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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 11:14

Gauche droite ou droite gauche?

 

 

Comme les sondages l'annoncent, les partis politiques se réclamant de la gauche s'apprêtent à subir un mémorable et historique revers électoral. Il nous est clamé à grand renfort de propagande que notre prochain président de la république serait Alain Juppé, élu aisément au deuxième tour face à Marine Le Pen.

Comme je l'ai expliqué dans un article récent « La gauche dernier rempart du capitalisme », l'idéologie de « gauche » « trotskisée » au sein du PS fut ces dernières années le fer de lance de la bataille politique menée par l'impérialisme d'essence étasunienne.

 

Pas de nations, pas de frontières, combattez la loi et l'ordre

Tous le programme de l'impérialisme mondialiste  est résumé ici et en anglais comme il se doit, la langue des maitres:

 

Le but de cette guerre idéologique entreprise par l'oligarchie mondialiste est la destruction des nations légales et des lois portées par ces nations pour laisser ainsi les peuples à la merci de la prédation capitaliste. Une concomitance fut trouvée, peut être déjà de longue date, entre les idées portées par cette gauche anti nationale et anti républicaine et les intérêts de la finance mondialiste pour qui lois et frontières sont des obstacles au profit.

Est-ce à dire que les partis politiques se réclamant de la droite porteraient des idées différentes ? A les entendre fort longuement s'exprimer sur les médias officiels, il est certain que non. Aucune divergence fondamentale n’apparaît entre ce qui nous est présenté comme des oppositions. Les deux obédiences sont identiquement opposées à l'indépendance nationale et développent les mêmes thèmes et arguments contre la véritable opposition la qualifiant toujours d'extrême droite et de conspirationniste dans une rhétorique dont nous savons qu'elle nous vient des maîtres de Washington.

La rhétorique anti nationale de gauche qualifiant de fasciste toutes idées d'indépendance est ainsi reprise par la « droite » celle-ci ayant depuis un moment puisé dans la lourde idéologie gauchiste l'argumentaire permettant de diaboliser et de marginaliser tous les opposants au système oligarchique et impérialiste. La droite de Juppé ne pourra que se couler dans cette idéologie trotskyste et sera sans aucun doute la digne continuatrice politique de cette gauche déconsidérée.

 

La « droite », fera t-elle aussi bien dans les anathèmes jetés et la chasse aux hérétiques ? Certes non !

La gauche trotskisée possède une habitude peu commune dans l'usage du procès d'intention et de lourdes idéologies quasi religieuses permettant la destruction politique des déviants.

La gauche droite subit une magistrale déconfiture, il n'est pas douteux que la droite gauche en subisse une plus rapidement, les français devant se rendre compte rapidement de l'identité de politique entre les deux. Mais ne doutons pas une seconde que cette gauche idéologique apportera un soutien politique sans failles à la droite revenue aux affaires pour faire front contre les indépendantistes.

 

Afin de continuer le combat politique contre la droite gauche continuatrice de la gauche droite, examinons leurs principaux argumentaires utilisés pour s'opposer à l'indépendance de la nation.

 

1- La nation c'est fasciste.

 

L'idée de nation et d'état-nation fait partie des grandes idées apportées par la révolution française de 1789. Il s'agissait de vouloir transposer la souveraineté d'un roi de droit divin au peuple uni en nation. Bien entendu cette souveraineté revint à une oligarchie, mais nos textes constitutionnels ou figurent en préambule la « déclaration des droits de l'homme et du citoyen » de 1789 dit expressément dans son article 3 :

 

« Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. ».

 

En conséquence l'ensemble des traités qui délèguent toute ou partie de notre souveraineté à l'Union Européenne à l'OTAN et à la Banque Centrale Européenne ne sont rien moins qu'anticonstitutionnels.

La constitution de notre république est claire sur ce point, les mondialistes de tous poils partisans de l'Union Européenne et même de sa réforme qu'ils soient de la gauche droite ou de la droite gauche sont d'abord anti-républicains ils sont de fait opposés à nos traditions à nos symboles nationaux notre drapeau et notre hymne.

La nation, la république ce sont forcément des frontières à l'intérieure desquelles s'appliquent un droit identique pour tous.

 

2- Les « bon sentiments » doivent remplacer les lois nationales et internationales.

 

 

Quelle est l'âme insensible qui oserait ne pas accueillir ces "réfugiés" ?
Le piège aux bons sentiments fonctionne merveilleusement pour supprimer nos lois et nous mettre à la merci de l'impérialisme.

 

Évidemment il ne peut y avoir que des « fascistes » sans cœur pour faire fi de « bons sentiments ». Organiser un flux migratoire et accueillir des clandestins qualifiés faussement de réfugiés politiques, permet comme il est fait en ce moment, de supprimer notre droit concernant l'établissement d'étrangers en France et de le remplacer par de soit disant « bon sentiments » auxquels il est difficile de s'opposer.

 

Toute la rhétorique politique de l'impérialisme est ainsi basé sur l'extinction des droits nationaux et internationaux et leurs remplacement par de pseudo « bon sentiments» que les bons peuples ne peuvent qu'éprouver à la vue des lourdes propagandes et des mensonges assénées par les médias pour justifier toutes les actions allant à l'encontre du droit et des lois.

Nous l'avons vu par exemple en Libye et maintenant en Syrie et maintenant avec la tentative médiatique de faire accepter le flux migratoire dont l'autre but pour le grand patronat est aussi de disposer de main d’œuvre à bon marché, docile et non syndiquée.

La « Loi Travail » remplaçant le droit identique pour tous par des contrats privés entre employés de chaque entreprise et leur patron fait également parti des attaques en règle menées par l'oligarchie mondialiste contre les nations leurs états et leur souveraineté.

 


3- Nous vivons en république et en démocratie.

 

 

Qui représente cette assemblée; le peuple, des partis politiques corrompus ou une oligarchie?
 

Ils n'ont que le mot république à la bouche mais ce n'est plus qu'un mot vide de sens. La république selon les fondateurs du concept au 18 ème siècle n'est que la souveraineté du peuple sur la nation.

Hors qui dirige l'état qui proclame les lois, le peuple ?

Avez-vous déjà été à l'origine d'une loi quelconque ? Non.

Dans ce système qui ose se proclamer républicain, c'est toujours l'exécutif qui concocte les lois alors que constitutionnellement ce n'est pas son rôle. Ces lois sont toujours votées par ce qu'ils appellent leur majorité présidentielle, c'est à dire des députés triés et choisis par des partis politiques dont on sait qu'ils sont corrompus. Ces députés sont dans l'obligation de voter les dites lois sous peine de n'être plus représentés par leurs partis aux prochaines élections et d'ainsi perdre leurs confortables revenus.

Nous pouvons observer par exemple que le référendum de 2005 concernant la constitution « européenne » avait été rejeté à une large majorité des français, ce projet qui enfonçait encore plus notre pays dans la dépendance. Pourtant notre « représentation nationale » avait invalidé ce vote des français et signé le traité de Lisbonne qui possédait les mêmes dispositions que ce projet de constitution.

Depuis l'oligarchie au pouvoir se garde bien de faire appel à d'autres référendums. Par exemple, les sondages montraient une large hostilité des français à la Loi Travail c'est à dire son enterrement en tant que loi identique pour tous, nos «représentants» la votèrent pourtant sans problème.

Mais me direz vous, la plupart des lois qui s'appliquent dans notre pays sont imposées par l'Union Européenne alors quelle république ? Ou est elle ? Ou se situe la souveraineté du peuple ?

Le système de représentation nationale devrait être largement revu, une assemblée populaire réellement nationale devrait voter les lois. Cette assemblée devrait annuellement être tirée au sort comme le sont les jurés d'assises. Pourtant Etienne Chouard à l'origine de cette idée parfaitement démocratique est en premier dans la liste des « fascistes » cité par la gauche droite.

 

3- Les USA et Russie, Clinton et Poutine.

 

La folle de guerre encensée par la classe politico-médiatique

 

Les médias officiels, avec la proximité des élections présidentielles aux USA nous ont abreuvé d'opinions venant de l'ensemble politique et médiatique de toutes les obédiences officielles de gauche comme de droite favorables à la candidate dite « progressiste » Hillary Clinton.

Celle-ci ne cache nullement qu'elle a pour projet d'aggraver la pression impérialiste des USA sur le monde y compris en n'hésitant pas à engager une guerre mondiale nucléaire contre la Russie.

De l'autre côté la Russie combat les milices armées des USA en Syrie et au proche-orient qui se livrent à nombre d'actions terroristes particulièrement ignobles. La Russie est journellement accablée par une propagande massive cherchant à la montrée comme agressive. Son dirigeant, Vladimir Poutine nous est décrit par la quasi totalité des obédiences officielles de la gauche et de la droite sous le jour le plus noir, alors que son pays refuse de se plier aux diktat de l'oligarchie mondialiste et cherche à imposer au monde le droit international et la souveraineté des nations.

Nos tartuffes de gauche pétris de « bons sentiments », contents d'eux-mêmes, voyant des fascistes partout ou il n'y en a pas, et pas du tout ou il y en a, comme en Ukraine par exemple, pensent œuvrer pour le bien de l'humanité. Mais leurs actions en faveur de l'impérialisme, contre notre nation, notre république et nos lois ne peuvent avoir pour effet que de s'attaquer aux plus faibles et aux plus démunis.

En effet frontières et lois protègent les plus faibles, alors que pour le grand capital oligarchique se sont des obstacles c'est la raison pour la quelle les USA et leurs diverses organisations comme l'Open Society de Soros, le CANVAS de Gens Sharp, la NED CIA aident tous ceux qui fustigent les nations, les frontières et favorisent les flux migratoires.

Le paon idiot  qui se pavane montrant ses plumes tel que la gauche avec ses "bons sentiments".

 

Ils nous ont fabriqué un monde inversé ou les oligarques de l'impérialisme sont décrits comme de bons humains alors que ceux qui défendent le droit et les peuples sont fustigés.

Ces sombres tartuffes qui se parent d'une étiquette de gauche comme le paon se pare de plumes pour impressionner doivent être déplumés, mis à nu et dénoncés sans relâche pour ce qu'ils sont réellement, une calamité pour l'humanité.

 

Il est grand temps de remettre ce monde à l'endroit, vous ne croyez pas ?


 

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 15:41

 

De la Frontière, avec Oskar Freysinger.

 

ou l'éloge de la différence.

 

 

Frontiere-FREYSINGER-copie-1.jpg

 

Emission "Libre Antenne" sur Meta TV

du 18 sptembre 2013


 

1-Introduction à l'histoire de la Suisse

 

 

 

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2- Pourquoi il est important d'avoir une Suisse et des frontières.

 

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 10:07

 

  L'Autre

 

 

 

L'autre est celui qui montre une différence d'avec soi-même.

Comment exister face à l'autre c'est à dire rester soi-même et ainsi, offrir sa différence à cet autre lui permettant aussi de rester lui-même ?

 

 

 

Friedrich-Wilhelm-Nietzsche-1844-1900

Friedrich Wilhem Nietzsche

 

La confrontation à l'autre est l'élément mécanique primordial permettant l'évolution du vivant qu'il soit biologique au social. L'autre peut tuer ou aider à vivre c'est selon. Seule la frontière entre chacun les conserve, frontière à la fois conservatrice et perméable à des échanges mutuellement bénéfiques.

 

A l'heure ou l'idéologie dominante veut l'abolition des frontières pour le profit d'un petit nombre c'est à dire l'abolition de l'autre, c'est bien vers un mécanisme mortel pour l'humanité que cette terrible utopie égalitariste nous conduit.

 

 

Nietzsche

Rien ne m'est égal ! Par le Journal de Personne

 

 

Soi-même.

 

Chacun de nous est définissable et envisageable, en quelque sorte visible, en tant qu'individualité par ses pratiques quotidiennes non remarquables, comme ses habitudes vestimentaires, alimentaires, son langage, son activité quotidienne qui est en générale sa profession, la manière de se comporter ses manies, boire du café à telle heure, fumer, ses opinions politiques ses lectures habituelles enfin toutes choses pratiquées quotidiennement.

 

Le village.

 

Le non remarquable forme le fond de chaque individualité mais pourquoi est-ce en générale non remarquable?

Car ces mêmes pratiques quotidiennes sont partagées par ceux qui nous entourent, et ce qui nous est mécaniquement habituel n'est pas remarquable pour nous comme pour autrui. Ces pratiques sont assimilables à des rites de reconnaissance mutuels et d'appartenance, rites partagés par ceux qui nous environnent formant ainsi un groupe sociale propre, que l'ethnométhodologie assimile à une village. Au sein de chaque village rituel il y a peu d'informations qui circulent dans la mesure ou une information ne se transmet qu'entre ce qui est différent (méconnu), mais il y a une solidarité intrinsèque une connivence entre ceux qui se reconnaissent de le même appartenance, une empathie mutuelle et naturelle.

 

Dans ce milieu, toute nouvelle pratique reconnue comme intéressante par le groupe se répand très rapidement devenant une mode, les membres du village n'ont pas à réfléchir, à se poser de question, il suffit que quelques leaders d'opinion modifient leurs pratiques pour qu'instinctivement les autres membres attestés du village modifient également les leurs.

L'individu humain ne possède aucune possibilité de vivre isolé, seul, éloigné d'autres humains. Cet individu décéderait rapidement faute d'un savoir faire que chacun ne peut individuellement posséder; faire du feux, chasser pour manger, se confectionner des outils, des vêtements etc..

L'homme est un animal social plus que tous autres, la société dans laquelle il vit fait partie intrinsèquement de son Être, nul ne peut s'en détacher.

 

Cette société, ce fameux « village » est devenu un corps biologique vivant répondant aux règles du vivant qui concernent la complexification.

 

 

La complexification.

 

Nous observons que les sociétés humaines d'aujourd'hui sont bien plus complexes quelles ne pouvaient l'être il n'y a que 20 000 ans, ce qui est peu éloigné dans le temps si l'on considère que l'homme actuel, l'homo sapiens est apparu il y a180 000 ans.

 

L'homo sapiens provient d'une complexification du vivant partant de la soupe primitive océanique ou baignaient déjà les acides aminés. Ces acides aminés ont commencé à se combiner grâce aux rencontres fortuites pour former le premier ADN élément premier définissant le vivant.

Justement le vivant n'est définissable que par la capacité d'un élément biologique de pouvoir se reproduire et de pouvoir ainsi se conserver en tant qu'espèce au delà de la mort de chacun et ce, pendant une très longue période de temps. Ce temps durant lequel, de ce corps vivant, naîtra par mutation hasardeuse, un autre corps ayant une capacité de survie et d'adaptation supérieure. Cette complexification s’opère entre le hasard de la mutation et la nécessité de l'adaptation à un milieu qui va ou non la tolérer.

 

La conservation.

