaliste ?

 

D'abord il faut constater que les clivages d'aujourd'hui au sujet de l'appréciation à donner de l’événement sont différents de ce qu'ils étaient du temps de l'URSS. Ces clivages ne manquent pas de surprendre .

En premier, le pseudo PCF actuel a fait profil bas avec des célébrations en demi teintes comprenant beaucoup de critiques concernant l'URSS et n'évoquant pas l'aspect anti impérialiste de cette révolution. Il critiquait également un manque de « démocratie » alors que celle-ci n'a à ce jour existé nulle part et certainement pas en occident. Ce fut une célébration à l'image du pseudo PCF maigrichonnes, asthéniques, ambiguës et trompeuse.

Du côté communiste seul le PRCF souverainiste à souligné l’intérêt pour le monde de cette révolution.

En Russie les Nationaux Bolcheviques de Zakhar Prilepine éminent combattant du Donbass ont souligné toute l'importance qu'avait eu l'URSS pour la Russie http://nrt24.ru/fr/news/zakhar-prilepine-et-la-revolution-doctobre-des-mythes-nos-jours. Les communistes officiels faisant comme en France, profil bas alors qu'il n'y eut aucune célébration officielle.

En France les anciens de l'extrême droite se sont divisés en deux camps, d'un côté ceux qui suivaient les analyses de Prilépine dont l'article fut repris par Egalité et Réconciliation, ceux qui restaient un peu englués dans un argumentaire de guerre froide modèle années 50 – 60 (de leur jeunesse) et ceux qui ne voyaient dans la Révolution d’Octobre qu'une révolution juive.

D'abord on constate que la néo gauche gomme tout un aspect de ce que fut l'URSS qui a mon avis est l'aspect principal, l'aspect anti impérialiste, ceci est dans l'ordre des choses, car l'idéologie de l'impérialisme, aujourd'hui privilégie largement les idées de cette néo gauche dont fait parti le pseudo PCF.

De l'autre côté une droite nationaliste fait une analyse différente ne retenant de l'URSS que son aspect anti impérialiste anti thalassocratie et son aspect nationaliste. En effet l'URSS a su conserver et défendre ce que fut l'empire russe et l'URSS évoluant de Trotski Lénine vers Staline défendait becs et ongles la « Mère Russie » au cours de la grande guerre patriotique menée avec courage et succès.

On peut donc comprendre que des nationalistes véritables regardent l'URSS poste Lénine d'une manière plutôt positive alors que la néo gauche anti nationale et trotskisante la regarde d'un œil négatif ou qui édulcore ses aspects les plus anti impérialistes.

Mon avis : je m'estime plutôt de gauche à l'ancienne et je ne renie nullement mon passé communiste soutenant indéfectiblement l'URSS. J'ai participé depuis les années 60 à tous les combats anti impérialistes et anticolonialistes notamment contre les USA et leur sale intervention en Indochine, contre l'apartheid en Afrique du Sud , pour reprendre les plus significatifs. Dans ces combats je me suis retrouvé du côté de l'URSS et du mouvement communiste et anti impérialiste international.
Je pensais que la pseudo démocratie qui manquait en URSS était l'affaire intérieure des soviétiques. L'exemple occidental de cette fausse démocratie n'était pas pour moi ce qu'il pouvait convenir aux peuples afin de s'émanciper ni le capitalisme capable d'apporter le bonheur.

Dans les année 20 après cette révolution, le sort de l'étasunien moyen n'était guère enviable, la misère la plus noire avait envahi le pays et la répression policière faisait quantité de morts. En URSS la Nouvelle Économie Politique redressait le pays, tandis que 13 nations engageaient des interventions contre le jeune état soviétique afin de soutenir la disparate contre révolution blanche. Tout le monde voyait déjà la fin de l'expérience soviétique et les projets de dépeçage de la Russie allaient bon train, les anglo-saxons avec les japonais se voyaient déjà maîtres de la Sibérie.

 

USA années 20 queue devant la soupe populaire

 

L'URSS n'avait elle pas sauvé l'Empire du dépeçage.

