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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 16:05

 Nation

J'ai revu en grande partie l'article que j'avais écrit il y a plusieurs années, car les récents évènements et notamment le fameux "débat" sur l'identité nationale m'ont permis une réflexion plus approfondie ,surtout avec la prise de conscience de l'instrumentation à des fins effroyables de la signification archaïque de la nation soutenue par les anglo-saxons contradictoirement à la  signification légale française

 

Terme emprunté au latin «natio» dérivé de «nasci» naître. Nation évoque d’abord un ensemble d’individus nés en même temps dans un même lieu. Dans l’empire romain chrétien le terme «natio» est attribué aux barbares non-chrétiens, il recoupe en partie le mot tribu.

Au moyen âge «naciuns» (1120-1165) signifie naissance dans le sens de «extraction, rang, famille», puis (1175) le terme renvois à une communauté d’origine de langue et de culture. Il peut évoquer plus tard (17ème siècle) une communauté d’intérêts, comme des marchands.

Le sens fort de nation qualifie la naissance dans une communauté donnée avec une connotation de coalition soit implicite soit explicite.

Au 18ème siècle avec la Révolution française le terme évolue en accentuant le sens de coalition pour devenir une entité politique identifiée au tiers état (Sieyès) puis prend sa définition de «personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l'état» par arrêté du 23 juillet 1789. (D'après Alain Rey in Dictionnaire historique de la langue française)

Il y a donc deux sens pouvant être compris dans le mot Nation, un sens archaïque, pré révolution française et un sens moderne issu de cette révolution.

Ces deux sens ont des significations politiques profondément différentes et impliquent des rapports différents à la Nation.

Un sens, celui qui est la signification officielle depuis le 23 juillet 1789 est porté évidemment par la France. C'est le sens de l'appartenance légale à la Nation, sens issu des réflexions de Montesquieu dans «L'esprit des Lois». La nation est composée de citoyens libres et égaux en droits soumis aux mêmes devoirs et possédant les mêmes droits. Droits et devoirs sont explicitement consignés et composent la Loi. La Loi commune, explicite selon Montesquieu est l'essence de la Nation. Cette définition de l'appartenance a été complété par les lois de 1905, séparant l'église et l'état et supprimant tout aspect implicite dans l'appartenance nationale, notamment l'appartenance religieuse.

La république, lieu de la souveraineté du peuple est neutre de toutes idéologies, elle est le bien commun de peuples divers issus des tourments de l'histoire, intégrés de fraiche ou de longue date, de gré ou de force dans la communauté française. Peuples issus de toutes cultures, germanique, romane, italique, celtique et maintenant nord africaine et de toutes religions, catholique, protestante, israélite ou musulmane. Ces peuples obéissant aux mêmes lois forment la Nation française.

La Nation française n'exige d'autre intégration de la part de ses citoyens que leur soumission à la loi commune, laquelle consignée est consultable par tous. Nul n'est censé ignoré la loi.

Nous avons la un système moderne d'appartenance qui seul peut permettre à des populations diverses comme celles de tous pays d'aujourd'hui, de vivre en bonne intelligence. Ce système légal d'appartenance d'origine française est peu ou prou adopté par l'ensemble des nations, cet ensemble de nations se reconnaissant légalement mutuellement sont adhérentes à l'Organisation des Nations Unies. L'appartenance légale à chacune de ses nations est démontrable toujours explicitement par la possession de papiers d'identité nationale ou par un passeport national.



Pourtant une autre acception de la Nation existe. Cette acception est idéologique, non légale, elle est issue de significations antérieures à la révolution française et portée surtout par les anglo-saxons. Les anglo-saxons enseignent dans leurs écoles, soit sur leurs sols soit dans celles, nombreuses qu'ils subventionnent ou influencent dans tous pays (par exemple en Tunisie) une toute autre signification de la nation, cette signification est identitaire. L'appartenance nationale est définie par une communauté de langue, de culture et de religion elle est donc implicite, car nulle loi ne vient démontrer cette appartenance et elle est non légale car cette communauté ne recoupe pas toujours voir jamais les nations légales.

Non légale, ce type d'appartenance est soumise à l'appréciation de chacun et les pratiques visibles d'adhésion «nationale» c'est à dire d'intégration font l'objet permanent de querelles et de polémiques sans fins puisque non explicitement décrites: port d'un foulard, d'un turban, d'une kipa, d'un prénom, l'usage d'une langue locale etc... devenant pour certains et pas pour d'autre des pratiques d'exclusion.

Il n'y a donc que deux issues possibles à ce type d'appartenance, marquant deux tendances: le séparatisme et l'élimination physique ou nettoyage ethnique.


On voit donc tout l'intérêt politique que les promoteurs anglo-saxons de la nation « ethnique » peuvent tirer. En premier,  balkanisation des nations légales comme en Yougoslavie et en corolaire leur affaiblissement rendant inopérantes les lois de contrôle économique et permettant ainsi la libre circulation des capitaux et la libre recherche du moins disant social. Puis nettoyage ethnique, guerre de civilisation, permettent l'institution de chaos permanent avec l'espoir de recompositions au profit des déstabilisateurs anglo-saxons. Nous voyons de nombreux exemples dans le monde de ce type de querelles conduisant à des guerres atroces, Yougoslavie, Palestine, Liban, Irak.

Lire l'article de voltairenet.org sur le chaos créateur.

Le nouvel ordre mondial promis doit sonner le glas des nations légales et instituer en lieu et place une balkanisation communautariste qui ne pourra jamais avoir de fin car les critères d'appartenance non légaux son infinis et indéfinissables.

Il existe une idéologie française, celle qui a institué et promue dans le monde la légalité, c'est notre bien et notre identité commune la seule existante car descriptible.

La seule façon d'envisager une Nation dans la paix et le développement est bien celle définie en France le 23 juillet 1789 et offerte ce jour au monde.

 



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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 18:24
Par Edmond Defechereux


Vieux rêve des penseurs humanistes de tous poils, vue comme condition de la fin des guerres sur le vieux continent selon certains, l’Europe Unie, qui semblait exister après un démarrage apparemment convaincant, subit depuis quelques mois de fameux revers dans sa construction. Et pourtant la monnaie euro existe, mais est-ce assez pour donner aux gens de tous ces pays de l’Union la conviction d’avoir une véritable identité européenne digne de ce nom?

«L’Europe de papa est morte! », ainsi s’exprimait un député français quelques jours avant les élections européennes du 13 juin 2004. Dénonçant les tares du projet de constitution européenne, qui sera rejeté quelques mois plus tard par la France et la Hollande, ce politicien gaulliste considérait que le grand marché constitué par l’Europe doit être placé sous l’autorité de l’Union des États souverains. S’opposant ainsi à la mise de ce marché sous la coupe d’une Europe Unie fortement intégrée tombant sous domination américaine par la voie de la mondialisation. Les souverainistes, en effet, ne reconnaissent qu’une seule entité politique tangible pour faire l’Europe: les Nations.

À toutes les époques, des hommes politiques ont rêvé d'une puissance européenne pesant d'un seul bloc sur la marche du monde. L'Union européenne est fondée sur l'idée que des pays proches les uns des autres doivent s'entendre, s’unir, même n’en former qu’un seul. Chacun se réjouit de la paix retrouvée et du développement des échanges économiques. On en tire argument pour déduire qu'au nom de cette proximité géographique, ces États doivent fusionner. Or, la globalisation a relativisé la notion de proximité : les Européens s'intéressent maintenant bien plus au reste du monde qu'à leurs voisins.

Selon les pères fondateurs de l’Europe, les nations européennes avaient des intérêts communs qui les portent à s'unir. Ayant intérêt à vivre en paix, elles sont pourtant en concurrence permanente. Chaque État veut conserver la haute main sur des secteurs considérés par lui comme vitaux et défend sa propre identité nationale, linguistique et culturelle.

En politique internationale, ces États poursuivent des objectifs qui leur sont personnels, surtout dans les pays du Tiers-monde.

Les Européens partagent des valeurs communes, les droits de l’homme, mais ces droits dépassent maintenant l’Europe elle-même, car ils sont devenus universels.

L’Europe était donc devenue une nécessité. Malheureusement les divisions entre États européens apportent à ce point de vue idyllique un démenti des plus cruels.

Facile à réaliser à six, l'Europe l’est plus difficilement à vingt-cinq. Comment encore pouvoir arriver à établir une politique étrangère et de défense commune: le conflit irakien l'a bien prouvé. Gros problème de politique internationale: comment arriver à imposer des décisions à la majorité qualifiée, remplacer par l'Union européenne la France et l'Angleterre comme membre permanent au Conseil de sécurité, tout cela serait pure chimère aux yeux de certains spécialistes en politique internationale. Et que dire sur les mésententes des États quant au degré d’ouverture des frontières commerciales de l’Union.
Ainsi donc, l’Europe des Pères fondateurs est bel et bien morte, selon les observateurs, elle aurait épuisé ses effets «comme tout système qui ne correspond plus à l’état du monde».

Si donc une Europe intégrationniste ne répond plus à la donne mondiale ni aux intérêts de certains des États concernés, par contre une autre Europe est possible, pour autant qu’elle ne se substitue pas aux nations la constituant pour en faire un État géant, une super-puissance. Il s’agit du modèle politique de l’Union des États souverains, construite sur base d’un pacte élaboré avec souplesse dans l’intelligence des réalités.

Cette union conserverait le marché économique unique, mais en simplifiant l’hyper-réglementation communautaire, vraiment trop difficile à utiliser.

Il convient aussi de maîtriser la mondialisation sauvage, les délocalisations et les pertes d'emplois. Il incombe la Commission européenne de veiller à une concurrence loyale, sans entraver la politique industrielle des États ni porter atteinte à leurs services publics.

Sont envisageables, des politiques communes, la protection de l'environnement, des normes de sécurité sanitaire garantissant la libre circulation des biens et services, une coordination des transports. La Banque centrale européenne devrait être placée sous la tutelle du Conseil européen qui peut lui adresser des directives.

Ce grand marché doit être placé sous l'autorité de l'Union des États souverains, dont l'objectif est la sécurité collective en Europe. Le pacte des nations devenant le socle d'un Conseil européen de sécurité qui règle les litiges entre les États européens, assure une défense commune de notre continent. C'est là le domaine de la coopération intergouvernementale. Sur une base volontaire, ces États devraient se donner les moyens d'agir ensemble sans contraintes procédurales.

Ce pacte européen n'empêcherait nullement des coopérations renforcées entre États le souhaitant. La souveraineté de la France, libre de poursuivre la défense de ses intérêts en toute indépendance dans le monde, ne serait pas contestée.

À la différence du projet de Constitution, rejeté par la France et la Hollande l’an dernier, le pacte ne limiterait pas les États à l'ambition de l’institution «Europe», mais serait le ciment d'une solidarité croissante des Européens entre eux, tout en sauvegardant l'indépendance de la France et des autres nations dignes de ce nom.

L'instance suprême du pacte en serait le Conseil européen des chefs d'États et de gouvernements, avec une présidence tournante entre les six Grands : Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pologne et France, les autres détenant les présidences de la Commission. Le conseil des ministres assisterait le Conseil européen et contrôlerait la Commission. Le Parlement européen devenant une émanation des parlements nationaux, un véritable Congrès des Nations.

En dehors de ce projet, il n’y aura jamais d’Europe véritable, concrète, si ce n’est en dehors du mythe «Europe» dont semble se satisfaire nos dirigeants.

C’est ainsi qu’un député souverainiste concluait son article sur la question (Le Monde, mardi 1er juin 2004).

Voyons maintenant d’autres aspects du problème, apportant des nuances à ce noir tableau de la naissance de l’Europe Unie.

