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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 17:46

De l’imposture dans l’Histoire… et dans les élections présidentielles de 2007.

 

A ma petite fille Juliette qui a eu 20 en Histoire.


Celui qui ne peu comprendre son passé envisagera mal son avenir. Ce qui est vrai pour chacun l’est  pour la société dans laquelle nous vivons.

L’accès à la connaissance du passé permettrait aux  peuples de s’émanciper en les conduisant dans le chemin du meilleur destin. Ceci ne peu plaire aux despotismes de toutes tendances pour  qui la connaissance de l’Histoire doit être adaptée aux objectifs de propagande devant faire accepter à ces peuples leur asservissement. Certains despotismes avaient même décrété récemment la fin de l’Histoire, cette monstrueuse utopie devait dans l’esprit de ses auteurs étatsuniens, cacher définitivement au monde le moteur de sa destinée et ne fabriquer que des esclaves sans conscience.

Pourtant, dans notre pays, la France républicaine et démocratique, qui est en mesure de comprendre le passé, tant  notre Histoire officielle est composée de mythes et d’impostures?

Quelque soit le niveau d’étude de nos concitoyens qu’ils soient ouvriers ou intellectuels, s’ils n’ont pas eus de volonté personnelles de recherche, de volonté de sortir des idées reçues, cette connaissance du passé sera corrompue par un certain nombre d’idéologies prégnantes.  Ces idéologies nous demandent qu’une chose, accepter le pouvoir d’un Etat tyrannique.

Depuis que l’Histoire existe depuis ses balbutiements, les tenants de la vérité révélée descendue de la bouche des maîtres n’ont eu de cesse que de procéder à la promotion d’un pouvoir personnel ou au mieux oligarchique. C’est notamment le sens des césures introduites dans l’histoire officielle. Cette imposture a été d’autant plus efficace qu’elle nous a été servie par de prétendus humanistes, de prétendus républicains et de prétendus hommes de gauche. C’est la triste histoire du Moyen Age et de la Renaissance imposture majeure, véritable complot politique.

Etre asservi par ceux qui  pérorent vouloir vous libérer est la forme la plus sophistiquée la plus efficace et la plus courante des despotismes de ce bas monde.

Une idéologie devenue « allant de soit ».

Qui n’a pas en tète quelques infamies attribuées au « moyen âge », le terme moyenâgeux ayant la signification la plus négative qui soit. Que s’est-il passé durant cette période de 1000 ans environ pour mériter l’opprobre des faiseurs de conformité? Quelle révolution extraordinaire et quels changements fondamentaux sont-ils issus de cette Renaissance tant louée par ces mêmes faiseurs. L’étude approfondie de ce fameux passage de « l’obscurité » vers le « modernisme » est en effet très instructif pour justifier le complot.

 
Le Moyen Age: quelle période ? On ne sait vraiment !

Qu’elle est cette période d’environ 1000 ans ? Ou commence le moyen age et ou finit-il ? Le terme semble être apparu au 16ème siècle pour désigner une période obscure pour l’époque, courant de ce que l’on pensait être la fin de l’Etat romain (période antique) allant vers une autre période qualifiée de « moderne », pourquoi ? Nulles justifications descriptibles et claires ne sont jamais données pour décrire cette « transition ».

Si on ouvre un livre d’Histoire officiel français, le Moyen age irait du 5ème siècle avec l’abdication du dernier Empereur romain d’occident jusqu’au règne de Charles VIII, notamment son mariage avec Anne de Bretagne c’est à dire, le rattachement de la dernière principauté française indépendante à l’Etat français central, la fin du 15ème siècle. Ceci évidemment ne vaut que pour la France. Chaque pays européen possède ses propres critères de césure. En Italie par exemple l’Empire romain d’Orient héritier et continuateur de l’Empire d’Occident est présent jusqu’au 7ème siècle et en Grèce jusqu’au 15ème siècle! La « Renaissance » donc la supposée modernité commencerait aussi beaucoup plus tôt, quand ? On ne sait vraiment. Souvent il est attribué au peintre Giotto les prémices de cette fameuse renaissance. Si l’on se réfère à le Web Gallery of Art Giotto di Bondone est né en 1267 et meurt en 1337 il est classé comme peintre médiéval mais qualifié comme suit : « Florentine painter and architect. Outstanding as a painter, sculptor, and architect, Giotto was recognized (par qui ?) as the first genius of art in the Italian Renaissance”, ce qui situerait  la Renaissance vue d’Italie au début du 14ème siècle.

 

Donc le début du Moyen Age en Europe se situerait entre le 5ème et le 7ème siècle sa fin venue avec la « Renaissance » se situerait entre le 14ème et le 16ème siècle. On aurait donc pour le début de la période qualifiée de Moyen Age 200 ans de transition au début et 200 ans à la fin.

Déjà sur 200 ans, tout un chacun peut placer toute césure dans l’Histoire et la justifier à sa guise par des changements pour lui significatifs.

 

Les historiens professionnels d’aujourd’hui ont conscience de ce flou qualifiant la période médiévale ils ont donc redistribué cette période en sous périodes. Il y aurait donc une antiquité tardive du 3ème voir 2ème au 7ème siècle, puis un haut moyen age du 7ème au 10ème  siècle puis un Moyen Age classique du 11ème au 13ème siècle puis un bas moyen age du 14ème au mi 16ème siècle période ou se situerait la fameuse « Renaissance »  et les « Temps Modernes ».

 

Ces 1000 ans d’Histoire sont une période fourre tout comprenant différentes civilisations remarquablement dissemblables.

 

Si je me réfère au mode de production, qualifiant les rapports de production donc les rapports humains, la période antique coure jusqu'à l’apparition du système féodale, nouveau mode de production totalement différent du précédent. La transition se situerait au cours du 10ème siècle après les grandes invasions.

Puis les 11, 12, et mi13ème siècle avec essentiellement une production féodale mais avec un très fort dynamisme évolutif et de très importantes différences de situation tant spatiales y compris sur de courtes distances que temporelles, les situations se modifiant perpétuellement. Durant cette période de 2 à 3 siècles aucune généralisation sur le « Moyen Age » n’est pertinente et admissible, tout est différent de la France du nord à la France du sud, du St Empire à l’Espagne etc.. La modernité se met en place !

Puis vers la fin du 13ème siècle, début du 14ème siècle (Règne de Philippe IV), tous les éléments de la modernité, en référence à notre civilisation actuelle, sont disponibles: Industrie, mécanisation, classe ouvrière, actionnariat, temps de travail salarié, grèves, sociétés anonymes, banques, comptabilité, capitalisme et capitalistes richissimes, monétarisme, spéculation monétaire, banqueroutes, dévaluations monétaires, révoltes de masse et répressions de masse  et… prémisses de l’Etat et … décadence !

 

Au cours du «moyen age» officiel existeront successivement parfois dans le même temps, trois modes de production différents : antique, féodale et capitaliste donc trois civilisations totalement différentes.

Le mode de production antique est remarquablement stable, reproductible et descriptible et ne varie pas depuis la haute antiquité. L’unité de production est le domaine, du latin « dominus »: propriétaire qui exploite la force de travail d’esclaves, les dominés. Le domaine est très étendu (plusieurs 10 aines de km2). Le «dominus» propriétaire vit avec sa famille (familiae) dans sa villa (villae) formé des parents proches et éloignés avec les clients, hommes libres assurant la défense du domaine. Le domaine est autarcique, il produit tout ce dont il a besoin : nourriture, outils, vêtements, armes, véhicules etc... Peu de monnaie n’entre ou ne sort du domaine. Tous les hommes libres sont assujettis au service militaire sur convocation de l’empereur ou du roi.

A la fin du 9ème siècle commencent les grandes invasions qui vont contribuer à totalement détruire le système social. Les Vikings au nord et à l’ouest, les Magyars à l’est et les Sarazins au sud déferlent sur l’Europe occidentale. Les domaines sont peu défendables et ne résisteront pas à ces invasions. Les armées régulières royales et impériales s’avèrent inefficaces pour contrer ces agressions, les peuples envahis doivent se défendre par leurs propres moyens.

 

Le système féodal système de pouvoir local et absence d’état.

Je n’ai pas l’intention de procéder à une description exhaustive du système féodal, un livre n’y suffirait pas et puis, est-il totalement descriptible tant il semble chaotique et évolutif intrinsèquement ?

Les peuples agressés devront organiser leur défense localement. L’organisation locale et atomisée de la défense sera la base de la nouvelle organisation sociale. Cette organisation à la fois militaire et économique, va profondément et durablement modifier la société.

D’abords les hommes doivent se regrouper dans des systèmes de défense alors qu’ils vivaient dilués. Quand le terrain est accidenté comme le midi ils se regroupent sur des hauteurs en abandonnant les plaines. S’il n’existe pas de promontoires, des levées de terre seront construites, des « mottes » sur lesquelles seront plantées des palissades et des tours de bois. D’autres se regrouperont dans les anciennes citées gallo romaines fortifiées, largement  abandonnées dont ils remonteront les remparts.

Les hommes s’organisent dans le même temps autour de chefs de guerre, la guerre étant permanente.

Ces guerriers peuvent provenir de tous horizons. Les guerriers professionnels de l’Empereur ou du roi combattant maintenant essentiellement à cheval qui formeront la chevalerie, les anciens « dominus » aristocrates des grands domaines mais également des gens du peuple voir des esclaves s’illustrant particulièrement dans les combats.

L’espace des grands domaines sera morcelé en fief. Le grand seigneur souvent ex « dominus » attribue à ses compagnons d’arme devenus vassaux des parts de ce domaine à sa charge de les exploiter, d’en vivre et surtout de pouvoir s’armer convenablement pour être disponible militairement à toute convocation du seigneur, l’ost, devenu suzerain. Le vassal peut également attribuer à ses compagnons d’arme des fiefs taillés dans son propre fief, selon la même disposition. Avec les mariages entre familles de guerriers devenus nobles, un système très  complexe de dépendance volontaire s’établit ou parfois un vassal peut avoir plusieurs suzerains.

Le mode d’exploitation de la terre change et le statut social des non guerriers change aussi.

 

La seigneurie, déjà parcelle du domaine se partage souvent en deux espaces, le domaine propre du seigneur, exploité par des serfs et esclaves, les esclaves devenant petit à petit serfs c'est-à-dire semi libres. Puis un autre espace, des manses ou tenures louées à ferme à d’anciens hommes libres, non guerriers, ou d’anciens esclaves libérés.

Le fermier est libre d’exploiter la manse comme il l’entend sous réserve de redevance au seigneur, en nature ou en monnaie. Il restera surtout dans le midi beaucoup de petites exploitations libres et pratiquement aucune dans le nord de la France.

 

Qui possède le pouvoir ?

Celui qui possède le ban, c'est-à-dire le droit de punir et de contraindre qui est la définition même du pouvoir. Ce pouvoir est possédé par une multitude d’institutions individuelles ou sociales.

Les seigneuries multiples et variées, quelles soient militaires ou cléricales.

Les communautés monastiques, par exemples les cisterciennes qui joueront un rôle très important dans la mise en œuvre des technologies industrielles et agricoles nouvelles.

Les communes ou communautés urbaines, dont le pouvoir de ban s’étend d’une lieue autour de la ville d’où le terme banlieue.

 Surtout il n’y a ni état, ni pouvoir central, le roi n’est maître que dans son propre domaine comme n’importe quel seigneur. La France ne s’appelle plus que l’Isle de France, domaine royal.  

 

Le système évolue très rapidement pour les causes suivantes.

 

Concentration des populations dans les espaces de défense. Les gens de ce fait communiquent, échangent, se coalisent et se solidarisent.

Multiplication des initiateurs et des initiatives individuelles et sociales donc des expériences. Les seigneurs qui deviennent chef d’entreprise, la seigneurie. Les fermiers (anciens esclaves libérés) deviennent également chef de leur entreprise la ferme dont la signification va glisser de système de location à exploitation agricole tant se mode sera généralisé.

Urbanisation avec l’apparition de la commune et du bien commun. Deux nouvelles classes sociales vont apparaître qui ne cesseront de prendre de l’importance, le bourgeois et l’ouvrier. Le bourgeois devenant chef d’entreprise de son exploitation artisanale et pour certains industriel. La communauté urbaine devient le siège d’un pouvoir au même titre qu’une seigneurie.

 

Les effets.

 

La monétarisation devient explosive. Dans le système précédent beaucoup d’échanges et de paiements se réalisaient en nature. Dans le système féodal, le seigneur exige de plus en plus de monnaie pour les redevances. La raison en est la complexification de l’armement et des systèmes de défense demandant une main d’œuvre et un artisanat qualifié payable qu’en monnaie. Les artisans du domaine seigneurial ne suffisent plus. Le seigneur doit gagner de l’argent « cash ». Le fermier doit donc échanger sa production contre de la monnaie en la vendant à la ville ou au bourg. La ferme prend une valeur quantifiable en monnaie ainsi que la seigneurie. La terre devient commercialisable et devient donc un bien foncier avec lequel il est possible de spéculer. Dans ce système tout devient quantifiable en monnaie, tout à un prix.

