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"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par la crédulité publique."

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 12:12





Sur les cathédrales de France 13ème siècle

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Published by Alain Benajam - dans Art
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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 19:00

Un soir, le chef du Réseau Volant reçoit un coup de téléphone …

C’était Tête Brûlée qui avait une émission à la télé. Il était complètement fou et se foutait totalement de tout. 

Il lui dit :

-         Viens dans mon émission tout raconter, on va drôlement se marrer, je vais te présenter plein de gonzesses à poil.

 -          ???§§§! ?  Fit le chef du Réseau Volant bien élevé.

Car pour Tête Brûlé se marrer avec des gonzesses à poil c’était toute la finalité.

Le chef du Réseau Volant y alla quand même malgré les gonzesses à poil.

Et il fit merveille. Droit dans la lucarne, posément, calmement il exposa parfaitement devant le bas peuple médusé l’Effroyable coup fourré de l’Empire de l’huile.

Là, ça a fait du bruit. Ouh la, la ! !

Ce n’était pas prévu du tout que quelqu’un expose un quelconque coup fourré dans une quelconque lucarne. Car tous les bas peuples de tous les royaumes avaient pris l’habitude de croire instantanément  ce qui se racontait dans une lucarne. De ce fait tous les Grands Maîtres des Secrets de tous les royaumes faisaient toujours très attention aux lucarnes à vérité vraie qui étaient toujours parfaitement bien graissées.

Là, Tête Brûlée, il avait fait fort ! Les gonzesses à poil lui avait trop monté à la tête et l’avait complètement brûlé.

Le lendemain, quel lendemain les amis !

D’abord, l’Empereur de l’huile convoqua son Grand Maître des Secrets pour le gronder bien fort.

Et il hurlait, que c’était lui qui avait inventé cette histoire stupide de Coup Fourré où il fallait tout montrer. Que du temps de son père et de son grand-père les Coups Fourrés ils étaient bien cachés et que celui qui les connaissait, pouf la zigouille, sans respirer !

Le Grand Maître des Secrets de l’Empire répondit à l’Empereur pour se défendre en regardant ses pieds.

- Sir, sir, ce n’est pas très grave après tout. D’abord  le bas peuple de France est petit, bien petit et il nous a toujours créé pleins d’ennuis. Du coup, on lui a mis des armées entières de Pions de toutes sortes, petits, gros et grands, qui le surveille, qui le conseille, qui lui font croire ce qui doit être cru, et tout ça parfaitement bien graissé parfaitement bien huilé.

Et puis, on a notre Grand Laudateur d’Empire, le Grand Diffuseur PigeOnni et son ami Le Grand Maître des Secrets du Royaume.

Faites-moi venir ce PigeOnni ! Cria l’Empereur.

Entre temps, au Royaume de France, Tête Brûlée fut convoqué à la Télé.

Et il fut grondé, et il fut grondé. On lui hur-la dessus que ses gonzesses à poil, il pouvait toujours se les accrocher, que s’en était fini pour lui la Télé.

Tête Brûlée, il était vert à l’idée qu’on allait lui supprimer ses gonzesses à poil. Et il dut s’excuser bien plat, bien plat, dire qu’il était fou, qu’il avait perdu sa tête à force d’être brûlée.

Qu’il ne recommencerait plus jamais une connerie pareille juste pour se marrer ! 

Bon, bon va pour cette fois lui dit-on, car il était très difficile de lui supprimer ses gonzesses à poil. Le bas peuple n’aurait pas compris et se serait méfié.

Mais il lui avait mis plein de pions pour le surveiller et pour pas qu’il recommence.

Le Grand Diffuseur PigeOnni, en route pour l’Empire de l’huile, était tout gonflé. Il pensait qu’on allait le féliciter à cause de son livre intitulé « Nous sommes tous des Sujets de l’Empire » où il faisait merveille dans son travail de Grand Laudateur.

 Arrivé chez l’Empereur, il frappa à la porte de son chef, le Grand Maître des Secrets de l’Empire.

-         Entrez !  dit le maître

PigeOnni entra tout gonflé et dit :

-         Chef chef, vous avez vu comme j’ai bien travaillé.

-         Mouai répondit le maître dubitatif mais ce n’est pas assez !

-         Ah bon ! dit PigeOnni dégonflé

-         Oui, il y a un problème qu’il faut rapidement traiter.

-         Ah bien ! dit PigeOnni regonflé.

-         C’est le chef du Réseau Volant qui nous crée des soucis. Il faut lui mettre une sale histoire sur le dos, c’est votre spécialité.

-         Ah bon réfléchit-il…, il est bien un peu … pédé … dit il en regardant son maître pensant que c’était une bonne idée.

-         Foutaise ! Répondit le maître en colère. Pensez donc ! Chez nous oui avec les Pasteurs sévères, mais au Royaume de France où le bas peuple se fout de tout, ça ne le fera même pas rigoler !

-         J’ai une autre idée. Il continua. On va dire qu’il est négationiste  et révisionniste et qu’il n’aime pas les Juifs. Voilà un article tout rédigé. Rompez ! lui dit-il méchamment en lui tendant une feuille où tout était marqué.

 

Ce n’était pas lui qui avait eu cette idée. C’était tout un  tas de grosses têtes à lunettes qui avaient planché sur le Royaume de France, son histoire, son bas peuple et ses pensées.

La sale histoire à mettre sur le dos du chef du Réseau Volant c’est eux qui l’avait concocté.

 

Là, il faut revenir plusieurs années en arrière pour comprendre et oublier cinq minutes notre Petit Pion dont les ennuis vont bientôt commencer. Il a bien le temps.

 

C’était du temps du grand-père de l’Empereur. Il était le chef du Comité des Huiles et des Armes, ce qui était bien plus fort que d’être Empereur car c’était lui qui faisait pluies, beau temps et possédait la clef de la grande caisse à graisse. Il se trouvait qu’il n’aimait pas les Juifs, comme les autres membres du comité d’ailleurs. Et pour ne pas les aimer c’était quelque chose ! On ne savait pas trop pourquoi car les Juifs étaient exactement comme les autres. Ce n’était pas comme les nègres qu’il n’aimait pas non plus. C’était peut-être à cause des Pasteurs sévères qui disaient qu’ils avaient vendu leur Dieu il y a bien longtemps. Une sale histoire qu’on leur a mise sur le dos. Pourtant PigeOnni n’était pas encore né.

Dans le même temps au Royaume du Railch’, on disait le Railch’ tout court, c’est déjà difficile à dire. Il y avait un petit homme à moustache appelé Nazi. Le Nazi n’aimait pas les Juifs non plus. Là c’est d’autant plus curieux. C’est que les Juifs du Railch’ vivaient depuis longtemps avec le bas peuple. Ils parlaient presque la même langue sauf que les Juifs ils mettaient des « I » à la place des « U ». C’était tout mais c’était suffisant pour énerver notre petit homme Nazi du RailCh’ qui était mal embouché.

Le grand-père de l’Empereur avait entendu parler du petit homme Nazi du Railch’ mal embouché et l’avait tout de suite aimé.

Avec le grand Comité des Huiles et des Armes, ils s’étaient réunis et ils avaient décidé d’abondamment le graisser pour qu’il puisse s’acheter les habits de roi dont il avait tant envi. Car le petit Nazi était bien trop petit à cette époque pour devenir Roi.

Et ils l’ont graissé et huilé, huilé et graissé. Finalement il s’est acheté ses habits de roi.

Le bas peuple du Railch’ l’aimait bien ce petit Nazi devenu grand et à l’air bien méchant car il lui disait, au bas peuple, qu’il était de la race des seigneurs ou des saigneurs on ne se rappelle plus maintenant.

Et le bas peuple se trouvait tout gonflé comme PigeOnni dans le bureau de son chef bien aimé.

Pour le Comité des Huiles et des Armes c’était tout bénef’ comme ils disaient car le Nazi voulait faire la guerre et il achetait plein d’armes et plein d’huile aux membres du Comité qui battaient des mains.

Il a fait la guerre grave le Nazi. Il s’était mis dans la tête d’envahir l’autre Empire, celui des cocos aux mains sales. Inutile de dire que ça plaisait au membre du comité. Et puis il s’est mis à arrêter tous les Juifs. Comme il voulait une solution finale et qu’on en parle plus, il a fait construire des usines à Zigouille pour faire disparaître tous les Juifs.

Question usines le bas peuple du Railch’ s’y connaissait. Ce n’est pas qu’il n’aimait pas les Juifs le bas peuple, mais on lui avait dit de faire comme ça, alors il faisait comme ça, toujours. Il zigouillait sans se poser de question  honnêtement, correctement et tristement.

 

Il faut dire que le bas peuple du Railch’ si on lui disait fait comme ci, il faisait comme ci, fait comme ça, il faisait comme ça, et, si on ne disait rien, il ne faisaient rien.

Ce n’est pas comme le bas peuple de France qui faisait comme ci, comme ça, de ci, de la et un peu n’importe comment. Si on lui disait fait comme ci ! Il s’arrêtait tout de suite et ne faisait plus rien en râlant. Il avait fallu en consulter des grosses têtes pour le faire travailler normalement. Il fallait lui faire croire que c’était lui qui avait décidé tout seul de faire  comme ci et qu’il avait la liberté de ne pas le faire, alors il le faisait.

 

Tandis que le bas peuple du Railch’ si on lui disait qu’il avait la liberté de ne pas le faire, il ne le faisait pas et il partait en vacance tout de suite chez les autres où il n’était plus triste du tout où  il riait là toujours très fort en chantant des chansons et en buvant plein de bouteilles. C’était très dur de le ramener chez lui. Il ne voulait plus rentrer. Il fallait le raccompagner.    

 

Donc les usines à Zigouille tournaient à plein rendement, et pour ne pas troubler les ouvriers d’usine dans leur travaille, ils avaient appelé les Juifs : des morceaux. Comme des morceaux de sucre. Ils avaient l’habitude d’appeler morceaux toutes choses qui entraient dans une usine pour en ressortir plus beau. Sauf que là… ce n’était pas tout à fait le cas !

La guerre tournait très bien et les membres du Comité des Huiles et des Armes battaient des mains.

Cependant, le royaume du peuple qui roulait tout, même les vagues, n’était pas content parce qu’il avait le Nazi sur le dos et commençait à en avoir marre. Et il pleurait et il geignait le peuple qui ne roulait plus personne, car le Nazi faisait très mal. Il demandait à l’Empereur de l’Huile d’intervenir pour que le Nazi du Railch’ arrête un peu. L’Empereur ne voulait rien savoir car pour le Comité des Huiles et des Armes le Nazi c’était son copain.

A force de pleurer et gémir l’Empereur eut un peu pitié et il décida de les soulager et d’entrer dans la guerre contre le Nazi.

Finalement le Comité des Huiles et des Armes trouva que c’était tout bénef’ comme ils disaient. Le monde entier avait encore plus de besoins en huile et en armes. Tous les camions de la guerre, qui était devenue mondiale, étaient tous pareils ! Il y avait GM sur les moteurs ! C’était le nom d’un membre du comité. Ce qui était pratique pour les pièces ! Quand un Nazi tombait en panne il pouvait prendre une pièce sur un autre camion, même sur un appartenant à l’ennemis, et les autres faisaient pareil.

Les membres du Comité des Huiles et des Armes battaient tellement des mains qu’elles étaient toutes rouges.

 

En parlant de rouges,  il y avait un problème qui commençait à surgir. L’Empire des cocos aux mains sales s’était mis à Zigouiller forces Nazis du Railch’. Il en zigouillait même de grandes quantités, si bien qu’il commençait à s’étendre comme une tache d’huile et c’était vraiment sale comme tache. Pas comme les vraies taches de l’huile que le comité vendait ! Non, celles-ci étaient propres comme un Pasteur sévère. Mais une tache de coco, c’était une tache qu’il fallait absolument laver, et rapidement.

 

Du coup l’Empire dut faire la guerre sérieusement, pas en se baladant, pour éviter que la tache de coco ne s’étende de trop et soit trop difficile à laver après. Manifestement les Nazis ne pouvaient plus rien pour éviter l’inondation de cocos. Ils étaient foutus.

 

Finalement l’Empire est arrivé sur le bord de la tache devenue quasiment marée. Il faisait drôlement la tête avec tous ces cocos là devant eux, bien méchants et très sales. Il fallait commencer à laver tout ça.

 

Le comité des huiles et des armes se réunissait en permanence, jour et nuit, pour trouver une solution pour laver plus blanc que blanc ces cocos tout sale. Ils étaient fatigués. Soudain, un membre du comité eut une bonne idée. Il dit.

