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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:56

La République.

 

 

Le terme vient du monde antique méditerranéen, il est composé avec le latin « res », chose dans le sens de bien possédé et « publica », public, dans le sens de commun. République peut avoir la signification initiale de bien commun.

 

La république est donc initialement la mise en communauté de moyens, tels que  voiries, bâtiment de réunion, moyens de défense. Ce bien commun, nécessite  pour sa gestion d’une administration commune. La république s’oppose ainsi toujours initialement a la « res privatae », ou bien privé.

 

Cette forme d’administration collective de moyens est apparue dans le monde antique, après la propriété privée (voir Etat et religion). Elle permit la coalition d’un groupe de propriétaires, (dominus) situés dans un espace géographique s’opposant a une autre coalition de propriétaires situés dans un autre espace géographique. C’est donc la proximité des propriétaires  qui crée la nécessité de la coalition en cité afin de mieux assurer une défense contre d’éventuelles intrusions.

La cité antique (mot provenant du latin « civitas », condition de citoyen) ne désignait pas l’espace urbain mais la république des propriétaires ayant droit de cité, en fait les citoyens exerçant en commun la souveraineté sur le bien commun. Les non propriétaires, dominés, n’exerçait pas cette souveraineté, ce droit de cité. Chaque « familiae » ne possédait qu’un seul et unique propriétaire, les citoyens de la cité antique étaient donc très minoritaires parmi la population, ils n’étaient pas le peuple. Les républiques antiques, fugaces se transformèrent rapidement en Etat

 

Le terme  république réapparaît ( v. 1140) après la révolution féodale dans le monde européen occidental. Il désigne certaines communes du nord de l’Italie, Florence, Venise, Sienne ou du nord de l’Allemagne, république de la Hanse.

La république ou commune du moyen âge présente des caractères différents de celles de la cité antique. Il s’agit là initialement de coalition de marchands industriels et non de propriétaires fonciers autarcique. Le citoyen bourgeois du moyen âge fabrique et vend des marchandises, il a une fonction de communication et d’échange, il n’est pas propriétaire (dominus) fonction réservée a la noblesse. Le droit de citoyen dans la cité féodale est parfois, voir souvent exercé par tous les habitants. Privés a terme du pouvoir politique, les coalitions de bourgeois s’exerceront plus dans le domaine marchand en créant des compagnies, distinguant une propriété sociale restreinte restant dans le domaine privé.

Après la Renaissance les Communes ou Républiques seront graduellement dépossédées de leur souveraineté par les pouvoirs centraux, d’abord en France et bien plus tardivement dans le Saint Empire. Certaines républiques italiennes se transformeront en Etat, Venise est les cas le plus fameux.

 

Le terme de république ne resurgit qu’au 18ème siècle avec les révolutions américaine et française.

Ces républiques avaient pour bût affirmé de remplacer la souveraineté d’un Etat ou d’un roi par celle du peuple. Cependant, seule la Révolution française de 1789 engendra une réflexion profonde et quasi exhaustive sur le pouvoir social qu’est la République. Celle-ci, notamment avec les travaux de J.J. Rousseaux légitime un pouvoir républicain basé sur un contrat social établit par les différents contractants formant le peuple. Ce contrat social est un ensemble de règles explicites ou lois votées par les représentants du peuple élus, réunis en assemblée dite législative. 

Cependant cette forme d’Etat légal, on dit maintenant d’Etat de droit n’est pas l’apanage des Etats se réclamant de la République, de nombreux Etats à la tête desquels règnent un roi,  reconnaissent la puissance des lois établies par des assemblées élues au suffrage universel. Cette forme d’acceptation d’un certain contrat social est appelée également démocratie pour se différencier de république.

 

Le modèle français de  République se distingue  particulièrement d’autres formes étatiques dites démocratiques car il se fonde sur deux concepts qu’il explicite avec force.

 

1-     La souveraineté du peuple.

2-     La laïcité de la république.

 

La souveraineté du peuple présuppose qu’il ne puisse exister au dessus du peuple de pouvoir de l’Etat, incarné par un gouvernement ou un chef d’Etat justifié ou non par une idéologie dogmatique.

 

La laïcité de la république présuppose une absence d’idéologie d’Etat pouvant légitimer son pouvoir, cette idéologie dogmatique d’Etat est appelée superstructure idéologique par Marx elle est liée à tous Etats, elle est le fondement de sa légitimité, que cela soit une religion (USA, Grande Bretagne), une prétendue race, (Allemagne), ou une classe sociale ( ex URSS), ou même un plébiscite.

 

Sans pouvoir et sans superstructure idéologique, l’Etat n’est déjà plus l’Etat.

L’établissement du concept français de République exige le renversement révolutionnaire de l’Etat quel qu’il soit.

C’est traditionnellement en France, parmi les pays dits démocratiques que l’on glose le plus sur la République et que l’on pratique le moins ses principes.

 

La confusion entre Etat qui est le pouvoir sur le peuple d’avec République qui est le pouvoir du peuple, est la base même de l’escroquerie politique entretenue par tous les partis politiques qui cherchent à obtenir le pouvoir de l’Etat pour leur « nomenklatura ».  

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:43

 Nation

 
 

Terme emprunté au latin «natio» dérivé de «nasci» naître. Nation évoque d’abord un ensemble d’individus nés en même temps dans un même lieu. Dans l’empire romain chrétien le terme «natio» est attribué aux barbares non-chrétiens, il recoupe en partie le mot tribu.

Au moyen âge «naciuns» (1120-1165) signifie naissance dans le sens de «extraction, rang, famille», puis (1175) le terme renvois à une communauté d’origine de langue et de culture. Il peut évoquer plus tard (17ème siècle) une communauté d’intérêt, comme des marchands.

Le sens fort de nation qualifie la naissance dans une communauté donnée avec une connotation de coalition implicite.

Au 18ème siècle avec la Révolution française le terme évolue en accentuant le sens de coalition pour devenir une entité politique identifiée au tiers état (Sieyès) puis prend sa définition de «personne juridique constitué par l’ensemble des individus composant l'état» par arrêté du 23 juillet 1789. (D'après Alain Rey in Dictionnaire historique de la langue française)

Il y a donc deux sens pouvant être compris dans le mot Nation, un sens archaïque, pré révolution française et un sens moderne issu de cette révolution.

Ces deux sens ont une signification politique profondément différentes et impliquent des rapports différents à la Nation.

Un sens, celui qui est la signification officielle depuis le 23 juillet 1789 est porté évidemment par la France. C'est le sens de l'appartenance légale à la Nation, sens issu des réflexions de Montesquieu dans «L'esprit des Lois». La nation est composé de citoyens libres et égaux en droits soumis aux mêmes devoirs et possédant les mêmes droits. Droits et devoirs sont explicitement consignés et composent la Loi. La Loi commune, explicite selon Montesquieu est l'essence de la Nation. Cette définition de l'appartenance a été complété par les lois de 1905, séparant l'église et l'état et supprimant tout aspect implicite dans l'appartenance nationale, notamment l'appartenance religieuse.

