Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:49

Le Pouvoir

 

Le mot pouvoir, très ancien est issu du latin populaire « potere », puis dans sa forme actuelle apparaît en moyen français au 15ème siècle pour signifier la faculté mettant un tiers en état d’agir. Dès le 12ème  siècle il désigne également la puissance politique, l’autorité qui gouverne l’Etat. « Potere » se rattache à l’adjectif « potis »  issu d’un thème indo-européen « poti »désignant le chef d’un groupe social, clan, tribu.

Pouvoir est donc la capacité que possède un individu de faire agir un autre individu  hors de sa volonté propre.

Si un individu cherche à faire agir un autre individu,  à exercer sur lui un pouvoir, cela signifie que cet autre refuse d’agir de prime abord selon le désir du premier.

 L’action humaine consciente se réalise en raison de  la dualité gratification punition.

L’attente d’une gratification fait agir tous les animaux que nous sommes et nous cherchons de la même manière à éviter tous types d’inconvénients, c’est la définition même du vivant. L’être vivant « agit » toujours dans le sens de son intérêt, qui doit conduire à sa pérennité en tant qu’espèce et donc à sa capacité de se conserver et de se reproduire.

Notre exercice d’un pouvoir sur autrui est donc  similaire à notre capacité d’offrir des gratifications et  d’infliger des punitions à celui dont on cherche à obtenir une action dans notre propre intérêt. 

Exercer le pouvoir est agréable, le subir ne l’est pas.

L’exercice du pouvoir chez l’homme est une activité fort complexe et sophistiquée.

Les gratifications punitions peuvent être bien réelles dans l’exercice de ce pouvoir, la coercition en est la pièce maîtresse. Cependant la capacité de domination (du latin dominus, propriétaire) de l’homme sur l’homme à souvent pour fondement, la possibilité d’offrir des gratifications et d’infliger des punitions virtuelles. Gratification et punitions virtuelles sont appelées, morale et, ou, religion.

La promesse du paradis après la mort, pour avoir bien agi, ou la menace de l’enfer pour action non conforme ont été des moyens efficaces de l’exercice du pouvoir. Pourtant les instruments moraux de l’exercice du pouvoir vont au-delà maintenant des simples terreurs infernales.

Le conformisme par exemple, est une attitude de soumission volontaire au pouvoir et son idéologie dominante.

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:46

L’Etat

 

Du latin « status » puis « estate  (1213) et estat (1370)», action de se tenir. Le sens spécialisé que nous lui donnons dans ce propos n’apparaît en Europe occidentale que depuis la fin du 14ème siècle pour désigner un groupement humain soumis à une autorité, puis (1549) l’autorité souveraine qui s’exerce sur l’ensemble d’un peuple, d’un territoire.

L’Etat est une forme d’organisation sociale humaine dont le but est de garantir l’exercice du pouvoir d’un homme ou d’un groupe d’homme, organisé ou non en hiérarchie, sur un autre groupe d’homme, les sujets.

Pour établir les lois du pouvoir, l’Etat possède un système législatif  trouvant sa légitimité dans une idéologie et, ou, une religion. Idéologie et religion ayant le même sens dans ce propos. Marx appelle superstructure de l’Etat cette idéologie,  moyen de cohésion social et d’acceptation du pouvoir par ceux qui le subissent.

 

L’Etat et la religion sont des concepts fortement associés. L’Etat et la République sont des concepts fortement dissociés.

Pour faire respecter ses lois, l’Etat possède un exécutif c’est à dire  des moyens de surveillance (police), de contrôle (justice) et de coercition (armée, police, prison), chargés de faire appliquer les lois et d’infliger les punitions aux contrevenants.

L’exécutif est dirigé par un gouvernement qui est Le Pouvoir.

Exécutif et législatifs sont toujours étroitement liés.  Le système législatif est, le plus souvent au service de l’exécutif . 

 

Le rôle de l’Etat ne peut être valide que partiellement dans l’activité humaine, sociale ou individuelle, laissant ainsi plus ou moins d’autonomie au sujet ou de place à la République. Par exemple les activités économiques, artistiques et intellectuelles peuvent échapper en partie à l’Etat.

 

Quand la totalité des activités humaines économiques, sociales et individuelle est placée sous le contrôle de l’Etat, celui-ci est devenu totalitaire.

Historique:

Si l’ensemble de l’humanité est maintenant régi par des Etats, ce ne fut pas toujours le cas. Il est encore possible d’observer des formes d’organisation humaine sans Etat et imaginer ce que fut la vie des hommes avant que celui-ci n’apparaisse. Ces formes sociales  sont en effet observables chez des peuples dits primitifs organisés en tribus. Il en existe encore sur tous les continents sauf en Europe.

 

L’organisation tribale observable est caractéristique, à contrario de celle de l’Etat.

 

Il n’existe pas de lois définies, écrites et répertoriées obligatoirement applicables sous peine de coercition. Les lois sont des « allant de soit » , qui ne sont descriptibles que dans le système idéologique, en fait la religion , de la tribu concernée. Aucun membre particulier de cette tribu ne possède le pouvoir de modifier ces lois, il n’existe pas de fonction législative propre à certains individus comme dans les structures étatiques.

 

Il n’existe pas non plus de pouvoir coercitif s’appliquant hors de la volonté d’une partie de la société et qui le subit. Dans cette forme de société, la loi est librement acceptée par tous et le pouvoir partagé. S’il existe une fonction militaire spécialisée, l’accession à cette fonction n’est que sexuelle, l’ensemble des hommes valides forme les guerriers, elle  n’est pas permanente et ne s’applique qu’en cas de confrontation avec l’extérieur, elle ne s’applique pas sur la propre  tribu de ces guerriers. La seule fonction spécialisée permanente outre celle existant entre homme et femme est la fonction religieuse  du chaman.

 

Il n’existe pas de propriété privée autre que celle des outils couramment utilisés.

 

Les premières formes d’état sont apparues environ 3 millénaires avant J.C., dans les régions proches de la Méditerranée orientale en Inde et en Chine.

 

F. Engels tente une description historique de l’apparition de l’Etat dans son livre : « l’Origine de la Famille, de la Propriété Privée et de l’Etat ». Fustel de Coulange, dans son ouvrage : « La Cité Antique » décrit également d’une façon intéressante les évolutions idéologiques et religieuses qui ont accompagné l’apparition des états dans la Grèce antique.

 

Selon ces auteurs, l’Etat, instrument de pouvoir, s’est formé pour garantir la propriété des excédents produits, non consommés par leurs propriétaires, pour eux même,  mais également pour leurs descendants héritiers. En cela, les premières lois et mesures coercitives ont été prises dans les familles (familliae, domaines) contre les femmes pour garantir l’exclusivité sexuelle de leur époux et s’assurer ainsi de leurs descendances.

L’Etat, instrument de pouvoir, s’est également formé pour garder et faire travailler les esclaves prisonniers provenant des guerres tribales. Les premiers « état-famille », formés du maître, de sa femme, de ses enfants et de ses esclaves possédaient  chacun leur propre idéologie fondée sur le culte de l’ancêtre fondateur. Cette idéologie fut rapidement transformée en religion explicite et très précisément décrite, du « foyer »,  feux entretenu dans la « familia » représentant l’ancêtre. Par la suite plusieurs de ces « familiae » se sont fédérées en «cité-état » possédant de la même façon une idéologie très structurée propre, marquée par le culte d’un ancêtre fondateur.

Le monde antique méditerranéen et le monde chinois ont formé des états vastes de très forte cohérence, avec des systèmes législatifs et exécutifs extrêmement élaborés dont seules des structures étatiques récentes peuvent rivaliser en totalitarisme et en  puissance.

 

L’état antique chinois a perduré pendant 5000 ans quasiment dans les mêmes formes jusqu’au début du 20 ème siècle. L’état antique romain, méditerranéen, fut balayé par les tribus germaniques dans sa partie occidentale et perdura dans sa partie orientale.

 

En occident chrétien, latin, la mise en place de structures étatiques est tardive.