 

Intervention de 13 pays contre la Russie soviétique qui sortie victorieuse

 

La disparition de l'URSS grâce à des traîtres comme Gorbatchev et Eltsine fut une divine surprise pour l'oligarchie capitaliste et l'impérialisme anglo-saxon. Dans le même temps les peuples de l'ex URSS plongeaient dans une profonde misère, pendant qu'une bande de voleurs mettait la main sur les richesses de ce pays et s'enrichissait d'une manière éhontée. Pire encore, l'impérialisme était sur le point de ramasser la mise et de confisquer les biens de ce peuple.
S'il n'y avais eu l'intervention opportune de Vladimir Poutine homme de l'état profond soviétique que serait devenue la Russie ?

Que peut on constater aujourd'hui ?

La Russie est maintenant un état démocratique à l'occidental, la presse est en très grande partie entre les mains des opposants au régime, ce qui n'est pas le cas chez nous, les oligarques voleurs tiennent toujours le haut du pavé. Pourtant la russophobie occidentale dépasse en violence ce qu'était l'anti soviétisme du temps de l'URSS. Pourquoi ?

La Russie de Poutine joue exactement le même rôle international que jouait l'URSS, elle s'oppose à l'impérialisme et comme on le voit en Syrie et d'une manière encore plus directement engagée que ne le fit l'URSS pour le Vietnam. Finalement on en tire la conclusion que la thalassocratie anglo-saxonne se fout complètement du type de régime que les russes se donnent, ce qui lui importe est de mettre la main sur cette immense pays et sur les richesses qu'il contient.

 

 

URSS et Russie ont mêmes ennemis et mènent le même combat celui de l'indépendance et de la souveraineté on comprend pourquoi aujourd'hui les défenseurs de l'URSS ne viennent plus de la néo gauche mais de la droite nationale indépendantiste.

 

 

Dans le même ordre des chose, la droite nationaliste se trouve être la plus active pour militer en faveur de l'indépendance et de la souveraineté tandis que la néo gauche se trouve du côté du mondialisme et de l'oligarchie financière. Alors ayant toujours été de gauche aujourd'hui la plus part de mes amis politiques viennent de droite cela ne me gène nullement en dépit de quelques petites frictions de certain concernant l'URSS mais c'est du passé aujourd'hui ensemble nous défendons la Russie contre le même impérialisme qui fut si anti soviétique.

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 14:11

De l'instrumentation politique de l'Histoire

ou Rome favorite des tyrannies.

 

 

Ce que l'on appelle l'Histoire, avec un grand H, est la chronique de faits dits historiques écrite par des contemporains, mais souvent, également, de récits  antérieurs répertoriés d'après des « on dit », légendes ou, au mieux, après enquêtes.

La volonté de rapporter par écrit des faits contemporains ou passés pour édifier les générations futures revient, pour le monde européen et proche oriental aux Grecs classiques, notamment Hérodote (-484 -425). La première méthode pour rapporter ces faits d'une façon se voulant objective revenant à Thucydide  (– 460 – 400).

On peut déjà noter que, quelle qu’ait été la bonne volonté de ces chroniqueurs du passé, les faits qu'ils ont pu relater furent, par obligation, très parcellaires et forcément entachés par leur propre conception du monde. Le chroniqueur historique contemporain est toujours quelqu'un qui, idéologiquement, est proche d'un pouvoir et membre d'une aristocratie. Les esclaves du monde antique n'ont jamais écrit sur leur condition.

Esclave battu

 

Mais rapidement, dans le monde européen antique, les chroniques historiques furent le fait des seuls Romains et ne furent que des hagiographies à la gloire de Rome et de son pouvoir impérialiste.

 Tite-live, un des plus connus, écrivit une « Histoire » de la fondation de Rome ». Les Romains, selon la légende, seraient les descendants de Troyens en fuite, sous la conduite d’Énée. Il est d'ailleurs remarquable que l'origine légendaire troyenne de Rome soit identique à cette même origine attribuée aux Francs saliens de Clovis, fondateurs, d’après les hagiographies, des dynasties royales des Francs puis de France. Clovis, justement, n'est connu que par l'Histoire des Francs écrite 40 ans après sa mort par l’évêque Grégoire de Tour ce qui est la seule et unique « source » concernant l'histoire légendaire de ce personnage. Grégoire de Tour, mêlant légende, merveilleux et chroniques ne s'intéressait que du rapport à l'Église que pouvaient avoir les personnages figurant dans son ouvrage. Cet ouvrage fut d'ailleurs maintes fois remanié avant de nous parvenir.