 

La conservation du vivant est offerte par l'ADN transmis qui fera que l'être reproduit sera une moitié et son père et une moitié de sa mère. La faculté de conserver une espèce au delà de la mort d'un individu est la définition même du vivant

 

Les sociétés humaines sont des corps vivants obéissants aux règles du vivant de la conservation pérenne. Celle-ci permet d'accumuler des connaissances sur de longues périodes dépassant la durée de vie de chacun ce qui a pour effet d'améliorer les capacités et les facultés d'adaptation.

La conservation dans un corps social n'est plus l'ADN transmis pour conserver l'espèce mais se sont les instructions des savoir faire transmis de générations en générations qui permettent à une société de se conserver d'abord pour évoluer ensuite.

 

Ce sont les rites sociaux transmis qui « vont de soit », sont vus et non remarqués qui font que chaque individualité s'inscrit dans une existence historique composant un langage compréhensif, consécutif à cette histoire et donne le moyen à chacun d'assimiler un héritage sans lequel il ne saurait exister.

L'héritage social est l'ADN des sociétés sa transmission est quasi instinctive mobilisant tout le corps social montrant ses pratiques courantes

 

L'évolution.

 

L'évolution est inhérente au vivant au même titre que la conservation car il ne saurait y avoir évolution sans conservation. Pour qu'une société évolue encore faut-il quelle existe or une société se construit dans le temps, temps qui va bien au delà de la vie de chacun. On comprend par exemple que pour accumuler des savoir faire il faut plusieurs générations. On ne devient pas menuisier ex nihilo il faut un apprentissage et l'usage d'outils spéciaux mis au point il y a très longtemps. La scie par exemple serait une invention venant de la Grèce antique qui serait attribuée à Talos, le neveu de Dédale. Pour transmettre des instructions permettant la transmission d'un savoir faire il faut l'usage d'un langage appris et compris d'une génération sur l'autre sachant que chaque langage utilise des concepts nés dans l'histoire. Je prends toujours l'exemple du mot « domination » qui vient du latin « dominus » voulant signifier seigneur mais dont l’étymologie latine signifie « propriétaire d'un domaine » sur lequel travaillent des esclaves; les dominés. Il y a de multiples exemples identiques montrant que chaque langage utilise des images puisées dans une histoire humaine pouvant être très lointaine.

Comme pour l'être vivant l'évolution sociale s'engendre par ce qui est comparable à une mutation. Une mutation n'est qu'une légère modification car cette modification doit être acceptée. Que cette mutation soit trop importante elle sera rejetée car inadaptée au milieux ou l'être biologique ou social l'est d'ores et déjà, puisqu'il existe. Cette mutation pour faire son effet doit simplement permettre une amélioration de l'adaptation tout en étant tolérée.

 

On voit donc que conservation, mutation et évolution sont les clefs du vivant, qu'il soit biologique ou social.

 

 

La confrontation.

 

La confrontation est la mécanique du vivant biologique ou social, cette confrontation survient entre hasard et nécessité mais aussi entre liberté et tolérance.

 

 

De-la-Frontiere.jpgLa frontière, conservatrice et protectrice de l’ordonnancement.

 

Chaque groupe social, ou individualité se déploie, se réalise, existe à l'intérieur de ses frontières.

La frontière est l'élément conservateur de différenciation entre l'un et l'autre. Les frontières sont évidemment multiples se placent à différents niveaux. D'abord entre individus qui ainsi se différencient, puis entre sexes, puis entre différents groupes sociaux et professionnels, puis entre régions puis entre nations. La définition d'une frontière peut être culturelle et, ou légale s'il s'agit d'un état-nation. La fonction de la frontière est d'être protectrice et permettre le développement d'expériences propres qui ne sont pas ou ne peuvent pas se réaliser à l'intérieur d'autres frontières pour de multiples raisons qui font qu'un autre est différent dans son histoire, ses capacités et ses expériences passées. On comprend aisément que la différence engendre des initiatives différentes, des expériences différentes et que la multiplication des différences multiplie les expériences et donc la possibilité d’offrir aux autres une quantité supplémentaire de capacités.

 

La vie procède par échange, adaptation et conservation aux travers de frontières à la fois protectrices et perméables, comme peut l'être le cytoplasme d'une cellule vivante.

Les éléments ordonnateurs et constructeurs sont donc la conservation qui permet l’existence mais aussi la liberté qui permet les initiatives, la tolérance qui les accepte et l'échange qui les offre à l'autre, le tout inscrit dans le temps. Ce temps montre une direction ; la flèche du temps, opposant deux forces. L'une de ces forces est ordonnatrice par la multiplication des expériences et l'autre destructrice par la force destructrice et entropique de l'usure inexorable du temps, ce qui n'évolue pas est appelé à mourir.

 

Oskar Freysinger

De la Frontière

Xenia

220px-Oskar_Freysinger_-2007-.jpgLes forces prédatrices de l'avidité et de l'immédiateté veulent à tous prix s'affranchir des frontières pour espérer aller plus vite dans la jouissance, la jouissance de l'autre considéré comme une proie à consommer. La jouissance immédiate déplore le parcours réduit de la vie et pour ça nie toutes pérennités sociales dépassant les générations, le mot d'ordre est toujours « après moi le déluge ».

 

On peut appeler forces du Mal ces forces politiques s'appelant de droite prônant la fin des lois régulatrices des états-nations ou de la gauche égalitariste, ces forces qui œuvrent ensemble à la destruction des différences et des frontières.

 

Pour eux ensembles toutes les frontières sont à détruire, celles des nations, celles des sexes ou celles des traditions. Ce sont les forces diaboliques du Mal mythique car elles conduisent à la destruction et à la mort par la destruction de l'autre, du différent, élément de toutes complexifications vitales.

 

La vie est un parcours rapide rythmé par des étapes ou à chacune d'elles correspond une découverte, la découverte de l'autre et de chaque confrontation avec l'autre en sortira une expérience et une capacité supplémentaire pour l'un et l'autre par échange transfrontalier.

La vie est aussi une quête, une course contre la mort, la course du savoir et du pouvoir celui de pouvoir transmettre à la génération qui suit.

 

Alors on ne peut apprendre que s'il y a différence de savoir et de pouvoir on ne peut apprendre de l'autre que s'il existe en tant qu'autre derrière sa frontière.

 

 

 

Le Poker nietzschéen

Par Le Journal de Personne


Exister c'est résister, c'est ne pas se rendre, c'est ne pas s'abimer dans la mer des conformismes, exister c'est être différent c'est être un autre pour tous et pour chacun.

 

Être coriace c'est se donner la possibilité d'offrir sa différence à l'autre comme un cadeau.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 16:36

 

Morale, hypocrisie et transgression.

 

 

 

 

 

L'art de Personne est de poser un certain nombre de problèmes fondamentaux avec toujours une énigme quand à sa propre conviction. Ainsi elle nous édicte un certain nombre de préceptes moraux pour les nuls dont la teneur est banal dans la morales commune occidentale qui est en gros la morale chrétienne, mieux, la plus ancienne, la morale catholique.

 

La réforme protestante a aussi réformé le morale chrétienne dans son aspect le plus hypocrite au sujet de l'avoir considérant que la contradiction entre l'avoir ostensible de l'église et le culte franciscain de la pauvreté devenait une contradiction trop crue et qu'il fallait y mettre un terme en passant au culte de la richesse matérielle et à la malédiction de la pauvreté.

 

La morale est inhérente à l’Être car nul Être ne saurait persister sans son environnement social. Tout groupe social génère une morale commune dont la fonction est de marquer l'appartenance au groupe par son rituel, la façon de se vêtir par exemple, de renforcer la cohérence du groupe et dans les sociétés inégalitaires de légitimer les dominations et les soumissions.

 

On peut appeler ce chapeau idéologique propre à toute société : morale , idéologie dominante ou religion. Les religions dictaient l'ordre moral jusqu’à il y a peu de temps, leurs discrédits en occident les a fait remplacer par d'autres concepts idéologiques et moraux diffusés maintenant par les médias, nouvelles églises et les politiciens nouveaux clercs mais rien ne change.

 

On peut diviser un ordre moral en deux groupes. Un premier groupe que j'appellerai naturel ce serait le Bien au sens mythique du terme car nulle morale se saurait être bâtie sans un socle naturel et admissible par tous qui fonderait ainsi sa crédibilité.

 

Une morale naturelle, celle du Bien.

 

Ce socle naturel le Bien possède pour principes d'assurer la pérennité du groupe et sa cohésion. Par exemple le «Tu ne tueras point » est un de ces principes fondamentaux bien qu'il soit sous entendu que « Tu ne tueras point les membre de ta propre communauté » par contre tu auras l'obligation de tuer ceux de la communauté désignée comme ennemie.

On voit bien ici en observant l'histoire et ses guerres que toute morale est liée à une communauté donnée, elle n'a rien d'universelle, n'est valable que pour ses membres car le premier des principes moraux : « Tu ne tueras point » n'est valable qu'à l'intérieur d'un groupe. Assassiner son voisin est un crime tuer les ennemis officiellement déclarés est un mérite social.

Le deuxième principe moral du Bien est le sacrifice, il est normal et bien d'aller jusqu’au sacrifice pour que vive le groupe. La religion chrétienne fut utilement fondée sur le mythe du sacrifice. Puis il y a le vol de l'avoir d'autrui, le mensonge, la concupiscence en fait tout ce qui pourrait être destructeur pour toutes sociétés humaines.

 

Une morale d'ordre, un ordre moral.

 

Après les préceptes fondamentaux du Bien suivent d'autre préceptes ayant pour fonction d'assurer un ordre social fondé sur l'exploitation des hommes par d'autres hommes, les dominés par les dominants. Par exemple : l'acceptation morale de la pauvreté avec le rejet moral de l'avoir. «L'argent ne fait pas le bonheur » ce que Coluche grand moraliste avait tourné en dérision en disant « Il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade » ou l'oisiveté de l'esclave ou du salarié en disant : "L'oisiveté est mère de tous les vices". L'obéissance due au chef, au prêtre, au père, au patron, une soumission acceptée par «Les premiers seront les derniers » sous entendant que plus il est accepté d'être un esclave soumis en ce bas monde, plus grande sera la chance de figurer parmi les puissants après la mort dans un hypothétique paradis.

Ce paradis étant tout autant inégalitaire que le bas Monde mais inversé. La ruse est intelligente, celle d'utiliser la peur de la mort et donc du néant pour faire que chacun ici bas puisse accepter le pire pour lui-même. Ainsi a toujours fonctionné le mythe du paradis pour les religions monothéistes du Livre.

Une superbe et très matérielle récompense pour ceux s'étant bien conduit en soumission et un terrible enfer fait de vives souffrances pour les dissidents. On voit d'ailleurs que le paradis ressemble étrangement à la vie sur terre mais comment pourrait il être imaginé par l'homme autrement.

 

Jerome-Bosh.jpgJérome Bosch Le jugement dernier.

L'image de l'enfer et du paradis selon la mythologie chrétienne.


 

Une morale sexuelle.

 

Lire Sexe et Société


La morale sexuelle possède deux fonctions.

Celle d'assurer la fidélité sexuelle des femmes génitrices de manière à rendre certaine la filiation pour l'héritage de l'excédent d'avoir.

Celle d'édicter une morale impossible à tenir de manière à s'assurer que tout un chacun soit en faute, mérite l'enfer mais puisse bénéficier d'une rédemption par une soumission plus importante encore.

Ainsi la morale chrétienne a particulièrement imposé une très dure morale sexuelle et avec, le sentiment de faute et de pécher y compris dans la reproduction pourtant naturelle, avec le pécher originel et l'immaculée conception.

La répression morale féroce de la sexualité, particulièrement celle des femmes, aura produit quantités de névrosés et rempli des asiles de fous dans les sociétés occidentales fous et névrosés n'existant pas dans d'autre sociétés notamment dans les sociétés primitives.

 

L'hypocrisie et tartuferie.

 

bd-tartuffe-a-11_800.jpg

Cachez ce sein que je ne saurais voir.

Molière dans le Tratuffe se moque de la morale sexuelle.

 

Une morale impossible à tenir génère bien évidemment en corollaire l'hypocrisie de ceux prétendant accepter bruyamment un ordre moral mais ne pouvant comme tout le monde s'y soumettre, la masturbation en est l'exemple le plus frappant.

On voit ici toute la perversité de la morale chrétienne qui fabriques menteurs, hypocrites et frustrés.

 

La transgression , le Mal.


satan

 

Si se soumettre à une morale et au Bien est affirmer une appartenance sociale. La transgression ostensible est affirmer une non appartenance.

Nous avons vu que l'ordre moral y compris celui positif du Bien est réservé aux bas peuples, aux soumis aux dominés dans nos sociétés inégalitaires, alors plus l'individu sera élevé dans la hiérarchie sociale de la domination plus il sera dans l'obligation de transgresser la morale commune en signe de non appartenance au peuple des soumis attaché à la morale commune.

 

Lire Le Mal.

http://www.alain-benajam.com/article-le-mal-83591137.html

 

Le Mal qui est une transgression et non pas un ordre moral différent est érigé en idéologie voir religion pour les puissants de ce monde, c'est la religion sataniste qui cultive l'inversion et l'horreur particulièrement le meurtre sadique des enfants, transgression suprême (affaire Dutroux).

Ce droit à la transgression donné aux puissants et largement utilisé par eux, pédophilie, partouzes, viol, meurtre etc. peut leur être retiré en cas de faute c'est à dire de non soumission à l'ordre suprême impérialiste.

 

Ce fut par exemple le cas pour Dominique Strauss-Khan qui pouvait violer usuellement qui il voulait et l'a fait tout au long de sa vie mais à partir du moment ou il découvrit le secret des faux stocks d'or étasunien et s'apprêtait à divulguer ce secret de Polichinelle il tomba rapidement dans le vulgum pegus et fut exhibé menottes aux poignets pour avoir « violé » une très vilaine femme de chambre.

Nous voyons que si nulle société ne saurait se passer de morale, la notre fut pervertie à l'extrême dans notre occident dominateur et transformé en un ordre moral particulièrement pervers.

 

Aujourd'hui un nouvel ordre moral émerge celui de la gauche dont la particularité est encore d'accentuer l'hypocrisie par l'inversion des valeurs notamment le fait d'utiliser les «droits de l'homme » pour fomenter les plus terribles guerres coloniales qu'ai connu le monde depuis 50 ans comme nous l'avons vu en Libye et le voyons en Syrie.


Le Tartuffe ou l'homme de gauche.



Alors morale pour les nuls certes mais ne laissons pas les nuls faire la pluie et le beau temps.

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 17:51

 

 

 

L’Être, le Néant et la Méthode.

 

 

  A voir avant de lire l'article.

 

Le Menu.