Les tribus germaniques démantelèrent l’Etat romain à partir du 5ème siècle. Aucune forme d’état semblable ne le remplaça avant le 18ème siècle avec l’apparition en Europe des Etats-nation. Le système féodal proche des structures tribales germaniques ne forma  pas d’état ni au sens antique ni au sens moderne du terme.

L’entreprise capitaliste put naître au 13ème siècle, en toute liberté en dehors de structures de contraintes contrôlées par des états structurés comme s’était le cas à la même époque dans les autres types de civilisations avancées, asiatiques, musulmanes et byzantines.

 

Cette quasi-absence d’état permit, au moyen âge occidental, dès le 12ème siècle, l’amorce d’un foudroyant essor des forces productives, puis l’imposition du système marchand capitaliste avec le mode de vie occidentale à l’ensemble de la planète, plusieurs siècles plus tard. 

 

A la « Renaissance », les royautés occidentales, porteuses de projets étatiques, s’opposèrent vivement à la fois aux bourgeois, à la noblesse et aux paysans. En Italie ou le pouvoir de la noblesse d’origine germanique était le plus faible, apparaissaient des républiques bourgeoises, véritables prototypes d’états modernes, les richesses accumulés par les hommes d’affaires de ces micros états (Florence, Venise) dépassèrent largement celles des structures féodales environnantes. Cependant, les pouvoirs royaux finirent par s’établir et s’organiser par la mise en œuvre d’amorce d’états. En France, l’existence d’un véritable Etat est due à Louis 14, après une très longue gestation commencée par Charles 5 et ses « marmousets ». Ceci permit la formation dans les esprits « des lumières » de l’idée d’Etat-nation. A partir de ce moment, en Europe, mais en premier lieu en Angleterre, la bourgeoisie capitaliste eut un réel besoin du pouvoir politique afin de permettre l’essor des affaires sans les contraintes féodales morcelantes. Du 17ème siècle  au 19ème la bourgeoisie capitaliste s’assura du pouvoir, dans l’ensemble des pays d’Europe, les Etats modernes capitalistes naquirent. Ceux-ci, basés sur la liberté donnée à chacun d’entreprendre favorisèrent la 2ème révolution industrielle. Cet accès tardif de l’occident au pouvoir de l’Etat, a contrario des autres civilisations avancées, (Islam, Chine), permit un prodigieux essor des forces productives par une certaine  liberté de l’entreprise, mais aussi une réelle méfiance à l’égard de l’Etat et la volonté d’existence de contre pouvoirs ce qui n’est toujours pas le cas dans les mondes chinois et islamiques.

 Comme le pouvoir en général dont il est une forme d’organisation, exercer le pouvoir de l’Etat est agréable, le subir ne l’est pas.

Les libertés individuelles sont inversement proportionnelles à la puissance de l’Etat. Dans un Etat totalitaire il n’existe aucunes libertés individuelles.

 

La puissance de l’Etat, s’opposant à la liberté des citoyens, subit une résistance. Cette opposition si elle est organisée forme des contre-pouvoirs. Sans contre-pouvoir tous les Etats tendent naturellement vers le totalitarisme.

L’Etat et le gouvernement qui le dirige sont toujours conservateurs, car le rôle de l’Etat est la conservation de ses institutions et de l’organisation sociale. Un Etat ou un gouvernement révolutionnaire ou de gauche est une vue de l’esprit, qui n’a jamais  put exister longtemps.  L’histoire ne montre aucun exemple de révolution ou de progrès social accomplis par un gouvernement d’un Etat sans que la masse des citoyens révoltés l’ai fermement réclamé et obtenu.

En fait la puissance de l’Etat peut s’appliquer quantitativement et celle-ci peut être en partie démantelée. Le démantèlement de l’Etat  peut et doit être une tendance politique à laquelle tous citoyens épris de liberté doivent s’attacher.

L’établissement de la République laïque, par l’anéantissement de sa superstructure idéologique, est le meilleur moyen de démantèlement de l’Etat.

Le « contrat social », établi entre les citoyens, dans leur diversité de situation, sans qu’aucune classe sociale n’érige de dictature, n’est déjà plus l’Etat. Il représente une poste modernité dont le schéma est le réseau et non la pyramide, le relationnel et non le pouvoir, la démocratie directe et non représentative. Ce type d’organisation de l’humanité ne peut être rendue possible que par la troisième révolution industrielle en cours, la révolution informationnelle. L’organisation sociale suit l’évolution des modes de production et non l’inverse.

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:22

 L’Entreprise

 

Une entreprise est un groupe d'hommes, réunis pendant la majeure partie de son  temps d'activité, pour accomplir des tâches ayant pour but la réalisation de marchandises.

Une marchandise n’existe que consommée, c’est à dire échangée contre de la monnaie. Cette marchandise elle doit satisfaire un éventuel client afin d'obtenir de sa part l’acte d’achat.

L'entreprise doit pratiquer un ensemble de méthodes nécessaires à la réalisation d'un produit permettant, non seulement un usage par un consommateur mais également possédant une qualité qui le rendra susceptible d'être préféré à des produits similaires et ce pour des coûts de fabrication identiques voir inférieurs.

Cette marchandise, doit dégager un bénéfice tel que l'entreprise pourra présenter annuellement un bilan financier positif. Telle est la règle pour toute entreprise marchande dans une société marchande.

 

Les méthodes utilisées, incarnées par les membres d'une entreprise conduiront ou non au succès les produits vendus, conduiront ou non au succès l'entreprise elle-même.

Les lois du marché, en interaction  avec le monde de l'entreprise, modifient en permanence les conditions, d'exploitation. Des tendances animent perpétuellement l'entreprise et posent une problématique sans cesse à résoudre.

Certaines affirmations de Marx, débarrassée de leurs enjeux politiques passés peuvent  permettre de mieux comprendre les mouvements qui animent les entreprises.

Deux lois tendancielles importantes, illustrent la problématique fondamentale à laquelle toute entreprise est confrontée.

Ce que Marx appelle la loi de la baisse tendancielle du taux de profit et ce que Marx appelle la recherche de la plus-value extra.

 

La concurrence  amène les entreprises à faire évoluer leurs produits dans deux directions.

 

1 - la baisse du prix de vente

2 - l'amélioration de la qualité

 

Ces deux tendances sont contradictoires, l'amélioration de la qualité nécessiterait en apparence de passer plus de temps à la fabrication du produit, ce qui amènerait son renchérissement. D'un autre côté abaisser le prix de vente c'est, soit diminuer la marge, soit fabriquer plus vite. Pour le deuxième cas au risque de faire baisser la qualité.

La solution réside dans l'utilisation de nouvelles méthodes de fabrication permettant de concilier cette contradiction, fabriquer plus vite et  mieux.

 

En générale ces nouvelles méthodes consistent à :

-  accélérer les processus, en palliant la lenteur des procédures manuelles, par des procédures mécaniques,

- systématiser la production, la rendre plus reproductible, toujours par l'emploi de moyens mécaniques.

- supprimer du personnel à fin d'économie, les solutions précédentes le permettent.

Cette nouvelle méthode de fabrication, passe donc en générale par la réalisation de nouveaux moyens de production, plus complexes, nécessitant des investissements nouveaux pour les réaliser.

Le nouveau produit, meilleur et moins cher, va concurrencer et peut être éliminer ceux qui ne sont toujours pas élaborés suivant la nouvelle méthode.

La nouvelle marge réalisée avec la nouvelle méthode se trouve confrontée à une nouvelle  contradiction:

1 - l'amortissement de l'investissement est à réaliser, il diminue la marge,

2 - le temps de fabrication diminué, augmente la marge,

3 - il sera vendu plus de produits, l'amortissement sera facilité, par un volume de marge plus grand.

3 - la marchandise vendue moins chère, quand la marge  aura retrouvée son taux habituel, la marge totale aura tendance à diminuer.

 

La concurrence ne s’arrêtant pas, elle engagera un processus identique. Cette lutte acharnée a sans cesse pour effet:

 

- de complexifier et de renchérir les moyens de production,

- d'abaisser la valeur des marchandises.