L’amélioration du rendement monétaire de la production agricole devient une exigence et induit un progrès technique continu. (voir La Révolution Industrielle du Moyen Age - Jean Gimpel).

L’accroissement des disponibilités monétaires, accroît la demande de certains produits qui deviennent plus sophistiqués, comme l’habillement et la construction. En corollaire, la forte demande en habillement induit une industrialisation de sa fabrication. Toute production qu’elle soit agricole artisanale ou industrielle se spécialise.

L’accroissement des échanges monétaires conduit à l’invention de techniques d’utilisation et de gestion de capitaux : Banque, comptabilité à deux colonnes, sociétés par action, lettre de crédit, spéculation.

 

 

Aux 12ème et 13ème  siècle, un certain nombre d’innovations sociales et techniques induites par le besoin de monnaie vont amener la société à un niveau qualifiable de moderne à contrario de ce qu’elle était auparavant, qualifiable d’antique.

 

Innovations sociales déterminantes, quelques exemples significatifs:

 

Société par action et capitalisme.

La possession de monnaie en quantité, que l’on peut appeler capitaux devient aussi déterminante que la possession de terre. Le capital pouvant s’investir et fructifier, une coalition de possesseur de capitaux permet de posséder un outil financier plus efficace. La société anonyme par action est inventée ou le partage des bénéfices acquis se fait au prorata des capitaux amenés par chacun des associés.  On connaît l’histoire de plusieurs sociétés par action attestée par le conflit sans fin devant les tribunaux entre les sociétés de barrage et de moulin sur la Garonne à Toulouse notamment le conflit entre le Basacle et la Daurade qui se terminera par la victoire du Basacle société qui perdurera jusqu’au 20ème siècle.

 

Industrie et classe ouvrière.

L’industrie est la rationalisation par parcellisation et automatisation de taches répétitives d’une production de marchandises. L’industrie fait son apparition dans les manufactures de drap. La mécanisation de taches pénibles comme le foulage est assurée par la force hydraulique.

Le développement de l’industrie en Flandre et en Italie du nord induit plusieurs conséquences sociales déterminantes. La constitution d’une classe ouvrière et de révoltes populaires durement réprimées. Les partisans de Wat Tyler en Angleterre, les Ciompi à Florence, les Maillotins à Paris, les milices ouvrières flamandes qui battent la fine fleure de la chevalerie française à la bataille de Courtrai en 1302.

 

Banque, paiement par écriture.

Les nombreuses monnaies en cours posent un certain nombre de problèmes de change. L’utilisation de capitaux importants pour l’industrie et le commerce pose également un problème de sécurité. De l’Italie du nord et surtout de Florence va venir une innovation déterminante la lettre de change ou lettre de crédit. Cette lettre possédée par un marchand ouverte par son banquier « Lombard » permet de se faire payer en monnaie locale, en n’importe quel lieu où officie un banquier « Lombard ». Ceux-ci sont présents dans tous les lieux où s’opèrent des échanges monétaires importants.

 

La commune et le bien commun, prodrome de la République.

Beaucoup de cités auparavant dirigées par un évêque vont gagner de l’indépendance en usant des moyens les plus divers, de la force brutale à la persuasion. La vie des citadins très concentrés, nécessita la mise en œuvre de règles de vie communes. Dans ces cités médiévales siège d’un artisanat et d’une industrie de plus en plus technique et spécialisée certains bourgeois accumulèrent de conséquentes richesses et ce faisant, briguèrent une participation au pouvoir. Des communes vont s’ériger plus ou moins indépendantes du pouvoir royale ou seigneuriale et plus ou moins démocratiques selon le lieu. Au sein de ces villes dirigées par une commune un sentiment  collectif va naître : le bien commun. Dans le nord de l’Italie des républiques totalement indépendantes vont être proclamées.    

 

Des innovations techniques déterminantes.

 

L’utilisation de la force hydraulique se généralise.

Si le moulin à eau est connu depuis l’antiquité, les 12ème et 13ème siècle vont voir son utilisation se propager et se généraliser à l’usage d’une multitude de procédés. Sur toutes les rivières partout ou portait le regard il y avait un moulin à force hydraulique, il y en avait 68 à Paris. L’invention de l’arbre à came va multiplier l’usage de ces machines car il pouvait ainsi animer des marteaux utilisés dans le foulage des draps ou comme marteaux pilons dans les forges. Les forges et les hauts fourneaux utiliseront également des machines hydrauliques pour animer des soufflets parvenant ainsi à fabriquer et couler de la fonte. La transmission de mouvement rotatif en mouvement alternatif va amener l’usage de scies hydrauliques avec avance automatique et proportionnelle du tronc, ce qui permettra la fabrication industrielle de planches, ces types de scies seront en usage jusqu’au 20ème siècle. Cette invention est attribuée à l’ingénieur Villard de Honnecourt dont l’activité professionnelle se situe entre 1225 à 1250 et dont beaucoup de dessins techniques seront repris par Léonard De Vinci.   

 

Le bâtiment, l’invention de la croisée d’ogive et de l’arc boutant.

C’est peut être l’innovation la plus spectaculaire de cette période car elle va permettre la construction des ces immenses cathédrales dans l’environnement parisien, cathédrales que tout un chacun peut encore et journellement admirer. La croisée d’ogive sur plan carré ou barlong ainsi que l’arc boutant donne la possibilité de faire porter le bâtiment par des colonnes et non plus par des murs porteurs, c’est une architecture dynamique. Le résultat fait que la surface des assises au sol en proportion de la surface couverte n’est plus que de 9%, alors qu’elle était auparavant avec l’arc de plein cintre romain de 20%. Cette proportion retournera à 20% avec l’abandon de cette technologie qualifiée de « gothique » par les admirateurs du passé antique. Elle ne reviendra qu’avec les constructions métalliques dynamiques de Gustave Eiffel à la fin du 19ème siècle. Entre la Loire et la Somme, durant les 12 et 13ème siècle il sera construit en tonnage de pierre plus qu’il ne fut construit durant toute l’Egypte ancienne. Aujourd’hui  près d’un chrétien sur deux pratique sa religion dans une église construite durant cette période. Beaucoup de bâtiment civiles furent construits également et majoritairement détruits au 18ème et 19ème siècle. L’extraction de pierre donnera lieu également à une intense activité industrielle.

 (Chronologie des inventions médiévales)

Dans le domaine agricoles les innovations seront également très nombreuses.

L’attelage du cheval par collier d’épaule permettant son utilisation efficace et rapide dans les labours.

La herse.

La charrue à train de roue avec soc versoir et coutre.

L’assolement triennal.

La sélection dans l’élevage.

Les fermes modèles cisterciennes.

Tout ceci va permettre un rendement agricole accru. Il n’y aura aucune famine durant le 13ème siècle.

La population va tripler sur environ le territoire de la France actuelle, du 10ème au 13ème siècle. Les effectifs de cette époque ne seront retrouvés qu'au 18ème siècle


De nombreuses et fondamentales innovations intellectuelles.

Contrairement aux idées reçues la lecture et la glose des maîtres anciens étaient l’activité principale des écoles et universités. La connaissance de l’existence de ces maîtres grecques et romains a toujours persisté même depuis le haut Moyen Age cependant, dés le 12ème siècle de plus nombreux ouvrages d’origine grecques  ou latines deviendront disponibles traduits de l’arabe depuis Tolède ou musulmans, juifs et chrétiens travaillèrent ensemble pour diffuser la culture antique notamment la pensée d’Aristote. Des penseurs Arabes comme Ibn Rushd « Averroès » et Ibn Sinna « Avicenne » apportèrent leurs propres commentaires à la philosophie aristotélicienne. Cette philosophie légèrement agnostique sera reprise par l’université de Paris sous le nom d’Averroïsme. Des intellectuels parisiens apportèrent leur propre touche à cette pensée qui deviendra la première à mettre en avant le doute et l’expérimentation pour le levé.  (Penser au  Moyen Age  - Alain de libera  - Seuil)

La scolastique parisienne dont le maître fondateur fut Pierre Abélard est bien la prémisse de la pensée rationnelle et scientifique. Descartes dans son Discours de la Méthode s’inspirera profondément de la pensée de Pierre Abélard exprimée dans son maître ouvrage Sic et Non. Certains aujourd’hui n’hésitent pas à parler même de plagiat tant il y a proximité entre la pensée de ces deux intellectuels dont l’un vécut 500 ans avant l’autre.

De très nombreux intellectuels, humanistes, chercheurs et ingénieurs vécurent durant cette période et apportèrent la modernité de leur pensée. On peut citer sans être exhaustif outre Pierre Abélard inspirateur de Descartes, Thomas d’Aquin  précurseur de l’expérimentation en laboratoire Robert Grosseteste et son disciple Roger Bacon, Abélard de Bath, Gérard de Crémone, Maître Eckart, Bernard de Chartre, Villard de Honnecourt, Pierre de Maricourt (le magnétisme 1269), Siger de Brabant et bien d’autres.   

 

Pourtant cette brillante civilisation dont l’épicentre était Paris connaîtra une fin. Cette fin est représentée par une date précise, le 7 mars 1277 quand l’archevêque de Paris Etienne Tempier interdit l’enseignement de 219 thèses de l’université de Paris et fait jeter en prison le maître Siger de Brabant accusé d’Averroïsme (collusion avec les musulmans déjà).  

A la fin du 13ème siècle le monde européen bascule et s’effondre, outre les débuts de la censure et de l’intolérance religieuse qui vont mettre à bas l’université de Paris comme premier centre intellectuel d’Europe, des séries de catastrophes s’enchaînent.

Des banqueroutes à répétitions des plus grandes banques italiennes, des dévaluations monétaires, des famines dues à des changements climatiques et  à la spéculation. Puis la peste noire fait son apparition au début du 14ème siècle, certaines villes vont perdre jusqu’aux deux tiers de leurs effectifs.

La France ne pourra résister à ce choc avec en adjonction les débuts de la guerre 100 ans. Un autre monde va naître fait de mysticisme, d’intolérance et de guerre avec son cortège d’exactions, les cavaliers de l’apocalypse seront maint fois représentés. 

En Italie du nord, les banquiers capitalistes ont, durant la période faste des 12ème et 13ème siècle accumulés d’immenses fortunes et en dépit de nombreuses banqueroutes les fortunes personnelles s’élèveront en avoir au niveau de ce que pouvaient posséder des états comme la France et l’Angleterre réunies. Avec les guerres perpétuelles, ils vont investir massivement dans l’armement, autant en recherche et développement qu’en fabrication industrielle. Cet armement va connaître des améliorations techniques considérables, notamment l’artillerie (Veuglaires: Chargement par la culasse et Ribeaudequin: Multitubes avec tir en rafale). 

 
L’absence d’état et de pouvoir central qui accompagnent un développement explosif de la société féodale des 12ème et 13ème siècle vers la modernité est le fait le plus remarquable, de l’histoire du monde occidental.

C’est également le fait le plus déprimant pour les laudateurs de toutes les tyrannies possibles et imaginables. Ceux-ci de droite ou de gauche n’auront de cesse d’effacer cette période des mémoires en révisant l’Histoire. Il s’en suivra une haine récurrente de la France et une promotion toute aussi récurrente de l’antique Romain.

 

Des français contre la France (comme toujours) c’est la triste histoire du mythe de la Renaissance, ou que vient faire un symbole romain sur mon passeport ??    

 

Une Renaissance ?

 

Une ville, Florence.

Dans ce contexte d’immenses richesses d’un côté et de catastrophes de l’autre le centre intellectuel de l’Europe va glisser de Paris … à Florence.

De l’argent, beaucoup d’argent

La Florence des 14 et 15ème siècle, des « trecento et quadracento » n’est pourtant plus celle de la période précédente elle a déjà perdu près du tiers de son chiffre d’affaire, mais elle investi dans l’armement, le prêt aux belligérants de la guerre de 100 ans et… dans l’art.

Des artisans devenant artistes de cour.

Un phénomène nouveau : l’artiste de cour. (voir l’Artiste et la Cour de Martin Warnke).

Les artistes médiévaux sont considérés comme des artisans et à ce titre ils doivent s’inscrire dans des corporations, le plus souvent dans le bâtiment où ils doivent suivre des règles strictes et œuvrer comme la corporation l’entend et non à leur guise. Les puissants commenceront à s’attacher des artistes artisans comme serviteurs (même statut qu'un valet de chambre) et d’ainsi les libérer des contraintes de leur corporation. Biens logés, bien nourris et bien payés ces artisans en gagnant les cours des princes et riches bourgeois, deviendront artistes car mis en possibilité d’œuvrer comme ils le désirent, ou presque car la condition, bien évidemment, était de devenir les laudateurs de leurs bienfaiteurs. Ces artistes devenus par contrainte laudateurs des pouvoirs seront les artisans du mythe.

Un prince puissant avec des ambitions politiques

Un des précurseurs de l’utilisation d’artistes pour soigner son image politique fut Robert d’Anjou roi de Naples petit fils de Saint Louis. Robert d’Anjou (1309-1343), prince le plus puissant d’Italie aspirait à jouer un rôle majeur dans la péninsule et pourquoi pas en Europe. Principal soutient des Guelfes de Florence, partisans du pape contre les Gibelins partisans de l’empereur germanique, il fut nommer par le pape vicaire pontificale.

