Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 14:02

La foi, la raison et le doute.

 

 

La vérité fascine l’homme depuis qu’il pense, cette recherche de la vérité suit des processus divers, des arcannes tortueuses, peut se perdre dans des chemins obscurs et s’enliser. Au moment où les pouvoirs s’efforcent à faire prendre aux bas peuples du monde des vessies pour des lanternes il n’est pas inutile de s’interroger sur la meilleure méthode permettant de séparer le vrai du faux.

On peut définir plusieurs de ces chemins et en observer la validité. La foi, la raison et le doute font partie de ces voies que l’humanité explore pour tenter parvenir à La Vérité.

 

La  foi est une croyance totale et aveugle dans une vérité mythique transcendantale, la foi ne requiert pas de démonstration elle est construite avec des axiomes et des dogmes. Toute religion fonctionne sur une foi. Egalement tout ce qui est considéré comme vrai, a priori, sans démonstration peut être appelé foi.

La foi dans un mythe commun est vielle comme l’homo sapiens, elle permet de relier les hommes d’un même groupe (religion) et ainsi de les faire agir ensemble, notamment contre un autre groupe, ennemi car ne partageant pas la même foi.

Les grecs de l’époque classique se sont les premiers interrogés sur la foi et sa validité Aristote lui opposa la raison. La raison aristotélicienne fonctionne sur la logique pur, c'est-à-dire la tentative de démontrer une vérité par l’utilisation d’élément logiques, quasiment mathématiques comme par exemple  « Et », « Ou »,  « Egale », des inférences « j’ai vu un corbeau noir, tout les corbeaux sont noirs »  des syllogismes dont le plus connue est : « Tout homme est mortel, Socrate est un homme, Socrate est mortel ». Foi et raison serons depuis Aristote engagées dans une dualité souvent conflictuelle quand la raison pure contredit la foi, notamment dans la religion chrétienne créationniste : le monde fut créé tandis que la raison Aristotélicienne prétend que le monde est infini, donc n’a pu être créé. Cette dualité sera mise en évidence par les aristotéliciens arabes du 12ème siècles, Avicenne (Ibn Sinna ) et surtout Averroès (Ibn Rushd) qui donnera une philosophie supposée, l’Averroïsme. Celle-ci, recomposée par la scolastique parisienne du 13ème siècle en une sorte de d’agnosticisme sera fortement combattue par l’église qui va censurer l’Université de Paris en 1277, le déclin suivra.  

La raison, mythifiée au 13ème siècle puis au 18ème siècles avec les républicains et les Francs Maçons prend un R majuscule.  Elle atteint cependant  des limites comme outil permettant la description du monde. Elle utilise une rationalité simple voir simpliste, portant facilement à l’erreur grossière. Par exemple l’inférence : « j’ai vu un corbeau blanc, tous les corbeaux sont blancs ».  En effet cette Raison n’utilise pas l’expérimentation, elle est seulement une logique, un concept quasiment mathématique, enfin cette rationalité, comme tout autre est fortement liée culturellement au groupe qui l’utilise ici les européens, la Raison pure peut aisément se transformer en dogme quand elle prétend a l’universalité. Raison et foi s’accordent là parfaitement pour  prouver l’existence de Dieu comme le font Raymond Lulle au 13ème siècle et Descartes au 17ème. 

Ce qui va définitivement faire avancer l’humanité ce n’est pas seulement la raison, mais le doute, car seul  le doute engage l’expérimentation pour le lever.

La mécanique du doute intéresse déjà Aristote tout en n’étant pas le point central de sa philosophie. La théorisation du doute revient à Pierre Abélard au début du 12ème  siècle  qui écrit dans son ouvrage « Sic et Non » qui se traduit par « Le Pour et le Contre » :

 

« La première clef de la sagesse, c’est une interrogation continuelle, il n’est pas inutile de douter de chaque chose. En effet, qui doute conduit à chercher, qui cherche peut saisir la vérité ».

Puis le même Abélard dit dans son « Dialogue entre un Philosophe, un Juif et un Chrétien » :

 

« Quelle que soit l’objet de la discussion, la démonstration rationnelle a plus de poids que l’étalage des autorités ». 

 

Cinq siècles plus tard, c’est très long cinq siècles, Descartes reprendra les réflexions de Pierre Abélard et de la scolastique parisienne dans « Le Discours de la Méthode », ouvrage mi philosophique mi scientifique qui définit pleinement une méthode de recherche d’une vérité forcément en suspend puisqu’à la merci d’un doute. Cette méthode est basée sur l’expérimentation, la reproductibilité, elle est devenu le fondement de la pensée scientifique moderne.

Pourquoi invoquer aujourd’hui les penseurs d’autrefois? La pensée rationnelle n’a jamais été  une évidence naturelle pour l’homme, la foi dans un dogme est la pente douce de la paresse et du laisser aller rassurant. Suivre un chef, faire les mêmes gestes que les autres, ne pas se poser de questions se fondre dans la masse sont des attitudes de moindre effort. Ces penseurs ont pris des risques et marqués leur temps. Entre Aristote et Abélard il s’écoule environ 1500 ans entre Abélard et Descartes il s’écoule 500 ans, chacun en son temps connu les pires ennuis, Abélard n’eut la vie sauve plusieurs fois que grâce à la promptitude de ses fuites. Descartes du finir ses jours proscrit en Suède, loin de sa patrie ou il mourut de froid.

 Ces penseurs d’autrefois se sont donnés la main par dessus le temps, chacun améliorant la méthode précédente. Abélard au début du 12ème siècle enseignait la logique aristotélicienne mais en en privilégiant le doute, il fut le fondateur de la scolastique médiévale qui marqua une époque riche en révolution technologique et en progrès. La scolastique durement censurée par l’église sombra mais fut reprise 5 siècles plus tard par Descartes qui s’en inspira largement et la dépassa avec l’exposition de méthodes expérimentales.  Pourtant le cartésianisme ne cesse d’être aujourd’hui caricaturé, le doute cartésien, vidé de son sens laisse le champ libre aux diseurs de bonne aventure et charlatans de tous poils.

Maintenant la télévision sert chaque soir son sermon de terreur et nous exhorte à la foi ! L’ombre d’Al Qaïda plane sur nos tête, il nous est ordonné de  trembler et surtout de resserrez les rangs. Il y a tout à voir mais rien à comprendre, ayez foi dans vos chefs nous dit-on, ils  pourront peut être vous sauver si seulement vous leur laissez les pleins pouvoirs! Alors pour avoir un libre arbitre, pour rester un individu, conserver son âme et son corps, son  « habeas corpus », il n’est d’autre posture que le doute. 

Ce doute est profondément humain puisqu’il permet le progrès car provoque la recherche d’un savoir supérieur et de méthodes plus efficaces.