 

Ainsi le rapport entre le volume de marge et le volume  d'investissement baisse constamment et tendanciellement.

C'est ce que Marx appelle la baisse tendancielle du taux de profit.

 

Observer une usine de production d'automobiles par exemple, aujourd'hui, en la comparant à ce qu'elle était, il y a dix ans, c'est voir moins d'hommes, des machines plus complexes, pour produire des marchandises de moindre valeur  (au sens de l'échange contre une valeur hypothétique constante) et accessibles à un plus grand nombre donc vendues en plus grande quantité.

La solution pour se préserver des effets néfastes de la concurrence est d'élaborer un produit qui n'y soit pas soumis, de fabriquer donc une marchandise que les autres ne fabriquent pas, un produit nouveau, une innovation.

Dans le cas d’une innovation, la marge est choisie, non imposée, le produit nouveau ne possède pas encore de valeur réelle car non soumis au marché, tout est possible en matière de prix. Seul l'intérêt de l'acheteur est susceptible de définir un prix de vente.

Cet excédent de marge, arbitraire,  réalisé sur un produit non soumis à concurrence est ce que  Marx appelle  "plus-value extra" dans le Capital. C'est quasiment la "pierre philosophale" de l'entreprise marchande.

Cependant cette recherche de "plus-value extra" est également soumise à contradictions.

- il a fallu investir pour mettre au point le produit,

- la mise sur le marché du produit déclenche le plus souvent, la réalisation par la concurrence d'un produit similaire,

- le produit est à nouveau soumis à concurrence et la "plus-value" extra disparaît.

 

Ainsi la tendance conduit à:

- abaisser la valeur des marchandises en contradiction avec les bénéfices

- augmenter le montant des investissements à réaliser dans les moyens de production en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter les moyens de recherche et développement, en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter la diversité des marchandises, d'où diversité des moyens de production, en contradiction avec les bénéfices,

- augmenter la complexité de ces marchandises et donc la complexité de la fabrication, en contradiction avec les bénéfices.

 

A ceci on peut ajouter, diminuer la main d’œuvre et la valeur des salaires,  augmenter le chômage et par-là même diminuer les capacités d'achat des consommateurs en les paupérisant, ceci et toujours en contradiction avec les bénéfices.

Les lois du marché qui soumettent les entreprises sont très  sévères et conduisent à une diversification et une complexification massive et permanente des productions. Ceci engendre une modification perpétuelle des processus et méthodes mises en œuvre pour produire et par conséquent une perpétuelle dynamique.

Afin d’améliorer et de modifier sans cesse les méthodes les entreprises doivent adapter leur organisation, pour utiliser au mieux l’intelligence humaine pour innover. Cette adaptation oblige à partager la responsabilité entre tous les membres. Chacun est investi d’une tâche particulière selon son unique compétence (voir ethnométhodologie) et devient stratège au même titre que le PDG. Ceci suppose que tous les paramètres de l’entreprise soient accessibles à tous et que chacun puisse communiquer avec tous. Le paradigme d’organisation devient le réseaux la structure taylorienne doit être abandonnée. Cette nouvelle organisation est techniquement facilité par la généralisation des réseaux informatique. Cette atomisation réactive interdit les combinats et les grandes entreprises voulant tout maîtriser. La production d’un produit est maintenant mise en œuvre par de vastes réseaux d’entreprises.

Dans la construction d'une automobile, il y a environ 15 000 pièces, 70% de ces pièces ne sont pas fabriquées par la marque "constructeur" de l'automobile. Un constructeur comme PSA dispose de 5000 fournisseurs différents, Ford en dispose de 50 000. Chaque fournisseur dispose lui-même de centaine voir de milliers de fournisseurs pour les plus gros, comme Valéo, Bendix, Magnet Marelli, Bosh,  qui fournissent tous les constructeurs. Ces fournisseurs de fournisseurs, sous-traitent une grande partie de leur production à de petites entreprises. Cette chaîne permet de séparer les difficultés dans l'élaboration de produits fort complexes, mais elle établit également une hiérarchie ou le sous- traitant est totalement soumis au donneur d'ordre.

On peut estimer que dans l'industrie automobile, un constructeur mobilise un nombre d'entreprises se situant à plusieurs dizaines de milliers.

L’écueil que représente la « baisse tendancielle du taux de profit », engendre des phénomènes sociaux majeurs :

-         L’investissement industriel est en déclin, concurrencé par le rendement financier des placements spéculatifs.

-         Pour récupérer du rendement financier les grandes marques, conservant les réseaux commerciaux  se regroupent et tendent à devenir monopolistes (exemple de Microsoft).

-         Pour récupérer du rendement financier les grandes marques cherchent à éviter les investissements industriels pénalisant, elles tendent à essaimer leur secteur productif qui s’atomisent en sous-traitance (automobile plus de 70%), globalement le nombre d’entreprises explose.

-         Afin de faciliter l’émergence d’innovations, l’organisation des entreprise s’atomise en réseau, chacun devient intelligent et responsable.

-         Les entreprises se divisent maintenant en trois groupes :

1-     Les grandes entreprises cotées en bourse qui capitalisent, leur nombre diminue et le nombre de leurs salariés diminue fortement.

2-     Les PME qui produisent réellement, sous-traitantes des premières qui ne peuvent plus capitaliser car assujetties. Leur nombre est stable, le nombre de leurs salariés est en légère augmentation.

3-     Les micro-entreprises (- de 10 salariés), elles sont spécialisées dans les services et les technologies d’experts, informatique, audits, finance, comptabilité. Leur nombre explose ainsi que le nombre de leurs salariés.

 

Le modèle sociale fournit par l’entreprise de la 3 me révolution industrielle est :

1-     L’organisation en réseau qui favorise la dynamique sociale et vient en renfort de l’idée républicaine du contrat social. Intelligent et responsable à l’entreprise, intelligent et responsable dans la cité.

2-     L’exclusion définitive des inaptes.

3-     L’avoir prend le pas sur l’industrie comme moyen d’accumulation du capital, l’industrie est en déclin, le monopolisme favorise la construction d’empires.

Une société à 3 niveaux émerge.

1-     Les citoyens impliqués dans l’économie réelle et dans la cité.

2-     Les exclus.

3-     Les groupes politicaux-militaro-financiers à tendance mafieuse (voir l’actualité).

La révolution sociale suit toujours la révolution industrielle !

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:14

Le Contrat.

 

Un contrat est une règle de conduite mutuelle, convenue entre des partenaires, ayant pour objet de borner des intérêts apparemment contradictoires, afin d’en dégager un intérêt commun.

La pratique historique du contrat est celle qui fut d’abord  basée sur les rapports marchands. Comment évaluer la valeur d’échange d’une marchandise ? Comment entreprendre en commun, entre partenaires possédant chacun des montants de capitaux différents ?

Le contrat est basé sur :

-    une discussion libre et contradictoire sur les termes du contrat,

-         une rédaction des termes du contrat,

-         un engagement des contractants,

-         une garantie coercitive, externe aux contractants, permettant de faire respecter les termes du contrat.  

 

Un  contrat  établit entre deux individus définit ainsi les limites de leurs deux libertés individuelles, il établit entre eux une liberté sociale et un bien social (commun).

 

Les premiers contrats modernes établis dès le 12 me siècle permirent la mise en commun de moyens financiers au sein des premières sociétés (entreprises).

Le contrat est la forme de relations sociales qui permit d’envisager la République. Le contrat a vu le jour avec la société marchande capitaliste. Jusqu’alors, les rapports humains étaient basés sur la force, l’assujettissement et la  religion qui les justifiaient.

Avec l’exemple du contrat nous réalisons que les modes d’organisation économiques forment des modèles pour les modes d’organisation politique et non l’inverse.

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:05

 

Village


Terme commode utilisé en ethnométhodologie pour désigner un groupe social caractérisé par des membres qui pratiquent couramment une ou des méthodes identiques et  partagent par la même un certain nombre d’« allant de soi ».