 

L'éclairage poétique de Personne sur le sujet n'est en rien contradictoire avec ma propre version. Chacun éclaire un problème avec ses propres capacités ces deux éclairages sont pour moi complémentaires.

 


 

Personne nous pose ici une série de problèmes, comment y répondre?

 

Le non-être par exemple ?


Le non être ne peut être défini qu’à contrario de l’Être, le non être c’est la mort celle qui surviendrait si l’on débarrassait l’Être de son environnement habituel.

Le non-être est bien l’homme dépouillé et nu.

 

En effet si Descartes avait défini l’être par le « Cogito » : « Je pense donc je suis » j’avais critiqué cette approche dans cet article:

http://www.alain-benajam.com/article-l-etre-l-avoir-l-instruction-la-liberte-et-la-republique-118616342.html, rapprochant plutôt la définition de l’Être par son avoir au moins minimum lui assurant sa survie.

 

Cette possession est devenue inhérente à l’humain le différenciant de l’animal, puisque dés sa genèse le séparant du singe, l’hominidé a prolongé ses membres d’outils simples puis complexes dont l’utilisation et l’amélioration ont contribué à son évolution vers les humains que nous sommes.

 

L-homme-singe.jpg
 

Je présentais l’exemple suivant ; si nous laissions un humain débarrassé de tout, nu, au fond d’une forêt si profonde qu’il ne pourrait en sortir, il est évident que notre homme ne survivrait pas plus d’une semaine.

 

Cependant ma critique de Descartes était très vite tempérée par l’insuffisance de mon propos ramenant mécaniquement l’Être à l’Avoir, car même pourvu d’instruments de chasse, d’outils aratoires, de vêtements chauds et d’un abri encore faudrait-il que notre homme sache s’en servir. La société complexe contemporaine a spécialisé les individus d’une façon extrême en les éloignant de la nature et d’une éventuelle capacité de survie en dehors des villes et de leurs possibilités.

 

 

Descartes_Discours_de_la_Methode.jpgDonc la définition de l’Être devrait d’abord se rapprocher de celle de la méthode (on revient Descartes) et d’abord des méthodes d’utilisation de ses outils, des méthodes de chasse, de culture, de confection de vêtements et d’habitat, méthodes transmises de générations en générations par instruction des plus âgés vers les plus jeunes.


Mais au fil du temps l’organisation des hommes s’est grandement complexifiée. Chacun ne détient plus maintenant que des méthodes spécialisées et spécifiques nécessaires à l’ensemble du groupe.

 

L’humain, passant de chasseur cueilleur à l’agriculture a déjà commencé à différencier ses méthodes et a les spécialisé ; entre ceux qui par exemple confectionnaient les outils, celles qui confectionnaient les vêtements et ceux qui cultivaient la terre. Ceci formant un corps social possédant collectivement un ensemble de méthodes et de capacités propres à assurer la survie de chacun et du groupe.

 

Mais aujourd’hui, bien peu seraient capables de chasser et de cultiver la terre pour se nourrir. Nous sommes parvenu a une extrême spécialisation avec de complexes imbrications entre elles.

 

Je site souvent le cas d’une automobile possédant environ 5000 pièces différentes fabriquées par des centaines d’entreprises différentes et mobilisant des milliers d’individus. Pourtant chacun possède une automobile et ne pense nullement à tous ses congénères qui ont contribué à ce que cela fonctionne,
La méthode collective amenant à l’automobile dans laquelle nous montons chaque jour est bien vue mais non remarquée par chacun de nous. Certains même en lisant cet article vont se demander si j’ai bien tous mes esprits tellement ce qui est banal est peu compris.

 

Finalement revenant à Descartes et sa fabuleuse intuition ou réflexion du « Discours de la Méthode » l’Être ne peut être défini que par les méthodes qu’il use et par les capacités qu’il offre à la société.
L’Être est indissociable du groupe social dans lequel il s’insère et des méthodes utilisées par ce groupe.
Le non-Etre à contrario est l’extraction de l’Être du groupe social et son corpus de méthodes auquel il est usuellement attaché.

 

Le néant ou la vacuité.

220px-DaodeTianzun.jpg

 

Lao Tseu philosophe chinois du 5ème siècle avant JC, contemporain des grands philosophes grecs de la période classique a formulé une philosophie de la vacuité.
On peut remarquer que contemporain de Confucius, sa philosophie s’opposait totalement à celle de ce dernier. Si Confucius édictait des méthodes pour le vivre ensemble en bonne intelligence, Lao Tseu était un adversaire résolu de toutes méthodes.


Ce rejet complet des méthodes est bien le cœur même de la philosophie du Tao venant de Tao To King ; le livre de la voie et de la vertu.

 

Cette philosophie devenue religion en Chine ne possède que très peu d’adeptes qui se trouvent surtout parmi un milieu d’intellectuels oisifs. En effet il s’agit d’une anti-pensée et d’une anti-méthode. Cette philosophie de la vacuité possède évidemment pour rituel de couper au maximum l’Être de toutes perceptions extérieures de manière à ce qu’il ne puisse ne se trouver qu’à l’écoute de lui-même ainsi le pensait-il.

Cette coupure est vaine car impossible a être réalisée complètement sous peine de mort, mais certains ascètes arrivent à se rapprocher du dénuement total on en trouve en Inde.
Cette méditation se veut transcendantale espérant ainsi par cette non réflexion rencontrer les forces de l’univers pour les chinois, qui ne sont ni déistes ni créationnistes et Dieu pour les chrétiens occidentaux.

 

L’ascèse extrême et la méditation dite transcendantale est une méthode usuelle dans beaucoup de religions. Voulant couper l’humain de toutes méthodes honnies et de tous avoirs honnis, l’individu qui s’y adonne ne peut que se retrouver au seuil biologique de la mort. Il se produit alors ce que l’on appelle un Effet, Modifié de Conscience ou EMC entraînant des hallucinations ou l’individu en question croit percevoir une quantité de phénomènes comme rencontrer Dieu, la Vierge ou d’autres types d’esprits. D'autres religions parviennent à cet état par l'usage de drogues puissantes et d'autres par la trans obtenue avec un bruit cadencé et puissant le résultat physiologique est le même.

 

Inde: un ascète affirme avoir passé 70 ans sans manger ni boire

 

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L'ascète Prahlad Jani dans sa chambre d'hôpital à Ahmedabad, le 26 avril 2010.

AFP / Sterling Hospitals

 

 

 

On s’aperçoit que couper l’humain des méthodes sociales ou particulières par la vacuité conduit cet humain vers le non-être et par hallucination due au manque d’oxygénation du cerveau à percevoir des fantasmagories.

 

sitraPCU117362_289377_db4stfrancoisdassise27.jpgLa vacuité, le non-avoir et l’ascèse extrême fait également partie de la mythologie chrétienne ou le retour au « désert » revient d’une manière récurrente. François d’Assise (1181 -1226 ) au bord de l’hérésie en à fait une posture christique et fondé l’ordre pauvre des franciscains vivant d’aumône.

L’église n’étant pas en reste possédait un ordre inverse celui des cisterciens grands maîtres de méthodes de toutes sortes autant industrielles qu’agricoles.
Ainsi nous voyons que la contre pensée de la vacuité fascine certains intellectuels mais ne peut en aucun cas être socialement admise, toute sociétés génère plutôt des systèmes idéologiques valorisant la méthode ce qui est ontologique.

 

La vacuité et le non-être nous conduisant à la non existence et à la mort sont contre naturelles car tout vivant œuvre toujours y compris malgré lui à la pérennisation de son espèce.

 

Aujourd’hui l’humanité vient encore de franchir un stade, celui de la virtualité. Si l’agriculteur possédait quelques outils aratoires en prolongement des ses membres, l’homme contemporain possède un ordinateur connecté en réseau en prolongation de son cerveau. Comme pour tous outillages prolongeant les capacités humaines celui-ci est vu et non remarqué, très peu ne possède la moindre idée de son fonctionnement ni de la quantité de savoir et de méthodes diverses qu’il a fallu pour que cela fonctionne et que je puisse mettre cet article « en ligne ».

 


homme-a-son-ordi.jpgL’homme est en train de s’approprier une nouvelle méthode de pensée collective et un nouveau paradigme d’organisation social ; le réseau. Des Êtres nouveaux apparaissent non plus définis par leur identité sociale précédente mais par des pseudo par eux choisi en fonction de ce que chacun pense être, « L’insoumise », « La Nittzschéenne », « Personne », « Le Poétiste » sont des Êtres à part entière parfaitement descriptibles peut être mieux que par leur identité officielle.

Ces Êtres là, qu’on leur retire leur ordinateur, les fait passer derechef au stade de non-être.

 


Je suis connecté donc je suis c’est ce qu’il va falloir bientôt dire.

 

La méthode est bien ontologique et la non méthode le néant.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 16:47

  L'être, l'avoir, l'instruction, la liberté et la république.

 


 

Tout est dans tout dirait Zarathoustra l'être est dans l'avoir et l'avoir dans l'être, mais pas seulement....

 

 

En langage philosophique l’Être se défini comme étant « la nature intime de l'homme » c'est ce sens que je lui donnerai dans cet article. Cette nature intime séparerait ainsi l'humain de l'animal.


Toute réflexion politique ne peut être valide qu’à partir d’une définition de l’Être car c'est pour lui que la politique existe.


 descartesLa  définition de l’Être nous rapporte à la phrase de Descartes « Je pense donc je suis ». Le « cogito »  de Descartes définirait ainsi l’Être. Cependant cette définition si pertinente soit elle est insuffisante, elle est à préciser, surtout dans le caractère social qui est le fondement de l’Être.

Puis il faudrait supposer que les animaux ne pensent pas, supposition valide au temps de Descartes mais mise en doute aujourd'hui par nombre de travaux sur le comportement animal, l’éthologie.


Ce « cogito » ne peut être envisagé que dans son contexte historique mais malheureusement pour Descartes il ne peut plus nous satisfaire l'esprit aujourd'hui car il demeure incomplet.

Néanmoins suivre Descartes dans sa Méthode est une approche valide pour obtenir une réponse à une interrogation. Formulons comme lui le problème à la base en partant du plus simple au plus complexe, nous lui rendrons ainsi hommage. 


Il est aisé notamment de définir l’Être par le non Être . Le non-être définirait, l’Être a contrario.


Si, tel un Dieu démiurge, nous étions investis d’un pouvoir surnaturel nous permettant d’agir sur les êtres à volonté et nous placions un humain, comme vous et moi, nu, au milieu d’une forêt si profonde qu’il ne pourrait en sortir. Même pensant, notre Être ne pourrait survivre bien longtemps à ces conditions.


Cette première réflexion permet déjà d’associer à l’Être les objets nécessaires à sa survie, son existence.même.

En conséquence la possession des objets nécessaires à l’Être pour ne simplement qu'exister, donne à cette possession un caractère non seulement indissociable à l'être mais semble même devenir ontologique.


L'ontologie* de l'avoir.


L'avoir est à l’origine de l'être car il permit son existence par la sortie de l'humanoïde du règne animal pour atteindre l'humain, c'est à dire l'homo sapiens sapiens actuel.


Homo habilis.

 

homo habilis 003En effet l'humain se différencie de l'humanoïde simiesque par son habilité manuelle et sa station debout L'homo habilis est le premier humanoïde, apparu il y a environ 2,5 million d'années dont les aires d'habitat comportent des outils de pierre grossièrement taillées. L'étude de son bassin montre qu'il utilisait encore ses membres supérieurs pour se déplacer, mais sa main déjà habile lui permettait de se confectionner des outils propres à améliorer son existence. La confection et la possession de ces précieux outils vont induire une évolution physique notable, la position debout afin de mieux dégager et utiliser ses organes de préhension et possession.


L'homo habilis est certainement le premier l'humanoïde encore simiesque qui a dit : « ceci est à moi. »

 

Homo erectus

Homo_erectus.JPGCette possession manuelle permit l'évolution vers l'homo erectus il y a un million d'années. L'usage intensif de la main permit le développement d'outils de plus en plus perfectionnés et cette habilité rendit le cerveau plus performant.


Mais voilà ce n'est pas simplement la main et son avoir qui permit au cerveau de se développer et à l’Être d'émerger du stade animal. On peut à ce stade revenir au « cogito » cartésien. Le perfectionnement sans cesse des outils ne serait pas possible sans la transmission du savoir car s'il ne fallait que l'expérience seule d'une vie pour perfectionner les outils et parvenir à notre monde de la marchandise industrielle, rien n'eut été possible.


L’être alors se dégagerait de l'avoir par sa capacité à instruire.

Serait-ce bien là l'ontologie suprême; l'instruction ?


L'instruction dont l'homo habilis encore simiesque fut forcément capable au vu de ses outils, reproduits de génération en génération, fut bien le facteur d'évolution. Ayant une vie courte notre homo habilis a été contraint de montrer à sa progéniture comment obtenir des éclats de silex. Il y a là une façon de faire que nul homme aujourd'hui ne pourrait posséder spontanément. Notre homo habilis a bien dû expliquer à d'autres homo habilis « comment faire » pour « avoir ».


En conséquence l'instruction nous parait fondamentalement ontologique elle est bien issue du « cogito » car on ne peut véritablement instruire à la réalisation d'une méthode sans conceptualiser une méthode d'instruction.


L'instruction est une description de la méthode à reproduire avec son ordre d'accomplissement.

L'instruction est une procédure:

- explicite, allogène, car extérieure au contexte, elle est donnée, elle vient d'ailleurs,

- mutante car affiliée, c'est une légère modification des procédures "allant de soit",

- si acceptée, comprise, reproduite, validée elle est réappropriée par le contexte comme "allant de soit".

Moins elle est exotique plus elle est simple, plus elle à de chances d'être reproduite et validée.

 Dans un contexte stable et fermé, il ne circule pas d'instructions.

(DESS d'ethnométhodologie Alain Benajam 1995)



L'instruction comporte donc une partie explicite, l'apprentissage même de la méthode utilisant tous moyens de transmissions d'informations procédures, du professeur à l’apprenti. Ces moyens sont le geste exemplaire et la parole soulignant ce geste. Ce geste pour être compris et assimilé doit forcément être décomposé, puis expliqué d’où conceptualisation de l'apprentissage.

Il est aisé de supposer que la parole soit survenue chez l’humanoïde pour expliciter l'exemplarité de l'instruction.


L'instruction appropriée avec l'ensemble des méthodes acquises notamment le langage et l'ensemble des concepts qu'il embarque devient un « allant de soi » contextuel. Le contexte devient ainsi de plus en plus important chez l'humanoïde lui fournissant l'ensemble des outils culturels pouvant faciliter l'instruction et la rendre plus complexe. Le langage puis le dessin vont devenir les outils généraux supports d'instructions diverses et variées.