Selon les adversaires de l’intégration européenne, «le projet de constitution européenne et l’idée même d’une Europe fédérale est une attitude antirépublicaine et antidémocratique qui se moque de l’opinion des peuples et qui tourne à une forme subtile de collaboration avec la volonté de puissance des intérêts supranationaux.» (Alexandre Dorna, professeur de psychologie sociale et politique à l’Université de Caen, décembre 2004).
Selon ce spécialiste, l’enjeu du projet de Constitution n’est pas fondamental pour les Européens, et encore moins pour le reste de la planète. Le véritable enjeu n’est pas d’accepter les lois du marché, mais de les remplacer par un mode de vie qui ne tire pas son énergie du malheur des autres. Le vrai enjeu digne d’être appelé «républicain» est d’arriver à générer l’enthousiasme contagieux des citoyens, afin de les rendre aptes à exercer un contrôle direct sur le pouvoir et ses dirigeants et d’empêcher le renforcement des oligarchies qui brident la volonté citoyenne. Le discours européiste actuel des élites est une idée «nationaliste eurocentriste» (autant de gauche que de droite) qui fait appel au mirage, véritable mythe (dans le sens péjoratif du terme) d’une Europe politique unie face aux États-Unis, mais déjà corrompue par l’internationale de l’argent et l’échec économique du communisme comme système de cumul égalitaire des richesses.
En effet le discours prônant cette union des États européens faisant face ensemble au mastodonte américain est seulement rhétorique, car ceux qui le tiennent n’ont rien d’offensif et ne sont en fait pas partisans d’une vraie alternative face aux U.S.A. Ce n’est, en fait, de leur part qu’une réponse malingre de politiciens pragmatistes fabriquant des programmes à la mesure de leurs ambitions individuelles, et ce dans le cadre plus général d’une mondialisation économique dont leur échappent tenants et aboutissants. Voilà pourquoi l’État nation reste le dernier bastion légitime d’une politique inspirée d’une philosophie morale où la culture humaine est le socle de nos valeurs. La politique dictée par les multinationales mondialisées ne possède aucune philosophie mais seulement des logiques et des mécaniques de pouvoir, dont les pilotes ne réfléchissent pas aux conséquences ultimes de leurs décisions et actions.
Vint alors le fameux moment de la ratification de la Constitution européenne. Tout le monde sait qu’elle a été acceptée par certains pays, sans doute parce que leurs dirigeants y trouvent avantage. Elle a été rejetée par referendum par la France, puis par la Hollande. Certains pays ont évité tout referendum, par exemple la Belgique!
Donner à l’Europe une constitution, c’est bien beau, mais qui ne voit que cela va rendre caduques les constitutions des différents États membres? Une fois adopté, ce texte supprimera en fait la compétence de chaque État sur toutes les matières importantes, puisque la voix de la Commission de Bruxelles sera prépondérante. Une puissance comme la France sera ainsi réduite à la portion congrue, puisque elle ne disposera plus que de 8 % des droits de vote dans un ensemble dominé par des États soucieux de ne jamais déplaire à Washington. Il n’y aurait plus à Paris qu’un gouvernement s’occupant d’affaires sans importance, incapable d’adapter la politique économique et sociale aux réalités françaises suivant les situations et les conditions du moment. Paris devrait se plier aux décisions prises par les tendances européennes majoritaires qui ne pourraient qu’être inadéquates.
Mais qu’est-ce que ce mouvement politique français qui s’oppose à l’intégration européenne et qui s’appelle «souverainisme»? Et sur quoi porte cette souverainetéqu’il revendique ? Le contexte européen réduit ce mot à un seul de ses aspects: le maintien de la souveraineté nationale dans le cadre de la construction européenne, alors que les questions qu'il embrasse sont beaucoup plus larges.
Selon Paul-Marie Coûteaux, son premier théoricien, le souverainisme n'est rien d'autre que «le cœur caché de la politique de la France depuis des siècles, la défense de la souveraineté nationale et populaire, autrement dit la défense du primat du pouvoir légitime sur les pouvoirs de fait, selon la vieille dialectique où s'inscrivit toujours la politique française dans ce qu'elle a de plus constant : la défense, vis-à-vis de l'extérieur, de la souveraineté de la nation face aux hégémonies et aux Empires, et, à l'intérieur, l'affirmation de la souveraineté de l'État face aux féodalités de tous ordres, ainsi que l'illustration d'une civilisation originale dans un monde qui tend plus que jamais à nier l'originalité et la diversité des peuples".
Ce qui, aujourd'hui, assure la paix du monde et protège la pluralité des nations, c'est précisément la Souveraineté.
La Souveraineté est un concept juridique qui, au plan international, place sur le même pied des puissances par nature inégales, et qui, au plan de la politique intérieure, affirme la supériorité du Droit, de la Loi et finalement du Bien commun, ce que Bodin appelle la "res publica", contre les intérêts particuliers et les coalitions intérieures qui cherchent à s’emparer des pouvoirs de l'État. Il est donc une double pensée de l'indépendance : celle de l'État-Nation par rapport aux autres puissances extérieures; celle de l’indépendance d'un État suffisamment détaché des intérêts particuliers pour travailler à ce que commande le Bien commun.
Le souverainisme se trouve au-dessus de toutes les idéologies et de tous les groupes politiques, tant de droite que de gauche, en ce qu'il s'intéresse d'abord à la possibilité même qu'il y ait une politique, un cadre politique, la Nation, et un instrument politique à son service, l'État.
Contrairement à l’Europe des souverainetés, qui existe vraiment, l'Europe des fédéralistes n'a jamais existé et n'existe toujours pas. De l'aveu même de ses propres partisans, elle est une utopie qu'ils sont incapables de décrire avec un peu de précision et dont ils ne peuvent même pas assurer qu'elle existera un jour. Et c’est probablement parce qu’elle n’est actuellement encore qu’un phantasme que chacun peut lui attribuer toutes les vertus. Tandis que l’Europe des souverainistes, réalité tangible, elle, se prête à l’analyse, car elle a existé depuis longtemps. Elle a duré à peu près jusqu’au tournant fatal de 1983: à cette date l’Europe a cessé la fille des nations européennes pour devenir leur ennemie.
Pourtant, pendant environ un quart de siècle, il n'y avait pas eu d'autre Europe que celles des souverainetés nationales. Ainsi en était-il de l’Europe du Traité de Rome. On n’y trouve ni Haute Autorité supra-nationale, ni abandon de la souveraineté. Les créateurs du Marché Commun ont tiré les leçons de l'expérience. Ils en sont revenus à la bonne vieille diplomatie classique. Ils ont fixé le but et l'établissement d'une Union Douanière. Ils en ont précisé les étapes et le calendrier. Puis ils ont assigné leur rôle aux Institutions.
Le Conseil, où siègent leurs gouvernements, est l'unique instance pouvant décider.
Une Commission européenne, composée de personnalités indépendantes, a le monopole des propositions, mais c’est le Conseil qui "dispose". La préséance du Conseil est d'autant plus inexpugnable que la Commission n'exerce ses compétences que dans les limites d'un Traité qui a tranché avec soin les questions de principe et qui, s'il concerne l'économie, ne concerne que ça et rien d’autre. Les États, au contraire, débordent de toutes parts la Communauté qu'ils ont créée. Au Conseil la règle est l'unanimité. Ce système a duré vingt-cinq ans. À l'unanimité les États ont refusé la grande zone de libre-échange, accéléré le calendrier de l'Union Douanière et adopté la politique agricole commune.
La Commission, d'empiètement en usurpation, a tenté de subvertir l'ordre institutionnel du Traité. Mais les États l'ont remise à sa place avec ce qu'on a appelé le "compromis de Luxembourg". Neuf ans plus tard, l'institution du Conseil Européen, placé au sommet de la pyramide des Institutions, est venue confirmer la volonté des États de garder la maîtrise de leur création.
Si on devait ajouter foi à ce que disent les ennemis de la souveraineté nationale, il faudrait imaginer que cette période a été frappée de blocages permanents et marquée de stérilité absolue. Or il n’en a rien été.
C'est cette Europe des souverainistes qui fut l'âge d'or de la construction européenne. Elle n’était donc pas une collection d'États recroquevillés sur eux-mêmes, se regardant en ennemis.
Selon ses adversaires, l’Europe des souverainistes a peut-être correspondu à un stade inévitable de la construction européenne, mais il faut passer désormais à un autre niveau où elle n'a plus sa raison d’être. Il faut choisir entre le progrès de l'Europe et le maintien des souverainetés nationales.
On a accusé la France de se replier sur elle-même. Alors que c’est l’Europe des souverainetés qui a multiplié les échanges commerciaux et créé le Marché Commun. Pourquoi les souverainistes reviendraient-ils là-dessus pour le contester? Pourquoi la France, si ouverte au commerce mondial, se couperait-elle des échanges européens? Alors que ce sont précisément les souverainistes qui sont maintenant les derniers défenseurs du Marché commun et de la préférence européenne.
Autre reproche, plus grave s'il était fondé, fait aux souverainistes : en bloquant les progrès de l'Europe, les souverainistes compromettraient les bases de la paix et de la sécurité de notre continent. C’est faux: c’est là confondre la cause et la conséquence, car la construction européenne n'est pas la cause de la paix en Europe, mais sa conséquence. Ce qui a garanti le continent européen du danger soviétique, c'est l'alliance américaine et la bombe atomique. L'Europe s'est faite sous la protection du NATO. Quant à la réconciliation franco-allemande, elle a été la condition absolue de la construction européenne bien avant d'en recevoir les effets bénéfiques.
Réguler, pacifier, civiliser la mondialisation, voilà ce que devrait être la grande ambition de l’Europe des souverainistes. Au lieu de mondialiser l'Europe, elle viserait à européaniser la mondialisation. Sans négliger de se protéger de ses excès, elle veillerait à les corriger.


Note: la bibliographie du sujet étant trop abondante, nous nous bornons à renvoyer, d’une manière générale, à l’ouvrage en 3 vol. de SEEBACHER et COMPAGNON, L’esprit de l’Europe, qui comporte des études historiques et sur l’histoire des idées. Ce livre existe en traduction roumaine. Voir aussi sur la Toile dans les Archives de Vox Latina le fil adéquat.
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 15:18

Dissidence.



Dans le monde se prétendant bruyamment démocratique et vertueux, l'habitude a été définitivement prise de limiter l'opinion politique à deux camps. Droite contre gauche, conservateurs contre travaillistes, républicains contre démocrate, etc... Dans tous ces pays, appelés également «occidentaux» une alternance bonne enfant porte régulièrement aux pouvoirs les uns et les autres se disant opposés. En général un camp chasse l'autre à l'élection suivante. Dans chacun de ces camps, des politiciens professionnels, formant une «nomenklatura» jouent des coudes pour parvenir au pouvoir quand sera venu le tour du camp auquel ils appartiennent, un vrai bonheur pour eux, le pouvoir, enfin!.

A l'observation aucun changement notable n'est jamais issu de cette merveilleuse alternance «démocratique» personne n'a vu venir la crise annoncée. Pourtant chacun dramatise à l'extrême la position politique de l'autre pour le présenter comme ennemi. Les uns, accusés de favoriser le «patronat» les autres les fonctionnaires dans de ridicules pantalonnades.


Pendant ce temps et sans que jamais nos merveilleux compétiteurs de la démocratie en marche ne s' aperçoivent de quoique ce soit, le monde s'enfonçait dans une crise systémique pourtant prévisible et prévue... mais par d'autres!

Cette crise, ne pouvant plus être cachée vient soudainement, d'éclater dans les médias et nos politiciens font mine maintenant (ou peut être pas )de la découvrir.


Les autres, les inconnus avaient pourtant donné l'alerte depuis bien longtemps. Beaucoup avaient prévu cette crise, des analystes financiers, des intellectuels, des organisations, des individualités avaient décrit par la menu ce que nous encourions, l'Internet fourmillait d'avertissements. Ici même, dans le présent blog, j'avais il y a plus d'une année critiqué les candidats à la fonction présidentielle dans un article intitulé: «Ce qui ne sera pas évoqué par les candidats ou les sommets d'une imposture électorale» en leur reprochant de na pas aborder l'essentiel, c'est à dire la crise qui s'annonçait ( article écrit le 30 avril 2007)


La crise systémique et historique ne pouvant plus être niée, il est temps aujourd'hui d'analyser les raisons, non pas de la crise, de nombreux analystes sérieux s'y sont penchés, mais de cet autisme des politiciens face aux réalités du monde.


Il est temps également, si nous voulons sortir de cette crise qui ne fait que commencer de voir comment des forces politiques s'opposent véritablement aujourd'hui. D'un côté un établissement politico-médiatique partageant la même vision d'un monde virtuel et de l'autre, ce qu'il faut bien appelé des dissidents attachés à suivre les réalités.


Comment une idéologie dominante consensuelle (bi partisane) a t-elle pu éliminer jusqu'au souvenir toutes contestations du système et le laisser courir ainsi jusqu'à sa perte?

 

D'abord, nous avions constaté, nous les autres, les dissidents que les politiciens professionnels de droite comme de gauche avaient abandonné toute analyse technique du réel pour s'engluer dans le conformisme d'un monde légendaire habilement présenté par ce qu'il est convenu d'appelé les médias.


Les thèmes de ce monde virtuel politico-médiatique nous sont servis depuis un bon moment, mais ils se sont systématisés et pris de l'ampleur depuis le 11 septembre 2001.

Ces thèmes sont simples pour les petits esprits de notre droite / gauche.