La république, lieu de la souveraineté du peuple est neutre de toutes idéologies, elle est le bien commun de peuples divers issus des tourments de l'histoire, intégrés de fraiche ou de longue date, de gré ou de force dans la communauté française. Peuples issus de toutes cultures, germanique, romane, italique, celtique et maintenant nord africaine et de toutes religions, catholique, protestante, israélite ou musulmane. Ces peuples obéissant aux mêmes lois forment la Nation française.

La Nation française n'exige d'autre intégration de la part de ses citoyens que leur soumission à la loi commune, laquelle consignée est consultable par tous. Nul n'est censé ignoré la loi.

Nous avons la un système moderne d'appartenance qui seul peut permettre à des populations diverses comme celles de tous pays d'aujourd'hui, de vivre en bonne intelligence. Ce système légal d'appartenance d'origine française est peu ou prou adopté par l'ensemble des nations, cet ensemble de nations se reconnaissant légalement mutuellement sont adhérentes à l'Organisation des Nations Unies. L'appartenance légale à chacune de ses nations est démontrable toujours explicitement par la possession de papiers d'identité nationale ou par un passeport.



Pourtant une autre acception de la Nation existe. Cette acception est idéologique, non légale, elle est issue de significations antérieures à la révolution française et portée surtout par les anglo-saxons. Les anglo-saxons enseignent dans leurs écoles, soit sur leurs sols soit dans celles, nombreuses qu'ils subventionnent ou influencent dans tous pays (par exemple en Tunisie) une toute autre signification des la nation, cette signification est identitaire. L'appartenance nationale est définie par une communauté de langue, de culture et de religion elle est donc implicite, car nulle loi ne vient démontrer cette appartenance et elle est non légale, car cette communauté ne recoupe pas toujours voir jamais les nations légales.

Non légale, ce type d'appartenance est soumise à l'appréciation de chacun et les pratiques visibles d'adhésion «nationale» c'est à dire d'intégration font l'objet permanent de querelles et de polémiques sans fins puisque non explicitement décrites: port d'un foulard, d'un turban, d'une kipa, d'un prénom, l'usage d'une langue locale etc... devenant pour certains et pas pour d'autre des pratiques d'exclusion.

Il y a donc deux issues possibles à ce type d'appartenance, marquant deux tendances le séparatisme et l'élimination physique ou nettoyage ethnique.

On voit donc tout l'intérêt politique que les promoteurs anglo-saxons de la nation « ethnique » peuvent tirer. Balkanisation des nations légales comme en Yougoslavie et en corolaire leur affaiblissement rendant inopérantes les lois de contrôle économique et permettant ainsi la libre circulation des capitaux et la libre recherche du moins disant social. Puis nettoyage ethnique, guerre de civilisation, permettent l'institution de chaos permanent avec l'espoir de recompositions au profit des déstabilisateurs anglo-saxons. Nous voyons de nombreux exemples dans le monde de ce type de querelles conduisant à des guerres atroces, Yougoslavie, Palestine, Liban, Irak.

Le nouvel ordre mondial promis doit sonner le glas des nations légales et instituer en lieu et place une balkanisation communautariste qui ne pourra jamais avoir de fin car les critères d'appartenance non légaux son infinis et indéfinissables.

Il existe une idéologie française, celle qui a institué et promue dans le monde la légalité, c'est notre bien et notre identité commune la seule existante car descriptible.

La seule façon d'envisager une Nation dans la paix et le développement est bien celle définie en France le 23 juillet 1789 et offerte ce jour au monde.

 



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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:34

Mythe

 

Emprunté tardivement au bas latin « mythos », fable, récit fabuleux, lui-même emprunté  au grec « muthos . Le mot a été utilisé en français, longtemps après l’adjectif mythique pour « fable, récit imaginaire de la mythologie ».

Un mythe signifie une histoire racontée, considérée comme non valide. Un mythe est une histoire qui n’est pas considérée comme vrai ou vraisemblable par celui qui l’écoute.

Ainsi, la mythologie communément acceptée se rapporte aux religions qu’on ne pratique pas ou plus. La mythologie grecque par exemple raconte la religion antique. On parle de mythologie religieuse, quand un non catholique parle des Saints. Maintenant, depuis peu on entend parler de mythologie politique, par exemple à propos du communisme.  Pour les communistes aujourd’hui, pourtant, il ne s’agit pas de mythe.

Communément, également  nous rangeons dans les mythes ce que nous considérons comme une connaissance, une méthode obsolète.

Nous parlons par exemple  de mythe, à propos des anciennes croyances qui affirmaient que la terre était plate. Cependant à l’époque, dire que la terre était ronde et tournait autour du soleil était l’affirmation d’un mythe pouvant conduire son auteur au bûcher. Il était évident, pour les hommes non munis d’instruments adéquats, d’envisager la terre comme plate. Le maçon aujourd’hui se muni d’un niveau pour contrôler que le sol ou il se dispose à couler une chape de ciment, est bien plat. Il est parfaitement évident qu’au niveau humain la terre est plate. C’est depuis peu, une trentaine d’année, que l’homme a put constater de visu la courbe de la terre. L’image d’une terre ronde est maintenant totalement validée, non mythique, par conséquent entrant dans le champ de la connaissance, par conséquent considérée comme vrai pour la plus part des gens, bien que l’immense majorité d’entre eux n’ai jamais pu le constater. L’histoire de la terre plate est définitivement posée sur le rayon des mythes.

Nous pouvons également parler de méthodes mythiques à propos des divers procédés utilisés pour prédire l’avenir. Par exemple l’astrologie est considérée comme une méthode mythique par ceux qui ne croient pas en son efficacité.

Une utopie peut être également mythique en tant que construction idéologique d’un devenir souhaité et recherché par certains. Un tel mythe peut se transformer en ordre moral et imposé à ceux qui n’y adhèrent pas.

Mythes et idéologies ont un caractère commun si on considère qu’elles sont des constructions dogmatiques d’une conception du monde qui nous sont étrangères, qui n’appartiennent pas à notre village.

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:28

Instruction

 

 

Description de la méthode à reproduire et ordre d'accomplissement.

Dans le milieu industriel, selon les spécialités, les métiers, l'instruction revêt des formes diverses, diverses également selon le degré de connaissances préalables que possède le groupe de la tâche à accomplir.

 

Il y a donc un aspect qualitatif de l'instruction, dessins, textes, échantillons, mais également quantitatif. Si l'individu ou le village ne connaît rien de la méthode à reproduire, cette instruction revêtira les formes d'un apprentissage total. Le terme instruction se réduit alors au sens étymologique primitif c'est à dire l'action d'instruire dans le sens d'enseigner. Dans d'autres cas il peut s'agir simplement de paramètres appliqués à une méthode déjà connue. La connaissance préalable de la tâche ou d'une partie de la tâche est  du domaine de l'implicite, elle concerne les capacités du groupe.

