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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:05

 

Village


Terme commode utilisé en ethnométhodologie pour désigner un groupe social caractérisé par des membres qui pratiquent couramment une ou des méthodes identiques et  partagent par la même un certain nombre d’« allant de soi ».

Un « village » peut être technique: des informaticiens, des menuisiers ou des astronomes. Il peut être linguistique, français, allemands, etc. Il peut être ethnique, religieux, etc.

Cela peut être un comportement.

L’appartenance à un « village » n’exclut pas l’appartenance à d’autres. Un astronome, français, catholique, homosexuel pratiquant le tennis et aimant le cinéma appartient à divers « villages» .

Le terme de famille pourrait également convenir. Il existe une infinitude de villages, comme une infinitude d’idéologies associées à ces villages.

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:01

 

 La validation est un processus d’appropriation par  un groupe d’homme, un « village », d’une méthode conduisant à une connaissance.


Ce qui est considéré valide est vrais ou fonctionnel, a contrario invalide est faux et dysfonctionne.

La validation est un jugement, une croyance. En fait cette croyance s’établit dans des limites acceptables par celui qui les traces.

Le principale mode de validation d’une méthode amenant à une connaissance est sa reproduction ou ce qui est considéré comme une reproduction par celui qui la conduit, il est seul juge, il accepte ou pas. Le plus souvent l’acceptation est sociale, la méthode conduite par les membres d’un groupe, d’un « village » est communément validée donc communément acceptée comme suffisamment reproductible pour l’usage que l’on compte en faire dans ce « village ».

La validation des méthodes d’un village, est un phénomène social complexe fortement lié à la cohésion du groupe, à ses croyances, sa religion et / ou aux mythes partagés. Certaines méthodes donc peuvent être valides dans un groupe et non dans un autre.

Dans le monde de la science la validation n’est qu’expérimentale. La suite de la procédure méthodique doit être accomplie et répertoriée de la même façon par un grand nombre de scientifiques différents pour être acceptée. L’acceptation de la reproductibilité est sévère et soumise à la critique de la communauté scientifique. Les scientifiques se réunissent régulièrement en congrès ou « workshop » (atelier) pour confronter leurs travaux et valider collectivement les nouvelles méthodes. Ainsi les méthodes sont perpétuellement variables au grès de nouvelles expérimentations et toujours acceptées comme seulement probables. Dans le monde scientifique, la validation se réalise toujours dans le cadre d’une incertitude qui doit être mesurée.

 Dans le monde de la religion la validation est non expérimentale et dogmatique. La validation dogmatique est acceptée comme telle, elle est invariable, c’est une vérité transcendantale, une certitude.

La validation est un processus d’appropriation par  un groupe d’homme, un « village », d’une méthode conduisant à une connaissance.

Valide, validation

 

 

La validation est un processus d’appropriation par  un groupe d’homme, un « village », d’une méthode conduisant à une connaissance.

 

Ce qui est considéré valide est vrais ou fonctionnel, a contrario invalide est faux et dysfonctionne.

La validation est un jugement, une croyance. En fait cette croyance s’établit dans des limites acceptables par celui qui les traces.

Le principale mode de validation d’une méthode amenant à une connaissance est sa reproduction ou ce qui est considéré comme une reproduction par celui qui la conduit, il est seul juge, il accepte ou pas. Le plus souvent l’acceptation est sociale, la méthode conduite par les membres d’un groupe, d’un « village » est communément validée donc communément acceptée comme suffisamment reproductible pour l’usage que l’on compte en faire dans ce « village ».

La validation des méthodes d’un village, est un phénomène social complexe fortement lié à la cohésion du groupe, à ses croyances, sa religion et / ou aux mythes partagés. Certaines méthodes donc peuvent être valides dans un groupe et non dans un autre.

Dans le monde de la science la validation n’est qu’expérimentale. La suite de la procédure méthodique doit être accomplie et répertoriée de la même façon par un grand nombre de scientifiques différents pour être acceptée. L’acceptation de la reproductibilité est sévère et soumise à la critique de la communauté scientifique. Les scientifiques se réunissent régulièrement en congrès ou « workshop » (atelier) pour confronter leurs travaux et valider collectivement les nouvelles méthodes. Ainsi les méthodes sont perpétuellement variables au grès de nouvelles expérimentations et toujours acceptées comme seulement probables. Dans le monde scientifique, la validation se réalise toujours dans le cadre d’une incertitude qui doit être mesurée.

 Dans le monde de la religion la validation est non expérimentale et dogmatique. La validation dogmatique est acceptée comme telle, elle est invariable, c’est une vérité transcendantale, une certitude.

Ce qui est considéré valide est vrais ou fonctionnel, a contrario invalide est faux et dysfonctionne.

La validation est un jugement, une croyance. En fait cette croyance s’établit dans des limites acceptables par celui qui les traces.

Le principale mode de validation d’une méthode amenant à une connaissance est sa reproduction ou ce qui est considéré comme une reproduction par celui qui la conduit, il est seul juge, il accepte ou pas. Le plus souvent l’acceptation est sociale, la méthode conduite par les membres d’un groupe, d’un « village » est communément validée donc communément acceptée comme suffisamment reproductible pour l’usage que l’on compte en faire dans ce « village ».

La validation des méthodes d’un village, est un phénomène social complexe fortement lié à la cohésion du groupe, à ses croyances, sa religion et / ou aux mythes partagés. Certaines méthodes donc peuvent être valides dans un groupe et non dans un autre.

Dans le monde de la science la validation n’est qu’expérimentale. La suite de la procédure méthodique doit être accomplie et répertoriée de la même façon par un grand nombre de scientifiques différents pour être acceptée. L’acceptation de la reproductibilité est sévère et soumise à la critique de la communauté scientifique. Les scientifiques se réunissent régulièrement en congrès ou « workshop » (atelier) pour confronter leurs travaux et valider collectivement les nouvelles méthodes. Ainsi les méthodes sont perpétuellement variables au grès de nouvelles expérimentations et toujours acceptées comme seulement probables. Dans le monde scientifique, la validation se réalise toujours dans le cadre d’une incertitude qui doit être mesurée.

 Dans le monde de la religion la validation est non expérimentale et dogmatique. La validation dogmatique est acceptée comme telle, elle est invariable, c’est une vérité transcendantale, une certitude.

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:54


 Méthodes.


Emprunt au bas latin « methodus » du grec « methodos », formé de « meta » et de « hodos », route,  voie, signifiant direction qui mène au but.

 Depuis 1637, Descartes et son Discours de la Méthode le sens s’établit comme une suite d’actions accomplies, devant conduire à un résultat attendu.  Actions mémorisées en vu d’être reproduites afin d’obtenir un résultat  attendu identique.

 Une méthode peut être socialement enregistrée, dans ce cas elle devient valide.

 L’ensemble des méthodes accomplies par un homme ou un animal forme sa pratique (praxis).

 Une méthode mémorisée et reproduite usuellement sans être remarquée, devient implicite, « allant de soit ».

Toutes méthodes non implicites sont forcément explicites.

Une méthode explicite, peut être:

- soit, une méthode répertoriée, 

- soit une méthode implicite pratiquée par un individu, et explicitée à un autre qui ne la possède pas, sous forme d’apprentissage.

Une méthode explicite peut également s’appeler procédure ou procédé.

Le langage est une méthode. Les hommes, à la différence des animaux, ont la capacité de répertorier et d’enregistrer leurs méthodes  à l’aide d’artefacts. Les diverses façons de répertorier des méthodes par artefacts, sont des méthodes. Celles-ci sont variées, mais il est possible de citer parmi les plus usuelles: l’écriture, le dessin, le signe, l’exemple. 

Cependant, l’homme vient d’inventer une nouvelle méthode pour répertorier ses méthodes, à partir de la machine de Turing, l’ordinateur multi média, cet instrument modifie d’une façon qualitative les capacités humaines d’enregistrement et de diffusion de l’ensemble de ses méthodes.

L’Etre est indissociable de ses méthodes pratiquées pour expliciter ses méthodes.

Les méthodes implicites pratiquées par un individu forment: sa connaissance, ses capacités, sa conception du monde, son idéologie et pratiquées socialement ses « allant de soit »

L’ensemble des méthodes humaines explicites et valides forme La Science.

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:48

Allant de soi, « account » (ethnométhodologie)

 

Termes commodes utilisés en ethnométhodologie pour désigner une idéologie, un comportement, une pratique socialement implicite et sa description.

Un «allant de soi » est vu, mais non remarqué, il est non décrit et  invisible par ceux qui le pratique. Il fait partie des fondements idéologiques d’un village.

L’"allant de soit" n’est pas explicitement enseigné comme tel, il est naturellement transmis par la société dans  les comportements «normaux », socialement appropriés et reproduits.

Par exemple dire « bonjour ç’a va !», en français et serrer les mains, en entrant au bureau, en France est un « allant de soi », le dire en japonais et se courber dans la même situation ne l’est pas, par contre il l’est au Japon. Les « allant de soit » des autres villages sont remarquables et perdent pour nous leur qualification « d’allant de soit ».

Les idéologies dominantes sont formées pour beaucoup d’ «allant de soit » c’est la raison pour laquelle elles ne sont pas qualifiées d’idéologie  par ceux qui s’y soumettent.

Si un « allant de soi » est une pratique et une idéologie, l’ethométhodologie utilise un mot anglais pour désigner sa description : l’ « account ». 

Account signifie compte-rendu, qui rend compte mais également  responsable.

Par exemple, dans la phrase: "son attitude rend compte de ce qu'il pense", ou ce qu'on dirait d'un tableau qui "rend compte" de tel ou tel sentiment de son auteur. Mais on pourrait dire également si "son attitude rend compte de ce qu'il pense", ce qu'il pense est "responsable" de son attitude, idem pour le "tableau qui rend compte" des sentiments de son auteur, mais ses sentiments sont "responsables" de son tableau.