Chez les anglo-saxons c'est toujours mieux, ils sont infaillibles et vertueux, quand ils massacrent industriellement c'est toujours pour la démocratie et le bien des peuples. Le «Rêve Américain» est l'exemple donné au monde. Les arabo-musulmans sont les ennemis du monde civilisé et libre, ce sont des suppôts du terrorisme auxquels il faut faire une guerre sans merci, quitte à limiter nos libertés. Toute version d'un événement apportée par les anglo-saxons est automatiquement une vérité, point n'est besoin d'aller vérifier, toutes contestations n'est que rumeur négationniste.

La France c'est toujours ringard.

Cette vision du monde est quelque peu écornée mais semble vouloir se refaire une santé avec la victoire électorale de Barak Obama.


La gestation.


Depuis 200 ans les anglo-saxons et leur idéologie dominent le monde, (voir le syndrome de Fachoda). Ils dominent le monde de deux façons, d'une part par la guerre, en justifiant cette première domination par une idéologie religieuse biblique et raciale qui les présente comme le peuple élu de Dieu et devant gouverner le monde. D'autre part par la finance, ils ont imposé au monde un système financier par lequel ils n'auraient plus à produire de richesse mais seulement récolter ce que les autres produisaient. Un premier concept, celui de la «Compagnie des Indes» fut expérimenté dés le 18ème siècle et mis place un système de prédation coloniale chargé d'alimenter la machinerie industrielle britannique. Les immenses profits recueillis par la domination coloniale ont servi à établir des banques et à forger un système financier habile ou la spéculation remplaçait petit à petit la production de richesses consommables.

La mise en place de ce système financier c'est faite inexorablement par étape jusque sa phase ultime d'aujourd'hui. Toujours, depuis le 18ème siècle, les anglo-saxons ont été les acteurs principaux du système en train de s'effondrer sous nos yeux. Il est vrai que d'autres ont été plus ou moins des acteurs secondaires, comme la France qui a perpétuellement oscillé entre le tropisme anglo-saxon et sa propre idéologie républicaine, s'opposant naturellement à la prédation britannique.

Depuis le début du 20 ème siècle, les USA sont intervenus dans ce jeu financier et y ont pris une part active voir prépondérante tout en restant sous la houlette britannique dans des «special relationships» et un axe financier la City / Wall Street dominant le monde. Par pure convention j'appelle donc anglo-saxon l'alliance entre les USA et le Royaume Uni associé à quelques restes de son empire ou les descendants des anciens colons britanniques sont majoritaires, comme le Canada, l'Australie et la Nouvelle Zélande. (voir  l'Impérialisme) A ce club anglo-saxon vient s'adjoindre depuis 1947 un état israélien sioniste qui partage fondamentalement avec les anglo-saxons la même idéologie religieuse biblique à fondement raciste.

Ce club, débarrassé de l'empire soviétique concurrent va mener le monde par le bout du nez sans aucune contrainte ni contestation depuis les années 90 jusque maintenant.


Le déploiement.


L'effondrement de l'URSS puis avec elle celui des partis communistes ont laissé le champ totalement libre au déploiement sans restrictions ni contestations d'une machinerie politique, médiatique, militaire et financière. Cette machinerie n'étant soumise à aucune régulation s'est emballée jusqu'au résultat que tout le monde peut maintenant constater.


La machinerie politico-médiatique, est fondée déjà sur l'extraordinaire travail d'influence politique engagée depuis 1945 contre les Parti Communistes. Les USA, la Grande Bretagne et Israël ont énormément investi dans un travail de fond permettant de placer ses agents d'influence dument rémunérés à la tête des médias, des partis politiques et des états. Cette influence s'est exercée à égalité à droite comme à gauche non communiste. Voir les études du Réseau Voltaire. Cette influence s'est exercée par le biais d'une multitude de fondations et de clubs aisément rémunérables de l'extérieur. Ces agents d'influence avaient pour tache de défendre les intérêts anglo-saxons et sionistes et de présenter leurs actions, même les pires comme positives car relevant de la défense d'un monde libre menacé. Cette influence s'est également fondée sur les dispositions secrètes du pacte atlantique soumettant l'organisation régalienne des états «occidentaux» au contrôle des anglo-saxons en laissant ces états assujettis dans une souveraineté limitée.

A partir du 11 septembre 2001 ces dispositifs d'influence politique déjà en place ont servi à justifier la nouvelle politique anglo-saxonne de guerre au terrorisme. Il ne s'agissait là que d'une continuité d'action de la lutte contre le «communisme» à celle contre un terrorisme fabriqué et manipulé.

A cet égard l'organisation par des forces politiques et militaires anglo-saxonnes du complot du 11 septembre 2001 marque une étape fondamentale dans leur dispositif. Elle désigne expressément un ennemi, l'islam et les arabes, les communistes ayant disparu, elle permet également d'intégrer pleinement Israël dans le champ de bataille et de pouvoir ainsi utiliser en l'instrumentant, l'arme absolu de l'holocauste des juifs.

Tout opposant, tout dissident devra être ainsi taxé d'antisémite et de négationniste. Cette force politique va être essentielle et déterminante dans l'anesthésie de toute contestation politique et le déploiement sans contrainte de leur machinerie. Un terrorisme intellectuel ou personne n'osera pouvoir être taxé de négationniste et d'antisémite s'impose.


Les médias, viennent toujours en synergie de l'idéologie politique, ils servent à édicter les thèmes à donner le «La».

Le thème principal est de remplacer par des «bons sentiments» toute analyse politique permettant de critiquer le système anglo-saxon, de promouvoir les icônes et fustiger les diaboliques. Bien évidemment dans ce manichéisme, les anglo-saxons sont toujours les bons. Les méchants sont maintenant les arabes musulmans forcément antisémites car ils ont pour ennemi l'état d'Israël allié, peu importe la raison objective de cette opposition.

Une rhétorique de fond est promue ou tout contestataire du système financier anglo-saxon est devenu par entraînement fasciste, antisémite et négationniste.

Ce sont par exemple les accusations portées depuis toujours contre Lyndon Larouche, économiste étasunien de renommée mondiale et qui met en garde le monde depuis plus de dix ans contre le système financier d'origine britannique qui vient de s'effondrer. Ce sont ces même accusations proférées contre Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire qui depuis prêt de dix ans également s'attache à démonter le système anglo-saxon. Quoi de plus terrible que d'être négationniste! Ayant désigné les diaboliques il s'agit de présenter également quelques icônes propres à satisfaire les besoins de la «gauche» en engagement dans la bonté intrinsèque et le don de soit, sans que jamais ne soit engagé de réflexions sur les causes des malheurs du monde. Quelques visages chenus et penchés sous le poids de la bonté d'âmes feront l'affaire, le Dalaï Lama, mère Thérésa, le pape de Rome, chacun pouvant choisir parmi les icônes publiques son visage penché et souriant béatement, le cœur submergé par l'émotion.

Mais aujourd'hui est apparu l'arme fatale, un nouveau président étasunien noir ou presque , fa-bu-leux!

L'image médiatique de «l'Amérique» s'étant totalement effondrée sous le poids de la crise systémique attribuée aux USA (ce qui n'est qu'a moitié vrai puisque les britanniques en sont co-responsables), une divine surprise s'est soudainement manifestée à l'establishment anglo-saxon en la personne du candidat Barak Obama. L'opprobre de l'effondrement pourrait être aisément supportée par Georges W Bush, cet abruti et un nouveau président jeune, beau et bronzé pourrait apparaître comme le messie pour sauver «l'Amérique», le monde... et la finance!

L'establishment anglo-saxon a payé sans compter pour faire repartir son «Rêve Américain» quelque peu brouillé, rêve sans lequel la finance ne pourrait fonctionner. Un milliard de dollars après, ils n'ont pas lésiné sur les moyens, il y avait le feu et nous voilà reparti pour un tour de rêve. Un tout petit tour, car l'homme en question tout métis qu'il soit n'est que l'homme des financiers de la City, très grassement payé par Georges Soros il n'a certainement pas l'intention de réformer le système déjà par terre. (Un autre poulain de Soros, Saakashvili a récemment essayé de fomenter une guerre entre le Russie et les USA, inquiétant!). Mais voilà, notre gauche de salon, déjà habituée au racisme avec les caricatures de Mahomet, trouve que le taux de mélanine dans l'épiderme fait vertu par automatisme.


Comment fonctionnent les médias officiels et comment un même thème politique se retrouve multiplié à l'identique dans tous les supports sans qu'aucune contestation jamais ne sorte? Je ne peux que constater et penser légitimement qu'il y ne peut y avoir qu'un chef d'orchestre et des rédactions se trouvant dans l'obligation de reproduire, sous quelles contraintes:? Argent, menace?

Comment cela fonctionne t-il réellement je ne pourrais le dire, mais un jour il serait intéressant d'avoir la réponse.


Aucun média n'a parlé de crise systémique avant qu'elle ne deviennent évidente, alors qu'elle était annoncée par beaucoup de dissidents. Aucun média n'a posé la moindre question sur l'incroyable version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Voilà qui devrait faire réfléchir les défenseurs bruyants de la liberté de la presse, mais ils sont toujours absents quand on aborde les sujets de fond .


Depuis fort longtemps beaucoup d'hommes et de femmes critiquent ce système, mais chacun ne présente qu'un élément de cette critique, militaire, financière ou médiatique.

Cette critique est avant tout celle d'un système mis en place par les britanniques suivis par les USA. L'escroquerie d'un «Rêve Américain» se transformant en cauchemar en est l'élément fondamental. Cette critique pour être efficace ne peut être que globale et totale.

Toutes les arcanes du système sont imbriqués car l'aspect politique et médiatique a pu anesthésier toutes contestations et empêcher toutes réformes.

Ce système est un tout, portant sa propre logique criminelle aboutissant à des millions de morts. Cependant les attentats du 11 septembre 2001 en sont l'élément fondamental, c'est le point d'orgue, à la fois le début et la fin, l'alpha et l'oméga, car ils ont permis une formidable accélération du processus en tuant dans l'œuf toutes les contestations.

Toutes les institutions politiques, médiatiques et morale de l'«Occident» se sont engagées sans retenue pour valider la thèse anglo-saxonne d'un complot islamique le 11 septembre 2001, ces mêmes institutions ont ignoré la crise comme elles ignorent toujours la catastrophe qui s'annonce. Ces institutions, nos institutions ont failli, il est vitale de les remplacer, virer G. W. Bush ne peut suffire comme ces institutions semblent l'espérer et vouloir y croire.

Ainsi demander qu'une véritable commission d'enquête internationale puisse faire jaillir la vérité sur ces attentats est l'acte le plus révolutionnaire qui soit.


Il est temps maintenant que tous les dissidents s'unissent, ceux qui pensent être de droite et ceux qui pensent être de gauche et reprennent vite en main la vie politique de ce pays. En aucune manière nos institutions politiques ne sont en train de suivre le chemin de la clairvoyance et sont susceptibles de prendre les bonnes décisions, bien que chez Nicolas Sarkosy apparaisse une inquiétude véritable et un frémissement, mais pourrait il aller au terme d'une logique qui s'impose?

 

Le véritable chemin à prendre pour nous est d'assumer définitivement d'être la France pays historique de la dissidence, c'est à dire le pays ou la loi s'impose dans tous les domaines et bien entendu celui de la finance. Nous ne pouvons accepter que le «free trade» anglo-saxon ne vienne mettre le monde à bas.
Il s'agit bien la d'une guerre de civilisation.

 

 


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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 18:48

La Science

ou,
notre existence a-t-elle un sens ?

 

 

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Le mot Science a pour définition : «Connaissance théorique» cependant, ce qu’est aujourd’hui et réellement La Science porte à confusion. Une connaissance théorique peut être considérée valide par certains et non par d’autres, qui pourraient la qualifier de mythique. Par exemple l’astrologie est considérée comme science par nombre de gens et mystification par d’autres. Il en va de même pour beaucoup d’arts divinatoires.
Les paradoxes de la mécanique quantique et les récentes découvertes en cosmologie ont donné lieu à un foisonnement de théories ou pour certains Dieu devrait être réintroduit dans le corpus des connaissances scientifiques (« Notre existence a-t-elle un sens» Jean Staune,  Presses de La Renaissance).
Pourtant la Science produite par La Recherche Scientifique institutionnelle présente une caractéristique précise reconnue par tous ses acteurs, quelque soient leurs conceptions du monde et le sens qu’ils pourraient donner ou non à ce monde.

Qu'est ce que la science aujourd'hui?
La Science est une méthode générale ayant pour but, qu’une méthode particulière nouvellement expérimentée puisse être validée socialement.