 

La raison est bien de n’avoir foi que dans le doute !

 

Partager cet article
Repost0
4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 19:02

Membre

 

Terme commode utilisé en ethnométhodologie pour désigner un groupe qualifié. Chaque village produit sans discontinuer des "accounts", des comportements propres. Ces comportements spécifiques, locaux ne sont significatifs que pour les membres de ce groupe.

Dire "bonjour" en chinois en entrant au bureau ne présente aucune signification pour des collègues français.

Parler de la profondeur d'un "lamage" ne dit rien à presque tout le monde, sauf aux mécaniciens. Un "ampli. op." cela ne veux rien dire du tout, bien qu'un électronicien, en passant pourrait nous renseigner.

 

Il serait possible ainsi de délimiter un espace virtuel, un champ, qui serait un contexte ou seraient produits des "accounts" spécifiques à ce champ

A l'intérieur de ce champ, un certain nombre de pratiques sont mutuellement reconnues comme normales, "accountable" dans la traduction "explicable".

 

Etre capable d'expliquer un "account", c'est immanquablement le produire ou produire et expliquer définissent la même chose. Les "membres", d'un village, sont les individus capables de pratiquer ce qui est commun au groupe et qui ainsi le définit.

 

Etre informaticien, c'est pratiquer l'informatique et par la même être capable de l'expliquer. L'informaticien est "membre" du groupe de ceux qui pratiquent l'informatique. Il en va de même pour toutes pratiques professionnelles ou ordinaires, ainsi ceux qui se réunissent à 10 heures à la machine à café, sont membres de ce groupe qualifié.

 

Etre membre, développer des pratiques communes, être donc impliqué dans la même rationalité implique nécessairement d'être en rapport  (être en communication interactive), ce qui rend la notion de "membre" extrêmement floue. Les contours d'un groupe partageant les mêmes pratiques sont imprécis, car l'interaction entre les groupes humains est vaste et permanente. La communication interactive entre les individus et les groupes s'effectue par tous les moyens des sens, cependant l'outil principal est le langage.

Comme toute pratique le langage est en interaction avec la conception du monde de son producteur et elle en rend compte. Cette pratique comme beaucoup de pratiques incarnées est héritée et mutante.

Héritée car transmise par ceux qui la pratique déjà. Mutante, car chaque pratiquant successif la modifie, faiblement au regard de ses pratiques nouvelles, mais en conserve la filiation. Ces filiations successives éloignent du sens primitif jusqu’à l'estomper.

Les mots, « ménagère » en français et « manager » en anglais ont la même origine française, bien que n'étant pas utilisé aujourd'hui dans le même sens, ils possèdent une étymologie identique dont la signification est l'administration, le terme anglais a conservé le sens d'administration, le terme français l'a estompé. Le langage, comme un grand nombre d'"accounts", transmis de génération en génération ou chacune d'elle  a imprimé sa marque, est un musée de pratiques passées.

Ainsi l'interaction entre les groupes qui définissent les "membres", sont inscrites dans un espace temps ou des interactions spatiales antérieures font qu'il puisse exister des pratiques communes entre des individus qui n'ont jamais physiquement communiqué.

Les savoir-faire se puisent dans des bassins d'emploi historiquement définis. Il est remarquable que depuis le début de la révolution industrielle, ces bassins de savoir-faire se situent toujours dans les mêmes aires géographiques.

 

Partager cet article
Repost0
2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 11:21

Histoire, « devoir de mémoire » et repentance d'état.

 

Guerre d'algérie

 

La dernière polémique au sujet de la "repentance" à propos de la guerre d'Algérie donne toute actualité à cet aticle écrit en 2007.

Je rappelais que cette "repentance" d'état  était contraire aux droits de l'homme et était donc anticonstitutionnelle, car elle faisait appel à un concept de responsabilité collective, concept particulièrement fasciste.

Il ne s'agit nullement de nier des crimes commis par des soldats français en Algérie ni de nier des ordres criminels donnés par des politiciens français, mais ces crimes ne sont redevables que par ceux qui les ont personnellement commis.

 

 

 

Ecrit le 2 mars 2007

 

L’impérialisme anglo-saxon et le colonialisme sioniste ayant récupéré et instrumentalisé pour leur profit l’holocauste juif, beaucoup, fascinés par cette étonnante réussite politique se lancent à corps perdu dans l’exploitation du drame qui aurait pu affecter leurs supposés ancêtres.

Ainsi chacun présente Son génocide et Son devoir de mémoire comme étant Le drame unique de l’humanité et souvent exige que le législateur légifère afin que Son devoir pour l’instant privé ne devienne public et obligatoire et que les descendants des bourreaux expient pour leurs ancêtres.

 

Que peut en penser un républicain et de surcroît libéral, tel que je prétends être.

 

Génocide ou holocauste ?

 

Tout d’abord l’Histoire ne manque pas d’holocaustes malheureusement. Je préfère nettement ce terme à génocide, aujourd’hui abondamment et abusivement utilisé. L’holocauste désigne un massacre de masse tandis que le génocide signifie massacre ayant entraîné l’extinction d’une race. Le terme génocide est donc impropre à l’utilisation s’agissant d’humain. En effet il ne saurait exister de races humaines par conséquent l’élimination d’une race est impossible. Les hommes ne sont ni des chiens ni des chevaux, possédant pour chaque race une distinction pouvant être décrite et répertoriée. Un voyageur se déplaçant lentement d’Helsinki à Dakar verrait la peau des hommes s’assombrir graduellement et les cheveux passer petit à petit du blond au brun puis onduler puis friser et devenir enfin crépus. Nulle science n’a jamais pu démontrer, malgré beaucoup d’efforts notamment des anglo-saxon qu’il exista une quelconque différenciation génétique descriptible permettant de qualifier de quelconques races humaines. Il n’y a que des continuums, jamais de frontières. Il faut s’y faire, tous les hommes sont des bâtards. La distance génétique entre moi et mon voisin est abyssale, celle mesurée et moyennée entre le groupe des français et le groupe des sénégalais est à peine perceptible. Chaque individu est donc unique. On pourrait peut être parler d’ethnocide à propos de l’élimination d’un groupe ethnique descriptible par ses coutumes. C’est évidemment moins précis que la description d’une race de bovins mais possible. Ainsi, les amérindiens caraïbes ont totalement disparus et il est valide de parler à propos de cette disparition, suite à l’occupation espagnole, d’ethnocide. Cependant un ethnocide ne peut provenir exclusivement d’un holocauste, l’extinction d’un groupe ethnique caractérisé par une culture peut être aussi d’ordre culturel. Ainsi la culture celtique, très prégnante, a-t-elle été totalement éliminée du continent européen par les romains, par holocauste bien sure mais également par l’imposition de la culture romaine aux survivants.