L'être peut se définir maintenant par un rapport triadique (dialectique à trois entrées) entre:

  • l'avoir représenté par l’habilité à prendre et fabriquer, en langage philosophique la praxis,
  • l'être représenté par son cogito cartésien capable de concept et d'idéologie,
  • l'instruction de la méthode qui est un rapport descriptif parlé, écrit dessiné de l'ensemble précédent.

Cet ensemble n'est objectivé c'est à dire passe de l'inconnu au connu QUE par son dernier élément la description utilisant ou non des artefacts (supports conçus par l'homme pour rapporter).


Seul le rapport de cette instruction est transmis de génération en génération.

A partir du moment ou l'humanoïde fut capable d'instruire, la machine évolutive fut mise en route sans cesse. De l'homo habilis suivit par l'homo erectus , de l'homo erectus à l'homo sapiens et de l'homo sapiens (pensant) à l'homo sapiens sapiens, l'homme actuel.


A chaque découverte de squelettes montrant une évolution physique, station debout, boite crânienne plus volumineuse correspondait des outils leur ayant appartenu de plus en plus complexes et ayant forcément nécessité un apprentissage de plus en plus complexe, lui même nécessitant des outils intellectuels de conceptualisation de plus en plus complexes.



La liberté dernier danseur.


On conçoit aisément que la fabrication d'objets permettant la survie de l'humanoïde puis son évolution génétique par mutation vers l'humain est lié à sa capacité de produire des objets et d'en transmettre la méthode de fabrication à sa descendance pour que celle-ci puisse améliorer l'objet avec en main ou à l'esprit  les instructions pour réaliser cet objet.


On conçoit aisément que l'humanoïde puis l'humain dût être libre de posséder ces dits objets, d'en jouir à sa guise, dût être libre d'en instruire la fabrication à sa progéniture, puis à son clan, puis à sa tribu, puis à sa nation. Il dût être libre d'échanger ces objets contre d'autres. Les objets se complexifiant sans cesse on comprend que des humains se spécialisèrent dans la confection de tels ou tels objets et durent les échanger contre d'autres nécessaires à la vie.

Celui qui passait son temps à confectionner des outils ne pouvait rapporter de nourriture et celui qui rapportait de la nourriture ne pouvait passer son temps à produire des outils.

Avec le temps, la spécialisation devint extrême et l'échange nécessaire devint extrême. Les humains durent forcément être libre de posséder pour être, d'être instruit pour posséder et d'être intelligent pour instruire tout en ayant la liberté de posséder, d'être et d’instruire.


Nietzsche

Friedrich-Wilhelm-Nietzsche-1844-1900Tout ceci parfaitement et indubitablement lié faisant indissolublement partie de la même chose.


L'homme lui même.


La liberté, l'avoir, l'être, le cogito dansent toujours ensemble c'est un quadrille ainsi parla Zarathoustra (peut être).


Comment aujourd'hui certains humains possèdent la monstrueuse et suicidaire pensée de vouloir supprimer la liberté de l'avoir supprimant ainsi l'homme lui même.



Dans la libre course à l'avoir depuis l'homo habilis jusque nos jours il y eut explosion de l'humanité et dans le même temps l'extrême spécialisation des fonctions humaines.

L'homme trouva utile et intéressant d'asservir d'autres hommes à la production d'outils et de nourriture devenues marchandises. Il inventa l'état afin d'ériger des moyens de coercition pour contraindre et punir les asservis récalcitrants et des concepts sociaux permettant de perpétuer cet asservissement ; l'esclavagisme, la féodalité, le capitalisme.


Cette contrainte à la réalisation d'objets dont l'avoir était dévolu à d'autres, généra une réaction de défense des soumis et de leur part une idéologie de défiance à l'avoir vu immédiatement comme source de malheurs.


La liberté des uns s'opposait ainsi à la liberté des autres et ne pouvait engendrer que conflits.


Faut t-il alors supprimer toute liberté d'avoir afin de préserver l'homme à l'exploitation d'autres hommes.


Cette pensée est certainement aussi ancienne que l'exploitation. Les esclaves de Rome se rebellaient souvent et Spartacus est passé dans l'histoire.


La religion chrétienne voulant être fidèle à l'évangile fut longtemps hostile à l'avoir et ses excès.

« À vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont rongés par les teignes. Votre or et votre argent sont rouillés ; et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours ! Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu'aux oreilles du Seigneur des armées ».Jacques 5 1-4.

 

Le moyen âge dans sa phase classique et terminale produira un grand nombre de révoltes et de sectes opposées farouchement à l'avoir vu comme anti-évangélique. Les Hussites propageant une parole communiste persistèrent en Tchéquie une bonne cinquantaine d'année avec un art de la guerre consommé.

A la fin du 18 ème siècle et au 19ème siècle naquirent nombre d'idéologies communistes voulant interdire l'avoir mais ne parvenant jamais à s'imposer. Au 20 ème siècle l'empire russe s'imposa une telle organisation limitant l'avoir en limitant la liberté d'avoir et la liberté tout court. Cette utopie appliquée par la contrainte dura quand même 70 ans.


Aujourd'hui subsistent encore ça et là quelques idées vouant l'avoir aux gémonies de l'être.

Nous avons vu pourtant que l'être, l'avoir, l'instruction et la liberté étaient indissociables et ontologiques. Comment donc assurer l'existence même de l'humain tout en restreignant son asservissement par d'autres.


La république et la loi.

 

Jean-Jacques Rousseau

rousseauLa liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres nous disait Rousseau. Ne pas permettre l'exploitation d'autrui tout en laissant la liberté de posséder et d'entreprendre est un défit on pourrait dire le dernier défit lancé à l'humanité.


La loi de la république doit imposer des règles librement consenties entre citoyens libres lui permettant son inexorable développement.


 

 

 

 

Interdire l'avoir ne serait possible qu'en plongeant l'humanité dans une effroyable société totalitaire vue par exemple au Cambodge sous le pouvoir Khmère rouge.


Interdire ou restreindre le développement de l'ensemble être, avoir, instruction, liberté serait une terrible utopie ne pouvant être limitée que dans le temps car l'humain reprendrait rapidement ses droits horrifié par cette terrible expérience.

 

Alain Benajam

juin 2013



*Le terme ontologie est employé en philosophie pour désigner la partie de la métaphysique qui s'applique à « l'être en tant qu'être » selon l'expression d'Aristote, c'est à dire ce qui est spécifique à l'humain pouvant être décrit et rapporté d'après moi.





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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 11:58

 

ou

La Foi, la Raison et le Doute.



 La vérité fascine l’homme depuis qu’il pense, cette recherche de la vérité suit des processus divers, des arcanes tortueuses, peut se perdre dans des chemins obscurs et s’enliser. Au moment où les pouvoirs s’efforcent à faire prendre aux bas peuples du monde des vessies pour des lanternes il n’est pas inutile de s’interroger sur la meilleure méthode permettant de séparer le vrai du faux.


Ce faux balise la vie des hommes depuis toujours, il est présent pour justifier leur asservissement et organiser leur passivité. Faux dans l'histoire, faux dans le sens des mots, faux dans l'actualité, le faux nous envahi aujourd'hui plus qu’auparavant car une société en déliquescence ne peut que masquer sa réalité qui, si elle était divulguée conduirait les peuples à l'explosion de la révolte.

Le faux pour être crédible doit faire illusion, avancer masquer;  illusion de la démocratie, illusion de la liberté, illusion de la connaissance.

Le faux inverse du vrai s'en attribue le masque, il est assimilable au grand Mythe du Mal qui inverse le Bien.

  Comme le vrai est lui assimilable au grand Mythe du Bien.


Séparer le vrai du faux est bien la seule œuvre transcendantale que l'homme est en droit d'accomplir.

 

 

 

Le Faux et le Vrai vu par Le Journal de Personne

Le Père Noël est une morsure

 


On peut définir plusieurs des chemins qui mènent à la Vérité et en observer la validité. La foi, la raison et le doute font parties de ces voies que l’humanité explore pour tenter parvenir à La Vérité.


La  foi est une croyance aveugle dans une vérité mythique, la foi ne requiert pas de démonstration elle est construite avec des axiomes et des dogmes. Toute religion ne fonctionne que sur une foi.

De la même manière, tout ce qui est considéré comme vrai, a priori, sans démonstration peut être appelé foi, comme il nous ai demandé d'avoir foi dans nos médias et nos politiciens.

La foi dans un mythe commun est vielle comme l’homo sapiens, elle permet de relier les hommes d’un même groupe (religion) et ainsi de les faire agir ensemble, notamment contre un autre groupe, ennemi car ne partageant pas la même foi.



Aristote


Les grecs de l’époque classique se sont les premiers interrogés sur la foi et sa validité Aristote (-384 -322) lui opposa la raison.

La raison aristotélicienne fonctionne sur la logique pure, c'est-à-dire la tentative de démontrer une vérité par l’utilisation d’éléments logiques, quasiment mathématiques comme par exemple : « Et », « Ou »,  « Égale », des inférences comme « j’ai vu un corbeau noir, tout les corbeaux sont noirs», des syllogismes dont le plus connue est: « Tout homme est mortel, Socrate est un homme, Socrate est mortel».

Foi et raison serons depuis Aristote engagées dans une dualité souvent conflictuelle quand la raison pure contredit la foi, notamment dans la religion chrétienne créationniste qui dit: le monde fut créé tandis que la raison Aristotélicienne prétend que le monde est infini, donc n’a pu être créé.


Les précurseurs de l'agnosticisme Avicenne et Averroès.


Cette dualité sera mise en évidence par les aristotéliciens perses et arabes du 12ème siècles, Avicenne (Ibn Sinna 980-1037) le perse et surtout Averroès (Ibn Rushd 1126-1198 ) l'arabo-andalou qui donnera une philosophie supposée, l’Averroïsme. Celle-ci, recomposée par la scolastique parisienne du 13ème siècle en une sorte de d’agnosticisme sera fortement combattue par l’église qui va censurer l’Université de Paris en 1277, le déclin suivra

La raison, mythifiée au 13ème siècle puis au 18ème siècles avec les républicains et les Francs Maçons prend un R majuscule, elle atteint cependant des limites comme outil permettant la description du monde. Elle utilise une rationalité simple voir simpliste, portant facilement à l’erreur grossière. Par exemple l’inférence: «j’ai vu un corbeau blanc, tous les corbeaux sont blancs ».  En effet cette Raison n’utilise pas l’expérimentation, elle est seulement une logique, un concept quasiment mathématique, enfin cette rationalité, comme tout autre est fortement liée culturellement au groupe qui l’utilise ici les européens, la Raison pure peut aisément se transformer en dogme quand elle prétend a l’universalité. Raison et foi s’accordent là parfaitement pour « prouver » l’existence de Dieu comme le fit Raymond Lulle (1232- 1315) au 13, 14 ème siècle et Descartes (1596 – 1650) au 17ème. 

Ce qui va définitivement faire avancer l’humanité ce n’est pas la raison, mais le doute, car seul  le doute engage l’expérimentation pour le lever.

 

Abélard et Eloïse


La mécanique du doute intéresse déjà Aristote tout en n’étant pas le point central de sa philosophie. La théorisation du doute revient à Pierre Abélard (1079 -1142) au début du 12ème siècle qui écrit dans son ouvrage « Sic et Non » qui se traduit par « Le Pour et le Contre » :


« La première clef de la sagesse, c’est une interrogation continuelle, il n’est pas inutile de douter de chaque chose. En effet, qui doute conduit à chercher, qui cherche peut saisir la vérité ».


Puis le même Abélard dit dans son « Dialogue entre un Philosophe, un Juif et un Chrétien » :

« Quelle que soit l’objet de la discussion, la démonstration rationnelle a plus de poids que l’étalage des autorités ».


Cinq longs siècles plus tard, Descartes reprendra les réflexions de Pierre Abélard dans «Le Discours de la Méthode», ouvrage mi philosophique mi scientifique qui définit pleinement une méthode de recherche d’une vérité forcément en suspend puisqu’à la merci d’un doute.

Cette méthode est basée sur l’expérimentation, la reproductibilité, elle est devenu le fondement de la pensée scientifique moderne.


Pourquoi invoquer aujourd’hui les penseurs d’autrefois? Le doute et la pensée rationnelle n’ont jamais été une évidence naturelle pour l’homme, la foi dans un dogme est la pente douce de la paresse et du laisser aller rassurant. Suivre un chef, faire les mêmes gestes que les autres, ne pas se poser de questions, se fondre dans la masse, croire politiciens et médias sont des attitudes de moindre effort.

Ces penseurs ont pris des risques et marqués leur temps. Entre Aristote et Abélard il s’écoule environ 1500 ans et entre Abélard et Descartes 500 ans. Chacun en son temps connu les pires ennuis, Abélard n’eut la vie sauve plusieurs fois que grâce à la promptitude de ses fuites. Descartes du finir ses jours proscrit en Suède, loin de sa patrie ou il mourut de froid.



 Ces penseurs d’autrefois se sont donnés la main par dessus le temps, chacun améliorant la méthode précédente. Abélard au début du 12èmesiècle enseignait la logique aristotélicienne mais en en privilégiant le doute, il fut le fondateur de la scolastique médiévale qui marqua une époque riche en révolution technologique et en progrès. La scolastique fut durement censurée par l’église et sombra mais fut reprise 5 siècles plus tard par Descartes qui la critiqua pour largement s’en inspirer, il la dépassa avec l’exposition de méthodes expérimentales. 

Pourtant le cartésianisme ne cesse d’être aujourd’hui caricaturé, le doute cartésien, vidé de son sens laisse le champ libre aux diseurs de bonne aventure et charlatans de tous poils.


Maintenant la télévision sert chaque soir son sermon et nous exhorte à la foi! Il faut croire!

 

L’ombre islamiste plane sur nos tête, il nous est ordonné de  trembler et surtout de resserrer les rangs. Il y a tout à voir mais rien à comprendre, ayez foi dans vos chefs nous dit-on, ils  pourront peut être vous sauver si seulement vous leur laissez les pleins pouvoirs!


Alors pour avoir un libre arbitre, pour rester un individu, pour conserver son âme et son corps, il n’est d’autre posture que le doute. 

Ce doute est profondément humain puisqu’il permet le progrès car provoque la recherche d’un savoir supérieur et des méthodes plus efficaces.

 

La raison est bien de n’avoir foi que dans le doute, et le faux s'éloignera.

 

 


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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 19:31

Dynamique sociale et thermodynamique.

Un élément de la pensée Prigogine associé à la pensée Garfinkel

 


À la sueur de ton visage, tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol, car c'est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras " (Genèse 3:19)

 

Ilya Prigogine est pour moi le plus grand penseur du 20ème siècle position que je ferais peut être partagée avec Harold Garfinkel l'inventeur de l'ethnométhodologie. J'ai eu l'immense privilège de rencontrer ces deux hommes avant leur décès et de partager avec eux quelques idées et surtout d'avoir été encouragé par eux dans mes démarches qui cherchaient à utiliser le sens de leurs pensées pour aider à la compréhension des phénomènes sociaux de masse.