On constate déjà que les chroniques du passé sont empreintes de légendes et de merveilleux suivant en cela les religions et mythes des époques où elles ont été écrites. Un bel exemple est celui de Jeanne d'Arc puisque pour croire ce qui est relaté encore officiellement à son propos il faut être chrétien et croire aux miracles, ce qui d'ailleurs n'enlève rien au personnage véritable et à son courage qui est encore plus grand si on supprime  le merveilleux à son histoire.
Et puis nous savons que les chroniqueurs d'aujourd'hui, avec le partage de l'information par internet, racontent le plus souvent de très gros mensonges propres à imposer le pouvoir de ceux qui les emploient. Il n'y a strictement aucune raison que dans le passé il en fut autrement.
Alors se méfier de l'Histoire officielle procède des mêmes raisons que de se méfier des versions officielles rapportées par les clercs contemporains que sont les journalistes. Les clercs du passé avaient les mêmes fonctions.

Jusqu'à une période récente, l'Histoire rapportée dans les livres pour étudiant ou écoliers ne provenait que de la compilation d'ouvrages « historiques » postérieurs, qui eux même provenaient de compilations ou réécritures d'ouvrages postérieurs, la réalité des faits évoqués s'estompant au profit du mythe émergeant du brouillard du temps. En France, le pire fut Jules Michelet qui fabriqua de toute pièce une Histoire de France elle-même compilée et résumée au début du 20 ème siècle par le professeur d'histoire Jules Isaac à qui on accola Albert Malet, car le nom juif d'Isaac pouvait déplaire à certains, pour un livre d'Histoire de France ! Ainsi naquit le fameux Malet-Isaac qui fait toujours référence aujourd'hui.

 

 

Mais, l'étude des mythes historiques figurant dans l'Histoire officielle est toujours intéressante car elle rend compte des intentions politiques de ceux qui les rapportent. Ainsi on peut tirer du Malet-Isaac une volonté d'édifier les écoliers du début du 20ème siècle pour en faire de bons soldats en vue de la revanche à prendre sur le désastre militaire de 1870. Ceci dit les mythes issus du Malet-Isaac ne sont pas toujours négatifs.

 

Le mythe de Rome au cœur de l'instrumentation de l'Histoire en faveur des tyrannies et autres despotismes.

 On le sait, tout pouvoir ne s'impose qu'avec une idéologie partagée par tous faisant que chacun puisse accepter sa condition de soumis. Les religions avec leurs vérités dogmatiques ont été les principaux vecteurs des pouvoirs, mais pas seulement. 

L'Histoire officielle, instrumentée, se mêlant ou non aux mythes et religions, est depuis toujours le second levier permettant d'édicter les croyances devant officiellement être crues. Voir récemment le complot du 11 septembre 2001, quand toutes les lois de la physique ont été subitement abrogées pour faire accepter le mythe.

Le mythe de la Rome antique représentant la quintessence de la civilisation est depuis toujours le plus puissant. Il dépasse d'ailleurs les mythes de la religion chrétienne dont elle est issue. La France républicaine et laïque va jusqu'à représenter sur ses armes officielles le symbole des licteurs de Rome, les faisceaux entourant une hache, qui est aussi très exactement le symbole du parti fasciste italien. Le fascisme ayant tiré son nom de « fascio », ces fameux faisceaux de verges destinées à punir. Ceci n'a pas l'air d'émouvoir nos pseudos républicains. Fascistes italiens et nazis ont fait du salut romain leur mode de reconnaissance, salut romain est maintenant prohibé mais pas le « fascio » figurant honteusement sur mon passeport. Le centre-ville de Washington patrie de l'impérialisme fut bâti en référence à la Rome antique avec un Capitole en son centre ce qui est tout un symbole.

 

 

La symbolique romaine représente donc le pouvoir dans tout ce qu'il a d'impérialiste.