Il est donc possible de répertorier dans l’histoire de très nombreux holocaustes et de non moins nombreux ethnocides. L’élimination physique de tous les vaincus, hommes femmes et enfants fut une pratique courantes dans nombre de conflits passés il permettait au vainqueurs de s’assurer que nuls ne les poursuivraient de leur vindicte. On peut citer l’élimination totale de la population de Jérusalem par les premiers croisés de Godefroy de Bouillon ou l’élimination totale de la population de Béziers par les troupes de Simon de Montfort  aux premiers jours de la croisade dite contre les Albigeois. De même, l’imposition de la culture des vainqueurs aux vaincus ayant subi ou non un holocauste par conséquent l’ethnocide des vaincus est la pratique la plus courante de l’humanité et chacun peut aisément trouver un exemple.

 

De la responsabilité collective.

 

Maintenant, les descendants des vainqueurs ou des massacreurs peuvent-t-ils prendre une part de responsabilité dans les horreurs passées et par conséquent l’acte de contrition qu’ils pourraient faire est-il fondé ?

 

Un progrès véritable acquis par l’humanité est «l’habeas corpus» qui peut se traduire par « je possède et suis responsable de mon être » cet habeas corpus obtenu par les anglais au 17ème siècle fut obtenu par les français plus tard par la grâce de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et par la phrase « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Généralisée par la déclaration universelle des droits de l’Homme cette idée signifie qu’aujourd’hui, dans le droit de toutes les nations, nul ne conteste qu’un individu adulte ne puisse être tenu responsable que de lui-même. Dans aucun droit, d’une quelconque nation aujourd’hui n’existe de concept de responsabilité collective que cela soit pour des faits présents et à fortiori pour des faits passés.


En conséquence de quoi les représentants politiques que je me suis donné ne peuvent être considérés responsables en mon nom que d’actes commis au cours de leur mandat.


Je ne suis pas, moi Alain Benajam responsable d’une quelconque colonisation ni d’un quelconque holocauste. Si juif je suis je ne suis pas israélien et ne suis en rien responsable de la colonisation de la Palestine. Si républicain je suis, je ne suis nullement responsable de la décapitation de Louis 16 ni de celles des nobles ni responsable des massacres perpétrés par les colonnes infernales contre les vendéens.      

Peu m’importe l’excuse d’un dirigeant allemand maintenant de l’holocauste juif, je ne peux tenir le peuple allemand d’aujourd’hui responsables des actes commis par des allemands d’hier. Seuls des individus sont coupables et ont été ou auraient du être jugés pour des actes précis commis que par eux même.

 

Le dirigeant politique qui me représente n’est donc pas fondé de s’excuser pour des actes quelconques commis par certains de mes aïeux ce qui par là même engagerait ma responsabilité alors que je suis innocent.

 

L’Histoire officielle.

 

Il faut bien parler d’histoire officielle tant l’histoire, discipline enseignée est emprunte de considérations établies à posteriori pour des motifs politiques. Prenons l’exemple des césures historiques : le monde antique s’arrêterais environ en 500 avec la chute du dernier empereur romain, puis le moyen âge irait de 500 à 1500, puis les temps modernes (modernes en quoi ?), puis l’époque contemporaine. Ces césures portées au 19ème siècle époque où la science historique était balbutiante ne présentent aucune validité, d’ailleurs il ne peut y avoir de césure dans l’histoire. Chacune de ces césures ne peut être établie avec certitude qu’à 200 ans prêt or à 200 ans prêt chacun peut marquer toutes les césures qu’il souhaite.  L’Histoire de France enseignée apparaît comme une suite de mythes pour beaucoup concoctés par Michelet et revus par Isaac afin d’édifier la jeunesse et faire de bons soldats. Il fallait à cette époque développer un patriotisme tel que la revanche sur l’Allemagne puisse être assurée. Il fallait que chaque soldat puisse sortir de la tranchée sous la mitraille avec la même certitude d’être tué que s’il se  suicidait. Bien évidemment il fallait que ces mythes historiques ânonnés dés l’enfance soient particulièrement valorisants et glorieux pour que le soldat d’ici puisse trucider sans hésitation ni considération morale celui d’en face.


Prenons quelques jalons. Clovis reçut la grâce divine et la conversion à la bataille de Tolbiac contre les Alamans, les boches déjà ! Clovis barbare tudesque se convertit on ne sait quand mais on sait pourquoi. Pour avoir l’assurance d’être du côté du manche.

Saint Louis rendant la justice sous son chêne. Louis 9 dit Saint Louis plus tard, était un intégriste religieux ne rêvant que de massacrer juifs, arabes, cathares et autres hérétiques. Heureusement, il était particulièrement stupide et mourut après maints désastres militaires à Tunis en voulant délivrer Jérusalem ! 

Sainte Jeanne d’Arc. Jeanne dite la Pucelle, devenue sainte bien après est présentée comme une bergère ayant entendu des voix et reconnaissant par miracle le dauphin, future Charles 7 sans qu’il lui est été présenté auparavant. Elle aurait bouté les anglais hors de France !  Quel historien sérieux peut-il croire en une pareille légende. La chronique rapporte que Jeanne faisait merveille en guerre sur son destrier, en armure, l’étendard à la main, manoeuvrant avec habilité. Essayez donc, il faut des années d’entraînement, sainte ou non.

Jeanne 19 ans, fille de la noblesse, égérie du parti Armagnac fut sûrement entraînée comme un chevalier dés la tendre enfance. Le parti Armagnac, parti d’extrémistes voulait que soit établie en France une monarchie absolue alors que le parti bourguignon allié aux anglais voulait une monarchie régulée par un parlement. Jeanne et son parti d’extrémistes  faisaient tellement peur à  Charles 7 qu’il se garda bien de la racheter, quand elle fut prisonnière des bourguignons. Les Anglais désignèrent habilement l’évêque Cauchon (ce cochon) pour la juger en sorcellerie, que son nom soit honni pour les siècles des siècles. Cauchon, humaniste un des leader du parti bourguignon était un brave homme il essaya de sauver la mise à Jeanne. Il y réussi, pourtant on la retrouva, dans sa cellule, bien garder par les anglais, habillée de nouveau en homme, elle était relaps donc à brûler. Ou avait elle trouvé ces vêtements d’homme ? La perfide Albion déjà ? Jeanne ne boutera jamais un  seul anglais hors de France, brûlée en 1430 les anglais étaient toujours ici. Les anglais furent boutés une première fois,  seulement en 1450, par la  grâce des frères Bureau qui organisèrent l'artillerie française. Les « Ribaudequin » à 7 tubes tirant en rafale comme les orgues de Staline (inventés plus tard par Léonard de Vinci pour les écoliers)  et les «Veuglaires » a chargement par la culasse firent  merveille à la bataille de Formigny ils hachèrent la cavalerie anglaise  Ils ne voulurent plus y revenir. Cependant harcelés par les bordelais qui détestaient devenir français, ils cédèrent à contre coeur et débarquèrent a Bordeaux en 1453. A même cause mêmes effets la fameuse artillerie des frères Bureau hachèrent a nouveau les Anglais à la bataille de Castillon, ils n'y revinrent plus jamais. Qui a entendu parlé des victoires française de Formigny et de Castillon? La France sauvée par de solides et ingénieux bourgeois, les frères Bureau c’est moins merveilleux pour les têtes blondes que sainte Jeanne d'Arc.