 

garfinkel2.jpgHarold Garfinkel

 

Prigogine.jpg

Ilya Prigogine

 

 

Concernant ce que l'on appelle maintenant la "pensée Prigogine" j'en ai tiré son adaptation suivante pour la compréhension du fonctionnement des sociétés humaines.


La thermodynamique est une branche de la physique dont le champ de connaissance concerne les échanges thermiques entre éléments de matières. Le seconde principe de la thermodynamique, celui de l’entropie démontré par Clausius, puis les études d’Henri Poincarré à la fin du 19ème  siècle offrent des paradigmes pour la compréhension des systèmes complexes, chaotiques, régies par un grand nombre d’éléments.


Partant des travaux de thermodynamiciens, Ilya Prigogine dans son livre: « La Fin des Certitudes» tente une approche plus générale qui fonde une conception du monde naturelle ou la probabilité n’est plus une « non-connaissance » mais la seule manière d’expliquer ces phénomènes chaotiques, irréversibles, hors de l’équilibre ou la « flèche du temps » est l’élément majeur. Par la même, il démontre les mécanismes qui régissent la complexification de la matière et le non-déterminisme de cette tendance.


La société humaine, comme la biosphère qu’elle intègre, est l’exemple d’un tel système.

La thermodynamique utilise deux grands concepts décrivant des échanges d’énergie au sein d’un système chaotique: l’entropie et l’enthalpie. Ces concepts sont ils applicables aux sociétés humaines?


Entropie.


A l’origine, ce concept évalue l’énergie produite par des molécules dans un gaz. L’énergie perdue par le choc de chaques molécules entre elles, dans leur mouvement perpétuel (mouvement brownien), mène au refroidissement du gaz et à la perte de l’énergie potentielle qu’il enferme, et ce pour tendre vers zéro degrès Kelvin ou, un état d’équilibre avec une autre source d’énergie avec laquelle ce gaz est confronté.


(il est nécessaire pour une meilleur compréhension de lire cet article sur le chaos créateur)

http://www.alain-benajam.com/article-14297191.html


En généralisant on peut également appeler entropie, la tendance que possèdent tous systèmes complexes à se dégrader vers la moindre énergie potentielle possible. Exemple: Un barrage érigé possède une énergie potentielle représentée par la masse et la hauteur d’eau entre l’amont et l’aval. Si le barrage est détruit les hauteurs d’eau s’égalisent et le potentiel d’énergie disparaît.


Le temps est le principal facteur d’entropie.

Avec le temps, si le barrage n’est pas entretenu, il finit par se rompre. Dans le milieu vivant l’entropie mène à la mort et à la disparition du cadavre. 

L’entropie amène tous systèmes à tendre vers un équilibre stable.


Enthalpie.


L’enthalpie est l’inverse de l’entropie, c’est de l’entropie négative. Cette tendance représente la possibilité que peuvent avoir tous systèmes complexes à s’auto-organiser et à produire ainsi un potentiel d’énergie. Construire un barrage c’est fabriquer de l'enthalpie.  La complexification de la matière ou enthalpie se réalise grâces à deux forces en dialectique: possibilité et nécessité, ces deux forces étant inscrites dans le temps.

 

L’apparition de la vie est le phénomène physique le plus remarquable mettant en œuvre des forces enthalpiques.

L’enthalpie conduit tous systèmes complexes à s’écarter de l’équilibre.


Equilibre.


L’état d’équilibre d’un système s’évalue par sa réaction à toute action pour le modifier.

Il est en équilibre si une petite action entraîne une petite modification du système et un retour prompt à l’équilibre. Par exemple un pendule que l'on frappe d’une pichenette.

Par contre, il est loin de l’équilibre si  une petite action entraîne une forte modification de ce système.

Supposons notre pendule en équilibre sur un point situé sous sa masse et non au-dessus comme classiquement, une pichenette détruit ainsi définitivement l’équilibre.

Un corps vivant est un exemple d'état loin  de l'équilibre et pouvant être détruit d'une manière irrtéversible  par peu de chose, un objet le pénétrant (balle, lame, etc.).

Un système loin de l’équilibre est perpétuellement actif pour se préserver, comme un homme en équilibre sur deux pieds d’une chaise tente de modifier perpétuellement son centre de gravité pour conserver l’équilibre.

Cette activité perpétuelle expérimente des solutions différentes qui, si elles se révèlent efficaces pour perpétuer cet équilibre, sont conservées, ainsi procède l’enthalpie.  

Pour produire de l'enthalpie, pour que la matière s’auto-organise, il est nécessaire:


- de multiplier les possibilités,

- de soumettre ces possibilités aux nécessités existantes dans l’ensemble observé.


On entend par possibilités toutes combinaisons survenues  à l’instant T1 plus complexes qu’a l’instant T0, c'est la flèche du temps . La complexité d’une combinaison pouvant être mesurée par le nombre de bits nécessaire pour la décrire.

L’ensemble observé est celui ou les éléments le composant possèdent une probabilité supérieure à 0 d’échanger de l’énergie. Cette probabilité ou chaos est également appelé mouvement brownien lorsqu’il décrit les échanges d’énergie affectant les molécules composant un état de la matière, gaz, liquide, solide. 


Les possibilités se multiplient grâce au temps, à la fréquence des interactions (échange d’énergie) entre éléments composant l’ensemble observé mais également à la diversité des éléments (possibilités primitives) composant cet ensemble, la diversité étant un facteur d’accroissement des possibilités de combinaisons.


La nécessité est une force entropique (de désagrégation) qui transforme certaines possibilités  en impossibilités par leur non-viabilité.

Le non-viable étant une impossibilité de perdurer  dans un milieu donné, une intolérance.

Un non-viable dans un milieu peut devenir viable dans un autre et vice-versa.


Ainsi tous systèmes loin de l’équilibre (systèmes complexes) sont soumis.


1- à la flèche du temps dont la définition est que l'état E1 d'un ensemble quelconque à T+1 est différent de l’état E0 de cet ensemble à T0 et que E1 ne peut revenir à E0. E0 et E1 sont les descriptions exhaustives des ensembles considérés (ethnométhodologie)


2-  au chaos, (probabilité d’interaction entre éléments),


3- à une tendance enthalpique vers l’auto-complexification et en conséquence un déséquilibre accru,


4- à une tendance entropique vers la désagrégation et en conséquence un équilibre accru.


Plus le système est complexe plus ces quatres forces sont tendues.


On peut dire également que l’enthalpie produit:

- de l’ordre (par ordonnancement),

- de l’information, (nécessaire à décrire l’ordre),

- de l’énergie potentielle, (non dissipée, par ordonnancement)

- de la différence (bio-diversité).


  Et l’entropie produit:

- du désordre (non-ordre, par désagrégation),

- de la non-information,

- de l’énergie dissipée (résultat de la désagrégation)

- de la conformité (poussière tu retourneras poussière).


En outre, les processus enthalpiques, procédant par expérimentations d’un très grand nombre de combinaisons dues au hasard, ne peuvent permettre de déterminations prévisibles. Chaque rencontre-échange  entre éléments étant elle même un phénomène complexe indéterminé notamment du à des phénomènes de résonance, aucun modèle mathématique déterministe réversible, non probabiliste ne peut rendre compte de la trajectoire de chacun de ces éléments. L’ensemble du système, hors de l’équilibre, est soumis à « l’effet papillon, (un papillon s’envole aux antipodes et le temps se modifie chez nous) », c’est à dire qu’une petite action sur le système peut produire de grands effets. 

 

Les sociétés humaines.


Les sociétés humaines sont des systèmes complexes, chaotiques, composées d’un très grand nombre d’éléments et loin de l’équilibre. Il est, par conséquent  vraisemblable, que ces systèmes soient soumis à la flèche du temps, au chaos, aux  tendances enthalpiques et anthropiques.


Comment mesurer l’enthalpie et l’entropie d’une société humaine?


Nous avons vu que l’enthalpie est synonyme de complexification, de diversité et de production de potentiel d’énergie. L’entropie, l’inverse, est synonyme de simplicité,  de conformité de l’ensemble du système et de tendance vers l’état de plus faible niveau possible d’énergie potentielle.


Le résultat, visible et mesurable du niveau de complexité d’organisation des sociétés humaines est la production de marchandises évaluées par leur diversité, (nombre de bits nécessaires pour les dénombrer), leur complexité (nombre de bits nécessaires pour les décrire) et le nombre d’intervenants dans leur production, en quelque sorte le niveau de technologie mise en œuvre. 


La capacité de production de marchandises en terme de quantité et de complexité est-elle dissociable de valeurs humanistes supposées être élevées, telle que le niveau d’éducation, de santé, de libertés individuelles? 

 

Questions.


- La marchandise complexe peut-elle être inventée et produite sans un niveau éducatif élevé ?


- La marchandise complexe peut elle être inventée, produite et consommée sans un niveau de santé élevé ?

Par ailleurs un grand nombre de produits de santé, parmi les plus complexes sont des marchandises (scanners, RMN, microscopes électroniques, ordinateurs, etc ..)


- La marchandise complexe peut elle être inventée, produite, consommée, sans les  libertés individuelles nécessaires à l’accomplissement de ces processus, notamment celui d’entreprendre une innovation de la réaliser de la posséder, d’en vivre  et la consommer ?


La monnaie représente des parts de marchandise, dans l’économie réelle. La complexité sociale, si elle est mesurable par la quantité de marchandises produites et consommées, peut donc être également mesurable par la quantité de monnaie échangée, (toujours dans l’économie réelle).


La complexité sociale, c’est à dire la complexité des marchandises complexes produites a également pour corollaire la quantité d’informations échangées par les individus. Plus une marchandise est complexe, plus le nombre d’intervenants est grand. Par exemple les pièces nécessaires à la construction d’une automobile sont produites pour PSA par 5000 entreprises sous-traitantes, chacune de ces entreprises peut posséder 100 à 200 fournisseurs, qui eux même en possèdent plusieurs centaines, ect... Plusieurs millions d’individus interviennent dans la fabrication d’une automobile. Ces individus communiquent, plan, prix, commandes, factures, achat, vente. Le niveau de complexité d’un groupe social est également et aisément mesurable par la quantité d’information (mesurée en nombre de bits) échangé à l’intérieur de ce groupe (ethnométhodologie).


On voit également, qu’échanger de la monnaie et de l’information suit le même processus.


Les flux d’échanges de monnaie et d’information sont donc les flux d’échange d’énergie d’un corps social complexe donné. Le chaos social, vu comme probabilité d’échange de « monaie-information »  entre individus régit donc la probabilité de complexification, ou enthalpie de la société.  Cette probabilité, comme nous l’avons vu plus haut est également soumise à la pression entropique de sa viabilité dans un milieu donné qui peut être plus ou moins tolérant.

La prévisibilité d’un tel système est impossible (donc inutile), comme peuvent le démontrer la non-prévision par les plus fins experts de la fin de l’URSS ou de l’effondrement des USA.  L’action sur un tel système, non prévisible, soumis à la loi «du  papillon » est susceptible aussi de produire une quantité d’effets non-prévus et non-souhaités. Au cours de l’histoire, il est observable que les grands desseins n’ont jamais  abouti aux buts souhaités.


Dans le cadre des sociétés humaines, comme dans le cadre d’autres systèmes complexes, possibilité c’est à dire liberté,  et viabilité c’est à dire tolérance sont les moteurs de la complexification sociale c’est à dire de l’efficacité économique, indissociable des plus hautes valeurs humanistes.


De multiples systèmes d’organisation sociale ont été expérimentés par les hommes depuis leur apparition dans la biosphère et beaucoup d’autres le seront. L’histoire nous raconte des empires qui s’écroulent, des civilisations qui perdurent des milliers d’années avant de disparaître, d’autres qui traversent le temps comme des feux follets. Certaines explosent, comme la civilisation dite « occidentale » d’autres implosent comme l’Empire romain chrétien, ou l’URSS et maintenant les USA.


La sclérose  s’oppose à la dynamique sociale. Dans les sociétés sclérosées, en cours d’entropie,  la « pensée unique » et l’ordre moral limitant les possibilités (comme la haine de l'argent et de la marchandise instituée par l'église catholique) précède toujours « l’horreur économique », puis l’état de plus faible niveau d’énergie, et la disparition suit.

Les sociétés dynamiques sont fortement monétarisées et l’échange d’information y est grand, les sociétés sclérosées sont démonétarisées, la marchandise y joue un rôle secondaire, l’information ne circule pas.

 

Le capital n'est pas l'argent.


Aujourd'hui l'ordre social fondé sur la marchandise à vécu dans le monde occidental car le capital n'est plus l'argent / marchandise comme au 19ème siècle  et pour accumuler ce capital, non seulement il n'est plus nécessaire de fabriquer et consommer des marchandises mais cela devient un handicap.

La marchandise a subi une baisse radicale de son taux de profit et sa fabrication est abandonnée aux sociétés dont le niveau social est faible comme la Chine.

L'accumulation du capital se réalise maintenant par spéculation et prédation sur les peuples par la dette et le vol des richesses naturelles, nul n'est besoin pour cette activité de la société dynamique libérale décrite plus haut. Ce monde occidental s'impérialise et l'entropie y devient la tendance la plus forte. L'argent est mort déjà ! et la pauvreté gette les occidentaux.


De la thermodynamique à la dynamique sociale, les lois de la nature soumises à la flèche du temps, nous indiquent un modèle ou la posture humaine qui semble la plus socialement efficace est  l’organisation de la liberté et de la tolérance, malheureusement c'est aujourd'hui une société totalitaire entropique qui est notre présent et avec, le froid et la mort. 

 

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Published by Alain Benajam - dans Idées
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 12:33

 

Pour la liberté des nations, contre l'impérialisme mondialiste.

 

 

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Une lutte idéologique primitive capitalisme contre socialisme.

 

Depuis la révolution soviétique de 1917 et plus encore depuis le partage du monde de 1945 entre soviétiques et anglo-saxons, ce monde était réglé par deux systèmes économiques distincts. Ces deux systèmes, le socialisme d'un côté et le capitalisme de l'autre se présentaient différents et contradictoires.

Cette fracture idéologique existait également dans la zone attribuée aux anglo-saxons à la conférence de Yalta, puisque qu'en France ou en Italie des Partis Communistes puissants proposaient d'établir également le socialisme dans leur pays. On appelait alors "mouvement communiste international", l'ensemble des pays socialistes dirigés par un parti communiste et des partis communistes de la zone anglo-saxonne. Ce mouvement communiste n'était pas monolithique mais en gros il y avait un consensus pour que soit établi le socialisme partout dans le monde, système socio-économique jugé supérieur au capitalisme.