 

On peut donner à un menuisier l'instruction suivante:

- "tiens, fabrique moi une porte !"

 

Dans la mesure ou "une porte" veuille dire la même chose pour celui qui donne l'instruction et celui qui la reçoit, c'est à dire que les dimensions, l'épaisseur, la matière, etc... soient des implicites partagés comme par exemple, il pourrait ce faire, que le menuisier en question soit connu pour fabriquer toujours le même type de porte.

Le menuisier s'il est compétent, capable,  s'il est vraiment menuisier va, sur cette instruction suffisante pour lui, entreprendre toutes les procédures nécessaires pour fabriquer cette porte dont tous les paramètres sont implicites.

L'action de ce menuisier sera de reproduire  l'ensemble des procédures par lui connues, cette fabrication est pour lui de la routine,  une routine  au sens informatique du terme.

S’il est connu par le client que le menuisier soit capable de fabriquer différents types de porte, celui-ci va accompagner son instruction par des dimensions, "tiens, fabrique-moi une porte de 2 m de haut, 1,10 m de large et 3 cm d'épaisseur».

Il s'agit là d'une  variation dans "une porte" on pourrait parler également de variable au sens informatique du terme.

 

L'instruction est une procédure.

- explicite,

- allogène, car extérieure au contexte, elle est donnée, elle vient d'ailleurs,

- mutante car affiliée, c'est une légère modification des procédures "allant de soit",

- si acceptée, comprise, reproduite, validée, est réappropriée par le contexte comme "allant de soit"

 

Moins elle est exotique plus elle est simple, plus elle à de chances d'être reproduite et validée.

 

Dans un contexte stable et fermé, il ne circule pas d'instructions.

Une instruction reproduite et validée perd son caractère d'instruction.

 

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:22

Les Idéologies

 

Conception du monde propre à un groupe social donné, à un « village » et véhiculé par des mots,  un langage.

Les idéologies peuvent être séparées en deux formes. Les « allant de soit »   implicites, par conséquent non formellement appris et les formes explicites qui sont en générale des religions ou des formes idéologiques obligatoires à caractère dogmatique.

Communément nous appelons  idéologie une conception du monde qui n’est pas la notre. Notre propre conception du monde ne nous est pas visible, elle va de soit. Il est des idéologies comme des mythes. De la même façon, nous appelons langue de bois le langage d’idéologies allogènes.

Notre conception du monde naît de notre praxis (pratique) et est en interaction avec elle, en rapport dialectique. La conception du monde d’un ingénieur de chez IBM est différente  de celle d’un membre d’une tribu amérindienne de la forêt amazonienne, comme celle d’un dirigeant d’entreprise privée, ne peut être celle d’un enseignant.

Le langage que nous utilisons reflète notre conception du monde. Comprendre le langage utilisé par des mathématiciens est difficile pour des boulangers et vice versa.

 

Le langage d’un village est le vecteur son idéologie. Son idéologie n’est descriptible que par son langage. L’indexicalité de son langage n’existe que par son idéologie. 

 

Il y a autant de conception du monde, d’idéologies que de village . Il y a donc une infinitude  d’idéologies. Des mathématiciens japonais, pratiquant le tennis et sortant au cinéma le samedi soir etc.

 

Le langage est une paléologie d’idéologies en obsolescence. Par exemple les mots prêtre, père, patron ont la même racine grecque « pater » qui veut dire prêtre. En Grèce antique le père (géniteur) possédait la pratique de prêtre des dieux familiaux et de patron du domaine. Notre société patriarcale est fortement marquée par ce mythe, qui est le fondement même des idéologies occidentales.

Idéologie est devenue un terme « valise » du langage politique ou en générale on lui donne le sens de dogme. L’idéologie dominante prétend ne pas se référer à une idéologie, ce qui est absurde mais marque en même temps l’influence des idées «cartésiennes » et «marxistes » qui elles se fondent sur l’absence de principes dogmatiques. Il est par contre curieux que l’idéologie dominante désigne particulièrement Descartes et Marx comme idéologues dogmatiques.

Le terme est au cœur du débat politique ou les différents sens évoqués sont parfaitement contraires. 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:19

descartes.jpgL’Etre.

 

Toute réflexion politique ne peut être valide qu’à partir d’une définition de l’Etre puisque cette réflexion est censée proposer son devenir.

 La  définition de l’Etre nous rapporte à la phrase de Descartes « Je pense donc je suis ». Le « cogito »  de Descartes définirait ainsi l’Etre. Cependant cette définition si pertinente soit elle est insuffisante, elle est à préciser, surtout dans le caractère social qui est le fondement de l’Etre.


 Néanmoins suivre Descartes dans sa Méthode est une approche valide pour obtenir une réponse à une interrogation. Formulons le problème à la base en partant du plus simple au plus complexe.


Il est aisé notamment de définir l’Etre par le non Etre en fait sa mort. Le non-Etre définirait ainsi l’Etre a contrario. Si, tel Dieu, nous étions investis d’un pouvoir surnaturel nous permettant d’agir sur les Etres à volonté, nous placions un Etre, comme vous et moi, nu, sans outil, au milieu d’une forêt si profonde qu’il ne pourrait en sortir. Même pensant, notre Etre ne pourrait survivre bien longtemps à ces conditions.


Cette première réflexion permet déjà d’associer à l’Etre les objets nécessaires à son existence. Quels sont ces objets si nécessaires à l’Etre qui lui sont indissociables pour sortir de sa forêt ?


Vêtements, nourritures, abris, moyens de communications et de transport. Comment notre Etre observé se procure-t-il usuellement ces objets?

Il va chez le marchand les acheter !


Une deuxième réflexion permet donc d’associer à notre Etre, marchandises et monnaie. Ainsi pourvu, l’Etre existe et peut penser à son devenir. 

L’Etre, même pensant ne peut être dissocié de la société dans laquelle il évolue, la notre est fondée sur la marchandise.


Notre société est  marchande pour le moment, mais aucune construction sociale humaine ne peut être définitive et possède toujours des limites à sa propre dynamique.


Cependant elle sera marchande pour un moment car cette société a profondément marqué notre culture et a permis à l'humanité de réaliser un formidable bon en avant technologique, culturel est humain.

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 13:13

 Religion.


Emprunté (v. 1085) au latin « religio » de « religare » relier mais également « attache » ou « dépendance ».

Idéologie  accompagnée d’une pratique récurrente, collective et abstruse, dont le but est de « relier » entre eux les membres d’une religion-Etat, c’est à dire d’assurer une cohésion sociale en vue d’exercer sur ses membres un pouvoir.

L’Etat et la religion, sont des concepts fortement associés.