« Rend compte », « account » est ce qui donne à voir et à penser, autant que le vu et le pensé.

"Account"  " rend compte" est un unique terme  utilisé pour désigner  deux éléments en rapport dialectiques, d'un coté l'acte, la praxis et de l'autre, la pensée, la personnalité qui selon K. Marx sont indissociables et dialectiquement contradictoires et selon H. Garfinkel, indissociables, descriptibles et rapportables dans le sens ou la praxis observée en tant que pensée objectivée peut être consignée, celle-ci devenant un rapport sur la "représentation du monde" de l'observé.

 

Les "accounts" peuvent prendre la forme d'un outil, prolongement de la main, véritablement intégré dans l'incarnation d’une méthode, le microscope, les jumelles sont effacées de la perception de l'observateur, seul compte pour lui l'objet observé.

Seule une observation précise et un compte rendu exhaustif d’une méthode sera en mesure de révéler ses "accounts".

Les "accounts" sont bien évidemment locaux ils ne sont rapportables que pour un groupe défini donné, dans un contexte donné. L'étude des "accounts" peut revêtir une grande importance pour une entreprise. Ces "accounts" industriels révèlent les capacités du groupe étudié. Ce groupe est capable de:.... ce groupe utilise usuellement  tels ou tels outils, communique de tel ou telle façon, machine à café, cantine, réunions formelles, etc...

Les instructions qui lui sont transmises, sont-elles en rapports avec les "accounts" du groupe. Ce groupe trouve t-il les instructions normales ? Si le groupe trouve les instructions anormales, irresponsables,  non "accountable", il ne les comprendra pas et elles risquent de ne pas être suivies.

L’ « account » peut être pris pour une production conforme, si conforme qu’elle devient invisible, elle va de soi.

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:45

Ethnométhodologie.

 

Du grec « ethnos », peuple et méthodologie, discipline des méthodes.

Ethnos, peuple: groupement de familles dans une aire géographique variable, dont l'unité repose sur une structure familiale, économique et sociale commune et sur une culture.

Une définition plus large mais néanmoins plus précise de peuple: un  groupe qualifié, dont les membres partagent des éléments culturels communs définis par des éléments de pratiques communes.

L'ethnométhodologie est une discipline cognitive qui s'attache  à étudier les méthodes utilisées par des groupes définis et qualifiés dans leurs accomplissements quotidiens et ordinaires.

Les pratiques accomplies ordinairement, machinalement, et le plus souvent inconsciemment par les membres d'un village sont les éléments fondamentaux qui intéressent les études ethnométhodologiques, ces pratiques implicites, néanmoins observables et rapportables nommées « account »sont significatives de la représentation du monde social dans lequel le groupe évolue. De même cette représentation du monde sociale n'est observable, rapportable, que par la description des pratiques de ce groupe.

Comme ces pratiques ne sont observables et racontables que localement car elles ne peuvent prendre en compte qu'un groupe qualifié défini, local, utilisant ces dites pratiques. Le monde social descriptible, dicible, en fait objectif, ne peut être que local. Ce monde social local n'utilise qu'une rationalité  locale intelligible seulement dans son contexte.

 

Pratiques ordinaires implicites et pratiques formelles explicites, sont des parties intégrantes par exemple d’un processus de production, elles sont intimement liées et ne peuvent être disjointes.

Les unes explicites, formelles, telles que plans, descriptions, cahiers de charge, gammes de montage, en fait les instructions ¨ entraînent ¨ les autres, implicites, les savoir-faire particuliers nécessaires à l'accomplissement de la pratique de production, tel que fraisage, tournage, câblage, montage, capacité de développement de logiciel, etc..., le tout formant la méthode de fabrication.

 

Les unes, les instructions concernant la méthode à reproduire, explicites, sont étrangères au groupe, elles arrivent, elles sont données, elles peuvent être acceptées ou rejetées par le corps social du groupe, tels des antigènes par des anticorps reconnaissants une différence. Elles sont acceptées si elles sont comprises et paraissent évidentes, elles seront bien évidemment rejetées en cas d'incompréhension.

 

Les autres, pratiques implicites, ordinaires, sont  des capacités, ce sont des potentialités. Le groupe recevant les instructions est « capable »  ou non de réaliser les instructions données. La capacité du groupe ne peut être bien évidemment évaluée que par les pratiques antérieures à l'instruction donnée observées et rapportées. Si l’instruction est trop éloignée des pratiques passées du groupe donné, saurait-il accomplir la tâche définie par cette instruction ?

 

L'instruction concernant la méthode à accomplir ajoute une expérience au groupe renforce ses savoir-faire. L'instruction à été intégrée, digérée, de nouvelles capacités apparaissent. La nouvelle méthode est devenue implicite. Le groupe à su faire, il saura certainement refaire.

 

L'évaluation des pratiques courantes, ordinaires d'un groupe, par exemple une entreprise industrielle, est donc une tâche remarquable propre à l'ethnométhodologie, elles seront significatives des capacités de ce groupe, de sa compréhension des événements en tant que faits extérieurs, en fait de sa perception du monde social qui l'entoure.

 Pour l'ethnométhodologie, ces pratiques, descriptibles, rapportables, sont  identiques à la perception du monde que possède ce groupe.

 

" Les activités par lesquelles les membres organisent et gèrent les situations de leur vie courante sont identiques aux procédures utilisées pour rendre ces situations descriptibles"  (H. Garfinkels studies in ethnomethodology)

 

Ainsi, comme le mathématicien Lebensfelt montra que « l’énoncé d’un théorème était identique à sa démonstration », (paires de Lebensfelt). H. Garfinkel montra que l’existence d’une nouvelle galaxie dans l’univers était identique aux procédures mises en œuvre pour l’observer.  

 

L'intérêt d'études, d'audits  ethnométhodologique pour une entreprise est considérable. Car ces audits vont s'efforcer de rapporter la totalité du processus de production en tentant de répondre aux questions cruciales suivantes:

- ou se trouvent les instructions complémentaires non écrites,

- comment elles interviennent,

- comment ces instructions sont enchaînées à leur contexte pour être réalisées,

- comment évaluer et décrire les compétences tacites nécessaires à la production,

- comment définir les conditions de la reproductibilité des méthodes comme n'étant qu'internes à des instances localement construites ?

(Garfinkel colloque Université Paris 8, mai 1995)

 

L'ethnométhodologie a établi un certain nombre de concepts, voire d'axiomes, dont les buts ne vont servir qu'à faciliter l'observation et la description des pratiques objets de l'étude. Ces axiomes ne sont que des outils à la disposition d’un observateur. Il est bien entendu que pour l'ethnométhodologie le seul compte rendu de la pratique observée présente de l'intérêt.

 

Cependant, rendre compte d'une pratique, d'une procédure le plus fidèlement possibles, présente un certain nombre d'écueils. Ces écueils sont connus et traités par l’ethnométhodologie, les éviter, ne peut être qu'une tendance. Les deux écueils principaux à la description relevés par l’ethnométodologie  sont: la non-connaissance intime et la prise de parti, l’opinion.

Pour l’ethnométodologie connaissance et pratique sont identiques, comment rapporter sur les mathématiques sans être mathématicien. Il est donc nécessaire pour rapporter sur un « village » d’être membre de ce « village ».  La prise de parti ne peut qu’entraîner des biais dans les descriptions, par exemple, qu’elle confiance aurions-nous dans le rapport sur un crime provenant d’un officier de police qui serait lié à la victime ou à l’assassin. Pour tenter de palier ce type d’écueil l’ethnométhodologie définit une posture que le rapporteur doit impérativement observer. Cette posture est appelée « indifférence ethnométhodologique », cette indifférence se réfère à une compétence accordée à celui dont la méthode est décrite et qui ne peut être mise en cause. Cette compétence est appelée « compétence unique », « unic adequacy ». Le descripteur ne peut être indifférent qu’en jugeant la méthode décrite comme possédant  une unique compétence, il ne veut ni ne peut la discuter, la remplacer par la sienne propre, la remettre en cause.  Ce type d’attitude est fondamental pour régler des rapports complexes entre les individus dans une entreprise réalisant des produits complexes en utilisant des méthodes complexes. Chacun doit accorder le bénéfice de la « compétence unique » à celui qui utilise une spécialité, une pratique qui n’est pas la sienne.

 

Tous les principes fondamentaux ou non, toutes les idées, toutes les pratiques, utilisables par la discipline ou le courant de pensée de l'ethnométhodologie sont en réseau, donc interactifs et s'inscrivent dans une machinerie idéologique, exprimant avec force le principe fondamental suivant.

 

- Les pratiques d'un groupe qualifié sont identiques aux représentations du monde de ce même groupe. Cette représentation, observée et rapportée, est ainsi objectivée, car elle est devenue dicible.

Cette représentation matérialisée par le rapport est propre au groupe qualifié observé, elle ne peut définir que localement sa propre rationalité.

 

 L'ethnométhodologie étudie la relation triadique: conception du monde / existant et fait / compte rendu.

(R.Marty, Pour une approche sémiotique de l'ethnométhodologie in Pratiques de Formation -  Paris 8)

 

Il existe une infinitude de groupes humains pouvant être qualifiés, ( en fait un nombre fini, la puissance mathématique de la population définissant toutes les combinaisons possibles, ces combinaisons  peuvent être représentées par un fractal) donc il existe une infinitude de représentation du monde.

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:33

Empires et féodalités

L’organisation des sociétés est régie, comme l’ensemble des activités humaines, par des  idéologies  elles mêmes issues de pratiques passées. Ainsi, l’organisation des Etats modernes semble obéir à deux tendances provenant d’organisations anciennes, une tendance impériale ou une tendance féodale.