-         Mais, on a nos amis Nazis du Railch’ qui sont fortiches contre les cocos. Ils n’ont pas réussi parce qu’ils étaient justement dans le Railch’ avec ce bas peuple bête et sans imagination qui bouffe des patates et surtout sans l’huile qui faut. On va les prendre avec nous, bien les entraîner et bien les graisser. On va les récupérer.

 

Et ce qui fut dit fut fait. On récupéra les Nazis, enfin ceux que les cocos n’avaient pas zigouillés.

 Quel gâchis ! Le grand-père de l’Empereur en pleurait.

 

On les récupéra avec l’aide du Pape. Le Pape était une espèce de chef Pasteur habillé, comme une princesse de conte de fée et avec un chapeau pointu, très drôle.

 

On avait divisé les Nazis en deux groupes. Vous voyez c’est toujours par deux. Après on ne sait plus combien ça fait. De toute façon ils ne savaient faire que deux choses c’est Nazi là. C’était pas la peine de compter plus. Il y avait ceux pour surveiller et ceux pour fabriquer les armes.

Du coup il y en avait plein partout et les bas peuples de tous les royaumes se moquaient d’eux et disaient qu’ils étaient méchants  parce qu’ils avaient zigouillé tous les Juifs dans leurs usines.

Les Nazis, ils étaient pas fier. Ils avaient honte. Alors ils disaient que c’était pas vrai et qu’ils avaient rien fait de mal, juste fait la guerre aux cocos qui étaient bien plus méchants.

Les bas peuples de tous les royaumes ne les croyaient pas et les accusaient de nier la vérité et de réviser les histoires.

A la fin, ceux qui niaient les histoires et les révisaient pour les raconter autrement, comme les Nazis, étaient des fieffés gros menteurs pour tout le monde, mais en plus grave parce que nier que les Nazis avaient Zigouillé les Juifs dans des usines c’était laisser penser qu’on pouvait recommencer encore un coup car il en restait quand même un peu des Juifs. Les Nazis lorgnaient toujours dessus. Ils n’étaient pas contents d’en avoir loupé. Ils auraient bien aimé que la solution soit vraiment finale et qu’on en parle plus.

Le bas peuple le savait et pour lui, être négationniste et révisionniste était très très très grave.

 

Si vous n’avez pas oublié, on en arrive à ce qui était marqué sur la feuille que PigeOnni ramenait chez lui, à son Journal Obligatoire le Grand Diffuseur.

 

C’était au tour de PigeOnni de sauver l’Empire de l’Huile du scandale.

 

Il procéda par ordre. D’abord rassembler la meute.

 

La meute était composée des chiens de garde de l’Empire.

Les chiens de garde avaient pour mission de garder l’histoire bien arrêter et de mordre bien fort le premier qui voulait la redémarrer.

Ils devaient tout de suite recopier la même histoire racontée dans le Grand Diffuseur, dans leur propre diffuseur, plus petit mais diffusé dans tous les recoins du royaume y compris dans les lucarnes, de telle sorte que tout le bas peuple, sans aucune exception, croie ce qui devait être cru.

Le Grand diffuseur disait ceci, la meute aboyait en cœur ceci. Le Grand Diffuseur disait cela, la meute aboyait en cœur cela. Ils étaient un peu comme le bas peuple du Railch’ rappelez-vous. C’était merveilleux concert de chiens de garde, pas une cacophonie.

Le Grand Diffuseur rameuta la meute et distribua à chacun ce qu’il devrait recopier soigneusement. Ils avaient juste le droit de changer quelques points ou quelques virgules, pour que le brave bas peuple ne s’aperçoive de rien. Il faut brouiller les cartes lançait-il aux chiens.

Le lendemain tout le monde pu lire dans son Diffuseur habituel ce que le Grand Maître des Secrets de l’Empire avait marqué dans la feuille qu’il lui avait donnée.

Il était dit comme une sentence d’un Tribunal d’Empire :

Attendu que le chef du Réseau Volant avait délibérément nié les vérités vraies de l’Empire, régulièrement et convenablement racontées dans tous les diffuseurs petits et grands.

Attendu que le chef du Réseau Volant avait révisé la dite histoire en la racontant autrement.

Attendu que le chef du Réseau Volant avait accusé l’Empire de Coup Fourré ce qui était crime de lèse-majesté.

En conséquence le chef du Réseau Volant était un infâme négationiste et révisionniste et en conséquence de la conséquence il voulait remettre ce qui restait de Juifs dans les usines à Zigouille.

C’était un peu tiré par les cheveux. Bon et pas facile à croire puisque le Réseau Volant avait plein d’ennuis et de procès avec les Nazis qui ne l’aimaient pas du tout. Mais c’était ça qu’il fallait croire un point c’est tout disaient les chiens de garde de l’Empire.

C’était quand même marrant que le Grand Maître des Secrets de l’Empire ait eu cette idée car c’était quand même le Comité des Huiles et des Armes et le grand-père de l’Empereur qui avaient graissé le petit Nazi à moustache pour qu’il devienne bien grand et bien méchant et qu’il zigouille les Juifs dans les usines.

C’est celui qui dit qu’il y ait, devait-on penser.

Cette affaire fit grand bruit et l’on commença à regarder le chef du Réseau Volant de travers et à ne plus croire ses histoires de Coup Fourré. Le tour était joué.

Brave PigeOnni !

Revenons à notre Petit Pion. On va conclure cette histoire.

Petit Pion reçut une convocation de l’usine de roues de bicyclette.

-         Tiens qu’est-ce qu’ils me veulent se dit-il ? Le travail est bidon !

Il s’y rendit tranquillement.

Là, on le fit entrer dans une grande salle. Devant lui il y avait une table où siégeaient des hommes graves à l’air sévère, comme des Pasteurs d’Empire. C’était comme un tribunal.

Il dut s’asseoir sur une chaise, loin de la table, et on lui demanda de regarder ses pieds car il allait se faire gronder.

On lui demanda, combien de roues il avait fabriqué pendant tout ce temps.

-         Mais, mais, répondit Petit Pion, travail bidon.

-         Comment ça travail bidon ! lui rétorqua-t-on

-         Qui t’a dit ça, qui t’a donné cet ordre !

-         Mais, mais ! dit Petit Pion qui ne pouvait rien dire car son Chef vénéré lui avait dit qu’il ne fallait rien dire que c’était illégal, que tout ça s’arrangerait.

-          Et c’est quoi tous ces billets blancs que tu as distribué à tout vent où il est raconté âneries et histoires à dormir debout. Mais tu es fou !

-         Mais, mais ! dit Petit Pion tout bas en pleurant.

Il ne comprenait plus rien, il avait seulement donné ces billets blancs à son chef vénéré le Grand Maître des Secrets  du Royaume.

-         DE-HORS ! Hurlèrent en cœurs les hommes sévères comme des Pasteurs. Tu es grillé !

Et Petit Pion s’en alla tout grillé et triste avec ses chaussures à clous, son chapeau melon et son parapluie de Petit Pion bien reconnaissable, il n’avait plus de travail.

Pendant ce temps, dans le bureau du Grand Maître des Secrets du Royaume.

Toc, toc, toc.

Entrez !  Dit le Grand Maître.

Nouveau Petit Pion ouvrit la porte et le «grand Maître » fut satisfait de son choix.

Nouveau Petit Pion portait admirablement bien les chaussures à clous réglementaires, le chapeau melon et  à son bras pendait le fameux parapluie qui permettait de reconnaître aisément tous les Petits Pions.

-         Nouveau Petit Pion, tu vas travailler pour moi.

-         Bien chef chef dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Bon, mais tu vas travailler pour moi en secret car je suis le Grand Maître des Secrets  du royaume.

-         Bien chef chef dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Donc Nouveau Petit Pion je vais te donner un travail bidon, une couverture en quelque sorte, mais tu travailleras pour moi.

-         Bien chef, chef dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Qu’est ce que tu sais faire Nouveau Petit Pion, à part remplir Le Livre ?

-         Je sais … faire des roues de bicyclettes, dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Bien bien dit le « Grand Maître » avec intérêt, alors tu feras… des tableaux bleus.

-         Mais chef chef dit Nouveau Petit Pion tout gêné, je ne sais pas faire les tableaux bleus.

-         Mais que t’est con Nouveau Petit Pion dit le « Grand Maître » ravi, tu n’en feras jamais des tableaux bleus, c’est une cou-ver-ture, tu comprends ça Nouveau Petit Pion, une cou-ver-ture !

-         Alors Nouveau Petit Pion voilà ta mission, tu vas déjà enquêter sur les Infamies

En effet, plusieurs Infamies avaient été commises dans la noblesse, et notamment par des ministres du Roi.

Nouveau Petit Pion allait s’en aller avec sa mission.

-         Ah Nouveau Petit Pion j’oubliais dit le « Grand Maître », tu vas également enquêter sur les « Sorcières qui Volent » et les « Loups-Garous ». On m’en a signalés.

-         Ah bon fit Nouveau Petit Pion étonné !

-         Oui, oui, c’est très important, ….. une mission de confiance !

 Et ainsi allait la vie dans le Royaume de France de  l’Empire de l’Huile.

 Vous voyez ! dit le père de famille en refermant le livre de contes à faire peur aux enfants, vous voyez, comme nos ancêtres étaient des barbares bien bêtes et bien méchants !

Bon ! N’y pensez plus, tout ça c’était pour rire et avoir très peur. Il n’y a plus d’Huile, plus d’Empire et plus de terre.

Allons, partons en vacance ! Et il mit le cap sur Alpha du Centaure.

 
Alain Benajam

Décembre 2002

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Published by Alain Benajam - dans Nouvelles
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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 17:55

Suite de: Le Grand Maître des Secret le grand Diffuseur  et le petit Pion  (2)

Mais revenons au Roi Rac dont les ennuis vont égaler ceux de Petit Pions

Donc pour empêcher le Roi Rac, l’Empire avait fait normalement appel à ses valeurs sures en Coup Fourré. Evidemment, il y avait le « Grand Maître des Secrets », son ami PigeOnni et tous ses Trouski sévères à lunettes et grosse tètes.   

 Ils lui avaient mis sur le dos une sale histoire de cassette où il était dit que du temps où il était seulement dauphin, il aurait piqué dans la caisse de la maison des pauvres de Paris pour s’acheter son habit de roi. C’est le Grand Maitre des Secrets qui avait eu cette idée, car le grand Maitre savait Tout sur le Roi. D’ailleurs, il savait Tout sur tout le monde. Facile. Il suffisait de le lire dans le Grand livre des secrets de tout le monde, que tous ses Petit Pions remplissaient consciencieusement.

Justement il avait une Petite Pionne sur cette affaire de maison des pauvres de Paris. Elle lui en avait donné tout plein de billets blancs où tout y était raconté. Ensuite il avait grillé la Petite Pionne avec son ami PigeOnni en racontant qu’elle était folle.

 Il en avait tremblé le Roi Rac et toutes ses pensées à gros cul avaient disparues.

Il avait du en raconter des tas d’histoires et des tas d’histoires dans la lucarne à histoires.

Mais bon, le bas peuple de France s’en foutait totalement de cette histoire de maison des pauvres et d’habits de Roi qui sentait le Coup Fourré même si c’en n'était pas.  

Car le bas peuple de France se foutait de tout et sentait souvent les Coups Fourrés, ce qui énervait particulièrement l’Empereur.

Le bas peuple de France avait cette particularité de s’en foutre et de rêver le nez au vent à tout ce qu’il pourrait se mettre pour se faire plaisir et bien se marrer.

Des lois aussi, il s’en foutait. Il y avait bien des lois au royaume de France mais c’était juste pour rire. Personne ne les respectait. Il y avait bien des flics pour faire  respecter les lois. Mais les flics s’en foutaient aussi.

Ils étaient joyeux les flics quand ils fêtaient l’heure de l’apéritif en faisant Pin Pon partout.

Aussi, ils passaient tout leur temps à s’espionner et à se chamailler alors des lois, vous pensez bien qu’ils s’en foutaient !

Pourtant, de temps en temps, pour rappeler qu’ils existaient, ils tapaient sur un « bougnoul » par hasard qui passait là par hasard. Il faut dire que les « bougnouls » du Royaume de France avaient toujours l’aire d’avoir fait une bêtise. Alors les flics disaient que s’ils ne savaient pas pourquoi ils tapaient sur le « bougnoul », le « bougnoul » lui savait pourquoi on lui tapait dessus. En plus c’était un proverbe « bougnoul » à propos de leur femme, alors…

 Le bas peuple de France avait une autre particularité. Quand il prenait sa voiture, c’était comme si il partait à la guerre. Il embrassait sa femme et ses enfants et faisait son testament et il avait très peur. Alors, pour se donner du courage, il buvait une bouteille et roulait très vite pour avoir peur moins longtemps.