Mais que viennent faire nos « républicains » français au sein de ce mythe ? Je mets intentionnellement le mot républicain entre guillemet car ils ne le furent réellement jamais, ils ne furent que des imposteurs.


La République, telle que décrite par Jean-Jacques Rousseau, son principal et peut être unique promoteur au 18 ème siècle, n'est que la souveraineté du peuple. Or cette souveraineté ne peut en aucun cas être représentative. Nous avons pu voir que depuis qu'elle existe en France, cette république assure non pas la souveraineté du peuple, mais celle de partis politiques désignant des représentants parmi les plus soumis de leurs adhérents. Ces partis politiques sont toujours corrompus par des oligarchies. Ces personnages élus n'ont le plus souvent qu'à voter des textes de lois déjà élaborés par les dites oligarchies aujourd'hui situées bien au-delà des frontières de la France. Il n'a donc pas été difficile à ces pseudo républicains imposteurs de puiser leurs références dans la Rome antique, fût-elle républicaine, tout comme le dernier des fascistes.

 

Jules Ferry un "républicain" chantre du colonialisme.

Rome fut un moment une république, certes, mais une république tout aussi représentative que la nôtre avec des « représentants » tout aussi corrompus. En outre cette république fut également impérialiste de la même façon que l'empire qui lui a succédé. On peut remarquer également que cette référence « républicaine » à Rome par la République française fut faite au moment où l'État français cherchait, comme Rome, à « civiliser » par une violence, parfois paroxystique, des populations dites sauvages et ce au plus grand profit d'oligarchies financières.

 

Oeuvre civilisatrice de nos "républicains" en Afrique

Pour nous Français, cette référence à la barbarie impérialiste de Rome est d'autant plus insoutenable que nous nous jugeons, à juste titre, comme les descendants des populations qui occupaient, en gros, l'espace de la France actuelle  et qui subirent un des plus horrible massacres que la Rome républicaine et civilisatrice eut à accomplir. Ce fut un génocide doublé d'un ethnocide d'une splendide civilisation qui, même aux dires de César, était techniquement plus avancée sur certains points que ne l'était Rome. Cet espace, appelé Gaulle par les envahisseurs, était aux dires de César couvert  de villages et de champs de blés partout où l'on portait le regard. L'archéologie contemporaine, suite à de nombreuses constructions, n'arrête pas de mettre à jour, villages, villes, cimetières, tumulus de roi et reines, indiquant une forte densité de population à l'époque pré-romaine. Cependant on ne retrouve plus cette forte densité, après le premier siècle, résultat d'un fort cataclysme. L'exploitation de l'espace, qui était méticuleusement réparti en nombreux villages fut, après la colonisation, redécoupée en vastes domaines à l'antique, les « Villae » sur lesquels ne travaillaient plus des paysans libres mais des esclaves. Dans le même temps, les technologies agricoles pré-romaines se perdirent. Ce qu'avait décrit Jules César dans « La Guerre des Gaules » disparut pour n'être retrouvé qu'aux 12 et 13 ème siècles.

Guerrier "gaulois" dont l'équipement sera en partie repris par les légions romaines

 Pour les descendants que nous sommes de ce peuple asservi et massacré, Rome devrait être vouée aux gémonies. Ceux qui échappèrent en Europe à cette œuvre destructrice, comme les peuples germaniques et ce qui restent de Celtes (Gaulois), ne s'en portent aujourd'hui pas plus mal et au contraire, bien mieux.

 

Brogues chaussure "gauloise" alors que les Romains marchaient en sandales.

Mais cette avanie romaine qui massacra nos ancêtres ne fut pas la seule à nous être imposée.

 

La Rome antique, le Moyen-Âge, la Renaissance, ou l'histoire d'un complot politique.

 La « fabrication » de la Renaissance, vue comme un retour à la Rome antique, est un sujet particulièrement prisé par tout ce que le monde a pu connaître de tyrannies affichées ou cachées. La Rome antique a servi à beaucoup, de Louis 14 à Napoléon, des pseudo républicains français colonialistes à la Jules Ferry, à Mussolini et Hitler, mais surtout à l'impérialisme états-unien.