Par exemple le système impérial a disparu en Russie seulement en 1992, il  perdure en Chine bien qu’étant sur le point de disparaître. Il a totalement disparu en Europe occidentale au 10 me siècle.  Il n’a jamais existé, dans les îles britanniques et les pays scandinaves. La culture sociale  anglo-saxonne comparée à celle de la  Russie ou de la Chine comporte des caractéristiques d’évidence. Par contre, le mode d’organisation japonais comporte, lui, des similitudes avec l’Occident, car le système féodal s’y est perpétué jusqu’au 19 me siècle. Ces différences culturelles se calquent à la fois sur des différences de niveaux de vie et sur la répartition du pseudo-« communisme  », en fait de l’étatisme. Est-ce un hasard ?

Le système impérial est l’aboutissement de la logique étatique. L’ Etat est devenu puissant et centralisé,  il est accompagné d’une superstructure idéologique toute aussi puissante étayant sa légitimité. Cette superstructure présente un caractère religieux ou dogmatique. Les lois sont  complexes, (droit romain, droit napoléonien, Coran ), la  police et l’armée sont omnipotentes.

La production est organisée en de vastes domaines autarciques avec de grandes concentrations de  travailleurs esclaves ou à liberté restreinte, latifundia, combinats etc. 

L’Etat devient totalitaire, il offre aux sujets une conception du monde transcendantale et sécuritaire.

L’organisation sociale est pyramidale. L’organisation politique est soumise au clientélisme et au népotisme, les Russes ont inventé le terme de «nomenklatura », pour désigner une aristocratie (qui n’est pas une noblesse), il ne peut exister de démocratie. La sécurité est assurée pour tous ( sauf  les déviants qui sont sévèrement punis), la cohésion sociale des « normaux » est souvent maintenue par le rejet collectif et mystique des « déviants »  perpétuellement dénoncés, les juifs ou les homosexuels font souvent l’affaire. Il n’y a pas de pègre ni de mafias. L’individu ou les communautés d’individus ne peuvent prendre d’initiatives, ils n’ont pas de place dans le système. Le système impérial est efficace dans l’exécution de travaux monumentaux, il est efficace dans l’exploitation par la contrainte d’autres peuples qu’il soumet. Le système impérial peut mobiliser de grandes quantités d’individus, il est stable, non dynamique non inventif et peut durer sans modification, il se termine par un effondrement soudain et irrémédiable. La société impériale déstructurée se transforme rapidement en sociétés féodales ou les ex-nomenklaturistes travaillant pour leur propre compte deviennent les « châtelains » féodaux de la nouvelle organisation. 

Dans l’économie impériale, la monnaie est peu utilisée et la marchandise joue un rôle social faible, il y a peut d’échanges. L’idéologie sociale est marquée par l’égalitarisme de bas niveau et la soumission. Le pseudo- «communisme » a put facilement s’établir sur les empires et les remplacer sans les modifier.

Le système féodal est lui caractérisé par un Etat faible ou absent, au 10 et 11 me siècle en Occident, il n’y avait pas d’Etat, comme à l’Ouest des USA à la fin du 19 me siècle.  Il n’y a pas ou peu de lois écrites mais des coutumes transmises oralement. L’aire sociale est divisée en communautés fermées, ces communautés peuvent être dominées par des seigneurs  tyrans ou autogérées de façon démocratique. Ce qui caractérise le monde féodal est l’extrême diversité des situations d’une communauté à une autre.

La production est assurée par des hommes libres, mais le plus souvent liés à la communauté à laquelle ils appartiennent et qui les assujetti. La sécurité ne peut exister que dans la communauté, c’est une solidarité,  l’insécurité est la règle pour tous hors de cette communauté, faibles ou puissants. Le pouvoir est assuré au niveau de chaque communauté par celui qui l’a pris, par la force, la richesse, l’association, ces pouvoirs peuvent former une noblesse (et non une aristocratie). Les mafias ou pègres forment des communautés comme les autres, elles sont puissantes et bien tolérées. Il n’y a pas de légitimité transcendantale d’un pouvoir d’Etat, bien que chaque communauté tente toujours d’en établir une a son niveau. Le pouvoir de l’Etat est perpétuellement combattu par des communautés qui peuvent devenir sectaires.

L’ensemble des communautés d’une aire féodale peut être fédéré par une idéologie commune et superstructurelle induisant une coercition, plus morale que physique. Les déviants peuvent former une communauté qui s’inscrit dans l’aire féodale et peut se défendre ainsi contre les autres. La déviance n’est en fait qu’intra-communautaire. L’ensemble des communautés féodales peut être représenté par un chef (roi) qui a peu de pouvoirs, ce chef (roi) est le plus souvent le chef de la communauté la plus puissante, une République peut fédérer les communautés en lieu et place d’un roi, mais cela ne change rien au système, comme  les Républiques urbaines italiennes ou allemandes du moyen âge. Il peut être établi une hiérarchie de communautés, sans qu’un système pyramidal, légitime puisse perdurer. Des contrats moraux ou écrits règlent les rapports de vassalité  entre les individus et les communautés. Le droit écrit, quand il existe ainsi que la coercition publique doit seulement permettre l’observation des contrats. Le système est mouvant au rythme des guerres entre communautés, des disparitions ou apparitions. L’économie est monétaire et fortement marchande, chaque communauté est également une entreprise marchande. Les communautés communiquent en réseau. L’ensemble féodal est fortement dynamique il est soumis à des avancées soudaines et des crises profondes voir dramatiques. La population française a triplé entre le 12me et 13me siècle et diminuée de moitié au 14 et 15me siècles.

L’idéologie sociale est marquée à la fois par l’individualisme, la valorisation de l’initiative et de la force ainsi que par la solidarité communautaire. Le capitalisme ne peut se développer que sur des systèmes  féodaux et non impériaux.

 

Quelques éléments historiques.

Les empires se sont développés essentiellement à la périphérie sud-ouest, sud et sud-est des plaines d’Asie centrale. Empires romains, grecques, égyptien, perse, indien, chinois. Ces Empires  sont la continuité des Etats formés en  syncrétisme entre d’anciennes civilisations néolithiques sédentaires et la civilisation préhistorique pastorale et guerrière d’Asie centrale, représentée par les Kourganes et dite Indo-européenne.

Ces Etats impériaux sont caractérisés par un mode de production et d’exploitation, qui est celui du domaine.

Le domaine en latin « familiae » est un territoire possédé individuellement par un propriétaire, en latin « dominus ». Sur ce territoire, possession d’un seul homme vit une multitude d’individus soumis à ce propriétaire ils sont les dominés.

A l’origine, le domaine est totalement autarcique, il produit tout ce dont il a besoin, nourriture, outils, armes, et vêtements, spécialité du gynécée. Le commerce, très faible, est le plus souvent réalisé par échange et ne concerne que des produits de luxe à l’usage du propriétaire.

Le domaine antique est un véritable Etat avec ses propres lois et sa religion. L’association des domaines formera des cités-état, réunions de propriétaires pouvant être associés en République puis l’association de cités, formeront des empires.

 L’extension de l’empire romain dans la partie Nord occidentale de l’Europe est tardive et brève, elle s’applique à des populations qui ne l’ont pas « inventé », comme les Celtes (Gaulois), cependant il ne pourra que marquer. Alors que l’empire romain est balayé par les Germains au 5 me siècle il perdure sur ses bases de départ culturel, en Grèce et dans le sud de l’Italie. L’empire gréco-byzentin, étend alors son influence en Russie et l’impérialisme arabo-musulman s’établit sur le flan sud de l’empire romain.  Les périodes mérovingiennes et carolingiennes sont des périodes de transition historiques vacillantes entre un empire-état voulant à tout moment resurgir et la pesanteur sociologique germanique foncièrement hostile à ce type d’organisation.

 

D’autres civilisations provenant des empires antiques se conserveront ou établiront de nouveau systèmes impériaux. L’empire byzantin issu de l’empire gréco-romain  génère l’empire russe, puis influence l’impérialisme arabo-musulman, en lui laissant la place. Celui-ci va créer de vastes empires parfois liés parfois ennemis. Empire arabo-persique, empire arabo-égyptien, empire indo-mogol, empire arabo-berbère en Afrique du Nord et en Espagne, empire ottoman. L’empire chinois échappera à l’emprise musulmane, peut-être grâce aux Mongoles nomades dont les occidentaux verront des alliés potentiels. Toutes ces zones vont ignorer la révolution féodale du 10 me siècle et capitaliste du 13 me, elles conserveront parfois jusqu’à nos jours un mode de production domanial évoluant en latifundia (aciendas)

L’Europe occidentale délaissera  peu à peu le système impérial, entre le 5me et 10me siècle pour se recentrer sur ses bases germaniques, en abandonnant la Méditerranée à l’impérialisme arabo-musulman. Au 10 me siècle surgit la révolution féodale.

Il s’agit bien d’une révolution, car contrairement au système impérial, l’initiative individuelle ou communautaire deviendra la base de l’organisation sociale, entraînant la disparition de l’Etat antique.

Il est possible de considérer le système féodal comme un syncrétisme entre l’organisation sociale germanique fortement communautaire, solidaire et non territorial et l’organisation domaniale gallo-romaine dégénérant en villas et toujours ancrée sur le sol et la propriété.

Les causes exactes de l’apparition du système féodal restent encore inexpliquées. Cette apparition est cependant marquée par deux types d’événements. D’une part l’effondrement de l’empire carolingien qui, du fait de son étendue et des successions de type germanique avec partage, sombre dans la division. D’autre part, les vagues successives d’envahisseurs, (Vikings, Magyars, Maures) affectant l’Europe occidentale et obligeant les habitants de prendre eux-mêmes l’initiative de la défense. 