Les partisans du socialisme et les partisans du capitalisme étaient dans un conflit et en confrontation perpétuels, chacun s'évertuant à étendre son influence et à soutenir financièrement ses poulains d'une manière ou d'une autre. Le mouvement communiste international considérait également les mouvements de libération nationale qui luttaient contre le colonialisme et l'impérialisme comme des alliés et devaient être aidés, ces mouvements étaient alors soutenus militairement et financièrement par le camp socialiste.

 

L'OTAN créé en 1949 avec le pacte atlantique plaçait l'ensemble des armées des pays de la zone attribuée aux anglo-saxons par la conférence de Yalta, sous commandement US. En réponse L'URSS fit de même avec les armées des pays lui étant attribués à cette conférence avec le Pacte de Varsovie.

 

Il s'établit ainsi un rapport de force à l'échelle mondiale entre ces deux camps fondé sur la puissance militaire, la dissuasion nucléaire, et des guerres de basse intensité voir de haute intensité, comme en Algérie et au Vietnam. Cette confrontation prenait également en compte l'influence politique des partis communistes dans les pays occidentaux.

A côté de ces deux camps idéologiquement et militairement bien marqués et antagonistes, il y avait également des pays indépendants dit "non alignés" qui n'appartenaient à aucun camp, mais le camp socialiste considérait ces pays proches de lui.

 

Les marxistes pensaient alors que la contradiction principale (affrontement principal) n'existait qu'entre socialisme et capitalisme. Les partisans du capitalisme considéraient également que l'ennemi principal était le socialisme et qu'il fallait le combattre afin d'instaurer la liberté d'entreprendre et la «démocratie». Dans les pays capitalistes le monde politique était aussi partagé entre "gauche" et "droite", la gauche étant partisane du socialisme, même si il y avait divergence sur les moyens d'y parvenir, tandis que la droite défendait le capitalisme. Ce schéma politique fut valide très longtemps et a marqué durablement le monde politique occidental.

 

Aujourd'hui ce schéma politique est devenu obsolète car le camp socialiste a disparu avec l'effondrement de l'URSS; tout le monde a abandonné le socialisme léniniste, jusqu'à la Chine qui certes a au pouvoir un parti communiste, mais a abandonné ce type de socialisme pour un capitalisme sans contraintes.

On pouvait penser que l'affrontement politique et idéologique allait cesser avec la victoire incontestée du capitalisme et certains prédisaient avec la fin des affrontements idéologiques, la «fin de l'histoire».

Pourtant avec la fin de l'URSS l'ex camp dit «capitaliste» ou «occidental» n'a pas relâché son dispositif militaire sous commandement étasunien comme on aurait pu s'y attendre. Bien au contraire, l'OTAN a étendu sa domination à bon nombre de pays européens anciennement dans le camp socialiste voir à d'anciennes républiques soviétiques.

Loin de cesser, les guerres locales engagées par l'OTAN et les USA se sont au contraire intensifiées, l'OTAN ayant étendu son action au delà de la zone atlantique nord pour aller maintenant combattre sur le continent eurasiatique et en Afrique.

 

Il est donc juste d'en déduire que l'affrontement planétaire capitalisme versus socialisme, n'était pas la contradiction principale.

 

La contradiction (confrontation) capitalisme socialisme en masquait une autre bien plus importante: laquelle?

 

La victoire sur l'Allemagne nazie consacra deux vainqueurs et seulement deux vainqueurs: l'URSS d'une part et la coalition anglo-saxonne formée par le Royaume Uni et les USA associés en vertu de leurs "special relationschips". Cette coalition de deux impérialismes traditionnels, prit le dessus sur l'impérialisme français et son empire colonial. L'armée française était placée alors sous commandement étasunien par l'OTAN et on ne peut plus considérer un impérialisme actif sans la disposition de sa propre force armée. L'impérialisme français disparut de fait et devint anglo-saxon. Ainsi les guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie furent menées au nom du camp dit «occidental» pour combattre le soit disant «communisme» c'est à dire soustraire l'Indochine et l'Algérie à l'influence soviétique alors que vietnamiens et algériens ne combattaient quant à eux que pour leur indépendance nationale.

 

Chacun des deux camps, au cours de cette guerre froide a soutenu de loin les nationalistes du camp adverse qui combattaient pour se débarrasser d'une tutelle imposée par les accords de Yalta.


Guerre-d-algerie.jpgArmée française sous commandement OTAN contre les nationalistes algériens.


Par exemple, les soviétiques armaient et soutenaient les nationalistes algériens, les USA soutenaient de leur côté les nationalistes hongrois au cours de leur insurection de 1956. Il y avait bien à l'intérieur du conflit camp socialiste versus camp capitaliste d'autres conflits, nationalistes ceux-là, mais habilement masqués par les puissances tutélaires qui demeuraient complices pour conserver la fiction du combat entre deux systèmes sociaux.

 

814659_6_76e6_ill-814659-56091237.jpgNationalistes hongrois en lutte contre l'URSS

 

Pour chacun, combattre pour des valeurs idéologiques qu'il estimait positives était plus noble et valorisant que de ne combattre pour un simple et classique impérialisme politique et surtout économique.

 

Ces guerres coloniales classiques mais maquillées en lutte contre le "communisme" n'étaient en fait que la suite des guerres impérialistes et coloniales passées quand l'empire britannique, l'empire français et le nouvel empire étasunien s'associaient ou s'affrontaient dans la conquête et la colonisation du monde.

 

Quand le camp socialiste fut défait, ou plutôt quand il se saborda , il ne resta plus qu'un seul camp, mais l'ex camp capitaliste ne pouvait plus avoir pour prétexte de combattre le socialisme comme système social.

Après l'effondrement de l'empire soviétique, plusieurs élites étasuniennes rassemblés dans un «think tank», le PNAC (Project for a New American Century), rédigèrent un manifeste: Rebuilding America's Defenses (Reconstruire les défenses de l'Amérique); ce manifeste présentait les objectifs militaires et géopolitiques que devraient atteindre les USA au cours du 21ème siècle pour préserver et accroître leur domination mondiale. A bien des égards ce manifeste peut être comparé à "Mein Kampf", ouvrage ou Adolphe Hitler exposait noir sur blanc ses projets de domination.

 

L'empire soviétique avait laissé un vide il fallait rapidement pour l'empire anglo-saxon le remplir.

 

Une nouvelle lutte idéologique: la liberté des nations légales contre l'impérialisme mondialiste

 

L'impérialisme anglo-saxon n'a jamais pu agir sans justification morale et idéologique. Au temps de la lutte contre l'empire soviétique, "l'empire du mal" selon Ronald Reagan, tout était simple, après sa défaite, il fallut élaborer un nouveau corpus idéologique transcendantal pour mobiliser le complexe politico-médiatique déjà sous sa domination. Il fallait opérer une mutation dans le corpus idéologique précédent: capitalisme contre socialisme et désigner de nouveaux adversaires diaboliques crédibles.

 

La base fondamentale du corpus idéologique impérialiste n'était plus le capitalisme mais la mondialisation devant remplacer les états-nations.

 

Des nations légales.

 

Le traité de Westphalie du 24 octobre 1648 mit fin à trente ans de guerre ouverte en Europe et 100 ans de conflits religieux dans lesquels chaque puissance avait pris l'habitude d'intervenir au delà de ses propres frontières afin de soutenir ses partisans.

Ce traité fut le premier à définir des frontières mutuellement reconnues et à interdire l'ingérence .

Bien que Louis XIV le foula rapidement au pied, ce traité marqua un tournant car il s'agit du premier traité international de reconnaissance mutuelle. On parle du monde «westphalien» aujourd'hui pour évoquer un espace international de nations reconnues mutuellement.

L'esprit «westphalien» fut conforté par l'érection de la Société des Nations (SdN) introduite par le traité de Versailles de 1919 et surtout par l'ONU, Organisation des Nations Unies fondée en 1945 en remplacement de la SdN. Ces organisations avaient pour but de donner un cadre légal aux différentes nations du monde.

 

Ces nations étaient définies suivant la signification qu'en avait donné la Révolution Française qui promulga l'arrêté suivant le 23 juillet 1789: "la Nation est la personne juridique constituée par l'ensemble des individus composant l'état", on parlerait alors d'états-nation ou de nations légales.

 

Remarquons qu'il s'agit la d'une reconnaissance internationale capitale de l'idéologie française puisque la définition du mot nation généralise au monde la signification de 1789 contre une signification archaïque portée par les anglo-saxons qui reste basée sur une communauté de langue de culture et d'histoire, concept extrêmement flou ne pouvant être ni formalisé et encore moins légalisé. On voit que la conception française et internationale règle des appartenances citoyennes; elle définit des nationalités légales en définissant des frontières reconnues mutuellement.


Dans les appartenances nationales légales il n'est nullement fait mention de religion ou d'origine ethnique.

A l'intérieur de chaque frontière, existe un ensemble de lois, propre à chaque nation, chaque nation jouissant de la liberté d'appliquer sa légalité à l'intérieur de ses frontières.

On comprend que cette conception du droit international pose un problème à l'impérialisme.

Cet impérialisme va donc chercher à briser les légalités, qui avec la multitude de lois promulguées dans chaque état-nation forment autant d'obstacles à son expansion.

 

L'impérialisme stade suprème du capitalisme (Lénine).

 

Le monde anglo-saxon a développé une structure économique capitaliste bien particulière, qui n'est plus basée sur l'accumulation de capitaux par la vente de marchandises, mais sur un ensemble réduit d'activités beaucoup plus efficaces pour accumuler du capital comme le commerce de commodités, les activités bancaires de spéculation sur ce commerce, celui-ci comprenant surtout le commerce du pétrole, puis la fabrication et le commerce d'armement. Toutes ces activités sont très liées, état, finance et industrie d'armement formant un ensemble cohérent que le président des Etats-Unis Eisenhower avait appelé complexe "militaro-industriel" et qu'il conviendrait d'appeler aujourd'hui complexe "banco-militaro-industriel". Il s'agit d'un mélange état, armée et banque mis en place pour la première fois au 18ème siècle avec la compagnie britannique des Indes.

Ce type de capitalisme que l'on peut appeler d'état et de prédation qui fut la caratéristique principale des régimes fascistes hitlériens et mussoliniens a besoin de s'imposer largement au delà de ses frontières d'origine notamment ou il se trouve des matières premières à exploiter et des peuples riches à racketter par la dette.

 

Une nouvelle idéologie développée par l'impérialisme.

 

L'impérialisme anglo-saxon va donc opposer au droit définis par la charte de l'ONU sa propre idéologie et imposer sa force.

 

Pour briser les état-nations, ou nations légales, il va promouvoir sa propre conception de la nation, pour nous archaïque, en la différenciant de l'état et en insistant sur ses aspects religieux, ethniques et historiques. Comme les nations ainsi définies ne recoupent pratiquement jamais les nations légales, il va, en flattant de pseudo nationalismes ethniques et religieux essayer de briser, atomiser, affaiblir les nations légales et placer ses hommes à la tête de mini états croupions.

 

L'impérialisme anglo-saxon justifiant toujours ses actions avec des arguments moraux, il va développer un corpus idéologique d'appuis diffusé par des médias qu'il contrôle et des politiciens qu'il influence par tous les moyens possibles et imaginables.

 

Mondialisme et séparatisme pour briser les états-nations par le chaos.

 

Les thématiques promues cherchent toujours à atteindre une valeur morale aisément transformée en moralisme, cette promotion cherche une exemplarité dans une histoire récente révisée. Cette histoire révisée exploite beaucoup la deuxième guerre mondiale qui a fortement marqué les mémoires. Ce conflit permet une critique des états-nations présentés comme fauteurs de guerre, cette critique sera le moteur idéologique du bris des état-nations «westphaliens» d'Europe pour les intégrer dans une Union Européenne dévolue aux intérêts financiers et stratégiques des anglo-saxons et surtout soumis perpétuellement à une dette fort rémunératrice pour leurs banques.

 

L'déologie impérialiste veut enseigner à la jeunesse qu'elle doit vivre dans un monde sans frontières, celles-ci étant présentées comme autant d'obstacles visant à séparer les hommes. Cette vision du monde est promue par des gens comme Georges Soros, un banquier anglo-saxon qui a créé une ONG s'appelant «Open Society», laquelle, sous le prétexte de développer la fraternité humaine, a pour vériatble objectif la libre circulation des capitaux et la suppression des lois nationales de protection sociale.

 

Le chaos.

 

D'un autre côté l'impérialisme anglo-saxon fait la promotion du séparatisme ethnique et religieux qu'il présente comme une liberté supplémentaire accordée à certaines populations voulant se différencier par certaines traditions . Cette promotion d'un droit qui serait naturel, communautaire permet d'attaquer les légalités d'état et de contribuer à les briser.

En Yougoslavie, la subrogation des droits communautaires et religieux au droit national yougoslave a provoqué une terrible guerre civile avec des atrocités commises comparables à celle perpétrées durant la deuxième guerre mondiale.

 

On s'aperçoit que l'impérialisme n'hésite pas à promouvoir des idées en apparence contradictoires, : mondialisation et réduction ethnique. Une idée va être promue par un clan qu'il a rassemblé et ce qui semble être son contraire par un autre clan qui deviendra ennemi du premier. De cette dualité créée, l'impérialisme va espérer tirer des oppositions et des combats sanglants dont le résultat aura pour effet de briser une situation stable qui ne pouvait être que difficilement modifiée.

Du chaos ainsi créé il aura l'espoir dans un deuxième temps d'une recomposition stable à son avantage.


8040 310677782358188 2146727328 nCe personnage est le responsable du bureau d'information des brigades révolutionnaires de Tripoli, en Libye. Sa présence et sa participation active à "l'insurrection pacifique du peuple Syrien" démontre bien que le mouvement populaire Syrien a bel et bien été infiltré par des mercenaires à la solde des puissances étrangères, entrainés en Turquie et financés par l'Arabie Saoudite et le Qatar, le tout étant sous commandement de l'OTAN.

 

 

Si d'un côté l'impérialisme cherche à s'associer une gauche moraliste se réclamant d'idéaux humanistes, transcendentaux c'est à dire mondialistes, de l'autre il n'a pas de scrupules à s'associer aux groupes religieux et ethniques les plus fondamentalistes, les plus sectaires et les plus sanguinaires.

 

Un allié de poid pour l'impérialisme l'Arabie Saoudite et les divers sectes wahhabistes.

 

Le soutien apporté aux mercenaires islamistes recrutés par l'Arabie Saoudite est ancien. Ces groupes jihadistes furent rassemblés dans les années 80 pour combattre l'armée soviétique en Afghanistan, puis sous le vocable d'Al Qaïda (la base), ils servirent contre les serbes en Bosnie et au Kosovo; le saoudien Ousama Ben Laden, prétendu chef de ce groupe armé et entraîné par la CIA; était détenteur d'un passeport bosniaque. Ils furent aussi employés en Thétchénie combattre la nouvelle Russie.