J'ai déjà parlé dans un article du complot instituant cette « Renaissance ». J'ai montré qu'absolument rien n'indique qu'il y ait eu une quelconque césure dans l'histoire de l'Europe entre le 15 ème et le 16 ème siècle justifiant de parler d'un quelconque progrès.

Il n'y a pas si longtemps on parlait d'un moyen-âge noir et méconnu, symbole d’arriération. On mettait dans ce sac fourre- tout une période de 1000 ans d'Histoire qui connut pourtant en Europe des civilisations fort différentes. Maintenant l'université officielle se trouve dans l'obligation de partager quand même ce Moyen-Âge  en plusieurs époques.

Le Haut Moyen-Âge qui ne fut que la continuité de la période antique. Il possédait un mode de production strictement similaire fondé sur le domaine et l'esclavage. Charlemagne a même restauré un temps l'empire romain d'occident en se faisant couronner empereur des romains à Rome en 800.

Puis  un moyen-âge classique à partir de la révolution féodale au tournant de l'an 1000, époque de très grand bouleversement de civilisation. S'il fallait placer une césure historique c'est bien à ce moment. Cette période féodale a beaucoup froissé les tyrannies de toutes obédiences qui on fait de ce terme une quasi obscénité. En effet cette période féodale est marquée par plusieurs avancées importantes que nos laudateurs de pouvoirs tyranniques jugent insupportables.


1- La destruction de l'État

2- La décentralisation des pouvoirs et leur multiplication quasiment à l'infini avec, en corollaire la multiplication des initiatives individuelles et collectives.

3- Une explosion économique et du nombre des populations

4- La multiplication des franchises communales donnant toutes libertés à certaines villes de se gérer par elles-mêmes de la manière qu'elles entendaient. Beaucoup dans l'espace de l'Empire romain-germanique prirent le nom de république.

5- Une frénésie de constructions religieuses et civiles avec ces fantastiques cathédrales, dites gothiques, joyaux de technologie architecturale dont on n’a pas fini d'en faire l'étude. Le tonnage en pierre construite entre Loire et Somme au 13ème siècle fut récemment calculé comme étant supérieur à celui retrouvé dans les vestiges de la totalité de l’Égypte pharaonique.

6- La création de multiples institutions universitaires dont Paris possède toujours la trace, en dépit des destructions des 18 et 19 ème siècle, avec de nombreux intellectuels comme Pierre Abelard initiateur de la scolastique et inspirateur de Descartes.

6- Une certaine liberté de la femme avec pour elles une place majeure dans la société : Hildegarde von Bingen, la seule compositrice existante reconnue dans le monde occidental, Christine de Pisan qui fut, au tournant des 14 et 15me siècle, la première femme à vivre professionnellement de sa plume des siècles avant Georges Sand. Que dire également de Jeanne la Pucelle appelée ultérieurement Jeanne d'Arc, chef de guerre à qui on confia une armée et de ma préférée Yolande d'Anjou Aragon, dite reine des quatre royaumes, qui joua un rôle déterminant et essentiel dans le recouvrement de l'indépendance totale du royaume de France au 15ème siècle sous Charles VII .

Christine de Pisan

7- La littérature, l'épopée arthurienne n'est-elle pas encore aujourd'hui un sujet cinématographique majeur avec le fin’ Amor, appelé amour courtois, qui donna un grand nombre de poèmes, chansons et virelais que l'on découvre seulement maintenant (grâces aux anglo-saxons). Une culture extrêmement raffinée particulièrement dans les rapports hommes femmes.
( Lire mon article)

http://www.alain-benajam.com/article-une-imposture-historique-moyen-age-et-renaissance-117926731.html

 

Gisant d'Alénor d'Aquitaine lisant un livre. Ce fut une femme de très grande culture reconnue ici après sa mort.

 

Pour en finir avec cette courte description, l'église n'avait pas terminé l'imposition de son pouvoir en Europe, le paganisme régnait encore largement dans les campagnes et les hérésies fleurissaient un peu partout. 

Puis il est question du bas moyen-âge, période de transition où la féodalité s'éteint, où les tyrannies commencent à supprimer les franchises et à imposer leurs pouvoirs. C'est également la période du triomphe du capitalisme basé sur le prêt à intérêt (usure) qui se répand en Europe à partir de l'Italie du Nord. L’Italie du Nord (Lombard) qui fit de la pratique de l'usure sa principale industrie devint excessivement riche quand la France du beau 13 ème siècle sombrait dans la guerre.