Charlemagne avait lui-même commencé à atomiser l’Empire en instituant une fonction comtale héréditaire. Il avait aussi modifié l’organisation militaire mérovingienne qui était constituée par le rassemblement de tous les Francs ou hommes libres. Au temps mérovingien l’armée, l’ost, était hétéroclite, les Francs venaient combattre selon leur bon vouloir, à pied pour les plus pauvres, à cheval pour les riches. Charlemagne ne convoqua plus pour l’ost que les Francs pouvant combattre à cheval, afin d’assurer la plus grande mobilité à son armée. Il se format une classe d’homme de guerre permanent combattant exclusivement à cheval, les chevaliers. Les hommes de guerre, sous la pression des envahisseurs délaissèrent l’ost royal et s’établirent localement derrières des fortifications de fortune. Les villas furent abandonnées, les habitants se réfugièrent sur les hauteurs. En plaine, des mottes de terres furent érigées et des tours de bois construites sur ces mottes.

Sur le plan économique, les grands domaines, indéfendables se déstructurèrent. L’organisation impériale de l’Etat s’écroula, les impôts ne furent plus collectés, chacun s’organisa à sa guise au niveau local sous l’emprise des plus forts. L’organisation économique et sociale s’établit principalement de trois manières et sous trois emprises, non exhaustives, en fait, il en existe de multiples.

Une emprise seigneuriale, une emprise cléricale, une emprise urbaine.

L’emprise seigneuriale.

Le domaine carolingien commençait déjà à se diviser, des fermes ou manses étaient accordés à des couples de paysans, libres ou non, chaque manse devant une redevance en nature au propriétaire. La distinction libre, non libre devint de plus en plus difficile à discerner, des couples mixtes se formèrent. Les exploitants des manses sont tous appelés « servus » cerfs. Les esclaves sont rapidement affranchis, la distinction au sein du servage devenant inutile. Les serfs sont libres d’exploiter leur ferme comme ils l’entendent, à condition de payer le tribut  convenu, et d’effectuer des corvées sur les terres du seigneur.  La partition territoriale des domaines se modifie. Le roi ou l’empereur, accorde des terres à ses soldats, principalement dans les vastes domaines appartenant à l’église. Des terres nouvelles sont défrichées, la classe seigneuriale peut s’agrandir avec les plus forts.  Les guerres, la désorganisation de l’ordre ancien, l’anéantissement de certains domaines par les envahisseurs, permet aux plus entreprenants d’émerger. La force au combat et la capacité à se fortifier devient la caractéristique primordiale d’accès a la classe seigneuriale possédante. Cette classe remplace les propriétaires domaniaux dont la possession n’était basée que sur l’héritage.  Le seigneur, nouveau propriétaire foncier, doit s’organiser militairement au niveau local pour défendre son bien contre tous types d’envahisseurs, seigneurs voisin, Vikings, Sarrasins. Il se doit de recruter des hommes d’armes. En contre partie du service militaire accordé par la recrue, le seigneur lui offre une terre afin qu’il puisse avoir les moyens de s’équiper. Un véritable contrat est passé entre suzerain et vassal ou le service est échangé contre la terre et la protection.. Outre l’usufruit de la terre accordée, le suzerain transfert pour cette terre son pouvoir de ban au vassal, (droit de punir et de contraindre). Le vassal peut lui même recruter d’autres vassaux, il peut devenir vassal de plusieurs suzerains. L’atomisation des pouvoirs et des possessions devient extrême.  

Le seigneur, suzerain premier possédant, est assisté au combat par ses vassaux usufruitiers des terres seigneuriales accordées. Le territoire est partagé par une multitude d’armées locales qui guerroient entre elles, conquièrent de nouvelles terres prises aux adversaires, les conquêtes sont accordées à de nouveaux vassaux, de véritables principautés se forment.  Seule la convocation à l’ost par le roi ou l’Empereur permet une certaine trêve des combats privés.  L’accession à la classe militaire chevaleresque est possible, pour les hommes libres ou les esclaves, remarqués au combat. Une classe sociale se crée, militaire et propriétaire, la noblesse, le domaine clos disparaît au profit de la châtellenie. 

L’emprise cléricale.

L’église est l’héritière directe de l’empire romain, elle en conserve la culture et l’idéologie. Cependant elle s’adapte rapidement aux nouveaux maîtres germains et à leur conception du monde fondamentalement différente de celle qui prévalait sous l’empire. En fait, elle subit et tente de réguler les excès germaniques: polygamies, guerres privées, meurtres, ordalie (combat rituel ou jugement de dieux), mais également relative liberté des femmes, naturalisme, paganisme, etc... L’église mettra plusieurs siècles à imposer son ordre moral. Cependant cette église sera un élément fédérateur de l’occident, la superstructure minimum sans laquelle le système n’aurait pu tenir, c’est un empire fantôme. L’église, si elle possède la culture et le savoir, est également la première propriétaire terrienne elle exploite ses domaines strictement comme un propriétaire laïque. C’est une communauté féodale au même titre qu’une autre et particulièrement dynamique dans l’application de technologie nouvelle et dans le travail agricole.

L’emprise urbaine.

Aux temps mérovingiens et carolingiens, du 5 me au 10 me siècle les villes, d’origines romaines, sont quasiment abandonnées, seul subsiste le siège de l’évêque représentant du pape selon l’ancienne hiérarchie impériale. Avec les invasions, ces villes se repeuplent en devenant des refuges, car elles  sont ceinturées de  remparts. Les villes seront habitées par des populations en marge de l’exploitation seigneuriale, les artisans. Face  à la précarité,  les artisans se regroupent en organisations communautaires sous la protection d’un Saint Patron. Ces organisations ou ghildes sont à la fois des communautés religieuses, des communautés d’entre aide sociale, et des organisations professionnelles, on les appelle les métiers jurés, elles seront appelées plus tard corporations. Ces ghildes, organisations religieuses s’organisent d’abord avec la bienveillance de l’Evêque, seigneur citadin exerçant les pouvoirs du ban. Par la suite, elles prendront en maintes cités le pouvoir aux Evêques, elles établiront des organisations plus ou moins démocratiques ou oligarchiques appelées communes, dans certains cas elles exerceront le ban y compris sur les campagnes avoisinantes. Les ghildes favoriseront l’émergence des sociétés capitalistes par action, dès le début du 13 me siècle, les compagnies. Certaines communes prendront le nom de République.

Des milices urbaines assurent la défense des villes, leur organisation est à la fois démocratique et réellement efficaces. Les milices flamandes battent et massacrent la chevalerie Française à la bataille de Courtrai (1302), bataille dite des mille éperons d’or, car cette quantité d’éperons prise sur les nobles français morts orneront longtemps le beffroi. Le système féodal se répand dans toute la chrétienté romaine et seulement dans la chrétienté romaine à partir du 10 me siècle. Ce système est caractérisé par une extrême atomisation des pouvoirs et une extrême diversité des modes d’exercice de ce pouvoir. Du pouvoir seigneurial parfois tyrannique au pouvoir parlementaire citadin parfois démocratique, l’air de la ville rend libre disait-on. Il est également caractérisé par un communautarisme avoisinant le sectarisme. Le système féodal prendra des formes néanmoins différentes, selon qu’il se situe sous influence de l’empire « romain germanique », sous l’influence du roi de France, ou du roi d’Angleterre.

Dans l’Empire au 10me siècle, actuellement, l’est de la France ( frontière, Meuse Saône, Rhône), la Belgique ( Hainaut), la Hollande, l’ouest de l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Tchéquie, et l’Italie du Nord, jusqu’à Rome, le féodalisme y est le plus atomisé, le pouvoir seigneurial chevaleresque, faible, le pouvoir citadin puissant, et ce jusqu’au 19me siècle. L’Empire constitue un Etat faible et embryonnaire, la fonction impériale, plus honorifique qu’effective devient élective. L’Empire est caractérisé par le pouvoir des villes et des bourgeois capitalistes. L’atomisation allemande induira le fédéralisme et en Italie, l’opposition Nord Sud issue de deux civilisations différentes durera encore certainement des siècles. Le Saint Empire Romain Germanique ne sera impérial que de nom.

C’est dans les royaumes de France, de Navarre et d’Aragon que  la féodalité militaire chevaleresque  est la plus forte,  car la guerre y est permanente avec la guerre de 100 ans et la « reconquista ». Le pouvoir bourgeois capitaliste est le plus faible, exception faite des Flandres drapantes, ( Flandre française et Belge actuelle) qui seront en opposition permanente avec le royaume ( bataille de Courtrai) et fortement liés à l’Italie du Nord capitaliste et à l’Angleterre fournissant la laine, matière première des draps. Le pouvoir de l’Etat est inexistant aux 10 et 11me siècle. Les rois de France feront beaucoup d’efforts pour développer des institutions étatiques, sous Philippe le Bel, Charles 5, 6 et 7 puis Louis 11 en s’opposant systématiquement aux diverses féodalités, seigneurs, église papale, parlements citadins, confréries, judaïsme.  Les rois de France, contestés, par l’Empereur, battu à Bouvine par Philippe Auguste en 1214, et contestés par les Anglais, boutés hors de France sous Charles 7,  développeront une mystique nationaliste et religieuse du pouvoir . Le reste de l’Europe se moquera longtemps des sujets du royaume de France vivant en tyrannie. L’Etat devient totalitaire sous Louis 14. La France est certainement le premier Etat-Nation européen, ouvrant ainsi la voie aux idées  jacobines.
En Angleterre, la féodalité militaire chevaleresque est essentiellement d’origine continentale. Richard Coeur de Lion n’ira pratiquement jamais dans l’ Ile. Les seigneurs militaires sont absents, occupés à guerroyer sur le continent. Un Etat se forme, plus gestionnaire qu’absolu influencé par les bourgeois urbains et leurs parlements, les préoccupations économiques deviennent essentielles. Les libertés individuelles seront plus développées qu’ailleurs avec un communautarisme moins sectaire, ce qui mènera à la proclamation de l’Habeas Corpus, à l’exercice du parlementarisme, de la démocratie et des partis politiques. 