Il en mourait beaucoup.

C’était vraiment comme la guerre.

Il y avait bien de gros gendarmes sur les routes pour arrêter ceux qui roulaient trop vite ou qui avaient bu une bouteille, mais pour s’arranger et pas se faire trop gronder le bas peuple proposait toujours une bouteille pour boire, au gros gendarme pas méchant qui demandait plutôt une caisse et on en parlait plus. 

Vous pensez donc comme l’Empereur et tous ses Pasteurs n’aimaient pas le Royaume de France ! C’était le foutoir, qu’ils disaient. 

On lui avait même dit, et il ne voulait pas le croire, non !  On du lui montrer dans une lucarne, que c’était vrai. Le bas peuple de France ne savait même pas faire la queue réglementaire à l’arrêt d’autobus.

Alors que le bas peuple de l’huile, lui savait parfaitement bien comment le premier de la file doit mettre le bout de sa chaussure juste au raz de la ligne, pas dessus surtout ! Au raz ! Et les autres savaient se mettre derrière bien en ligne, bien droite, derrière, sans se toucher bien sur, parce que le bas peuple de l’huile ne se touchait jamais. Les Pasteurs sévères veillaient.

Pour se toucher ? Eh ! Evidemment ! Des fois ils étaient obligés. Ils devaient boire une bouteille entière, comme l’Empereur. L’embêtant c’est que parfois ils se battaient !

 Et puis ils rentraient chez eux très vite et ils s’enfermaient et tiraient les volets, car le bas peuple de l’huile avait toujours peur, peur des Peaux rouges sanguinaires et des mexicains cruels et des cocos aux mains sales et maintenant des affreux bougnouls et il avait peur aussi des sorcières qui volent et de l’Enfer et de la Damnation.

Ils rentraient chez eux très très vite et, derrière les volets, ils tiraient sur tout ce qui bouge avec les armes que lui avait vendus le Comité de l’Huile et des Armes.

Et tous ceux qui n’étaient pas rentrés chez eux assez vite étaient touchés et souvent mourraient.

 Il en mourrait comme ça beaucoup, beaucoup.

Il y avait même une espèce d’horloge dans la ville de la Grosse Pomme qui comptait tous ceux qui mourraient.

Ding… tué par son voisin.

Ding… tué par sa femme.

Ding… tué par son chien.

 Il en était mort bien plus que tous les ennemis personnels et traditionnels de l’Empire n’avaient pus jamais en tuer.

Mais les Grand Diffuseurs de l’Empire bien graissés n’en parlaient jamais, car, s’ils en parlaient, le bas peuple de l’huile aurait eu plus peur des armes du Comité que des ennemis traditionnels et n’aurait plus acheter d’armes au super marché.

Bien entendu le comité de l’Huile et des Armes n’aurait pas aimé car cela du tout, vous pensez, le manque à gagner !

 
Mais revenons à notre Petit Pion Transmetteur Bidon car c’est bien lui le triste héros de cette histoire.

 Donc on rigolait bien derrière Petit Pion, tout le monde disait :

-         il est con Petit Pion avec ses histoires bidons, de sorcières, de spadassini, de Zigouille et de lunes volées.

Il était la risée de tous les comités secrets. Il y en avait beaucoup au royaume de France car pour sortir du bas peuple il fallait absolument appartenir à un comité secret et le dire bien haut avec des airs secrets.

Les chiens du Grand Diffuseur faisaient admirablement leur travail de le faire passer pour un con ce brave Petit Pion.

 Un jour, le 11-9 ou le 9-11 pour l’Empire, il y eut l’Effroyable Histoire. L’Empire avait commencé ses Terribles Actions d’Empire pour faire peur aux bas peuples pour qu’ils continuent à payer la rente exceptionnelle et sempiternelle au profit du Comité des Huiles et des Armes.

 
Pour expliquer un peu cette Effroyable Histoire, il faut dire que les membres du comité des Huiles et des Armes n’aimaient pas du tout la ville de la Grosse Pomme. Cette ville était pourtant dans l’Empire, mais ils ne l’aimaient pas pour plusieurs raisons. D’abord ses habitants venaient de partout du monde entier, il y avait des Rastaquouères, des Bougnouls, des Juifs, des Niakoués,  des peuples divers et variés que les membres du Comité avaient tous rassemblés sous le même nom: Métèques.

Ces métèques ne ressemblaient en rien au brave bas peuple chercheur d’huile de l’Empire. Ces métèques, en plus, n’avaient pas l’habitude de faire de la graisse avec de l’Huile comme tout le monde en ce temps là. Ils faisaient de la graisse… avec de la graisse et ils en faisaient beaucoup. Ils mettaient de la graisse dans une grande boite qu’ils appelaient La Bourse. Ils faisaient passer un  peu de temps, puis ils ouvraient la boite et, miracle, il y avait plus de graisse dedans. Les Pasteurs sévères d’Empire n’aimaient pas ça du tout. Ils disaient que c’était péché, que le temps appartenait à Dieu et pas à eux, que c’était irrégulier de faire de la graisse comme ça et que les honnêtes gens devaient faire de la graisse avec de l’Huile. 

Puis les habitants de la Grosse Pomme, avec la graisse facilement gagnée, ils s’amusaient. Ils dansaient en riant et buvaient des bouteilles et les Pasteurs sévères d’Empire n’étaient pas contents que l’on boive comme ça des bouteilles sans faire des enfants après.

Les Pasteurs grondaient très fort en montrant le ciel du doigt et en fronçant les sourcilles.

 Ils disaient que Dieu allait les punir comme il avait puni Babylone dont les habitants se comportaient comme ça en riant et en chantant tout le temps, c’était dit dans leur bible. Dieu avait brûlé Babylone et détruit la grande tour construite par un tas de métèques.

Alors Babylone Grosse Pomme avec ses deux tours à métèques, allait subir le même sort !

 Ainsi ce qui fut dit fut fait !

 Car Dieu fait toujours ce qu’il dit et dit toujours ce qu’il fait !

Plein de Petit Pion d’Empire dynamitèrent les deux tours de Babylone grosse pomme et pour faire plus joli ils y jetèrent deux avions téléguidés dedans.

 Puis, pour faire plus vrai et bien plus méchant, ils envoyèrent un missile volant dans la maison des soldats de l’Empire, mais sans les officiers dedans, évidemment.     

Comme prévu, on mis ça sur le dos des Horribles Bougnouls d’Al Dada.

 Et le lendemain dans toutes les lucarnes :

 Ah ! Al Dada !

Ah ! Al Dada !

 Petit Pion qui n’était pas si con,  avait appris à distinguer les vraies histoires des fausses quand il remplissait Le Livre. Il vit bien que tout ça ne collait pas et que cela avait tout l’air d’un Coup Fourré.

Tout excité, il appela le Grand Maître des Secrets  son chef vénéré.

 -         Chef chef, c’est un Coup Fourré. Je peux enquêter sur l’Effroyable Histoire ?

-         Mais bien sur Petit Pion lui répondit le Grand Maître en se frottant les mains.
Eh ! Eh ! Eh ! Il voyait tout le parti à en tirer. Si on mélangeait cette histoire avec les autres, on mettrait tout à la poubelle d’un coup. 

 Petit Pion avait des amis au Réseau Volant. Il les avait connus du temps où il devait remplir le Livre des Histoires. Il avait du les surveiller. Mais à force de les surveiller, il s’en était fait des amis.

Ils lui avaient dit, les gars du Réseau Volant :

-         Ecoute Petit Pion t’es là dehors à nous surveiller, tu vas prendre froid ! Viens donc prendre un café, tu pourras mieux nous surveiller. 

 Car les gars du Réseau Volant se foutaient totalement d’être surveillé par Petit Pion. D’ailleurs ils lui racontaient Toutes les Histoires et Petit Pion en avait écrit des billets blancs pour le Grand Maître des Secrets. C’est pour ça qu’il était bien noté. Car des  histoires de Coup Fourré avec ou sans Trouski sévères, le Réseau Volant en connaissaient plein.

 Quand il y eut l’Effroyable Histoire, les gars du Réseau Volant virent bien que c’était Coup Fourré. Ils avaient tout vu sur la Grande Toile à Histoire qu’ils savaient bien utiliser.

Bien sur ils ne connaissaient pas encore le nouvel art consommé du Véritable Coup Fourré où tout est montré.

Et ils étaient tout étonnés.

 Ils en avaient parlé avec Petit Pion leur ami et ensembles ils étaient excités mais excités !

Petit Pion lui, courait partout, et il en parlait à son chef vénéré, Le Grand Maître des Secrets qui lui disait :

 -         Va Petit Pion cours et cours, parles et parles du fameux Coup fourré de l’Effroyable Histoire. Tu as ma bé-né-dic-tion.

 Petit Pion en avait parlé beaucoup avec d’autres Petits Pions et des Petits Pions plus secrets encore.

Petit Pion leur avait même présenté son ami le Chef du Réseau Volant et tous lui avaient dit :

-         Il faut écrire le livre Réseau Volant, sur cette Effroyable Histoire. On est derrière toi ! oui bien derrière répétèrent-ils tout bas.

 Le chef du Réseau Volant qui avait déjà commencé à raconter cette Effroyable Histoire sur la Grande Toile à Histoire et était déjà très écouté, écrivit son Livre intitulé: « l’Effoyable Histoire d’un Coup Fourré».

Cependant il ne trouvait pas d’éditeurs. Ils avaient tous peur ou étaient bien trop graissés. Il demanda donc à Petit Pion de lui en trouvé un. Petit Pion demanda à son chef vénéré le Grand Maître des Secrets. Celui-ci lui dit :

-         J’en connais un et il sera parfait. Va voir de ma part les éditions de « La Voie de Garage ».

 Le Grand Maître de Secret connaissait bien cette maison d’édition qui lui servait souvent à jeter les Histoires. Dans cette maison on publiait exactement par moitié des calembredaines rigolotes et des vérités vraies à cacher et tout était savamment mélangé. Du coup on ne savait plus ce qui était vérité et calembredaines. Ce serait parfait pour le chef du Réseau Volant.

 C’est là que l’histoire dérape et tout faillit rater.


(A suivre)


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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 18:45

 Le début d'une bonne bibliographie.


La Fin des Certitudes                                                                   Ilya Prigogine (œuvre maîtresse)

http://www4.fnac.com/Shelf/Article.aspx?PRID=1193682  

 

L’artiste et la Cour                                                                       Martin Warnke (œuvre maîtresse)

http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/2735103439/?id=142421154364069&donnee_appel=REF05&fulltext=artiste&sv=X_L

 

Le Moyen Age, une Imposture                                             Jacques Heers (et  son œuvre historique)

http://www.amazon.fr/Moyen-Age-une-imposture/dp/2262008604/ref=sr_1_6/171-9352031-1146629?ie=UTF8&s=books&qid=1173631570&sr=1-6

 

Initiation à l’Art des Cathédrale                                                          Jean Cosse

http://www.alapage.com/mx/?tp=F&type=1&l_isbn=273690253X&fulltext=&nopp=1&donnee_appel=REF05

 

Construire au Moyen Age                                                                      Viollet le Duc

http://www.amazon.com/Construire-Moyen-Age-Viollet-duc/dp/284048160X


Le Monde des Villes au Moyen Age                                                    Simone Roux

http://www4.fnac.com/Shelf/Article.aspx?PRID=1117827

                                 

La première Révolution européenne                                                 Robert I . Moore

http://www4.fnac.com/shelf/article.aspx?PRID=1193866&SID=c3fb6937-bb8f-c1d0-6f46-012eb15a0eba&UID=148DB5767-D98D-AFCD-7F70-AB7C8AC71308&Origin=fnac_yahoo&OrderInSession=1&TTL=070920071752&Fr=20&To=0&Ra=-1

                                                               

La Révolution industrielle du Moyen Age                                  Jean Gimpel (et son œuvre historique)

http://www.amazon.com/r%C3%A9volution-industrielle-Moyen-%C3%82ge/dp/2020541513/ref=sr_1_11/104-9001105-7243947?ie=UTF8&s=books&qid=1173632238&sr=1-11

 

La Renaissance du XII e Siècle                                                         Jacques Verger

http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/2204054542/?id=142421154364069&donnee_appel=REF05

 

L’Economie française au Moyen Age                                                Alain Derville

http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=149017&Mn=5&Origin=fnac_yahoo&Ra=-1&To=0&Nu=4&Fr=3