En 2001 ce groupe toujours dirigé par les USA et sa CIA prétendit avoir organisé l'attentat du 11 septembre (quoique Ben Laden ait toujours nié sa responsabilité dans les attentats). Cet attentat avait pourtant été organisé par l'état profond étasunien, et devait servir de prétexte au lancement d'une nouvelle politique impérialiste étasunienne formulée par le PNAC.

Durant une dizaine d'année Al Qaïda et Ousama Ben Laden, probablement décédé de maladie en 2002, servirent à revendiquer différents attentats organisés par les états profonds associés, étasuniens, israéliens et du Royaume-Uni.

 

En 2010, cette politique d'affrontement avec l'islam, désignée sous le vocable de «guerre des civilisation» fut abandonnée. A cet effet Ben Laden fut «tué» virtuellement, car il apparut aux anglo-saxons que les groupes jihadistes étaient des combattants efficaces pour s'opposer aux états-nations arabes laïcs issues du nassérisme. En effet les wahhabites et autre salafistes ne reconnaissent pas le fait national ni de lois nationales, pour eux seule la loi islamique, la Charia doit s'appliquer à l'ensemble du monde musulman, avant de s'étendre à l'humanité toute entière. Pour eux, les musulmans doivent vivre sous le pouvoir d'émirs locaux devant surveiller la bonne application de la charia. Il parut évident à l'impérialisme anglo-saxon que soutenir ces groupes ne pouvait que favoriser leur grand dessein politique de remodelage de ce qu'ils appellent le «Grand Moyen Orient», ce remodelage devant leur permettre de placer leurs marionnettes à la tête d'une multitude d'émirats islamiques et d'ainsi en finir avec des états qui nationalisent leurs ressources énergétiques avec à leur tête des dirigeants déterminés à combattre leurs visées comme l'étaient Mouamar Khadafi ou Sadam Hussein.

 

Ingérence humanitaire et guerre médiatique.

 

Le concept «d'ingérence humanitaire» promu dans les années 80 par les «French Doctors» Roni Brauman et Bernard Kouchner fut accueilli par l'impérialisme comme un cadeau divin. Il ne suffisait plus en effet qu'à fomenter des troubles et des crimes dans les pays ciblés, d'accuser dans la foulée le pouvoir en place de les avoir commis, enfin d'assassiner les chefs charismatiques qui, refusant la vassalité, avaient pu auparavant prétendre mettre en oeuvre des politiques d'indépendance nationale, inspirées sur le modèle nassérien ou bolivarien.

 

Les actions militaires de l'impérialisme ne pouvaient être ainsi engagées au prétexte du droit d'ingérence humanitaire sans le préalable d'une "guerre médiatique" sophistiquée.

 

L'impérialisme est rodé à la guerre médiatique et à l'influence politique depuis qu'il impose son pouvoir sur la zone géographique qui lui fut attribuée par la conférence de Yalta. Depuis cette époque il prit l'habitude de financer des organes de presse, des partis politiques, des fondations et autres groupes de réflexion pour favoriser la diffusion de ses idées. C'est ainsi qu'après la guerre il put faire avancer les idées anticommunistes et les idées d'Union Européenne et de monnaie unique privatisée sur le modèle du dollars avec comme vecteurs le Parti Socialiste et la Démocratie Chrétienne afin de battre en brèche à la fois les idées gaullistes et communistes.

Aujourd'hui la guerre médiatique et idéologique a pris une ampleur sans précédent avec la recrudescence des activités militaires de l'impérialisme anglo-saxon.

Dans son espace géographique et politique d'influence cet impérialisme réussit à prendre le contrôle de la totalité des organes de presse comme l'atteste l'unanimité des médias défendant l'incroyable "version officielle" des attentats du 11 septembre, ou plus récemment le médiamensonge éhonté qui servit de prétexte à la destruction de la Libye et au lynchage de Kadhafi. Que même la presse «communiste» héritière de la guerre froide se soit rangée sous ces deux bannières de la pensée unique en dit long sur l'état de la liberté de la presse en France et en Europe. L'impérialisme réussit également à prendre le contrôle de l'essentiel des partis politiques de droite comme de gauche dont les politiciens défendent ses thèses que cela soient sur l'Union européenne, l'Euro ou la diabolisation des régimes politiques désignés pour cible par cet impérialisme comme l'attestent, par exemple les votes politiciens aux assemblées nationales et sénatoriales en France.

 

Un corpus idéologique omniprésent dans les médias

 

Aujourd'hui, l'idéologie de l'impérialisme est asséné sempiternellement par une propagande ne laissant pas la moindre place à la contradiction elle se fonde sur un ensemble d'idées et de valeurs présentées "humanistes" et véhiculées essentiellement par la "gauche" qui devient ainsi, par un retournement étonnant, son principal vecteur politique et idéologique.

 

Les idées fortes sont:

 

  • La lutte contre le nationalisme, afin de détruire les états-nations et les insupportables légalités qui en découlent. Le nationalisme est présenté comme intrinsèquement «fasciste», quand il n'est pas brutalement amalgamé au nazisme, de sorte que, tout opposant à l'impérialisme est taxé de «fasciste» ou "d'extrême droite" et associé aux pires horreurs de la seconde guerre mondiale dont l'histoire est le plus souvent adaptée voir révisée.

  • La promotion du communautarisme et au delà du séparatisme, toujours dans le but de briser les légalités des états-nations. Ici est invoqué un «devoir de mémoire» que chaque groupe communautaire devrait mettre en avant afin de se victimiser et de renforcer sa cohésion et ses revendications spécifiques. L'impérialisme peut ainsi provoquer des troubles communautaires entres différentes «victimes mémorielles»; pensons en France à la population juive «victime mémorielle» de l'holocauste et la population d'origine algérienne «victime mémorielle» des exactions et massacres commis par l'armée française en Algérie.

  • La promotion de l'ingérence humanitaire, en réponse aux troubles et massacres que l'impérialisme aura lui-même commis dans les pays cibles avec ses mercenaires infiltrés, suivant les exemples du Kosovo, de la Tchétchénie, de la Libye et aujourd'hui de la Syrie: les cibles suivantes pourraient être le Caucase russe et le Xinjiang chinois.

  • La promotion du mondialisme présenté comme l'accomplissement de l'idéal de fraternité de tous les hommes mélangés dans une ethnie unique et soudés autour d'un sytème de valeurs et d'une culture uniques, évidemment issus de la sous-culture étasunienne.

 

Cette terrible volonté de domination mondiale de l'impérialisme anglo-saxon ne suscite aujourd'hui aucune réponse politique, idéologique et médiatique appropriée.

 

Très récemment, la Chine et la Russie ont pris des mesures diplomatiques et militaires suite à la destruction de la Libye par l'impérialisme Otanien sous commandement US. Ces puissances ont enfin pris la mesure d'un danger qu'elles avaient jusqu'à présent mal évalué. Cependant, les positions diplomatiques et militaires récemment adoptées par ces deux pays seraient inefficaces si elles n'étaient accompagnées de réponses médiatiques pour contrer la désinformation, pour «réinformer» les peuples des zones sous influence anglo-saxonne, OTAN et OCDE.

 

A cet effort de «réinformation» doit s'ajouter une lutte politique et idéologique axée sur l'opposition entre un impérialisme anglo-saxon stade ultime du capitalisme devenu mondialiste et de l'autre le droit reconnu de nations indépendantes possédant chacunes leurs lois propres pouvant s'opposer à la prédation impérialiste.

 

Cette contradiction, nations contre impérialisme est devenue la contradiction principale remplaçant la contradiction capitalisme contre socialisme devenue secondaire.

 

Un rapport de force doit maintenant s'établir au sein de cette contradiction comprenant contre l'impérialisme les nations libres emmenées par la Chine et la Russie associées aux mouvements de libération nationale des nations assujetties.

 

L'existence de cette contradiction, doit susciter du côté des partisans de la liberté des nations, l'émergence d'un nouveau type d'organisation politique. De nouveaux types d'organisations seraient des mouvements de libération nationale, ils ne feraient plus référence aux concepts de gauche et de droite devenus piégeurs et obsolètes mais à celui de la nécessaire liberté des nations, seul cadre à l'intérieur duquelle la volonté démocratique des peuples pourrait s'exprimer afin de choisir le système social qui leur conviendrait.

 

Suivant cet objectif, des mouvements politiques de masse, de libération nationale avec leurs médias doivent être rapidement érigés et financés pour le bien des nations et de l'humanité entière.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 17:07

 

 

 

Des affrontements politiques fondamentaux ont marqué les 18,19, et 20ème siècle. Affrontements entre royalistes et républicains, puis au 20ème siècle affrontements entre partisans du socialisme, appelés communistes et partisans du système capitaliste. Ces affrontements marquaient des conceptions du monde et de son organisation opposées ou se voulant opposées.

 

 

La question était également: qui allait assurer la souveraineté et dans quel intérêt?

 

Un roi pour les royalistes et dans l'intérêt de la noblesse, le peuple pour les républicains et dans l'intérêt général.

Puis pour les communistes, la classe ouvrière seule devait assurer la souveraineté dans son propre intérêt, intérêt de la classe ouvrière assimilé à l'intérêt du peuple. Les tenants du capitalisme prétendait également que le système représentait l'intérêt du peuple.

 

Les partisans du capitalisme ont finalement réussi à s'imposer, le socialisme s'est partout effondré. Cependant ce type d'affrontement partageant la société en deux camps irréductibles fait il parti du passé ?

 

Le nouvel affrontement en émergence opposant deux conceptions contradictoires est celui qui commence déjà à opposer les partisans d'un nouvel ordre mondial aux défenseurs de la souveraineté des nations.

Ces deux conceptions de l'organisation du monde offrent des paradigmes différents, un paradigme pyramidal et impérial pour un nouvel ordre mondial gouverné par une oligarchie et un paradigme en réseau pour un monde composé de nations souveraines.

 

Quelle est la plus efficace ?

 

 

1ère phase, anglo-saxons et soviétiques, prodrome du nouvel ordre mondial.

Ou l'apprentissage de la dépendance

 

On ne peut évoquer le nouvel ordre mondial en cours d'établissement sans en évoquer les prémisses conséquences de la deuxième guerre mondiale.

 

 

A Yalta en Crimée le 11 février 1945, les vainqueurs sur les puissances de l'axe, soviétiques et anglo-saxons se sont partagés le monde. En se partageant le monde ils devenaient à la fois partenaires, complices et concurrents. La souveraineté et l'indépendance des nations avait déjà sombré, sous les bottes Nazies et fascistes cela rendait la mise en place de leur nouveau pouvoir plus simple.

Chacun de ces deux camps s'est organisé afin de conserver ce pouvoir nouveau sur ce qu'ils estimaient être leur bien. Un accord entre les deux puissances impérialistes assurait la non intervention de l'un dans les affaires de l'autre.

Chacun des ces deux camps s'est d'abord attaché à réduire le plus possible la souveraineté des nations de son camp, c'était le concept de souveraineté limitée. Souveraineté plus aisément limitée, qu'un climat de guerre savamment entretenu instillait la peur de l'autre et bien évidemment préconisait le rassemblement sans faille sous la bannière du maître présentée comme le seul rempart contre l'autre diabolisé à l'extrême.

Dans ce climat, la mise en place de structures supranationales furent présentées comme des organisations de défense et de sauvegarde. OTAN d'un côté auquel fut répondu Pacte de Varsovie de l'autre.

Dans le camp anglo-saxon, pour que la fable démocratique continue d'être cru et fonctionner, on s'est voulu plus formel et moins violent que dans le camp soviétique ou cette fable n'existait pas. Le rassemblement s'est opéré pas à pas, traités après traité, ou à chaque étape chaque nation abandonnait de par sa propre volonté des pans entiers de son indépendance.

 

Dans cet article j'évoque la chronologie de la perte d'indépendance des nations européennes parallèlement avec l'émergence de la crise

http://www.alain-benajam.com/article-30931462.html

 

Dés 1945 tous les pays d'Europe avait perdu de fait cette souveraineté, par l'occupation militaire qui leur était imposée et par les aspects secrets des pactes militaires qui ne fais aient d'eux que des états croupions, incapables de décider de leur destin.

Il y avait dans le camp anglo-saxon deux manières d'avancer dans l'intégration sous leur seul et unique pouvoir. D'un côté la manière forte, régalienne, militaire, de l'autre la persuasion, par la propagande et la corruption.

 

http://www.voltairenet.org/IMG/gif/fr-doc-207.gif1945,  mise en place d'organisation para-militaires entraînées à la répression des partisans de l'autre camp, les «Stay Behind».

 

Cette organisation clandestine opérationnelle dés 1945, souvent composées d'anciens collabos, avait pour but de se préparer à contrer militairement une éventuelle insurrection communiste. Les « Stay behind » doublaient et contrôlaient, vraisemblablement doublent encore, tout l'appareil régalien des états, de manière à assurer que les décisions soient bien prises dans l'intérêt anglo-saxons. Des fichiers seront élaborés, repris des fichiers des renseignements généraux de la collaboration afin de suivre communistes et éventuellement gaullistes. De Gaulle lui même sera surveillé par les RG. Ces «Stay Behind» vont jouer en France un rôle très important dans le suivi des guerres coloniales. En effet dés 1945, quelques velléités françaises prises par le Général Leclerc de négociation avec les indépendantistes vietnamiens seront soigneusement sabotées, notamment par l'Amiral Thierry d'Argenlieu qui mit fin aux négociations en prenant l'initiative de bombarder Haïphong. Le décès opportun de Leclerc dans un accident d'avion sonna l'heure des guerres coloniales au profit du maître anglo-saxon. L'armée française ne servant seulement que de chaire à canon. Il fallait tout entreprendre pour que l'ex Empire français ne tombe pas sous la coupe du complice et néanmoins concurrent soviétique. Puis quand le Général De Gaulle entrepris de rendre l'indépendance au peuple algérien, ces fameux «Stay behind» rebaptisés pour l'occasion OAS tentèrent par 40 fois de l'assassiner.


http://www.voltairenet.org/IMG/jpg/fr-doc-206.jpgUn quarteron de généraux factieux au service des USA

 

 

"Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains
par Thierry Meyssan* »

http://www.voltairenet.org/article8691.html

 

«Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle
par Thierry Meyssan*
»

http://www.voltairenet.org/article8701.html

 

 

 

En réponse aux 40 tentatives de meurtre

 


Corruption de politiciens, de partis politique et propagande.