Le système féodal européen enfantera la première révolution industrielle et le capitalisme . Ce type d’organisation sociale et les mentalités qu’il a induite, pouvoir de l’individu ou de ses communautés, état faible, « communisme phalenstérique », marque profondément et marquera encore durablement l’ensemble de la planète ou il s’est complètement répandu. Il s’oppose à l’organisation sociale et aux mentalités directement issues des sociétés impériales domaniales, pouvoir central de l’Etat, soumission des esclaves, sécurité et irresponsabilité ayant été propice à l’établissement provisoire, du « communisme politique », comme une ultime réaction de rejet.

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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 10:49

Nouvel avis de décès de la gauche, le troisième en cent ans

 

 

 

Toutes les catastrophes de l’Histoires apparaissent dés lors  qu’il n’existe plus de barrières morales ou populaires pour les stopper. Ce fut le cas en 1914 quand les droites et gauches françaises et allemandes s’associèrent pour la guerre, seule la voix de Jaurès résista, on sait ce qu’il en advint et quatre ans plus tard on ne pouvait que déplorer l’holocauste.

Quand le nazisme se fit les dents en Espagne la gauche non communiste laissa faire et se réfugia dans la non intervention, puis il y eut le pacte Germano Soviétique toute la gauche déroula le tapis rouge à Hitler et une très grande partie vota  les pleins pouvoir à Pétain puis infamie suprême, ils furent nombreux à gauche à collaborer avec les Nazis. Au sein de la Résistance être de droite ou de gauche n’avait aucun sens, il n’y avait que des combattants et des collabos. 

 

Puis la guerre terminée l’Impérialisme plus virulent que jamais tenta une troisième der des ders et se lança dans une série de guerres coloniales. Cependant cela faillit car le mouvement contre la guerre et contre les aventures coloniales était très puissant emmené par des Partis Communistes vigilent. La gauche non communiste comme d’habitude collabora sans honte avec l’Impérialisme et conduit tous les massacres qu’il fallait, mais elle était déconsidérée par les peuples.

 

La leçon fut bien retenue par le dit Impérialisme qui jura qu’on ne le reprit plus. Ayant les mains libres avec la fin de l’URSS et toujours la volonté de dominer le monde, il prépara sa prochaine affaire avec soin pour annihiler toute résistance populaire et morale à sa prochaine entreprise. Cette entreprise était de faire main basse sur les ressources pétrolières du proche et moyen orient. Puis de dominer le monde comme il l’expliqua dans son « Project for a New American Century », sorte de « Mein Kampf » ou le projet est expliqué en détail. Il est un fait que les pires despotismes poussent toujours le cynisme à prévenir de ce qu’il vont faire.

 

Depuis la fin de l’URSS donc depuis une quinzaine d’année l’Impérialisme s’attache à peaufiner sa communication, sa rhétorique, à fabriquer les bons et les mauvais à recréer un racisme pour intellectuel de gauche, racisme devenu de mauvais aloi depuis le martyr juif.   

 

Le pétrole convoité étant en grande partie chez les musulmans, les futurs méchants furent tous désignés. D’ailleurs, ayant des têtes de juif il fut facile de reprendre les caricatures des bonnes années 30 et 40 et de remplacer juif terroriste par musulman terroriste.

 

Musulman terroriste justement voila la bonne idée. L’idée du terroriste n’est pas neuve mais toujours efficace. Le bolchevik avec le couteau entre les dents, le juif fauteur de guerre, le terroriste apatride de l’ «Affiche Rouge », le judéo bolchevick, rappelez-vous ils avaient tous une bonne tête de terroriste celle la même des fameuses caricatures de Mahomet  que nos intellectuels, dits de gauche affectionnent. Etre raciste et de gauche pas mal non ?

 

Alors faire de tous les musulmans des terroristes potentiels et d’ainsi concentrer sur eux la haine des bien pensants, ce ne fut pas une mince affaire.

Peuples d’Orient plutôt attirés par la nonchalance et les plaisirs sophistiqués les arabomusulmans  ne sont pas connus pour être des organisateurs de grands desseins globaux fussent-ils terroristes. La machinerie Impérialiste suppléa à ce défaut culturel et organisa d’elle-même ce qui devait démontrer à tous les beaux esprits, l’effroyable perversion et la cruauté du musulman.

 

Le complot du 11 septembre 2001 baptisé attentat fut particulièrement grossier et il fut aisé à tout un chacun par la simple observation des faits que l’hypothétique Ben Laden et ses fanatiques musulmans ne pouvaient avoir réalisé cette abomination. Aujourd’hui d’ailleurs par un récent sondage, 42 % des étatsuniens  ne croient pas en une version officielle fabriquée pour les petits enfants. Mais notre gauche française comme un seul homme et sans le moindre doute y a crue elle et y croit toujours, sera-t-elle la dernière ?

Afin d’annihiler toute tentative de contestation pouvant venir des esprits faibles de notre gauche de salon, l’impérialisme eut une idée particulièrement  géniale. Marquer du sceau infamant du révisionnisme et de l’antisémitisme ceux qui oseraient prétendre autre chose que la vérité révélée du maître. Il n’y avait la aucunes raisons car sans lien avec le martyre juif mais la rhétorique fonctionna, comment ? Cela restera un mystère, peut être que l’argent facilite les collusions et nos intellectuels de gauche on certainement des besoins. Le peu qui se risquèrent à la contestation comme Thierry Meyssan furent assaillis par des flots d’injures lancés par cette gauche devenue soudainement la meilleure alliée des assassins. Le tour était joué et la gauche signa là, elle-même son propre avis de décès, le troisième en cent an.   

Alors aujourd’hui, n’ayant plus aucun obstacle moral l’Impérialisme est fin prêt pour la phase suivante. Celle-ci promet d’être particulièrement apocalyptique.

 

Celle-ci sera apocalyptique et terminera notre époque par l’explosion de la crise systémique en cours, on sera bientôt dans un autre monde.

Cette nouvelle guerre ne pourra être que nucléaire, pour plusieurs raisons. La première est que la capacité guerrière de l’impérialisme avec des armes conventionnelles est nulle comme on le voit en Irak, au Liban et en Afghanistan. Il ne lui reste que le nucléaire pour faire plier des peuples déterminés. La deuxième raison, est de pousser l’avantage de la non opposition morale des gauches pour faire sauter un tabou qui empêchait d’utiliser ce type d’arme depuis 1945. En effet, la guerre suivante, certainement contre la Chine ne pourrait en aucun cas être gagnée conventionnellement.

 

Comment définitivement faire sauter un tabou moral aujourd’hui bien entamé ?

Il est remarquable qu’après 60 ans de silence pesant et honteux, la propagande de l’impérialisme relayé par nos ondes favorites se préoccupe soudainement, pratiquement tous les jours, du martyre juif. N’est-ce pas  la pour continuer à faire jouer un rôle de premier plan à Israël, assimilée faussement aux juifs dans l’apocalypse à venir et d’ainsi organiser son impunité.

Alors comment y parvenir certainement en associant dans l’esprit des gens le souvenir entretenu de l’effroyable holocauste avec une belle et bonne provocation dont l’impérialisme a le secret et on le sait maintenant, aucun scrupule dans sa mise en œuvre malgré la mort assurés de milliers d’innocents. Comme d’habitude pour tous despotismes, l’impérialisme annonce la chose à l’avance et Zbigniew Brzezinski nous l’annonce: un épouvantable attentat sera organisé pour que les dernières barrière morales puissent tomber (voir www.voltairenet.org).

 

Quels seront les perdants quand l’affaire sera entendue et l’apocalypse terminée.

D’abord les millions de morts dans tous les camps, puis tous les compromis et avec eux ceux semblant être compromis.

Puis les juifs dans leur ensemble au delà de l’état d’Israël. Associés au déclenchement de l’apocalypse au profit de l’impérialisme, ils seront particulièrement mal vus comme les allemands en 1945.  Un antisémitisme politique se renforcera, les voisins d’Israël n’auront plus ni crainte ni scrupule à envisager l’effacement de l’état juif. Puis les étatsuniens pour des raisons similaires. De plus le dollar s’effondrera  d’abord à sa valeur réelle d’aujourd’hui de 2 USD pour 1 EUR dés le début du conflit. Puis les transactions internationales ne pouvant se réaliser en USD en toute sécurité, cette monnaie en fait de singe rejoindra la réalité de sa valeur c'est-à-dire rien, n’ayant plus à être confortée par des pétrodollars.

Puis les Chinois qui vont perdre ainsi la valeur de leurs immenses avoirs en USD.

 

Puis enfin notre gauche déconsidérée, mais existe-t-elle encore ?

 

La gauche est morte (comme d’habitude), que vive maintenant La Résistance.  

 

 

Alain Benajam

Le 17 février 2007


 

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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 10:38

 Libéralisme

 

Le libéralisme est une doctrine politique qui préconise le maximum de libertés individuelles comme mode d’organisation sociale.

Le terme, provenant de liberté puis de libéral, est attesté pour la première fois en 1823. Il est né suite aux combats révolutionnaires aux Etats Unis et en France, mais aussi avec l’avènement de la démocratie en Angleterre qui la première accordait à l’individu la responsabilité de lui-même, (Habeas corpus)

Ce combat pour la liberté qu’est le libéralisme historique, possède dés son origine deux aspects. Un aspect politique humaniste et un aspect économique.

L’aspect politique proclame l’autonomie de l’individu sur la société, face à tous les despotismes dont elle est capable.

Alexis de Tocqueville écrira notamment ces lignes « La toute puissance me semble en soi une chose mauvaise et dangereuse […] Il n’y a donc pas sur la terre, d’autorité si respectable en elle-même ou revêtue d’un droit si sacré, que je voulusse laisser agir sans contrôle et dominer sans obstacle. Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu’on l’appelle « peuple » ou « roi », « démocratie » ou « aristocratie », qu’on l’exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis là est le germe de la tyrannie. ».

Dans le domaine économique le libéralisme préconise la liberté des agents économiques selon le postulat de l’harmonie spontanée de la recherche des intérêts privés et de la formation de l’intérêt général. Il définit ainsi un «ordre naturel » efficace que le physiocrate Quesnay (1758) énonçait ainsi « Obtenir la plus grande augmentation de jouissance par la plus grande diminution possible de dépense ».