 

La Philosophie médiévale                                                                Alain de Libéra  (et son œuvre)

http://www.amazon.fr/Philosophie-m%C3%A9di%C3%A9vale-Alain-Libera/dp/2130543197

 

La Cité Antique                                                                    Numa Fustel de Coulange (œuvre maîtresse)

http://www.amazon.fr/cit%C3%A9-antique-Coulanges-Fustel/dp/2080811312

 

Le Manifeste Communiste                                                                         K. Marx et F. Engels

http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm

 

L’origine de la Famille de la Propriété privée et de l’Etat                    F.Engels

http://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000.htm


Le Discours de la Méthode                                                                        Descartes

http://classiques.uqac.ca/classiques/Descartes/discours_methode/discours_methode.html

 

Dictionnaire historique de la Langue française.                                 Alain Rey

http://www.amazon.fr/Dictionnaire-historique-langue-fran%C3%A7aise-volumes/dp/2849022365

L’ethnométhodologie                                                                               Alain Coulon

http://www.puf.com/Book.aspx?book_id=004919

L’Impérialisme Stade suprême du Capitalisme                                V.I. Lénine

http://www.amazon.fr/Limp%C3%A9rialisme-stade-supr%C3%AAme-du-capitalisme/dp/2209053404

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 11:07

Suite de: Le Grand Maître des Secrets le grand Diffuseur et le petit Pion (1)


Notre « Grand Maître des Secrets » de retour vers le royaume de France était perplexe et un peu déçu. L’Empire de l’huile avait changé d’ennemi. Ce n’était plus le « coco ». Ce n’était pas qu’il aimait le « bougnoul » non, mais le « coco » quand même il avait passé des années et des années à le traquer. Il en avait passé du temps à le remplir, son « Grand Livre des Cocos ». Ils étaient tous là ou presque les «gauchisants », les « apparatchiks », les « moscoutaires». Que des qualificatifs sérieux. Il en était fier. Il y avait même quelques juifs à errer là, dans son livre, avec quelques pédés. Ca avait de la gueule ! Il aurait attendu le grand soir de La Rafle, il aimait ce mot, La Rafle, il en frissonnait de plaisir.

Tous au stade ! Comme ils auraient couru les cocos !

 Ben non !. Il soupirait avec nostalgie notre « Grand Maître des Secrets ». Il fallait se rendre à l’évidence, l’Empereur de l’Huile avait raison. Ils ne pouvaient plus servir à rien ces foutus cocos.

Pourtant l’Empereur  avait bien essayé de les réveiller un peu, ils avaient même trouvé un « Boucher des Balkans». Tu parles d’un boucher ! Il a été vite usé.

L’Empire avait le besoin vital d’un ennemi. Il en avait toujours trouvé de terribles : des Peaux Rouges sanguinaires, des espagnols veules, des mexicains cruels et… des « Coco au couteau entre les dents». Le « bougnoule » voilà un bel ennemi mieux que le Peau Rouge sanguinaire ou le mexicain cruel, il était affreux le « bougnoule » et en plus il avait de l’huile, on pourrait la lui piquer !

 
De retour au pays, notre « Grand Maître des Secrets » se mit au travail. Il avait bien compris la leçon de Fort Drague.

Bon ! Se dit-il, pour jeter des histoires, il me faut un Petit Pion Transmetteur Bidon.

Il chercha parmi la liste des Petits Pions qu’il avait pour remplir son « Grand Livre des Cocos », celui qui ferait l’affaire.

Il en trouva un, bien noté, dur à la tâche pour le Livre, toujours obéissant et ne posant pas de questions stupides du genre «et la liberté ? ».

Il le convoqua.

Le lendemain, toc toc toc, c’est Petit Pion qui venait au rapport.

Entrez dit le Grand Maître. Petit Pion ouvrit la porte et le « Grand Maître » fut satisfait de son choix.

Petit Pion portait admirablement bien les chaussures à clous réglementaires, le chapeau melon et, à son bras, pendait le fameux parapluie qui permettait de reconnaître aisément tous les Petits Pions.

  -         Petit Pions, tu vas travailler pour moi.

  -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

 -         Bon, mais tu vas travailler pour moi en secret. Je suis le Grand Maître des Secrets  du royaume.

 -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

-         Donc Petit Pion, je vais te donner un travail bidon, une couverture en quelque sorte, mais tu travailleras pour moi.

 -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

-         Qu’est ce que tu sais faire Petit Pion, à part remplir Le Livre ?

-         Je sais … faire des tableaux bleus dit Petit Pion tout heureux.

-         Bien bien dit le « Grand Maître » avec intérêt. Alors tu feras… des roues de bicyclettes.

-         Mais chef chef dit Petit Pion tout gêné, je ne sais pas faire les roues de bicyclettes.

-         Mais que t’es con Petit Pion dit le « Grand Maître » ravi, tu n’en feras jamais des roues de bicyclettes, c’est une couverture. Tu comprends ça Petit Pion, une cou-ver-ture !

-         Alors Petit Pion voilà ta mission : tu vas déjà enquêter sur Les Zigouilles.

 

En effet sous le règne précédent plusieurs zigouilles avaient eu lieu dans la noblesse, dont celle du Grand Chambellan du Roi.

Le Grand Maître des Secrets savait parfaitement Tout sur cette Zigouille : qui avait zigouillé et  pourquoi. Il avait organisé l’étouffement de l’histoire, mais le bas peuple  jasait.

Et il voulait mettre en application ce qu’il avait appris chez l’Empire de l’huile à Fort Drague et «jeter cette histoire à la poubelle » en utilisant Petit Pion comme transmetteur bidon.

 -         Petit Pion allait s’en aller avec sa mission.

-         Ah Petit Pion, j’oubliais, dit le « Grand Maître ». Tu vas également enquêter sur les « Sorcières qui Volent » et les « Loups Garous ». On m’en a signalés.

-         Ah bon fit Petit Pion étonné !

-         Oui oui, c’est très important. Une mission de confiance.

-         Bien chef chef !

 
Le lendemain Petit Pion se rendit à la fabrique de bicyclettes. Il entra par la grande porte et sortit tout de suite par une petite dérobée. Le Grand Maître des Secrets avait appelé le patron de la fabrique. Il savait Tout sur lui. Alors le patron ne pouvait rien lui refuser. Petit Pion n’aurait certainement pas à fabriquer des roues, d’ailleurs il ne savait pas.

 Petit Pion mena son enquête sur les Zigouilles. Il était parfait Petit Pion et il savait y faire. Tout le monde savait maintenant qu’il enquêtait sur les Zigouilles. Evidemment, avec ses chaussures à clous, son parapluie et son chapeau melon, il ne pouvait passer inaperçu. Les chiens du Grand Diffuseur le suivaient à la trace, la «machine à jeter les histoires à la poubelle » était en marche.

Et Petit Pion tous les soirs apportait ses billets blancs au Grand Maître de Secrets  sur lesquels étaient soigneusement consignés tout ce qu’il avait recueilli sur la Zigouille, comment les « spadassini » du Capitaine Pastaga avaient zigouillé le Grand Chambellan car il savait Tout sur eux et sur le Roi.

Puis sur les « Sorcières qui volent » et les « Loups-garous ». La,  c’était plus difficile. Il paraîtrait qu’une nuit une vielle femme…. Il ne savait trop que dire, mais il le disait. C’était la l’important. Brave Petit Pion !

 Le Grand Maître des Secrets appela un soir son ami PigeOnni, le patron du  Grand Diffuseur . C’était Le Journal Obligatoire du royaume, dans lequel tout ce qui devait être cru était dit.

Ils se connaissaient bien. Ils s’étaient plusieurs fois rencontrés chez l’Empereur de l’huile. Le patron du  Grand Diffuseur  était également Grand Laudateur d’Empire et de ce fait, on avait pris coutume dans le royaume d’appeler « pigeons » les grosses têtes à lunette et mains blanches qui lisaient toujours dans le « Journal Obligatoire » en faisant des Oh ! et des Ah ! ce qui devait être cru.

 
- Dis donc PigeOnni ,  lui dit le Grand Maître,  j’ai là des billets blancs très rigolos, tu voudrais pas jeter un œil ? C’est pour mettre une sale histoire à la poubelle. Tu te souviens des cours de Fort Drague ? 

-         Bien sur Grand Maître dit PigeOnni,

 Ils se respectaient car Le Grand Maître savait Tout sur PigeOnni et PigeOnni savait Tout sur le Grand Maître. PigeOnni venait de l’île du Capitaine Pastaga où l’art de la Zigouille et du Coup Fourré était enseigné dès l’enfance.

-         Donne. Je vais les filer à mon fidèle  lieutenant le Trouski La Plaine. Tu vas voir, il fait merveille dans le Coup Fourré.

 La Plaine était de la race des Trouskis, sorte vague de coco. Mais pas des cocos à mains sales qui faisaient très peur, non ! Des cocos à mains blanches et fines, à lunette et grosse tête pour les salons et qui vous regardent d’un air sévère et accusateur.

Dans la multitude des familles Trouski il y en avait une particulière, les La Berre.

 
Le Trouski La Berre était le plus raffiné dans l’art délicat du Coup Fourré. Il s’introduisait partout. L’entrisme qu’ils disaient. L’Empire de l’huile avait bien joué à la Grande Magouille avec eux du temps où il y avait deux Empires. Bien sur l’Empire de l’Huile avait continué à jouer avec les Trouskis La Berre. Il les connaissait bien et il les appréciait.

L’Empire en avait même nommé un Grand Chambellan du Roi Rac de France. Car l’Empire de l’huile se méfiait du Roi Rac et l’avait à l’œil. 

Et le Trouski La Berre pour surveiller c’était vraiment son truc. En plus celui la, il avait été Pasteur comme ceux de l’Empire.

Il était tellement sévère ce Trouski Pasteur que, quand il regardait le Roi Rac comme ça tout droit et tout sévère, le Roi  Rac était très gêné et ne savait plus où se mettre, car il pensait que le Pasteur Trouski lisait les pensées des gens à force de les surveiller et de les gronder. Et les siennes, ses pensées, étaient toujours pleines de gros culs et de gros nichons.

Car pour un Trouski La Berre et Pasteur les gros culs et les gros nichons c’était  très grave et pouvait vous conduire direct à l’enfer du peuple.

C’est pour ça que l’Empereur les aimait ces Trouskis sévères. Ils lui rappelaient ses Pasteurs sévères d’Empire à lui pour qui gros cul et gros nichons étaient  Enfer et Damnation.

 
Ce Roi Rac dégouttait  vraiment l’Empereur depuis qu’on lui avait dit qu’il mangeait de la tête de veau. Il en avait vomi et il avait du boire une bouteille tout entière et il était tombé par terre et s’était fait très mal avec une grosse marque rouge sur la figure.

Son Grand Maître des Secrets avait du raconter une histoire de Bretzel qui avait fait bien rire le bas peuple.

Et puis surtout il lui obéissait bien mal ce Roi Rac, à contre temps. Parfois il n’en faisait qu’à sa tête et oubliait les ordres, tout occupé qu’il était à la tête de veau, aux gros culs et aux gros nichons.

Un jour, exaspéré, l’Empereur avait essayé de le faire empêcher ce Roi Rac de merde.

Ils disaient comme ça, dans l’Empire quand un Empereur n’obéissait plus au Comité des Huiles et des Armes, on l’empêchait.

 Là il faut parler de « l’empêchement ».

 Ce mot était utilisé entre les membres du Comité des Huiles et des Armes quand ils voulaient se débarrasser d’un Empereur ou d’un Roi. Il fallait, disaient-ils au début, l’empêcher de faire une bêtise.  Après on a dit « empêché » tout court.

Il arrivait, rarement rassurons nous cet empêchement, mais il arrivait qu’un Roi ou même un Empereur oublie par qui il avait été nommé et à qui il devait obéissance. C’était semblait-il les effets des fêtes perpétuelles, des bals de la cour, des jolies marquises avec leur travail soufflé et ils croyaient qu’ils étaient vraiment Empereur ou Roi.

Il arrivait également rarement, rassurons nous, qu’un bas peuple d’un quelconque royaume secondaire auquel on n’avait pas prêté suffisamment attention, élise un Roi sans l’accord du Comité des Huiles et des Armes de l’Empire, un Roi illégal en quelque sorte. Là les bêtises pouvaient être très grosses. Il pouvait penser, c’était très ennuyeux, que l’huile qui coulait dans son royaume était à lui et qu’il pouvait en disposer à sa guise.