Une idée politique : la renaissance de l’Etat romain.

Les capitalistes italiens, princes autant que marchands ayant acquis les plus grosses fortunes d’Europe, aspirèrent à y jouer un rôle majeur.  Au cours des rénovations urbaines et de la construction de somptueux palais, de nombreux vestiges antiques sont mis à  jour. Ces vestiges viennent rappeler la puissance passée. Ne pourrait-elle revenir ? Un sentiment national commence à s’exprimer. Ce sentiment s’exprime par la critique de ce qui vient de l’autre côté des Alpes d’où sont venus les hordes barbares qui ont détruit l’empire. Ce qui n’est pas italien est qualifié avec mépris de Tedesco ou Gotico c'est-à-dire germanique y compris et surtout ce qui vient de France. Ainsi sera appelé « Gothique, Gotico » l’architecture allogène typiquement française utilisant la croisée d’ogive  contrairement au style romain n’utilisant que l’arc de plein cintre. Que Rome telle qu’elle fut dans l’antiquité redevienne la maîtresse de l’Europe occidentale et que les légions y fassent régner l’ordre face à l’anarchie féodale voilà le nouveau mot d’ordre politique exprimé par ceux qui aspirent à redevenir les maîtres.

Un comité d’admiration mutuel  bien « sponsorisé» initialise l’idée qu’avant c’était mieux.

Un des militants de la cause romaine Pétrarque. Pétrarque ami et / ou serviteur de Robert d’Anjou et du pape ne ménagera jamais sa peine pour que Rome puisse retrouver son pouvoir d’antan, que l’antique redevienne le goût du jour et que l’on en finisse avec la France.  Pétrarque va constituer un comité d’admiration mutuel (comme le disait mon ami Marc Boureau en décrivant la situation médiatique actuelle). Dans ce comité, dont lui et Robert d’Anjou seront les animateurs, en feront parti des écrivains dits « humanistes »comme Boccace, et Dante et surtout un peintre : Giotto. Dans ce comité ou puissants, écrivains et artistes se côtoient, chacun est le laudateur des autres, l’argent ne manque pas, une légende fort vivace ainsi se crée: avant, quand nous Romains dirigions l’Europe, c’était bien mieux. Cette légende coure encore !

 

Une légende qui en sautant  les siècles nous revient: Giorgio Vasari

Giorgio Vasari (30 juillet 1511 à Arezzo - 27 juin 1574 à Florence) est un peintre, architecte et écrivain italien. Né dans une famille modeste, il est l'auteur du précieux recueil intitulé Les vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes (Le Vite de' più eccellenti pittori, scultori e architettori) (1560-1570). Il est, à partir de 1553, un proche des Médicis à Florence et fonde l'Académie de dessin en 1562. En mars 1565, il écrit, pour le mariage de François de Médicis et de Jeanne d’Autriche, la Mascarade de la généalogie des dieux, dont il publie le livret. (D’après Wikipedia).

Vasari est typiquement un artiste de cour habitué à formuler les louanges qui conviennent au maître. Dire les bons et les moins bons selon ses goûts ou plutôt celui de son maître Médicis. Les Médicis depuis Cosme l’Ancien (1389-1464) étaient passés maîtres dans l’utilisation d’artistes comme image de marque. La fortune personnelle de Cosme aurait dépassé les avoirs des états français et anglais réunis auxquels il vendait des armes et prêtait de l’argent. Les Médicis, drapiers, industriels et banquiers eurent de grandes ambitions de pouvoir, ils donnèrent deux reines à la France. Vasari encense dans son livre, bien évidemment les amis de Florence dont Pétrarque et Giotto qui y trouvent une place d’honneur. Giotto le florentin ne cessera jamais d’être l’icône du mythe, ceci est pourtant peu mérité, (voir vierges) Simone Martini son contemporain a bien plus de talent, mais il est siennois, l’ennemi. Les Médicis qui seront les fossoyeurs de la république de Florence seront, générations après générations les artisans perpétuels et infatigables du mythe de la prééminence de l’antique et de la légende dorée de l’art italien contre le «Gotico» méprisable.

La légende dorée de l'art italien.

«L’Italie, il est vrai, a eu deux bonnes fortunes refusées à la France, et dont il importe de tenir un grand compte: celle d’avoir conservé intactes les œuvres de ses anciens maîtres et celle d’avoir eu, grâce à Vasari, sa légende dorée de l’art. Maîtres de l’opinion aux XVIe et XXVIIe siècles, les Italiens dispensèrent trop souvent la renommée selon leurs préventions ou leurs dédains. Sans contredit, la France du XIIe et du XIIIe siècle posséda dans son sein un mouvement d’écoles comparable à celui de l’Italie du XIVe siècle; mais elle n’eut pas de narrateur légendaire pour ce grand développement. Ses génies créateurs ne sont guère connus que de nom ou par les chétives images qui nous les montrent sur le pavé de leurs églises, revêtus de l’humble manteau de l’ouvrier.»
ERNEST RENAN, "L'art du moyen âge" in Mélanges d'histoire et de voyage, Paris, Calmann-Levy, 1978.

Le livre de Vasari, tombé dans l’oubli, est réédité au 19ème siècle et considéré à ce moment comme la bible de l’histoire de l’art de la « Renaissance » ce terme, oublié également revient donc à la mode au 19ème siècle et Giotto est propulsé comme précurseur d’où la phrase illustrant Giotto dans la Web Gallery of Art :  "Florentine painter and architect. Outstanding as a painter, sculptor, and architect, Giotto was recognized (par qui? par Vasari et ses maîtres) as the first genius of art in the Italian Renaissance”.

 Michelet, Isaac et l’Histoire officielle de France.

Je suis et le proclame bien haut, un républicain, athée, de gauche,  pur et dur comme le furent Michelet et également d’origine juive comme le fut Isaac.

Ceci doit être dit parce qu’il est question maintenant de disséquer un malentendu voir une imposture dont la source vient des miens. (Suite)

 

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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 11:30
Qu’avait donc Michelet en tête pour promouvoir cette «Renaissance», complot ourdi et fourgué au travers du temps, comme une bombe à retardement par ces italiens nationalistes qui voulaient reconstituer l’état romain impérial.

Une magnifique réussite ! J’en vois un des résultats à chaque fois que je sors mon passeport et j’ai honte d’y voir figurer un symbole romain, de répression en plus puisque je crois distinguer verges et hache, symbole le la brutalité romaine et de son impérialisme. (J’aurais préféré y voir figuré la cathédrale de Chartre)

J’ai beaucoup de difficulté à trouver de raisons ayant un début de valeur républicaine ou progressiste.

La première République proclamée à Paris s’est également appuyée sur une première commune de Paris appelée comme telle en souvenir des communes médiévales dont le souvenir était encore prégnant, communes aux seins desquelles est né le sentiment de bien commun, prodrome de l’idée républicaine.

 La « Renaissance » et les « temps modernes » qui ont suivi, on vu la disparition complète de ces communes. Les républiques urbaines italiennes ont également disparu à cette époque chacune confisquée par un despote local, à Florence ce furent les Médicis promoteurs de Pétrarque, Giotto, Vasari et du mythe entier !

Un nouvel humanisme aurait marqué cette renaissance ? Pétrarque, Dante et Boccace. Auteurs italiens du début de 14ème siècle, Pétrarque ami, serviteur et laudateur du petit fils de Saint Louis. Quand il écrit, en France règne Philipe IV Le Bel puis les Rois Maudits, la guerre de 100 ans n’a pas commencé, l’armure ou harnois blanc, symbole dans l’esprit de chacun du chevalier médiéval, n’a pas encore été inventé, les premières ne verront le jour que mi 14ème .
Il est difficile de placer ces auteurs dans une « Renaissance » dont même les prémisses n’existent pas. Ces humanistes ne veulent à ce moment que restaurer le passé. Ils sont anti modernes, modernisme représenté par la France et sa culture « Gotico ». Et puis ce ne sont certainement pas les premiers auteurs littéraires médiévaux, que faire du « fine amor » et de  Chrétien de Troy?

 

La « Renaissance » ou l’accession à un monde moderne?

Au cours des 14ème et 15ème siècles l’hygiène corporelle disparaît peu à peu avec la disparition des bains publiques, forts nombreux au 12 et 13ème siècle ils ne réapparaîtront qu’au 20ème siècle. Il est vrai qu’ils étaient mixtes et le théâtre de licences sexuelles, l’église n’a pas supporté. A la « Renaissance » et après on était sale sur soi.

Les lieux d’aisances : Aux 12 et 13ème siècle on ne construisait jamais un lieu d’habitation château ou maison sans ses latrines, disparus à l’époque moderne, à Versailles on chiait partout.

Après les débuts de 14ème siècle et avec l’invention de l’horloge aucune autre grande invention technique ne verra le jour dans la vie courante des gens avant le 19ème siècle, que ce soit dans le domaine agricole ou industriel. (Chronologie des inventions médiévales). L’encyclopédie de Diderot ne rapporte que des technologies médiévales.

Cependant les 14 et 15ème siècles verront des bouleversements dans la technologie militaire.

L’armure de plate ou harnois blanc, le plus souvent faites en séries en Italie d’où leur nom de milanaise. Puis et surtout l’artillerie au 15ème siècle avec des canons avec hausse, à chargement par la culasse ou multitubes (attribués faussement près d’un siècle plus tard à Léonard de Vinci). Ces innovations admirablement maîtrisées par les frères Bureau qui réorganisèrent l’artillerie de Charles VII permirent de battre les Anglais aux batailles de Formigny et Castillons et d’ainsi bouter les anglais définitivement hors de France. Ces inventions ne passèrent pas les fameux « temps modernes » abandonnées elles ne reverront le jour qu’à la fin du 19ème et au 20ème siècle.

Du 14 au 17ème siècle (Renaissance et Temps Modernes inclus) sévira la chasse aux sorcières ou des milliers de femmes suspectées de commerce avec le diable seront brûlées vives. On ne brûlera jamais tant, on ne torturera jamais tant, on ne massacrera jamais tant qu’au 16ème siècle (renaissance dite française). Alors qu’au 12ème siècle Pierre Abélard pouvait écrire « Dialogue entre un Chrétien un Juif et un Musulman ».

Rôle de l’église médiévale avant 1277 (censure de l’université de Paris).

L’église médiévale avant cette date, n’a jamais freiné ou cherché à freiner le commerce, l’industrie et la technologie.

Seuls les juifs autorisés à faire commerce d’argent ? C’est une légende non corroborée par les faits. Les plus grands banquiers étaient Florentins, bons chrétiens et amis du pape. Ce qui leur permit fortune faite, de lancer la légende de la « Renaissance».

Les communautés religieuses cisterciennes furent le fer de lance de l’innovation technologique et Saint Thomas d’Aquin fut un précurseur dans l’expérimentation en laboratoire.

Quand au peuple écrasé par l’impôt féodal, on ne payait beaucoup moins d’impôts sur ses revenus aux 12ème et 13ème siècle que maintenant en pleine démocratie républicaine. 

 Ah ! J’oubliais la perspective et les fenêtres, important, l’argumentaire favori des idées reçues!

La perspective dans l’art pictural. La représentation par peinture sur fresque était surtout employée dans le midi et en Italie ou les églises romanes avaient des murs. Dans la France du Nord ou les églises sont construites sur croisée d’ogive à partir du 12ème siècle (Basilique de Saint Denis), il n’y a pas de murs et donc pas de représentation picturale possible. La représentation religieuse et pour beaucoup civile s’exprimera sur vitraux car les parois de ces églises ne sont que vitrées. Ceci ne peut donner lieu qu’a une représentation stylisée. De nombreuses représentations non religieuses son visibles encore dans ces églises. Scènes de la vie courante mais également publicités que les artisans ne manquaient pas d'inscrire sur les vitraux , bien visibles.

L’art pariétal était extrêmement développé, avancé et divers avec autant de représentations religieuses que civile. (voir documents). La représentation picturale n’existe vraiment que dans les enluminures et miniatures dont la perspective est schématique quand elle existe. L’artiste de cour n’existant pas encore, les portraits et tableaux n'apparaissent qu'au 14ème siècle. Ces vitraux, statues, enluminures et miniatures sont d’un art consommé. Faut-il de la perspective pour mériter à une œuvre picturale la qualification d’art moderne ? Picasso ne serait-il qu’un barbare moyenâgeux ?  La représentation de la perspective : tout ce qui reste de la Renaissance ?

 Les fenêtres apparues à la Renaissance.