 Allons sautons la soit disant Renaissance qui ne fit renaître que le despotisme et les bûchers en enterrant définitivement les libertés communales, pour s’intéresser au Roi soleil. Louis 14, l’Etat c’était lui. En matière d’Etat omnipotent, de centralisme, de dragonnades et despotisme c’était bien lui avec Colbert son complice. Il fit perdre une centaine d’année de développement à la France par rapport a l’Angleterre libérale qui s’envolait déjà vers une nouvelle révolution démocratique et industrielle. Quand il mourut la famine toujours endémique en France sévissait, son corbillard allant à Saint Denis fut couvert de crachats et d’invectives par le peuple en colère. Et  la convention, joyau de notre grande révolution française, un cortège de massacres systématiques et organisés. Les bateaux à fond ouvrant pour précipiter plus rapidement des gens enchaînés afin qu’ils ne puissent nager. Les colonnes infernales et la destruction systématiques des villages de Vendée avec hommes, femmes, enfants, bétail, la guillotine tous les jours, des millions de mort. Les conventionnels voulaient supprimer la peine  de mort disaient-il ! Une réussite ! Tout ça pour rien car nos révolutionnaires déroulèrent finalement le tapis à Napoléon despote parmi les despotes qui rétablit l’esclavage. Rétablissement pour lequel on inventa des chambres à gaz afin d’éliminer plus rapidement les nègres récalcitrant. 1815 et la restauration la France exsangue et les anglo-saxon dominant le monde pour des siècles. A moins que Bush ne soit leur Saint Louis, leur Louis 14 et à la fois leur Napoléon.


La France dans son histoire officielle admire ses despotes, glorifie ses massacres et se complait dans ses défaites : Azincourt plutôt que Formigny qu’avait Michelet dans la tête ? On peut tout raconter en fabriquant l’Histoire tout et n’importe quoi, il suffit d’avoir le pouvoir, le pouvoir de fabriquer les livres d’Histoire. Certains députés ont cru bon récemment d’en rajouter et d’inventer une colonisation positive, sans demander l’avis des colonisés. On le voit cela continu !

 

Cependant, fabriquer l’Histoire à sa guise provoque des frustrations. Les descendants des esclaves, des colonisés, des vendéens, des occitans, des francs-comtois et bien d’autres victimes du national étatisme n’entendent plus l’Histoire officielle de cette oreille. Chacun réclame son devoir de mémoire chacun veut devenir martyre face à l’histoire et demande réparation. Chacun possède Son génocide a opposer a celui de l’autre.

Bien que chacun ai raison de vouloir remettre à jour une histoire officielle plus mythique que réelle, faisons attention qu’à l’instar des Israéliens le devoir de mémoire ne se termine pas en droit à l’exaction et que ce droit à l’exaction ne ternisse définitivement tout devoir de mémoire avec les enseignements qui vont avec.    

 

Alain Benajam

2006

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 16:08

Socialisme, communisme et compagnies.

Ce groupe de termes peut avantageusement être traité en commun car l’histoire de ces mots  et de ses significations s’entremêlent, parfois se confondent, parfois se contredisent. Ces mots puisent leur signification moderne dans la même source, les cités industrieuses et marchandes du moyen âge en Europe de l’Ouest. 

 

Socialisme vient de sociale qui lui-même vient de société emprunt au latin societas « association, communauté » attesté au 12ème siècle. Social du latin « socius », compagnon, n’apparaît qu’au 14ème siècle avec le sens de « rapport entre des personnes qui ont quelque chose en commun ».

Communisme vient de commune et commun apparu dès le 9ème siècle venant du latin « communis », « qui appartient à plusieurs ». Commune est hérité du latin populaire « communia » au 12ème siècle pour désigner d’abord une communauté de gens puis une association des bourgeois d’une ville.

Compagnon vient du bas latin « compagnonem » donnant au 11ème siècle « cumpagnum » la signification primitive du mot est, « qui partage le pain », il a donné à la même époque « cumpainie » puis « compaignie » pour désigner (1283) une association de personnes rassemblées par des objectifs ou un statut commun, en particulier dans le domaine commercial, puis compagnie (16ème siècle) pour désigner une entreprise (compagnie de Indes).

 

L’ensemble de ces termes illustre un bouleversement majeur dans l’histoire de l’humanité: « la mise en communauté d’avoir monétaire». Cette révolution socio-économique est apparue avec la première révolution industrielle des 12ème et 13ème siècle. Elle en est à la fois l’initiatrice et le résultat.

 

Cette mise en commun de biens, sera la caractéristique essentielle du moyen âge féodal urbain. Cette propriété sociale d’avoir contraste alors avec les pratiques passées mais également avec toutes autres pratiques de propriété contemporaines de l’époque, pratiques seigneuriales ou  pratiques des autres civilisations d’Etat fondées sur la propriété individuelle d’un « dominus », seigneur propriétaire, Chine, monde arabe, monde byzantin.

 

La coalition d’avoirs, jusque là individuels a ouvert des possibilités nouvelles en matière économique elle permit l’industrie. La fabrication d’étoffes fut la première à utiliser des procédés véritablement industriels caractérisés par la parcellisation de la production, la spécialisation des tâches et le contrôle de la qualité. Des sociétés ou compagnies, naquirent et organisèrent une  production qui intéressait une grande partie du territoire Ouest Européen. Laine en Angleterre, tissage en Flandre, culture de la guède (teinture) en Occitanie, alun, produit nécessaire à la teinture, en Italie du Nord. Cette activité devait requérir des moyens financiers importants et des procédés de transfert de fond qui ne pouvaient être à la porté d’un seul individu.

Le concept de propriété sociale permit la mise en œuvre des capitaux nécessaires à ce nouveau type d’activité industriel. Des sociétés par action ou chaque investisseur devait percevoir un montant de bénéfices proportionnel aux parts du capital social qu’il avait souscrit  engendra le capitalisme.