Le comité des Huiles et des Armes avait une liste soigneusement tenue à jour des empêchements à réaliser. Cette liste était transmise au Grand Maître des Secrets de l’Empire qui se chargeait de l’exécution. (C’était le cas de le dire).

Du temps de cette histoire la liste était un peu longue et le comité s’impatientait.

Il y avait le Roi d’Irak ayant tant et tant d’Huile et ne voulant rien donner du tout, qu’il avait été désigné comme le plus méchant.

Puis le Roi du Venezuela, pareil. Il voulait garder toute son Huile.

Depuis très longtemps, il y avait le Roi de l’île à cigares. Le Comité n’avait pas réussi à l’empêcher malgré des années de Coups Fourrés de toutes sortes. Puis on l’avait oublié là. Il faut dire qu’il n’avait pas d’Huile, alors…

Deux types d’empêchements pouvaient être appliqués, le petit et le grand. En fait, avec le grand, on avait droit à la Zigouille.

Et il y avait sur cette fameuse liste notre Roi de France qui avait été inscrit en petit empêchement tant qu’il ne faisait qu’énerver les membres du Comité. Mais il venait tout juste d’entrer dans la liste du grand depuis qu’il continuait à fricoter avec le Roi d’Irak alors que c’était devenu formellement interdit par l’Empire.

Il avait notamment fait échouer un premier Coup Fourré qui aurait aisément permis à l’Empire de piquer toute l’Huile d’Irak des plus facilement. Evidemment c’était gravissime.

Evidemment, il avait signé là son arrêt de grand empêchement.

 Ce n’était pas la première fois qu’un Roi de France était sur cette liste noire. Il y avait eu plusieurs années auparavant le Général de France. Il était devenu Roi grâce à l’Empire, pour remettre de l’ordre, car en ce temps là, la France était un petit Empire régnant sur quelques sous-royaumes  africains. Parmi ceux-ci un sous-royaume remplit d’Huile dont les habitants, des Bougnouls en plus, s’étaient mis dans la tête de s’associer avec  l’Empire des cocos aux mains sales. Mais une fois sur le trône, au lieu de mater tout ça, il dit aux Bougnouls qu’ils pouvaient garder leur huile et fricoter avec qui ils voulaient.

Boum ! Patatraque pour l’Empire. Quelle claque ! Il fut mis sur la liste en vitesse avec Zigouille à la clef. Il en réchappa plusieurs fois comme par miracle mais les balles ont sifflé.

Alors on lui mit le bazar dans son Royaume avec tout un tas de cocos aux mains blanches et à grosses têtes. Il y avait toutes sortes de familles de cocos aux mains  blanches, Trouskis ou non, que l’on n’avait jamais vues avant et qu’on ne reverra jamais plus après. Les cocos aux mains sales avaient été prévenus par leur Empire qui existait encore, que c’était Coup Fourré. Alors ils courraient partout et criaient « Camardes ! Halte à la provocation ! » Et les autres, ils leur lançaient de drôles d’insultes que personne ne comprenait sauf eux : « sociale traître », « réviso », « train en marche ». Enfin on pensait que c’était des insultes parce qu’après, les cocos aux mains sales avaient l’air très en colère et tapaient sur les cocos aux mains blanches comme des CRS, mais en pire. Si vous aviez déjà vu des mains de cocos aux mains sales vous comprendriez.  Puis ce fut l’été et les cocos provisoires aux mains blanches durent partir sur la cote d’Azur en vacance car ils avaient réservé depuis longtemps. Le Général de France à la fin fut tellement dégoutté qu’il partit tout seul comme un grand et l’Empire fut soulagé.

 Ce n’est pas comme le Roi Rand qui avait été le chouchou de l’Empire. Il a fait la guerre de l’Huile comme il fallait, comme l’Empire lui avait demandé, sans rechigner. Le Roi Rand a commencé en étant ami avec les Nazis français sauvés par l’Empire. Le chef flic Nazi qui avait commandé la rafle des Juifs de Paris pour les conduire dans les usines à Zigouille avait organisé son graissage pour qu’il s’achète ses habits de Roi. Puis il était ami avec les Trouskis La Berre qui avaient bien joué à la Grande Magouille avec lui. Tout ce beau monde se retrouvait le dimanche à table. Le dialogue était fameux.

Le Nazi, la bouche en cul de poule :

-         « Pouvez-vous me passer le sel cher ami »

Le Trouski sévère :

-         « Assurément cher ami, voici. Et comment vont les affaires ? »

Le Nazi, la bouche en cul de poule :

-         « Très bien cher ami, la graisse s’accumule, vous en prendrez bien encore un peu ? »

Le Trouski sévère :

-         « Pourquoi pas cher ami, on me dit qu’elle a moins d’odeur ces temps-ci ».

-         et bla bla bla et bla bla bla

On ne lui a jamais rien mis sur le dos au Roi Rand. Pourtant il s’est graissé comme il a pu, et il pouvait beaucoup. Quand aux Zigouilles, ça tombait comme des mouches sous le « Fly Tox » autour de lui. Mais l’Empire avait dit : « Pas touche ! » Et les chiens de garde lui léchaient les mains en jappant de plaisir.

 
Mais revenons au Roi Rac dont les ennuis vont égaler ceux de Petit Pions

(A suivre)

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 16:35

 

 

 Le Grand Maître des Secrets, le Grand Diffuseur, et le Petit Pion.

 

 

Conte pour enfants…

à dormir debout.

 



                                                                              A mon ami le Petit Pion pour qu’il comprenne le monde.

 

 

C’était durant la période de l’Huile. Il existait un Empire très puissant qui obligeait le monde entier à utiliser l’Huile qu’il récoltait partout sur la planète. On l’appelait l’Empire de l’Huile.

L’Empire de l’Huile avait divisé la terre entière en une multitude de Royaumes qu’il contrôlait tous de très prêt pour qu’ils achètent très chère la plus grande quantité d’Huile possible.

Les savants docteurs de l’Empire avaient beaucoup réfléchi sur la manière d’organiser les Royaumes. Ils avaient, disaient-ils, rationalisé l’organisation pour ne pas se tromper dans la manière de les commander. Ils étaient tous organisés de la même façon.

Le bas peuple de chaque Royaume pouvait choisir son Roi. On appelait cela la démocratie. Mais pour être sur que le bas peuple choisisse un bon Roi bien fidèle à l’Empire, on avait limité son choix à deux Rois.

Cette rationalisation nécessaire trouvée magnifiquement par les grands docteurs d’Empire était appelée bipolarisation, car, disaient-ils, le bas peuple étant incapable de compter plus que deux. Il fallait toujours lui proposer le choix entre deux choses.   

On lui proposait donc soit un Roi qui devait tenir son sceptre de la main droite, soit un autre Roi qui devait tenir son sceptre de la main gauche. C’était la même chose bien sur. Ils étaient pareillement fidèles à l’Empire puisque c’était l’Empire qui les avait choisis et convenablement bien entraînés au métier de Roi de l’Empire et surtout convenablement bien graissés, car avec l’Huile on faisait surtout de la graisse pour faciliter toutes choses, mais c’était démocratique de pouvoir choisir son roi.

Comme on pouvait choisir son roi, on pouvait également choisir le décor du royaume. Mais, toujours pour rationaliser, on avait laissé aux bas peuples le choix entre deux décors possibles. L’un  était appelé « monarchie constitutionnelle ». C’était avec Reines, Princesses, Princes plus ou moins charmants et carrosses dorés, comme celui de Cendrillon avec la citrouille, puis avec soldats de bois tous chamarrés qui marchaient comme ça toc-toc-toc comme des pendules de bois et le bas peuple, les yeux embués de larmes, criait « Dieu sauve la reine !». Il y avait même un peuple qui chantait à tue tête « Britannia roule les vagues » car il voulaIt rouler tout le monde, même les vagues.

L’autre décor plus austère et moins fantaisiste était appelé « République ». C’était avec barricades et Liberté aux seins nus très virile, avec discours enflammés sur la Fraternité et l’Egalité, et le bas peuple, les yeux embués de larmes, criait « Vive la République ! ». Bon on sortait le décor, seulement deux ou trois fois par an juste pour  détendre l’atmosphère. Après que les décors avaient été bien rangés, c’était pareil, exactement pareil.

 

Il y avait un vrai Roi de l’Empire qui disait : « l’Etat c’est moi !».

 

A la tête de l’Empire il y avait évidemment un Empereur que le bas peuple de l’Empire choisissait tous les quatre ans parmi deux Empereurs possibles, toujours à cause de la bipolarisation, car le bas peuple de l’Empire savait encore moins compter que les autres disaient les savants. Et il fallait respecter la démocratie.

Mais, me direz vous, qui choisissait là les deux Empereurs possibles ? On allait quand même pas laisser au bas peuple la possibilité de choisir n’importe qui !

Qui n’aurait peut être pas obligé le monde entier à acheter l’huile ?

Non ! Bien sur !

Qu’il y avait-il au-dessus de l’Empereur pour gouverner pour de vrai ? 

Et… qui n’était surtout pas choisi par le bas peuple ? La, c’était du sérieux.

 

Il y avait un Comité qu’on appelait Comité des Huiles et des Armes.  Pourquoi des armes ? Parce qu’il en fallait beaucoup et beaucoup des armes pour obliger à acheter l’Huile et pour aller la prendre à ceux qui en avaient chez eux. Et le bas peuple devait payer la rente exceptionnelle et sempiternelle pour  les armes et pour l’huile au comité qui transformait tout ça en graisse qu’il mettait dans une grosse caisse dont le chef secret avait la clef.

 

C’était les membres du comité qui choisissaient les Empereurs possibles. En général ils les prenaient dans leur famille c’était plus facile et ils choisissaient souvent un bon à rien. C’était pour rationaliser, parce que, disaient-ils, il n’aurait rien à faire. C’était toujours eux qui faisaient. Et le bon à tout ils le gardaient secret pour fabriquer les Coups Fourrés. C’était le Grand Maître des Secrets de l’Empire, l’homme le plus puissant véritablement.

 

Le Grand Maître des Secrets de l’Empire avait la charge très lourde de surveiller tous les Royaumes du monde, pour que les choses continuent exactement ce qu’elles étaient. Ils ne voulaient pas d’histoires. D’ailleurs ils avaient décrété la fin de l’histoire pour au moins 1000 ans.

 

Là, on entre de plein pied dans l’organisation très secrète du Grand Maître des Secrets de l’Empire et dans cette lamentable histoire.

Le Grands Maître des Secrets de l’Empire avait deux activités : surveiller le monde et organiser des Coups Fourrés dans le cas où certains voulaient redémarrer l’histoire arrêtée. Il avait trouvé, avec les grands docteurs de l’Empire, que le Coup Fourré était le plus efficace pour arrêter l’histoire quand elle donnait des signes pour vouloir faire quelque chose.

 

Mais surveiller tout le monde, c’était trop compliqué. Il fallait décentraliser. Le Grand Maître des Secrets avait donc sélectionné dans chaque Royaume, parmi un grand nombre de candidats, un Grand Maître des Secrets qui était ensuite convenablement entraîné et surtout bien graissé.

 

 

Voilà la véritable histoire qui commence.

 

Il était une fois, le grand maître des secrets du royaume de France, qui allait chez l’Empereur de l’huile, dans une jolie maison très bien gardée appelée Fort Drague, pour y être enseigné dans le nouvel art subtil et délicat du coup fourré où tout est montré.

 

Les savants docteurs de l’Empire avaient trouvé ça très rationnel parce que la communication était partout presque autant que l’Huile et il fallait tout montrer pour que l’on pense que l’Empire n’avait rien à cacher.

L’Empire des cocos aux mains sales avait justement disparu à cause de ça, par ce que tout le monde pensait qu’il cachait quelque chose même quand il ne cachait rien. Il avait toujours l’aire de cacher un mauvais coup et tout le monde s’en méfiait et tout le monde fut soulagé quand il disparut.

 

 A cet effet, le Grand Maître des Secrets du Royaume de France eut un cours de communication particulièrement intéressant intitulé : «Comment mettre une histoire à la poubelle». A côté des autres élèves, chaque Grand Maître des Secrets d’un royaume de l’Empire de l’Huile écoutait attentivement le savant universitaire expliquer au tableau noir comment se racontent les histoires.