Les religions sont composées pour parties « d’allant de soit »,  par exemple : l’univers n’a put être créé que par une «Volonté»,  d’explicites précis formant le dogme religieux et d’enseignement de comportements adéquats pour permettre l’exercice d’un pouvoir.

Pratiquement toutes les religions ont pour base une « Volonté divine » siège de ce pouvoir, la terreur de la mort et le culte des ancêtres disparus. A ce fond commun il est souvent associé une religion dite naturaliste qui érige en divinité des phénomènes naturels ou des lieus particulièrement remarquables soit utiles et nourriciers, soit terrifiants. Par exemple, le soleil, la foudre, le ciel, le feu, la terre, la mer, les arbres, les sources d’eau, un volcan ou une montagne particulière etc.... Parfois un syncrétisme entre les deux systèmes associe un ancêtre et un phénomène naturel ou un lieu, comme dans la mythologie grecque antique.  

 

Le culte d’un ancêtre commun à tous est bien précisément le meilleur moyen d’assurer la cohésion, car dans ce cas tous les membres du « village » état-religion sont frères, ils appartiennent à la même famille, dirigée par un patron, père, prêtre. (pater=prètre)

 

Toutes les religions, par principe nient la mort comme étant l’extinction définitive de la Conscience. Il est vrai que cet aspect de la vie, sa fin, est tellement terrifiant que le mythe d’un au delà après la mort est certainement « l’allant de soit » le plus puissant partagé par l’ensemble de l’humanité. La situation future de l’individu dans l’au-delà est souvent présentée par les religions-pouvoir-état  comme une gratification en récompense de comportements adéquats ou une punition en coercition de comportements déviants. Ce principe est surtout valide dans les religions occidentales à fondement indo-européen fortement associées aux Etats. L’islam est une des formes de religion moderne la plus explicitement accomplie dans l’association état, pouvoir, religion.

 

Bien que toutes les religions aient la «Volonté divine », la mort et les ancêtres comme fondement, l’Orient et l’Occident ont adjoint à ces principes, des concepts différents.

 

En Occidents les religions ont finalement emprunté au judaïsme l’idée d’une «Volonté divine» non incarnée, Dieu unique, créateur de toute chose. Ce Dieu immatériel et transcendantal serait un pur « Esprit ».  Cependant ce principe, difficile à admettre pour le  fondement religieux indo-européen, profondément attaché aux cultes de divinités incarnées, n’a réellement d’existence que dans le Judaïsme et dans une moindre mesure, l’Islam. La chrétienté a besoin d’un médiateur incarné, le Christ fils du Dieu,  père. La filiation est ici remarquable comme nous le verrons plus loin, de plus si une mère, un Saint Esprit et une multitude de Saint Patron, sont surajoutés, le principe des religions antiques fondamentales, est ici plus proche et s’éloigne  de celui qui préside au pur monothéisme du Judaïsme.

 

En Orient, avec le bouddhisme, les  pratiques religieuses sont de trois ordres.

La « Volonté Divine » s’appliquant a tous, (chine japon) n’est celle que de l’empereur vivant,  déifié. L’idée d’un pouvoir transcendantal est tellement puissante qu’elle n’a pas besoin de justifications surnaturelles.

Le culte domestique des ancêtres selon une forme très proches des « Lars » gréco-latin, avec un feu entretenu symbole des disparus.

Avec le Taoïsme et le Zen, l’accession individuelle au « nirvana ». Celui-ci est représenté comme la fusion de l’individu avec l’Univers et de fait, l’accession à la Connaissance transcendantale. Cet accès se réalise grâce à la méditation, à la solitude et au jeune. Il n’est pas donné à tout le monde, seulement à une élite très réduite de sages. C’est une autre religion, souvent contradictoire avec les formes précédentes très rudes. Ces en fait une échappatoire individuelle et fictive à la puissance du pouvoir, sans présenter de danger pour celui-ci car le Taoïsme et le Zen religion de la vacuité, rejettent toutes méthodes, donc  l’action, et le pouvoir, c’est un abandon, une retraite.

Pratiquement il s’agit de se trouver dans ce qu'il est  appelé maintenant un « état modifié de conscience, (E.M.C.) » qui est un dysfonctionnement du cerveau dû à une interconnexion différente, des différents sièges des types de mémoire, visuelle, sensorielle, olfactive, etc.., permettant ainsi un délire, des visions particulières, la non perception de la douleur. L’état modifié de conscience est utilisé dans maintes religions, asiatiques, africaines et amérindiennes. Il est obtenu également par le bruit rythmé et plus facilement par l’absorption de drogues psychotropes et hallucinogènes. Cet état de retrait momentané de la conscience et de ses maux est maintenant particulièrement utilisé dans le monde occidental, par l’usage de drogues diverses, maintenant, la « rave » avec la musique « techno » permettent un accès relativement aisé à « l’EMC ».

 

Une origine des Religions et des Etats (le monde Gréco Romain).

Cet historique concerne surtout les religions européennes à fondement indo-européen. Il prend pour beaucoup, mais non exclusivement, ses sources dans l’ouvrage de Fustel de Coulange, La Cité Antique. Cet ouvrage remarquable sur l’origine de la religion de la famille de la propriété privée et de l’Etat, inspira F. Engels qui en fit une lecture Marxiste dans son livre justement intitulé, « l’Origine de la Famille de la Propriété Privée et de l’Etat », Editions Sociales. La Cité Antique, dans son édition de 1979 chez Albatros/Valmonde est préfacée par Georges Dumézil, qui en critique certains aspects historiques, présentés au vu de notre connaissance actuelle comme obsolète, notamment, Fustel ignore d’autres peuples européens, comme les Celtes. De plus, l’existence des civilisations dites de « l’ Europe ancienne » précédentes aux indo-européens et celle des « kourganes » précisément indo-européenes archaïque lui était inconnue à l’époque. Cependant  Dumézil valide, la vision de Fustel sur la religion, la propriété, la famille et l’état. Cette validation d’un membre éminent de la communauté des historiens nous suffit pour accorder crédit à Fustel de Coulange et à F. Engels qui s’en est inspiré.

 

L’évolution des religions suit celle des modes de production et de l’organisation sociale en Etat. Dans les organisations tribales des sociétés primitives, basées sur la chasse et la cueillette, le culte est le plus souvent rendu à la totalité des ancêtres sans distinction.

Au néolithique, avec l’agriculture apparaissent en Europe occidentale et méditerranéenne, des divinités féminines aux caractères de fécondité marqués. Il semble logique, que les femmes, spécialisées dans la cueillette puis l’agriculture aient été particulièrement divinisées. Bien qu’un culte semble être rendu à ces divinités féminines, les sépultures du néolithique occidentales, rassemblent des hommes, des femmes et des enfants sans armes. Le culte de la mère nourricière apparu au néolithique est devenu un « allant de soit »  puissant en occident méditerranéen. De nombreuses traces de ce culte ont perduré dans les mythologies antiques grecques et romaines puis dans la religion catholique héritière de ces dernières, avec le culte de Marie et des Saintes.