Toute connaissance sur le monde est une méthode. Harold Garfinkel fondateur de l’ethnométhodologie a démontré que toute découverte scientifique est égale à la méthode permettant cette découverte. Comme pour le théorème de Lebensfelt dit paire de Lebensfelt (un théorème est égal à sa démonstration). La mise en évidence d’une galaxie par un astronome revient à la méthode permettant cette mise en évidence, il en est de même pour un virus, une molécule ou n’importe quoi d’autre.

La science est donc une méthode devant être admise socialement par la communauté des hommes et notamment par ses différents «villages» ne partageant pas les mêmes conceptions du monde. On parle donc de méthode scientifique pour qualifier la Science.

Pour être acceptée par la communauté des hommes comme telle, il est convenu par tous que la science est fondée sur l’expérimentation et la reproductibilité. N’est science que ce qui est expérimental et reproductible c’est ainsi que la communauté humaine l’accepte.

Cependant, la reproduction de l’expérience n’est valide que dans le cadre de cette expérience, c'est-à-dire de l’ensemble formé par le matériel utilisé et la méthode utilisant ce matériel, ensemble dans lequel il est possible de verser le but rechercher, par exemple pour des astronomes, une galaxie. On peut également appeler cet ensemble rationalité. La Science ne peut donc donner que des résultats locaux inscrits dans le cadre local de l’expérience ainsi on peut parler de rationalité locale, (celle des astronomes par exemple).

Donc pour devenir Science la méthode (ou l’expérience) doit être validée par la communauté des hommes. A cet effet cette méthode expérimentale candidate  doit être reproduite, d’abord par son expérimentateur initial qui expose sa méthode et cette reproduction, dans une publication scientifique  mais ensuite par d’autres reproduisant la même méthode décrite. Par la suite cette méthode est validée socialement au cours de congrès scientifiques ou tous les expérimentateurs d’un groupe de méthodes donné (village) par exemple des astronomes, ou des physiciens, conviennent socialement de la reproductibilité de la méthode envisagée, reproductibilité humainement admissible par tous. Il n’y a aucun absolu dans la reproductibilité par contre dans La Science l’incertitude de la reproductibilité doit figurer dans les résultats, à chacun d’apprécier par la suite si ces résultats peuvent être validés ou non.

La validation d’une méthode ne peut donc être que sociale, c'est-à-dire que les règles régissant cette validation sont humaines et par force soumises à la conception du monde de ceux qui procèdent à cette validation.  Bien que les scientifiques s’efforcent à la neutralité idéologique et  à l’indifférence quand aux résultats et leur validation, une validation sociale peut avoir des éléments arbitraires dus au contexte.

Une théorie scientifique peut être tirée d’un ensemble de méthodes reproductibles validées  afin de satisfaire l’esprit humain avide de compréhension générale du monde. Une théorie scientifique est donc une construction intellectuelle humaine, une idéologie, montée à partir de ces méthodes.

Cependant chaque théorie scientifique est liée à son contexte expérimental dont nous avons vu qu’il n’était que local et non universel. Chaque théorie scientifique est liée à la capacité de conceptualisation de ses auteurs, conceptualisation intimement liée à leur culture, à leur capacité c'est-à-dire à leurs connaissances sociales passées. Chaque théorie scientifique est un message devant être compris par d’autres et susceptible d’être validé par d’autres humains n’appartenant pas forcément à la communauté des auteurs. Aucune théorie scientifique ne peut acquérir le statut d’universalité car indéfectiblement  liée au cerveau humain et à ses capacités de conceptualisation, forcément limitées. Une théorie scientifique actuelle n’est qu’actuelle devant être crue  dans un contexte actuel

Pour les occidentaux, la croyance prend deux sens et brouille les esprits. En effet, croire peut être pris dans le sens sémantique original, d’admettre pour vrai, ce qui implique une démonstration ou bien dans le sens religieux chrétien d’avoir foi en Dieu qui n’implique aucune démonstration.

Pourtant une théorie produite par la science doit être crue pour faire son office et donc être croyable cette nouvelle théorie ne peut donc être que fortement liée à ce qui est déjà socialement cru que cela soit religieux ou non, ce qui rajoute à l’aspect local et passager de toutes théories scientifiques.

 Malheureusement un piège guette la science devant être crue par les hommes, c’est celui du dogmatisme et par conséquent de l’immobilisme conservatoire. Pour échapper à ce piège il n’y a qu’une voie : Le Doute. Le doute est le contraire sémantique de croyance. Si croire est admettre pour vrai le Doute est non pas d’admettre pour faux ce qui reviendrait à croire mais  est admettre pour incertain et en conséquence déclenche chez l’homme qui a horreur des incertitudes une recherche du vrai ou du faux afin de lever ce doute.

Le doute est le moteur de la Science,
(lire maintenant "La Foi, la Raison et le Doute").
Chaque théorie scientifique, construction humaine du moment est par force douteuse et requiert un complément de recherche pour lever ce doute. La science avance donc ainsi d’incertitudes en incertitudes, de supputations en supputations. Chaque découverte pose un problème nouveau.  La science est donc abonnée à l’incertitude (Voir Pensée Prigogine) et le scientifique par habitude intègre parfaitement cette « non connaissance ».

Pourtant, de tous temps les hommes angoissés par la « non connaissance » ont placé une force supérieure et transcendantale en lieu et place de chaque méconnaissance, pour beaucoup il s’agit de Dieu, Dieu placé comme un Joker faisant office de non savoir. Forcément la place du Dieu démiurge recule quand la science avance mais forcément il est toujours là pour calmer cette angoisse d’une nouvelle « non connaissance » en place de la précédente. Dieu a donc encore de beaux jours à vivre, d’autant plus qu’il semble apparaitre une limite infranchissable dans la connaissance de l’Univers : « Qu’y avait-il avant le fameux Big Bang ? ».

Il est fort probable que nul homme ne le saura jamais en terme de connaissances scientifiques et il est fort probable que les déistes trouvent là maints arguments pour leur théorie mais cela ne sera jamais de La Science

 En effet, la Science ne prétend nullement expliquer le monde, ne prétend offrir aucune conception du monde, ne prétend pas à l’universalité encore moins à la transcendance. La science est neutre et qualifiable de laïque dans le sens ou toutes idéologies, toutes religions, toutes conceptions du monde puissent la reconnaître et s’y référer.

Poser la question si notre existence a un sens ne peut donc être une question posée par La Science.     

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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 19:00

Utopie

 


 


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Utopia de Thomas Moore

 

 

On entend, dans certains milieux de la gauche française, parler d’utopie à propos de projets de société concoctés par ces milieux, projets vus certainement comme lointains mais néanmoins présentés comme buts réalistes. Par exemple une société sans argent, sans entreprises, une société communiste etc.


Quand est-il de l’utopie ?


Le mot "utopie" est la francisation par Rabelais (1532) du latin moderne « utopia » signifiant pays imaginaire, il est formé à partir du grec ayant pour signification littérale : « en aucun lieu ». Ce terme au début d’usage littéraire pour « pays imaginaire ou un gouvernement idéal qui règne sur un peuple heureux » devient d’usage politique au 17ème siècle mais en venant de l’anglais «utopia» tiré également du latin pour « plan d’un gouvernement imaginaire ».  Ce terme prend son acception moderne au 19ème siècle pour « vues politique et social qui ne tient pas compte des réalités », ou (1851) « conception irréalisable, chimère ».  (D’après Alain Rey in «  Dictionnaire Historique de la Langue Française »).


Comme toujours les mots utilisés en politique prennent l’usage de  significations ayant glissé de l’originale, ils sont employés et compris dans des cercles restreints, ici la gauche. Comme toujours, quand il s’agit de débattre avec divers villages politiques, il faut tout d’abord comprendre le sens des mots en usage dans ces dits villages.


En corolaire les débats entre villages politiques différents s’apparentent  le plus souvent à des  dialogues de sourds ou ne restent plus que les noms d’oiseaux bien compris  par chacun.  C’est ainsi et qu'en exemple les mots « communismes, socialisme, libéralisme » et bien d’autres en usage politique possèdent maintenant un grand nombre d’acceptions différentes et contradictoires.  


Par exemple,  je me situe politiquement comme « libérale, républicain de gauche » ce qui pour moi est parfaitement claire et logique mais ne l’est pas pour la gauche d’aujourd’hui qui a choisi de combattre les idées libérales. Pourtant, pour les anglo-saxons qui ont inventé le langage politique, être libéral et de gauche signifie bien la même chose.


Je pourrais également, en relisant le « Manifeste Communiste » de Karl Marx et Friedriech Engels, fustigeant l’état et le salariat le qualifier tout à fait logiquement de « libéral communiste », mais nos étatistes de gauche d’aujourd’hui  en deviendraient blêmes de colère et d’incompréhension.

Le mot utopie pourtant avait bien au 19ème siècle la signification de projet de société irréaliste et irréalisable. Engels, compagnons et vulgarisateur de la pensée de Karl Marx a écrit en 1880  le livre fameux pour les marxistes: « Socialisme Utopique & Socialisme Scientifique ».

 

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Proudhon et Engels

 

Ce livre fustige les utopies socialistes de Proudhon et de Saint Simon en qualifiant les organisations en phalanstères qu’ils préconisaient à l’époque d’irréalisables donc d’utopiques. En contre partie il défendait une conception du socialisme pour lui, scientifique, non utopique car prenant en compte les analyses de Marx sur la structure de la société capitaliste et la nécessité pour les socialistes de conquérir le pouvoir de l’état et ce afin de pouvoir  construire et de finalement imposer le socialisme (propriété sociale des moyens de production et d’échange).


S’agissait-il pourtant également d’une utopie? L’échec du socialisme réel bâtit grâce aux analyses « scientifiques » de Marx, Engels puis Lénine démontre que s’en était bien une, irréalisable car tenté et finalement irréalisé.

Ceci nous enseigne que l’utopie vue comme projet social irréalisable (signification du Robert) est bien le projet de l’autre. Il en est de l’utopie comme des mythes ou des idéologies, sont ainsi qualifiés  ceux des autres et non les siens propres que l’on pense forcément réalisables.

 

Engels a vu dans les projets proudhoniens une utopie, mais a qualifié la sienne de scientifique alors que les deux étaient toutes aussi utopiques.


Revenons à la gauche française qui prend aujourd’hui le risque de qualifier certains de ses projets d’utopie c'est-à-dire au sens étymologique irréalisables, on peut s’amuser de la fantaisie du propos consistant, pour des hommes politiques à monter des projets volontairement irréalistes,  mais aussi pardonner certainement l’erreur sémantique, reprendre le propos et requalifier l’utopie proposée en projet de société jugé forcément réaliste par leurs auteurs, (donc certainement pas une utopie). En effet je ne vois pas bien l’intérêt pour un groupe politique de faire des propositions jugées par lui même déjà irréalisables (mais on ne sait jamais, il y a bien des choses étonnantes à gauche mais là s’arrêterait le débat).


 Qu'en est-il des projets de société bâtis « ex nihilo » tel celui du « socialisme scientifique » cher à Engels et Lénine (Pour Marx il est difficile de savoir ce qu’il voulait vraiment, le « Manifeste Communiste» de 1848 étant en totale contradiction avec le « socialisme scientifique » proposé plus tard mais Marx est mort prématurément).


En quelque sorte est-il possible d’imposer à la société des hommes à un moment donné des projets de société réfléchis, bâtis et finis, concoctés forcément dans le passé, (déjà le temps nécessaire à les bâtir ajouté au délai nécessaire à leur imposition). Pour répondre à la question il convient d’observer l’évolution sociale du monde et de voir si cette évolution est prévisible car si on peut imposer l’avenir on peut forcément le prévoir, prévoir ce que l’on va imposer.


Force est de constater la très faible performance des prévisionnistes. La fin de L’URSS et du socialisme réel, l’explosion économique de la Chine et l’entrée des USA dans une profonde et durable crise systémique furent non prévues. Il y a seulement 20 ans très peu auraient pu prévoir ces évènements pourtant extrêmement marquants de la fin du 20ème siècle et du début du 21ème donc le dessein politique a peu fonctionné ces 20 dernières années.


Cependant on est en droit de penser que si l’on possède le pouvoir de l'état il est possible d’imposer ses vues à l’instar des bolchéviks dans la Russie de 1917, on a vu que cela peut  marcher un temps. En effet, en restreignant fortement les libertés de ceux qui subissent ce pouvoir il est possible d’imposer un modèle social car bien évidemment si un groupe d’homme a imaginé un modèle social qui semble lui plaire, ce n’est pas forcément celui qu’aurait imaginé les autres, il faut donc leur imposer. Il peut y avoir autant de modèles de société possibles que d’individus; si certains pensent amusant de supprimer l’argent, d’autres peuvent penser que l’argent dépensé pour ce que l’on désire est un espace de liberté individuel et, chercher à le gagner est un facteur d’initiative et aussi de liberté.