 

Le savant universitaire spécialiste en communication expliquait doctement:

« La communication se réalise entre individus alors que la majeure partie des informations échangées est déjà connue et validée par les deux interlocuteurs. Les interlocuteurs se croient mutuellement»

« Très peu d’informations nouvelles circulent entre eux»

« Si, par contre, plus d’informations inconnues sont échangées, plus le processus de validation devient difficile. L’incompréhension s’installe et avec, la méfiance »

« Et, si l’un des interlocuteurs a connaissance par un tiers qu’une seule information reçue est fausse, la validation ne pourra se réaliser même sur l’ensemble des informations transmises, parmi lesquelles sans doute de vraies informations. L’interlocuteur incriminé qualifié par l’autre de menteur ou de fou perdra toute crédibilité ».

«Donc des informations vraies seront considérées comme fausses ».

 

Voici, dit notre savant, la base technique de l’art subtil du Coup Fourré où tout est montré.

Masquer des histoires fâcheuses pouvant être connues, par d’autre aisément reconnaissables par tous comme fausses.

 

Le diffuseur devenant rigolo peut maintenant raconter tout ce qu’il veut. Il pérore au vent.

 

Après le savant universitaire de la communication vint le Général d’Empire tout engalonné :

 

« Messieurs, votre attention ! »

« L’Empire du froid et des cocos aux mains sales,

notre ennemi intime et chaleureux

et qui faisait bien peur,

a disparu sans préavis

ce qui est très mal poli. »

 

« Le Comité des Huiles et des Armes est très en colère,

car le bas peuple a moins peur,

et ne veut plus payer la rente exceptionnelle

et sempiternelle

pour sa protection qu’il juge maintenant inutile ».

 

« Ceci est un manque à gagner

très important pour  le comité. »

 

« En conséquence et ayant bien réfléchi

sur la nécessité d’avoir un ennemi

plus fiable et faisant plus peur,

le Comité a décidé qu’il le fabriquerait lui-même !».

 

« Il pourra comme ça jouer avec, sans craindre de mauvaises surprises comme avec les cocos aux mains sales (ces bons à rien) ».

« Ce sera comme un jeu d’échec où l’on joue tout seul en retournant l’échiquier pour que la partie dure plus longtemps. »

« Cet ennemi serait appelé « l’Affreux Bougnoul » qui serait encore plus moche et plus méchant que le coco qui ne fait plus peur et fait même rigoler les grands-mères ce qui est un comble ».

« Le Comité des Huiles et des Armes qui est très économe, Dieu le bénisse, a trouvé qu’ayant déjà trop d’Affreux Bougnouls  payés à rien faire, car ils étaient utilisés pour jouer contre l’Empire des cocos qui avait disparu, il pouvait les utiliser maintenant pour faire le magnifique et horrible ennemi dont l’Empire de l’huile a tant besoin ».

 

Il continua : « Nous avons donc créé une organisation « d’Horribles Bougnouls » appelée Al Dada, chargées d’exécuter les plus horribles et fantastiques actions que le coco au mains sales le plus dépravé n’aurait jamais pu imaginer tout seul, a cause du manque total d’imagination de ce stupide ennemi de ce fait, trop vite disparu.»

« Ainsi dès que vous entendrez Ah !Al Dada quelque part vous saurez que c’est nous ce qui sera très pratique »

 

« Cependant », continuait le général d’Empire gravement tout engalonné, 

« cependant… Jouer tout seul présente un risque. Le bas peuple qui paye la rente exceptionnelle et sempiternelle pourrait finir par s’en apercevoir et ne plus vouloir payer ».

Il en eut une vive émotion à cette idée et on ne vit pas ses yeux embués derrière ses Ray Ban. « Le Comité des Huiles et des Armes qui vous graisse largement et qui vous a enseigné, fera appelle à votre nouvelle science du Coup Fourré où tout est montré, dont le nom de code est « Histoires à dormir debout », dans lesquelles toutes les Terribles Actions seront mélangées et pourront ainsi être plus facilement jetées.  

 

« Ainsi, messieurs,  nous pourrons mener toutes les « Effroyables actions d’Empire » au grand jour en les faisant porter par le nouvel ennemi tout neuf « l’Affreux Bougnoul ». Fini les secrets jamais bien gardés. Il suffira, une fois dans vos royaumes, de vous associer à vos Grands Diffuseurs que nous graissons déjà abondamment pour que, et il brandit de doigt,

 

 « la vérité d’Empire soit toujours pour le bas peuple la vérité vraie et il continuera à payer la rente exceptionnelle et sempiternelle ! »

 

« Messieurs au travail ! »

(A suivre)

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 14:02

La foi, la raison et le doute.

 

 

La vérité fascine l’homme depuis qu’il pense, cette recherche de la vérité suit des processus divers, des arcannes tortueuses, peut se perdre dans des chemins obscurs et s’enliser. Au moment où les pouvoirs s’efforcent à faire prendre aux bas peuples du monde des vessies pour des lanternes il n’est pas inutile de s’interroger sur la meilleure méthode permettant de séparer le vrai du faux.

On peut définir plusieurs de ces chemins et en observer la validité. La foi, la raison et le doute font partie de ces voies que l’humanité explore pour tenter parvenir à La Vérité.

 

La  foi est une croyance totale et aveugle dans une vérité mythique transcendantale, la foi ne requiert pas de démonstration elle est construite avec des axiomes et des dogmes. Toute religion fonctionne sur une foi. Egalement tout ce qui est considéré comme vrai, a priori, sans démonstration peut être appelé foi.

La foi dans un mythe commun est vielle comme l’homo sapiens, elle permet de relier les hommes d’un même groupe (religion) et ainsi de les faire agir ensemble, notamment contre un autre groupe, ennemi car ne partageant pas la même foi.

Les grecs de l’époque classique se sont les premiers interrogés sur la foi et sa validité Aristote lui opposa la raison. La raison aristotélicienne fonctionne sur la logique pur, c'est-à-dire la tentative de démontrer une vérité par l’utilisation d’élément logiques, quasiment mathématiques comme par exemple  « Et », « Ou »,  « Egale », des inférences « j’ai vu un corbeau noir, tout les corbeaux sont noirs »  des syllogismes dont le plus connue est : « Tout homme est mortel, Socrate est un homme, Socrate est mortel ». Foi et raison serons depuis Aristote engagées dans une dualité souvent conflictuelle quand la raison pure contredit la foi, notamment dans la religion chrétienne créationniste : le monde fut créé tandis que la raison Aristotélicienne prétend que le monde est infini, donc n’a pu être créé. Cette dualité sera mise en évidence par les aristotéliciens arabes du 12ème siècles, Avicenne (Ibn Sinna ) et surtout Averroès (Ibn Rushd) qui donnera une philosophie supposée, l’Averroïsme. Celle-ci, recomposée par la scolastique parisienne du 13ème siècle en une sorte de d’agnosticisme sera fortement combattue par l’église qui va censurer l’Université de Paris en 1277, le déclin suivra.  

La raison, mythifiée au 13ème siècle puis au 18ème siècles avec les républicains et les Francs Maçons prend un R majuscule.  Elle atteint cependant  des limites comme outil permettant la description du monde. Elle utilise une rationalité simple voir simpliste, portant facilement à l’erreur grossière. Par exemple l’inférence : « j’ai vu un corbeau blanc, tous les corbeaux sont blancs ».  En effet cette Raison n’utilise pas l’expérimentation, elle est seulement une logique, un concept quasiment mathématique, enfin cette rationalité, comme tout autre est fortement liée culturellement au groupe qui l’utilise ici les européens, la Raison pure peut aisément se transformer en dogme quand elle prétend a l’universalité. Raison et foi s’accordent là parfaitement pour  prouver l’existence de Dieu comme le font Raymond Lulle au 13ème siècle et Descartes au 17ème. 

Ce qui va définitivement faire avancer l’humanité ce n’est pas seulement la raison, mais le doute, car seul  le doute engage l’expérimentation pour le lever.

La mécanique du doute intéresse déjà Aristote tout en n’étant pas le point central de sa philosophie. La théorisation du doute revient à Pierre Abélard au début du 12ème  siècle  qui écrit dans son ouvrage « Sic et Non » qui se traduit par « Le Pour et le Contre » :

 

« La première clef de la sagesse, c’est une interrogation continuelle, il n’est pas inutile de douter de chaque chose. En effet, qui doute conduit à chercher, qui cherche peut saisir la vérité ».

Puis le même Abélard dit dans son « Dialogue entre un Philosophe, un Juif et un Chrétien » :

 

« Quelle que soit l’objet de la discussion, la démonstration rationnelle a plus de poids que l’étalage des autorités ». 

 

Cinq siècles plus tard, c’est très long cinq siècles, Descartes reprendra les réflexions de Pierre Abélard et de la scolastique parisienne dans « Le Discours de la Méthode », ouvrage mi philosophique mi scientifique qui définit pleinement une méthode de recherche d’une vérité forcément en suspend puisqu’à la merci d’un doute. Cette méthode est basée sur l’expérimentation, la reproductibilité, elle est devenu le fondement de la pensée scientifique moderne.

Pourquoi invoquer aujourd’hui les penseurs d’autrefois? La pensée rationnelle n’a jamais été  une évidence naturelle pour l’homme, la foi dans un dogme est la pente douce de la paresse et du laisser aller rassurant. Suivre un chef, faire les mêmes gestes que les autres, ne pas se poser de questions se fondre dans la masse sont des attitudes de moindre effort. Ces penseurs ont pris des risques et marqués leur temps. Entre Aristote et Abélard il s’écoule environ 1500 ans entre Abélard et Descartes il s’écoule 500 ans, chacun en son temps connu les pires ennuis, Abélard n’eut la vie sauve plusieurs fois que grâce à la promptitude de ses fuites. Descartes du finir ses jours proscrit en Suède, loin de sa patrie ou il mourut de froid.

 Ces penseurs d’autrefois se sont donnés la main par dessus le temps, chacun améliorant la méthode précédente. Abélard au début du 12ème siècle enseignait la logique aristotélicienne mais en en privilégiant le doute, il fut le fondateur de la scolastique médiévale qui marqua une époque riche en révolution technologique et en progrès. La scolastique durement censurée par l’église sombra mais fut reprise 5 siècles plus tard par Descartes qui s’en inspira largement et la dépassa avec l’exposition de méthodes expérimentales.  Pourtant le cartésianisme ne cesse d’être aujourd’hui caricaturé, le doute cartésien, vidé de son sens laisse le champ libre aux diseurs de bonne aventure et charlatans de tous poils.

Maintenant la télévision sert chaque soir son sermon de terreur et nous exhorte à la foi ! L’ombre d’Al Qaïda plane sur nos tête, il nous est ordonné de  trembler et surtout de resserrez les rangs. Il y a tout à voir mais rien à comprendre, ayez foi dans vos chefs nous dit-on, ils  pourront peut être vous sauver si seulement vous leur laissez les pleins pouvoirs! Alors pour avoir un libre arbitre, pour rester un individu, conserver son âme et son corps, son  « habeas corpus », il n’est d’autre posture que le doute. 

Ce doute est profondément humain puisqu’il permet le progrès car provoque la recherche d’un savoir supérieur et de méthodes plus efficaces.

 

La raison est bien de n’avoir foi que dans le doute !

 

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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 19:02

Membre

 

Terme commode utilisé en ethnométhodologie pour désigner un groupe qualifié. Chaque village produit sans discontinuer des "accounts", des comportements propres. Ces comportements spécifiques, locaux ne sont significatifs que pour les membres de ce groupe.

Dire "bonjour" en chinois en entrant au bureau ne présente aucune signification pour des collègues français.

Parler de la profondeur d'un "lamage" ne dit rien à presque tout le monde, sauf aux mécaniciens. Un "ampli. op." cela ne veux rien dire du tout, bien qu'un électronicien, en passant pourrait nous renseigner.

 

Il serait possible ainsi de délimiter un espace virtuel, un champ, qui serait un contexte ou seraient produits des "accounts" spécifiques à ce champ

A l'intérieur de ce champ, un certain nombre de pratiques sont mutuellement reconnues comme normales, "accountable" dans la traduction "explicable".

 

Etre capable d'expliquer un "account", c'est immanquablement le produire ou produire et expliquer définissent la même chose. Les "membres", d'un village, sont les individus capables de pratiquer ce qui est commun au groupe et qui ainsi le définit.

 

Etre informaticien, c'est pratiquer l'informatique et par la même être capable de l'expliquer. L'informaticien est "membre" du groupe de ceux qui pratiquent l'informatique. Il en va de même pour toutes pratiques professionnelles ou ordinaires, ainsi ceux qui se réunissent à 10 heures à la machine à café, sont membres de ce groupe qualifié.

 

Etre membre, développer des pratiques communes, être donc impliqué dans la même rationalité implique nécessairement d'être en rapport  (être en communication interactive), ce qui rend la notion de "membre" extrêmement floue. Les contours d'un groupe partageant les mêmes pratiques sont imprécis, car l'interaction entre les groupes humains est vaste et permanente. La communication interactive entre les individus et les groupes s'effectue par tous les moyens des sens, cependant l'outil principal est le langage.