Un « village » peut être technique: des informaticiens, des menuisiers ou des astronomes. Il peut être linguistique, français, allemands, etc. Il peut être ethnique, religieux, etc.

Cela peut être un comportement.

L’appartenance à un « village » n’exclut pas l’appartenance à d’autres. Un astronome, français, catholique, homosexuel pratiquant le tennis et aimant le cinéma appartient à divers « villages» .

Le terme de famille pourrait également convenir. Il existe une infinitude de villages, comme une infinitude d’idéologies associées à ces villages.

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 12:01

 

 La validation est un processus d’appropriation par  un groupe d’homme, un « village », d’une méthode conduisant à une connaissance.


Ce qui est considéré valide est vrais ou fonctionnel, a contrario invalide est faux et dysfonctionne.

La validation est un jugement, une croyance. En fait cette croyance s’établit dans des limites acceptables par celui qui les traces.

Le principale mode de validation d’une méthode amenant à une connaissance est sa reproduction ou ce qui est considéré comme une reproduction par celui qui la conduit, il est seul juge, il accepte ou pas. Le plus souvent l’acceptation est sociale, la méthode conduite par les membres d’un groupe, d’un « village » est communément validée donc communément acceptée comme suffisamment reproductible pour l’usage que l’on compte en faire dans ce « village ».

La validation des méthodes d’un village, est un phénomène social complexe fortement lié à la cohésion du groupe, à ses croyances, sa religion et / ou aux mythes partagés. Certaines méthodes donc peuvent être valides dans un groupe et non dans un autre.

Dans le monde de la science la validation n’est qu’expérimentale. La suite de la procédure méthodique doit être accomplie et répertoriée de la même façon par un grand nombre de scientifiques différents pour être acceptée. L’acceptation de la reproductibilité est sévère et soumise à la critique de la communauté scientifique. Les scientifiques se réunissent régulièrement en congrès ou « workshop » (atelier) pour confronter leurs travaux et valider collectivement les nouvelles méthodes. Ainsi les méthodes sont perpétuellement variables au grès de nouvelles expérimentations et toujours acceptées comme seulement probables. Dans le monde scientifique, la validation se réalise toujours dans le cadre d’une incertitude qui doit être mesurée.

 Dans le monde de la religion la validation est non expérimentale et dogmatique. La validation dogmatique est acceptée comme telle, elle est invariable, c’est une vérité transcendantale, une certitude.

La validation est un processus d’appropriation par  un groupe d’homme, un « village », d’une méthode conduisant à une connaissance.

Valide, validation

 

 

La validation est un processus d’appropriation par  un groupe d’homme, un « village », d’une méthode conduisant à une connaissance.

 

Ce qui est considéré valide est vrais ou fonctionnel, a contrario invalide est faux et dysfonctionne.

La validation est un jugement, une croyance. En fait cette croyance s’établit dans des limites acceptables par celui qui les traces.

Le principale mode de validation d’une méthode amenant à une connaissance est sa reproduction ou ce qui est considéré comme une reproduction par celui qui la conduit, il est seul juge, il accepte ou pas. Le plus souvent l’acceptation est sociale, la méthode conduite par les membres d’un groupe, d’un « village » est communément validée donc communément acceptée comme suffisamment reproductible pour l’usage que l’on compte en faire dans ce « village ».

La validation des méthodes d’un village, est un phénomène social complexe fortement lié à la cohésion du groupe, à ses croyances, sa religion et / ou aux mythes partagés. Certaines méthodes donc peuvent être valides dans un groupe et non dans un autre.

Dans le monde de la science la validation n’est qu’expérimentale. La suite de la procédure méthodique doit être accomplie et répertoriée de la même façon par un grand nombre de scientifiques différents pour être acceptée. L’acceptation de la reproductibilité est sévère et soumise à la critique de la communauté scientifique. Les scientifiques se réunissent régulièrement en congrès ou « workshop » (atelier) pour confronter leurs travaux et valider collectivement les nouvelles méthodes. Ainsi les méthodes sont perpétuellement variables au grès de nouvelles expérimentations et toujours acceptées comme seulement probables. Dans le monde scientifique, la validation se réalise toujours dans le cadre d’une incertitude qui doit être mesurée.

 Dans le monde de la religion la validation est non expérimentale et dogmatique. La validation dogmatique est acceptée comme telle, elle est invariable, c’est une vérité transcendantale, une certitude.

Ce qui est considéré valide est vrais ou fonctionnel, a contrario invalide est faux et dysfonctionne.

La validation est un jugement, une croyance. En fait cette croyance s’établit dans des limites acceptables par celui qui les traces.

Le principale mode de validation d’une méthode amenant à une connaissance est sa reproduction ou ce qui est considéré comme une reproduction par celui qui la conduit, il est seul juge, il accepte ou pas. Le plus souvent l’acceptation est sociale, la méthode conduite par les membres d’un groupe, d’un « village » est communément validée donc communément acceptée comme suffisamment reproductible pour l’usage que l’on compte en faire dans ce « village ».

La validation des méthodes d’un village, est un phénomène social complexe fortement lié à la cohésion du groupe, à ses croyances, sa religion et / ou aux mythes partagés. Certaines méthodes donc peuvent être valides dans un groupe et non dans un autre.

Dans le monde de la science la validation n’est qu’expérimentale. La suite de la procédure méthodique doit être accomplie et répertoriée de la même façon par un grand nombre de scientifiques différents pour être acceptée. L’acceptation de la reproductibilité est sévère et soumise à la critique de la communauté scientifique. Les scientifiques se réunissent régulièrement en congrès ou « workshop » (atelier) pour confronter leurs travaux et valider collectivement les nouvelles méthodes. Ainsi les méthodes sont perpétuellement variables au grès de nouvelles expérimentations et toujours acceptées comme seulement probables. Dans le monde scientifique, la validation se réalise toujours dans le cadre d’une incertitude qui doit être mesurée.

 Dans le monde de la religion la validation est non expérimentale et dogmatique. La validation dogmatique est acceptée comme telle, elle est invariable, c’est une vérité transcendantale, une certitude.

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:54


 Méthodes.


Emprunt au bas latin « methodus » du grec « methodos », formé de « meta » et de « hodos », route,  voie, signifiant direction qui mène au but.

 Depuis 1637, Descartes et son Discours de la Méthode le sens s’établit comme une suite d’actions accomplies, devant conduire à un résultat attendu.  Actions mémorisées en vu d’être reproduites afin d’obtenir un résultat  attendu identique.

 Une méthode peut être socialement enregistrée, dans ce cas elle devient valide.

 L’ensemble des méthodes accomplies par un homme ou un animal forme sa pratique (praxis).

 Une méthode mémorisée et reproduite usuellement sans être remarquée, devient implicite, « allant de soit ».

Toutes méthodes non implicites sont forcément explicites.

Une méthode explicite, peut être:

- soit, une méthode répertoriée, 

- soit une méthode implicite pratiquée par un individu, et explicitée à un autre qui ne la possède pas, sous forme d’apprentissage.

Une méthode explicite peut également s’appeler procédure ou procédé.

Le langage est une méthode. Les hommes, à la différence des animaux, ont la capacité de répertorier et d’enregistrer leurs méthodes  à l’aide d’artefacts. Les diverses façons de répertorier des méthodes par artefacts, sont des méthodes. Celles-ci sont variées, mais il est possible de citer parmi les plus usuelles: l’écriture, le dessin, le signe, l’exemple. 

Cependant, l’homme vient d’inventer une nouvelle méthode pour répertorier ses méthodes, à partir de la machine de Turing, l’ordinateur multi média, cet instrument modifie d’une façon qualitative les capacités humaines d’enregistrement et de diffusion de l’ensemble de ses méthodes.

L’Etre est indissociable de ses méthodes pratiquées pour expliciter ses méthodes.

Les méthodes implicites pratiquées par un individu forment: sa connaissance, ses capacités, sa conception du monde, son idéologie et pratiquées socialement ses « allant de soit »

L’ensemble des méthodes humaines explicites et valides forme La Science.