 

Six mille an avant J.C. apparaissent, entre la mer noir et la mer Caspienne une civilisation de guerriers mâles et armés attestée aujourd’hui par des sépultures en tumulus, les « kourganes ». Il ne fut pas trouvés en ces lieus de sépultures collectives. Ces « kourganes », au caractère cultuel  rassemblent quantités d’objets significatifs des idéologies et religions des peuples les ayant érigé. Outre le caractère masculin et guerrier de ces lieus, il fut trouvé des objets totémiques animaliers, cerf, chevaux, et des chariots devant être attelés à des animaux. A la même époque la roue n’existait pas dans le bassin méditerranéen. Il apparaît donc que cette civilisation de mâles, ait suivi une spécialisation nourricière, basée sur la chasse puis l’élevage. Spécialisation favorisant la force physique, l’utilisation d’armes efficaces, la mobilité et le nomadisme .

 

Vers trois mille ans avant J.C. ces deux civilisations s’affrontèrent dans le nord des Balkans comme l’attestent de nombreuses fouilles montrant un mélange des deux caractères de sépultures. Au nord, idéologie masculines, guerrière, animalière et mobile, pas de murs de pierre mais des chariots et les premières armes de cuivre. Au sud, idéologie féminine, basée sur le sédentarisme, l’agriculture, l’utilisation d’armes-outils ( haches de pierre et d’obsidienne) et surtout la pierre mégalithe, forteresses, et temples monumentaux. La civilisation dite des  « Kourganes » affronte pendant plusieurs millénaires celle dite de  « l’Europe ancienne ». Les uns retranchés derrières de puissantes forteresses, les autres mobiles, et agressifs.

 

De cet affrontement dont le nord indo-européen et guerrier sortit vainqueur, naquit la civilisation européenne occidentales.

Le nouveau type de religion (d’organisation sociale) qui apparut de cette fusion est en réalité un syncrétisme des deux conceptions du monde. Si la conception indo-européenne l’emporte largement, de puissants « allant de soit »,  féminins, agraires, terriens, et lithiques  ne peuvent être effacés et perdurent encore.

Ce nouveau type de religion va maintenant être parfaitement indissociable de l’érection de l’Etat.

 

Cette nouvelle religion de l’Etat  emprunte aux idéologies précédentes et possède les fondements suivants.

 

Propriété privée masculine, la pierre.

L’encrage sur le sol avec la maison de pierre  est dû à « l’Europe ancienne », c’est le domaine (familiae) permettant la propriété privée. Le maître (dominus, propriétaire), est un mâle l’origine est  plutôt indo-européenne.

Religion domestique 

« Lar familiae Pater », culte rendu à l’esprit des ancêtres, précédents propriétaires du domaine.  L’esprit des ancêtres les « Lars » sont matérialisés par un foyer entretenu en permanence par le maître « pater familia » exclusivement. Ici la religion domestique est nettement indo-européenne ont relève des éléments identiques dans le culte de Veda en Inde.

Patriarcat

Le  prêtre de la religion du domaine (pater familia) est le mâle  propriétaire (dominus).

Il égorge les victimes, sa bouche prononce les formules de prière  (sibyllines ). Quand sa mort viendra il sera un être divin que les descendants invoqueront. Seul, son fils aîné hérite du domaine à sa mort et perpétue la religion.

 

Exclusion des femmes de la prêtrise donc de la propriété.

La religion ne place pas la femme a un rang élevé. Elle prend part aux actes religieux, mais n’est pas la maîtresse du foyer. Cependant elle a son propre sacerdoce, « mater familia », elle veille sur ce foyer.  Elle ne tient pas la religion de sa naissance; elle y a été seulement initiée au mariage. Elle ne deviendra pas elle-même un ancêtre voué a un culte spécial. Elle n’hérite pas de son mari. Elle ne possède pas.

 

Les indo-européens ont eu besoin de la civilisation de la pierre et de la maison ancrée sur le sol, pour inventer l’Etat et sa religion. Leur idéologie patriarcale et guerrière avec « L’Europe ancienne » de la Méditerranée orientale, le leur permirent. Dans la partie nord ouest de l’Europe, chez les indo-européens Celtes et surtout les Germains  l’idée de l’Etat, sans la pierre pour ériger un espace urbain, ne pourra jamais les effleurer.

 

Dans la Grèce antique les domaines vont se fédérer et former des cités. Un nouveau culte sera rendu à l’ancêtre fondateur de cette cité, culte en tout point identique aux « Lars familia ».

Il y eut certainement des difficultés pour trouver l’ancêtre adéquat et fédérer ces propriétaires, rois de leur domaine. Il fut trouvé dans le panthéon naturaliste, certainement religion du peuple, qui jouxtait les religions privées des maîtres, des Dieux ou Déesses pouvant symboliser l’ancêtre fondateur de la cité.    

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:49

Le Pouvoir

 

Le mot pouvoir, très ancien est issu du latin populaire « potere », puis dans sa forme actuelle apparaît en moyen français au 15ème siècle pour signifier la faculté mettant un tiers en état d’agir. Dès le 12ème  siècle il désigne également la puissance politique, l’autorité qui gouverne l’Etat. « Potere » se rattache à l’adjectif « potis »  issu d’un thème indo-européen « poti »désignant le chef d’un groupe social, clan, tribu.

Pouvoir est donc la capacité que possède un individu de faire agir un autre individu  hors de sa volonté propre.

Si un individu cherche à faire agir un autre individu,  à exercer sur lui un pouvoir, cela signifie que cet autre refuse d’agir de prime abord selon le désir du premier.

 L’action humaine consciente se réalise en raison de  la dualité gratification punition.

L’attente d’une gratification fait agir tous les animaux que nous sommes et nous cherchons de la même manière à éviter tous types d’inconvénients, c’est la définition même du vivant. L’être vivant « agit » toujours dans le sens de son intérêt, qui doit conduire à sa pérennité en tant qu’espèce et donc à sa capacité de se conserver et de se reproduire.

Notre exercice d’un pouvoir sur autrui est donc  similaire à notre capacité d’offrir des gratifications et  d’infliger des punitions à celui dont on cherche à obtenir une action dans notre propre intérêt. 

Exercer le pouvoir est agréable, le subir ne l’est pas.

L’exercice du pouvoir chez l’homme est une activité fort complexe et sophistiquée.

Les gratifications punitions peuvent être bien réelles dans l’exercice de ce pouvoir, la coercition en est la pièce maîtresse. Cependant la capacité de domination (du latin dominus, propriétaire) de l’homme sur l’homme à souvent pour fondement, la possibilité d’offrir des gratifications et d’infliger des punitions virtuelles. Gratification et punitions virtuelles sont appelées, morale et, ou, religion.