Comme toute pratique le langage est en interaction avec la conception du monde de son producteur et elle en rend compte. Cette pratique comme beaucoup de pratiques incarnées est héritée et mutante.

Héritée car transmise par ceux qui la pratique déjà. Mutante, car chaque pratiquant successif la modifie, faiblement au regard de ses pratiques nouvelles, mais en conserve la filiation. Ces filiations successives éloignent du sens primitif jusqu’à l'estomper.

Les mots, « ménagère » en français et « manager » en anglais ont la même origine française, bien que n'étant pas utilisé aujourd'hui dans le même sens, ils possèdent une étymologie identique dont la signification est l'administration, le terme anglais a conservé le sens d'administration, le terme français l'a estompé. Le langage, comme un grand nombre d'"accounts", transmis de génération en génération ou chacune d'elle  a imprimé sa marque, est un musée de pratiques passées.

Ainsi l'interaction entre les groupes qui définissent les "membres", sont inscrites dans un espace temps ou des interactions spatiales antérieures font qu'il puisse exister des pratiques communes entre des individus qui n'ont jamais physiquement communiqué.

Les savoir-faire se puisent dans des bassins d'emploi historiquement définis. Il est remarquable que depuis le début de la révolution industrielle, ces bassins de savoir-faire se situent toujours dans les mêmes aires géographiques.

 

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 11:21

Histoire, « devoir de mémoire » et repentance d'état.

 

Guerre d'algérie

 

La dernière polémique au sujet de la "repentance" à propos de la guerre d'Algérie donne toute actualité à cet aticle écrit en 2007.

Je rappelais que cette "repentance" d'état  était contraire aux droits de l'homme et était donc anticonstitutionnelle, car elle faisait appel à un concept de responsabilité collective, concept particulièrement fasciste.

Il ne s'agit nullement de nier des crimes commis par des soldats français en Algérie ni de nier des ordres criminels donnés par des politiciens français, mais ces crimes ne sont redevables que par ceux qui les ont personnellement commis.

 

 

 

Ecrit le 2 mars 2007

 

L’impérialisme anglo-saxon et le colonialisme sioniste ayant récupéré et instrumentalisé pour leur profit l’holocauste juif, beaucoup, fascinés par cette étonnante réussite politique se lancent à corps perdu dans l’exploitation du drame qui aurait pu affecter leurs supposés ancêtres.

Ainsi chacun présente Son génocide et Son devoir de mémoire comme étant Le drame unique de l’humanité et souvent exige que le législateur légifère afin que Son devoir pour l’instant privé ne devienne public et obligatoire et que les descendants des bourreaux expient pour leurs ancêtres.

 

Que peut en penser un républicain et de surcroît libéral, tel que je prétends être.

 

Génocide ou holocauste ?

 

Tout d’abord l’Histoire ne manque pas d’holocaustes malheureusement. Je préfère nettement ce terme à génocide, aujourd’hui abondamment et abusivement utilisé. L’holocauste désigne un massacre de masse tandis que le génocide signifie massacre ayant entraîné l’extinction d’une race. Le terme génocide est donc impropre à l’utilisation s’agissant d’humain. En effet il ne saurait exister de races humaines par conséquent l’élimination d’une race est impossible. Les hommes ne sont ni des chiens ni des chevaux, possédant pour chaque race une distinction pouvant être décrite et répertoriée. Un voyageur se déplaçant lentement d’Helsinki à Dakar verrait la peau des hommes s’assombrir graduellement et les cheveux passer petit à petit du blond au brun puis onduler puis friser et devenir enfin crépus. Nulle science n’a jamais pu démontrer, malgré beaucoup d’efforts notamment des anglo-saxon qu’il exista une quelconque différenciation génétique descriptible permettant de qualifier de quelconques races humaines. Il n’y a que des continuums, jamais de frontières. Il faut s’y faire, tous les hommes sont des bâtards. La distance génétique entre moi et mon voisin est abyssale, celle mesurée et moyennée entre le groupe des français et le groupe des sénégalais est à peine perceptible. Chaque individu est donc unique. On pourrait peut être parler d’ethnocide à propos de l’élimination d’un groupe ethnique descriptible par ses coutumes. C’est évidemment moins précis que la description d’une race de bovins mais possible. Ainsi, les amérindiens caraïbes ont totalement disparus et il est valide de parler à propos de cette disparition, suite à l’occupation espagnole, d’ethnocide. Cependant un ethnocide ne peut provenir exclusivement d’un holocauste, l’extinction d’un groupe ethnique caractérisé par une culture peut être aussi d’ordre culturel. Ainsi la culture celtique, très prégnante, a-t-elle été totalement éliminée du continent européen par les romains, par holocauste bien sure mais également par l’imposition de la culture romaine aux survivants.

Il est donc possible de répertorier dans l’histoire de très nombreux holocaustes et de non moins nombreux ethnocides. L’élimination physique de tous les vaincus, hommes femmes et enfants fut une pratique courantes dans nombre de conflits passés il permettait au vainqueurs de s’assurer que nuls ne les poursuivraient de leur vindicte. On peut citer l’élimination totale de la population de Jérusalem par les premiers croisés de Godefroy de Bouillon ou l’élimination totale de la population de Béziers par les troupes de Simon de Montfort  aux premiers jours de la croisade dite contre les Albigeois. De même, l’imposition de la culture des vainqueurs aux vaincus ayant subi ou non un holocauste par conséquent l’ethnocide des vaincus est la pratique la plus courante de l’humanité et chacun peut aisément trouver un exemple.

 

De la responsabilité collective.

 

Maintenant, les descendants des vainqueurs ou des massacreurs peuvent-t-ils prendre une part de responsabilité dans les horreurs passées et par conséquent l’acte de contrition qu’ils pourraient faire est-il fondé ?

 

Un progrès véritable acquis par l’humanité est «l’habeas corpus» qui peut se traduire par « je possède et suis responsable de mon être » cet habeas corpus obtenu par les anglais au 17ème siècle fut obtenu par les français plus tard par la grâce de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et par la phrase « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Généralisée par la déclaration universelle des droits de l’Homme cette idée signifie qu’aujourd’hui, dans le droit de toutes les nations, nul ne conteste qu’un individu adulte ne puisse être tenu responsable que de lui-même. Dans aucun droit, d’une quelconque nation aujourd’hui n’existe de concept de responsabilité collective que cela soit pour des faits présents et à fortiori pour des faits passés.


En conséquence de quoi les représentants politiques que je me suis donné ne peuvent être considérés responsables en mon nom que d’actes commis au cours de leur mandat.


Je ne suis pas, moi Alain Benajam responsable d’une quelconque colonisation ni d’un quelconque holocauste. Si juif je suis je ne suis pas israélien et ne suis en rien responsable de la colonisation de la Palestine. Si républicain je suis, je ne suis nullement responsable de la décapitation de Louis 16 ni de celles des nobles ni responsable des massacres perpétrés par les colonnes infernales contre les vendéens.      

Peu m’importe l’excuse d’un dirigeant allemand maintenant de l’holocauste juif, je ne peux tenir le peuple allemand d’aujourd’hui responsables des actes commis par des allemands d’hier. Seuls des individus sont coupables et ont été ou auraient du être jugés pour des actes précis commis que par eux même.

 

Le dirigeant politique qui me représente n’est donc pas fondé de s’excuser pour des actes quelconques commis par certains de mes aïeux ce qui par là même engagerait ma responsabilité alors que je suis innocent.

 

L’Histoire officielle.

 

Il faut bien parler d’histoire officielle tant l’histoire, discipline enseignée est emprunte de considérations établies à posteriori pour des motifs politiques. Prenons l’exemple des césures historiques : le monde antique s’arrêterais environ en 500 avec la chute du dernier empereur romain, puis le moyen âge irait de 500 à 1500, puis les temps modernes (modernes en quoi ?), puis l’époque contemporaine. Ces césures portées au 19ème siècle époque où la science historique était balbutiante ne présentent aucune validité, d’ailleurs il ne peut y avoir de césure dans l’histoire. Chacune de ces césures ne peut être établie avec certitude qu’à 200 ans prêt or à 200 ans prêt chacun peut marquer toutes les césures qu’il souhaite.  L’Histoire de France enseignée apparaît comme une suite de mythes pour beaucoup concoctés par Michelet et revus par Isaac afin d’édifier la jeunesse et faire de bons soldats. Il fallait à cette époque développer un patriotisme tel que la revanche sur l’Allemagne puisse être assurée. Il fallait que chaque soldat puisse sortir de la tranchée sous la mitraille avec la même certitude d’être tué que s’il se  suicidait. Bien évidemment il fallait que ces mythes historiques ânonnés dés l’enfance soient particulièrement valorisants et glorieux pour que le soldat d’ici puisse trucider sans hésitation ni considération morale celui d’en face.


Prenons quelques jalons. Clovis reçut la grâce divine et la conversion à la bataille de Tolbiac contre les Alamans, les boches déjà ! Clovis barbare tudesque se convertit on ne sait quand mais on sait pourquoi. Pour avoir l’assurance d’être du côté du manche.

Saint Louis rendant la justice sous son chêne. Louis 9 dit Saint Louis plus tard, était un intégriste religieux ne rêvant que de massacrer juifs, arabes, cathares et autres hérétiques. Heureusement, il était particulièrement stupide et mourut après maints désastres militaires à Tunis en voulant délivrer Jérusalem ! 

Sainte Jeanne d’Arc. Jeanne dite la Pucelle, devenue sainte bien après est présentée comme une bergère ayant entendu des voix et reconnaissant par miracle le dauphin, future Charles 7 sans qu’il lui est été présenté auparavant. Elle aurait bouté les anglais hors de France !  Quel historien sérieux peut-il croire en une pareille légende. La chronique rapporte que Jeanne faisait merveille en guerre sur son destrier, en armure, l’étendard à la main, manoeuvrant avec habilité. Essayez donc, il faut des années d’entraînement, sainte ou non.

Jeanne 19 ans, fille de la noblesse, égérie du parti Armagnac fut sûrement entraînée comme un chevalier dés la tendre enfance. Le parti Armagnac, parti d’extrémistes voulait que soit établie en France une monarchie absolue alors que le parti bourguignon allié aux anglais voulait une monarchie régulée par un parlement. Jeanne et son parti d’extrémistes  faisaient tellement peur à  Charles 7 qu’il se garda bien de la racheter, quand elle fut prisonnière des bourguignons. Les Anglais désignèrent habilement l’évêque Cauchon (ce cochon) pour la juger en sorcellerie, que son nom soit honni pour les siècles des siècles. Cauchon, humaniste un des leader du parti bourguignon était un brave homme il essaya de sauver la mise à Jeanne. Il y réussi, pourtant on la retrouva, dans sa cellule, bien garder par les anglais, habillée de nouveau en homme, elle était relaps donc à brûler. Ou avait elle trouvé ces vêtements d’homme ? La perfide Albion déjà ? Jeanne ne boutera jamais un  seul anglais hors de France, brûlée en 1430 les anglais étaient toujours ici. Les anglais furent boutés une première fois,  seulement en 1450, par la  grâce des frères Bureau qui organisèrent l'artillerie française. Les « Ribaudequin » à 7 tubes tirant en rafale comme les orgues de Staline (inventés plus tard par Léonard de Vinci pour les écoliers)  et les «Veuglaires » a chargement par la culasse firent  merveille à la bataille de Formigny ils hachèrent la cavalerie anglaise  Ils ne voulurent plus y revenir. Cependant harcelés par les bordelais qui détestaient devenir français, ils cédèrent à contre coeur et débarquèrent a Bordeaux en 1453. A même cause mêmes effets la fameuse artillerie des frères Bureau hachèrent a nouveau les Anglais à la bataille de Castillon, ils n'y revinrent plus jamais. Qui a entendu parlé des victoires française de Formigny et de Castillon? La France sauvée par de solides et ingénieux bourgeois, les frères Bureau c’est moins merveilleux pour les têtes blondes que sainte Jeanne d'Arc.