C'est à ce moment que naquit en Italie une nostalgie des temps antiques, quand les légions romaines imposaient par la force leur pouvoir sur l'Europe. Les immenses richesses accumulées dans les villes libres d'Italie du Nord comme Florence, Sienne ou Venise, permirent à de très riches capitalistes de se payer des artistes. Ils étaient considérés comme des serviteurs mais étaient plus libres de s’exprimer que dans leurs corporations médiévales .( L'Artiste et la Cour aux origines de l'artiste moderne de Martin Warnke).

 

Jardin du palais Médicis à Florence

Dans le même temps, la construction de mirifiques palais conduisit à la mise à jour de sculptures antiques dont les riches capitalistes décorèrent leurs habitats. Des intellectuels italiens du 14 ème siècle, comme Pétrarque, se firent les laudateurs et les propagandistes du retour aux temps anciens et les critiques de l'art français qu'ils appelèrent avec mépris « gotico » ou « tedesco », pour eux germanique car venant d'au-delà des Alpes d’où les envahisseurs germains vinrent pour en finir avec la Rome impériale. Cosme de Medicis (1415- 1464) fut le prototype du capitaliste usurier italien richissime de la fin du Moyen Age, très dispendieux en matière d'art et qui prêtait « ses » artistes en fait serviteurs dans toute l'Europe pour la publicité de ses banques. Ainsi se répandit l'art italien et l'idée qu'avant c'était mieux et que le moderne de cette époque représenté par le « gotico » était laid. Il est à remarquer que l'idée d'une « renaissance » aux 14 et 15ème siècle était, en premier lieu, un mouvement anti moderne dont le modernisme était représenté par la France.

L'imposition d'une renaissance artistique vint surtout avec Vasari (1511-1574) qui écrivit une Histoire de l'Art qui concernait quasiment exclusivement l'art italien et de préférence florentin. Il était au service de François de Médicis ce qui s'explique bien évidemment. L’œuvre de Vasari fut redécouverte au 19ème siècle et passa pour la seule concernant l'histoire de l'art en général et fut à l'origine de l'idée moderne de renaissance artistique, évidemment l'art français du 13 ème siècle « gotico » passait à la trappe.

Le 16 ème siècle, ses fameux temps modernes et sa Renaissance, fut une grande période de régression. Guerres de religion, contre-réforme de l'église qui impose son pouvoir totalitaire, chasse aux sorcières, plus de 6000 femmes sont massacrées en Europe , les femmes deviennent diaboliques, inquisition, les bains publics , (étuves) sont fermés sur ordre de l'église, on ne se lave plus. L'italien devient à la mode en même temps que l'antique ; la famille d'usuriers Médicis donnent deux reines à la France. Partout les pouvoirs totalitaires s'imposent en même temps que l'économie florissante du Moyen-Age classique s'effondre. L'Italie va rentrer dans l'oubli, mais l'idée que la Rome antique fut la quintessence de la civilisation va perdurer jusqu'à nos jours.

16ème siècle diabolisation de la femme.

On comprend que la période médiévale d'environ cinq siècles ne pouvait plaire aux puissants de ce monde et qu'il fallait cacher cette anarchie que l'on ne saurait voir et surtout ne pas reproduire. La Rome antique représente un exemple plus convenable. (J'oublie le haut moyen-âge qui appartient plus au monde antique qu'à la période qui suivra la révolution féodale)

Mais le mot « Commune !» repris par toutes les révolutions issues des communes médiévales fut toujours et jusqu'à nos jours la terreur des puissants.

Voilà pourquoi, des républicains colonialistes français, aux fascistes italiens, des nazis aux impérialistes étasuniens la Rome antique devait représenter un exemple édifiant à contrario de ce moyen-âge individualiste et libertaire.

 

Washington, à l'image de la Rome antique.