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:48

Allant de soi, « account » (ethnométhodologie)

 

Termes commodes utilisés en ethnométhodologie pour désigner une idéologie, un comportement, une pratique socialement implicite et sa description.

Un «allant de soi » est vu, mais non remarqué, il est non décrit et  invisible par ceux qui le pratique. Il fait partie des fondements idéologiques d’un village.

L’"allant de soit" n’est pas explicitement enseigné comme tel, il est naturellement transmis par la société dans  les comportements «normaux », socialement appropriés et reproduits.

Par exemple dire « bonjour ç’a va !», en français et serrer les mains, en entrant au bureau, en France est un « allant de soi », le dire en japonais et se courber dans la même situation ne l’est pas, par contre il l’est au Japon. Les « allant de soit » des autres villages sont remarquables et perdent pour nous leur qualification « d’allant de soit ».

Les idéologies dominantes sont formées pour beaucoup d’ «allant de soit » c’est la raison pour laquelle elles ne sont pas qualifiées d’idéologie  par ceux qui s’y soumettent.

Si un « allant de soi » est une pratique et une idéologie, l’ethométhodologie utilise un mot anglais pour désigner sa description : l’ « account ». 

Account signifie compte-rendu, qui rend compte mais également  responsable.

Par exemple, dans la phrase: "son attitude rend compte de ce qu'il pense", ou ce qu'on dirait d'un tableau qui "rend compte" de tel ou tel sentiment de son auteur. Mais on pourrait dire également si "son attitude rend compte de ce qu'il pense", ce qu'il pense est "responsable" de son attitude, idem pour le "tableau qui rend compte" des sentiments de son auteur, mais ses sentiments sont "responsables" de son tableau.

« Rend compte », « account » est ce qui donne à voir et à penser, autant que le vu et le pensé.

"Account"  " rend compte" est un unique terme  utilisé pour désigner  deux éléments en rapport dialectiques, d'un coté l'acte, la praxis et de l'autre, la pensée, la personnalité qui selon K. Marx sont indissociables et dialectiquement contradictoires et selon H. Garfinkel, indissociables, descriptibles et rapportables dans le sens ou la praxis observée en tant que pensée objectivée peut être consignée, celle-ci devenant un rapport sur la "représentation du monde" de l'observé.

 

Les "accounts" peuvent prendre la forme d'un outil, prolongement de la main, véritablement intégré dans l'incarnation d’une méthode, le microscope, les jumelles sont effacées de la perception de l'observateur, seul compte pour lui l'objet observé.

Seule une observation précise et un compte rendu exhaustif d’une méthode sera en mesure de révéler ses "accounts".

Les "accounts" sont bien évidemment locaux ils ne sont rapportables que pour un groupe défini donné, dans un contexte donné. L'étude des "accounts" peut revêtir une grande importance pour une entreprise. Ces "accounts" industriels révèlent les capacités du groupe étudié. Ce groupe est capable de:.... ce groupe utilise usuellement  tels ou tels outils, communique de tel ou telle façon, machine à café, cantine, réunions formelles, etc...

Les instructions qui lui sont transmises, sont-elles en rapports avec les "accounts" du groupe. Ce groupe trouve t-il les instructions normales ? Si le groupe trouve les instructions anormales, irresponsables,  non "accountable", il ne les comprendra pas et elles risquent de ne pas être suivies.

L’ « account » peut être pris pour une production conforme, si conforme qu’elle devient invisible, elle va de soi.

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:45

Ethnométhodologie.

 

Du grec « ethnos », peuple et méthodologie, discipline des méthodes.

Ethnos, peuple: groupement de familles dans une aire géographique variable, dont l'unité repose sur une structure familiale, économique et sociale commune et sur une culture.

Une définition plus large mais néanmoins plus précise de peuple: un  groupe qualifié, dont les membres partagent des éléments culturels communs définis par des éléments de pratiques communes.

L'ethnométhodologie est une discipline cognitive qui s'attache  à étudier les méthodes utilisées par des groupes définis et qualifiés dans leurs accomplissements quotidiens et ordinaires.

Les pratiques accomplies ordinairement, machinalement, et le plus souvent inconsciemment par les membres d'un village sont les éléments fondamentaux qui intéressent les études ethnométhodologiques, ces pratiques implicites, néanmoins observables et rapportables nommées « account »sont significatives de la représentation du monde social dans lequel le groupe évolue. De même cette représentation du monde sociale n'est observable, rapportable, que par la description des pratiques de ce groupe.

Comme ces pratiques ne sont observables et racontables que localement car elles ne peuvent prendre en compte qu'un groupe qualifié défini, local, utilisant ces dites pratiques. Le monde social descriptible, dicible, en fait objectif, ne peut être que local. Ce monde social local n'utilise qu'une rationalité  locale intelligible seulement dans son contexte.

 

Pratiques ordinaires implicites et pratiques formelles explicites, sont des parties intégrantes par exemple d’un processus de production, elles sont intimement liées et ne peuvent être disjointes.

Les unes explicites, formelles, telles que plans, descriptions, cahiers de charge, gammes de montage, en fait les instructions ¨ entraînent ¨ les autres, implicites, les savoir-faire particuliers nécessaires à l'accomplissement de la pratique de production, tel que fraisage, tournage, câblage, montage, capacité de développement de logiciel, etc..., le tout formant la méthode de fabrication.

 

Les unes, les instructions concernant la méthode à reproduire, explicites, sont étrangères au groupe, elles arrivent, elles sont données, elles peuvent être acceptées ou rejetées par le corps social du groupe, tels des antigènes par des anticorps reconnaissants une différence. Elles sont acceptées si elles sont comprises et paraissent évidentes, elles seront bien évidemment rejetées en cas d'incompréhension.

 

Les autres, pratiques implicites, ordinaires, sont  des capacités, ce sont des potentialités. Le groupe recevant les instructions est « capable »  ou non de réaliser les instructions données. La capacité du groupe ne peut être bien évidemment évaluée que par les pratiques antérieures à l'instruction donnée observées et rapportées. Si l’instruction est trop éloignée des pratiques passées du groupe donné, saurait-il accomplir la tâche définie par cette instruction ?

 

L'instruction concernant la méthode à accomplir ajoute une expérience au groupe renforce ses savoir-faire. L'instruction à été intégrée, digérée, de nouvelles capacités apparaissent. La nouvelle méthode est devenue implicite. Le groupe à su faire, il saura certainement refaire.

 

L'évaluation des pratiques courantes, ordinaires d'un groupe, par exemple une entreprise industrielle, est donc une tâche remarquable propre à l'ethnométhodologie, elles seront significatives des capacités de ce groupe, de sa compréhension des événements en tant que faits extérieurs, en fait de sa perception du monde social qui l'entoure.

 Pour l'ethnométhodologie, ces pratiques, descriptibles, rapportables, sont  identiques à la perception du monde que possède ce groupe.

 

" Les activités par lesquelles les membres organisent et gèrent les situations de leur vie courante sont identiques aux procédures utilisées pour rendre ces situations descriptibles"  (H. Garfinkels studies in ethnomethodology)

 

Ainsi, comme le mathématicien Lebensfelt montra que « l’énoncé d’un théorème était identique à sa démonstration », (paires de Lebensfelt). H. Garfinkel montra que l’existence d’une nouvelle galaxie dans l’univers était identique aux procédures mises en œuvre pour l’observer.  

 

L'intérêt d'études, d'audits  ethnométhodologique pour une entreprise est considérable. Car ces audits vont s'efforcer de rapporter la totalité du processus de production en tentant de répondre aux questions cruciales suivantes:

- ou se trouvent les instructions complémentaires non écrites,

- comment elles interviennent,

- comment ces instructions sont enchaînées à leur contexte pour être réalisées,

- comment évaluer et décrire les compétences tacites nécessaires à la production,

- comment définir les conditions de la reproductibilité des méthodes comme n'étant qu'internes à des instances localement construites ?