Pourtant aujourd’hui, y compris en possédant un pouvoir fort et impérialiste comme celui des USA, leur projet concocté dans les années 90, « Project for a New American Century » a peu de chance d’aboutir, même avec le 11 septembre, maintenant tout le monde pense y compris aux USA que ce siècle à plus de probabilité d’être chinois qu’étatsunien. A l’observation, l’ingénierie sociale semble peu ou pas du tout fonctionner, on n’impose pas d’utopies aux hommes, ni avec le pouvoir soviétique ni avec celui des USA.


Maintenant il pourrait se faire qu’un projet de société soit partagé par tous et qu’il ne soit pas nécessaire de l’imposer par la force. Bien évidemment ce projet réaliste perdrait d’emblé son caractère utopique et peut être même son caractère de projet, ce nouveau modèle social s’imposant par lui-même sans que l’on s’en aperçoive.  

Il est un fait que les grands bouleversements sociaux ne sont pas issus de desseins élaborés à l’avance : l’apparition de l’Etat dans le monde antique, la révolution féodale, la révolution industrielle, personne ne les ont imaginé à l’avance et sont apparus à la faveur de circonstances non étudiées les ayant rendus possibles.

Pour autant est-il pertinent d’avoir des projets de société, puisque ceux-ci ont peu, voir pas du tout de chance d’aboutir. Les projets de société des uns et des autres peuvent se débattre, trouver des conjonctions et voir même des compromis. Les hommes ont inventés un moyens pour cet exercice ce moyen s’appelle la république. En république le peuple est souverain et décide de son sort il le décide par compromis entre les divers intérêts, desseins et volontés. Ce compromis se matérialise par un contrat, un contrat social formulé par un corpus légal devant être respecté par tous. Ce contrat social, ce corpus légal forme l’intérêt général ou nul n’a besoin d’imposer sa propre utopie aux autres. Et puis le débat et la recherche de l’intérêt général permet à la société de fonctionner, de favoriser les initiatives, d’être dynamique et de se complexifier.

Le chaos social engendre le progrès toute société finie et prédéfinie est par force utopique dans le sens sémantique original, elle est soumise à l’entropie et donc à la mort.

Malheureusement la république véritable reste toujours une idée non encore accomplie, serait-elle utopique?

 

 

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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 17:07

Croire ou douter,  telle est la question.

 

 

Un ami de longue date, que je respecte beaucoup par ailleurs, me dit retomber dans la Croyance à la lecture d’un article d’une revue s’intitulant scientifique, essayant de réfuter les argumentaires du film «Loose Change» mettant en doute la réalité de cette fameuse Croyance.

 

Quelle est cette Croyance, nouvelle religion globale. Elle prétend que les musulmans ont entrepris par leur faction la plus fondamentaliste (donc la plus musulmane) une guerre dite de civilisation contre « l’Occident » judéo-chrétien  et démocratique. L’agresseur taxé de fascisme vert (couleur de l’Islam) utilise l’arme abjecte du terrorisme et perpétue sans cesse massacres et assassinats par son bras armé intitulé dans les médias Al Quaïda. Cette guerre de civilisation mettant en confrontation prétendues démocraties contre prétendu fascisme, Islam contre Judéo Chrétienté aurait été déclaré par les horribles attentats du 11 septembre 2001 dont l’organisation serait attribuée à cette organisation mythique Al Quaïda  et son chef le non moins mythique Oussama Ben Laden.

A la suite de cette lâche agression, véritable Pearl Harbour, le monde libre guidé par « l’Amérique »  s’est lancé à corps perdu dans la guerre contre le terrorisme islamique, occupant tout d’abord l’Afghanistan ou des grottes sophistiquées abriteraient Al Quaïda et Ben Laden d’où ils lanceraient leur Fatwa et leurs Kamikaze contre le monde libre. Puis ne parvenant pas à traquer leur adversaire ici, ils sont allés le chercher plus loin, en Irak ou il aurait possédé des armes de destruction massive. En Irak en dépit de grandes certitudes initiales et 100 000 morts après aucune de ces armes ne fut trouvé pourquoi pas l’Iran maintenant. On peut remarquer l’inefficacité extrême des services de renseignement et des armées americano occidentales, plus de 6 ans après Ben Laden court toujours, il n’y a pas un mois sans qu’il ne soit cité comme l’auteur d’un acte terroriste et qu’il n’apparaisse dans les médias, en rajeunissant même. L’ennemi islamiste semble de plus en plus dangereux, inexpugnable à tel point qu’il fallut restreindre les libertés individuelles du monde de moins en moins libre. L’ombre d’Al Qaïda n’en finit plus de planer sur nos têtes apeurées réclamant la protection de l'Oncle Sam.

 

L’acte fondateur de cette guerre : le 11 septembre 2001.

De sombres arabes se seraient emparés de quatre avions de ligne en réussissant tous à passer des coupes moquettes dans leurs bagages à main. Coupes moquettes dont ils se seraient servis comme arme menaçante. Après s’être sommairement entraîné au pilotage et pris connaissance du fonctionnement des avions grâce à des manuels d’instruction en arabe et laissé pour preuve de leur perfidie un Coran dans une poubelle, ils auraient réussi d’audacieuses manœuvres de pilotage, voir improbables comme arriver à toucher le Pentagone au rez-de-chaussée sans endommager la pelouse devant, un exploit ! Puis les tours jumelles atteintes, s’effondrent comme château de carte à la vitesse de la chute libre. Au pentagone, nulle trace d’avion, il se serait évaporé avec titane et acier spécial, néanmoins on aurait pu identifier les corps grâce à leur ADN. On aurait quand même retrouvé le passeport d’un terroriste échappé du brasier. La tour 7 du WTC s’effondre toute seule, sans avoir été heurtée par quoi que ce soit. 

Tous ces évènements ne sont que des premières. Aucune tour, en plus deux, ne s’est jamais effondrée suite à un incendie, jamais un avion ne s’est évaporé après un crash et beaucoup d'autres choses.

Quelques heures après l’attentat tout était entendue, c’était Ben Laden et Al Quaïda qui des montagnes d’Afghanistan avaient organisé cette attaque. Enquête ultra rapide.

 

Pourtant il se trouve qu’il y a des gens qui ont cru ces balivernes, la foi du charbonnier chevillée au corps  et d’autres qui se sont mis à douter derechef pensant que cela faisait beaucoup d’éléments difficiles à croire.  Par la suite et rapidement, grâce au Réseau Voltaire un nombre impressionnant de détails sont apparus rendant la thèse officielle du complot islamique incroyable. Aujourd’hui des centaines d’experts en tous genres se sont penchés sur tous les aspects techniques de ces évènements, des centaines d’articles ont été écrits des dizaines de livres, quantité de films de démonstrations abordant les moindres détails et le moindre témoignage. Le 11 septembre 2001 après 6 ans,  ne cesse de produire analyses, commentaires, sondages d’opinions, prises de positions d'hommes politiques tant la version officielle est difficile à passer.   

 

Que reste t-il aujourd’hui ? Le monde s’est divisé en croyant  et septiques, combien de part et d’autres ? Déjà 42 % des étatsuniens pensent que la version officielle est douteuse. Le cœur de l’américano globalisme!

 

Alors comment peut-on croire l’incroyable. C’est dans cet aspect que ces évènements son remarquables, révolutionnaires même et changeront le monde bien plus surement que toutes autres révolutions passées.

Sous nos yeux effarés nous avons assisté à la fabrication d’une nouvelle idéologie d’état.

 

On peut remarquer tout d’abord l’implication sans failles de tout ce que le monde américano occidental compte comme autorités et corps constitués  pour tenter de valider la version officielle du complot islamique. Rien n’y a manqué, aucun média, aucun parti politique y compris le PCF et les gauchistes, aucune autorité morale, religieuse, scientifique philosophique. La science fut convoquée pour tenter tant bien que mal de justifier l’injustifiable. L’idéologie dominante, « superstructurelle » a mis cette fois le paquet, s’est engagé dans sa totalité sans possibilité de retour, a bâti une nouvelle religion globale en laquelle tous doivent croire sous peine d’excommunication social. On a même mis la «Shoa » dans la balance, suprême crime, suprême tabou en taxant de négationniste les agnostiques de cette nouvelle religion. Dernièrement, au cours d’une émission consacrée à l’assassinat présumé de l’ancien ministre Pierre Bérégovoy, un ancien enquêteur des RG fut traité d’affabulateur par le journaliste de service, chargé de la version officielle sous prétexte qu’il aurait participé à la rédaction du livre de Thierry Meyssan « L’effroyable Imposture » doutant de la version officielle sur les attentats du 11 septembre. Il s’agit donc bien là pour les tenants de la religion d’état de pourfendre les hérétiques incroyants, forcément menteurs en toutes choses car ne psalmodiant pas sempiternellement le nouveau crédo: Ben Laden = musulmans = terroristes.

      

L’enjeu est donc devenu de taille, que la vérité apparaisse et tout le système politique, idéologique, médiatique, morale de l’américano occident s’effondrera. La pseudo démocratie, le «droitdel’hommisme », le pseudo monde libre, s’enlisant dans le plus horrible complot de l’histoire de l’humanité promu et défendu par tout ce que ce monde compte comme autorités morales.

 

Alors comment cette effroyable imposture peut-elle encore tenir ? Simplement par la croyance religieuse. Il est absolument remarquable que toute argumentation technique sur l’infaisabilité de la version officielle n’a  d'impacte sur les « croyants ». Par exemple, ayant dépensé forces arguments techniques face à un journaliste de l’Humanité, il me fut répondu in fine que ce que je prétendais était forcément faux parce qu’Ils n’avaient pu faire ça ! Argument religieux s’il en est. Gérard Miller psychiatre saltimbanque des médias, prétendument de gauche, a insulté Thierry Meyssan dans un article retentissant du Nouvel Observateur en le traitant de négationniste tout en se vantant de ne pas avoir lu son livre et dire qu’il ne le lirait jamais, argument religieux s’il en est. Le responsable du bureau enquête accident de l’époque (je ne me souviens plus de son nom) a dit à la télévision que l’avion ayant percuté le Pentagone n’avait pu physiquement atteindre le point d’impacte cité dans la version officielle. Le journaliste l’interrogeant lui demande alors s’il soutient les doutes de Thierry Meyssan sur la version officielle il jure à ce moment que non et répond que si version officielle il y a, il ne peut qu’y souscrire. Tout une série de réactions aux doutes évoqués par le Réseau Voltaire sont du même style il suffit de lire la nombreuse littérature lui étant consacré.

 

Comment résister à cette nouvelle religion particulièrement nauséabonde? Par le doute bien sure, par le doute de l’honnête homme. Pierre Abélard formidable philosophe du 12ème siècle, précurseur de Descartes nous a dit :

« La première clef de la sagesse, c’est une interrogation continuelle, il n’est pas inutile de douter de chaque chose. En effet, qui doute conduit à chercher, qui cherche peut saisir la vérité », malheureusement il en paya déjà durement le prix.

Aujourd’hui nous est-il permis de douter ? Il semblerait que non. Pourtant en regardant ce qui s’est passé au Pentagone le 11 septembre 2001, si on fait abstraction de la version officielle on comprend très vite qu’il s’agit d’un missile de croisière doté d’une charge creuse.

-             Les réverbères intacts indiquant une envergure d’aéronef faible

-    La pelouse intacte indiquant une trajectoire parfaitement  horizontale à faible altitude

-             Un impacte très bas moins de deux mètres, l’altitude visible par la trainée des booster (Monstres).

-         Une trainée de booster de missile de croisière parfaitement visible

-         Une explosion d’explosif, remarquable par la couleur claire et le nuage de vapeur d’eau

-         Le percement de trois ailes de bâtiment avec un trou parfaitement circulaire, de faible diamètre, (plus faible que le diamètre d’un fuselage d’avion de transport).

-         Des débris caractéristiques d’un missile de croisière notamment son petit réacteur.

-         Des témoignages concordants indiquant un petit aéronef.

-         Le port de masque des sauveteurs en prévention d’aérosols d’uranium appauvri dont sont dotés ce genre de missile.

-         Les très faibles dégâts collatéraux, indiquant un percement et non un écrasement.

 

Si une version officielle n’avait pas été imposée, indubitablement le moindre observateur aurait conclu au missile. Alors pourquoi tous les enregistrements des caméras présentes à proximité ont-ils été confisqués le jour même, n’est ce pas pour ne pas montrer le missile?