La promesse du paradis après la mort, pour avoir bien agi, ou la menace de l’enfer pour action non conforme ont été des moyens efficaces de l’exercice du pouvoir. Pourtant les instruments moraux de l’exercice du pouvoir vont au-delà maintenant des simples terreurs infernales.

Le conformisme par exemple, est une attitude de soumission volontaire au pouvoir et son idéologie dominante.

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:46

L’Etat

 

Du latin « status » puis « estate  (1213) et estat (1370)», action de se tenir. Le sens spécialisé que nous lui donnons dans ce propos n’apparaît en Europe occidentale que depuis la fin du 14ème siècle pour désigner un groupement humain soumis à une autorité, puis (1549) l’autorité souveraine qui s’exerce sur l’ensemble d’un peuple, d’un territoire.

L’Etat est une forme d’organisation sociale humaine dont le but est de garantir l’exercice du pouvoir d’un homme ou d’un groupe d’homme, organisé ou non en hiérarchie, sur un autre groupe d’homme, les sujets.

Pour établir les lois du pouvoir, l’Etat possède un système législatif  trouvant sa légitimité dans une idéologie et, ou, une religion. Idéologie et religion ayant le même sens dans ce propos. Marx appelle superstructure de l’Etat cette idéologie,  moyen de cohésion social et d’acceptation du pouvoir par ceux qui le subissent.

 

L’Etat et la religion sont des concepts fortement associés. L’Etat et la République sont des concepts fortement dissociés.

Pour faire respecter ses lois, l’Etat possède un exécutif c’est à dire  des moyens de surveillance (police), de contrôle (justice) et de coercition (armée, police, prison), chargés de faire appliquer les lois et d’infliger les punitions aux contrevenants.

L’exécutif est dirigé par un gouvernement qui est Le Pouvoir.

Exécutif et législatifs sont toujours étroitement liés.  Le système législatif est, le plus souvent au service de l’exécutif . 

 

Le rôle de l’Etat ne peut être valide que partiellement dans l’activité humaine, sociale ou individuelle, laissant ainsi plus ou moins d’autonomie au sujet ou de place à la République. Par exemple les activités économiques, artistiques et intellectuelles peuvent échapper en partie à l’Etat.

 

Quand la totalité des activités humaines économiques, sociales et individuelle est placée sous le contrôle de l’Etat, celui-ci est devenu totalitaire.

Historique:

Si l’ensemble de l’humanité est maintenant régi par des Etats, ce ne fut pas toujours le cas. Il est encore possible d’observer des formes d’organisation humaine sans Etat et imaginer ce que fut la vie des hommes avant que celui-ci n’apparaisse. Ces formes sociales  sont en effet observables chez des peuples dits primitifs organisés en tribus. Il en existe encore sur tous les continents sauf en Europe.

 

L’organisation tribale observable est caractéristique, à contrario de celle de l’Etat.

 

Il n’existe pas de lois définies, écrites et répertoriées obligatoirement applicables sous peine de coercition. Les lois sont des « allant de soit » , qui ne sont descriptibles que dans le système idéologique, en fait la religion , de la tribu concernée. Aucun membre particulier de cette tribu ne possède le pouvoir de modifier ces lois, il n’existe pas de fonction législative propre à certains individus comme dans les structures étatiques.

 

Il n’existe pas non plus de pouvoir coercitif s’appliquant hors de la volonté d’une partie de la société et qui le subit. Dans cette forme de société, la loi est librement acceptée par tous et le pouvoir partagé. S’il existe une fonction militaire spécialisée, l’accession à cette fonction n’est que sexuelle, l’ensemble des hommes valides forme les guerriers, elle  n’est pas permanente et ne s’applique qu’en cas de confrontation avec l’extérieur, elle ne s’applique pas sur la propre  tribu de ces guerriers. La seule fonction spécialisée permanente outre celle existant entre homme et femme est la fonction religieuse  du chaman.

 

Il n’existe pas de propriété privée autre que celle des outils couramment utilisés.

 

Les premières formes d’état sont apparues environ 3 millénaires avant J.C., dans les régions proches de la Méditerranée orientale en Inde et en Chine.

 

F. Engels tente une description historique de l’apparition de l’Etat dans son livre : « l’Origine de la Famille, de la Propriété Privée et de l’Etat ». Fustel de Coulange, dans son ouvrage : « La Cité Antique » décrit également d’une façon intéressante les évolutions idéologiques et religieuses qui ont accompagné l’apparition des états dans la Grèce antique.

 

Selon ces auteurs, l’Etat, instrument de pouvoir, s’est formé pour garantir la propriété des excédents produits, non consommés par leurs propriétaires, pour eux même,  mais également pour leurs descendants héritiers. En cela, les premières lois et mesures coercitives ont été prises dans les familles (familliae, domaines) contre les femmes pour garantir l’exclusivité sexuelle de leur époux et s’assurer ainsi de leurs descendances.

L’Etat, instrument de pouvoir, s’est également formé pour garder et faire travailler les esclaves prisonniers provenant des guerres tribales. Les premiers « état-famille », formés du maître, de sa femme, de ses enfants et de ses esclaves possédaient  chacun leur propre idéologie fondée sur le culte de l’ancêtre fondateur. Cette idéologie fut rapidement transformée en religion explicite et très précisément décrite, du « foyer »,  feux entretenu dans la « familia » représentant l’ancêtre. Par la suite plusieurs de ces « familiae » se sont fédérées en «cité-état » possédant de la même façon une idéologie très structurée propre, marquée par le culte d’un ancêtre fondateur.

Le monde antique méditerranéen et le monde chinois ont formé des états vastes de très forte cohérence, avec des systèmes législatifs et exécutifs extrêmement élaborés dont seules des structures étatiques récentes peuvent rivaliser en totalitarisme et en  puissance.

 

L’état antique chinois a perduré pendant 5000 ans quasiment dans les mêmes formes jusqu’au début du 20 ème siècle. L’état antique romain, méditerranéen, fut balayé par les tribus germaniques dans sa partie occidentale et perdura dans sa partie orientale.

 

En occident chrétien, latin, la mise en place de structures étatiques est tardive.

Les tribus germaniques démantelèrent l’Etat romain à partir du 5ème siècle. Aucune forme d’état semblable ne le remplaça avant le 18ème siècle avec l’apparition en Europe des Etats-nation. Le système féodal proche des structures tribales germaniques ne forma  pas d’état ni au sens antique ni au sens moderne du terme.

L’entreprise capitaliste put naître au 13ème siècle, en toute liberté en dehors de structures de contraintes contrôlées par des états structurés comme s’était le cas à la même époque dans les autres types de civilisations avancées, asiatiques, musulmanes et byzantines.

 

Cette quasi-absence d’état permit, au moyen âge occidental, dès le 12ème siècle, l’amorce d’un foudroyant essor des forces productives, puis l’imposition du système marchand capitaliste avec le mode de vie occidentale à l’ensemble de la planète, plusieurs siècles plus tard. 