(Garfinkel colloque Université Paris 8, mai 1995)

 

L'ethnométhodologie a établi un certain nombre de concepts, voire d'axiomes, dont les buts ne vont servir qu'à faciliter l'observation et la description des pratiques objets de l'étude. Ces axiomes ne sont que des outils à la disposition d’un observateur. Il est bien entendu que pour l'ethnométhodologie le seul compte rendu de la pratique observée présente de l'intérêt.

 

Cependant, rendre compte d'une pratique, d'une procédure le plus fidèlement possibles, présente un certain nombre d'écueils. Ces écueils sont connus et traités par l’ethnométhodologie, les éviter, ne peut être qu'une tendance. Les deux écueils principaux à la description relevés par l’ethnométodologie  sont: la non-connaissance intime et la prise de parti, l’opinion.

Pour l’ethnométodologie connaissance et pratique sont identiques, comment rapporter sur les mathématiques sans être mathématicien. Il est donc nécessaire pour rapporter sur un « village » d’être membre de ce « village ».  La prise de parti ne peut qu’entraîner des biais dans les descriptions, par exemple, qu’elle confiance aurions-nous dans le rapport sur un crime provenant d’un officier de police qui serait lié à la victime ou à l’assassin. Pour tenter de palier ce type d’écueil l’ethnométhodologie définit une posture que le rapporteur doit impérativement observer. Cette posture est appelée « indifférence ethnométhodologique », cette indifférence se réfère à une compétence accordée à celui dont la méthode est décrite et qui ne peut être mise en cause. Cette compétence est appelée « compétence unique », « unic adequacy ». Le descripteur ne peut être indifférent qu’en jugeant la méthode décrite comme possédant  une unique compétence, il ne veut ni ne peut la discuter, la remplacer par la sienne propre, la remettre en cause.  Ce type d’attitude est fondamental pour régler des rapports complexes entre les individus dans une entreprise réalisant des produits complexes en utilisant des méthodes complexes. Chacun doit accorder le bénéfice de la « compétence unique » à celui qui utilise une spécialité, une pratique qui n’est pas la sienne.

 

Tous les principes fondamentaux ou non, toutes les idées, toutes les pratiques, utilisables par la discipline ou le courant de pensée de l'ethnométhodologie sont en réseau, donc interactifs et s'inscrivent dans une machinerie idéologique, exprimant avec force le principe fondamental suivant.

 

- Les pratiques d'un groupe qualifié sont identiques aux représentations du monde de ce même groupe. Cette représentation, observée et rapportée, est ainsi objectivée, car elle est devenue dicible.

Cette représentation matérialisée par le rapport est propre au groupe qualifié observé, elle ne peut définir que localement sa propre rationalité.

 

 L'ethnométhodologie étudie la relation triadique: conception du monde / existant et fait / compte rendu.

(R.Marty, Pour une approche sémiotique de l'ethnométhodologie in Pratiques de Formation -  Paris 8)

 

Il existe une infinitude de groupes humains pouvant être qualifiés, ( en fait un nombre fini, la puissance mathématique de la population définissant toutes les combinaisons possibles, ces combinaisons  peuvent être représentées par un fractal) donc il existe une infinitude de représentation du monde.

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:33

Empires et féodalités

L’organisation des sociétés est régie, comme l’ensemble des activités humaines, par des  idéologies  elles mêmes issues de pratiques passées. Ainsi, l’organisation des Etats modernes semble obéir à deux tendances provenant d’organisations anciennes, une tendance impériale ou une tendance féodale.

Par exemple le système impérial a disparu en Russie seulement en 1992, il  perdure en Chine bien qu’étant sur le point de disparaître. Il a totalement disparu en Europe occidentale au 10 me siècle.  Il n’a jamais existé, dans les îles britanniques et les pays scandinaves. La culture sociale  anglo-saxonne comparée à celle de la  Russie ou de la Chine comporte des caractéristiques d’évidence. Par contre, le mode d’organisation japonais comporte, lui, des similitudes avec l’Occident, car le système féodal s’y est perpétué jusqu’au 19 me siècle. Ces différences culturelles se calquent à la fois sur des différences de niveaux de vie et sur la répartition du pseudo-« communisme  », en fait de l’étatisme. Est-ce un hasard ?

Le système impérial est l’aboutissement de la logique étatique. L’ Etat est devenu puissant et centralisé,  il est accompagné d’une superstructure idéologique toute aussi puissante étayant sa légitimité. Cette superstructure présente un caractère religieux ou dogmatique. Les lois sont  complexes, (droit romain, droit napoléonien, Coran ), la  police et l’armée sont omnipotentes.

La production est organisée en de vastes domaines autarciques avec de grandes concentrations de  travailleurs esclaves ou à liberté restreinte, latifundia, combinats etc. 

L’Etat devient totalitaire, il offre aux sujets une conception du monde transcendantale et sécuritaire.

L’organisation sociale est pyramidale. L’organisation politique est soumise au clientélisme et au népotisme, les Russes ont inventé le terme de «nomenklatura », pour désigner une aristocratie (qui n’est pas une noblesse), il ne peut exister de démocratie. La sécurité est assurée pour tous ( sauf  les déviants qui sont sévèrement punis), la cohésion sociale des « normaux » est souvent maintenue par le rejet collectif et mystique des « déviants »  perpétuellement dénoncés, les juifs ou les homosexuels font souvent l’affaire. Il n’y a pas de pègre ni de mafias. L’individu ou les communautés d’individus ne peuvent prendre d’initiatives, ils n’ont pas de place dans le système. Le système impérial est efficace dans l’exécution de travaux monumentaux, il est efficace dans l’exploitation par la contrainte d’autres peuples qu’il soumet. Le système impérial peut mobiliser de grandes quantités d’individus, il est stable, non dynamique non inventif et peut durer sans modification, il se termine par un effondrement soudain et irrémédiable. La société impériale déstructurée se transforme rapidement en sociétés féodales ou les ex-nomenklaturistes travaillant pour leur propre compte deviennent les « châtelains » féodaux de la nouvelle organisation. 

Dans l’économie impériale, la monnaie est peu utilisée et la marchandise joue un rôle social faible, il y a peut d’échanges. L’idéologie sociale est marquée par l’égalitarisme de bas niveau et la soumission. Le pseudo- «communisme » a put facilement s’établir sur les empires et les remplacer sans les modifier.

Le système féodal est lui caractérisé par un Etat faible ou absent, au 10 et 11 me siècle en Occident, il n’y avait pas d’Etat, comme à l’Ouest des USA à la fin du 19 me siècle.  Il n’y a pas ou peu de lois écrites mais des coutumes transmises oralement. L’aire sociale est divisée en communautés fermées, ces communautés peuvent être dominées par des seigneurs  tyrans ou autogérées de façon démocratique. Ce qui caractérise le monde féodal est l’extrême diversité des situations d’une communauté à une autre.

La production est assurée par des hommes libres, mais le plus souvent liés à la communauté à laquelle ils appartiennent et qui les assujetti. La sécurité ne peut exister que dans la communauté, c’est une solidarité,  l’insécurité est la règle pour tous hors de cette communauté, faibles ou puissants. Le pouvoir est assuré au niveau de chaque communauté par celui qui l’a pris, par la force, la richesse, l’association, ces pouvoirs peuvent former une noblesse (et non une aristocratie). Les mafias ou pègres forment des communautés comme les autres, elles sont puissantes et bien tolérées. Il n’y a pas de légitimité transcendantale d’un pouvoir d’Etat, bien que chaque communauté tente toujours d’en établir une a son niveau. Le pouvoir de l’Etat est perpétuellement combattu par des communautés qui peuvent devenir sectaires.