 

Le but était de faire accroire aux populations de la nécessité d'une intégration économique et surtout politique supranationale afin que le contrôle soit plus aisé. Des politiciens tels que Robert Schuman ou Jean Monet seront employés à la rude tâche de persuader les français d'abandonner leur indépendance, ils en seront largement récompensés. Des partis politiques comme le Parti socialiste ou des syndicats comme FO ou la CFDT sont investis et ne cessent de pérorer sur la nécessité d'une «Europe» intégrée politiquement.

Lire à ce sujet une importante littérature sur les réseaux d'influence anglo-saxon en Europe et en France publié par www.voltairenet.org .

 

"Première partie : du CFR au Bilderberg
Histoire secrète de l’Union européenne
par Thierry Meyssan * »
http://www.voltairenet.org/article14369.html

 

« Cercles d’influence atlantistes en France
La face cachée de la Fondation Saint-Simon
par Denis Boneau* »
http://www.voltairenet.org/article12431.html

 

« Guerre froide économique
Les planificateurs français
par Denis Boneau*»
http://www.voltairenet.org/article15553.html

 

2ème phase: Le Nouvel Ordre Mondial.

 

La fin de l'union soviétique aurait du sonner le glas des affrontements politiques de fond. Certains le croyaient et même parlaient de « fin de l'histoire » pour qualifier la victoire écrasante du capitalisme sur le socialisme par jet de l'éponge de ce dernier. Francis Fukuyama, idéologue de l'Empire étasunien s'est abondamment exprimé sur le sujet relayé comme il se doit par les médias de la propagande officielle.

Francis Fukuyama

http://www.voltairenet.org/auteur5147.html?lang=fr

http://www.alain-benajam.com/article-10470644.html

 

Pourtant dans l'ombre une des nombreuses officine d'intoxication politique étasunienne l'AEI (American Enterprise Institute) sous la férule de Dick Cheney, préparait la suite de l'Histoire en éditant un plan devant permettre d'étendre l'empire anglo-saxon à l'ensemble de la planète: le PNAC (Pproject for a New American Century)

 

L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche http://www.voltairenet.org/article14285.html


États-Unis, Royaume-Uni, Israël
Un réseau militaire d’intoxication
http://www.voltairenet.org/article11497.html

 

L'idée d'un nouvel ordre mondial.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_ordre_mondial

 

 

Nul ne peut contester le terme précis abondamment répété par grand nombre de dirigeants,  « new world oder», nouvel ordre mondial sont trois mots maintenant familiers des discours officiels, Nicolas Sarkosy affecte particulièrement de les marteler, bien que curieusement les médias aux ordres prétendent que cette évocation provient des cerveaux embrumés de quelques complotistes. Le message ne devrait peut être ne rester à leur yeux que subliminal.

 

 

 

Nouvel ordre mondial.... , nouvel ordre mondial...., nouvel ordre mondial. 


 

S'intéresser à l'origine du terme, d'un éventuel complot, d'éventuelle existance de sectes ne présente pas beaucoup d'intérêt.

Il est certain que l'origine du terme et surtout de la volonté d'établir un pouvoir centralisé mondial possède des origines multiples, c'est un faisceau de volontés diverses venant d'idées de gauche voir progressistes comme d'idées de droite fascisantes concourant toutes à la volonté d'établir un pouvoir pyramidal sur le monde.

 

L'idée d'une société pyramidale avec au sommet un maître absolu est très ancienne, elle fait partie des mythes partagés par différentes civilisations. La symbolique du pouvoir et de l'état qui est son organisation, conduit à la pyramide pourvue en son sommet d'une évocation déiste, être suprême, dieu souvent symbolisé par un œil, celui qui surveille ou par la symbolique du triangle équilatéral symbole de la perfection.

 

http://ban-sidhe.com/blog/wp-content/uploads/2007/01/annuitcoeptissmall.jpg

Le grand sceau

Représentation maçonique sur le billet de 1 USD les représentations maçoniques sur ce billet ont été choisi par F.D.Roosvelt qui était franc-maçon

 

 

La franc-maçonnerie utilise largement cette symbolique, ceci a conduit à l'idée chez certains qu'un nouvel ordre mondial serait d'origine maçonnique. Ceci ne peut être le cas, car le mouvement franc-maçon est on ne peut plus divers traversé par des obédiences contradictoires. Il est en France à l'origine de la république dont le fondement est la souveraineté du peuple, celle-ci étant en contradiction avec tout ordre mondialisé.

Par contre il est possible qu'une obédience maçonnique anglo-saxonne, qui ne possède pas les traditions françaises révolutionnaires aurait pu être investie par une élite voulant jouer d'une façon folklorique au complot mondial.

 

Un faisceau de volontés qui concourent au pouvoir mondial centralisé, est composé de trois forces pouvant être contradictoires.

 

1- Volonté anglo-saxonne de dominer la planète militairement après l'effondrement de l'URSS, volonté matérialisée par le «Project for a New American Century», établissement d'un empire anglo-saxon à base étasunienne.

 

2- Volonté d'une élite à base anglo-saxonne plutôt britannique composée de banquiers et de gros industriels de déréguler les légalités nationales afin faciliter la circulation des capitaux.

  • Groupe de Bilderberg sous la houlette de David Rockefeller 
  • Trilatéral

  • Open Sociaty de Georges Soros.

Cette élite est prête à sacrifier les intérêts anglo-saxons pour satisfaire ses appétits financiers.

 

3- Venant de gauche et d'extrême gauche.

  • Idée trotskyste d'un pouvoir révolutionnaire mondialisé, ce qui a fait des trotskystes historiquement des alliés de l'impérialisme US, avec un passage permanent des hommes du trotskisme vers le néo-conservatisme US (jamais l'inverse)

  • Idées de gauche voir communiste se voulant progressistes, voyant dans la fin des nations et l'établissement d'une gouvernance mondial le terme de l'histoire et l'accession de l'humanité à la paix et au bonheur.

 

«Gouvernance globale
Dominique Strauss-Kahn, l’homme de «Condi» au FMI
par Thierry Meyssan*»

http://www.voltairenet.org/article151921.html

 

Le projet d'un nouvel ordre mondial n'apparait ni de gauche ni de droite, démontrant ainsi l'interchangeabilité des hommes et des idées dont Ms Nicolas Sarkosy et Dominique Strauss-Kahn sont la parfaite démonstration.

 

 

Deux paradigmes d'organisation aux effets contraires, la pyramide ou le réseau.

 

La pyramide présente un paradigme ancestrale et classique pour tout pouvoir. Le maître, chef, roi, empereur, dieu, seigneur, comité, décide, les autres transmettent les ordres et obéissent.

Sous le maître des subordonnés et sous les subordonnés d'autres plus nombreux et d'autres encore toujours plus nombreux du sommet de la pyramide jusqu'à sa base. La base, soldats, ouvriers, bas peuple laborieux exécutant les ordres et œuvrant à la fonctionnalité de la pyramide.

Ce type d'organisation est simple et efficace pour un but simple, tout le monde concourt à la même tâche. Un seul ordre, une seule tâche. Le système a tendance à toujours prendre de l'ampleur, la masse de la pyramide est efficace pour intégrer les éléments dispersés ou des pyramides plus petites.

Ainsi fonctionnent les empires. Les centurions de l'empire romains ne savaient combattre que groupés en effectuant des gestes très simples, désorganisés ils étaient vulnérables comme l'ont vite compris les barbares.

En 1880 avec l'industrie mécanisée, un homme théorise sur ce type d'organisation, Frederick Winslow Taylor qui cherche à augmenter le rendement des ouvriers, en parcellisant les tâches à l'extrême et en transformant les ouvriers en machines simplifiées capables de ne réaliser qu'une tache réduite.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Frederick_Winslow_Taylor

 

Dans ce modèle d'organisation, l'initiative n'est laissé qu'au sommet de la pyramide, la base obéissante ne réalise que des tâches parcellaires et simplement apprises. Entre les deux, la hiérarchie ne sert qu'a transmettre les ordres et à s'assurer que les tâches sont convenablement effectuées.

Suite à l'efficacité taylorienne au sein d'une industrie non complexe, ce type d'organisation apparaît naturellement efficace et se transmet au corps social. La pratique d'entreprise devenant naturellement une pratique sociale.

Les syndicats, puis les parti politiques socialistes composés d'ouvriers ne possèdent et pratiquent que ce seul modèle qui sera reproduit au sein de leur organisation.

 

- Si ce modèle est efficace pour des réalisations simples il possède un certain nombre d'inconvénients surtout quand les taches se compliquent.


- L'initiative est limitée car n'appartenant qu'à un seul ou à un groupe restreint.


- Si il y a erreur du maître, celle-ci est reproduite par l'ensemble pyramidal et affecte donc cet l'ensemble.


- La base est déresponsabilisée, elle doit être étroitement surveillée pour accomplir une tâche de qualité médiocre.


- Il y a pléthore d'intermédiaires dans le commandement et la surveillance, intermédiaires qui n'accomplissent pas eux même de tâches utiles, le rendement est mauvais.

 

A partir des années 80 du 20ème siècle apparaissent dans le monde de l'organisation d'entreprise, appelé maintenant «management», une série de contributions et d'ouvrages critiquant le modèle taylorien et souhaitant instaurer un modèle différent. Ce nouveau  model cherchait à introduire plus de responsabilité chez les producteurs, tout en diminuant le nombre de cadres inutiles.

La société US Hewlett Packard qui fabrique des ordinateurs sera à la pointe de cette réflexion.

http://www.humanite.fr/2009-03-16_Politique_Hewlett-Packard-ou-le-management-darwinien


Chaque salarié doit devenir intelligent , responsable et capable d'autonomie chaque salarié doit pouvoir intervenir dans la stratégie de l'entreprise et donc en détenir toutes les informations.

 

La pyramide taylorienne ne peut plus s'appliquer puisque chacun gagne le statut de «manager».

Dans l'industrie automobile, c'est la chasse aux défauts, le nouveau mot d'ordre est «zéro défaut», il ne s'agit plus que les travailleurs ne fassent qu'obéir il leur faut prendre des initiatives et de la responsabilité afin de parvenir à ce but «zéro défaut».

Puis l'usage de l'informatique, avec l'invention du micro ordinateur se développe et  se démocratise.

La communication dans l'entreprise devient un élément majeur, les réseaux informatiques se généralisant. Les rendements sont dopés par ces nouvelles méthodes d'organisation, le taylorisme dans les entreprises devient obsolète.


Pour appuyer cette évolution une nouvelle discipline est apparue dans les sciences humaines, l'ethnométhodologie, cette discipline s'intéresse aux méthodes et savoir-faire «allant de soi», elle définit chez chaque humain une «compétence unique» quasi ontologique fruit de sa propre complexité. Chaque humain possède une histoire complexe qui en fait un être unique. Chaque ethnométhode est issue d'une pratique sociale d'un ensemble appelé «village». Les « villages » se recoupent quand les pratiques se recoupent.

A l'époque le CNPF s'est beaucoup intéressé aux études ethnométhodologiques afin de définir de nouvelle possibilités de management.

L'individu entre dans l'entreprise en même temps que l'ordinateur, qui en devient un prolongement, un nouveau paradigme entre dans les pratiques sociales, le réseau.

 

Le taylorisme et sa pratique entrepreneuriale a marqué les pratiques sociales du 20ème siècle notamment dans la conception de luttes politiques animées par des partis organisés en mode pyramidale. Le réseau et sa même pratique entrepreneuriale ne pourra que marquer les pratiques sociales du 21ème siècle.

 

Le réseau confère avantages et efficacité.

 

Dans un réseau, chaque nœud / individu est relié à tous les autres, il est autonome, il peut prendre toute initiative, même les plus farfelues. Si les initiatives d'un nœud du réseau confèrent un avantage aux autres, libre à eux de les retenir et les appliquer, si elles confèrent des inconvénients, libre à eux de les ignorer. Les autres membres du réseau peuvent même laisser un nœud défaillant de côté et passer par d'autres voies.

Dans un réseau les d'initiatives et les expériences sont multipliées par le nombre de membre du réseau.Chacun peut même améliorer les expériences des autres. L'efficacité peut donc s'élever à la puissance du nombre des membres. Dans l'organisation en réseau il n'y a que des avantages et pas d'inconvénients. Les idées, même celles qui paraissent stupides, sont toujours les bien venues car ne peuvent avoir aucun effet négatif sur l'ensemble et pourquoi pas se trouver géniales utilisées par d'autre.

 

Aujourd'hui les réseaux sociaux entrainent une pratique en réseau d'une quantité accrue d'individus marquant d'une façon indélébile les mentalités politiques.

 

 

Un monde globale soumis à une oligarchie ne pourrait que décliner rapidement, comme ont inexorablement déclinés tous les empires totalitaires qu'ils furent romains ou soviétiques. L'entropie et la mort guettent toujours ce type de construction;

Le réseau présente par contre un paradigme de dynamique sociale inégalé.


Une organisation en réseau nécessite l'indépendance et la parfaite autonomie de chaque nœud, indépendance qui doit permettre à ces nœuds de pouvoir expérimenter ce qu'il juge bon pour lui, puis être adopté, amélioré ou non par les autres si l'expérience leur semble ou non positive.

 

Chaque nation est un «village» ou se produisent des expériences différentes ou les pratiques sociales peuvent être différentes et les lois découlant de ces pratiques sociales différentes, chaque nation / nœud est à prendre ou non en exemple par les autres à leur grès.

 

L'indépendance des nations établies en réseau présente bien un paradigme d'organisation de loin supérieur à ce que le nouvel ordre mondial a déjà imposé et s'apprête à aggraver.

 

Aujourd'hui des forces politiques nouvelles émergent et s'apprètent à entrer en alliance par delà les anciens clivages politiques issus du 19ème siècle.

 

Il y a d'un côté les partisans d'un nouvel ordre mondial totalitaire, partisans issus de la gauche comme en France Dominique Strauss-Kahn candidat des médias ou Nicolas Sarkosy issu de la droite classique.

 

De l'autre le combat républicain fondamental devient le modèle de ceux qui de droite comme Nicolas Dupont-Aignant ou de gauche comme Jean Luc Mélenchon veulent se présenter comme adversaires du nouvel ordre mondial.

Cependant les formes politiques adoptées par les peuples voulant défendre leurs acquis et l'indépendance de leur nation prendront des formes nouvelles ou l'outil réseau en sera l'élément déterminant et ou le leader politique perdra de l'importance.

La forme d'organisation traditionnelle des partis ne peut plus être en cours, mais les symboles politiques évoquant un passé de lutte pour la résistance, l'indépendance et la république doivent être abondamment utilisés comme les figures de Jean Moulin et du Général de Gaulle.



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Le combat pour une république véritable assurant la souveraineté du peuple et qui nous mettrait à l'abri de toute ingérence devient maintenant le combat principale. L'alliance de tous ceux voulant lutter contre le totalitarisme d'un ordre nouveau mondialisé fera immanquablement la victoire.

 

 

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