On tombe ici dans le ridicule. Il n’y avait pas plus de fenêtre dans les murs d’une forteresse médiévale que dans celles de Vauban. Les gens n’habitaient pas les forteresses et les châtelains habitaient des palais pourvus de moult fenêtres, soit situés dans la basse cour du château soit situés au dessus des courtines avec le plus souvent des vues imprenables. Les  bâtiments civils médiévaux étaient autant pourvus de fenêtres qu’ils le furent après. Cependant la très grande quantités de constructions civiles érigées aux 13ème siècles  fut détruite en France aux 18ème et 19ème siècle, il en reste de nombreux en Belgique.  (voir Violet Le Duc)

                                                                                                       

La démonstration pourrait être longue et peut être fastidieuse. Je ne peu conclure (provisoirement) que Michelet s’il était un Républicain progressiste et sincère ne connaissait rien à l’Histoire. Ceci est possible dans la mesure ou les études historiques étaient loin, très loin de ce qu’elles sont devenues. Michelet en outre n’était qu’un compilateur des travaux d’autrui, il n’a jamais étudié par lui-même.

Cependant un doute m’habite. Personne n’est venu contredire Michelet et l’état français, républicain (ou prétendu) a validé la légende. Le « Malet Isaac » issu de la compilation historique de Michelet est devenue l’Histoire officielle de France et a formaté des générations de petits français appelés à faire de bons soldats n’hésitant pas à sortir de la tranchée sous la mitraille avec la certitude de mourir.

 Là est le nœud de l’affaire. Nous avons vu qu’aux 12ème et 13ème siècle, siège non pas d'une re-naissance comme certains l’affirment maintenant (La Renaissance du XIIe siècle - Jacques Verger cerf) mais d’une Véritable Naissance. La modernité est bien née à ce moment quand aucun état n’existait ! C’est mauvais pour le moral du pioupiou appelé au sacrifice suprême sur ordre de l’état.

L’idée républicaine dévoyée en étatisme, voila la raison de la vivacité de la légende et de son soutient par toutes les forces politiques institutionnelles.

           
Tous les despotismes européens ont abondamment  puisé dans la symbolique antique pour promouvoir et légitimer leur pouvoir. La symbolique antique est devenue la symbolique même du pouvoir !

Les princes et tyrans italiens, les premiers qui en ont eu l’idée et l’on exploité, merci l’humaniste Pétrarque! Les rois de France ensuite qui à partir du 16ème siècle ont plongé dans cette idée et avancé vers le concept de royauté absolue. Louis XIV, le premier qui constituera un état totalitaire, son état (c’était lui), fera de nombreuses références à l’antique. Ces abus totalitaires engendreront la Révolution française. Napoléon ensuite, même la mode féminine et les coiffures s’inspireront de l’antiquité romaine. Les fascismes Italiens et Nazis après ne verront que par l’antique.

Alors pourquoi ai-je un symbole Romain sur mon passeport de la belle République française ennemie des rois et des princes, ennemie des fascismes de tout poils ?

 L’idée républicaine dévoyée en étatisme, voila la raison de la vivacité cette légende et de son soutient par toutes les forces politiques institutionnelles.

Des faux républicains bien sur, ils n’ont jamais rien compris ou voulu comprendre. La République c’est le pouvoir du peuple et l’état le pouvoir sur le peuple.

La preuve par la campagne pour les présidentielles 2007. Chaque candidat voulant devenir… quoi au fait ?

Président de la République ? Chef de l’Etat plutôt ! A moins que cela soit Roi ou Reine de France car que disent-ils.

Quand je serais président, chef, roi (rayer la mention inutile) je ferai ceci, je ferai cela, alors que la constitution encore républicaine ne les gratifiera d’aucun pouvoir. Ils abondent tous dans la confusion générale et anti républicaine qui existe entre pouvoir législatif et pouvoir exécutif, d’ailleurs le président de la république n’a de pouvoir exécutif qu’en étant le chef des armées.

Faut-il rappeler qu’en République le peuple est souverain et que ses représentants, les députés sont seuls habilités à formuler et voter les lois. Nos candidats ont-ils oublié les valeurs républicaines ? Les ont-ils jamais admises ?

La renaissance de l’antique a encore de beaux jours et voila pourquoi je me retrouve avec un symbole romain sur mon passeport français !

Alain Benajam (avril 2007)


Je tiens à remercier ici le Professeur Jacques Heers. A la lecture de ses livres j'ai pu, non seulement apprendre quelques notions d'histoires médiévales, mais son livre,: "Le Moyen Ages, une Imposture" (bibliographie) m'a ouvert les yeux sur l'effrayante problématique de "l'Histoire officielle" toujours révisée de la véritable. Ce révisionisme officiel de bon aloi, ne peut servir que le despotisme.

Que ceux qui se prétendent de gauche ou républicains lisent et relisent les livres de Jacques Heers qui, serait le bien venu au Réseau Voltaire.

 

Alain Benajam: Administrateur du Réseau Voltaire

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 19:09

 

(d’après La Révolution Industrielle du Moyen Age – Jean Gimpel – Seuil)

 

 

6ème siècle

 

Moulins flottants (sur le Tibre)

 

8ème siècle

 

Etrier (Europe)

Fonte de cloches en Bronze

Fin 8ème

Assolement triennal

 

9ème siècle

 

Tour à aiguiser

Archet (musique)

Ferrure à clou (Europe)

Attelage en tandem

 

10ème siècle

 

Moulin à bière

Arbre à came à usage industriel

Charrue à avant train, coutre, soc et deux mancherons

Arbalète à crochet

Fusion plombeuse d’un minerai cuprifère (extraction de l’Argent)

 

11ème siècle

 

1030 - (vers) Système de notes (musique)

1040 - (vers) Moulin à chanvre

1050 - (vers) Fléau articulé

1077 , 1082 - Herse

1086 - Moulin à foulon


- Cheval dans l’agriculture

- Cheminée

- Dérivation hydraulique pour la force motrice

 

12ème siècle

 

1100 - Alcool par distillation 60°

1120 - Moulins à marées

1138 - Moulin à tan

1147 - Bois gravés pour lettres initiales ornées de manuscrits

1180 - Moulin à vent (généralisation)

1180 - (vers) Attelage en file avec collier d’épaule

1195 - Moulin à aiguiser

1195 - Boussole

1197 - Moulin à fer

 

- Acide Nitrique

- Moulins flottants sous les ponts

- Barrage sur rivière

- Voûtes à croisée d'ogive

- Arc boutant Rosaces

- Escalier à vis

- Laie à brettures

- Pain de savon dur

- Dissection d’animaux

- Métier à tisser à deux lisses à pédale

- Bricole

- Fermes modèles expérimentales cisterciennes

- Sélection en élevage

- Usines hydrauliques (cisterciennes)

- Mécanisme de moulin avec roue en dessus

- Combles à fermettes

- Pavage: dalles carrées réduites

 

13ème siècle

 

1204 - (vers) Bouton

1240 - (vers) Tour à poulie et à deux pédales

1250 - (vers) Gouvernail d’étambot (Europe)

1251 - Moulin à moutarde

1269 - Projet de perpettuum mobile magnétique (moteur électrique)

1272 - Moulin à retordre la soie

1290 - Calcul de la latitude de Paris

 

- Aiguilles de carde métalliques

- Scie hydraulique avec avance automatique de la pièce

- Scie à receper les pieux sous l'eau

- Vérin

- Essai d’échappement   pour automate

- Chauffe main, Cardans

- Brouette

- Métier à tisser horizontal à 2 ouvriers

- Tour à perche

- Boussole avec échelle à 360°

- Clapet fermé automatiquement par le flux de la mer

- Moulin à papier

- Écluse à sas et double porte

- Lunettes à lentilles convergentes pour presbyte

- Impression à la planche gravée

- Charrue à patin et un seul mancheron

- Diffusion du rouet à filer

- Arbalestrille pour prendre les distances               Arbalestrille (Théorème de Thalès)jakobsstab1.gif

- Portulans

- Emploi du charbon dans l’industrie

- Emploi du verre dans l’appareillage scientifique

- Palonnier

- Perfectionnement du quadrant

- Arbalète à tour

- Chaînage de fer pour renforcer les murs

- Charrue tourne-oreille à versoir mobile et soc symétrique                    

- Miroir de verre

- Mécanisme d’horloge à poids et roue

- Arbalète à pied de biche

 

 

14ème siècle

 

1311 - Carte avec projection plate carrée et rose des vents

1315 - (vers) Boussole portative avec couvercle en verre

1320 - ( vers) Ourdissage sur cadre en bois pour tissage

1321 - Moulin à mortier

1323 - Soufflet hydraulique

1327 - Canon

1330 - (vers) Rectangulus pour mesurer et comparer les hauteurs

1380 - (vers) Rouet à pédale et ailettes


- Equatorium pour montrer la position des planètes

- Pont préfabriqué et articulé

- Boulet de canon en fer

- Tour à bois

- Moulin à pastel

- Etirage de fil d’acier avec énergie hydraulique

- Aiguille en fer

- Fonte (Europe)

- Moulin à vent tour avec toi tournant

- Avant train mobile

- Hauts fourneaux

- Sablier

- Verre à couronne

- Fourchettes

- Instruments à corde à clavier

 

15ème siècle

 

1405 - Couleuvrine, arme à feu portative

1412 - Dissection de cadavre

1430 - Caravelle

1445 - Caractères d’imprimerie mobiles

 

- Début Pompe aspirante et foulante

- Fuseau à ailette

- Emploi de la poudre pour miner les châteaux

- Planche à peigne

- Appareil de distillation en verre

- Canon avec chargement par la culasse Veuglaire

- Canon multitube Ribeaudequin

- Machine à forer les tuyaux de bois

- Machine à aléser les canons

- Machine à polir les pierres précieuses

- Système bielle-manivelle

 

 

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 18:33
Simone Martini

On dirait du...
Gustav Klint.

Un peintre médiéval du début du 14ème siècle mais siennois, Pas de chance! Pourtant annobli par son maître.

(Annonciation - Gallerie des offices Florence)
www.wga.hu
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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 17:58
  
Agnello Gadi

 
Bernardo Dadi


Coppo Di Marcovaldo


Duccio


Giotto

 

Duccio Di Buoni

 
Guido DaSienna


Paolo Veneziano


Plorenzetti


Simone Martini


Tadeo Gadi


Au vu de ces tableaux aux sujets identiques, la Vierges à l'enfant, il est claire que Giotto n'était qu'un peintre de son époque peignant comme les autres, qui eux n'ont eu ni pas Pétrarque, ni les Médicis, ni Vasari comme faire valoir.
www.wga.hu
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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 12:12





Sur les cathédrales de France 13ème siècle

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 19:00

Un soir, le chef du Réseau Volant reçoit un coup de téléphone …

C’était Tête Brûlée qui avait une émission à la télé. Il était complètement fou et se foutait totalement de tout. 

Il lui dit :

-         Viens dans mon émission tout raconter, on va drôlement se marrer, je vais te présenter plein de gonzesses à poil.

 -          ???§§§! ?  Fit le chef du Réseau Volant bien élevé.

Car pour Tête Brûlé se marrer avec des gonzesses à poil c’était toute la finalité.

Le chef du Réseau Volant y alla quand même malgré les gonzesses à poil.

Et il fit merveille. Droit dans la lucarne, posément, calmement il exposa parfaitement devant le bas peuple médusé l’Effroyable coup fourré de l’Empire de l’huile.

Là, ça a fait du bruit. Ouh la, la ! !

Ce n’était pas prévu du tout que quelqu’un expose un quelconque coup fourré dans une quelconque lucarne. Car tous les bas peuples de tous les royaumes avaient pris l’habitude de croire instantanément  ce qui se racontait dans une lucarne. De ce fait tous les Grands Maîtres des Secrets de tous les royaumes faisaient toujours très attention aux lucarnes à vérité vraie qui étaient toujours parfaitement bien graissées.

Là, Tête Brûlée, il avait fait fort ! Les gonzesses à poil lui avait trop monté à la tête et l’avait complètement brûlé.

Le lendemain, quel lendemain les amis !

D’abord, l’Empereur de l’huile convoqua son Grand Maître des Secrets pour le gronder bien fort.

Et il hurlait, que c’était lui qui avait inventé cette histoire stupide de Coup Fourré où il fallait tout montrer. Que du temps de son père et de son grand-père les Coups Fourrés ils étaient bien cachés et que celui qui les connaissait, pouf la zigouille, sans respirer !

Le Grand Maître des Secrets de l’Empire répondit à l’Empereur pour se défendre en regardant ses pieds.

- Sir, sir, ce n’est pas très grave après tout. D’abord  le bas peuple de France est petit, bien petit et il nous a toujours créé pleins d’ennuis. Du coup, on lui a mis des armées entières de Pions de toutes sortes, petits, gros et grands, qui le surveille, qui le conseille, qui lui font croire ce qui doit être cru, et tout ça parfaitement bien graissé parfaitement bien huilé.

Et puis, on a notre Grand Laudateur d’Empire, le Grand Diffuseur PigeOnni et son ami Le Grand Maître des Secrets du Royaume.

Faites-moi venir ce PigeOnni ! Cria l’Empereur.

Entre temps, au Royaume de France, Tête Brûlée fut convoqué à la Télé.

Et il fut grondé, et il fut grondé. On lui hur-la dessus que ses gonzesses à poil, il pouvait toujours se les accrocher, que s’en était fini pour lui la Télé.

Tête Brûlée, il était vert à l’idée qu’on allait lui supprimer ses gonzesses à poil. Et il dut s’excuser bien plat, bien plat, dire qu’il était fou, qu’il avait perdu sa tête à force d’être brûlée.