L’ensemble des communautés d’une aire féodale peut être fédéré par une idéologie commune et superstructurelle induisant une coercition, plus morale que physique. Les déviants peuvent former une communauté qui s’inscrit dans l’aire féodale et peut se défendre ainsi contre les autres. La déviance n’est en fait qu’intra-communautaire. L’ensemble des communautés féodales peut être représenté par un chef (roi) qui a peu de pouvoirs, ce chef (roi) est le plus souvent le chef de la communauté la plus puissante, une République peut fédérer les communautés en lieu et place d’un roi, mais cela ne change rien au système, comme  les Républiques urbaines italiennes ou allemandes du moyen âge. Il peut être établi une hiérarchie de communautés, sans qu’un système pyramidal, légitime puisse perdurer. Des contrats moraux ou écrits règlent les rapports de vassalité  entre les individus et les communautés. Le droit écrit, quand il existe ainsi que la coercition publique doit seulement permettre l’observation des contrats. Le système est mouvant au rythme des guerres entre communautés, des disparitions ou apparitions. L’économie est monétaire et fortement marchande, chaque communauté est également une entreprise marchande. Les communautés communiquent en réseau. L’ensemble féodal est fortement dynamique il est soumis à des avancées soudaines et des crises profondes voir dramatiques. La population française a triplé entre le 12me et 13me siècle et diminuée de moitié au 14 et 15me siècles.

L’idéologie sociale est marquée à la fois par l’individualisme, la valorisation de l’initiative et de la force ainsi que par la solidarité communautaire. Le capitalisme ne peut se développer que sur des systèmes  féodaux et non impériaux.

 

Quelques éléments historiques.

Les empires se sont développés essentiellement à la périphérie sud-ouest, sud et sud-est des plaines d’Asie centrale. Empires romains, grecques, égyptien, perse, indien, chinois. Ces Empires  sont la continuité des Etats formés en  syncrétisme entre d’anciennes civilisations néolithiques sédentaires et la civilisation préhistorique pastorale et guerrière d’Asie centrale, représentée par les Kourganes et dite Indo-européenne.

Ces Etats impériaux sont caractérisés par un mode de production et d’exploitation, qui est celui du domaine.

Le domaine en latin « familiae » est un territoire possédé individuellement par un propriétaire, en latin « dominus ». Sur ce territoire, possession d’un seul homme vit une multitude d’individus soumis à ce propriétaire ils sont les dominés.

A l’origine, le domaine est totalement autarcique, il produit tout ce dont il a besoin, nourriture, outils, armes, et vêtements, spécialité du gynécée. Le commerce, très faible, est le plus souvent réalisé par échange et ne concerne que des produits de luxe à l’usage du propriétaire.

Le domaine antique est un véritable Etat avec ses propres lois et sa religion. L’association des domaines formera des cités-état, réunions de propriétaires pouvant être associés en République puis l’association de cités, formeront des empires.

 L’extension de l’empire romain dans la partie Nord occidentale de l’Europe est tardive et brève, elle s’applique à des populations qui ne l’ont pas « inventé », comme les Celtes (Gaulois), cependant il ne pourra que marquer. Alors que l’empire romain est balayé par les Germains au 5 me siècle il perdure sur ses bases de départ culturel, en Grèce et dans le sud de l’Italie. L’empire gréco-byzentin, étend alors son influence en Russie et l’impérialisme arabo-musulman s’établit sur le flan sud de l’empire romain.  Les périodes mérovingiennes et carolingiennes sont des périodes de transition historiques vacillantes entre un empire-état voulant à tout moment resurgir et la pesanteur sociologique germanique foncièrement hostile à ce type d’organisation.

 

D’autres civilisations provenant des empires antiques se conserveront ou établiront de nouveau systèmes impériaux. L’empire byzantin issu de l’empire gréco-romain  génère l’empire russe, puis influence l’impérialisme arabo-musulman, en lui laissant la place. Celui-ci va créer de vastes empires parfois liés parfois ennemis. Empire arabo-persique, empire arabo-égyptien, empire indo-mogol, empire arabo-berbère en Afrique du Nord et en Espagne, empire ottoman. L’empire chinois échappera à l’emprise musulmane, peut-être grâce aux Mongoles nomades dont les occidentaux verront des alliés potentiels. Toutes ces zones vont ignorer la révolution féodale du 10 me siècle et capitaliste du 13 me, elles conserveront parfois jusqu’à nos jours un mode de production domanial évoluant en latifundia (aciendas)

L’Europe occidentale délaissera  peu à peu le système impérial, entre le 5me et 10me siècle pour se recentrer sur ses bases germaniques, en abandonnant la Méditerranée à l’impérialisme arabo-musulman. Au 10 me siècle surgit la révolution féodale.

Il s’agit bien d’une révolution, car contrairement au système impérial, l’initiative individuelle ou communautaire deviendra la base de l’organisation sociale, entraînant la disparition de l’Etat antique.

Il est possible de considérer le système féodal comme un syncrétisme entre l’organisation sociale germanique fortement communautaire, solidaire et non territorial et l’organisation domaniale gallo-romaine dégénérant en villas et toujours ancrée sur le sol et la propriété.

Les causes exactes de l’apparition du système féodal restent encore inexpliquées. Cette apparition est cependant marquée par deux types d’événements. D’une part l’effondrement de l’empire carolingien qui, du fait de son étendue et des successions de type germanique avec partage, sombre dans la division. D’autre part, les vagues successives d’envahisseurs, (Vikings, Magyars, Maures) affectant l’Europe occidentale et obligeant les habitants de prendre eux-mêmes l’initiative de la défense. 

Charlemagne avait lui-même commencé à atomiser l’Empire en instituant une fonction comtale héréditaire. Il avait aussi modifié l’organisation militaire mérovingienne qui était constituée par le rassemblement de tous les Francs ou hommes libres. Au temps mérovingien l’armée, l’ost, était hétéroclite, les Francs venaient combattre selon leur bon vouloir, à pied pour les plus pauvres, à cheval pour les riches. Charlemagne ne convoqua plus pour l’ost que les Francs pouvant combattre à cheval, afin d’assurer la plus grande mobilité à son armée. Il se format une classe d’homme de guerre permanent combattant exclusivement à cheval, les chevaliers. Les hommes de guerre, sous la pression des envahisseurs délaissèrent l’ost royal et s’établirent localement derrières des fortifications de fortune. Les villas furent abandonnées, les habitants se réfugièrent sur les hauteurs. En plaine, des mottes de terres furent érigées et des tours de bois construites sur ces mottes.

Sur le plan économique, les grands domaines, indéfendables se déstructurèrent. L’organisation impériale de l’Etat s’écroula, les impôts ne furent plus collectés, chacun s’organisa à sa guise au niveau local sous l’emprise des plus forts. L’organisation économique et sociale s’établit principalement de trois manières et sous trois emprises, non exhaustives, en fait, il en existe de multiples.

Une emprise seigneuriale, une emprise cléricale, une emprise urbaine.

L’emprise seigneuriale.

Le domaine carolingien commençait déjà à se diviser, des fermes ou manses étaient accordés à des couples de paysans, libres ou non, chaque manse devant une redevance en nature au propriétaire. La distinction libre, non libre devint de plus en plus difficile à discerner, des couples mixtes se formèrent. Les exploitants des manses sont tous appelés « servus » cerfs. Les esclaves sont rapidement affranchis, la distinction au sein du servage devenant inutile. Les serfs sont libres d’exploiter leur ferme comme ils l’entendent, à condition de payer le tribut  convenu, et d’effectuer des corvées sur les terres du seigneur.  La partition territoriale des domaines se modifie. Le roi ou l’empereur, accorde des terres à ses soldats, principalement dans les vastes domaines appartenant à l’église. Des terres nouvelles sont défrichées, la classe seigneuriale peut s’agrandir avec les plus forts.  Les guerres, la désorganisation de l’ordre ancien, l’anéantissement de certains domaines par les envahisseurs, permet aux plus entreprenants d’émerger. La force au combat et la capacité à se fortifier devient la caractéristique primordiale d’accès a la classe seigneuriale possédante. Cette classe remplace les propriétaires domaniaux dont la possession n’était basée que sur l’héritage.  Le seigneur, nouveau propriétaire foncier, doit s’organiser militairement au niveau local pour défendre son bien contre tous types d’envahisseurs, seigneurs voisin, Vikings, Sarrasins. Il se doit de recruter des hommes d’armes. En contre partie du service militaire accordé par la recrue, le seigneur lui offre une terre afin qu’il puisse avoir les moyens de s’équiper. Un véritable contrat est passé entre suzerain et vassal ou le service est échangé contre la terre et la protection.. Outre l’usufruit de la terre accordée, le suzerain transfert pour cette terre son pouvoir de ban au vassal, (droit de punir et de contraindre). Le vassal peut lui même recruter d’autres vassaux, il peut devenir vassal de plusieurs suzerains. L’atomisation des pouvoirs et des possessions devient extrême.  