Les bourgeois citadins s’organisèrent en commune et en maintes cités, arrachèrent le pouvoir aux évêques et aux seigneurs féodaux. Ces communes fédéraient des métiers, elles érigèrent des réseaux de solidarité, pour les malades les accidentés, les veuves et les orphelins elles furent  souvent l’expression d’une véritable démocratie, par l’élection de parlement, d’échevins et le vote des impôts. L’air de la ville rend libre disait-on. Les pratiques communautaires  furent des caractéristiques propres à l’occident médiéval. Ces méthodes sociales marquèrent d’une façon indélébile l’Europe occidentale elles induirent  la mise en œuvre d’un mode d’organisation économique supérieurement efficace en comparaison de celui d'autres civilisation de l’époque : le capitalisme. Ces méthodes expérimentèrent également la pratique généralisée du contrat commercial prémisse du contrat social républicain. 

Les pouvoirs centraux tentèrent toujours de freiner, voir de mettre un terme à ces expériences Dès la « renaissance » et particulièrement en France ou les libertés communales étaient particulièrement intolérables au pouvoir royal centralisateur, les communes libres avaient pratiquement disparu.

Au 17ème siècle, avec l’émergence des idées démocratiques en Angleterre et au 18ème siècle des idées révolutionnaires en France, le souvenir des communes du moyen âge et de leurs parlements servirent de modèles politiques. Ainsi en 1792, le peuple de Paris insurgé s’organisa en commune sur un modèle similaire à celui existant au moyen âge.

Les premiers termes communistes et socialistes sont attestés dès cette époque. 

Socialisme et communisme, doctrines politique apparaissent au milieu du 19ème ces termes  se différencient assez peu on parle du socialisme ou du communisme à propos des doctrines de Saint Simon, Fourier ou  Proud’hon. Karl Marx  préfère parler de communisme pour se différencier d’un « socialisme » Saint Simonien qualifié de bourgeois. Une doctrine politique communiste sera précisée et popularisée par le Manifeste Communiste de Marx et Engels en 1848. Outre de fustiger le capitalisme exploiteur de la classe ouvrière, il met en avant deux concepts pour lesquels il milite : la fin de l’Etat et de celui du salariat il prône une société communiste sans propriété ou chacun percevrait selon ses besoins et donnerait selon ses possibilités. En 1871 un premier gouvernement prolétarien, anticapitaliste,  s’installe d’une manière fugace à Paris, il prend encore le nom de Commune de Paris en souvenir des communes du moyen âge et de celle de 1792. A la suite de cette expérience, K.Marx, pense qu’une étape intermédiaire entre capitalisme et communiste est nécessaire, il l’appelle socialisme, phase pendant laquelle les moyens de production sont graduellement socialisés et l’Etat détruit. Pourtant à la fin du 19ème siècle les idées Marxistes, communistes selon le manifeste sont peu connues dans la classe ouvrière.  Des syndicats et des partis socialistes sont organisés dans tous les pays occidentaux industriels, ils sont bâtis selon le seul modèle organisationnel disponible dans l’industrie de l’époque, la pyramide Taylorienne. Ces partis prônent une République sociale sans qu’il y soit mis de définition très précise. Les partis ouvriers, socialistes, cherchent surtout à accéder au pouvoir de l’Etat et souvent ils y parviennent. C’est Vladimir Oulianof dit Lénine qui en Russie théorisera sur le socialisme, pour lui, ce mode d’organisation sociale doit se construire après que le prolétariat se soit accaparé le pouvoir de l’Etat et ait établi sa dictature. Le socialisme est pour lui l’établissement obligatoire de la propriété sociale des moyens de production ou chacun reçoit selon son travail. Dans l’idée que se fait Lénine du socialisme on ne perçoit pas la réalité exacte d’une propriété sociale différenciée d’une propriété d’Etat. On ne perçoit pas plus la différence entre l’Etat bourgeois devant être abattu et l’Etat socialiste à construire. Son parti, le Parti Ouvrier Social Démocrate de Russie adhérant à la 2ème internationale socialiste se divise en « bolchévick », majoritaires partisans de la dictature du prolétariat et « menchévick », minoritaires, partisan d’une démocratie qualifiée de bourgeoise par les « bolchévick ». En se débarrassant des « menchévick » Lénine crée un nouveau parti, qu’il appel Parti Communiste pour se démarquer de la 2ème internationale socialiste qui, pour lui s’est discrédité par la participation des Partis y adhérant, à la guerre de 1914, 1918. A partir de 1917 en Russie, la socialisation «marxiste », se traduit par une étatisation totale de tous les moyens de production et d’échange. Lénine fonde une Internationale communiste à laquelle adhère tous partis qui veulent suivre le mode d’organisation militaire et centraliste  obligatoire d’un parti qualifié de révolutionnaire  et de poursuivre l’objectif principal d’instaurer la dictature du prolétariat.

Les partis ouvriers se séparent en deux camps, les communistes, partisans d’une nouvelle doctrine appelée  désormais marxisme-léninisme et les socialistes partisans de la gestion loyale des affaires du capitalisme.

Le paradoxe s’instaure, de l’objectif initial du manifeste communiste de détruire l’Etat et d’abolir le salariat se construit au nom du marxisme en URSS la plus implacable dictature étatiste et la généralisation totale du salariat à la société. Jamais les objectifs affirmés par Lénine dans « L’Etat et la Révolution » et encore moins ceux du Manifeste ne seront appliqués. L’URSS tourne le dos à l’esprit des communes du moyen âges pour reconstituer une organisation impériale.

Avec le recul du temps, il est possible d’affirmer maintenant que la prise du pouvoir par Lénine en 1917 ne fut pas une révolution, mais une contre-révolution destinée à retarder l’évolution libérale inexorable de la Russie.

                                  

 

Tous les termes évoqués dans ce chapitre possèdent aujourd’hui plusieurs significations paradoxales.

 

Sociale, qui à un rapport avec une société prend la signification de charitable.

Société, coalition d’individus, prend la signification concrète d’entreprise, ou abstraite de la société, organisation des humains.

Socialisme, propriété sociale des moyens de production, à construire avant le communisme, prend la signification de mode de gouvernement pratiqué par un Parti Socialiste au pouvoir.

Etat socialiste, Etats dirigé par un Parti Communiste construisant le socialisme par l’instauration de la dictature du prolétariat, dans les faits la dictature de l’Etat. Confondu avec un Etat dirigé par un parti socialiste

Commune, primitivement organisation d’entraide associée à une ville, prend la signification d’organisation administrative locale.

Communisme : appelée ainsi en référence aux commune du moyen âge, qui furent le creuset du capitalisme en développant la propriété sociale. Principalement doctrine politique évoquée par Marx et Engels dans le Manifeste du Parti Communiste qui prône l’abolition de l’Etat, du salariat et de la propriété. Doctrine utopique jamais mise en œuvre. Prend la signification de  pratique  de gouvernement d’un Parti Communiste d’obédience Léniniste instaurant la dictature de l’Etat, la généralisation du salariat et la propriété exclusive de l’Etat et de ses « nomenklaturistes ».
Compagnie: (qui partage le pain), initialement société d’entraide   associée à un groupe restreint par exemple un métier. Prend la signification d’entreprise, surtout en Anglais avec « company ».