 Allons sautons la soit disant Renaissance qui ne fit renaître que le despotisme et les bûchers en enterrant définitivement les libertés communales, pour s’intéresser au Roi soleil. Louis 14, l’Etat c’était lui. En matière d’Etat omnipotent, de centralisme, de dragonnades et despotisme c’était bien lui avec Colbert son complice. Il fit perdre une centaine d’année de développement à la France par rapport a l’Angleterre libérale qui s’envolait déjà vers une nouvelle révolution démocratique et industrielle. Quand il mourut la famine toujours endémique en France sévissait, son corbillard allant à Saint Denis fut couvert de crachats et d’invectives par le peuple en colère. Et  la convention, joyau de notre grande révolution française, un cortège de massacres systématiques et organisés. Les bateaux à fond ouvrant pour précipiter plus rapidement des gens enchaînés afin qu’ils ne puissent nager. Les colonnes infernales et la destruction systématiques des villages de Vendée avec hommes, femmes, enfants, bétail, la guillotine tous les jours, des millions de mort. Les conventionnels voulaient supprimer la peine  de mort disaient-il ! Une réussite ! Tout ça pour rien car nos révolutionnaires déroulèrent finalement le tapis à Napoléon despote parmi les despotes qui rétablit l’esclavage. Rétablissement pour lequel on inventa des chambres à gaz afin d’éliminer plus rapidement les nègres récalcitrant. 1815 et la restauration la France exsangue et les anglo-saxon dominant le monde pour des siècles. A moins que Bush ne soit leur Saint Louis, leur Louis 14 et à la fois leur Napoléon.


La France dans son histoire officielle admire ses despotes, glorifie ses massacres et se complait dans ses défaites : Azincourt plutôt que Formigny qu’avait Michelet dans la tête ? On peut tout raconter en fabriquant l’Histoire tout et n’importe quoi, il suffit d’avoir le pouvoir, le pouvoir de fabriquer les livres d’Histoire. Certains députés ont cru bon récemment d’en rajouter et d’inventer une colonisation positive, sans demander l’avis des colonisés. On le voit cela continu !

 

Cependant, fabriquer l’Histoire à sa guise provoque des frustrations. Les descendants des esclaves, des colonisés, des vendéens, des occitans, des francs-comtois et bien d’autres victimes du national étatisme n’entendent plus l’Histoire officielle de cette oreille. Chacun réclame son devoir de mémoire chacun veut devenir martyre face à l’histoire et demande réparation. Chacun possède Son génocide a opposer a celui de l’autre.

Bien que chacun ai raison de vouloir remettre à jour une histoire officielle plus mythique que réelle, faisons attention qu’à l’instar des Israéliens le devoir de mémoire ne se termine pas en droit à l’exaction et que ce droit à l’exaction ne ternisse définitivement tout devoir de mémoire avec les enseignements qui vont avec.    

 

Alain Benajam

2006

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 16:08

Socialisme, communisme et compagnies.

Ce groupe de termes peut avantageusement être traité en commun car l’histoire de ces mots  et de ses significations s’entremêlent, parfois se confondent, parfois se contredisent. Ces mots puisent leur signification moderne dans la même source, les cités industrieuses et marchandes du moyen âge en Europe de l’Ouest. 

 

Socialisme vient de sociale qui lui-même vient de société emprunt au latin societas « association, communauté » attesté au 12ème siècle. Social du latin « socius », compagnon, n’apparaît qu’au 14ème siècle avec le sens de « rapport entre des personnes qui ont quelque chose en commun ».

Communisme vient de commune et commun apparu dès le 9ème siècle venant du latin « communis », « qui appartient à plusieurs ». Commune est hérité du latin populaire « communia » au 12ème siècle pour désigner d’abord une communauté de gens puis une association des bourgeois d’une ville.

Compagnon vient du bas latin « compagnonem » donnant au 11ème siècle « cumpagnum » la signification primitive du mot est, « qui partage le pain », il a donné à la même époque « cumpainie » puis « compaignie » pour désigner (1283) une association de personnes rassemblées par des objectifs ou un statut commun, en particulier dans le domaine commercial, puis compagnie (16ème siècle) pour désigner une entreprise (compagnie de Indes).

 

L’ensemble de ces termes illustre un bouleversement majeur dans l’histoire de l’humanité: « la mise en communauté d’avoir monétaire». Cette révolution socio-économique est apparue avec la première révolution industrielle des 12ème et 13ème siècle. Elle en est à la fois l’initiatrice et le résultat.

 

Cette mise en commun de biens, sera la caractéristique essentielle du moyen âge féodal urbain. Cette propriété sociale d’avoir contraste alors avec les pratiques passées mais également avec toutes autres pratiques de propriété contemporaines de l’époque, pratiques seigneuriales ou  pratiques des autres civilisations d’Etat fondées sur la propriété individuelle d’un « dominus », seigneur propriétaire, Chine, monde arabe, monde byzantin.

 

La coalition d’avoirs, jusque là individuels a ouvert des possibilités nouvelles en matière économique elle permit l’industrie. La fabrication d’étoffes fut la première à utiliser des procédés véritablement industriels caractérisés par la parcellisation de la production, la spécialisation des tâches et le contrôle de la qualité. Des sociétés ou compagnies, naquirent et organisèrent une  production qui intéressait une grande partie du territoire Ouest Européen. Laine en Angleterre, tissage en Flandre, culture de la guède (teinture) en Occitanie, alun, produit nécessaire à la teinture, en Italie du Nord. Cette activité devait requérir des moyens financiers importants et des procédés de transfert de fond qui ne pouvaient être à la porté d’un seul individu.

Le concept de propriété sociale permit la mise en œuvre des capitaux nécessaires à ce nouveau type d’activité industriel. Des sociétés par action ou chaque investisseur devait percevoir un montant de bénéfices proportionnel aux parts du capital social qu’il avait souscrit  engendra le capitalisme.

Les bourgeois citadins s’organisèrent en commune et en maintes cités, arrachèrent le pouvoir aux évêques et aux seigneurs féodaux. Ces communes fédéraient des métiers, elles érigèrent des réseaux de solidarité, pour les malades les accidentés, les veuves et les orphelins elles furent  souvent l’expression d’une véritable démocratie, par l’élection de parlement, d’échevins et le vote des impôts. L’air de la ville rend libre disait-on. Les pratiques communautaires  furent des caractéristiques propres à l’occident médiéval. Ces méthodes sociales marquèrent d’une façon indélébile l’Europe occidentale elles induirent  la mise en œuvre d’un mode d’organisation économique supérieurement efficace en comparaison de celui d'autres civilisation de l’époque : le capitalisme. Ces méthodes expérimentèrent également la pratique généralisée du contrat commercial prémisse du contrat social républicain. 

Les pouvoirs centraux tentèrent toujours de freiner, voir de mettre un terme à ces expériences Dès la « renaissance » et particulièrement en France ou les libertés communales étaient particulièrement intolérables au pouvoir royal centralisateur, les communes libres avaient pratiquement disparu.

Au 17ème siècle, avec l’émergence des idées démocratiques en Angleterre et au 18ème siècle des idées révolutionnaires en France, le souvenir des communes du moyen âge et de leurs parlements servirent de modèles politiques. Ainsi en 1792, le peuple de Paris insurgé s’organisa en commune sur un modèle similaire à celui existant au moyen âge.

Les premiers termes communistes et socialistes sont attestés dès cette époque. 

Socialisme et communisme, doctrines politique apparaissent au milieu du 19ème ces termes  se différencient assez peu on parle du socialisme ou du communisme à propos des doctrines de Saint Simon, Fourier ou  Proud’hon. Karl Marx  préfère parler de communisme pour se différencier d’un « socialisme » Saint Simonien qualifié de bourgeois. Une doctrine politique communiste sera précisée et popularisée par le Manifeste Communiste de Marx et Engels en 1848. Outre de fustiger le capitalisme exploiteur de la classe ouvrière, il met en avant deux concepts pour lesquels il milite : la fin de l’Etat et de celui du salariat il prône une société communiste sans propriété ou chacun percevrait selon ses besoins et donnerait selon ses possibilités. En 1871 un premier gouvernement prolétarien, anticapitaliste,  s’installe d’une manière fugace à Paris, il prend encore le nom de Commune de Paris en souvenir des communes du moyen âge et de celle de 1792. A la suite de cette expérience, K.Marx, pense qu’une étape intermédiaire entre capitalisme et communiste est nécessaire, il l’appelle socialisme, phase pendant laquelle les moyens de production sont graduellement socialisés et l’Etat détruit. Pourtant à la fin du 19ème siècle les idées Marxistes, communistes selon le manifeste sont peu connues dans la classe ouvrière.  Des syndicats et des partis socialistes sont organisés dans tous les pays occidentaux industriels, ils sont bâtis selon le seul modèle organisationnel disponible dans l’industrie de l’époque, la pyramide Taylorienne. Ces partis prônent une République sociale sans qu’il y soit mis de définition très précise. Les partis ouvriers, socialistes, cherchent surtout à accéder au pouvoir de l’Etat et souvent ils y parviennent. C’est Vladimir Oulianof dit Lénine qui en Russie théorisera sur le socialisme, pour lui, ce mode d’organisation sociale doit se construire après que le prolétariat se soit accaparé le pouvoir de l’Etat et ait établi sa dictature. Le socialisme est pour lui l’établissement obligatoire de la propriété sociale des moyens de production ou chacun reçoit selon son travail. Dans l’idée que se fait Lénine du socialisme on ne perçoit pas la réalité exacte d’une propriété sociale différenciée d’une propriété d’Etat. On ne perçoit pas plus la différence entre l’Etat bourgeois devant être abattu et l’Etat socialiste à construire. Son parti, le Parti Ouvrier Social Démocrate de Russie adhérant à la 2ème internationale socialiste se divise en « bolchévick », majoritaires partisans de la dictature du prolétariat et « menchévick », minoritaires, partisan d’une démocratie qualifiée de bourgeoise par les « bolchévick ». En se débarrassant des « menchévick » Lénine crée un nouveau parti, qu’il appel Parti Communiste pour se démarquer de la 2ème internationale socialiste qui, pour lui s’est discrédité par la participation des Partis y adhérant, à la guerre de 1914, 1918. A partir de 1917 en Russie, la socialisation «marxiste », se traduit par une étatisation totale de tous les moyens de production et d’échange. Lénine fonde une Internationale communiste à laquelle adhère tous partis qui veulent suivre le mode d’organisation militaire et centraliste  obligatoire d’un parti qualifié de révolutionnaire  et de poursuivre l’objectif principal d’instaurer la dictature du prolétariat.

Les partis ouvriers se séparent en deux camps, les communistes, partisans d’une nouvelle doctrine appelée  désormais marxisme-léninisme et les socialistes partisans de la gestion loyale des affaires du capitalisme.

Le paradoxe s’instaure, de l’objectif initial du manifeste communiste de détruire l’Etat et d’abolir le salariat se construit au nom du marxisme en URSS la plus implacable dictature étatiste et la généralisation totale du salariat à la société. Jamais les objectifs affirmés par Lénine dans « L’Etat et la Révolution » et encore moins ceux du Manifeste ne seront appliqués. L’URSS tourne le dos à l’esprit des communes du moyen âges pour reconstituer une organisation impériale.

Avec le recul du temps, il est possible d’affirmer maintenant que la prise du pouvoir par Lénine en 1917 ne fut pas une révolution, mais une contre-révolution destinée à retarder l’évolution libérale inexorable de la Russie.

                                  

 

Tous les termes évoqués dans ce chapitre possèdent aujourd’hui plusieurs significations paradoxales.

 

Sociale, qui à un rapport avec une société prend la signification de charitable.

Société, coalition d’individus, prend la signification concrète d’entreprise, ou abstraite de la société, organisation des humains.

Socialisme, propriété sociale des moyens de production, à construire avant le communisme, prend la signification de mode de gouvernement pratiqué par un Parti Socialiste au pouvoir.

Etat socialiste, Etats dirigé par un Parti Communiste construisant le socialisme par l’instauration de la dictature du prolétariat, dans les faits la dictature de l’Etat. Confondu avec un Etat dirigé par un parti socialiste

Commune, primitivement organisation d’entraide associée à une ville, prend la signification d’organisation administrative locale.

Communisme : appelée ainsi en référence aux commune du moyen âge, qui furent le creuset du capitalisme en développant la propriété sociale. Principalement doctrine politique évoquée par Marx et Engels dans le Manifeste du Parti Communiste qui prône l’abolition de l’Etat, du salariat et de la propriété. Doctrine utopique jamais mise en œuvre. Prend la signification de  pratique  de gouvernement d’un Parti Communiste d’obédience Léniniste instaurant la dictature de l’Etat, la généralisation du salariat et la propriété exclusive de l’Etat et de ses « nomenklaturistes ».

Compagnie: (qui partage le pain), initialement société d’entraide   associée à un groupe restreint par exemple un métier. Prend la signification d’entreprise, surtout en Anglais avec « company ».

 

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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