Mais voilà, les études historiques ont commencé à se rapprocher d'une science depuis une trentaine d'années en ne se référant plus qu'à des sources, elles-mêmes référencées et multiples. Ces sources n'étant pas seulement le rapport de faits concernant les puissants mais également toutes sortes d'écrits même anodins comme les listes de blanchisseries, de repas, d'achats, des testaments, des héritages ou des livres de comptes. A ces sources écrites sont accolés des recherches archéologiques sur le terrain et même aujourd'hui des éléments de paléo-génétique.

Au regard des travaux des historiens contemporains où je place en premier Jacques Heers (Le Moyen Age une Imposture) qui fut titulaire de la chaire d'Histoire médiévale à la Sorbonne, l'Histoire de France devrait être largement révisée.On attend.
Petit à petit, le lourd écran idéologique représenté par la pseudo Renaissance et la Rome antique s'estompant, certains commencèrent à voir ce qui était pourtant sous leurs yeux, la merveilleuse civilisation du 13 ème siècle français.Cette « découverte » fut pour beaucoup un choc car cette civilisation pleine et entière n'était aucunement relatée comme telle par l'histoire officielle jetant ainsi un énorme doute sur l'ensemble de cette Histoire officielle.

 

 

 

Partager cet article

Repost0
1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 16:10

 

 

 

Premier tour des élections, une manip de bas étage.

 

1- L'état profond anglo-saxon a voulu détruire les vieux partis traditionnels complètement déconsidérés par l'action des réseaux sociaux et a voulu recomposer une nouvelle force politique dite par dérision « anti système » afin de tromper le peuple, qui mettait en avant la critique du dit « système ». Cette force politique devait être unique mais ne pouvait être composée que par les anciens politiciens de tous les anciens partis de droite comme de gauche comme l'avait déjà tenté Sarkozy en intégrant des « socialistes» dans son gouvernement. Ce parti devait être strictement à la disposition de l'état profond US pour continuer ses objectifs de guerre contre la Syrie et la Russie, surtout après l’alignement de Trump sur ses objectifs mais la terreur qui les a saisi après son élection avec son programme de paix.

 

2- Ils ont choisis une marionnette, Emmanuel Macron, tout comme Obama avait été choisis. Un homme jeune, nouveau, beau physiquement (pour le vote féminin). Derrière cette marionnette devait finalement se rallier tous les politiciens habituels évidemment en commençant par les moins marqués par les anciens pouvoirs, ce fut l'opération Bayrou, et même et surtout d'anciens communistes comme Robert Hue ou Patrick Braouzec qui devaient donner une note contestatrice à ce nouveau groupe politique, tout comme ils avaient choisis un noir aux USA pour tromper le peuple.
Premier problème, Macron fut une erreur de casting bien que s'étant avéré efficace à la banque Rothschild et donc présenté et promu par elle. Un bon banquier ne fait pas un bon politicien. Macron s'est rapidement montré stupide, inefficace très loin de la hauteur de sa tache.

 

3- Pour promouvoir son candidat, l'état profond US devait balayer ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre et s'avérer moins obéissants. Le premier à détruire fut Fillon, on fit donner l'artillerie lourde médiatique contre lui, il fut détruit menu par la presse du pouvoir alors qu'il n'avait commis aucun délit.

 

4- Puis comme attendu l'argument unique et massif contre Marine Le Pen qui devait être présentée par force à Macron fut de la traiter de fasciste par tout ce que la France comporte de voix ayant accès aux médias officiels. Mais au premier tour ce type d'argument fut laissé un peu de côté puisqu'il fallait absolument qu'elle soit au second.

 

5- Bricolage du premier tour. Les sondages véritables ne devaient pas être très bons pour le nullissime Macron qui accumulait les bourdes car manifestement les résultats furent manipulés et de très nombreuses irrégularités furent commises et constatées.

 

Deuxième tour ou l'essence du combat.

 

6- Comme prévu on retrouve le candidat de l'état profond US et de la finance mondialiste face à la candidate nationaliste.

Comme prévu fut lancé par toutes les bouches de l'artillerie médiatique le slogan « Le Pen fasciste », slogan simple, non argumenté et devant parler plus au cœur qu'à la raison. On pensait jouer sur du velours. Comme prévu on lança un front pseudo républicain ou tous les politicards chevaux de retour du malheur français se rallièrent soit en appelant à voter Macron soit en appelant à l'abstention.