 

A la « Renaissance », les royautés occidentales, porteuses de projets étatiques, s’opposèrent vivement à la fois aux bourgeois, à la noblesse et aux paysans. En Italie ou le pouvoir de la noblesse d’origine germanique était le plus faible, apparaissaient des républiques bourgeoises, véritables prototypes d’états modernes, les richesses accumulés par les hommes d’affaires de ces micros états (Florence, Venise) dépassèrent largement celles des structures féodales environnantes. Cependant, les pouvoirs royaux finirent par s’établir et s’organiser par la mise en œuvre d’amorce d’états. En France, l’existence d’un véritable Etat est due à Louis 14, après une très longue gestation commencée par Charles 5 et ses « marmousets ». Ceci permit la formation dans les esprits « des lumières » de l’idée d’Etat-nation. A partir de ce moment, en Europe, mais en premier lieu en Angleterre, la bourgeoisie capitaliste eut un réel besoin du pouvoir politique afin de permettre l’essor des affaires sans les contraintes féodales morcelantes. Du 17ème siècle  au 19ème la bourgeoisie capitaliste s’assura du pouvoir, dans l’ensemble des pays d’Europe, les Etats modernes capitalistes naquirent. Ceux-ci, basés sur la liberté donnée à chacun d’entreprendre favorisèrent la 2ème révolution industrielle. Cet accès tardif de l’occident au pouvoir de l’Etat, a contrario des autres civilisations avancées, (Islam, Chine), permit un prodigieux essor des forces productives par une certaine  liberté de l’entreprise, mais aussi une réelle méfiance à l’égard de l’Etat et la volonté d’existence de contre pouvoirs ce qui n’est toujours pas le cas dans les mondes chinois et islamiques.

 Comme le pouvoir en général dont il est une forme d’organisation, exercer le pouvoir de l’Etat est agréable, le subir ne l’est pas.

Les libertés individuelles sont inversement proportionnelles à la puissance de l’Etat. Dans un Etat totalitaire il n’existe aucunes libertés individuelles.

 

La puissance de l’Etat, s’opposant à la liberté des citoyens, subit une résistance. Cette opposition si elle est organisée forme des contre-pouvoirs. Sans contre-pouvoir tous les Etats tendent naturellement vers le totalitarisme.

L’Etat et le gouvernement qui le dirige sont toujours conservateurs, car le rôle de l’Etat est la conservation de ses institutions et de l’organisation sociale. Un Etat ou un gouvernement révolutionnaire ou de gauche est une vue de l’esprit, qui n’a jamais  put exister longtemps.  L’histoire ne montre aucun exemple de révolution ou de progrès social accomplis par un gouvernement d’un Etat sans que la masse des citoyens révoltés l’ai fermement réclamé et obtenu.

En fait la puissance de l’Etat peut s’appliquer quantitativement et celle-ci peut être en partie démantelée. Le démantèlement de l’Etat  peut et doit être une tendance politique à laquelle tous citoyens épris de liberté doivent s’attacher.

L’établissement de la République laïque, par l’anéantissement de sa superstructure idéologique, est le meilleur moyen de démantèlement de l’Etat.

Le « contrat social », établi entre les citoyens, dans leur diversité de situation, sans qu’aucune classe sociale n’érige de dictature, n’est déjà plus l’Etat. Il représente une poste modernité dont le schéma est le réseau et non la pyramide, le relationnel et non le pouvoir, la démocratie directe et non représentative. Ce type d’organisation de l’humanité ne peut être rendue possible que par la troisième révolution industrielle en cours, la révolution informationnelle. L’organisation sociale suit l’évolution des modes de production et non l’inverse.

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:22

 L’Entreprise

 

Une entreprise est un groupe d'hommes, réunis pendant la majeure partie de son  temps d'activité, pour accomplir des tâches ayant pour but la réalisation de marchandises.

Une marchandise n’existe que consommée, c’est à dire échangée contre de la monnaie. Cette marchandise elle doit satisfaire un éventuel client afin d'obtenir de sa part l’acte d’achat.

L'entreprise doit pratiquer un ensemble de méthodes nécessaires à la réalisation d'un produit permettant, non seulement un usage par un consommateur mais également possédant une qualité qui le rendra susceptible d'être préféré à des produits similaires et ce pour des coûts de fabrication identiques voir inférieurs.

Cette marchandise, doit dégager un bénéfice tel que l'entreprise pourra présenter annuellement un bilan financier positif. Telle est la règle pour toute entreprise marchande dans une société marchande.

 

Les méthodes utilisées, incarnées par les membres d'une entreprise conduiront ou non au succès les produits vendus, conduiront ou non au succès l'entreprise elle-même.

Les lois du marché, en interaction  avec le monde de l'entreprise, modifient en permanence les conditions, d'exploitation. Des tendances animent perpétuellement l'entreprise et posent une problématique sans cesse à résoudre.

Certaines affirmations de Marx, débarrassée de leurs enjeux politiques passés peuvent  permettre de mieux comprendre les mouvements qui animent les entreprises.

Deux lois tendancielles importantes, illustrent la problématique fondamentale à laquelle toute entreprise est confrontée.

Ce que Marx appelle la loi de la baisse tendancielle du taux de profit et ce que Marx appelle la recherche de la plus-value extra.

 

La concurrence  amène les entreprises à faire évoluer leurs produits dans deux directions.

 

1 - la baisse du prix de vente

2 - l'amélioration de la qualité

 

Ces deux tendances sont contradictoires, l'amélioration de la qualité nécessiterait en apparence de passer plus de temps à la fabrication du produit, ce qui amènerait son renchérissement. D'un autre côté abaisser le prix de vente c'est, soit diminuer la marge, soit fabriquer plus vite. Pour le deuxième cas au risque de faire baisser la qualité.

La solution réside dans l'utilisation de nouvelles méthodes de fabrication permettant de concilier cette contradiction, fabriquer plus vite et  mieux.

 

En générale ces nouvelles méthodes consistent à :

-  accélérer les processus, en palliant la lenteur des procédures manuelles, par des procédures mécaniques,

- systématiser la production, la rendre plus reproductible, toujours par l'emploi de moyens mécaniques.

- supprimer du personnel à fin d'économie, les solutions précédentes le permettent.

Cette nouvelle méthode de fabrication, passe donc en générale par la réalisation de nouveaux moyens de production, plus complexes, nécessitant des investissements nouveaux pour les réaliser.

Le nouveau produit, meilleur et moins cher, va concurrencer et peut être éliminer ceux qui ne sont toujours pas élaborés suivant la nouvelle méthode.