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:56

La République.

 

 

Le terme vient du monde antique méditerranéen, il est composé avec le latin « res », chose dans le sens de bien possédé et « publica », public, dans le sens de commun. République peut avoir la signification initiale de bien commun.

 

La république est donc initialement la mise en communauté de moyens, tels que  voiries, bâtiment de réunion, moyens de défense. Ce bien commun, nécessite  pour sa gestion d’une administration commune. La république s’oppose ainsi toujours initialement a la « res privatae », ou bien privé.

 

Cette forme d’administration collective de moyens est apparue dans le monde antique, après la propriété privée (voir Etat et religion). Elle permit la coalition d’un groupe de propriétaires, (dominus) situés dans un espace géographique s’opposant a une autre coalition de propriétaires situés dans un autre espace géographique. C’est donc la proximité des propriétaires  qui crée la nécessité de la coalition en cité afin de mieux assurer une défense contre d’éventuelles intrusions.

La cité antique (mot provenant du latin « civitas », condition de citoyen) ne désignait pas l’espace urbain mais la république des propriétaires ayant droit de cité, en fait les citoyens exerçant en commun la souveraineté sur le bien commun. Les non propriétaires, dominés, n’exerçait pas cette souveraineté, ce droit de cité. Chaque « familiae » ne possédait qu’un seul et unique propriétaire, les citoyens de la cité antique étaient donc très minoritaires parmi la population, ils n’étaient pas le peuple. Les républiques antiques, fugaces se transformèrent rapidement en Etat

 

Le terme  république réapparaît ( v. 1140) après la révolution féodale dans le monde européen occidental. Il désigne certaines communes du nord de l’Italie, Florence, Venise, Sienne ou du nord de l’Allemagne, république de la Hanse.

La république ou commune du moyen âge présente des caractères différents de celles de la cité antique. Il s’agit là initialement de coalition de marchands industriels et non de propriétaires fonciers autarcique. Le citoyen bourgeois du moyen âge fabrique et vend des marchandises, il a une fonction de communication et d’échange, il n’est pas propriétaire (dominus) fonction réservée a la noblesse. Le droit de citoyen dans la cité féodale est parfois, voir souvent exercé par tous les habitants. Privés a terme du pouvoir politique, les coalitions de bourgeois s’exerceront plus dans le domaine marchand en créant des compagnies, distinguant une propriété sociale restreinte restant dans le domaine privé.

Après la Renaissance les Communes ou Républiques seront graduellement dépossédées de leur souveraineté par les pouvoirs centraux, d’abord en France et bien plus tardivement dans le Saint Empire. Certaines républiques italiennes se transformeront en Etat, Venise est les cas le plus fameux.

 

Le terme de république ne resurgit qu’au 18ème siècle avec les révolutions américaine et française.

Ces républiques avaient pour bût affirmé de remplacer la souveraineté d’un Etat ou d’un roi par celle du peuple. Cependant, seule la Révolution française de 1789 engendra une réflexion profonde et quasi exhaustive sur le pouvoir social qu’est la République. Celle-ci, notamment avec les travaux de J.J. Rousseaux légitime un pouvoir républicain basé sur un contrat social établit par les différents contractants formant le peuple. Ce contrat social est un ensemble de règles explicites ou lois votées par les représentants du peuple élus, réunis en assemblée dite législative. 

Cependant cette forme d’Etat légal, on dit maintenant d’Etat de droit n’est pas l’apanage des Etats se réclamant de la République, de nombreux Etats à la tête desquels règnent un roi,  reconnaissent la puissance des lois établies par des assemblées élues au suffrage universel. Cette forme d’acceptation d’un certain contrat social est appelée également démocratie pour se différencier de république.

 

Le modèle français de  République se distingue  particulièrement d’autres formes étatiques dites démocratiques car il se fonde sur deux concepts qu’il explicite avec force.

 

1-     La souveraineté du peuple.

2-     La laïcité de la république.

 

La souveraineté du peuple présuppose qu’il ne puisse exister au dessus du peuple de pouvoir de l’Etat, incarné par un gouvernement ou un chef d’Etat justifié ou non par une idéologie dogmatique.

 

La laïcité de la république présuppose une absence d’idéologie d’Etat pouvant légitimer son pouvoir, cette idéologie dogmatique d’Etat est appelée superstructure idéologique par Marx elle est liée à tous Etats, elle est le fondement de sa légitimité, que cela soit une religion (USA, Grande Bretagne), une prétendue race, (Allemagne), ou une classe sociale ( ex URSS), ou même un plébiscite.

 

Sans pouvoir et sans superstructure idéologique, l’Etat n’est déjà plus l’Etat.

L’établissement du concept français de République exige le renversement révolutionnaire de l’Etat quel qu’il soit.

C’est traditionnellement en France, parmi les pays dits démocratiques que l’on glose le plus sur la République et que l’on pratique le moins ses principes.

 

La confusion entre Etat qui est le pouvoir sur le peuple d’avec République qui est le pouvoir du peuple, est la base même de l’escroquerie politique entretenue par tous les partis politiques qui cherchent à obtenir le pouvoir de l’Etat pour leur « nomenklatura ».  

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:43

 Nation

 
 

Terme emprunté au latin «natio» dérivé de «nasci» naître. Nation évoque d’abord un ensemble d’individus nés en même temps dans un même lieu. Dans l’empire romain chrétien le terme «natio» est attribué aux barbares non-chrétiens, il recoupe en partie le mot tribu.

Au moyen âge «naciuns» (1120-1165) signifie naissance dans le sens de «extraction, rang, famille», puis (1175) le terme renvois à une communauté d’origine de langue et de culture. Il peut évoquer plus tard (17ème siècle) une communauté d’intérêt, comme des marchands.

Le sens fort de nation qualifie la naissance dans une communauté donnée avec une connotation de coalition implicite.

Au 18ème siècle avec la Révolution française le terme évolue en accentuant le sens de coalition pour devenir une entité politique identifiée au tiers état (Sieyès) puis prend sa définition de «personne juridique constitué par l’ensemble des individus composant l'état» par arrêté du 23 juillet 1789. (D'après Alain Rey in Dictionnaire historique de la langue française)

Il y a donc deux sens pouvant être compris dans le mot Nation, un sens archaïque, pré révolution française et un sens moderne issu de cette révolution.

Ces deux sens ont une signification politique profondément différentes et impliquent des rapports différents à la Nation.