Pourquoi aller mettre un énorme avion commercial ?

- Que personne n’a vu,

- dont il existe aucun débris (il se serait évaporé),

- et dont l’impact est totalement incompatible avec son envergure.

 

Manhattan,

-         Deux tours sont touchées par un avion, pourtant trois s’effondrent, une de trop.

-         Des avions sans hublots, sans marques commerciales, remarqués par les premiers commentateurs.

-         Une manœuvre de dernier instant ahurissante digne de pilotes très chevronnés

-         Pour la première fois au monde deux tours qui s’effondrent parfaitement verticalement suite à un incendie pourtant de faible intensité. Pas de chance les architectes ayant conçu ces tours sont remarquablement mauvais,

-         Effondrement à la vitesse de la chute libre,

-         Explosions parfaitement visibles à l’étage sous la destruction

-         Expulsion horizontale a près de 100 mètres de poutres de plus de 1 tonne

-         Témoignages des pompiers ayant entendu les explosions.

-         Débris très petits et forte présence de poussières comme après une destruction programmée.

 

La aussi, s’il n’y avait pas eu version officielle alambiquée tout le monde aurait conclu à une destruction de ces tours à l’explosif  

 

Franchement, est-il permis de douter de la version officielle, comme 42 % des étatsuniens ??

 

Maintenant l’objection du journaliste de l’Humanité est elle recevable «  Ils n’ont pas pu faire cela » et bien non, car il est prouvé qu’Ils avaient prévu en 1962 de faire quelque chose de similaire, c’était l’Opération Northwoods
http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Northwoods

A l’époque Kennedy avait mis son véto à cette opération criminelle. Serait-ce la raison de son assassinat ?

 

Alors comment ne pas douter ! Pour lever ce doute qui se manifeste de plus en plus chez un nombre toujours croissant d’habitants de cette planète, il faut demander la formation d’une commission d’enquête internationale sous l’égide de l’ONU. Aujourd’hui c’est la seule activité politique valable pour tout honnête homme. Tout le reste n’est qu’anecdote car cette monstruosité est le point d’orgue du système américano globaliste sont aboutissement son apogée et… son chant du cygne.

 

 Que restera t-il de ce système quand  tout sera révélé, comment les plus abominables mensonges ont-ils pu être soutenus, par nos journaux, nos politiciens, par tout ce que l’on croyait et qui faisait l’assise de notre société. Que restera t-il de notre société quand sera révélé qu’Al Quaïda  n’est qu’une organisation du monstre étatsunien et que tous les crimes attribués à cette organisation terroriste sont à mettre au compte des apprentis sorciers de Washington. Que restera t-il de cette société quand sera révélé comment un ordre donné à Washington est mécaniquement exécuté à la rédaction Du Monde, de France 2 ou de l’Humanité. Que restera t-il de nos institutions quand le peuple saura à quel point notre pays est soumis aux intérêts des USA que son indépendance n’est plus qu’un souvenir, que le moindre politicien est aux ordres de l’étranger et qu’une cinquième colonne à pris depuis longtemps le pouvoir dans ce pays comme dans bien d’autres.

 

Que restera t-il quand enfin le monde réalisera que le roi est nu ?

 

Il ne restera plus rien et tout sera à rebâtir.


Encore une fois, aujourd'hui, la seule activité militante valable et convenable pour tout humain épris de justice et de liberté est d'oeuvrer à ce qu'enfin soit révélé cette effroyable imposture.

 

 

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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 14:39

Chaos créateur ?

 

 

Ma lecture quotidienne des intéressantes productions d'analyses géopolitiques  de Philippe Grasset sur www.dedefensa.org m'a permis de revenir sur une notion intéressante, celle du chaos créateur http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4663.

Comme tout scientifique cette notion m’a intéressé  j’avais écrit ce texte sur la « Pensée Prigogine » pour l’inclure dans une thèse d’ethnométhodologie. Il me paraissait évident à l’époque que les théories sur le chaos créateur étaient applicables à la société humaine et en tant que libéral politique j’y trouvais là une justification. Je rappellerais que me situant politiquement à gauche, je suis un adepte du libéralisme véritable qui a toujours été de gauche. Celui-ci prône un maximum de libertés pour un maximum d’individus car il soutient que la liberté est ordonnatrice. A contrario le « libéralisme » de droite n’est qu’une imposture car il prône la liberté des plus forts qui conduit à limiter la liberté des autres et ce faisant conduit directement au despotisme, ce qui est la négation même du libéralisme. Bien évidemment les mots utilisés en politique comme les idées qu'ils expriment sont susceptibles d'interprétation divers, revenir sur leur étymologie est aussi un combat politique. (voir plus bas, Les Mots)

Pour les étatsuniens, être libéral et de gauche présente la même signification. Il n’y a qu’en France ou la gauche, sous la poussée idéologique des gauchistes, a développé une rhétorique anti libérale se tirant ainsi une balle dans le pied si ce n’est dans la tête. La gauche adversaire des libertés individuelles, c’est le monde à l’envers !

 

Je m’excuse auprès du lecteur qui pourrait trouver ce texte soit trop technique soit pas assez, cependant la réalité du monde qui nous entoure est complexe et ne peut s’appréhender avec quelques phrases ceci n’est donc qu’un résumé schématique de ce que pourrait être une description complète du phénomène chaos.

 

Chaos vient du grecque « khaos» (prononcer « kaosse ») qui est un terme religieux de la Grèce antique signifiant l’état de confusion régnant dans l’univers avant la « Création » par les dieux de l’Olympe. Le latin chrétien reprend de terme « chaos » prononcé de la même façon pour signifier la même chose, mais avec un dieu unique. Il y a déjà une notion d’état avant création. Le terme évolue et se partage au 17ème siècle avec le médecin et chimiste flamand Van Helmont (1577-1644) pour qui la notion de chaos permet de décrire un état de la matière ou les molécules sont libres de toutes contraintes, cet état est gazeux. En effet chaos, (prononcé khaosse) avec la gutturale flamande « KH » donne pour nous « G » donc la prononciation flamande de chaos a donné « gas » puis gaz.

L’analogie entre chaos de pré création et gaz est tout à fait pertinente et le sera de plus en plus, comme le démontrera plus tard au 19ème, Clausius et Poincaré, inventeurs de la thermodynamique avec les notions d’entropie puis d’enthalpie et à notre époque le thermodynamicien belge Ilya Prigogine.

Un gaz est un chaos de matière ou chaque élément moléculaire est libre de toute attache et se déplace jusqu’à rencontrer un autre élément, le choc qui produit de l’énergie sous forme de rayonnement calorique fait perdre de la vitesse au dit élément. Les particules ainsi entrechoquées, vont changer de direction et aller rencontrer d’autres particules de matière, produire de l’énergie et perdre de la vitesse et ainsi de suite. Le mouvement de chaque particule devient donc totalement imprévisible et non mesurable individuellement mais on sait que chaque particule perd de la vitesse et de l’énergie avec le temps qui passe. Plus tard un nom sera donné à ce mouvement apparemment désordonné, le mouvement brownien. Ainsi il est impossible de décrire la réalité de cet état selon les principes dichotomiques de la scolastique ou du cartésianisme (même chose il a copié). La mécanique positiviste de Newton se perdrait à vouloir rendre compte de la position à l’instant T de chaque particule, car cette position est irréversible à contrario de la mécanique céleste. L’état chaotique (gazeux) ne peut se décrire que globalement. Cet état se décrit selon l’équation PV=nRT ou P est la pression, V le volume nR une constante de conversion (nombre d’Avogadro) et T la température en degré Kelvin (température absolue). P la pression rend compte de la vitesse des molécules, V évidemment le volume c'est-à-dire l’espace fermé dans lequel évoluent ces molécules et T la température c'est-à-dire l’énergie produite par les innombrables chocs. Donc plus il y a de molécules et plus elles vont vite plus la production d’énergie est grande. On peut augmenter la vitesse des molécules P en chauffant ou augmenter le volume si l’espace est élastique, ou on peut augmenter la température en compressant, c'est-à-dire en diminuant le volume. Chacun a pu constater qu’en comprimant de l’air avec une pompe à vélo on ressent de la chaleur dans la main.

Si pour un gaz donné dans une enceinte donnée, la vitesse (P) des molécules n’est pas entretenue dans le temps par un apport d’énergie (T) extérieur à l’enceinte (V) immanquablement le gaz en questions se refroidi par perte naturelle d’énergie. Cette perte d’énergie due au temps est appelé entropie. La notion d’entropie est particulièrement intéressante car l’on s’aperçoit que le phénomène entropique fonctionne avec le temps qui passe jusqu’à devenir  le temps lui-même. Ou l’on s’aperçoit également que la description véritable de notre chaos gaz n’est possible qu’avec son équation (PV= nRT) c'est-à-dire qu’il y a des chaos chauds et des chaos froids, tout dépends de la vitesse avec laquelle les éléments chaotiques égaux se déplacent et le nombre de rencontres qu’ils peuvent réaliser dans un temps donné.    

Si nous laissons notre chaos gaz se refroidir, la vitesse des particules baissant et par conséquent la capacité de rebond sur d’autres particules baissant, les forces d’attraction entre particules (pour les molécules, forces de Van Der Walls) vont finir par être plus grandes que les forces de répulsion dues aux chocs. A ce moment l’état de matière passe du gaz au liquide. Le chaos s’ordonne, les molécules ne sont plus totalement libres ni complètement emprisonnées, elles sont seulement enchaînées les unes aux autres parfois elles se libèrent et migrent pour en rencontrer d’autres et s’enchainent à nouveau. Puis notre matière étant passée de l’état gazeux à l’état liquide continuant à perdre de l’énergie sous la puissance temporelle de l’entropie  va passer de l’état liquide à l’état solide, c'est-à-dire que chaque molécule sera incapable, n’ayant plus assez d’énergie, de se libérer de sa voisine, là l’état solide est ordonné, chaque molécule a sa place et dans un état solide cristallin, l’ordonnancement moléculaire est parfait. Puis la matière continuant à se refroidir, car chaque molécule continue à vibrer quand même dans son emprisonnement, cette vibration va finir par cesser et donc atteindre le 0° absolu, 0° Kelvin c'est-à-dire -273° Celsius état de matière ne dégageant plus  aucune énergie. Evidemment ce processus se produit s’il n’y a jamais d’apport énergétique extérieur, si rien ne vient réchauffer notre matière. A notre petite échelle, au sein de l’univers les sources d’énergie sont multiples et vont permettre à notre gaz d’égaliser son état avec ceux environnant. L’Univers dans sa totalité tendant lui vers zéro mais ce n’est pas pour demain.

Il faut donc comprendre sémantiquement parlant que plus il y a de chaos plus il y a d’énergie et que la force entropique du temps appliquée au chaos tend vers un état ordonné, un état de moindre énergie. Maintenant on peut se poser la question qu’est qu’un ordonnancement? L’ordre est-il le tas de sable ou chaque grain est à sa place, est-il le cristal de carbone, le diamant ou chaque molécule est à une distance égale de l’autre dans un ordre parfait. L’ordre est-il donc l’état de moindre énergie possible et l’aboutissement entropique absolu, le froid, la mort ? Ordre ou chaos ? Alors au lieu de parler d’ordre dont la signification est ambiguë parlons plus tôt d’ordonnancement. 

J’appelle ordonnancement une tendance que possèderait un système d’aller du simple vers le compliqué. Une tendance remontant le courant permanent de l’entropie, cette tendance est appelée enthalpie. L’enthalpie n’est pas le contraire de l’entropie car l’entropie est inexorable comme le temps qui passe. Entropie et enthalpie ne décrivent pas des états statiques mais des tendances. L’enthalpie est une force constructrice, ordonnatrice, d’auto complexification, c’est la genèse.  

Nous allons voir que l’enthalpie a besoin également du temps et donc de l’entropie comme tendance permanente.

Revenons à l’ordonnancement allant du simple au compliqué, comment le décrire et donc s’apercevoir qu’il existe. Si on décrit un ensemble donné à l’instant T la description exhaustive de cet ensemble aura besoin d’un nombre de bit donné, une lettre ou un chiffre étant codé sur 8 bits. Si nous décrivons exhaustivement cet ensemble à l’instant T+1 ou T+ n, si nous avons besoin de plus de bit pour le décrire, cela voudra dire qu’il y a complexification donc ordonnancement donc enthalpie. Si nous décrivons l’avion de Blériot avec lequel il traversa la Manche pour le reconstruire, il est évident que l’on aura besoin de moins de mots donc moins de bits que pour décrire un Airbus A 380 afin lui aussi de le construire. La description exhaustive d’un objet étant égale a la quantité d’information nécessaire à sa réalisation.  