La nouvelle marge réalisée avec la nouvelle méthode se trouve confrontée à une nouvelle  contradiction:

1 - l'amortissement de l'investissement est à réaliser, il diminue la marge,

2 - le temps de fabrication diminué, augmente la marge,

3 - il sera vendu plus de produits, l'amortissement sera facilité, par un volume de marge plus grand.

3 - la marchandise vendue moins chère, quand la marge  aura retrouvée son taux habituel, la marge totale aura tendance à diminuer.

 

La concurrence ne s’arrêtant pas, elle engagera un processus identique. Cette lutte acharnée a sans cesse pour effet:

 

- de complexifier et de renchérir les moyens de production,

- d'abaisser la valeur des marchandises.

 

Ainsi le rapport entre le volume de marge et le volume  d'investissement baisse constamment et tendanciellement.

C'est ce que Marx appelle la baisse tendancielle du taux de profit.

 

Observer une usine de production d'automobiles par exemple, aujourd'hui, en la comparant à ce qu'elle était, il y a dix ans, c'est voir moins d'hommes, des machines plus complexes, pour produire des marchandises de moindre valeur  (au sens de l'échange contre une valeur hypothétique constante) et accessibles à un plus grand nombre donc vendues en plus grande quantité.

La solution pour se préserver des effets néfastes de la concurrence est d'élaborer un produit qui n'y soit pas soumis, de fabriquer donc une marchandise que les autres ne fabriquent pas, un produit nouveau, une innovation.

Dans le cas d’une innovation, la marge est choisie, non imposée, le produit nouveau ne possède pas encore de valeur réelle car non soumis au marché, tout est possible en matière de prix. Seul l'intérêt de l'acheteur est susceptible de définir un prix de vente.

Cet excédent de marge, arbitraire,  réalisé sur un produit non soumis à concurrence est ce que  Marx appelle  "plus-value extra" dans le Capital. C'est quasiment la "pierre philosophale" de l'entreprise marchande.

Cependant cette recherche de "plus-value extra" est également soumise à contradictions.

- il a fallu investir pour mettre au point le produit,

- la mise sur le marché du produit déclenche le plus souvent, la réalisation par la concurrence d'un produit similaire,

- le produit est à nouveau soumis à concurrence et la "plus-value" extra disparaît.

 

Ainsi la tendance conduit à:

- abaisser la valeur des marchandises en contradiction avec les bénéfices

- augmenter le montant des investissements à réaliser dans les moyens de production en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter les moyens de recherche et développement, en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter la diversité des marchandises, d'où diversité des moyens de production, en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter la complexité de ces marchandises et donc la complexité de la fabrication, en contradiction avec les bénéfices.

 

A ceci on peut ajouter, diminuer la main d’œuvre et la valeur des salaires,  augmenter le chômage et par-là même diminuer les capacités d'achat des consommateurs en les paupérisant, ceci et toujours en contradiction avec les bénéfices.

Les lois du marché qui soumettent les entreprises sont très  sévères et conduisent à une diversification et une complexification massive et permanente des productions. Ceci engendre une modification perpétuelle des processus et méthodes mises en œuvre pour produire et par conséquent une perpétuelle dynamique.

Afin d’améliorer et de modifier sans cesse les méthodes les entreprises doivent adapter leur organisation, pour utiliser au mieux l’intelligence humaine pour innover. Cette adaptation oblige à partager la responsabilité entre tous les membres. Chacun est investi d’une tâche particulière selon son unique compétence (voir ethnométhodologie) et devient stratège au même titre que le PDG. Ceci suppose que tous les paramètres de l’entreprise soient accessibles à tous et que chacun puisse communiquer avec tous. Le paradigme d’organisation devient le réseaux la structure taylorienne doit être abandonnée. Cette nouvelle organisation est techniquement facilité par la généralisation des réseaux informatique. Cette atomisation réactive interdit les combinats et les grandes entreprises voulant tout maîtriser. La production d’un produit est maintenant mise en œuvre par de vastes réseaux d’entreprises.

Dans la construction d'une automobile, il y a environ 15 000 pièces, 70% de ces pièces ne sont pas fabriquées par la marque "constructeur" de l'automobile. Un constructeur comme PSA dispose de 5000 fournisseurs différents, Ford en dispose de 50 000. Chaque fournisseur dispose lui-même de centaine voir de milliers de fournisseurs pour les plus gros, comme Valéo, Bendix, Magnet Marelli, Bosh,  qui fournissent tous les constructeurs. Ces fournisseurs de fournisseurs, sous-traitent une grande partie de leur production à de petites entreprises. Cette chaîne permet de séparer les difficultés dans l'élaboration de produits fort complexes, mais elle établit également une hiérarchie ou le sous- traitant est totalement soumis au donneur d'ordre.

On peut estimer que dans l'industrie automobile, un constructeur mobilise un nombre d'entreprises se situant à plusieurs dizaines de milliers.

L’écueil que représente la « baisse tendancielle du taux de profit », engendre des phénomènes sociaux majeurs :

-         L’investissement industriel est en déclin, concurrencé par le rendement financier des placements spéculatifs.

-         Pour récupérer du rendement financier les grandes marques, conservant les réseaux commerciaux  se regroupent et tendent à devenir monopolistes (exemple de Microsoft).

-         Pour récupérer du rendement financier les grandes marques cherchent à éviter les investissements industriels pénalisant, elles tendent à essaimer leur secteur productif qui s’atomisent en sous-traitance (automobile plus de 70%), globalement le nombre d’entreprises explose.

-         Afin de faciliter l’émergence d’innovations, l’organisation des entreprise s’atomise en réseau, chacun devient intelligent et responsable.

-         Les entreprises se divisent maintenant en trois groupes :

1-     Les grandes entreprises cotées en bourse qui capitalisent, leur nombre diminue et le nombre de leurs salariés diminue fortement.

2-     Les PME qui produisent réellement, sous-traitantes des premières qui ne peuvent plus capitaliser car assujetties. Leur nombre est stable, le nombre de leurs salariés est en légère augmentation.

3-     Les micro-entreprises (- de 10 salariés), elles sont spécialisées dans les services et les technologies d’experts, informatique, audits, finance, comptabilité. Leur nombre explose ainsi que le nombre de leurs salariés.

 

Le modèle sociale fournit par l’entreprise de la 3 me révolution industrielle est :

1-     L’organisation en réseau qui favorise la dynamique sociale et vient en renfort de l’idée républicaine du contrat social. Intelligent et responsable à l’entreprise, intelligent et responsable dans la cité.

2-     L’exclusion définitive des inaptes.

3-     L’avoir prend le pas sur l’industrie comme moyen d’accumulation du capital, l’industrie est en déclin, le monopolisme favorise la construction d’empires.

Une société à 3 niveaux émerge.

1-     Les citoyens impliqués dans l’économie réelle et dans la cité.

2-     Les exclus.

3-     Les groupes politicaux-militaro-financiers à tendance mafieuse (voir l’actualité).

La révolution sociale suit toujours la révolution industrielle !

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