 

7- Contre attaque de Marine Le Pen
D'abord une petite aparté marxiste.

Aujourd'hui la contradiction principale entre le capital et le travail s'est déplacée. Le capital est maintenant mondialiste et l'action principale d'accumulation capitaliste s'effectue par l'endettement des nations avec des capitaux virtuels fabriqués à l'occasion, mais les intérêts énormes de ces dettes sont payés par l'argent prélevé par l’impôt sur tous les français toutes classes confondues.

Donc la contradiction principale se situe entre les nations et la finance mondialisée.
 

Le Front National, parti nationaliste classique s'est trouvé devant l'obligation de suivre sa propre logique et donc de présenter une politique d’opposition fondamentale au capitalisme mondialisé.
D'un autre côté, l'ex Parti Communiste et avec la gauche a suivi un chemin inverse. Le PCF en 1972 se sabordait déjà en signant un programme commun avec un PS qui était depuis la Libération un instrument dans les mains de l'impérialisme étasunien. Tout comme le Front National, le PCF a poursuivi sa logique puis, après avoir muté en simple parti de gauche il a pratiquement disparu.
La gauche ouvrière et révolutionnaire était remplacée par une gauche sociétale libérale ne rassemblant plus que petits bourgeois et petits nantis des centres ville. Le PCF s'effondrait en tous lieux ou sa population de base était remplacée par une immigration massive qui évidemment ne se reconnaissait pas dans ce parti. Le reste de la classe ouvrière ou elle subsistait passait massivement côté Front National voyant ou se trouvait son intérêt de classe.

L'exemple éclatant fut donné par la visite de Marine Le Pen aux usines Whirlpool promises à la fermeture et délocalisation en Pologne, elle fut accueillie triomphalement alors que Macron la suivant fut accueilli lui par force quolibets.

 

8- Contre attaque des Réseaux sociaux.

Aujourd'hui un grande partie de la communication politique s'effectue par l'entremise des réseaux sociaux notamment FaceBook et Twitter.
Le rassemblement autour de Macron, de tous les vieux chevaux de retour politiciens, de la totalité des médias et des nantis du show business eu le même effet qu'aux USA avec Trump.
Les gens n'ont plus confiance depuis longtemps dans ces institutions.

En dépit de la répétition perpétuelle comme moulin à parole « Le Pen fasciste, » contre toutes démonstrations, l'effet inverse commence à se faire sentir, d'autant plus que Macron brille de moins en moins par son manque intelligence politique.

"Le Pen fasciste" est une anti thèse, car le Front National fut le seul parti à avoir critiqué le coup d'état nazi en Ukraine et à avoir soutenu la révolte du peuple du Donbass et sa guerre contre les véritables nazis ukrainiens ce mot d'ordre « Le Pen fasciste » est apparu contradictoire avec les faits.

 



9- Aujourd'hui une très grande inquiétude règne au sein de l'état profond US et de ses marionnettes, une réédition de l'élection de Trump contre toute attente peut se dessiner tant ce Macron débile dégoutte le peuple et tant la campagne de Marine Le Pen est intelligente.
Ce deuxième tour est en train de se transformer en référendum d'initiative populaire pour ou contre la mondialisation capitaliste, pour ou contre l'indépendance de notre nation.

Chacun devra choisir son camp puisqu'il n'y a plus que deux camps, l'effet «Le Pen  fasciste » semble se diluer, en effet si le Front National était nazi, fasciste, négationniste, il tomberait sous les coups de la loi Gayssot, ce qui n'est pas le cas, alors c'est un parti nationaliste intégré à la république.

 

10- L'avenir de la France est en train de se jouer par la complète recomposition du paysage politique et des enjeux. Maintenant la lutte des classes s'incarne dans l'opposition entre Nationalistes et Mondialistes et ce sera partout la même chose en Europe comme aux USA.

Le ralliement de quelques figures du gaullisme à Marine Le Pen comme Nicolas Dupont-Aignant et Marie France Garaud va dédiaboliser le combat nationaliste et ouvrir les vannes de la ruée du peuple français vers l'indépendance.

 

Partager cet article

Repost0