Qu’il ne recommencerait plus jamais une connerie pareille juste pour se marrer ! 

Bon, bon va pour cette fois lui dit-on, car il était très difficile de lui supprimer ses gonzesses à poil. Le bas peuple n’aurait pas compris et se serait méfié.

Mais il lui avait mis plein de pions pour le surveiller et pour pas qu’il recommence.

Le Grand Diffuseur PigeOnni, en route pour l’Empire de l’huile, était tout gonflé. Il pensait qu’on allait le féliciter à cause de son livre intitulé « Nous sommes tous des Sujets de l’Empire » où il faisait merveille dans son travail de Grand Laudateur.

 Arrivé chez l’Empereur, il frappa à la porte de son chef, le Grand Maître des Secrets de l’Empire.

-         Entrez !  dit le maître

PigeOnni entra tout gonflé et dit :

-         Chef chef, vous avez vu comme j’ai bien travaillé.

-         Mouai répondit le maître dubitatif mais ce n’est pas assez !

-         Ah bon ! dit PigeOnni dégonflé

-         Oui, il y a un problème qu’il faut rapidement traiter.

-         Ah bien ! dit PigeOnni regonflé.

-         C’est le chef du Réseau Volant qui nous crée des soucis. Il faut lui mettre une sale histoire sur le dos, c’est votre spécialité.

-         Ah bon réfléchit-il…, il est bien un peu … pédé … dit il en regardant son maître pensant que c’était une bonne idée.

-         Foutaise ! Répondit le maître en colère. Pensez donc ! Chez nous oui avec les Pasteurs sévères, mais au Royaume de France où le bas peuple se fout de tout, ça ne le fera même pas rigoler !

-         J’ai une autre idée. Il continua. On va dire qu’il est négationiste  et révisionniste et qu’il n’aime pas les Juifs. Voilà un article tout rédigé. Rompez ! lui dit-il méchamment en lui tendant une feuille où tout était marqué.

 

Ce n’était pas lui qui avait eu cette idée. C’était tout un  tas de grosses têtes à lunettes qui avaient planché sur le Royaume de France, son histoire, son bas peuple et ses pensées.

La sale histoire à mettre sur le dos du chef du Réseau Volant c’est eux qui l’avait concocté.

 

Là, il faut revenir plusieurs années en arrière pour comprendre et oublier cinq minutes notre Petit Pion dont les ennuis vont bientôt commencer. Il a bien le temps.

 

C’était du temps du grand-père de l’Empereur. Il était le chef du Comité des Huiles et des Armes, ce qui était bien plus fort que d’être Empereur car c’était lui qui faisait pluies, beau temps et possédait la clef de la grande caisse à graisse. Il se trouvait qu’il n’aimait pas les Juifs, comme les autres membres du comité d’ailleurs. Et pour ne pas les aimer c’était quelque chose ! On ne savait pas trop pourquoi car les Juifs étaient exactement comme les autres. Ce n’était pas comme les nègres qu’il n’aimait pas non plus. C’était peut-être à cause des Pasteurs sévères qui disaient qu’ils avaient vendu leur Dieu il y a bien longtemps. Une sale histoire qu’on leur a mise sur le dos. Pourtant PigeOnni n’était pas encore né.

Dans le même temps au Royaume du Railch’, on disait le Railch’ tout court, c’est déjà difficile à dire. Il y avait un petit homme à moustache appelé Nazi. Le Nazi n’aimait pas les Juifs non plus. Là c’est d’autant plus curieux. C’est que les Juifs du Railch’ vivaient depuis longtemps avec le bas peuple. Ils parlaient presque la même langue sauf que les Juifs ils mettaient des « I » à la place des « U ». C’était tout mais c’était suffisant pour énerver notre petit homme Nazi du RailCh’ qui était mal embouché.

Le grand-père de l’Empereur avait entendu parler du petit homme Nazi du Railch’ mal embouché et l’avait tout de suite aimé.

Avec le grand Comité des Huiles et des Armes, ils s’étaient réunis et ils avaient décidé d’abondamment le graisser pour qu’il puisse s’acheter les habits de roi dont il avait tant envi. Car le petit Nazi était bien trop petit à cette époque pour devenir Roi.

Et ils l’ont graissé et huilé, huilé et graissé. Finalement il s’est acheté ses habits de roi.

Le bas peuple du Railch’ l’aimait bien ce petit Nazi devenu grand et à l’air bien méchant car il lui disait, au bas peuple, qu’il était de la race des seigneurs ou des saigneurs on ne se rappelle plus maintenant.

Et le bas peuple se trouvait tout gonflé comme PigeOnni dans le bureau de son chef bien aimé.

Pour le Comité des Huiles et des Armes c’était tout bénef’ comme ils disaient car le Nazi voulait faire la guerre et il achetait plein d’armes et plein d’huile aux membres du Comité qui battaient des mains.

Il a fait la guerre grave le Nazi. Il s’était mis dans la tête d’envahir l’autre Empire, celui des cocos aux mains sales. Inutile de dire que ça plaisait au membre du comité. Et puis il s’est mis à arrêter tous les Juifs. Comme il voulait une solution finale et qu’on en parle plus, il a fait construire des usines à Zigouille pour faire disparaître tous les Juifs.

Question usines le bas peuple du Railch’ s’y connaissait. Ce n’est pas qu’il n’aimait pas les Juifs le bas peuple, mais on lui avait dit de faire comme ça, alors il faisait comme ça, toujours. Il zigouillait sans se poser de question  honnêtement, correctement et tristement.

 

Il faut dire que le bas peuple du Railch’ si on lui disait fait comme ci, il faisait comme ci, fait comme ça, il faisait comme ça, et, si on ne disait rien, il ne faisaient rien.

Ce n’est pas comme le bas peuple de France qui faisait comme ci, comme ça, de ci, de la et un peu n’importe comment. Si on lui disait fait comme ci ! Il s’arrêtait tout de suite et ne faisait plus rien en râlant. Il avait fallu en consulter des grosses têtes pour le faire travailler normalement. Il fallait lui faire croire que c’était lui qui avait décidé tout seul de faire  comme ci et qu’il avait la liberté de ne pas le faire, alors il le faisait.

 

Tandis que le bas peuple du Railch’ si on lui disait qu’il avait la liberté de ne pas le faire, il ne le faisait pas et il partait en vacance tout de suite chez les autres où il n’était plus triste du tout où  il riait là toujours très fort en chantant des chansons et en buvant plein de bouteilles. C’était très dur de le ramener chez lui. Il ne voulait plus rentrer. Il fallait le raccompagner.    

 

Donc les usines à Zigouille tournaient à plein rendement, et pour ne pas troubler les ouvriers d’usine dans leur travaille, ils avaient appelé les Juifs : des morceaux. Comme des morceaux de sucre. Ils avaient l’habitude d’appeler morceaux toutes choses qui entraient dans une usine pour en ressortir plus beau. Sauf que là… ce n’était pas tout à fait le cas !

La guerre tournait très bien et les membres du Comité des Huiles et des Armes battaient des mains.

Cependant, le royaume du peuple qui roulait tout, même les vagues, n’était pas content parce qu’il avait le Nazi sur le dos et commençait à en avoir marre. Et il pleurait et il geignait le peuple qui ne roulait plus personne, car le Nazi faisait très mal. Il demandait à l’Empereur de l’Huile d’intervenir pour que le Nazi du Railch’ arrête un peu. L’Empereur ne voulait rien savoir car pour le Comité des Huiles et des Armes le Nazi c’était son copain.

A force de pleurer et gémir l’Empereur eut un peu pitié et il décida de les soulager et d’entrer dans la guerre contre le Nazi.

Finalement le Comité des Huiles et des Armes trouva que c’était tout bénef’ comme ils disaient. Le monde entier avait encore plus de besoins en huile et en armes. Tous les camions de la guerre, qui était devenue mondiale, étaient tous pareils ! Il y avait GM sur les moteurs ! C’était le nom d’un membre du comité. Ce qui était pratique pour les pièces ! Quand un Nazi tombait en panne il pouvait prendre une pièce sur un autre camion, même sur un appartenant à l’ennemis, et les autres faisaient pareil.

Les membres du Comité des Huiles et des Armes battaient tellement des mains qu’elles étaient toutes rouges.

 

En parlant de rouges,  il y avait un problème qui commençait à surgir. L’Empire des cocos aux mains sales s’était mis à Zigouiller forces Nazis du Railch’. Il en zigouillait même de grandes quantités, si bien qu’il commençait à s’étendre comme une tache d’huile et c’était vraiment sale comme tache. Pas comme les vraies taches de l’huile que le comité vendait ! Non, celles-ci étaient propres comme un Pasteur sévère. Mais une tache de coco, c’était une tache qu’il fallait absolument laver, et rapidement.

 

Du coup l’Empire dut faire la guerre sérieusement, pas en se baladant, pour éviter que la tache de coco ne s’étende de trop et soit trop difficile à laver après. Manifestement les Nazis ne pouvaient plus rien pour éviter l’inondation de cocos. Ils étaient foutus.

 

Finalement l’Empire est arrivé sur le bord de la tache devenue quasiment marée. Il faisait drôlement la tête avec tous ces cocos là devant eux, bien méchants et très sales. Il fallait commencer à laver tout ça.

 

Le comité des huiles et des armes se réunissait en permanence, jour et nuit, pour trouver une solution pour laver plus blanc que blanc ces cocos tout sale. Ils étaient fatigués. Soudain, un membre du comité eut une bonne idée. Il dit.

-         Mais, on a nos amis Nazis du Railch’ qui sont fortiches contre les cocos. Ils n’ont pas réussi parce qu’ils étaient justement dans le Railch’ avec ce bas peuple bête et sans imagination qui bouffe des patates et surtout sans l’huile qui faut. On va les prendre avec nous, bien les entraîner et bien les graisser. On va les récupérer.

 

Et ce qui fut dit fut fait. On récupéra les Nazis, enfin ceux que les cocos n’avaient pas zigouillés.

 Quel gâchis ! Le grand-père de l’Empereur en pleurait.

 

On les récupéra avec l’aide du Pape. Le Pape était une espèce de chef Pasteur habillé, comme une princesse de conte de fée et avec un chapeau pointu, très drôle.

 

On avait divisé les Nazis en deux groupes. Vous voyez c’est toujours par deux. Après on ne sait plus combien ça fait. De toute façon ils ne savaient faire que deux choses c’est Nazi là. C’était pas la peine de compter plus. Il y avait ceux pour surveiller et ceux pour fabriquer les armes.

Du coup il y en avait plein partout et les bas peuples de tous les royaumes se moquaient d’eux et disaient qu’ils étaient méchants  parce qu’ils avaient zigouillé tous les Juifs dans leurs usines.

Les Nazis, ils étaient pas fier. Ils avaient honte. Alors ils disaient que c’était pas vrai et qu’ils avaient rien fait de mal, juste fait la guerre aux cocos qui étaient bien plus méchants.

Les bas peuples de tous les royaumes ne les croyaient pas et les accusaient de nier la vérité et de réviser les histoires.

A la fin, ceux qui niaient les histoires et les révisaient pour les raconter autrement, comme les Nazis, étaient des fieffés gros menteurs pour tout le monde, mais en plus grave parce que nier que les Nazis avaient Zigouillé les Juifs dans des usines c’était laisser penser qu’on pouvait recommencer encore un coup car il en restait quand même un peu des Juifs. Les Nazis lorgnaient toujours dessus. Ils n’étaient pas contents d’en avoir loupé. Ils auraient bien aimé que la solution soit vraiment finale et qu’on en parle plus.

Le bas peuple le savait et pour lui, être négationniste et révisionniste était très très très grave.

 

Si vous n’avez pas oublié, on en arrive à ce qui était marqué sur la feuille que PigeOnni ramenait chez lui, à son Journal Obligatoire le Grand Diffuseur.

 

C’était au tour de PigeOnni de sauver l’Empire de l’Huile du scandale.

 

Il procéda par ordre. D’abord rassembler la meute.

 

La meute était composée des chiens de garde de l’Empire.

Les chiens de garde avaient pour mission de garder l’histoire bien arrêter et de mordre bien fort le premier qui voulait la redémarrer.

Ils devaient tout de suite recopier la même histoire racontée dans le Grand Diffuseur, dans leur propre diffuseur, plus petit mais diffusé dans tous les recoins du royaume y compris dans les lucarnes, de telle sorte que tout le bas peuple, sans aucune exception, croie ce qui devait être cru.

Le Grand diffuseur disait ceci, la meute aboyait en cœur ceci. Le Grand Diffuseur disait cela, la meute aboyait en cœur cela. Ils étaient un peu comme le bas peuple du Railch’ rappelez-vous. C’était merveilleux concert de chiens de garde, pas une cacophonie.

Le Grand Diffuseur rameuta la meute et distribua à chacun ce qu’il devrait recopier soigneusement. Ils avaient juste le droit de changer quelques points ou quelques virgules, pour que le brave bas peuple ne s’aperçoive de rien. Il faut brouiller les cartes lançait-il aux chiens.