Le seigneur, suzerain premier possédant, est assisté au combat par ses vassaux usufruitiers des terres seigneuriales accordées. Le territoire est partagé par une multitude d’armées locales qui guerroient entre elles, conquièrent de nouvelles terres prises aux adversaires, les conquêtes sont accordées à de nouveaux vassaux, de véritables principautés se forment.  Seule la convocation à l’ost par le roi ou l’Empereur permet une certaine trêve des combats privés.  L’accession à la classe militaire chevaleresque est possible, pour les hommes libres ou les esclaves, remarqués au combat. Une classe sociale se crée, militaire et propriétaire, la noblesse, le domaine clos disparaît au profit de la châtellenie. 

L’emprise cléricale.

L’église est l’héritière directe de l’empire romain, elle en conserve la culture et l’idéologie. Cependant elle s’adapte rapidement aux nouveaux maîtres germains et à leur conception du monde fondamentalement différente de celle qui prévalait sous l’empire. En fait, elle subit et tente de réguler les excès germaniques: polygamies, guerres privées, meurtres, ordalie (combat rituel ou jugement de dieux), mais également relative liberté des femmes, naturalisme, paganisme, etc... L’église mettra plusieurs siècles à imposer son ordre moral. Cependant cette église sera un élément fédérateur de l’occident, la superstructure minimum sans laquelle le système n’aurait pu tenir, c’est un empire fantôme. L’église, si elle possède la culture et le savoir, est également la première propriétaire terrienne elle exploite ses domaines strictement comme un propriétaire laïque. C’est une communauté féodale au même titre qu’une autre et particulièrement dynamique dans l’application de technologie nouvelle et dans le travail agricole.

L’emprise urbaine.

Aux temps mérovingiens et carolingiens, du 5 me au 10 me siècle les villes, d’origines romaines, sont quasiment abandonnées, seul subsiste le siège de l’évêque représentant du pape selon l’ancienne hiérarchie impériale. Avec les invasions, ces villes se repeuplent en devenant des refuges, car elles  sont ceinturées de  remparts. Les villes seront habitées par des populations en marge de l’exploitation seigneuriale, les artisans. Face  à la précarité,  les artisans se regroupent en organisations communautaires sous la protection d’un Saint Patron. Ces organisations ou ghildes sont à la fois des communautés religieuses, des communautés d’entre aide sociale, et des organisations professionnelles, on les appelle les métiers jurés, elles seront appelées plus tard corporations. Ces ghildes, organisations religieuses s’organisent d’abord avec la bienveillance de l’Evêque, seigneur citadin exerçant les pouvoirs du ban. Par la suite, elles prendront en maintes cités le pouvoir aux Evêques, elles établiront des organisations plus ou moins démocratiques ou oligarchiques appelées communes, dans certains cas elles exerceront le ban y compris sur les campagnes avoisinantes. Les ghildes favoriseront l’émergence des sociétés capitalistes par action, dès le début du 13 me siècle, les compagnies. Certaines communes prendront le nom de République.

Des milices urbaines assurent la défense des villes, leur organisation est à la fois démocratique et réellement efficaces. Les milices flamandes battent et massacrent la chevalerie Française à la bataille de Courtrai (1302), bataille dite des mille éperons d’or, car cette quantité d’éperons prise sur les nobles français morts orneront longtemps le beffroi. Le système féodal se répand dans toute la chrétienté romaine et seulement dans la chrétienté romaine à partir du 10 me siècle. Ce système est caractérisé par une extrême atomisation des pouvoirs et une extrême diversité des modes d’exercice de ce pouvoir. Du pouvoir seigneurial parfois tyrannique au pouvoir parlementaire citadin parfois démocratique, l’air de la ville rend libre disait-on. Il est également caractérisé par un communautarisme avoisinant le sectarisme. Le système féodal prendra des formes néanmoins différentes, selon qu’il se situe sous influence de l’empire « romain germanique », sous l’influence du roi de France, ou du roi d’Angleterre.

Dans l’Empire au 10me siècle, actuellement, l’est de la France ( frontière, Meuse Saône, Rhône), la Belgique ( Hainaut), la Hollande, l’ouest de l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Tchéquie, et l’Italie du Nord, jusqu’à Rome, le féodalisme y est le plus atomisé, le pouvoir seigneurial chevaleresque, faible, le pouvoir citadin puissant, et ce jusqu’au 19me siècle. L’Empire constitue un Etat faible et embryonnaire, la fonction impériale, plus honorifique qu’effective devient élective. L’Empire est caractérisé par le pouvoir des villes et des bourgeois capitalistes. L’atomisation allemande induira le fédéralisme et en Italie, l’opposition Nord Sud issue de deux civilisations différentes durera encore certainement des siècles. Le Saint Empire Romain Germanique ne sera impérial que de nom.

C’est dans les royaumes de France, de Navarre et d’Aragon que  la féodalité militaire chevaleresque  est la plus forte,  car la guerre y est permanente avec la guerre de 100 ans et la « reconquista ». Le pouvoir bourgeois capitaliste est le plus faible, exception faite des Flandres drapantes, ( Flandre française et Belge actuelle) qui seront en opposition permanente avec le royaume ( bataille de Courtrai) et fortement liés à l’Italie du Nord capitaliste et à l’Angleterre fournissant la laine, matière première des draps. Le pouvoir de l’Etat est inexistant aux 10 et 11me siècle. Les rois de France feront beaucoup d’efforts pour développer des institutions étatiques, sous Philippe le Bel, Charles 5, 6 et 7 puis Louis 11 en s’opposant systématiquement aux diverses féodalités, seigneurs, église papale, parlements citadins, confréries, judaïsme.  Les rois de France, contestés, par l’Empereur, battu à Bouvine par Philippe Auguste en 1214, et contestés par les Anglais, boutés hors de France sous Charles 7,  développeront une mystique nationaliste et religieuse du pouvoir . Le reste de l’Europe se moquera longtemps des sujets du royaume de France vivant en tyrannie. L’Etat devient totalitaire sous Louis 14. La France est certainement le premier Etat-Nation européen, ouvrant ainsi la voie aux idées  jacobines.
En Angleterre, la féodalité militaire chevaleresque est essentiellement d’origine continentale. Richard Coeur de Lion n’ira pratiquement jamais dans l’ Ile. Les seigneurs militaires sont absents, occupés à guerroyer sur le continent. Un Etat se forme, plus gestionnaire qu’absolu influencé par les bourgeois urbains et leurs parlements, les préoccupations économiques deviennent essentielles. Les libertés individuelles seront plus développées qu’ailleurs avec un communautarisme moins sectaire, ce qui mènera à la proclamation de l’Habeas Corpus, à l’exercice du parlementarisme, de la démocratie et des partis politiques. 

Le système féodal européen enfantera la première révolution industrielle et le capitalisme . Ce type d’organisation sociale et les mentalités qu’il a induite, pouvoir de l’individu ou de ses communautés, état faible, « communisme phalenstérique », marque profondément et marquera encore durablement l’ensemble de la planète ou il s’est complètement répandu. Il s’oppose à l’organisation sociale et aux mentalités directement issues des sociétés impériales domaniales, pouvoir central de l’Etat, soumission des esclaves, sécurité et irresponsabilité ayant été propice à l’établissement provisoire, du « communisme politique », comme une ultime réaction de rejet.

Partager cet article
Repost0