Les libéraux présentent la liberté comme ordonatrice et facteur de dynamique sociale. Cependant ils admettent que cette liberté, pour être partagée par le plus grand nombre doit être régulée par une structure devant compenser les risques momentanés d’exclusion des plus faibles et de domination des plus forts. Ainsi la plus part des courants libéraux historiques admettent une superstructure régulatrice de type  religion ou Etat. Les différents moyens de régulation sociale préconisés et l’importance de la régulation admise définissent  les différents courants libéraux, ceux-ci peuvent être nombreux. Le libéralisme américain rapporté notamment par Tocqueville préconise la religion, le courant français préconise la République. Un nouveau courant, notamment aux USA dit libertaire, néo-libérale ou ultra-libérale rejette toute régulation sociale.

Le libéralisme « véritable » se situerait au milieu  d’une échelle ou à chaque extrémité serait le despotisme. D’un côté, aucune régulation sociale, ce qui permettrait aux plus forts de s’imposer et de l’autre, un ordre étatique imposerait sa loi sur les individus.

Dans les deux cas, ulra-libéralisme et étatisme freinent les libertés individuelles, et se doivent d’établir un ordre moral pour se justifier et subsister.

 

Le combat libéral à revêtu des formes diverses selon les époques et les sociétés, combattant tout despotisme existant ou potentiel : absolutisme, autocratie, césarisme, corporatisme, dirigisme, étatisme, religion, collectivisme, socialisme, pan-capitalisme.

Le combat libéral ne se fonde pas sur une doctrine dogmatique ni même un dessein, il ne définit pas d’ennemi à priori, il s’adapte au jour le jour en dénonçant les adversaires des libertés individuelles. Associés aux socialistes un jour, adversaire un autre jour. Défenseur de la libre entreprise comme adversaire du financiarisme et des monopoles capitalistes.

Les libéraux n’ont d’autre projet social que de vouloir assurer le maximum de libertés pour un maximum d’individus.

Le concept républicain est fortement attaché au concept libéral. En effet, le contrat social peut être défini par le lieu de  «l’ordre naturel », la souveraineté proclamée du peuple interdit la prise du pouvoir par un despote et la laïcité de la République, interdit la mise en place d'un ordre moral justifiant un despotisme.

Un courant libéral moderne et de tradition française pourrait se définir « libéral républicain ».

Pour les libéraux la République ne s’arrête pas aux institutions législatives formelles elle se perpétue dans la vie associative et syndicale, dans l’action que peut mener chacun, groupes ou individus, pour faire entendre leur voix et défendre leurs intérêts.

Le mot libéralisme comme le mot communisme ayant beaucoup servi en politique  se trouve soumis à de multiples sens communs et parfois contradictoires. 

Le libéralisme est parfois assimilé faussement à capitalisme par ses adversaires. Depuis peu il prend l’acception  d’économie virtuelle spéculative. Pourtant les libéraux défendent une économie basée sur la marchandise seule capable de produire des richesses consommables, ils dénoncent l’inflation de la bulle financière spéculative qui concurrence gravement les investissements industriels et affecte la liberté d’entreprendre. Les libéraux modernes sont également les adversaires des entreprises monopolistes qu’elles soient d’Etat ou privées. Dans le domaine informatique par exemple ils défendent les «logiciels libres » face à la société Microsoft.

Le libéralisme historique ou moderne doit être défendu contre toute pollution sémantique ayant pour effet de permettre aux partisans d’une société soumise aux marchés financiers et à  son despotisme de se draper dans les plis de la liberté.

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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 18:41

Les « ismes » de la langue de bois

 

Capitalisme.

 

Terme inventé par Karl Marx pour décrire un état socio-économique existant depuis le 13e siècle. Ainsi Marx découvrit le Capitalisme comme Christophe Colombes découvrit l’Amérique.

Cet état socio-économique est celui du rapport entre la marchandise, l’argent et le travail. Ce rapport est marqué par des tendances et des contradictions que Marx décrit dans son maître ouvrage « Le Capital ». Marx conclu que les contradictions du Capitalisme trouveront une résolution dans sa fin qu’il pressentait prochaine.

Les tendances et contradictions du capitalisme sont pourtant réelles et bien lourdes à porter.

Baisse continuelle de la valeur des marchandises produites, baisse du taux de profit, paupérisation des salariés donc des consommateurs donc des marchés, concurrence insupportable entraînant des fusions pour l’amoindrir, tendance monopoliste et impérialiste s’opposant à son dynamisme novateur originel. Si les dites tendances et contradictions devaient aboutir rapidement comme prévu, il est certain que ce Capitalisme aurait disparu avant même que  Marx n’ait pu l’étudier. Mais il persiste !

Le Capitalisme à l’origine décrit comme étant seulement un état des choses, s’est transformé par la grâce de ceux qui pense que cet état est trop lourd à porter, en idéologie politique, en intention, ce « capitalisme » serait incarné, il y aurait un complot capitaliste. Avec cette incarnation supposée vient la facilité du combat le plus efficace qui soit, le combat moral, il n’est pas bien du tout d’être capitaliste.  Le Capitaliste supposé se trouve paré de péchés très graves. Il aime l’argent, il vole le temps, il jouit et tous autres choses aussi salaces. L’église a fermement condamné le capitalisme dès son apparition. Les marchands, (avant Marx les capitalistes s’appelaient marchands) étaient souvent excommuniés, ce n’était pas une activité de chrétien. Les juifs pouvaient assurer cet office jugé quand même nécessaire. Le Juif capitaliste a même vendu le fils de Dieu c’est dire s’il est méchant. Ainsi Juifs et Capitalistes seront longtemps unis dans la vindicte populaire. Cette association sera avantageusement utilisée par d’autres « ismes ». Les termes « capitalisme » et « capitalistes » ne sont utilisés que par l’idéologie de gauche. L’idéologie de droite ignore l’existence du capitalisme, pure invention  marxiste. L’idéologie de droite utilise un autre terme plus avenant pour décrire la même chose,  « Libéralisme ».

 

 

Libéralisme.

 

Contrairement au  « capitalisme » qui désigne à son origine un état de chose, le libéralisme désigne une idéologie politique. Celle-ci est apparue en Angleterre au 18e siècle. Elle se propose d’assurer le maximum de libertés pour le maximum d’individus. L’action politique du libéralisme se déploie dans deux directions. Les libertés individuelles par la propre jouissance de son corps « habeas corpus », et la liberté d’entreprendre. Ce libéralisme est le moteur idéologique de la lutte des bourgeois contre l’ancien régime. Le libéralisme historique apparaît selon trois traditions : une tradition britannique la première, une tradition républicaine américaine qui engendre la révolution d’indépendance, puis la tradition française, républicaine et laïque. L’ensemble des traditions libérales emprunte beaucoup au libéralisme britannique. Si le libéralisme propose que tout un chacun dispose d’un maximum  de liberté, il définit un régulateur social pour que cet exercice de la liberté ne se traduise pas par la loi du plus fort. Dans le monde anglo-saxon ce régulateur serait plutôt la morale, la religion. Dans le libéralisme de tradition française le régulateur serait plutôt la loi élaborée par les citoyens établissant entre eux un contrat social. Si dans le monde anglo-saxon le contrat social serait plus de nature implicite, dans le monde français, il devrait être exclusivement explicite. Ainsi la République française ne reconnaît aucune autre coalition que celle formée par l’ensemble des citoyens, elle dénie toute intention inférée par l’existence d’un groupe pseudo-ethnique ou social. Pour la République libérale de tradition française le « Capitaliste » en tant que groupe ethnique n’existe pas.

Si à son origine le libéralisme politique était classé à gauche à partir du milieu du 19e siècle, en fait dés l’apparition des idées socialistes il fut relégué à droite. En effet au moment ou les idées « marxistes », socialistes ou communistes, veulent entraîner le peuple dans le combat contre le « capitalisme », le combat pour la liberté qui marqua profondément l’action des républicains du 18e siècle n’apparaît plus à gauche comme le combat principal. Dés lors la gauche ne combat plus que pour assurer le pouvoir d’une classe sociale contre une autre. Ainsi la droite peut facilement reprendre à son compte le combat pour les libertés individuelles. Dans la lutte idéologique l’opposant au « marxisme » elle qualifie de « libérale » le type de société que la gauche qualifie de « capitaliste ». Au 20e siècle, la gauche, dominée idéologiquement par le Parti Communiste et l’URSS n’a plus la Liberté dans ses objectifs politiques, elle entérine sans état d’âme la définition de son ennemie, pour elle, effectivement la société « capitaliste » est identique à la société «libérale». Capitalisme état social de fait et Libéralisme, intention politique, s’unissent dans la conscience populaire. La gauche combat maintenant ouvertement le Libéralisme et les libertés individuelles. Après que les idées socialistes aient engendré l’URSS, le combat de la gauche contre le Libéralisme consacre définitivement sa défaite idéologique.

 

 

Les extrêmes « ismes » fâcheux et fachos.

 

Il est claire que la société marchande, capitaliste, libérale, monétaire, de consommation, etc., chacun peut l’appeler comme il l’entend, n’est pas tendre. Il est clair que tirer son épingle du jeu dans cet épouvantable chaos n’est pas facile. Il est clair que le monde vit dangereusement dans son développement explosif.

Pour un « capitaliste », être confronté perpétuellement à des concurrents est rageant, être confronté continuellement a des salariés qui réclament toujours plus est énervant, être en but à des grèves est consternant, avoir la faillite comme horizon possible est déprimant. Pourquoi ne pas inventer un ordre social ou tous ces inconvénients auraient disparus ? Bill Gates y est bien arrivé lui ! Une seule entreprise,  plus de salariés mais  des esclaves, un seul pouvoir.  Ein Reich, Ein Volks, Ein Führer  et plus d’emmerdes !  J’efface !