Le lendemain tout le monde pu lire dans son Diffuseur habituel ce que le Grand Maître des Secrets de l’Empire avait marqué dans la feuille qu’il lui avait donnée.

Il était dit comme une sentence d’un Tribunal d’Empire :

Attendu que le chef du Réseau Volant avait délibérément nié les vérités vraies de l’Empire, régulièrement et convenablement racontées dans tous les diffuseurs petits et grands.

Attendu que le chef du Réseau Volant avait révisé la dite histoire en la racontant autrement.

Attendu que le chef du Réseau Volant avait accusé l’Empire de Coup Fourré ce qui était crime de lèse-majesté.

En conséquence le chef du Réseau Volant était un infâme négationiste et révisionniste et en conséquence de la conséquence il voulait remettre ce qui restait de Juifs dans les usines à Zigouille.

C’était un peu tiré par les cheveux. Bon et pas facile à croire puisque le Réseau Volant avait plein d’ennuis et de procès avec les Nazis qui ne l’aimaient pas du tout. Mais c’était ça qu’il fallait croire un point c’est tout disaient les chiens de garde de l’Empire.

C’était quand même marrant que le Grand Maître des Secrets de l’Empire ait eu cette idée car c’était quand même le Comité des Huiles et des Armes et le grand-père de l’Empereur qui avaient graissé le petit Nazi à moustache pour qu’il devienne bien grand et bien méchant et qu’il zigouille les Juifs dans les usines.

C’est celui qui dit qu’il y ait, devait-on penser.

Cette affaire fit grand bruit et l’on commença à regarder le chef du Réseau Volant de travers et à ne plus croire ses histoires de Coup Fourré. Le tour était joué.

Brave PigeOnni !

Revenons à notre Petit Pion. On va conclure cette histoire.

Petit Pion reçut une convocation de l’usine de roues de bicyclette.

-         Tiens qu’est-ce qu’ils me veulent se dit-il ? Le travail est bidon !

Il s’y rendit tranquillement.

Là, on le fit entrer dans une grande salle. Devant lui il y avait une table où siégeaient des hommes graves à l’air sévère, comme des Pasteurs d’Empire. C’était comme un tribunal.

Il dut s’asseoir sur une chaise, loin de la table, et on lui demanda de regarder ses pieds car il allait se faire gronder.

On lui demanda, combien de roues il avait fabriqué pendant tout ce temps.

-         Mais, mais, répondit Petit Pion, travail bidon.

-         Comment ça travail bidon ! lui rétorqua-t-on

-         Qui t’a dit ça, qui t’a donné cet ordre !

-         Mais, mais ! dit Petit Pion qui ne pouvait rien dire car son Chef vénéré lui avait dit qu’il ne fallait rien dire que c’était illégal, que tout ça s’arrangerait.

-          Et c’est quoi tous ces billets blancs que tu as distribué à tout vent où il est raconté âneries et histoires à dormir debout. Mais tu es fou !

-         Mais, mais ! dit Petit Pion tout bas en pleurant.

Il ne comprenait plus rien, il avait seulement donné ces billets blancs à son chef vénéré le Grand Maître des Secrets  du Royaume.

-         DE-HORS ! Hurlèrent en cœurs les hommes sévères comme des Pasteurs. Tu es grillé !

Et Petit Pion s’en alla tout grillé et triste avec ses chaussures à clous, son chapeau melon et son parapluie de Petit Pion bien reconnaissable, il n’avait plus de travail.

Pendant ce temps, dans le bureau du Grand Maître des Secrets du Royaume.

Toc, toc, toc.

Entrez !  Dit le Grand Maître.

Nouveau Petit Pion ouvrit la porte et le «grand Maître » fut satisfait de son choix.

Nouveau Petit Pion portait admirablement bien les chaussures à clous réglementaires, le chapeau melon et  à son bras pendait le fameux parapluie qui permettait de reconnaître aisément tous les Petits Pions.

-         Nouveau Petit Pion, tu vas travailler pour moi.

-         Bien chef chef dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Bon, mais tu vas travailler pour moi en secret car je suis le Grand Maître des Secrets  du royaume.

-         Bien chef chef dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Donc Nouveau Petit Pion je vais te donner un travail bidon, une couverture en quelque sorte, mais tu travailleras pour moi.

-         Bien chef, chef dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Qu’est ce que tu sais faire Nouveau Petit Pion, à part remplir Le Livre ?

-         Je sais … faire des roues de bicyclettes, dit Nouveau Petit Pion tout heureux.

-         Bien bien dit le « Grand Maître » avec intérêt, alors tu feras… des tableaux bleus.

-         Mais chef chef dit Nouveau Petit Pion tout gêné, je ne sais pas faire les tableaux bleus.

-         Mais que t’est con Nouveau Petit Pion dit le « Grand Maître » ravi, tu n’en feras jamais des tableaux bleus, c’est une cou-ver-ture, tu comprends ça Nouveau Petit Pion, une cou-ver-ture !

-         Alors Nouveau Petit Pion voilà ta mission, tu vas déjà enquêter sur les Infamies

En effet, plusieurs Infamies avaient été commises dans la noblesse, et notamment par des ministres du Roi.

Nouveau Petit Pion allait s’en aller avec sa mission.

-         Ah Nouveau Petit Pion j’oubliais dit le « Grand Maître », tu vas également enquêter sur les « Sorcières qui Volent » et les « Loups-Garous ». On m’en a signalés.

-         Ah bon fit Nouveau Petit Pion étonné !

-         Oui, oui, c’est très important, ….. une mission de confiance !

 Et ainsi allait la vie dans le Royaume de France de  l’Empire de l’Huile.

 Vous voyez ! dit le père de famille en refermant le livre de contes à faire peur aux enfants, vous voyez, comme nos ancêtres étaient des barbares bien bêtes et bien méchants !

Bon ! N’y pensez plus, tout ça c’était pour rire et avoir très peur. Il n’y a plus d’Huile, plus d’Empire et plus de terre.

Allons, partons en vacance ! Et il mit le cap sur Alpha du Centaure.

 
Alain Benajam

Décembre 2002

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 17:55

Suite de: Le Grand Maître des Secret le grand Diffuseur  et le petit Pion  (2)

Mais revenons au Roi Rac dont les ennuis vont égaler ceux de Petit Pions

Donc pour empêcher le Roi Rac, l’Empire avait fait normalement appel à ses valeurs sures en Coup Fourré. Evidemment, il y avait le « Grand Maître des Secrets », son ami PigeOnni et tous ses Trouski sévères à lunettes et grosse tètes.   

 Ils lui avaient mis sur le dos une sale histoire de cassette où il était dit que du temps où il était seulement dauphin, il aurait piqué dans la caisse de la maison des pauvres de Paris pour s’acheter son habit de roi. C’est le Grand Maitre des Secrets qui avait eu cette idée, car le grand Maitre savait Tout sur le Roi. D’ailleurs, il savait Tout sur tout le monde. Facile. Il suffisait de le lire dans le Grand livre des secrets de tout le monde, que tous ses Petit Pions remplissaient consciencieusement.

Justement il avait une Petite Pionne sur cette affaire de maison des pauvres de Paris. Elle lui en avait donné tout plein de billets blancs où tout y était raconté. Ensuite il avait grillé la Petite Pionne avec son ami PigeOnni en racontant qu’elle était folle.

 Il en avait tremblé le Roi Rac et toutes ses pensées à gros cul avaient disparues.

Il avait du en raconter des tas d’histoires et des tas d’histoires dans la lucarne à histoires.

Mais bon, le bas peuple de France s’en foutait totalement de cette histoire de maison des pauvres et d’habits de Roi qui sentait le Coup Fourré même si c’en n'était pas.  

Car le bas peuple de France se foutait de tout et sentait souvent les Coups Fourrés, ce qui énervait particulièrement l’Empereur.

Le bas peuple de France avait cette particularité de s’en foutre et de rêver le nez au vent à tout ce qu’il pourrait se mettre pour se faire plaisir et bien se marrer.

Des lois aussi, il s’en foutait. Il y avait bien des lois au royaume de France mais c’était juste pour rire. Personne ne les respectait. Il y avait bien des flics pour faire  respecter les lois. Mais les flics s’en foutaient aussi.

Ils étaient joyeux les flics quand ils fêtaient l’heure de l’apéritif en faisant Pin Pon partout.

Aussi, ils passaient tout leur temps à s’espionner et à se chamailler alors des lois, vous pensez bien qu’ils s’en foutaient !

Pourtant, de temps en temps, pour rappeler qu’ils existaient, ils tapaient sur un « bougnoul » par hasard qui passait là par hasard. Il faut dire que les « bougnouls » du Royaume de France avaient toujours l’aire d’avoir fait une bêtise. Alors les flics disaient que s’ils ne savaient pas pourquoi ils tapaient sur le « bougnoul », le « bougnoul » lui savait pourquoi on lui tapait dessus. En plus c’était un proverbe « bougnoul » à propos de leur femme, alors…

 Le bas peuple de France avait une autre particularité. Quand il prenait sa voiture, c’était comme si il partait à la guerre. Il embrassait sa femme et ses enfants et faisait son testament et il avait très peur. Alors, pour se donner du courage, il buvait une bouteille et roulait très vite pour avoir peur moins longtemps.

Il en mourait beaucoup.

C’était vraiment comme la guerre.

Il y avait bien de gros gendarmes sur les routes pour arrêter ceux qui roulaient trop vite ou qui avaient bu une bouteille, mais pour s’arranger et pas se faire trop gronder le bas peuple proposait toujours une bouteille pour boire, au gros gendarme pas méchant qui demandait plutôt une caisse et on en parlait plus. 

Vous pensez donc comme l’Empereur et tous ses Pasteurs n’aimaient pas le Royaume de France ! C’était le foutoir, qu’ils disaient. 

On lui avait même dit, et il ne voulait pas le croire, non !  On du lui montrer dans une lucarne, que c’était vrai. Le bas peuple de France ne savait même pas faire la queue réglementaire à l’arrêt d’autobus.

Alors que le bas peuple de l’huile, lui savait parfaitement bien comment le premier de la file doit mettre le bout de sa chaussure juste au raz de la ligne, pas dessus surtout ! Au raz ! Et les autres savaient se mettre derrière bien en ligne, bien droite, derrière, sans se toucher bien sur, parce que le bas peuple de l’huile ne se touchait jamais. Les Pasteurs sévères veillaient.

Pour se toucher ? Eh ! Evidemment ! Des fois ils étaient obligés. Ils devaient boire une bouteille entière, comme l’Empereur. L’embêtant c’est que parfois ils se battaient !

 Et puis ils rentraient chez eux très vite et ils s’enfermaient et tiraient les volets, car le bas peuple de l’huile avait toujours peur, peur des Peaux rouges sanguinaires et des mexicains cruels et des cocos aux mains sales et maintenant des affreux bougnouls et il avait peur aussi des sorcières qui volent et de l’Enfer et de la Damnation.

Ils rentraient chez eux très très vite et, derrière les volets, ils tiraient sur tout ce qui bouge avec les armes que lui avait vendus le Comité de l’Huile et des Armes.

Et tous ceux qui n’étaient pas rentrés chez eux assez vite étaient touchés et souvent mourraient.

 Il en mourrait comme ça beaucoup, beaucoup.

Il y avait même une espèce d’horloge dans la ville de la Grosse Pomme qui comptait tous ceux qui mourraient.

Ding… tué par son voisin.

Ding… tué par sa femme.

Ding… tué par son chien.

 Il en était mort bien plus que tous les ennemis personnels et traditionnels de l’Empire n’avaient pus jamais en tuer.

Mais les Grand Diffuseurs de l’Empire bien graissés n’en parlaient jamais, car, s’ils en parlaient, le bas peuple de l’huile aurait eu plus peur des armes du Comité que des ennemis traditionnels et n’aurait plus acheter d’armes au super marché.

Bien entendu le comité de l’Huile et des Armes n’aurait pas aimé car cela du tout, vous pensez, le manque à gagner !

 
Mais revenons à notre Petit Pion Transmetteur Bidon car c’est bien lui le triste héros de cette histoire.

 Donc on rigolait bien derrière Petit Pion, tout le monde disait :

-         il est con Petit Pion avec ses histoires bidons, de sorcières, de spadassini, de Zigouille et de lunes volées.

Il était la risée de tous les comités secrets. Il y en avait beaucoup au royaume de France car pour sortir du bas peuple il fallait absolument appartenir à un comité secret et le dire bien haut avec des airs secrets.

Les chiens du Grand Diffuseur faisaient admirablement leur travail de le faire passer pour un con ce brave Petit Pion.

 Un jour, le 11-9 ou le 9-11 pour l’Empire, il y eut l’Effroyable Histoire. L’Empire avait commencé ses Terribles Actions d’Empire pour faire peur aux bas peuples pour qu’ils continuent à payer la rente exceptionnelle et sempiternelle au profit du Comité des Huiles et des Armes.