Comment se réalise la complexification dans la nature. On revient à la chimie du chaos. Si nous mélangeons deux molécules A et B  à l’état chaotique. Si ces molécules ont une affinité l’une pour l’autre de se combiner pour former AB. Pour que chaque A ai trouvé son B, il faut que chaque A libre ai trouvé un B libre, si on met en contact les deux gaz, il faut attendre un certain temps pour que chaque rencontre s’opère par le jeu hasardeux et aléatoire des chocs. Si on accélère la vitesse des A et des B et donc le nombre de choc rencontre par unité de temps la combinaison ira plus vite. Maintenant si A et B ne se combinent  qu’avec une puissance de choc donné si la vitesse imprimée aux particules A et B est insuffisante il n’y aura pas de combinaison. On voit donc que A et B ne se combinent qu’à une condition, leur vitesse (température).  Pour qu’il y ai combinaison de A avec B c'est-à-dire création d’un élément plus complexe AB il faut deux choses: le hasard de leur rencontre et la condition président à leur rencontre.

Maintenant si l’on met en contact trois chaos A, B et C. A et B se combinent à un état énergétique donné, (vitesse chaotique) mais A et C se combinent à un autre état plus énergétique (vitesse plus élevée) mais pas A et B.  AB n’est valide qu’à une condition donnée et AC à une autre condition. L’existence de l’élément AB et de l’élément AC sont conditionnés à un état énergétique donné et différent. Pour que l’un ou l’autre persiste, soit viable dans le temps il faut que l’énergie d’apport pour le niveau AB ou AC soit régulée, qu’il n’y ai ni perte ni augmentation. Mais malheureusement il y a toujours perte naturelle car l’entropie est inexorable, il faut donc qu’il y ai un apport d’énergie égal à la perte pour le maintient de l’ensemble AB ou AC. L’existence de AB ou de AC est donc conditionné par l’équilibre créé entre la fuite entropique et l’apport énergétique extérieur, cet équilibre est appelé régulation.

Maintenant AB ou BC peuvent toujours se combiner avec d’autre construction XY ou XZ selon que l’environnement accepte XY ou XZ. Donc si au début il y a AB ou AC les combinaisons suivantes s’en trouveront profondément modifiées par exemple AB ne se combinant qu’avec XZ. La première combinaison pouvant être hasardeuse va conditionner les suivantes qui s’éloigneront de plus en plus de ce qui aurait pu être autrement. Cette bifurcation AB devenant l’instant créateur de ce qui va suivre, le chaos se complexifie et devient de plus en plus chaotique, car il y a une probabilité plus grande de rencontres hasardeuses pouvant donner autre chose. L’ordonnancement n’affaibli en aucune manière le chaos qui peut s’entretenir ainsi à l’infini.

Le chaos pourrait se définir aujourd’hui comme étant un espace comprenant des éléments libres de mouvement pouvant avoir une probabilité de se rencontrer.

Cependant cette définition du chaos ne suppose pas que ces rencontres puissent donner des combinaisons supérieures.

Un chaos peut être créateur ou non tout dépend des conditions qui lui sont appliquées.

La vie s’est créée à partir d’éléments chimiques déjà construits dans l’univers, mais le processus de complexification donnant notre Etre s’est réalisé dans le milieu liquide océanique. En effet on peut considérer qu’une molécule diluée dans l’eau se comporte comme un gaz, car elle est dissociée de ses voisines et libre de se combiner ou de se dissocier au grès des conditions qui lui sont offertes. L’homme, complexification absolu, dont on est loin de connaître le nombre de bits qu’il faudrait pour le décrire, est issu de cette soupe chaotique de nos océans, il est construit entre hasard et nécessité et surtout avec le temps nécessaire aux multiples essais finalement non adaptés et non viables.

Un chaos peut être ou non créateur tout dépend si les conditions sont propices pour que le nombre de combinaisons possibles soit le plus grand possible. Pour tenter le plus grand nombre de combinaisons, il faut de la vitesse et du temps. Plus la vitesse des chocs échanges est grandes plus le nombre d’essais différents sera grand pour un temps donné.

L’analogie avec les sociétés humaines est facilement envisageable si l’on considère chaque humain comme étant l’élément d’un chaos. Chaque humain dans une société donnée étant plus ou moins libre de rencontrer d’autres humains et d’échanger des informations avec lui. (Information=énergie)

Plus le nombre de rencontres sera grand, c'est-à-dire que plus l’état énergétique du groupe chaos sera élevé plus grandes seront les combinaisons tentées, combinaisons qui sont des associations, des coalitions synergiques. Aujourd’hui la rencontre et le choc échange d’information ne se réalise plus seulement à la vitesse du déplacement de l’humain mais à celui de la vitesse de transmission des informations. A contrario, les conditions faites au groupe de ne pas tolérer certaines  combinaisons ou certaines informations, limite le nombre d’expériences possibles. Plus grand est le nombre différent de combinaisons tolérées par une société donnée, plus grand sera le nombre d’autres combinaisons possibles entre ces combinaisons.

On voit donc que d’une part la liberté donnée à l’individu de rencontrer d’autres individus de communiquer avec eux de créer des coalitions et que d’autre part la tolérance des comportements et des combinaisons dont ils sont issus conditionnent le développement par complexification de cette société. Liberté et tolérance sont bien des accélérateurs du chaos créateur social et du donc du progrès social.

La quantité d’échange entre individus est bien analogique avec la température d’un chaos gaz mesurant la vitesse des éléments et l’énergie dépensée. Cette quantité d’échanges, informations, marchandises, monnaies est également mesurable par le nombre de bits comptés pour les décrire. Il y a donc ordonnancement, enthalpie sociale s’il y a liberté, si cette liberté est stoppée comme dans le cas d’une société totalitaire l’entropie sociale (toujours permanente) prend le dessus et son courant peut emporter les empires les plus puissants.

Le chaos fondateur peut être toujours permanent et fondateur si on le laisse bouillir par contre l’ordre froid peut le surprendre et tout peut s’arrêter. Le tas de sable peut être notre avenir social si l’on s’arrête d’œuvrer pour la liberté c'est-à-dire la permanence du chaos.

 

Le monstre étatsunien veux créer des sociétés esclaves il pense donc tout d’abord à les détruire et d’établir lui-même les conditions d’une refondation. Il cherche donc à créer un chaos qu’il voudrait fondateur.

Cependant rien ne dit qu’il puisse sortir quelque chose des conditions certainement fort restreintes notamment en termes de libertés appliquées à ce chaos et qu’il puisse devenir fondateur de quelque chose, à moins d’une monstruosité. Le monstre ne pouvant enfanter qu’un autre monstre.

En résumé : Si un chaos est nécessaire à toute enthalpie sociale c'est-à-dire à toute création, celui-ci n’est certainement pas suffisant car ce sont les conditions dans lesquelles baignent ce chaos qui déterminent si il y a genèse ou non.

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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 19:02

Membre

 

Terme commode utilisé en ethnométhodologie pour désigner un groupe qualifié. Chaque village produit sans discontinuer des "accounts", des comportements propres. Ces comportements spécifiques, locaux ne sont significatifs que pour les membres de ce groupe.

Dire "bonjour" en chinois en entrant au bureau ne présente aucune signification pour des collègues français.

Parler de la profondeur d'un "lamage" ne dit rien à presque tout le monde, sauf aux mécaniciens. Un "ampli. op." cela ne veux rien dire du tout, bien qu'un électronicien, en passant pourrait nous renseigner.

 

Il serait possible ainsi de délimiter un espace virtuel, un champ, qui serait un contexte ou seraient produits des "accounts" spécifiques à ce champ

A l'intérieur de ce champ, un certain nombre de pratiques sont mutuellement reconnues comme normales, "accountable" dans la traduction "explicable".

 

Etre capable d'expliquer un "account", c'est immanquablement le produire ou produire et expliquer définissent la même chose. Les "membres", d'un village, sont les individus capables de pratiquer ce qui est commun au groupe et qui ainsi le définit.

 

Etre informaticien, c'est pratiquer l'informatique et par la même être capable de l'expliquer. L'informaticien est "membre" du groupe de ceux qui pratiquent l'informatique. Il en va de même pour toutes pratiques professionnelles ou ordinaires, ainsi ceux qui se réunissent à 10 heures à la machine à café, sont membres de ce groupe qualifié.

 

Etre membre, développer des pratiques communes, être donc impliqué dans la même rationalité implique nécessairement d'être en rapport  (être en communication interactive), ce qui rend la notion de "membre" extrêmement floue. Les contours d'un groupe partageant les mêmes pratiques sont imprécis, car l'interaction entre les groupes humains est vaste et permanente. La communication interactive entre les individus et les groupes s'effectue par tous les moyens des sens, cependant l'outil principal est le langage.

Comme toute pratique le langage est en interaction avec la conception du monde de son producteur et elle en rend compte. Cette pratique comme beaucoup de pratiques incarnées est héritée et mutante.

Héritée car transmise par ceux qui la pratique déjà. Mutante, car chaque pratiquant successif la modifie, faiblement au regard de ses pratiques nouvelles, mais en conserve la filiation. Ces filiations successives éloignent du sens primitif jusqu’à l'estomper.

Les mots, « ménagère » en français et « manager » en anglais ont la même origine française, bien que n'étant pas utilisé aujourd'hui dans le même sens, ils possèdent une étymologie identique dont la signification est l'administration, le terme anglais a conservé le sens d'administration, le terme français l'a estompé. Le langage, comme un grand nombre d'"accounts", transmis de génération en génération ou chacune d'elle  a imprimé sa marque, est un musée de pratiques passées.

Ainsi l'interaction entre les groupes qui définissent les "membres", sont inscrites dans un espace temps ou des interactions spatiales antérieures font qu'il puisse exister des pratiques communes entre des individus qui n'ont jamais physiquement communiqué.

Les savoir-faire se puisent dans des bassins d'emploi historiquement définis. Il est remarquable que depuis le début de la révolution industrielle, ces bassins de savoir-faire se situent toujours dans les mêmes aires géographiques.

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 16:08

Socialisme, communisme et compagnies.

Ce groupe de termes peut avantageusement être traité en commun car l’histoire de ces mots  et de ses significations s’entremêlent, parfois se confondent, parfois se contredisent. Ces mots puisent leur signification moderne dans la même source, les cités industrieuses et marchandes du moyen âge en Europe de l’Ouest. 

 

Socialisme vient de sociale qui lui-même vient de société emprunt au latin societas « association, communauté » attesté au 12ème siècle. Social du latin « socius », compagnon, n’apparaît qu’au 14ème siècle avec le sens de « rapport entre des personnes qui ont quelque chose en commun ».

Communisme vient de commune et commun apparu dès le 9ème siècle venant du latin « communis », « qui appartient à plusieurs ». Commune est hérité du latin populaire « communia » au 12ème siècle pour désigner d’abord une communauté de gens puis une association des bourgeois d’une ville.

Compagnon vient du bas latin « compagnonem » donnant au 11ème siècle « cumpagnum » la signification primitive du mot est, « qui partage le pain », il a donné à la même époque « cumpainie » puis « compaignie » pour désigner (1283) une association de personnes rassemblées par des objectifs ou un statut commun, en particulier dans le domaine commercial, puis compagnie (16ème siècle) pour désigner une entreprise (compagnie de Indes).

 

L’ensemble de ces termes illustre un bouleversement majeur dans l’histoire de l’humanité: « la mise en communauté d’avoir monétaire». Cette révolution socio-économique est apparue avec la première révolution industrielle des 12ème et 13ème siècle. Elle en est à la fois l’initiatrice et le résultat.

 

Cette mise en commun de biens, sera la caractéristique essentielle du moyen âge féodal urbain. Cette propriété sociale d’avoir contraste alors avec les pratiques passées mais également avec toutes autres pratiques de propriété contemporaines de l’époque, pratiques seigneuriales ou  pratiques des autres civilisations d’Etat fondées sur la propriété individuelle d’un « dominus », seigneur propriétaire, Chine, monde arabe, monde byzantin.

 

La coalition d’avoirs, jusque là individuels a ouvert des possibilités nouvelles en matière économique elle permit l’industrie. La fabrication d’étoffes fut la première à utiliser des procédés véritablement industriels caractérisés par la parcellisation de la production, la spécialisation des tâches et le contrôle de la qualité. Des sociétés ou compagnies, naquirent et organisèrent une  production qui intéressait une grande partie du territoire Ouest Européen. Laine en Angleterre, tissage en Flandre, culture de la guède (teinture) en Occitanie, alun, produit nécessaire à la teinture, en Italie du Nord. Cette activité devait requérir des moyens financiers importants et des procédés de transfert de fond qui ne pouvaient être à la porté d’un seul individu.