Un sens, celui qui est la signification officielle depuis le 23 juillet 1789 est porté évidemment par la France. C'est le sens de l'appartenance légale à la Nation, sens issu des réflexions de Montesquieu dans «L'esprit des Lois». La nation est composé de citoyens libres et égaux en droits soumis aux mêmes devoirs et possédant les mêmes droits. Droits et devoirs sont explicitement consignés et composent la Loi. La Loi commune, explicite selon Montesquieu est l'essence de la Nation. Cette définition de l'appartenance a été complété par les lois de 1905, séparant l'église et l'état et supprimant tout aspect implicite dans l'appartenance nationale, notamment l'appartenance religieuse.

La république, lieu de la souveraineté du peuple est neutre de toutes idéologies, elle est le bien commun de peuples divers issus des tourments de l'histoire, intégrés de fraiche ou de longue date, de gré ou de force dans la communauté française. Peuples issus de toutes cultures, germanique, romane, italique, celtique et maintenant nord africaine et de toutes religions, catholique, protestante, israélite ou musulmane. Ces peuples obéissant aux mêmes lois forment la Nation française.

La Nation française n'exige d'autre intégration de la part de ses citoyens que leur soumission à la loi commune, laquelle consignée est consultable par tous. Nul n'est censé ignoré la loi.

Nous avons la un système moderne d'appartenance qui seul peut permettre à des populations diverses comme celles de tous pays d'aujourd'hui, de vivre en bonne intelligence. Ce système légal d'appartenance d'origine française est peu ou prou adopté par l'ensemble des nations, cet ensemble de nations se reconnaissant légalement mutuellement sont adhérentes à l'Organisation des Nations Unies. L'appartenance légale à chacune de ses nations est démontrable toujours explicitement par la possession de papiers d'identité nationale ou par un passeport.



Pourtant une autre acception de la Nation existe. Cette acception est idéologique, non légale, elle est issue de significations antérieures à la révolution française et portée surtout par les anglo-saxons. Les anglo-saxons enseignent dans leurs écoles, soit sur leurs sols soit dans celles, nombreuses qu'ils subventionnent ou influencent dans tous pays (par exemple en Tunisie) une toute autre signification des la nation, cette signification est identitaire. L'appartenance nationale est définie par une communauté de langue, de culture et de religion elle est donc implicite, car nulle loi ne vient démontrer cette appartenance et elle est non légale, car cette communauté ne recoupe pas toujours voir jamais les nations légales.

Non légale, ce type d'appartenance est soumise à l'appréciation de chacun et les pratiques visibles d'adhésion «nationale» c'est à dire d'intégration font l'objet permanent de querelles et de polémiques sans fins puisque non explicitement décrites: port d'un foulard, d'un turban, d'une kipa, d'un prénom, l'usage d'une langue locale etc... devenant pour certains et pas pour d'autre des pratiques d'exclusion.

Il y a donc deux issues possibles à ce type d'appartenance, marquant deux tendances le séparatisme et l'élimination physique ou nettoyage ethnique.

On voit donc tout l'intérêt politique que les promoteurs anglo-saxons de la nation « ethnique » peuvent tirer. Balkanisation des nations légales comme en Yougoslavie et en corolaire leur affaiblissement rendant inopérantes les lois de contrôle économique et permettant ainsi la libre circulation des capitaux et la libre recherche du moins disant social. Puis nettoyage ethnique, guerre de civilisation, permettent l'institution de chaos permanent avec l'espoir de recompositions au profit des déstabilisateurs anglo-saxons. Nous voyons de nombreux exemples dans le monde de ce type de querelles conduisant à des guerres atroces, Yougoslavie, Palestine, Liban, Irak.

Le nouvel ordre mondial promis doit sonner le glas des nations légales et instituer en lieu et place une balkanisation communautariste qui ne pourra jamais avoir de fin car les critères d'appartenance non légaux son infinis et indéfinissables.

Il existe une idéologie française, celle qui a institué et promue dans le monde la légalité, c'est notre bien et notre identité commune la seule existante car descriptible.

La seule façon d'envisager une Nation dans la paix et le développement est bien celle définie en France le 23 juillet 1789 et offerte ce jour au monde.

 



Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:34

Mythe

 

Emprunté tardivement au bas latin « mythos », fable, récit fabuleux, lui-même emprunté  au grec « muthos . Le mot a été utilisé en français, longtemps après l’adjectif mythique pour « fable, récit imaginaire de la mythologie ».

Un mythe signifie une histoire racontée, considérée comme non valide. Un mythe est une histoire qui n’est pas considérée comme vrai ou vraisemblable par celui qui l’écoute.

Ainsi, la mythologie communément acceptée se rapporte aux religions qu’on ne pratique pas ou plus. La mythologie grecque par exemple raconte la religion antique. On parle de mythologie religieuse, quand un non catholique parle des Saints. Maintenant, depuis peu on entend parler de mythologie politique, par exemple à propos du communisme.  Pour les communistes aujourd’hui, pourtant, il ne s’agit pas de mythe.

Communément, également  nous rangeons dans les mythes ce que nous considérons comme une connaissance, une méthode obsolète.

Nous parlons par exemple  de mythe, à propos des anciennes croyances qui affirmaient que la terre était plate. Cependant à l’époque, dire que la terre était ronde et tournait autour du soleil était l’affirmation d’un mythe pouvant conduire son auteur au bûcher. Il était évident, pour les hommes non munis d’instruments adéquats, d’envisager la terre comme plate. Le maçon aujourd’hui se muni d’un niveau pour contrôler que le sol ou il se dispose à couler une chape de ciment, est bien plat. Il est parfaitement évident qu’au niveau humain la terre est plate. C’est depuis peu, une trentaine d’année, que l’homme a put constater de visu la courbe de la terre. L’image d’une terre ronde est maintenant totalement validée, non mythique, par conséquent entrant dans le champ de la connaissance, par conséquent considérée comme vrai pour la plus part des gens, bien que l’immense majorité d’entre eux n’ai jamais pu le constater. L’histoire de la terre plate est définitivement posée sur le rayon des mythes.

Nous pouvons également parler de méthodes mythiques à propos des divers procédés utilisés pour prédire l’avenir. Par exemple l’astrologie est considérée comme une méthode mythique par ceux qui ne croient pas en son efficacité.

Une utopie peut être également mythique en tant que construction idéologique d’un devenir souhaité et recherché par certains. Un tel mythe peut se transformer en ordre moral et imposé à ceux qui n’y adhèrent pas.

Mythes et idéologies ont un caractère commun si on considère qu’elles sont des constructions dogmatiques d’une conception du monde qui nous sont étrangères, qui n’appartiennent pas à notre village.

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:28

Instruction

 

 

Description de la méthode à reproduire et ordre d'accomplissement.

Dans le milieu industriel, selon les spécialités, les métiers, l'instruction revêt des formes diverses, diverses également selon le degré de connaissances préalables que possède le groupe de la tâche à accomplir.