 
Pour expliquer un peu cette Effroyable Histoire, il faut dire que les membres du comité des Huiles et des Armes n’aimaient pas du tout la ville de la Grosse Pomme. Cette ville était pourtant dans l’Empire, mais ils ne l’aimaient pas pour plusieurs raisons. D’abord ses habitants venaient de partout du monde entier, il y avait des Rastaquouères, des Bougnouls, des Juifs, des Niakoués,  des peuples divers et variés que les membres du Comité avaient tous rassemblés sous le même nom: Métèques.

Ces métèques ne ressemblaient en rien au brave bas peuple chercheur d’huile de l’Empire. Ces métèques, en plus, n’avaient pas l’habitude de faire de la graisse avec de l’Huile comme tout le monde en ce temps là. Ils faisaient de la graisse… avec de la graisse et ils en faisaient beaucoup. Ils mettaient de la graisse dans une grande boite qu’ils appelaient La Bourse. Ils faisaient passer un  peu de temps, puis ils ouvraient la boite et, miracle, il y avait plus de graisse dedans. Les Pasteurs sévères d’Empire n’aimaient pas ça du tout. Ils disaient que c’était péché, que le temps appartenait à Dieu et pas à eux, que c’était irrégulier de faire de la graisse comme ça et que les honnêtes gens devaient faire de la graisse avec de l’Huile. 

Puis les habitants de la Grosse Pomme, avec la graisse facilement gagnée, ils s’amusaient. Ils dansaient en riant et buvaient des bouteilles et les Pasteurs sévères d’Empire n’étaient pas contents que l’on boive comme ça des bouteilles sans faire des enfants après.

Les Pasteurs grondaient très fort en montrant le ciel du doigt et en fronçant les sourcilles.

 Ils disaient que Dieu allait les punir comme il avait puni Babylone dont les habitants se comportaient comme ça en riant et en chantant tout le temps, c’était dit dans leur bible. Dieu avait brûlé Babylone et détruit la grande tour construite par un tas de métèques.

Alors Babylone Grosse Pomme avec ses deux tours à métèques, allait subir le même sort !

 Ainsi ce qui fut dit fut fait !

 Car Dieu fait toujours ce qu’il dit et dit toujours ce qu’il fait !

Plein de Petit Pion d’Empire dynamitèrent les deux tours de Babylone grosse pomme et pour faire plus joli ils y jetèrent deux avions téléguidés dedans.

 Puis, pour faire plus vrai et bien plus méchant, ils envoyèrent un missile volant dans la maison des soldats de l’Empire, mais sans les officiers dedans, évidemment.     

Comme prévu, on mis ça sur le dos des Horribles Bougnouls d’Al Dada.

 Et le lendemain dans toutes les lucarnes :

 Ah ! Al Dada !

Ah ! Al Dada !

 Petit Pion qui n’était pas si con,  avait appris à distinguer les vraies histoires des fausses quand il remplissait Le Livre. Il vit bien que tout ça ne collait pas et que cela avait tout l’air d’un Coup Fourré.

Tout excité, il appela le Grand Maître des Secrets  son chef vénéré.

 -         Chef chef, c’est un Coup Fourré. Je peux enquêter sur l’Effroyable Histoire ?

-         Mais bien sur Petit Pion lui répondit le Grand Maître en se frottant les mains.
Eh ! Eh ! Eh ! Il voyait tout le parti à en tirer. Si on mélangeait cette histoire avec les autres, on mettrait tout à la poubelle d’un coup. 

 Petit Pion avait des amis au Réseau Volant. Il les avait connus du temps où il devait remplir le Livre des Histoires. Il avait du les surveiller. Mais à force de les surveiller, il s’en était fait des amis.

Ils lui avaient dit, les gars du Réseau Volant :

-         Ecoute Petit Pion t’es là dehors à nous surveiller, tu vas prendre froid ! Viens donc prendre un café, tu pourras mieux nous surveiller. 

 Car les gars du Réseau Volant se foutaient totalement d’être surveillé par Petit Pion. D’ailleurs ils lui racontaient Toutes les Histoires et Petit Pion en avait écrit des billets blancs pour le Grand Maître des Secrets. C’est pour ça qu’il était bien noté. Car des  histoires de Coup Fourré avec ou sans Trouski sévères, le Réseau Volant en connaissaient plein.

 Quand il y eut l’Effroyable Histoire, les gars du Réseau Volant virent bien que c’était Coup Fourré. Ils avaient tout vu sur la Grande Toile à Histoire qu’ils savaient bien utiliser.

Bien sur ils ne connaissaient pas encore le nouvel art consommé du Véritable Coup Fourré où tout est montré.

Et ils étaient tout étonnés.

 Ils en avaient parlé avec Petit Pion leur ami et ensembles ils étaient excités mais excités !

Petit Pion lui, courait partout, et il en parlait à son chef vénéré, Le Grand Maître des Secrets qui lui disait :

 -         Va Petit Pion cours et cours, parles et parles du fameux Coup fourré de l’Effroyable Histoire. Tu as ma bé-né-dic-tion.

 Petit Pion en avait parlé beaucoup avec d’autres Petits Pions et des Petits Pions plus secrets encore.

Petit Pion leur avait même présenté son ami le Chef du Réseau Volant et tous lui avaient dit :

-         Il faut écrire le livre Réseau Volant, sur cette Effroyable Histoire. On est derrière toi ! oui bien derrière répétèrent-ils tout bas.

 Le chef du Réseau Volant qui avait déjà commencé à raconter cette Effroyable Histoire sur la Grande Toile à Histoire et était déjà très écouté, écrivit son Livre intitulé: « l’Effoyable Histoire d’un Coup Fourré».

Cependant il ne trouvait pas d’éditeurs. Ils avaient tous peur ou étaient bien trop graissés. Il demanda donc à Petit Pion de lui en trouvé un. Petit Pion demanda à son chef vénéré le Grand Maître des Secrets. Celui-ci lui dit :

-         J’en connais un et il sera parfait. Va voir de ma part les éditions de « La Voie de Garage ».

 Le Grand Maître de Secret connaissait bien cette maison d’édition qui lui servait souvent à jeter les Histoires. Dans cette maison on publiait exactement par moitié des calembredaines rigolotes et des vérités vraies à cacher et tout était savamment mélangé. Du coup on ne savait plus ce qui était vérité et calembredaines. Ce serait parfait pour le chef du Réseau Volant.

 C’est là que l’histoire dérape et tout faillit rater.


(A suivre)


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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 18:45

 Le début d'une bonne bibliographie.


La Fin des Certitudes                                                                   Ilya Prigogine (œuvre maîtresse)

http://www4.fnac.com/Shelf/Article.aspx?PRID=1193682  

 

L’artiste et la Cour                                                                       Martin Warnke (œuvre maîtresse)

http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/2735103439/?id=142421154364069&donnee_appel=REF05&fulltext=artiste&sv=X_L

 

Le Moyen Age, une Imposture                                             Jacques Heers (et  son œuvre historique)

http://www.amazon.fr/Moyen-Age-une-imposture/dp/2262008604/ref=sr_1_6/171-9352031-1146629?ie=UTF8&s=books&qid=1173631570&sr=1-6

 

Initiation à l’Art des Cathédrale                                                          Jean Cosse

http://www.alapage.com/mx/?tp=F&type=1&l_isbn=273690253X&fulltext=&nopp=1&donnee_appel=REF05

 

Construire au Moyen Age                                                                      Viollet le Duc

http://www.amazon.com/Construire-Moyen-Age-Viollet-duc/dp/284048160X


Le Monde des Villes au Moyen Age                                                    Simone Roux

http://www4.fnac.com/Shelf/Article.aspx?PRID=1117827

                                 

La première Révolution européenne                                                 Robert I . Moore

http://www4.fnac.com/shelf/article.aspx?PRID=1193866&SID=c3fb6937-bb8f-c1d0-6f46-012eb15a0eba&UID=148DB5767-D98D-AFCD-7F70-AB7C8AC71308&Origin=fnac_yahoo&OrderInSession=1&TTL=070920071752&Fr=20&To=0&Ra=-1

                                                               

La Révolution industrielle du Moyen Age                                  Jean Gimpel (et son œuvre historique)

http://www.amazon.com/r%C3%A9volution-industrielle-Moyen-%C3%82ge/dp/2020541513/ref=sr_1_11/104-9001105-7243947?ie=UTF8&s=books&qid=1173632238&sr=1-11

 

La Renaissance du XII e Siècle                                                         Jacques Verger

http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/2204054542/?id=142421154364069&donnee_appel=REF05

 

L’Economie française au Moyen Age                                                Alain Derville

http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=149017&Mn=5&Origin=fnac_yahoo&Ra=-1&To=0&Nu=4&Fr=3

 

La Philosophie médiévale                                                                Alain de Libéra  (et son œuvre)

http://www.amazon.fr/Philosophie-m%C3%A9di%C3%A9vale-Alain-Libera/dp/2130543197

 

La Cité Antique                                                                    Numa Fustel de Coulange (œuvre maîtresse)

http://www.amazon.fr/cit%C3%A9-antique-Coulanges-Fustel/dp/2080811312

 

Le Manifeste Communiste                                                                         K. Marx et F. Engels

http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm

 

L’origine de la Famille de la Propriété privée et de l’Etat                    F.Engels

http://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000.htm


Le Discours de la Méthode                                                                        Descartes

http://classiques.uqac.ca/classiques/Descartes/discours_methode/discours_methode.html

 

Dictionnaire historique de la Langue française.                                 Alain Rey

http://www.amazon.fr/Dictionnaire-historique-langue-fran%C3%A7aise-volumes/dp/2849022365

L’ethnométhodologie                                                                               Alain Coulon

http://www.puf.com/Book.aspx?book_id=004919

L’Impérialisme Stade suprême du Capitalisme                                V.I. Lénine

http://www.amazon.fr/Limp%C3%A9rialisme-stade-supr%C3%AAme-du-capitalisme/dp/2209053404

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 11:07

Suite de: Le Grand Maître des Secrets le grand Diffuseur et le petit Pion (1)


Notre « Grand Maître des Secrets » de retour vers le royaume de France était perplexe et un peu déçu. L’Empire de l’huile avait changé d’ennemi. Ce n’était plus le « coco ». Ce n’était pas qu’il aimait le « bougnoul » non, mais le « coco » quand même il avait passé des années et des années à le traquer. Il en avait passé du temps à le remplir, son « Grand Livre des Cocos ». Ils étaient tous là ou presque les «gauchisants », les « apparatchiks », les « moscoutaires». Que des qualificatifs sérieux. Il en était fier. Il y avait même quelques juifs à errer là, dans son livre, avec quelques pédés. Ca avait de la gueule ! Il aurait attendu le grand soir de La Rafle, il aimait ce mot, La Rafle, il en frissonnait de plaisir.

Tous au stade ! Comme ils auraient couru les cocos !

 Ben non !. Il soupirait avec nostalgie notre « Grand Maître des Secrets ». Il fallait se rendre à l’évidence, l’Empereur de l’Huile avait raison. Ils ne pouvaient plus servir à rien ces foutus cocos.

Pourtant l’Empereur  avait bien essayé de les réveiller un peu, ils avaient même trouvé un « Boucher des Balkans». Tu parles d’un boucher ! Il a été vite usé.

L’Empire avait le besoin vital d’un ennemi. Il en avait toujours trouvé de terribles : des Peaux Rouges sanguinaires, des espagnols veules, des mexicains cruels et… des « Coco au couteau entre les dents». Le « bougnoule » voilà un bel ennemi mieux que le Peau Rouge sanguinaire ou le mexicain cruel, il était affreux le « bougnoule » et en plus il avait de l’huile, on pourrait la lui piquer !

 
De retour au pays, notre « Grand Maître des Secrets » se mit au travail. Il avait bien compris la leçon de Fort Drague.

Bon ! Se dit-il, pour jeter des histoires, il me faut un Petit Pion Transmetteur Bidon.

Il chercha parmi la liste des Petits Pions qu’il avait pour remplir son « Grand Livre des Cocos », celui qui ferait l’affaire.

Il en trouva un, bien noté, dur à la tâche pour le Livre, toujours obéissant et ne posant pas de questions stupides du genre «et la liberté ? ».

Il le convoqua.

Le lendemain, toc toc toc, c’est Petit Pion qui venait au rapport.

Entrez dit le Grand Maître. Petit Pion ouvrit la porte et le « Grand Maître » fut satisfait de son choix.

Petit Pion portait admirablement bien les chaussures à clous réglementaires, le chapeau melon et, à son bras, pendait le fameux parapluie qui permettait de reconnaître aisément tous les Petits Pions.

  -         Petit Pions, tu vas travailler pour moi.

  -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

 -         Bon, mais tu vas travailler pour moi en secret. Je suis le Grand Maître des Secrets  du royaume.

 -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

-         Donc Petit Pion, je vais te donner un travail bidon, une couverture en quelque sorte, mais tu travailleras pour moi.

 -         Bien chef chef dit Petit Pion tout heureux.

-         Qu’est ce que tu sais faire Petit Pion, à part remplir Le Livre ?

-         Je sais … faire des tableaux bleus dit Petit Pion tout heureux.

-         Bien bien dit le « Grand Maître » avec intérêt. Alors tu feras… des roues de bicyclettes.