Le concept de propriété sociale permit la mise en œuvre des capitaux nécessaires à ce nouveau type d’activité industriel. Des sociétés par action ou chaque investisseur devait percevoir un montant de bénéfices proportionnel aux parts du capital social qu’il avait souscrit  engendra le capitalisme.

Les bourgeois citadins s’organisèrent en commune et en maintes cités, arrachèrent le pouvoir aux évêques et aux seigneurs féodaux. Ces communes fédéraient des métiers, elles érigèrent des réseaux de solidarité, pour les malades les accidentés, les veuves et les orphelins elles furent  souvent l’expression d’une véritable démocratie, par l’élection de parlement, d’échevins et le vote des impôts. L’air de la ville rend libre disait-on. Les pratiques communautaires  furent des caractéristiques propres à l’occident médiéval. Ces méthodes sociales marquèrent d’une façon indélébile l’Europe occidentale elles induirent  la mise en œuvre d’un mode d’organisation économique supérieurement efficace en comparaison de celui d'autres civilisation de l’époque : le capitalisme. Ces méthodes expérimentèrent également la pratique généralisée du contrat commercial prémisse du contrat social républicain. 

Les pouvoirs centraux tentèrent toujours de freiner, voir de mettre un terme à ces expériences Dès la « renaissance » et particulièrement en France ou les libertés communales étaient particulièrement intolérables au pouvoir royal centralisateur, les communes libres avaient pratiquement disparu.

Au 17ème siècle, avec l’émergence des idées démocratiques en Angleterre et au 18ème siècle des idées révolutionnaires en France, le souvenir des communes du moyen âge et de leurs parlements servirent de modèles politiques. Ainsi en 1792, le peuple de Paris insurgé s’organisa en commune sur un modèle similaire à celui existant au moyen âge.

Les premiers termes communistes et socialistes sont attestés dès cette époque. 

Socialisme et communisme, doctrines politique apparaissent au milieu du 19ème ces termes  se différencient assez peu on parle du socialisme ou du communisme à propos des doctrines de Saint Simon, Fourier ou  Proud’hon. Karl Marx  préfère parler de communisme pour se différencier d’un « socialisme » Saint Simonien qualifié de bourgeois. Une doctrine politique communiste sera précisée et popularisée par le Manifeste Communiste de Marx et Engels en 1848. Outre de fustiger le capitalisme exploiteur de la classe ouvrière, il met en avant deux concepts pour lesquels il milite : la fin de l’Etat et de celui du salariat il prône une société communiste sans propriété ou chacun percevrait selon ses besoins et donnerait selon ses possibilités. En 1871 un premier gouvernement prolétarien, anticapitaliste,  s’installe d’une manière fugace à Paris, il prend encore le nom de Commune de Paris en souvenir des communes du moyen âge et de celle de 1792. A la suite de cette expérience, K.Marx, pense qu’une étape intermédiaire entre capitalisme et communiste est nécessaire, il l’appelle socialisme, phase pendant laquelle les moyens de production sont graduellement socialisés et l’Etat détruit. Pourtant à la fin du 19ème siècle les idées Marxistes, communistes selon le manifeste sont peu connues dans la classe ouvrière.  Des syndicats et des partis socialistes sont organisés dans tous les pays occidentaux industriels, ils sont bâtis selon le seul modèle organisationnel disponible dans l’industrie de l’époque, la pyramide Taylorienne. Ces partis prônent une République sociale sans qu’il y soit mis de définition très précise. Les partis ouvriers, socialistes, cherchent surtout à accéder au pouvoir de l’Etat et souvent ils y parviennent. C’est Vladimir Oulianof dit Lénine qui en Russie théorisera sur le socialisme, pour lui, ce mode d’organisation sociale doit se construire après que le prolétariat se soit accaparé le pouvoir de l’Etat et ait établi sa dictature. Le socialisme est pour lui l’établissement obligatoire de la propriété sociale des moyens de production ou chacun reçoit selon son travail. Dans l’idée que se fait Lénine du socialisme on ne perçoit pas la réalité exacte d’une propriété sociale différenciée d’une propriété d’Etat. On ne perçoit pas plus la différence entre l’Etat bourgeois devant être abattu et l’Etat socialiste à construire. Son parti, le Parti Ouvrier Social Démocrate de Russie adhérant à la 2ème internationale socialiste se divise en « bolchévick », majoritaires partisans de la dictature du prolétariat et « menchévick », minoritaires, partisan d’une démocratie qualifiée de bourgeoise par les « bolchévick ». En se débarrassant des « menchévick » Lénine crée un nouveau parti, qu’il appel Parti Communiste pour se démarquer de la 2ème internationale socialiste qui, pour lui s’est discrédité par la participation des Partis y adhérant, à la guerre de 1914, 1918. A partir de 1917 en Russie, la socialisation «marxiste », se traduit par une étatisation totale de tous les moyens de production et d’échange. Lénine fonde une Internationale communiste à laquelle adhère tous partis qui veulent suivre le mode d’organisation militaire et centraliste  obligatoire d’un parti qualifié de révolutionnaire  et de poursuivre l’objectif principal d’instaurer la dictature du prolétariat.

Les partis ouvriers se séparent en deux camps, les communistes, partisans d’une nouvelle doctrine appelée  désormais marxisme-léninisme et les socialistes partisans de la gestion loyale des affaires du capitalisme.

Le paradoxe s’instaure, de l’objectif initial du manifeste communiste de détruire l’Etat et d’abolir le salariat se construit au nom du marxisme en URSS la plus implacable dictature étatiste et la généralisation totale du salariat à la société. Jamais les objectifs affirmés par Lénine dans « L’Etat et la Révolution » et encore moins ceux du Manifeste ne seront appliqués. L’URSS tourne le dos à l’esprit des communes du moyen âges pour reconstituer une organisation impériale.

Avec le recul du temps, il est possible d’affirmer maintenant que la prise du pouvoir par Lénine en 1917 ne fut pas une révolution, mais une contre-révolution destinée à retarder l’évolution libérale inexorable de la Russie.

                                  

 

Tous les termes évoqués dans ce chapitre possèdent aujourd’hui plusieurs significations paradoxales.

 

Sociale, qui à un rapport avec une société prend la signification de charitable.

Société, coalition d’individus, prend la signification concrète d’entreprise, ou abstraite de la société, organisation des humains.

Socialisme, propriété sociale des moyens de production, à construire avant le communisme, prend la signification de mode de gouvernement pratiqué par un Parti Socialiste au pouvoir.

Etat socialiste, Etats dirigé par un Parti Communiste construisant le socialisme par l’instauration de la dictature du prolétariat, dans les faits la dictature de l’Etat. Confondu avec un Etat dirigé par un parti socialiste

Commune, primitivement organisation d’entraide associée à une ville, prend la signification d’organisation administrative locale.

Communisme : appelée ainsi en référence aux commune du moyen âge, qui furent le creuset du capitalisme en développant la propriété sociale. Principalement doctrine politique évoquée par Marx et Engels dans le Manifeste du Parti Communiste qui prône l’abolition de l’Etat, du salariat et de la propriété. Doctrine utopique jamais mise en œuvre. Prend la signification de  pratique  de gouvernement d’un Parti Communiste d’obédience Léniniste instaurant la dictature de l’Etat, la généralisation du salariat et la propriété exclusive de l’Etat et de ses « nomenklaturistes ».
Compagnie: (qui partage le pain), initialement société d’entraide   associée à un groupe restreint par exemple un métier. Prend la signification d’entreprise, surtout en Anglais avec « company ».

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:56

La République.

 

 

Le terme vient du monde antique méditerranéen, il est composé avec le latin « res », chose dans le sens de bien possédé et « publica », public, dans le sens de commun. République peut avoir la signification initiale de bien commun.

 

La république est donc initialement la mise en communauté de moyens, tels que  voiries, bâtiment de réunion, moyens de défense. Ce bien commun, nécessite  pour sa gestion d’une administration commune. La république s’oppose ainsi toujours initialement a la « res privatae », ou bien privé.

 

Cette forme d’administration collective de moyens est apparue dans le monde antique, après la propriété privée (voir Etat et religion). Elle permit la coalition d’un groupe de propriétaires, (dominus) situés dans un espace géographique s’opposant a une autre coalition de propriétaires situés dans un autre espace géographique. C’est donc la proximité des propriétaires  qui crée la nécessité de la coalition en cité afin de mieux assurer une défense contre d’éventuelles intrusions.

La cité antique (mot provenant du latin « civitas », condition de citoyen) ne désignait pas l’espace urbain mais la république des propriétaires ayant droit de cité, en fait les citoyens exerçant en commun la souveraineté sur le bien commun. Les non propriétaires, dominés, n’exerçait pas cette souveraineté, ce droit de cité. Chaque « familiae » ne possédait qu’un seul et unique propriétaire, les citoyens de la cité antique étaient donc très minoritaires parmi la population, ils n’étaient pas le peuple. Les républiques antiques, fugaces se transformèrent rapidement en Etat

 

Le terme  république réapparaît ( v. 1140) après la révolution féodale dans le monde européen occidental. Il désigne certaines communes du nord de l’Italie, Florence, Venise, Sienne ou du nord de l’Allemagne, république de la Hanse.

La république ou commune du moyen âge présente des caractères différents de celles de la cité antique. Il s’agit là initialement de coalition de marchands industriels et non de propriétaires fonciers autarcique. Le citoyen bourgeois du moyen âge fabrique et vend des marchandises, il a une fonction de communication et d’échange, il n’est pas propriétaire (dominus) fonction réservée a la noblesse. Le droit de citoyen dans la cité féodale est parfois, voir souvent exercé par tous les habitants. Privés a terme du pouvoir politique, les coalitions de bourgeois s’exerceront plus dans le domaine marchand en créant des compagnies, distinguant une propriété sociale restreinte restant dans le domaine privé.

Après la Renaissance les Communes ou Républiques seront graduellement dépossédées de leur souveraineté par les pouvoirs centraux, d’abord en France et bien plus tardivement dans le Saint Empire. Certaines républiques italiennes se transformeront en Etat, Venise est les cas le plus fameux.

 

Le terme de république ne resurgit qu’au 18ème siècle avec les révolutions américaine et française.

Ces républiques avaient pour bût affirmé de remplacer la souveraineté d’un Etat ou d’un roi par celle du peuple. Cependant, seule la Révolution française de 1789 engendra une réflexion profonde et quasi exhaustive sur le pouvoir social qu’est la République. Celle-ci, notamment avec les travaux de J.J. Rousseaux légitime un pouvoir républicain basé sur un contrat social établit par les différents contractants formant le peuple. Ce contrat social est un ensemble de règles explicites ou lois votées par les représentants du peuple élus, réunis en assemblée dite législative. 

Cependant cette forme d’Etat légal, on dit maintenant d’Etat de droit n’est pas l’apanage des Etats se réclamant de la République, de nombreux Etats à la tête desquels règnent un roi,  reconnaissent la puissance des lois établies par des assemblées élues au suffrage universel. Cette forme d’acceptation d’un certain contrat social est appelée également démocratie pour se différencier de république.

 

Le modèle français de  République se distingue  particulièrement d’autres formes étatiques dites démocratiques car il se fonde sur deux concepts qu’il explicite avec force.

 

1-     La souveraineté du peuple.

2-     La laïcité de la république.

 

La souveraineté du peuple présuppose qu’il ne puisse exister au dessus du peuple de pouvoir de l’Etat, incarné par un gouvernement ou un chef d’Etat justifié ou non par une idéologie dogmatique.

 

La laïcité de la république présuppose une absence d’idéologie d’Etat pouvant légitimer son pouvoir, cette idéologie dogmatique d’Etat est appelée superstructure idéologique par Marx elle est liée à tous Etats, elle est le fondement de sa légitimité, que cela soit une religion (USA, Grande Bretagne), une prétendue race, (Allemagne), ou une classe sociale ( ex URSS), ou même un plébiscite.

 

Sans pouvoir et sans superstructure idéologique, l’Etat n’est déjà plus l’Etat.

L’établissement du concept français de République exige le renversement révolutionnaire de l’Etat quel qu’il soit.

C’est traditionnellement en France, parmi les pays dits démocratiques que l’on glose le plus sur la République et que l’on pratique le moins ses principes.

 

La confusion entre Etat qui est le pouvoir sur le peuple d’avec République qui est le pouvoir du peuple, est la base même de l’escroquerie politique entretenue par tous les partis politiques qui cherchent à obtenir le pouvoir de l’Etat pour leur « nomenklatura ».  

 

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