Pour un salarié, avoir un patron est stressant, se battre pour son salaire est fatigant, craindre le licenciement est déprimant. Et toujours l’innovation et toujours réfléchir,  construire, changer si non disparaître, prolétaires de tous les pays unissons nous et qu’on en finisse ! J’efface !  

Les effaceurs arrivent avec les « ismes » fâcheux, fascisme, nazisme, socialisme, communisme. Que peuvent avoir de commun ces « ismes » fâcheux se présentant pourtant comme les pires ennemis ?

Ils effacent ce qui pose  problème, c’est à dire la négociation du contrat social ils en suppriment les éléments qui les gênent. L’adversaire est trop dur, on organise sa disparition, on aura plus à négocier, fini la lutte des classes.

 

Fascisme et nazisme viennent de droite.

But recherché.

Supprimer la grève en supprimant les syndicats et l’organisation politique des salariés, concentrer l’économie aux mains d’une minorité docile à un Etat centralisé, réguler voir supprimer la concurrence en organisant des cartels. Organiser un égalitarisme par le bas afin de diminuer les salaires, préserver une élite sociale nomenclaturée pour défendre le régime et si possible créer un corps d’esclaves non rémunérables formé par les opposants.

Moyen.

Désigner un ennemi à combattre suffisamment diabolique pour le peuple, les judéo-communistes afin que pour le préserver, un pouvoir fort et centralisé apparaisse nécessaire. Dans ce combat unir le peuple avec une idéologie transcendantale imposant une organisation totalitaire de la société pour générer des comportements conformes.

L’ennemi doit être diabolisé en faisant appel aux fantasmes les plus profondément ancrés des mythes populaires. Les Juifs maîtres de l’argent, les ploutocrates saigneurs du peuple, les capitalistes apatrides, les allogènes travaillant pour l’étranger sont des ennemis efficaces, surtout quand on arrive à concentrer toutes ces horreurs sur un seul, le Juif. La référence ethnique est ici largement explicitée.

On peut quand même distinguer  différents types de fascismes plus ou moins horribles car ne parvenant pas tous à imposer une organisation totalitaire. Il n’est pas facile d’unifier totalement une idéologie avec l’ensemble du corps social. Par exemple les fascismes méditerranéens moins ethniques ne pourront rivaliser avec le nazisme allemand organisateur de l’holocauste. Il est important de discerner cette différence car ces deux types de fascismes furent qualitativement très différents. Les Juifs français  iront se protéger du régime de Vichy en Italie fasciste et en Espagne Franquiste.  

 

Socialisme et communisme viennent de gauche.

 

But recherché.

Supprimer le patronat, et la marchandise, concentrer l’économie au sein d’un Etat centralisé, organiser un égalitarisme de bas niveau afin de supprimer toute concurrence entre individu. Préserver une élite sociale nomenclaturée pour défendre le régime et si possible créer un corps d’esclaves non rémunérable formé par les opposants.

 

Moyen.

Désigner un ennemi à combattre suffisamment diabolique pour le peuple, les capitalistes fachistes, ainsi justifier un pouvoir fort et centralisé.

Unir le peuple avec une idéologie transcendantale imposant une organisation totalitaire de la société pour générer des comportements conformes.

L’ennemi doit être diabolisé en faisant appel aux fantasmes les plus profondément ancrés des mythes populaires. Les maîtres de l’argent, les ploutocrates saigneurs du peuple, les capitalistes apatrides.  Aucune référence ethnique n’est explicitée, pourtant elle apparaît souvent comme implicite,  elle apparaîtra clairement chez les socialistes français du 19e siècle et en URSS.

Les « ismes » fâcheux cherchent à instrumentaliser les comportements horribles de l’autre, (c’est facile), afin de justifier des restrictions de liberté, GPU contre Gestapo, Livre Noir du Communisme contre Holocauste. Pas de libertés pour les ennemis de la Liberté ! Un Etat fort et coercitif s’impose donc pour se préserver, la sécurité avant tout.

 

Les « ismes » fâcheux ont en commun de vouloir restreindre la dynamique chaotique de l’argent et de la marchandise en cherchant à amputer certains éléments. Ce faisant ils font retomber l’anthalpie  ordonnatrice en entropie amorphe. Ils refroidissent le chaos sociale en ordre glacé et bien sure cela ne marche jamais, mais que d’horreurs !

 

Cependant, il faut  être juste on ne peut raisonnablement vouer aux mêmes gémonies fascistes et communistes car leurs intentions sont différentes. Les fascistes ont de mauvaises intentions, ils sont inhumains,  racistes, xénophobes et élitistes. Les communistes eux n’ont que de bonnes intentions, celles dont l’enfer est pavé. Ils défendent les opprimés, les sans papiers, les mal-logés, ils sont humains et sympathiques, quand ils n’ont pas le pouvoir. Alors, ne serait ce que l’intention qui soit pernicieuse ?   Les Républicains de 93 ont engendrés la Terreur en qualifiant ethniquement la noblesse pour l’éliminer physiquement et ainsi perpétrer un génocide en toute conscience.  

 

L’histoire nous montre en effet sans conteste que l’intention est fâcheuse. Créer une utopie de toute pièce, ce n’est pas grave, mais vouloir la réaliser, voilà le drame ! Elle ne correspond jamais avec l’état de la société du moment.

 

Les libéraux ne peuvent vouloir réaliser des utopies, leur attitude ne peut être que la défense des libertés, celles qui laisse le chaos social établir par lui-même l’ordre convenable. Observez, cela marche toujours de la sorte !

 

 

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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 18:28

Dynamique sociale et thermodynamique.

Un élément de la pensée Prigogine


 

Ilya Prigogine est pour moi le plus grand penseur du 20ème siècle position peut être partagée avec Harold Garfinkel l'inventeur de l'ethnométhodologie. J'ai eu l'immense privilège de rencontrer ces deux hommes avant leur décès

et de partager avec eux quelques idées et surtout d'avoir été encouragé par eux dans mes démarches qui cherchaient en utiliser le sens de leurs pensées pour aider à la compréhension des phénomènes sociaux de masse.

 

garfinkel2.jpgHarold Garfinkel

 

Prigogine.jpg

Ilya Prigogine

 

 

Concernant ce que l'on appelle maintenant la "pensée Prigogine" j'en ai tiré son adaptation suivante pour la compréhension du fonctionnement des sociétés humaines.


La thermodynamique est une branche de la physique dont le champ de connaissance concerne les échanges thermiques entre éléments de matières. Le seconde principe de la thermodynamique, celui de l’entropie démontré par Clausius, puis les études d’Henri Poincarré à la fin du 19ème  siècle offrent des paradigmes pour la compréhension des systèmes complexes, chaotiques, régies par un grand nombre d’éléments.


Partant des travaux de thermodynamiciens, Ilya Prigogine dans son livre: « La Fin des Certitudes» tente une approche plus générale qui fonde une conception du monde naturelle ou la probabilité n’est plus une « non-connaissance » mais la seule manière d’expliquer ces phénomènes chaotiques, irréversibles, hors de l’équilibre ou la « flèche du temps » est l’élément majeur. Par la même, il démontre les mécanismes qui régissent la complexification de la matière et le non-déterminisme de cette tendance.


La société humaine, comme la biosphère qu’elle intègre, est l’exemple d’un tel système.

La thermodynamique utilise deux grands concepts décrivant des échanges d’énergie au sein d’un système chaotique: l’entropie et l’enthalpie. Ces concepts sont ils applicables aux sociétés humaines?


Entropie.


A l’origine, ce concept évalue l’énergie produite par des molécules dans un gaz. L’énergie perdue par le choc de chaques molécules entre elles, dans leur mouvement perpétuel (mouvement brownien), mène au refroidissement du gaz et à la perte de l’énergie potentielle qu’il enferme, et ce pour tendre vers zéro degrès Kelvin ou, un état d’équilibre avec une autre source d’énergie avec laquelle ce gaz est confronté.


(il est nécessaire pour une meilleur compréhension de lire cet article sur le chaos créateur)

http://www.alain-benajam.com/article-14297191.html


En généralisant on peut également appeler entropie, la tendance que possèdent tous systèmes complexes à se dégrader vers la moindre énergie potentielle possible. Exemple: Un barrage érigé possède une énergie potentielle représentée par la masse et la hauteur d’eau entre l’amont et l’aval. Si le barrage est détruit les hauteurs d’eau s’égalisent et le potentiel d’énergie disparaît.


Le temps est le principal facteur d’entropie.

Avec le temps, si le barrage n’est pas entretenu, il finit par se rompre. Dans le milieu vivant l’entropie mène à la mort et à la disparition du cadavre. 

L’entropie amène tous systèmes à tendre vers un équilibre stable.


Enthalpie.


L’enthalpie est l’inverse de l’entropie, c’est de l’entropie négative. Cette tendance représente la possibilité que peuvent avoir tous systèmes complexes à s’auto-organiser et à produire ainsi un potentiel d’énergie. Construire un barrage c’est fabriquer de l'enthalpie.  La complexification de la matière ou enthalpie se réalise grâces à deux forces en dialectique: possibilité et nécessité, ces deux forces étant inscrites dans le temps.

 

L’apparition de la vie est le phénomène physique le plus remarquable mettant en œuvre des forces enthalpiques.

L’enthalpie conduit tous systèmes complexes à s’écarter de l’équilibre.


Equilibre.


L’état d’équilibre d’un système s’évalue par sa réaction à toute action pour le modifier.

Il est en équilibre si une petite action entraîne une petite modification du système et un retour prompt à l’équilibre. Par exemple un pendule que l'on frappe d’une pichenette.

Par contre, il est loin de l’équilibre si  une petite action entraîne une forte modification de ce système.

Supposons notre pendule en équilibre sur un point situé sous sa masse et non au-dessus comme classiquement, une pichenette détruit ainsi définitivement l’équilibre.