-         Mais chef chef dit Petit Pion tout gêné, je ne sais pas faire les roues de bicyclettes.

-         Mais que t’es con Petit Pion dit le « Grand Maître » ravi, tu n’en feras jamais des roues de bicyclettes, c’est une couverture. Tu comprends ça Petit Pion, une cou-ver-ture !

-         Alors Petit Pion voilà ta mission : tu vas déjà enquêter sur Les Zigouilles.

 

En effet sous le règne précédent plusieurs zigouilles avaient eu lieu dans la noblesse, dont celle du Grand Chambellan du Roi.

Le Grand Maître des Secrets savait parfaitement Tout sur cette Zigouille : qui avait zigouillé et  pourquoi. Il avait organisé l’étouffement de l’histoire, mais le bas peuple  jasait.

Et il voulait mettre en application ce qu’il avait appris chez l’Empire de l’huile à Fort Drague et «jeter cette histoire à la poubelle » en utilisant Petit Pion comme transmetteur bidon.

 -         Petit Pion allait s’en aller avec sa mission.

-         Ah Petit Pion, j’oubliais, dit le « Grand Maître ». Tu vas également enquêter sur les « Sorcières qui Volent » et les « Loups Garous ». On m’en a signalés.

-         Ah bon fit Petit Pion étonné !

-         Oui oui, c’est très important. Une mission de confiance.

-         Bien chef chef !

 
Le lendemain Petit Pion se rendit à la fabrique de bicyclettes. Il entra par la grande porte et sortit tout de suite par une petite dérobée. Le Grand Maître des Secrets avait appelé le patron de la fabrique. Il savait Tout sur lui. Alors le patron ne pouvait rien lui refuser. Petit Pion n’aurait certainement pas à fabriquer des roues, d’ailleurs il ne savait pas.

 Petit Pion mena son enquête sur les Zigouilles. Il était parfait Petit Pion et il savait y faire. Tout le monde savait maintenant qu’il enquêtait sur les Zigouilles. Evidemment, avec ses chaussures à clous, son parapluie et son chapeau melon, il ne pouvait passer inaperçu. Les chiens du Grand Diffuseur le suivaient à la trace, la «machine à jeter les histoires à la poubelle » était en marche.

Et Petit Pion tous les soirs apportait ses billets blancs au Grand Maître de Secrets  sur lesquels étaient soigneusement consignés tout ce qu’il avait recueilli sur la Zigouille, comment les « spadassini » du Capitaine Pastaga avaient zigouillé le Grand Chambellan car il savait Tout sur eux et sur le Roi.

Puis sur les « Sorcières qui volent » et les « Loups-garous ». La,  c’était plus difficile. Il paraîtrait qu’une nuit une vielle femme…. Il ne savait trop que dire, mais il le disait. C’était la l’important. Brave Petit Pion !

 Le Grand Maître des Secrets appela un soir son ami PigeOnni, le patron du  Grand Diffuseur . C’était Le Journal Obligatoire du royaume, dans lequel tout ce qui devait être cru était dit.

Ils se connaissaient bien. Ils s’étaient plusieurs fois rencontrés chez l’Empereur de l’huile. Le patron du  Grand Diffuseur  était également Grand Laudateur d’Empire et de ce fait, on avait pris coutume dans le royaume d’appeler « pigeons » les grosses têtes à lunette et mains blanches qui lisaient toujours dans le « Journal Obligatoire » en faisant des Oh ! et des Ah ! ce qui devait être cru.

 
- Dis donc PigeOnni ,  lui dit le Grand Maître,  j’ai là des billets blancs très rigolos, tu voudrais pas jeter un œil ? C’est pour mettre une sale histoire à la poubelle. Tu te souviens des cours de Fort Drague ? 

-         Bien sur Grand Maître dit PigeOnni,

 Ils se respectaient car Le Grand Maître savait Tout sur PigeOnni et PigeOnni savait Tout sur le Grand Maître. PigeOnni venait de l’île du Capitaine Pastaga où l’art de la Zigouille et du Coup Fourré était enseigné dès l’enfance.

-         Donne. Je vais les filer à mon fidèle  lieutenant le Trouski La Plaine. Tu vas voir, il fait merveille dans le Coup Fourré.

 La Plaine était de la race des Trouskis, sorte vague de coco. Mais pas des cocos à mains sales qui faisaient très peur, non ! Des cocos à mains blanches et fines, à lunette et grosse tête pour les salons et qui vous regardent d’un air sévère et accusateur.

Dans la multitude des familles Trouski il y en avait une particulière, les La Berre.

 
Le Trouski La Berre était le plus raffiné dans l’art délicat du Coup Fourré. Il s’introduisait partout. L’entrisme qu’ils disaient. L’Empire de l’huile avait bien joué à la Grande Magouille avec eux du temps où il y avait deux Empires. Bien sur l’Empire de l’Huile avait continué à jouer avec les Trouskis La Berre. Il les connaissait bien et il les appréciait.

L’Empire en avait même nommé un Grand Chambellan du Roi Rac de France. Car l’Empire de l’huile se méfiait du Roi Rac et l’avait à l’œil. 

Et le Trouski La Berre pour surveiller c’était vraiment son truc. En plus celui la, il avait été Pasteur comme ceux de l’Empire.

Il était tellement sévère ce Trouski Pasteur que, quand il regardait le Roi Rac comme ça tout droit et tout sévère, le Roi  Rac était très gêné et ne savait plus où se mettre, car il pensait que le Pasteur Trouski lisait les pensées des gens à force de les surveiller et de les gronder. Et les siennes, ses pensées, étaient toujours pleines de gros culs et de gros nichons.

Car pour un Trouski La Berre et Pasteur les gros culs et les gros nichons c’était  très grave et pouvait vous conduire direct à l’enfer du peuple.

C’est pour ça que l’Empereur les aimait ces Trouskis sévères. Ils lui rappelaient ses Pasteurs sévères d’Empire à lui pour qui gros cul et gros nichons étaient  Enfer et Damnation.

 
Ce Roi Rac dégouttait  vraiment l’Empereur depuis qu’on lui avait dit qu’il mangeait de la tête de veau. Il en avait vomi et il avait du boire une bouteille tout entière et il était tombé par terre et s’était fait très mal avec une grosse marque rouge sur la figure.

Son Grand Maître des Secrets avait du raconter une histoire de Bretzel qui avait fait bien rire le bas peuple.

Et puis surtout il lui obéissait bien mal ce Roi Rac, à contre temps. Parfois il n’en faisait qu’à sa tête et oubliait les ordres, tout occupé qu’il était à la tête de veau, aux gros culs et aux gros nichons.

Un jour, exaspéré, l’Empereur avait essayé de le faire empêcher ce Roi Rac de merde.

Ils disaient comme ça, dans l’Empire quand un Empereur n’obéissait plus au Comité des Huiles et des Armes, on l’empêchait.

 Là il faut parler de « l’empêchement ».

 Ce mot était utilisé entre les membres du Comité des Huiles et des Armes quand ils voulaient se débarrasser d’un Empereur ou d’un Roi. Il fallait, disaient-ils au début, l’empêcher de faire une bêtise.  Après on a dit « empêché » tout court.

Il arrivait, rarement rassurons nous cet empêchement, mais il arrivait qu’un Roi ou même un Empereur oublie par qui il avait été nommé et à qui il devait obéissance. C’était semblait-il les effets des fêtes perpétuelles, des bals de la cour, des jolies marquises avec leur travail soufflé et ils croyaient qu’ils étaient vraiment Empereur ou Roi.

Il arrivait également rarement, rassurons nous, qu’un bas peuple d’un quelconque royaume secondaire auquel on n’avait pas prêté suffisamment attention, élise un Roi sans l’accord du Comité des Huiles et des Armes de l’Empire, un Roi illégal en quelque sorte. Là les bêtises pouvaient être très grosses. Il pouvait penser, c’était très ennuyeux, que l’huile qui coulait dans son royaume était à lui et qu’il pouvait en disposer à sa guise.

Le comité des Huiles et des Armes avait une liste soigneusement tenue à jour des empêchements à réaliser. Cette liste était transmise au Grand Maître des Secrets de l’Empire qui se chargeait de l’exécution. (C’était le cas de le dire).

Du temps de cette histoire la liste était un peu longue et le comité s’impatientait.

Il y avait le Roi d’Irak ayant tant et tant d’Huile et ne voulant rien donner du tout, qu’il avait été désigné comme le plus méchant.

Puis le Roi du Venezuela, pareil. Il voulait garder toute son Huile.

Depuis très longtemps, il y avait le Roi de l’île à cigares. Le Comité n’avait pas réussi à l’empêcher malgré des années de Coups Fourrés de toutes sortes. Puis on l’avait oublié là. Il faut dire qu’il n’avait pas d’Huile, alors…

Deux types d’empêchements pouvaient être appliqués, le petit et le grand. En fait, avec le grand, on avait droit à la Zigouille.

Et il y avait sur cette fameuse liste notre Roi de France qui avait été inscrit en petit empêchement tant qu’il ne faisait qu’énerver les membres du Comité. Mais il venait tout juste d’entrer dans la liste du grand depuis qu’il continuait à fricoter avec le Roi d’Irak alors que c’était devenu formellement interdit par l’Empire.

Il avait notamment fait échouer un premier Coup Fourré qui aurait aisément permis à l’Empire de piquer toute l’Huile d’Irak des plus facilement. Evidemment c’était gravissime.

Evidemment, il avait signé là son arrêt de grand empêchement.

 Ce n’était pas la première fois qu’un Roi de France était sur cette liste noire. Il y avait eu plusieurs années auparavant le Général de France. Il était devenu Roi grâce à l’Empire, pour remettre de l’ordre, car en ce temps là, la France était un petit Empire régnant sur quelques sous-royaumes  africains. Parmi ceux-ci un sous-royaume remplit d’Huile dont les habitants, des Bougnouls en plus, s’étaient mis dans la tête de s’associer avec  l’Empire des cocos aux mains sales. Mais une fois sur le trône, au lieu de mater tout ça, il dit aux Bougnouls qu’ils pouvaient garder leur huile et fricoter avec qui ils voulaient.

Boum ! Patatraque pour l’Empire. Quelle claque ! Il fut mis sur la liste en vitesse avec Zigouille à la clef. Il en réchappa plusieurs fois comme par miracle mais les balles ont sifflé.

Alors on lui mit le bazar dans son Royaume avec tout un tas de cocos aux mains blanches et à grosses têtes. Il y avait toutes sortes de familles de cocos aux mains  blanches, Trouskis ou non, que l’on n’avait jamais vues avant et qu’on ne reverra jamais plus après. Les cocos aux mains sales avaient été prévenus par leur Empire qui existait encore, que c’était Coup Fourré. Alors ils courraient partout et criaient « Camardes ! Halte à la provocation ! » Et les autres, ils leur lançaient de drôles d’insultes que personne ne comprenait sauf eux : « sociale traître », « réviso », « train en marche ». Enfin on pensait que c’était des insultes parce qu’après, les cocos aux mains sales avaient l’air très en colère et tapaient sur les cocos aux mains blanches comme des CRS, mais en pire. Si vous aviez déjà vu des mains de cocos aux mains sales vous comprendriez.  Puis ce fut l’été et les cocos provisoires aux mains blanches durent partir sur la cote d’Azur en vacance car ils avaient réservé depuis longtemps. Le Général de France à la fin fut tellement dégoutté qu’il partit tout seul comme un grand et l’Empire fut soulagé.

 Ce n’est pas comme le Roi Rand qui avait été le chouchou de l’Empire. Il a fait la guerre de l’Huile comme il fallait, comme l’Empire lui avait demandé, sans rechigner. Le Roi Rand a commencé en étant ami avec les Nazis français sauvés par l’Empire. Le chef flic Nazi qui avait commandé la rafle des Juifs de Paris pour les conduire dans les usines à Zigouille avait organisé son graissage pour qu’il s’achète ses habits de Roi. Puis il était ami avec les Trouskis La Berre qui avaient bien joué à la Grande Magouille avec lui. Tout ce beau monde se retrouvait le dimanche à table. Le dialogue était fameux.

Le Nazi, la bouche en cul de poule :

-         « Pouvez-vous me passer le sel cher ami »

Le Trouski sévère :

-         « Assurément cher ami, voici. Et comment vont les affaires ? »

Le Nazi, la bouche en cul de poule :

-         « Très bien cher ami, la graisse s’accumule, vous en prendrez bien encore un peu ? »

Le Trouski sévère :

-         « Pourquoi pas cher ami, on me dit qu’elle a moins d’odeur ces temps-ci ».

-         et bla bla bla et bla bla bla

On ne lui a jamais rien mis sur le dos au Roi Rand. Pourtant il s’est graissé comme il a pu, et il pouvait beaucoup. Quand aux Zigouilles, ça tombait comme des mouches sous le « Fly Tox » autour de lui. Mais l’Empire avait dit : « Pas touche ! » Et les chiens de garde lui léchaient les mains en jappant de plaisir.

 
Mais revenons au Roi Rac dont les ennuis vont égaler ceux de Petit Pions

(A suivre)

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