 

Il y a donc un aspect qualitatif de l'instruction, dessins, textes, échantillons, mais également quantitatif. Si l'individu ou le village ne connaît rien de la méthode à reproduire, cette instruction revêtira les formes d'un apprentissage total. Le terme instruction se réduit alors au sens étymologique primitif c'est à dire l'action d'instruire dans le sens d'enseigner. Dans d'autres cas il peut s'agir simplement de paramètres appliqués à une méthode déjà connue. La connaissance préalable de la tâche ou d'une partie de la tâche est  du domaine de l'implicite, elle concerne les capacités du groupe.

 

On peut donner à un menuisier l'instruction suivante:

- "tiens, fabrique moi une porte !"

 

Dans la mesure ou "une porte" veuille dire la même chose pour celui qui donne l'instruction et celui qui la reçoit, c'est à dire que les dimensions, l'épaisseur, la matière, etc... soient des implicites partagés comme par exemple, il pourrait ce faire, que le menuisier en question soit connu pour fabriquer toujours le même type de porte.

Le menuisier s'il est compétent, capable,  s'il est vraiment menuisier va, sur cette instruction suffisante pour lui, entreprendre toutes les procédures nécessaires pour fabriquer cette porte dont tous les paramètres sont implicites.

L'action de ce menuisier sera de reproduire  l'ensemble des procédures par lui connues, cette fabrication est pour lui de la routine,  une routine  au sens informatique du terme.

S’il est connu par le client que le menuisier soit capable de fabriquer différents types de porte, celui-ci va accompagner son instruction par des dimensions, "tiens, fabrique-moi une porte de 2 m de haut, 1,10 m de large et 3 cm d'épaisseur».

Il s'agit là d'une  variation dans "une porte" on pourrait parler également de variable au sens informatique du terme.

 

L'instruction est une procédure.

- explicite,

- allogène, car extérieure au contexte, elle est donnée, elle vient d'ailleurs,

- mutante car affiliée, c'est une légère modification des procédures "allant de soit",

- si acceptée, comprise, reproduite, validée, est réappropriée par le contexte comme "allant de soit"

 

Moins elle est exotique plus elle est simple, plus elle à de chances d'être reproduite et validée.

 

Dans un contexte stable et fermé, il ne circule pas d'instructions.

Une instruction reproduite et validée perd son caractère d'instruction.

 

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:22

Les Idéologies

 

Conception du monde propre à un groupe social donné, à un « village » et véhiculé par des mots,  un langage.

Les idéologies peuvent être séparées en deux formes. Les « allant de soit »   implicites, par conséquent non formellement appris et les formes explicites qui sont en générale des religions ou des formes idéologiques obligatoires à caractère dogmatique.

Communément nous appelons  idéologie une conception du monde qui n’est pas la notre. Notre propre conception du monde ne nous est pas visible, elle va de soit. Il est des idéologies comme des mythes. De la même façon, nous appelons langue de bois le langage d’idéologies allogènes.

Notre conception du monde naît de notre praxis (pratique) et est en interaction avec elle, en rapport dialectique. La conception du monde d’un ingénieur de chez IBM est différente  de celle d’un membre d’une tribu amérindienne de la forêt amazonienne, comme celle d’un dirigeant d’entreprise privée, ne peut être celle d’un enseignant.

Le langage que nous utilisons reflète notre conception du monde. Comprendre le langage utilisé par des mathématiciens est difficile pour des boulangers et vice versa.

 

Le langage d’un village est le vecteur son idéologie. Son idéologie n’est descriptible que par son langage. L’indexicalité de son langage n’existe que par son idéologie. 

 

Il y a autant de conception du monde, d’idéologies que de village . Il y a donc une infinitude  d’idéologies. Des mathématiciens japonais, pratiquant le tennis et sortant au cinéma le samedi soir etc.

 

Le langage est une paléologie d’idéologies en obsolescence. Par exemple les mots prêtre, père, patron ont la même racine grecque « pater » qui veut dire prêtre. En Grèce antique le père (géniteur) possédait la pratique de prêtre des dieux familiaux et de patron du domaine. Notre société patriarcale est fortement marquée par ce mythe, qui est le fondement même des idéologies occidentales.

Idéologie est devenue un terme « valise » du langage politique ou en générale on lui donne le sens de dogme. L’idéologie dominante prétend ne pas se référer à une idéologie, ce qui est absurde mais marque en même temps l’influence des idées «cartésiennes » et «marxistes » qui elles se fondent sur l’absence de principes dogmatiques. Il est par contre curieux que l’idéologie dominante désigne particulièrement Descartes et Marx comme idéologues dogmatiques.

Le terme est au cœur du débat politique ou les différents sens évoqués sont parfaitement contraires. 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:19

descartes.jpgL’Etre.

 

Toute réflexion politique ne peut être valide qu’à partir d’une définition de l’Etre puisque cette réflexion est censée proposer son devenir.

 La  définition de l’Etre nous rapporte à la phrase de Descartes « Je pense donc je suis ». Le « cogito »  de Descartes définirait ainsi l’Etre. Cependant cette définition si pertinente soit elle est insuffisante, elle est à préciser, surtout dans le caractère social qui est le fondement de l’Etre.


 Néanmoins suivre Descartes dans sa Méthode est une approche valide pour obtenir une réponse à une interrogation. Formulons le problème à la base en partant du plus simple au plus complexe.


Il est aisé notamment de définir l’Etre par le non Etre en fait sa mort. Le non-Etre définirait ainsi l’Etre a contrario. Si, tel Dieu, nous étions investis d’un pouvoir surnaturel nous permettant d’agir sur les Etres à volonté, nous placions un Etre, comme vous et moi, nu, sans outil, au milieu d’une forêt si profonde qu’il ne pourrait en sortir. Même pensant, notre Etre ne pourrait survivre bien longtemps à ces conditions.


Cette première réflexion permet déjà d’associer à l’Etre les objets nécessaires à son existence. Quels sont ces objets si nécessaires à l’Etre qui lui sont indissociables pour sortir de sa forêt ?


Vêtements, nourritures, abris, moyens de communications et de transport. Comment notre Etre observé se procure-t-il usuellement ces objets?

Il va chez le marchand les acheter !


Une deuxième réflexion permet donc d’associer à notre Etre, marchandises et monnaie. Ainsi pourvu, l’Etre existe et peut penser à son devenir. 

L’Etre, même pensant ne peut être dissocié de la société dans laquelle il évolue, la notre est fondée sur la marchandise.


Notre société est  marchande pour le moment, mais aucune construction sociale humaine ne peut être définitive et possède toujours des limites à sa propre dynamique.


Cependant elle sera marchande pour un moment car cette société a profondément marqué notre culture et a permis à l'humanité de réaliser un formidable bon en avant technologique, culturel est humain.

Partager cet article
Repost0