Un corps vivant est un exemple d'état loin  de l'équilibre et pouvant être détruit d'une manière irrtéversible  par peu de chose, un objet le pénétrant (balle, lame, etc.).

Un système loin de l’équilibre est perpétuellement actif pour se préserver, comme un homme en équilibre sur deux pieds d’une chaise tente de modifier perpétuellement son centre de gravité pour conserver l’équilibre.

Cette activité perpétuelle expérimente des solutions différentes qui, si elles se révèlent efficaces pour perpétuer cet équilibre, sont conservées, ainsi procède l’enthalpie.  

Pour produire de l'enthalpie, pour que la matière s’auto-organise, il est nécessaire:


- de multiplier les possibilités,

- de soumettre ces possibilités aux nécessités existantes dans l’ensemble observé.


On entend par possibilités toutes combinaisons survenues  à l’instant T1 plus complexes qu’a l’instant T0, c'est la flèche du temps . La complexité d’une combinaison pouvant être mesurée par le nombre de bits nécessaire pour la décrire.

L’ensemble observé est celui ou les éléments le composant possèdent une probabilité supérieure à 0 d’échanger de l’énergie. Cette probabilité ou chaos est également appelé mouvement brownien lorsqu’il décrit les échanges d’énergie affectant les molécules composant un état de la matière, gaz, liquide, solide. 


Les possibilités se multiplient grâce au temps, à la fréquence des interactions (échange d’énergie) entre éléments composant l’ensemble observé mais également à la diversité des éléments (possibilités primitives) composant cet ensemble, la diversité étant un facteur d’accroissement des possibilités de combinaisons.


La nécessité est une force entropique (de désagrégation) qui transforme certaines possibilités  en impossibilités par leur non-viabilité.

Le non-viable étant une impossibilité de perdurer  dans un milieu donné, une intolérance.

Un non-viable dans un milieu peut devenir viable dans un autre et vice-versa.


Ainsi tous systèmes loin de l’équilibre (systèmes complexes) sont soumis.


1- à la flèche du temps dont la définition est que l'état E1 d'un ensemble quelconque à T+1 est différent de l’état E0 de cet ensemble à T0 et que E1 ne peut revenir à E0. E0 et E1 sont les descriptions exhaustives des ensembles considérés (ethnométhodologie)


2-  au chaos, (probabilité d’interaction entre éléments),


3- à une tendance enthalpique vers l’auto-complexification et en conséquence un déséquilibre accru,


4- à une tendance entropique vers la désagrégation et en conséquence un équilibre accru.


Plus le système est complexe plus ces quatres forces sont tendues.


On peut dire également que l’enthalpie produit:

- de l’ordre (par ordonnancement),

- de l’information, (nécessaire à décrire l’ordre),

- de l’énergie potentielle, (non dissipée, par ordonnancement)

- de la différence (bio-diversité).


  Et l’entropie produit:

- du désordre (non-ordre, par désagrégation),

- de la non-information,

- de l’énergie dissipée (résultat de la désagrégation)

- de la conformité (poussière tu retourneras poussière).


En outre, les processus enthalpiques, procédant par expérimentations d’un très grand nombre de combinaisons dues au hasard, ne peuvent permettre de déterminations prévisibles. Chaque rencontre-échange  entre éléments étant elle même un phénomène complexe indéterminé notamment du à des phénomènes de résonance, aucun modèle mathématique déterministe réversible, non probabiliste ne peut rendre compte de la trajectoire de chacun de ces éléments. L’ensemble du système, hors de l’équilibre, est soumis à « l’effet papillon, (un papillon s’envole aux antipodes et le temps se modifie chez nous) », c’est à dire qu’une petite action sur le système peut produire de grands effets. 

 

Les sociétés humaines.


Les sociétés humaines sont des systèmes complexes, chaotiques, composées d’un très grand nombre d’éléments et loin de l’équilibre. Il est, par conséquent  vraisemblable, que ces systèmes soient soumis à la flèche du temps, au chaos, aux  tendances enthalpiques et anthropiques.


Comment mesurer l’enthalpie et l’entropie d’une société humaine?


Nous avons vu que l’enthalpie est synonyme de complexification, de diversité et de production de potentiel d’énergie. L’entropie, l’inverse, est synonyme de simplicité,  de conformité de l’ensemble du système et de tendance vers l’état de plus faible niveau possible d’énergie potentielle.


Le résultat, visible et mesurable du niveau de complexité d’organisation des sociétés humaines est la production de marchandises évaluées par leur diversité, (nombre de bits nécessaires pour les dénombrer), leur complexité (nombre de bits nécessaires pour les décrire) et le nombre d’intervenants dans leur production, en quelque sorte le niveau de technologie mise en œuvre. 


La capacité de production de marchandises en terme de quantité et de complexité est-elle dissociable de valeurs humanistes supposées être élevées, telle que le niveau d’éducation, de santé, de libertés individuelles? 

 

Questions.


- La marchandise complexe peut-elle être inventée et produite sans un niveau éducatif élevé ?


- La marchandise complexe peut elle être inventée, produite et consommée sans un niveau de santé élevé ?

Par ailleurs un grand nombre de produits de santé, parmi les plus complexes sont des marchandises (scanners, RMN, microscopes électroniques, ordinateurs, etc ..)


- La marchandise complexe peut elle être inventée, produite, consommée, sans les  libertés individuelles nécessaires à l’accomplissement de ces processus, notamment celui d’entreprendre une innovation de la réaliser de la posséder, d’en vivre  et la consommer ?


La monnaie représente des parts de marchandise, dans l’économie réelle. La complexité sociale, si elle est mesurable par la quantité de marchandises produites et consommées, peut donc être également mesurable par la quantité de monnaie échangée, (toujours dans l’économie réelle).


La complexité sociale, c’est à dire la complexité des marchandises complexes produites a également pour corollaire la quantité d’informations échangées par les individus. Plus une marchandise est complexe, plus le nombre d’intervenants est grand. Par exemple les pièces nécessaires à la construction d’une automobile sont produites pour PSA par 5000 entreprises sous-traitantes, chacune de ces entreprises peut posséder 100 à 200 fournisseurs, qui eux même en possèdent plusieurs centaines, ect... Plusieurs millions d’individus interviennent dans la fabrication d’une automobile. Ces individus communiquent, plan, prix, commandes, factures, achat, vente. Le niveau de complexité d’un groupe social est également et aisément mesurable par la quantité d’information (mesurée en nombre de bits) échangé à l’intérieur de ce groupe (ethnométhodologie).


On voit également, qu’échanger de la monnaie et de l’information suit le même processus.


Les flux d’échanges de monnaie et d’information sont donc les flux d’échange d’énergie d’un corps social complexe donné. Le chaos social, vu comme probabilité d’échange de « monaie-information »  entre individus régit donc la probabilité de complexification, ou enthalpie de la société.  Cette probabilité, comme nous l’avons vu plus haut est également soumise à la pression entropique de sa viabilité dans un milieu donné qui peut être plus ou moins tolérant.

La prévisibilité d’un tel système est impossible (donc inutile), comme peuvent le démontrer la non-prévision par les plus fins experts de la fin de l’URSS ou de l’effondrement des USA.  L’action sur un tel système, non prévisible, soumis à la loi «du  papillon » est susceptible aussi de produire une quantité d’effets non-prévus et non-souhaités. Au cours de l’histoire, il est observable que les grands desseins n’ont jamais  abouti aux buts souhaités.


Dans le cadre des sociétés humaines, comme dans le cadre d’autres systèmes complexes, possibilité c’est à dire liberté,  et viabilité c’est à dire tolérance sont les moteurs de la complexification sociale c’est à dire de l’efficacité économique, indissociable des plus hautes valeurs humanistes.


De multiples systèmes d’organisation sociale ont été expérimentés par les hommes depuis leur apparition dans la biosphère et beaucoup d’autres le seront. L’histoire nous raconte des empires qui s’écroulent, des civilisations qui perdurent des milliers d’années avant de disparaître, d’autres qui traversent le temps comme des feux follets. Certaines explosent, comme la civilisation dite « occidentale » d’autres implosent comme l’Empire romain chrétien, ou l’URSS et maintenant les USA.


La sclérose  s’oppose à la dynamique sociale. Dans les sociétés sclérosées, en cours d’entropie,  la « pensée unique » et l’ordre moral limitant les possibilités (comme la haine de l'argent et de la marchandise instituée par l'église catholique) précède toujours « l’horreur économique », puis l’état de plus faible niveau d’énergie, et la disparition suit.

Les sociétés dynamiques sont fortement monétarisées et l’échange d’information y est grand, les sociétés sclérosées sont démonétarisées, la marchandise y joue un rôle secondaire, l’information ne circule pas.

 

Le capital n'est pas l'argent.


Aujourd'hui l'ordre social fondé sur la marchandise à vécu dans le monde occidental car le capital n'est plus l'argent / marchandise comme au 19ème siècle  et pour accumuler ce capital, non seulement il n'est plus nécessaire de fabriquer et consommer des marchandises mais cela devient un handicap.

La marchandise a subi une baisse radicale de son taux de profit et sa fabrication est abandonnée aux sociétés dont le niveau social est faible comme la Chine.

L'accumulation du capital se réalise maintenant par spéculation et prédation sur les peuples par la dette et le vol des richesses naturelles, nul n'est besoin pour cette activité de la société dynamique libérale décrite plus haut. Ce monde occidental s'impérialise et l'entropie y devient la tendance la plus forte. L'argent est mort déjà ! et la pauvreté gette les occidentaux.


De la thermodynamique à la dynamique sociale, les lois de la nature soumises à la flèche du temps, nous indiquent un modèle ou la posture humaine qui semble la plus socialement efficace est  l’organisation de la liberté et de la tolérance, malheureusement c'est aujourd'hui une société totalitaire entropique qui est notre présent et avec, le froid et la mort. 


Entropie:
À la sueur de ton visage, tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol, car c'est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras " (Genèse 3:19)

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